Marie-Pier Boudreau-Gagnon, qui a pris sa retraite après les Jeux de Londres, est retournée vivre dans sa ville natale de Rivière-du-Loup, où elle travaille comme pharmacienne. Elle est aussi co-présidente des Jeux du Québec d’hiver de 2021.

Marie-Pier Boudreau-Gagnon: la fierté d’une ville

Pendant des années, c’est pour ses performances en tant qu’athlète de haut niveau que Marie-Pier Boudreau-Gagnon a fait la fierté des gens de Rivière-du-Loup. Maintenant, c’est pour son implication sur la scène sportive de sa ville qu’elle continue de l’être. Ayant travaillé sur la candidature de Rivière-du-Loup pour la présentation de la finale des 56es Jeux du Québec, elle est aujourd’hui co-présidente, avec l’homme d’affaires Christian Pelletier, de l’évènement qui aura lieu du 26 février au 6 mars 2021.

«Les Jeux du Québec ont été une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé en bas âge, lance l’ex-nageuse-synchronisée. Rivière-du-Loup les avait présentés en 1971 et à l’époque, ç’a avait été un évènement marquant. Plusieurs étaient d’avis que 50 ans plus tard, l’occasion était belle pour répéter l’expérience. Comme c’est important pour moi de redonner aux gens de chez nous qui m’ont beaucoup aidée tout au long de ma carrière, je me suis d’abord impliquée dans le processus de mise en candidature avec ma mère et des gens de la région. Nous sommes ensuite allés chercher du financement. En tant que co-présidente mon travail est principalement axé au plan sportif et du développement au niveau des jeunes.»

C’est à la suite de ses études que Marie-Pier est retournée vivre à Rivière-du-Loup avec son chum pour pratiquer comme pharmacienne, après avoir passé une quinzaine d’années à Montréal. Elle y a retrouvé sa mère, ses deux frères et de nombreux fans qui la reconnaissent encore.

«Rivière-du-Loup et Montréal ont toujours été mes deux coups de cœur. J’adore vivre à Rivière-du-Loup, qui offre une belle qualité de vie avec le fleuve juste à côté. Quand je restais à Montréal, j’y revenais souvent voir ma famille. Montréal, c’est la diversité et le côté urbain. J’en profite quand parfois je dis à mon chum, on s’en va à Montréal voir des spectacles.» 

Quatre ans de plus

C’est en 2012, au lendemain des Jeux de Londres, que Marie-Pier a accroché son pince-nez et son casque de bain et a tourné la page sur sa carrière en nage synchronisée. Une décision prise avec la satisfaction du devoir accompli.

«J’avais envisagé en 2008 de mettre un terme à ma carrière. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir continué. Ce fut les quatre meilleures années de l’équipe. Je me considère vraiment chanceuse d’avoir pris part à la remontée de Synchro Canada (maintenant Natation Artistique Canada), après avoir connu un peu la descente. Ça faisait longtemps que le Canada n’avait pas mis les pieds sur le podium lors des championnats du monde quand nous l’avons fait en 2009. Pour moi, ça été un leitmotiv pour poursuivre jusqu’en 2012.»

Même si elle aurait souhaité revenir de Londres avec une médaille au cou, la Louperivoise ne garde aucune amertume des Jeux de 2012. Elle explique que les Canadiennes avaient offert une performance à la hauteur de leurs attentes. Et que la performance, c’est ce qui importe pour un athlète.

«C’est drôle parce qu’après les Jeux, beaucoup de gens me félicitaient pour ma médaille de bronze. Quand je leur disais que nous avions fini quatrièmes, ils me répondaient que c’était dommage parce que nous avions vraiment bien nagé. La performance, c’est ce qui reste.» 

Contrairement à ses coéquipières, Marie-Pier n’a pas pris part, à son retour au pays, à la tournée post-olympique. Elle a plutôt préparé son retour sur les bancs d’école qu’elle a fait au début du mois de septembre 2012. Un choix qu’elle ne regrette pas, car elle n’était pas prête à retarder ses études en pharmacie. Son retour à une vie plus «normale» a cependant été ardue, principalement à cause du «syndrome de performance» qui l’animait.

«Quand on a été parmi les meilleures au monde dans une discipline, on veut continuer à performer autant, peu importe le domaine. Et ce n’est pas toujours possible. La transition a été difficile. Quand j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis remise à faire une heure de sport par jour. Ça m’a permis de retrouver un certain équilibre. Je ne suis pas certaine que l’on se débarrasse complètement de ce “syndrome” quand on a été athlète. C’est quelque chose avec laquelle je vais jongler toute ma vie. Il faut apprendre à se raisonner. Et c’est sûr que mon conjoint, ma famille et mes amis m’aident beaucoup dans le processus.»

Pour Marie-Pier, le retour à une vie plus «normale» a aussi eu ses avantages. Elle a pu se rapprocher des siens, fonder sa propre famille et profiter de la vie. «Des fois s’assoir et ne rien faire, ça fait aussi du bien. 

«Mais j’ai gardé contact avec la nage synchronisée. Je suis allée avec Julie Sauvé travailler avec l’équipe du Brésil pour les Jeux de 2016 puis à Singapour. Et je nage occasionnellement pour le plaisir avec les Flamands roses de Rivière-du-Loup. C’est juste assez pour ne pas décrocher complètement tout en gardant une certaine distance pour pouvoir me dire : “Oui, je suis passée à autre chose.” Mais outre l’entraînement en piscine, il n’y a que la synchro qui me satisfasse pleinement. Dans les autres sports, je suis comme un poisson hors de l’eau. Je ne suis pas très bonne.»

+

QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

Troisième position aux championnats du monde (2009 à Rome) en solo et en équipe chez les seniors.

Q  Des regrets

R  Je ne pense pas. Je crois que j’ai été l’athlète que je suis à cause de ce qui m’est arrivé.

Q  Entraîneurs marquants

R  C’est sûr que c’est Julie Sauvé qui a été la plus marquante.

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus 

R  De l’équipe, des filles, de mes partenaires.

Q  Ce dont tu t’ennuies le moins

R  De me lever très tôt et d’être dans l’eau froide à 6h30. Et de me mettre de la gélatine dans la tête.

Q  Plus grande déception

R  Ne pas avoir fait l’équipe nationale de 2004.

Q  Dans 10 ans

R  Dans 10 ans j’aimerais peut-être ça posséder ma propre pharmacie. Sinon, je trouve que j’ai une belle vie. Je vais avoir trois enfants et j’ai une belle famille. Je veux encore plus profiter de ça.

Q  Pays qui t’a le plus marquée

R  J’ai eu un coup de cœur pour l’Australie quand on a été aux Jeux du Commonwealth en 2006. Je trouvais que c’était un pays qui nous ressemblait au niveau des valeurs. Et au niveau de la chaleur, c’était un peu mieux! J’avais vraiment aimé mon expérience.