Passionné de hockey, Mike Labadie aurait pu suivre les traces de son père et y faire carrière, mais il a finalement décidé d’accepter un travail de professeur d’éducation physique au Collège St. Lawrence.

Mike Labadie: la croisée des chemins

Mike Labadie avait 25 ans quand il s’est retrouvé à la croisée des chemins. Passionné de hockey et rêvant de suivre les traces de son père Michel, il a dû choisir entre un poste de joueur-entraîneur en France et un travail de professeur d’éducation physique. Ayant accepté une proposition du Collège St. Lawrence quand il a reçu son offre de contrat, il a respecté son engagement. Heureusement, car s’il ne l’avait pas fait, le visage de la scène sportive régionale ne serait pas ce qu’il est devenu.

«Quand tu joues au hockey, le but ultime, c’est d’atteindre la Ligue nationale», avoue celui qui a notamment travaillé à la naissance du Rouge et Or football, mais aussi des programmes de basketball et de hockey du Collège St Lawrence et de la renaissance du circuit de hockey collégial. «À 25 ans, ma seule option était l’Europe. Et à la fin de ma carrière, il aurait fallu que je recommence à neuf. J’avais la chance de commencer quelque chose de concret dans un collège et de travailler dans un domaine où je pourrais passer ma vie. Le choix a été facile à faire.

«Aujourd’hui, quand je regarde ma famille et tout ce que j’ai bâti dans la région, je suis très fier. Et je n’ai aucun regret par rapport à la décision que j’ai prise.» 

Même s’il tournait le dos au hockey, Labadie n’a jamais craint la réaction de son père, un hockeyeur ayant marqué l’histoire des Citadelles et As de Québec et qui joua quelques matchs avec les Rangers de New York. L’enseignant avoue d’ailleurs que c’est à son père qu’il parla en premier des choix qui s’offraient à lui et que les conseils de son paternel appuyèrent sa décision. Et quand il a commencé dans le coaching, il a pu compter sur la présence régulière de son père dans les estrades.

«Mon père est décédé au printemps de 1990. Avant de partir, il m’a dit : “Quand je vais arriver en haut, je vais m’occuper de toi pour que tu gagnes le Bol d’Or.” Et nous l’avons remporté à l’automne 1990, une saison où on a eu un drôle de cheminement, mais où tout s’est bien mis en place. On n’aurait pas pu avoir un meilleur karma.»

Très bon joueur dans la Ligue inter-cité où il portait les couleurs de la formation de DSN, Labadie a pris part à deux reprises au camp des Remparts. Par la suite, il a fait carrière au football. C’est lors de son entrée à l’Université d’Ottawa qu’il a renoué avec le hockey. Il a joué avec les Gee Gees, puis dans des ligues estivales où l’opportunité d’aller en Europe s’est présentée. 

«On ne me fera jamais dire que je n’ai pas réussi ma carrière de hockeyeur parce que mon père m’a mis de la pression. Lui et ma mère ont toujours été positifs dans leur approche. Et ils m’ont donné tout ce dont j’avais besoin pour réussir.

«Aujourd’hui, je ressens une immense fierté à porter le nom de mon père. J’ai d’ailleurs dans mon porte-monnaie sa carte de hockey des Rangers. Mais quand je fais quelque chose, je ne le fais pas pour me démarquer au sens de mon propre nom. Je le fais parce que je ressens le besoin de créer quelque chose de nouveau, de rassembler les gens à travailler dans un projet collectif qui emmènera les jeunes à se surpasser et à gagner. Ç’a toujours été comme ça.»

Le grand détour

Quelque part, Labadie est toujours demeuré en contact avec sa passion première. Avec le Rouge et Or football, il a travaillé avec Maurice Filion, un homme de hockey, et Jacques Tanguay, un ex-hockeyeur. Et peu importe le sport dans lequel il s’est impliqué, son bagage lui a toujours servi et il ne s’est jamais senti dépaysé. 

«Le hockey, le football et le basketball sont des sports d’équipe où à la base, il y a l’enseignement. Il y a aussi beaucoup de choses qui sont les mêmes et qui peuvent être transférées, tant sur les point tactique et technique qu’émotionnel.»

N’ayant jamais oublié ses racines, il était normal pour Labadie d’y revenir avant la fin de sa carrière. Après un grand détour, il est retourné derrière le banc d’une équipe de hockey. «C’est sûr que c’était le fun de revenir au premier sport que j’avais choisi de pratiquer dans ma vie. Mais partout où je suis passé, j’ai vécu de grandes émotions. 

«Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de travailler avec Guy Chouinard, un expert dans tous les sens du mot. J’ai beaucoup appris. Quand j’étais plus jeune, c’était une vedette dans la LNH. On s’en inspirait. Je me considère privilégié de me retrouver aux côtés d’un personnage qui a eu autant d’impact au niveau du hockey dans la région.»

Même s’il a atteint le cap de la soixantaine, Labadie dit s’attendre à être encore très productif dans les prochaines années. Après avoir travaillé à la naissance du Rouge et Or football, pourrait-il ramener le hockey à l’Université Laval? 

«Je veux pouvoir utiliser ma bonne santé pour mettre l’accent sur des choses que j’ai négligées et réaliser des projets axés sur la famille et ma blonde. Mais si on m’appelait pour me demander de donner un coup de main, je ne pourrais pas dire non. Je n’accepterais pas de conduire l’autobus. Je ne serais pas celui qui prendrait le lead. Mais je serais prêt à m’investir dans un rôle secondaire.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Personnalité marquante?

R Ma blonde. Elle a toujours été là pour m’encourager, pour embarquer dans mes passions, pour m’aider à réaliser mes projets et pour s’impliquer et me faire profiter de toutes ses habiletés. On était une équipe. Elle a travaillé avec moi sur plusieurs projets qui ont eu un impact, tant au collège St Lawrence qu’à l’extérieur. C’est elle qui a joué le plus grand rôle dans la réussite des programmes que j’ai mis sur pied. 

Q Plus grande fierté?

Au niveau personnel, d’avoir été présent au premier match de basketball de ma fille Annick dans la NCAA à Seton Hall et d’avoir assisté aux championnats du monde de duathlon en Colombie-Britannique où mon fils Maxime défendait les couleurs du Canada. De voir mes deux enfants se retrouver au summum de leur discipline, ce fut toute une fierté. Et au niveau professionnel, c’est la première victoire du Rouge et Or contre McGill en 1996. 

Q Dans 10 ans?

R Je me vois au Lac-Saint-Jean sur le bord du lac à profiter des couchers de soleil et à la maison, en hiver, en train de déneiger ma patinoire pour que mes petits enfants puissent patiner et jouer.

Q Projet?

Le prochain projet que je regarde, c’est d’aller à Hawaii avec mon frère, sa femme et ma blonde. Et je veux apprendre à faire du kite surf.