Karl de Grandpré a marqué l’histoire du Rouge et Or au point de faire partie du groupe des meilleurs joueurs à avoir porté les couleurs de la formation lavalloise.

Karl de Grandpré: passage mémorable

Il y a peut-être presque huit ans que Karl de Grandpré a terminé sa carrière de volleyball avec le Rouge et Or. Mais le souvenir de son passage avec la formation lavalloise demeure bien présent. Aux yeux de plusieurs, il fait partie du groupe des meilleurs athlètes à avoir défendu les couleurs de l’équipe.

«Je ne pensais jamais, quand j’ai débuté ma carrière, devenir le joueur d’impact que j’ai été», confie de Grand­pré. «Je jouais au volley pour le fun, parce que je trippais sur ce sport-là. Mais je me souviens par contre qu’après avoir vu un match de volley à la télé, j’avais dit à mes parents : “Un jour, je vais évoluer avec le Rouge et Or”. C’état mon but même si j’étais au début du secondaire. C’est par la suite que le volleyball est devenu de plus en plus important dans ma vie et que j’y ai mis du temps.

«Mais quand on est dans le volley comme je l’ai été, on est tellement pris que l’on ne réalise pas tout ce que l’on accomplit. C’est avec le recul que l’on peut en mesurer l’impact, être fier de ce que l’on a réalisé et heureux d’avoir vécu ces moments-là avec de bonnes personnes, des gens qui sont encore aujourd’hui des amis.»

De toutes les campagnes que de Grandpré a passées à l’UL, la dernière (2011-2012) fut la plus mémorable. D’abord parce qu’il avait la chance d’évoluer avec son cousin (Tommy Belisle). Mais aussi à cause de ses performances sur le terrain et de celles du Rouge et Or. Gagnant d’un troisième titre de volleyeur par excellence au Québec, il a aidé les siens à remporter une médaille d’argent au championnat canadien. Il a aussi été choisi l’athlète par excellence du Rouge et Or. 

«Une saison extraordinaire. Je n’en revenais pas de recevoir le titre d’athlète par excellence du Rouge et Or. Et je n’en reviens toujours pas. C’est tellement gros. J’en suis très fier et honoré. Mais comme j’ai toujours dit, le volley est un sport d’équipe. Sans mes coéquipiers et sans mes coachs, je n’aurais jamais eu autant de succès.»

La décision

Plusieurs portes étaient ouvertes quand de Grandpré a conclu sa carrière universitaire. Il aurait pu se joindre à l’équipe nationale ou évoluer comme professionnel en Europe. Le volleyeur vedette a cependant décidé de tourner la page sur le volleyball pour faire ses débuts sur le marché du travail.

«J’étais rendu là dans ma vie. Je ne jouais plus au volley pour les bonnes raisons. Je ne le faisais pas par passion, mais parce que c’était une routine dans ma vie. Et ça ne me tentait plus de m’entraîner chaque jour. C’est quand j’ai réalisé ça après avoir pris une pause de deux mois que j’ai décidé d’arrêter le volley et de commencer à travailler.»

De Grandpré ne cache pas que dans les mois qui ont suivi sa retraite, il s’est posé la question s’il avait pris la bonne décision et s’il ne devait pas abandonner son travail et tenter sa chance chez les pros. Il s’ennuyait de bouger et de voir ses amis chaque jour. Et les défis qu’il avait au quotidien ne lui apportaient pas autant d’adrénaline que les moments qu’il vivait en équipe. Mais ayant été informé que la transition entre la vie d’athlète de haut niveau et la vie «normale» était parfois difficile, il a décidé de se donner du temps.

«Tranquillement, j’ai commencé à faire de nouvelles activités. Et je suis embarqué dans mon nouveau rythme de vie. Je n’ai jamais regretté ma décision de prendre ma retraite. C’est certain, je me dis parfois que ça aurait été le fun de voir jusqu’où j’aurais pu me rendre en volley. Mais si j’avais continué, je me serais menti à moi-même parce que je n’avais plus le goût de m’investir, je n’avais plus la drive

Détenteur d’un bac en statistiques et d’un certificat en économie, de Grandpré est à l’emploi du ministère de l’Éducation à la direction des indicateurs des statistiques où il a notamment travaillé sur le dossier du cheminement scolaire des jeunes aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire. Il a produit des statistiques sur le taux de décrochage et de diplomation par cohorte par rapport aux indices de défavorisation pour les programmes ministériels et la gouvernance des commissions scolaires.

Toujours très actif physiquement — il dit que ça le défoule —, de Grandpré a cependant mis le volleyball de côté après y avoir joué quelques années avec des amis et d’ex-joueurs du circuit universitaire après son passage à l’UL. Il joue à la balle-molle l’été avec d’anciens joueurs des Titans et du Rouge et Or, au dekhockey et fait de la course à pied avec sa copine. «Mais j’adore aussi prendre du temps pour moi. Comme passer la fin de semaine au chalet. C’est très ressourçant.

«Le volley ne me manque pas. Après ma carrière, comme j’y avais passé ma vie, je n’avais plus le goût d’aller voir des matchs. Mais tranquillement, le volley commence à me parler. Je suis allé cette année à la Coupe de l’Est à Limoilou. Et je commence à me dire que je pourrais peut-être coacher. Mais c’est très embryonnaire comme projet. Je ne me lancerais pas tout seul là-dedans parce que je n’ai aucune expérience en coaching. Je pars de zéro. J’aurais beaucoup d’apprentissage à faire. J’aurais donc besoin d’accompagnement. Mais je me laisse le temps. Le coaching m’intéresse, mais pas dans un futur rapproché.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

R  Les Universiades à Shenzen, en Chine, avec le Canada. On avait fini quatrièmes. C’est la plus grosse compétition de volley que j’ai faite. Et mon dernier championnat canadien avec le Rouge et Or, à Kingston. On avait très bien performé dans tous nos matchs. En finale, on avait joué contre Trinity Western, une équipe de all-stars et nous avions connu un très bon match.

Q  Plus grande déception

R  Ne pas avoir gagné de championnats canadiens, ça fait un peu mal. J’aurais aimé être champion national d’une façon quelconque. Mais j’ai toujours perdu en finale canadienne, que ça soit au beach, au volley intérieur, aux Jeux du Canada, au championnat canadien collégial et universitaire.

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus

R  Les moments d’extase après une victoire, le sentiment de fierté d’avoir gagné un gros match, en équipe. Et les trips d’équipe.

Q  Ce dont tu t’ennuies le moins

R  Les entraînements. J’étais tanné de m’entraîner à des moments bien précis. Tout était toujours cédulé. Aujourd’hui, quand je m’entraîne, je suis heureux de faire mes choses quand j’ai le goût de les faire.

Q  Personnalités marquantes

R  Les coachs que j’ai eus dans ma vie. Ils ont eu confiance en moi. À partir d’Oli Frigon à Trois-Rivières, qui a vu le potentiel en moi, à Rock (Picard) et Pascal (Clément).