L’ancien gardien des Harfangs Luc Vaillancourt est aujourd’hui coordonnateur du département d’éducation physique du cégep de Valleyfield.

Luc Vaillancourt, le grand voyageur

Luc Vaillancourt était au beau milieu de l’adolescence quand il quitté sa famille afin de vivre pleinement sa passion pour le hockey. Comme il le dit, il est devenu un «grand voyageur», et ce, pendant une douzaine d’années. Une période de sa vie qu’il a adorée, même si elle lui a demandé de nombreux sacrifices.

«C’est certain qu’à la fin de ma carrière, je cherchais de la stabilité», explique le gardien de but natif de Ferme-Neuve. «Même si j’ai trouvé ça pas mal tough de partir de chez moi à 14 ans, je m’en allais vers l’inconnu, j’ai apprécié la vie que j’ai eue. Quand tu quittes la maison, tu n’as pas le choix de prendre tes responsabilités et de grandir. Ce fut très positif comme expérience.

«À chaque fois que j’arrivais dans un nouvel endroit, c’était l’occasion de découvrir de nouvelles perspectives de vie. Et j’ai toujours eu la chance de demeurer dans des pensions incroyables. À Beauport, Clément et Rachel ont été comme des parents pour moi. Je leur suis infiniment reconnaissant pour tout ce qu’ils ont fait.»

Choix de quatrième ronde des Harfangs en 1995, Vaillancourt a vu sa carrière passer à la vitesse supérieure à sa deuxième campagne. Devant la cage des siens à 51 reprises, il a retenu l’attention de dépisteurs de la Ligue nationale. Dans la mire des Rangers, c’est finalement Anaheim qui l’a repêché en cinquième ronde (125e au total). «Ça avait super bien été à mon premier camp d’entraînement. Les Ducks m’avaient même fait parvenir une offre de contrat.»

De retour à Québec, le cerbère s’est retrouvé adjoint de Martin Biron avec les «nouveaux» Remparts avant d’être échangé à Rouyn-Noranda. Au camp des Ducks en 1998, il a été incapable de répéter ses exploits de l’année d’avant. N’ayant pas signé le contrat qu’on lui avait proposé, il n’a pas reçu de nouvelle offre.

«Plusieurs circonstances peuvent expliquer pourquoi ça n’a pas marché avec les Ducks. Entre 14 et 20 ans, je n’ai jamais eu deux ans de suite le même coach des gardiens. Comme, il n’y a pas deux entraîneurs qui ont la même approche, au niveau technique j’avais certaines lacunes. Et j’aurais peut-être dû accepter la première offre de contrat d’Anaheim. Après mon premier camp, il y avait eu tout un remue-ménage au sein de l’équipe. La nouvelle direction aurait peut-être été plus patiente si j’avais eu une entente. Toujours est-il que je me suis retrouvé à 20 ans sans contrat.»

Hockey et études

Issu d’une famille au sein de laquelle les études avaient toujours été importantes et élève appliqué et discipliné, il a même remporté en 1997 le trophée Marcel-Robert remis à l’étudiant par excellence dans la LHJMQ, Vaillancourt a vu une nouvelle possibilité de poursuivre sa carrière de hockeyeur quand Guy Boucher, entraîneur adjoint avec les Huskies et ex-porte-couleurs des Redmen de McGill, lui a parlé de hockey universitaire. Il a été séduit par l’idée. Approché par les Stingers et les Patriotes, il a opté pour les Redmen.

«J’ai ressenti une certaine amertume à la fin de ma carrière à McGill. Je ne voyais pas le hockey universitaire comme une fin. À l’époque, les équipes professionnelles commençaient à engager des joueurs des collèges. Et alors que j’étais avec les Redmen, Mathieu Darche avait signé avec les Blue Jackets. Je m’étais dit que j’aurais peut-être une deuxième chance de faire carrière si ça allait bien à McGill. Ce n’est jamais arrivé.

«Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. J’ai eu une super expérience et plein de beaux moments, j’ai rencontré de super bonnes personnes et ce que j’ai vécu m’a aidé dans mon cheminement.»

Professeur en éducation physique au secondaire, Vaillancourt est retourné à l’Université de Montréal afin de faire un DESS menant à la maîtrise en administration en éducation. Engagé au cégep de Valleyfield comme prof d’éducation physique en 2009, il est aussi, depuis quatre ans, coordonnateur du département d’éducation physique.

Avec le Canadien

Après avoir quitté McGill, Vaillancourt a joué plusieurs années dans un circuit réunissant d’anciens Redmen. Une présence remarquée à un tournoi caritatif lui a même valu une invitation pour prendre part à des entraînements du Canadien.

