Après avoir mené une carrière en water-polo qui lui a permis de prendre part aux Jeux de Pékin, Jean Sayegh est aujourd’hui planificateur financier et associé chez Sommet groupe financier.

Jean Sayegh: d’un extrême à l’autre

Jean Sayegh est passé d’un extrême à l’autre le jour où il a renoncé à sa carrière en water-polo pour amorcer sa vie professionnelle en tant que planificateur financier. Membre de l’équipe nationale et profitant d’un solide encadrement à tous les niveaux, il a alors choisi de devenir travailleur autonome.

«Je me suis lancé dans le vide, avoue Sayegh. Ça aurait pu ne pas marcher. J’aurais pu choker et backer. Mais ça n’aurait pas été grave parce que j’aurais pu, après six mois, un an ou deux, tout abandonner et aller travailler ailleurs. Je n’étais donc pas inquiet. Mais ç’a quand même été tough de devoir tout gérer. Heureusement, j’étais bien encadré par mon mentor et patron du temps Stéphane Roy. Et une belle équipe qui nous entourait. 

«En tant que travailleur autonome, il fallait que je travaille et que j’aille chercher de nouveaux clients. C’était un stress, mais je m’étais organisé en conséquence. La planification, j’avais ça dans le sang. J’avais donc bien budgété ma fin de carrière d’athlète et le début de l’autre.»

Sayegh indique qu’il n’avait rien à perdre avant d’ajouter qu’après avoir renoncé à une bourse d’études complètes à la California State University — à la dernière minute il avait renoncé à poster son formulaire d’inscription parce qu’il avait peur de quitter sa famille, sa nouvelle blonde et ses amis pour se retrouver dans un milieu anglophone — il s’était promis de ne plus jamais laisser passer une belle opportunité.

«Ç’a été la plus grande leçon de ma vie. À partir de ce moment-là, je me suis dit que j’allais essayer. Et si ça marche, ça marchera et dans le cas contraire, qu’est-ce que j’aurai perdu?

«Il faut que tu vises la médaille d’or aux Olympiques, pour peut-être décrocher l’argent ou le bronze. Mais si tu vises juste d’aller aux Jeux, ça se peut que tu ne t’y rendes pas. Il faut avoir de grands rêves pour croire en ses capacités.»

Sayegh est aujourd’hui partenaire chez Sommet groupe financier. Menant sa carrière de planificateur financier de la même manière que sa carrière de poloïste — il cherche constamment à s’améliorer et à devenir meilleur — il n’a mis qu’une dizaine d’années à passer le cap des 600 clients. Des résultats qui lui ont permis d’être nommé parmi les 25 étoiles montantes (25 Rising Stars) de l’industrie de la gestion financière par le journal Financial News.

«Un honneur dont je suis fier, mais sans plus. Je ne m’arrête pas à ça et je continue à foncer. J’ai une belle carrière et une clientèle extraordinaire, des gens que je considère comme des amis. Je suis super heureux. Dans mon domaine, Sky is the limit. Toujours en gardant un équilibre et en ayant du temps pour ma famille et une belle qualité de vie.» 

Boucler la boucle

Sayegh a pris sa retraite du water-polo en 2008 à la suite de sa participation aux Jeux de Pékin. Il avait 28 ans et n’avait pas encore atteint son plein potentiel. Mais il avait un emploi qui l’attendait dans son champ d’études universitaires.  «À la fin de mon cycle olympique, j’étais rendu ailleurs. On avait réussi à se qualifier pour les JO. Il était temps de passer à autre chose.» 

Le poloïste explique que sa participation aux JO avait été l’occasion de boucler la boucle. Il s’y est rendu avec l’intention de profiter du moment présent et de s’amuser, mais en même temps, il avait un travail à faire. Il y a vécu une expérience extraordinaire.

«Après les Jeux, j’ai reçu des offres pour jouer pro en Europe. Ça n’a pas été facile de fermer la porte sur le water-polo. Mais je me suis dit qu’une belle carrière m’attendait et que j’avais vécu mon trip olympique et mon trip d’athlète. Aujourd’hui, mon seul regret, c’est de ne plus avoir ma forme physique d’antan. J’ai toujours l’envie de redevenir l’athlète que j’étais et ça me stimule toujours autant d’aller au gym. Je suis toujours aussi compétitif. Mais avec le travail et la famille, je ne peux que faire ce que je peux avec le temps que j’ai.»

Même s’il est à la retraite depuis bientôt une douzaine d’années, Sayegh est d’avis que son passé est encore bien présent malgré ses succès professionnels. «Quand les gens recherchent sur Jean Sayegh sur Google, il sort en speedo (rires). Le fait que je sois allé Jeux impressionne bien des gens. Personnellement, je ne mets jamais ça de l’avant. Mais quand les gens me posent des questions, ça me fait plaisir de leur répondre.... et ça me ramène de beaux souvenirs.»

Malgré ses nombreuses occupations, Sayegh demeure impliqué en water-polo. Non seulement il joue dans des ligues de «garage» où il retrouve ses amis d’enfance, mais il redonne au niveau régional (il a même été président du club des Hydres de Sainte-Foy), et il l’a fait avec la Fédération provinciale et Water-Polo Canada.

Une question se pose. De laquelle de ses deux carrières, Jean Sayegh est-il le plus fier? «J’ai une carrière extraordinaire en water-polo. Le sport va toujours rester le plus beau cadeau que j’ai eu. Mais ce que je vis présentement l’est aussi parce que je sens que je n’ai pas de limite. Les deux m’ont vraiment apporté beaucoup. Je ne voudrais pas en échanger une pour l’autre.»

QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant?

R  Notre qualification olympique. J’ai eu beaucoup plus de satisfaction à me qualifier pour les Jeux qu’a y participer. Au niveau professionnel, c’est de vivre tout ce que je vis.

Q  Personnalité marquante?

R  Stéphane Roy, mon associé au niveau professionnel, qui est aussi un arbitre international en water-polo. Il m’a offert une job en 2005 alors que je prenais part à un tournoi au Mexique où il était arbitre. Et ma conjointe qui a été un élément marquant dans ma vie parce que c’est toujours elle qui m’a motivé à aller à l’autre étape. 

Q  Ce qui te manque le plus?

R  La forme physique d’un athlète olympique.

Q  Ce qui te manque le moins?

R  Le décalage horaire. Il ne fonctionnait pas pour moi. J’avais de la misère à dormir quand on faisait des voyages en Europe.

Q  Si c’était à refaire?

R  Je prendrais le même chemin. J’aime bien mon parcours avec des obstacles, des embûches et beaucoup de succès.

Q  Rêve ou défi?

R  Continuer à faire performer Sommet groupe financier qui est déjà à un niveau extraordinaire en gardant toujours l’équilibre famille, santé et travail.