Josh Colafemina en 2010
Josh Colafemina en 2010

Josh Colafemina: l’expérience professionnelle d’une vie

«Jouer pour les Capitales est la meilleure chose qui me soit arrivée. Aujourd’hui encore, je peux difficilement trouver les mots pour expliquer comment c’était de se retrouver dans l’environnement de cette équipe. J’aurais souhaité pouvoir demeurer beaucoup plus longtemps à Québec. Et si je pouvais de nouveau jouer au baseball, c’est avec les Capitales que j’aimerais le faire.»

Huit ans ont passé depuis que Josh Colafemina a disputé son dernier match avec la formation québécoise. Pourtant, c’est toujours avec une grande émotion qu’il parle de son séjour dans la Vieille capitale qui s’est amorcé en 2008.

«J’ai vécu la belle expérience professionnelle de ma vie avec Michel (Laplante), Scal (Patrick Scalabrini) et tous les membres de l’organisation», mentionne le petit joueur qui ne cache cependant pas que la barrière de la langue lui faisait un peu peur quand il est arrivé à Québec. «Ils faisaient tout pour faciliter l’arrivée des joueurs étrangers dans le club. Ils s’assuraient que tu puisses évoluer et vivre dans le meilleur environnement possible et ils voyaient à ce que tu aies tout ce dont tu avais besoin afin que tu te sentes à la maison. Et les partisans étaient extraordinaires. C’était incroyable de jouer pour les Capitales.

«Si je devais conseiller un joueur quant au choix de la ville où devrait aller jouer, je lui dirais qu’il faut qu’il aille à Québec.»

Natif de Schenectady, dans l’État de New York, Colafemina avait trois ans quand il eût son premier contact avec le baseball. Installé du côté de la rue, son père lançait des balles par-dessus le toit de la maison familiale et le jeune Josh, qui était dans la cour arrière, tentait de les capter. Deux ans plus tard, il faisait ses débuts sur le losange. 

Passionné de baseball, Colafemina se découvrit cependant un amour pour le basketball à l’école secondaire. Et pendant une certaine période, il préféra même se retrouver sur un court que sur un terrain de balle.

«Il y avait de l’action non-stop au basket et c’était facile de pratiquer mes tirs au gym. J’avais un bon lancer et j’excellais en défensive. Et nous avions vraiment une très bonne équipe. Une année, nous avons fait les championnats d’État et nous nous sommes rendus en finale. Et c’est là que nous avons perdu notre seul match de la saison.»

Malgré l’intérêt des gens de basketball, l’Américain, qui mesurant 5’8 et pesait 150 livres, choisit de porter les couleurs de l’équipe de baseball au collège (Saint Rose) à Albany. «Je savais que je ne jouerais jamais dans la NBA. Et comme baseballeur, j’étais vraiment très bon défensivement et j’avais un très bon bras et de la vitesse. Je savais que j’avais les outils pour possiblement aller plus loin. Et j’aimais le baseball.»

Toujours très habile pour lancer le ballon dans un panier plusieurs années après avoir quitté l’école secondaire, Colafemina renoua avec le basket en 2011 lorsqu’il participa au camp d’entraînement des Kebs du coach Robert Spon. Mais il fut finalement retranché.

«Ils m’ont offert de demeurer sur la formation de pratique, mais ils ne pouvaient pas me payer. Je venais de terminer ma saison de baseball et j’avais besoin de gagner un peu d’argent. Alors j’ai décidé de retourner chez moi.

«Je ne m’attendais cependant pas à faire aussi bien. Depuis l’école secondaire, je n’avais pas vraiment joué au basket. Et j’avais quand même réussi à tenir mon bout contre des pros dont certains, comme Jamario Moon, avaient joué dans la NBA.»

Avec les Royals

C’est à sa dernière année senior que Colafemina fut remarqué par les recruteurs du baseball affilié. Il connut le match de sa vie face à un artilleur qui lançait des balles de feu et qui avait attiré une vingtaine de recruteurs. Après le match, un représentant des Royals lui avait manifesté de l’intérêt. Finalement, le New-yorkais avait été repêché en 24e ronde (2005) et il fut envoyé dans la Ligue des recrues à Idaho Falls. La saison suivante, il fut assigné à Wichita, dans le AA. Il se blessa cependant à la cuisse et il fut par la suite retranché.

«Ce fut quand même une expérience extraordinaire. J’étais avec Alex Gordon et Billy Butler. Juste de voir comment ces gars-là étaient professionnels et comment ils voyaient la game, c’était incroyable.»

Ayant décidé de prendre une pause en 2006, Colafemina revint au baseball en 2007 avec les Grays d’Atlantic City. Malgré une moyenne au bâton de ,260, il crut qu’il pourrait retourner dans le baseball affilié. Il jouait tous les jours et il faisait les gros jeux en défensive. Un entraîneur de l’équipe lui avait même dit que son meilleur ami était recruteur pour les Astros et qu’ils allaient lui offrir un contrat.

«Mais ils ont finalement décidé d’engager un autre joueur. Par la suite, à ma première saison à Québec, j’ai frappé pour ,290. Tous les recruteurs m’ont dit que je devrais frapper pour ,300 dans le baseball indépendant pour retourner dans le baseball affilié. Alors à chaque saison, je me suis mis beaucoup de pression pour frapper au-dessus de ,300. Ce fut une mauvaise idée. De toute façon, même si j’avais toujours en tête de jouer dans le baseball affilié, j’étais heureux à Québec et je ne voulais pas m’en aller.»

Échangé aux Lemurs de Laredo à la fin de la campagne 2012, Colafemina accrocha ensuite ses crampons. Il se laissa cependant convaincre par le gérant Pierre-Luc Laforest, qui était à la recherche d’un deuxième but, de se joindre aux Aigles en 2013.

«J’étais à la maison et je n’avais pas l’intention de jouer nulle part. Et je ne m’étais pas entraîné. Je l’avais dit à Pete. J’ai donc essayé d’arriver prêt physiquement et mentalement au camp. Mais dès mon arrivée à Trois-Rivières, je me suis blessé. Je ne fus pas l’ombre de moi-même pendant la saison 2013.»

Le petit joueur de deuxième but, qui évolua aussi au troisième coussin, à l’arrêt-court et au champ extérieur prit sa retraite en 2013. Une décision difficile que de renoncer à une passion autour de laquelle tournait toute sa vie depuis qu’il était enfant. Le fait de penser aux longs voyages en autobus et aux nombreuses blessures a remis les choses en perspective. «Jouer me manque cependant toujours beaucoup. C’est pour cette raison que j’évolue dans une ligue récréative. 

«Je suis très fier de ce que j’ai réalisé en carrière. On m’avait toujours dit que j’étais trop petit pour faire carrière au baseball. Et j’ai malgré tout été repêché par une équipe des majeures ce qui m’a permis de réaliser un rêve.

«Et si je n’avais pas été retranché par Wichita, je ne serais jamais allé à Québec. Je n’aurais pas vécu toutes ces belles expériences. Et jouer avec Éric Gagné m’a permis de réaliser un autre rêve. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont cette chance.»

Aujourd’hui père de six enfants, il a eu trois enfants avec sa conjointe qui en avait déjà trois avant de le rencontrer, Colafemina file le parfait bonheur. «J’ai toujours aimé les enfants.»

Entraîneur au collège, l’ex-Capitale enseigne aussi aux jeunes les rudiments du baseball. Il a récemment obtenu ses certificats pour œuvrer comme entraîneur, gérant et recruteur. Et il a maintenant des certificats en conditionnement physique, en nutrition et d’entraîneur certifié dans sa mire.

«J’aimerais retourner dans le baseball affilié en tant qu’entraîneur ou recruteur. Avec mes diplômes et mon passé de joueur, je pourrai peut-être me trouver du travail dans une organisation. Parallèlement, j’étudie aussi pour devenir conseiller financier et gestionnaire de portefeuille. «C’est là que, paraît-il, l’argent est», lance-t-il à la blague.

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QUESTIONS/RÉPONSES

Josh Colafemina aimerait retourner dans le baseball affilié en tant qu’entraîneur ou recruteur. Il a récemment obtenu ses certificats pour œuvrer comme entraîneur, gérant et recruteur. Il a maintenant dans sa mire des certificats en conditionnement physique, en nutrition et d’entraîneur certifié. Parallèlement, il étudie aussi pour devenir conseiller financier et gestionnaire de portefeuille.

Faits marquants

R Ce sont tous ces liens spéciaux que j’ai noués au cours de ma carrière. Des liens que j’ai développés lors des randonnées en autobus et dans le vestiaire. Jamais, je n’oublierai ça. J’ai rencontré plein de joueurs dans les différentes équipes où j’ai évolué et je suis devenu ami avec certains. Des gars avec qui je suis toujours en contact et avec qui je parle de temps à autre. Et même si avoir gagné quatre championnats de suite fut quelque chose d’extraordinaire, ma saison en 2009, alors que j’ai joué avec Éric Gagne, fut la plus mémorable car on était pas supposé gagner et nous l’avons fait.

Ta performance marquante

R On a toujours dit que je ne pourrais jamais frapper un circuit par-dessus la clôture. Mais pourtant c’est arrivé en 2011. À la suite d’une mêlée générale face aux Jackals, nous étions revenus au bâton et nous avions rempli les buts. Et j’ai frappé un grand chelem. Alors que je courais sur les buts, tous les joueurs riaient. Même les entraîneurs du côté des Jackals riaient. Je n’oublierai jamais ça.

Ce dont tu t’ennuies le plus

R Juste être sur le terrain et être avec les gars. L’atmosphère, les estrades et l’odeur. Je sais que ça paraît spécial de dire ça, mais il y a une odeur associée au baseball.

Q Ce dont tu ne t’ennuies pas

R Les longues randonnées en autobus. J’aimais ça parce que ça me permettait d’être avec les gars, mais c’était très difficile physiquement.

Q Si tu pouvais changer une seule chose

R Je serais plus grand (rires).... Si je pouvais changer une seule chose, c’est certain que j’aimerais demeurer en santé.

Q Idole de jeunesse

R Derek Jeter

Dans 20 ans

R Il y a deux choses. Je me vois gérer mon entreprise de courtage ou être entraîneur de baseball en quelque part.

Q Rêve

J’ai recommencé à m’entraîner et je tente de retrouver ma forme physique. J’aimerais être top shape d’ici un an. Et à plus long terme, juste être en santé pour moi et ma famille.