«L’équipe avait besoin d’un gardien en l’absence de Carey Price. Quand j’ai eu l’appel, j’ai d’abord dit non. La session au cégep commençait et j’avais vécu mon trip par rapport à ça à Anaheim. C’est ma femme qui m’a dit que je devais penser à nos filles et à ce que je pourrais leur raconter quand elles seraient plus vieilles. J’ai rappelé le Canadien.»

Vaillancourt a profité de chaque instant qu’il a vécu aux côtés des Subban, Gionta, Pacioretty, etc. «C’était vraiment des entraînements. Pas juste du scrimmage. Je me sentais bien devant le but. Ç’a éveillé chez moi plein de souvenirs. Ç’a été vraiment le fun

Vaillancourt joue aujourd’hui au hockey avec des collègues au cégep de Valleyfield. Il a rangé ses grosses jambières et évolue à l’avant. Et c’est dorénavant dans son travail qu’il satisfait son besoin de compétition. «J’aime entreprendre des projets qui profiteront aux étudiants et à la communauté collégiale et les mener à terme.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Une personnalité marquante?

Guy Boucher, qui m’a vendu l’idée d’aller jouer universitaire, ç’a changé complètement mon cheminement. Mais aussi François Allaire. Alors que j’avais 10-11 ans et que je prenais part à son école de hockey, il avait dit à mon père que j’avais beaucoup de potentiel. Ça m’avait donné beaucoup de confiance en moi. Par la suite, je l’ai croisé tout au long de mon parcours. Il a été mon coach l’été puis il a été mon entraîneur avec les Ducks. J’ai ensuite travaillé pour lui pendant plusieurs étés à son école de hockey.

Q Où te vois-tu dans 10 ans?

R J’espère que je vais être capable d’offrir à mes deux filles l’opportunité de faire ce qu’elles veulent dans la vie et de suivre leurs passions. Personnellement, je vais avoir 50 ans, j’espère être encore au collège de Valleyfield et d’être toujours à jour au niveau des nouvelles recherches afin de pouvoir aider les étudiants le plus possible.

Q Idoles de jeunesse

R Quand, petit gars, j’ai commencé à regarder le hockey à la télévision, c’était Steve Penney. Mon père m’a raconté qu’un moment donné, j’étais à genou devant la télé et que je faisais des mouvements. Ma mère lui a demandé qu’est-ce que je faisais là et il lui a répondu que je faisais comme Steve Penney. Quand j’ai commencé à jouer, ce fut Patrick Roy. Mais à cause de mes beaux-frères, j’ai fini par préférer Brian Hayward à Roy.

Q Rêve ou défi

J’aimerais être en mesure de voyager avec mes filles au cours des cinq prochaines années parce qu’entre 9 et 14 ans, ce sont les années qu’elles veulent encore être autour. J’aimerais planifier des voyages intéressants pour leur faire découvrir d’autres endroits sur la planète et leur montrer un petit peu ce qui se passe ailleurs afin qu’elles soient ouvertes d’esprit envers tout un chacun.

Q Ce qui te manque le plus

R La camaraderie entre les joueurs et la collégialité et l’esprit d’équipe, les voyages et tout ce qui venait avec et l’intensité qu’il y avait dans les rencontres serrées et importantes.

Q Ce qui te manque le moins

R Les parties que je ne jouais pas. Il fallait alors que j’ouvre la porte aux gars. Ça, c’était moins le fun.

Q Souvenirs impérissables

R Ma participation au camp d’entraînement du Canadien. Mais aussi ma présence à la Coupe Memorial de 1997. Les représentants des trois ligues pour les différents trophées à l’enjeu étaient là et des concours d’habiletés avaient été organisés. Je m’occupais du concours des échappées et j’avais fait gagner la LHJMQ en stoppant Joe Thornton et Patrick Marleau. Il y a aussi mon camp d’évaluation avec les Rangers et mon premier camp avec les Ducks, quand Teemu Selanne m’avait demandé de demeurer sur la patinoire à la fin d’une pratique afin qu’il puisse pratiquer ses tirs.

Q Faits marquants

R Quand j’ai été repêché par les Ducks (en 1997). En me rendant sur le plancher pour rejoindre les gens d’Anaheim, j’avais croisé Alain Vigneault, entraîneur adjoint avec le Canadien, mais qui avait été mon coach avec les Harfangs l’année d’avant. Il s’était levé pour me serrer la main et il m’avait dit que les Ducks avaient fait un bon choix.