2018: Installé dans la région de New York avec sa femme et ses deux filles, Giancarlo DiPrima garde des souvenirs impérissables de la ville de Québec et des Capitales. — Photo fournie par Giancarlo DiPrima Giancarlo DiPrima avec Eddie Lantigua en 2004.

Giancarlo DiPrima: fait saillant inattendu

Quand il est débarqué à Québec en 1999, quelques semaines après avoir été retranché du club-école des Brewers de Milwaukee, Giancarlo DiPrima n’avait qu’une ambition: obtenir une seconde chance avec une équipe professionnelle. Il ne pensait jamais que son passage avec les Capitales prendrait une autre tournure et qu’il constituerait le fait saillant de sa carrière.

«Même si je voulais contribuer aux succès de l’équipe, mon but premier était de faire de ma présence avec les Capitales un tremplin vers le niveau supérieur», explique le petit joueur d’avant-champ qui avait choisi Québec à cause de la présence de Jay Ward. Un de ses anciens coachs au collège lui avait dit que Ward était un bon enseignant, qu’il connaissait le baseball et qu’il avait de nombreux contacts dans les majeures. Il serait donc en mesure de l’aider dans l’atteinte de son objectif.

«Quand j’ai connu la ville et les amateurs, que j’ai vu de la manière dont l’organisation nous traitait et la place que nous occupions dans les médias — nous avions une couverture digne des équipes du baseball majeur — j’ai commencé à me demander si je serais prêt à quitter l’équipe. Faire partie d’une organisation comme celle des Capitales était presque trop beau pour être vrai. Et Québec est devenue mon deuxième chez moi. C’est le fait saillant de ma carrière.»

DiPrima rappelle que c’est avec les Capitales qu’il a disputé sa dernière campagne dans le baseball. Ayant annoncé sa retraite en 2000, il avait décidé pendant la saison morte de jouer un an de plus. «Je n’avais pas terminé ma carrière comme je l’aurais souhaité. Sachant que je ne retournerais pas dans le baseball affilié et après avoir passé des années à jouer pour atteindre un but, je voulais jouer pour moi, juste pour avoir du plaisir. 

«Et c’est pour ça que je suis retourné à Québec. Il y avait là quelque chose de spécial. Si je n’avais pas pu m’aligner avec les Capitales, je n’aurais probablement pas joué cette dernière saison.

Le petit joueur se souviendra toujours de son dernier match. Après la rencontre, il est demeuré longtemps assis dans l’abri à regarder le terrain. Il ne voulait pas enlever son uniforme. «Je me disais que ma carrière était terminée, mais aussi que jamais je ne vivrais des émotions comme celles que je venais de vivre et que je ne verrais plus la ville et les gens qui m’entouraient, etc. Mais je retournais chez moi avec plein de beaux souvenirs et de nombreuses amitiés. Tout ce que j’ai vécu à Québec fut meilleur qu’ailleurs. Ç’a été du bonus.»

Dur retour

Toujours bercé par ses souvenirs quand il a quitté Québec, DiPrima connut un dur retour à la réalité. Quelques jours après être arrivé chez lui dans la région de New York, il a vécu les évènements du 11 septembre. Du coup, l’entrevue qu’il devait avoir pour un travail fut annulée. À la maison, sans emploi et ne sachant pas ce que le futur lui réservait, il s’est inquiété. Puis au moment où les camps d’entraînements des équipes des majeures se sont amorcés en février, il a senti que le baseball lui manquait. DiPrima reçut cependant un coup de téléphone de Michel Laplante à  l’été 2002. Il voulait savoir si son ancien joueur de deuxième-but  reprendrait du service pour trois matchs. Qualifiée pour les séries, l’équipe québécoise devait composer avec de nombreux blessés pour une série face au New Jersey. 

«J’ai répondu ‘’c’est certain!’’. Et avec un ami, j’ai quitté ma retraite. Ma femme craignait cependant que je retrouve la piqûre pour le baseball. Elle avait appelé mon ami et Michel Lapante et elle leur avait fait promettre qu’ils ne me laisseraient pas monter sur l’autobus de l’équipe. Elle pensait que si je le faisais, je pourrais vouloir retourner à Québec. Alors, on m’avait interdit l’accès au bus (rires).»

Étudiant en finances et en gestion sportive au collège Saint John’s, DiPrima avait commencé à travailler dans le domaine des affaires à sa dernière campagne à Québec. Il profitait des longs voyages en autobus pour faire du travail informatique pour une entreprise pour laquelle il a œuvré à temps plein à la fin de sa carrière. Ayant gravi les échelons dans le domaine de la finance, il travaille aujourd’hui pour JPMorgan Chase en tant que vice-président du département des fonds de couverture. Il s’occupe de financement et d’évaluation et travaille aussi sur un nouveau système que son entreprise compte implanter.

«J’ai gardé des liens avec le baseball. Je suis représentant pour B45, ce qui me donne la chance de demeurer impliqué dans le baseball majeur. J’ai aussi donné des écoles de baseball. Mais je suis moins actif à ce niveau parce que je veux consacrer le plus de temps possible à mes deux filles qui jouent au soccer.»

***

Questions/réponses

Q Plus grands accomplissements

R Avoir gagné un championnat à l’école secondaire et au collège. Mais je suis surtout fier d’avoir été capable de me rendre dans les ligues mineures quand tout le monde disait que je ne pourrais jamais y arriver parce que j’étais trop petit, que je n’étais pas assez gros ou pas assez fort. 

Q Moments marquants

R J’ai beaucoup apprécié jouer au collège et y gagner un championnats. J’ai aussi apprécié toutes les amitiés que j’y ai développées. Avoir l’opportunité de jouer au baseball tout en poursuivant mes études m’a fait apprécier toute mon expérience au collège. 

Q Pire moment

R Me faire dire que je ne pourrais plus jouer du baseball, que je n’étais pas assez bon pour évoluer dans les ligues mineures.

Q Rêve

R Je veux être le meilleur père possible pour mes enfants. C’est vraiment ce que je veux. Je veux être certain de ne pas bousiller leur vie.

Q Idoles de jeunesse

R J’en aimais quelques un, j’aimais Pete Rose, j’aimais Mark McGwire parce qu’il pouvait frapper la longue balle et j’aimais Don Mattingly.

Q Équipe favorite des majeures

R Les Yankees de New York