La conquête de la Coupe Memorial demeure marquante dans la vie du hockeyeur Martin Chouinard. Il conserve d’ailleurs son chandail numéro 32 qu’il portait lors de la victoire des Prédateurs de Granby en 1996.

Martin Chouinard animé par la passion de sa jeunesse

Quand il est question de hockey, Martin Chouinard est animé par la même passion que celle qu’il avait quand il donnait ses premiers coups de patin à l’aréna de Vanier. «Je parle de hockey et j’ai des frissons, lance-t-il. Je ne pourrais pas vivre sans hockey. C’est pour cette raison que depuis que je suis à la retraite, je suis impliqué auprès des jeunes. Et je ne vois pas le jour où je ne le serai plus.»

Technicien hockey au niveau atome à Beauport depuis bientôt 12 ans, Chouinard dirige aussi une école de hockey estivale (Extreme Power Skating) en compagnie de l’ex-officiel de la LNH Jonny Murray. Pour lui, le bonheur, c’est de partager son savoir, son bagage et son enthousiasme avec des jeunes de 9 et 10 ans. «J’adore ce niveau. Quand tu parles aux jeunes, ils ont les yeux gros comme ça. Ils veulent apprendre. Et moi, j’aime enseigner.»

Même s’il n’a jamais évolué dans la LNH, Chouinard a laissé sa marque dans le monde du hockey en étant l’un des piliers ayant permis aux Prédateurs de Granby de remporter la Coupe Memorial en 1996. Mais il s’en est fallu de peu pour qu’il ne joue jamais dans le circuit junior québécois. Le petit joueur avait décidé de prendre la direction de l’Université Harvard, qui lui avait offert une bourse d’études. Il avait informé les équipes de la LHJMQ de ne pas le repêcher.

«J’étais sérieux. Comme je devais faire une 13e année avant d’entrer à l’université, j’étais allé à Hawkesbury visiter la pension où Martin St-Louis et Éric Perrin résidaient. Et j’avais passé le SAT test.»

Quand même réclamé par le Collège français de Verdun en deuxième ronde de l’encan de 1993, il a rencontré le directeur général Pierre Creamer qui l’a convaincu de jouer dans la LHJMQ... à Granby, l’équipe y ayant été vendue. «La famille ayant toujours été très importante pour moi, je me suis dit que Granby, c’était beaucoup plus proche de Québec que Boston.

«Aujourd’hui si c’était à refaire, j’emprunterais probablement le chemin des universités américaines. Un diplôme de là-bas, ça ouvre bien des portes. Mais d’un autre côté, je ne pourrais pas gagner la Coupe Memorial, un événement qui a marqué ma vie.»

Étudier dans la LHJMQ

Désireux d’obtenir un diplôme, Chouinard a poursuivi ses études parallèlement à sa carrière dans la LHJMQ. À l’époque, il pouvait compter sur les doigts d’une seule main ses coéquipiers qui étaient à l’école.

«Ce n’était pas facile. Je me souviens que l’on avait perdu un match que nous aurions dû gagner à Halifax. Michel Therrien était vraiment choqué. Lors du voyage de retour immédiatement après le match, il avait interdit que soit allumée la moindre lumière au-dessus des sièges. J’avais un examen le surlendemain. J’avais dû passer une couple d’heures embarré dans les toilettes pour étudier.»

Malgré des campagnes de 52 et 41 buts à ses deux dernières années junior, Chouinard n’a pas attiré l’attention des recruteurs de la LNH. À l’époque, les joueurs de 5’6’’ n’avaient pas leur place dans la grande ligue. «Est-ce que je regrette quoi que ce soit? Non, je suis très fier de la carrière que j’ai eue.»

Chouinard a passé trois saisons dans les circuits professionnels, son année la plus mémorable étant la première qu’il a jouée avec les Rafales de Québec, un scénario de rêve pour celui qui avait grandi à l’ombre du Colisée. Après quelques saisons aux États-Unis, il a ensuite pris sa retraite.

«J’avais 24 ans, j’étais dans la WPHL et je stagnais. Quand tu vois que tu n’iras jamais plus haut, c’est le temps d’arrêter et de penser à ton après-carrière.»

De retour au Québec, le petit joueur a pu faire une transition entre le hockey et sa nouvelle carrière professionnelle en jouant au hockey semi-pro. À cause de ses obligations professionnelles de représentant, il a dû accrocher ses patins en 2006. «Je ne pouvais pas me donner à 100 % au hockey et dans ma carrière.»

Chouinard reconnaît que ses débuts dans le monde du travail n’ont pas toujours été évidents. En blaguant, il raconte la réaction qu’il a eue en voyant son premier chèque de paie. «J’ai fait un saut. Je me suis dit : “J’ai travaillé deux semaines pour ça! Je joue un match de hockey de deux heures, j’ai du plaisir et ça m’en donne autant.” Mais c’est ça, la vie. Il faut commencer au bas de l’échelle. Et j’ai travaillé fort pour devenir le meilleur dans ce que je faisais.»

Aujourd’hui, Chouinard est vice-président Vente et développement des affaires chez Nirvana chauffe-piscine, une entreprise de Trois-Rivières qui a un chiffre d’affaires de 10 millions $ et des clients dans une quinzaine de pays.

«Nous offrons la thermopompe la plus écoénergétique. Elle est très en demande à cause de ses performances et parce qu’elle est très silencieuse. Je voyage beaucoup aux États-Unis, du côté de l’Europe et même en Australie. Dans mon travail, il n’y a jamais de routine. Je suis vraiment choyé, fier du chemin que j’ai parcouru. Le hockey m’a apporté beaucoup. Et il me sert encore dans ma vie de tous les jours. C’est une carte que j’ai dans mon jeu.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Fait marquant

R Gagner la Coupe Memorial en 1996. On n’était pas du tout favoris. Je me souviens, il restait 13-14 minutes à jouer à la finale et on menait 1 à 0. Et j’ai marqué le but d’assurance, le plus gros but que j’aie compté en carrière. C’était comme impossible à gagner, la Coupe Memorial, à l’époque. Mais on l’a fait. Et jamais j’aurais pensé que 21 ans plus tard, ça aurait encore cet impact-là dans ma vie.

Q Personnalité marquante

R Mon père. C’est mon héros, mon modèle, mon idole. Tout ce que j’ai vécu dans le hockey, je lui dois. Il a fait plein de sacrifices pour que je joue au hockey. Et en termes de coéquipiers, Francis Bouillon, qui est aujourd’hui un ami personnel. Partout où une porte s’est ouverte pour lui, il y a mis le pied et il n’est jamais ressorti. Pour moi, c’est une grande qualité. «Tout ce que je te demande, c’est juste d’avoir une chance et je vais m’occuper du reste.»