Étudiant en droit civil à l’Université d’Ottawa, Frédérick Roy n’a pas encore décidé quelle tangente prendra sa vie quand il aura obtenu son diplôme. Mais il ne manque pas de projets.

Frédérick Roy: carburer aux défis

Quand il s’est pointé à Québec en 2003 avec la formation du Colorado pour jouer au Tournoi pee-wee, Frédérick Roy savait très bien que contrairement à la très grande majorité des joueurs, il serait précédé par sa réputation. Fils de Patrick Roy, enfant chéri de Québec et alors gardien de but de l’Avalanche, il ne passerait pas incognito et aurait même les projecteurs braqués sur lui. Mais cela ne l’a jamais dérangé.

«J’étais plus excité que nerveux, avoue Roy. Je connaissais très bien la réputation du Tournoi pee-wee. Je savais que c’était un des plus gros au monde. J’étais donc très heureux de pouvoir vivre cette expérience-là mais aussi de pouvoir jouer dans la ville d’où était originaire toute ma famille. C’était une belle source de motivation. J’avais un peu de pression mais pour moi, c’était quelque chose de l’fun. Je voyais ça comme un défi et une occasion de pouvoir vivre quelque chose d’extraordinaire. Être au Tournoi pee-wee, c’était un privilège. Les souvenirs que j’ai, je vais les garder toute ma vie.»

Roy a quitté Québec avec une médaille de champion au cou dans la classe International B. L’année suivante, Roy est revenu au tournoi. Mais son père ayant pris sa retraite et déménagé dans la région, c’est avec les Seigneurs de Beaubourg qu’il s’est aligné.

«Pour moi, rien n’avait changé, c’était encore un privilège de jouer au tournoi. Mais comme j’avais goûté à la victoire, je voulais de nouveau gagner un championnat. J’avais donc un autre défi.»

Considéré par plusieurs comme trop petit pour faire sa marque dans les niveaux supérieurs, Roy a aussi dû se battre avec les ragots qui disaient que s’il avait joué dans certaines équipes, c’était à cause de son père. Ce qui aurait pu le décourager fut pour lui une motivation. «C’était frustrant. Mais je savais ce que je valais. Je me disais : “Je vais leur prouver que je suis capable de jouer”. Et à ce niveau-là, j’ai toujours eu le support de mes parents qui m’ont toujours encouragé, tout comme mon frère et ma sœur.

«Mais pour rivaliser avec les plus grands, je ne pouvais jamais prendre de journée off. Il fallait tout le temps que je sois à mon maximum. C’est une qualité que mon père m’avait inculquée et qui me sert toujours.»

Après avoir joué dans le midget AAA avec le Blizzard du SSF, Roy s’est retrouvé avec les Remparts où il a évolué sous les ordres de son père et aux côtés de son frère Jonathan. Il y a vécu des moments mémorables. Fidèle à lui-même, il a joué avec intensité.

«À chaque fois que je sautais sur la patinoire, je voulais gagner. Et je savais m’évaluer comme joueur et comme personne. Je connaissais mes forces et mes faiblesses. Je n’étais pas un compteur de 50 buts, mais je pouvais bien compléter un trio parce que j’allais dans les coins. Et quand on avait besoin d’un joueur pour bloquer les gros lancers, j’étais là. J’étais prêt à faire les sacrifices nécessaires pour le club. Mais dans le fond, ce n’était pas des sacrifices. J’étais choyé de jouer au hockey pour les Remparts. C’était une belle famille.»

Après cinq saisons à Québec, Roy s’est retrouvé dans la Ligue américaine avec les Americains de Rochester où il a passé deux saisons. À la fin de la campagne 2014, il a accroché ses patins.

«Mon père m’a toujours dit : “Tu vides la tank et après, tu n’as pas de regret”. J’étais rendu au bout de ma tank. J’avais eu du plaisir à jouer au hockey, mais là, je tripais moins. Et comme je n’avais pas terminé mon cégep, je désirais retourner aux études pour assurer mon avenir.

«Je suis très fier de ma carrière. Partout où je suis passé, j’ai prouvé que j’avais ma place. Je suis aussi très fier d’avoir joué pour mon père. C’est un grand homme. Au niveau hockey, mais aussi personnel. Je lui suis très reconnaissant, comme je le suis à ma mère, pour toutes les valeurs qu’ils m’ont inculquées.»

Lendemains difficiles

Les lendemains de retraite du joueur ont été difficiles. Il s’est rendu compte qu’il avait perdu son identité. Et ne sachant pas dans quel domaine il referait sa vie, il a ressenti un peu d’anxiété. Il est d’abord allé à l’Université Concordia pour obtenir ses préalables pour entreprendre des études universitaires. Il a pensé étudier en finances, le côté des affaires l’attirant. Mais il a finalement opté pour le droit civil à l’Université d’Ottawa. «Je suis tellement heureux ici. Mes études m’ont permis de mieux me connaître et de m’intéresser à l’histoire et la politique du Québec et du Canada.»

Comment Roy voit-il son avenir? Il dit l’ignorer. Il se voit très bien exercer la profession d’avocat, mais il rêve aussi de brasser des affaires et avoir son entreprise ou même retourner dans les sphères du hockey où les avocats sont de plus en plus nombreux du côté administratif.

«Il y a plein de portes ouvertes. Pour le moment, je suis en mode apprentissage. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise voie. Pour bâtir quelque chose, il faut commencer par les fondations. Je dois d’abord finir mon bac, les opportunités viendront après. Mais je trippe dans ce que je fais.»

QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

Jouer au Tournoi pee-wee avec l’Avalanche et avoir gagné le titre de notre catégorie. Aussi, d’avoir compté le but gagnant en prolongation qui nous a permis de remporter le National Championship avec l’Avalanche, mes années midget AAA, d’avoir joué pour les Remparts aux côtés de mon père, de mon frère et d’une belle gang de chums devant des partisans extraordinaires, et d’avoir évolué dans la Ligue américaine à Rochester.

Q  Tu t’ennuies de...

Les gars dans la chambre, y retrouver ses amis. Parler stratégie et hockey, mais aussi de la vie en général. Et compter un but et entendre la foule crier de joie.

Q  Tu ne t’ennuies pas de...

Les blessures. Avoir une séparation de l’épaule ou bien recevoir une shot sur le pied. Et le voyagement et les heures passées en autobus.

Q  Personnalités marquantes

Ma mère et mon père, des gens qui ont fait qui je suis aujourd’hui en m’inculquant de belles valeurs, comme l’importance du travail, ne jamais baisser les bras, rester humble, etc.

Q  Idoles de jeunesse

Mon père, évidemment. Mais en tant qu’amateur de golf, j’ai aussi trippé sur Tiger Woods. Je me souviens de l’avoir regardé jouer en compagnie de mon père et de mon frère. Et quand il calait son putt, on criait les trois en même temps.