Jonas Pierre travaille aujourd'hui comme entraîneur auprès des jeunes de l'école de mini-basket de Québec. L'ex-joueur des Kebs a aussi fait partie du personnel d'entraîneur de l'école St. Pat's et des Dynamiques du cégep Sainte-Foy du circuit d-1 féminin.
Jonas Pierre travaille aujourd'hui comme entraîneur auprès des jeunes de l'école de mini-basket de Québec. L'ex-joueur des Kebs a aussi fait partie du personnel d'entraîneur de l'école St. Pat's et des Dynamiques du cégep Sainte-Foy du circuit d-1 féminin.

Jonas Pierre à la maison à Québec

Ayant grandi à Laval avant de déménager à Brooklyn, alors qu’il était adolescent, puis ayant fait ses études universitaires au Missouri avant de jouer au basketball professionnel en Europe, Jonas Pierre en a vu du pays depuis qu’il a vu le jour. Alors au lendemain de sa retraite, quand il a décidé de s’installer pour de bon, c’est à Québec qu’il a choisi de le faire.

«Je me sens vraiment chez moi à Québec», lance l’ex-basketteur qui a fait vibrer les amateurs de sport lors de son passage avec les Kebs de Québec. «J’y suis aussi bien que je l’étais à Laval. Quand j’y retourne voir ma famille et que j’y passe la fin de semaine, il m’arrive souvent de me dire quand je me réveille le dimanche matin : “il faut que je retourne chez moi à Québec, il faut que je retourne à la maison”.»

Le grand basketteur de 6’10 ne le cache pas, jamais il n’aurait pensé, quand il était plus jeune, qu’une fois sa carrière sportive terminée, il se serait installé dans la Vieille capitale et encore moins qu’il aurait voulu y passer le reste de sa vie. Après avoir accroché ses espadrilles, c’est ailleurs, du côté de la région montréalaise qu’il avait choisi de se lancer en affaires et d’exploiter un casse-croûte. Alors qu’il remettait en question certaines de ses décisions, Jibril Bah, un ami qu’il avait connu chez le Kebekwa, plus tard devenus les Kebs, le convainquit de déménager dans la Vieille capitale.

«Jibril m’avait dit : “viens à Québec. Les gens te connaissent. Ils vont t’aimer. Tu vas pouvoir coacher. Ça va être facile pour toi de faire ta vie ici”. Je suis venu voir et finalement, je ne suis jamais parti (rires). Ça fait six ans que je suis ici.»

C’est en 2006 que Pierre s’était amené dans la Vieille capitale afin d’y défendre les couleurs du Kebekwa, une nouvelle équipe professionnelle évoluant dans l’American basketball Association. Le colosse passa six campagnes à Québec, saisons au cours desquelles il brilla de tous ses feux. Recordman de la Premier Basketball League avec 11 blocs dans un match, il établit aussi une marque pour le plus grand nombre de blocs en une saison, soit 42 (2009).

«À l’époque, j’aurais pu jouer dans n’importe quelle équipe de la PBL. Mais je voulais me rapprocher de ma famille et de mes amis. Les gens proches de moi ne m’avaient jamais vraiment vu jouer depuis que j’avais quitté le Québec pour aller aux États-Unis. C’est pour cette raison que j’avais choisi de venir à Québec.»

Leader de la formation québécoise sur le terrain, Pierre a aussi été l’un des plus précieux atouts de l’équipe en dehors du court qui a profité qu’il avait grandi à Laval et qu’il parlait français pour lui faire vendre la formation et le basket aux amateurs de sport de Québec. Avec les Charles Fortier, Dominique Soucy, Samuel Audet-Sow, etc., il a multiplié les sorties publiques. «À chaque fois qu’une visite était organisée dans les écoles, j’y allais. C’était une mission que je m’étais donnée. Jamais je n’ai manqué un rendez-vous. Même les fois où il fallait que je sois dans une école à 9h le lundi matin et que je m’étais couché au milieu de la nuit parce que l’on avait dû faire 10 heures d’autobus après un match le dimanche. 

«Tout ce que voulais, c’est que les jeunes jouent au basketball. Et je crois qu’ils appréciaient ce qu’on faisait. Aujourd’hui à Québec, le basket c’est quelque chose de gros et je pense que les Kebs sont une des raisons pour l’expliquer.»

Pierre garde de très beaux souvenirs de son passage avec les Kebs, et ce, même si l’équipe n’a pas toujours connu les succès espérés sur le terrain ou qu’elle ait dû changer de domicile à quelques reprises au cours de son histoire. Il explique que les amateurs québécois étaient fidèles, fiers enthousiastes et reconnaissants. Toujours, il s’est senti appuyé et aimé.

De Laval aux États-Unis

Pierre avait 15 ans et jouait au basketball à l’école Chomedey High School quand sa carrière prit une tangente inespérée. Il s’en alla à Brooklyn où sa mère, d’origine américaine, avait décidé de déménager. Inscrit dans une école secondaire, il se joignit à l’équipe de basket où il vit le basket d’un autre œil.

