Le taekwondo occupe encore une grande place dans la vie de François Coulombe-Fortier, qui est entraîneur de la relève au club de Sainte-Foy mais aussi chargé de projets à la Fédération québécoise.

François Coulombe-Fortier au rythme du taekwondo

Le temps passe mais certaines choses ne changent pas. À la retraite depuis maintenant cinq ans, François Coulombe-Fortier vit encore et toujours au rythme du taewkondo. Et ce n’est pas seulement parce qu’il est entraîneur au club de Sainte-Foy ou qu’il travaille au sein de la Fédération québécoise de taekwondo.

«C’est le taekwondo qui m’a formé et qui a fait la personne que je suis aujourd’hui», confie l’ex-athlète. J’ai eu la chance d’y grandir et d’apprendre ses valeurs qui sont la courtoisie, l’intégrité, la persévérance, le contrôle de soi et le courage, des valeurs que j’applique toujours et qui sont le fondement des conférences que je donne aux jeunes par le biais du programme Jouez gagnant, des valeurs qui m’ont aidé au niveau de ma discipline, de mon comportement et de ma concentration et qui font que je me donne au maximum et que je suis déterminé à atteindre les objectifs que me je fixe.»

Le Québécois a vécu le summum de sa carrière quand il a pris part aux Jeux olympiques de 2012. Non seulement, il s’est réalisé en tant qu’athlète, mais il a offert une solide performance qui lui a permis de passer le premier tour puis de tenir tête à un double champion du monde et finalement de prendre le neuvième rang au classement final. Il n’a toutefois pas accroché son kimono dans les semaines suivant la fin des JO. Ayant décidé faire une douce transition entre sa carrière d’athlète et son retour à une vie «normale», il a continué à compétitionner pendant quelques mois.

«J’en avais parlé avec Alain Bernier, mon entraîneur. Il n’était pas question que j’arrête à mon retour de Londres, et ce, même si j’avais obtenu des résultats exceptionnels ou une médaille. On avait décidé que je ferais une année complète avant de décider quoi que ce soit. Je suis revenu à l’entraînement avec comme objectif les Championnats du monde. Par la suite, j’ai pris les compétitions une à la fois.

«J’ai eu la chance de me retirer par choix. En fin de carrière, les blessures sont de plus en plus fréquentes. Mais on a toujours le choix de continuer dans la douleur ou de passer à autre chose. Dans mon cas, ç’a été bon de continuer. J’étais allé au bout de mes rêves. Là, je pouvais choisir mes compétitions et profiter au maximum de chacune. En vivre certaines avec l’équipe nationale et d’autres avec mon équipe du club de Sainte-Foy où on payait notre voyage de notre poche. On partait 14 athlètes et on dormait à l’hôtel ensemble comme je le faisais à 14-15 ans. C’est ce qui m’a permis de finir ma carrière au US Open, ma compétition par excellence et où j’avais obtenu de nombreux titres. J’ai pu en vivre chacun des moments avec mon équipe. Ç’a été une belle façon de boucler la boucle.»

C’est pour écouter son corps blessé que Coulombe-Fortier s’est retiré, mais aussi pour vivre d’autres choses comme fonder une famille. Exigeant envers lui-même, il avoue aussi qu’il ne voulait pas voir ses performances décliner. Mais même s’il était prêt à tourner la page, il n’avait pas mesuré toute l’ampleur de la place que prenait son sport dans sa vie.

«Au début, ç’a été facile parce que je voulais décrocher. Je me suis amusé, j’ai joué au golf, je me suis changé les idées. C’est au moment où je retournais habituellement à l’entraînement plus sérieux que ç’a été plus difficile. Puis j’ai commencé à travailler dans le domaine de l’informatique médicale, ce qui m’a vraiment sorti du taekwondo et qui a changé ma routine.

«Le plus difficile fut de ne plus sentir l’adrénaline d’être sur le tapis pour se mesurer à un adversaire. J’aimais combattre. Et c’est dans la boxe, qui est un entraînement génial et où je fais des combats juste pour le plaisir, que j’ai retrouvé ce sentiment-là. Je l’ai aussi retrouvé en demeurant proche de mon équipe de jeunes et en les suivant en compétition.»

Toujours impliqué

Coulombe-Fortier a gardé des liens très étroits avec le taekwondo. D’abord parce qu’il est demeuré au sein de sa famille sportive au club de Sainte-Foy. «Je ne peux pas m’en passer. C’est une question d’équilibre. Et c’est tellement stimulant de voir M. Bernier travailler. Je m’inspire de lui comme entraîneur. Je veux emmener les jeunes au maximum de leurs possibilités sans pour autant avoir comme objectif les JO ou quoi que ce soit. Mais je ne veux pas suivre ses traces à la lettre. Je veux faire mon travail du mieux que je peux et en étant un modèle à ma façon. C’est un beau défi et c’est ce que M. Bernier nous a enseigné.»

L’ex-athlète travaille aussi au sein de la Fédération québécoise de taekwondo en tant que chargé de projets. