Ancienne joueuse de basketball au sein du Rouge et Or, Julie Dionne est maintenant directrice adjointe du Service des activités sportives et responsable du programme d'excellence sportive de l'Université Laval.

Julie Dionne comme si c'était hier

Chaque fois qu'elle se pointe au PEPS pour travailler, Julie Dionne a l'impression d'avoir une quinzaine d'années de moins. La directrice adjointe du Service des activités sportives et responsable du programme d'excellence sportive de l'Université Laval se remémore ses belles années avec le Rouge et Or et elle oublie que 15 ans se sont écoulés depuis qu'elle a remisé ses ballons de basket.
«Je n'ai pas vu les années passer», lance-t-elle. «J'ai l'impression que ma carrière vient de se terminer. Mais dernièrement, lors d'une présentation où je disais aux jeunes comment la vie d'étudiant-athlète passait rapidement, j'ai réalisé que j'avais fini ma carrière en 2002. Le fait de me retrouver au PEPS et de sentir des sentiments et des émotions que j'ai déjà vécus vient chercher en moi des souvenirs qui me semblent récents.»
Toujours animée par le même sentiment d'appartenance pour l'UL et le Rouge et Or, l'ex-basketteuse a tous les outils et le bagage nécessaires afin de bien comprendre les étudiants-athlète qui, pour la plupart, ignorent son passé glorieux. Lorsqu'elle s'adresse aux jeunes, elle s'ouvre donc volontiers sur celui-ci. Mais jamais son message ne porte sur ses exploits.
«Si je le mentionne, c'est pour que les jeunes sachent que je suis issue du programme, que je suis passée par où ils doivent passer et que je comprends ce qu'ils vivent. Et parce qu'être une femme dans le monde du sport, ce n'est pas toujours évident. Je pense que mon parcours peut être inspirant pour les jeunes femmes.»
Joueuse étoile avec les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy, Julie a poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or où elle fut notamment choisie sur l'équipe d'équipe d'étoiles des recrues au niveau national. «Des années extraordinaires autant au niveau de la manière dont tu te développes comme athlète que ce que tu deviens comme adulte. J'ai joué cinq ans à Laval. Mais si j'avais pu, j'y aurais évolué pendant six-sept et même huit ans. 
«Pour moi, c'était une période où il n'y avait rien de compliqué. Je pratiquais un sport que j'aimais, j'étudiais dans un domaine qui me passionnait et j'étais avec ma gang d'amies. J'avais une appartenance pour mon groupe, mais aussi pour l'université.»
Sa carrière de joueuse terminée, c'est dans le coaching que la Fidéenne a fait sa marque. Au niveau scolaire à l'école de Rochebelle puis au Cégep de Sainte-Foy où elle a été adjointe avant de diriger les Dynamiques AAA. 
«Peut-être qu'inconsciemment, c'était une belle manière de faire plus calmement la transition dans ma carrière. Je pense que j'avais le leadership et l'intelligence du jeu me permettant de comprendre les choses sur le terrain.»
Gagnante de deux titres canadiens consécutifs, l'ex-basketteuse a décidé que la saison 2009-2010 serait sa dernière. Une fin calculée qui lui a permis de préparer sa relève. Cette dernière saison s'est soldée par la conquête d'un troisième championnat national en cinq ans.
Gestion et sport
«J'ai arrêté parce que ce n'était pas évident de combiner ma vie de femme et de mère à mon travail à temps plein et à celui d'entraîneuse. Le rush de la famille et le fait de beaucoup aimer travailler ont peut-être éteint tranquillement ma passion pour le coaching. J'étais prête à arrêter, ma décision était mûrie.»
Julie n'avait jamais envisagé dans son plan de carrière se retrouver un jour directrice générale du Réseau du sport-étudiant Québec Chaudière-Appalaches et encore moins directrice adjointe du SAS et responsable du programme d'excellence sportive de l'Université Laval en 2016. C'est après avoir lu la description des postes qu'elle s'est dit qu'elle n'avait pas le choix de tenter sa chance, et ce, même si elle était très heureuse où elle était.
En accédant au poste de responsable du programme d'excellence sportive de l'Université Laval, Julie savait qu'elle aurait de grands souliers à chausser. Même si elle n'avait pas la même personnalité que Gilles Lépine, son prédécesseur, ni les mêmes forces, son parcours lui avait permis d'acquérir l'expérience nécessaire pour faire face à ses nouvelles responsabilités. Composer avec la grosseur du programme et de la réputation du Rouge et Or faisaient aussi partie de ses défis.
«Une grosse première année. Heureusement, je ne me suis jamais sentie seule. J'ai pu compter autour de moi sur des gens d'expérience comme Linda Marquis, Éric Morin et Christian Gagnon et des entraîneurs faisant un travail exceptionnel au niveau du recrutement.»
Plus à l'aise dans ses fonctions, Julie peut maintenant se concentrer sur des défis à moyen terme. Le financement des équipes étant plus difficile, elle aimerait rejoindre les anciens et les amener à donner au programme. Elle aimerait aussi amasser de l'argent pour créer des bourses pour les étudiants-athlètes.
«Il faut se démarquer par rapport aux autres universités. Il y a beaucoup de compétition au niveau du recrutement. Il faut donc être capable d'offrir aux jeunes ce qu'ils souhaitent avoir ou ce qu'ils peuvent avoir ailleurs. Pour moi, ce sont des défis hyper stimulants.»
Questions/réponses
Q Faits marquants?
R Comme joueuse, mon championnat provincial à mon dernier match universitaire au PEPS (2 mars 2002), la journée de mes 25 ans. Il y avait du monde, on a gagné, les filles m'ont donné des cadeaux elles m'ont chanté bonne fête. Comme entraîneure, nos trois championnats canadiens consécutifs collégiaux mais surtout le premier, le premier du Cégep de Sainte-Foy en basket féminin, et le troisième, parce que c'était le dernier match de ma carrière de coach, remporté avec une équipe différente et des adjoints différents. J'avais l'impression que j'avais eu un meilleur impact sur les joueuses.
Q Personnalité marquante?
R Linda Marquis. Comme entraîneure mais aussi et surtout comme personne. Elle était extraordinaire pour t'aider dans les moments difficiles qui n'étaient pas nécessairement en lien avec le basket et pour le développement de l'humain. Et Sonia Ritchie. Quand elle est venue me chercher à Marguerite-d'Youville j'étais tellement gênée.... Elle m'a aidée à me développer et à prendre ma place. Et même si elle a été exigeante, j'ai vraiment aimé être coachée par elle. Pour moi, ce sont deux modèles féminins.
Q Ce qui te manque le plus?
R L'adrénaline de la compétition. Quand je rentre dans un gymnase, j'ai le goût d'aller lancer des ballons. Et l'équipe, ma gang.