«Au Québec, le basket c’était un peu comme un hobby. On avait deux entraînements par semaine et un match ou deux la fin de semaine. Quand je suis arrivé à Brooklyn, on s’entraînait deux fois par jour. Tout le monde était très compétitif. Quand les coachs sentaient que l’on avait du potentiel, ils nous vendaient du rêve en nous disant que si l’on s’entraînait fort, on aurait des chances d’aller loin. Alors toi tu pratiques, tu te développes, tu prends confiance et tu commences à rêver.»

Ses études à l’école secondaire terminées, Pierre fréquenta le Lincoln University, dans le Missouri, où il défendit les couleurs des Blue Tigers. Admissible au repêchage de la NBA de 2004, il ne trouva cependant pas preneur, mais il fut invité à un essai avec les Spurs de San Antonio.

«Quand j’ai quitté les Spurs, je me souviens avoir appelé mes amis pour leur dire que je n’étais vraiment pas de calibre. Oui, j’étais athlétique et oui je mesurais 6’10 mais je ne pesais que 220-225 livres. En comparaison, les gars de ma grandeur étaient à 260 livres. J’étais un enfant parmi des hommes. Alors j’ai commencé à faire beaucoup de musculation. Quand tu es aussi près de ton rêve, tu trouves toujours une raison de continuer à t’accrocher et un moyen qui te permettra de t’ajuster.

«Aujourd’hui, je suis d’avis que la NBA c’est une question de talent et d’entraînement, mais aussi d’opportunités. Les équipes cherchent toujours le meilleur joueur qui pourra le mieux fitter dans leur équipe. Si tu es cet athlète au moment où elles en ont besoin, tu auras ta chance.»

C’est à la suite d’un coup du destin que le grand basketteur a finalement renoncé à son rêve de jouer dans la NBA. Victime d’un accident d’auto à quelque jours de son départ pour l’Allemagne où il devait jouer pro, il a dû par la suite composer avec des maux de genoux récurrents. Et c’est dans les circuits mineurs professionnels nord-américains qu’il évolua notamment avec les Kebs pendant six saisons. «Dans les mois suivant mon accident, j’ai vécu une grande déception. Mais aujourd’hui, je ne regrette rien. J’ai pu signer avec les Kebs et revenir à la maison.»

Pierre prit sa retraite du basket en 2014. «J’étais devenu plus lent. Au niveau des blocs ou mes rebonds, j’étais tout le temps une seconde en retard. C’était le signal qu’il était temps que j’arrête, que je commençais à me faire vieux.

«Au début, j’ai trouvé le temps long. J’étais dans une zone grise, je me cherchais. Je me demandais qu’est ce que j’allais faire. Parce que quand tu es jeune, tu penses que tu vas jouer au basket toute ta vie. Et moi j’ai trouvé. Comme j’aimais partager mon expérience avec les jeunes, j’ai décidé de les aider à s’entraîner. Et je me suis mis dans le coaching.»

Entraîneur au Quebec à St Pat’s puis avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy, Pierre est aujourd’hui coach à l’école de mini-basket de Québec (MBQ), un programme qui initie au basket les jeunes du primaire. «J’aime être avec les enfants. Il n’y a pas de pression. Ils viennent pour apprendre et s’amuser. Avec des enfants, chaque journée est différente. Il n’y a rien de redondant. J’adore ce que je fais.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Jonas Pierre en 2006

Q  Fait marquant

Mon essai avec les Spurs de San Antonio de la NBA.

Q  Performances marquantes

Quand j’ai battu le record pour le plus grand nombre de tirs bloqués de la Premier Basketball League (36). C’était en 2009 (17 février face aux Knights de Battle Creek) et je jouais avec les Kebs. J’ai fini la saison avec 42. Et quand j’ai été nommé joueur défensif de l’année de la PBL (2009), un honneur que j’ai presque toujours gagné avec les équipes pour lesquelles j’ai évolué.

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus

R  La fraternité, être avec les gars, parler après les matchs ou après les entraînements. Et jouer au basket.

Q  Ce dont tu t’ennuies le moins

R  Courir.

Idoles de jeunesse

Il y avait Michael Jordan, mais encore plus Magic Johnson. Et comme j’aimais les grands joueurs, Dirk Nowitzki était un de mes basketteurs préférés quand j’étais au collège.

Entraîneurs marquants

Tous mes entraîneurs m’ont appris quelque chose, même Chuck (Charles Dubé-Brais) qui était plus jeune que moi. J’ai appris beaucoup avec lui, souvent juste en étant assis à ses côtés dans l’autobus et à jaser. J’ai appris de tous mes coachs. Ils m’ont tous marqué. D’ailleurs, quand je parle aux enfants, je ne manque jamais de leur rappeler le rôle que leurs entraîneurs vont jouer tout au long de leur carrière et comment c’est important qu’ils aient une bonne entente avec chacun.

Q  Dans 10 ans

R  Je me vois à Québec à encore coacher des enfants, à les aider. J’ai été entraîneur-adjoint au collégial avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy (équipe féminine D-1) en 2015-2016. Cette année-là, nous avions remporté le titre provincial. Mais même si j’ai beaucoup aimé mon expérience, j’aime mieux les petits.

Rêve ou défi

R  J’aimerais aller en Afrique. J’aimerais visiter le Congo ou la Guinée.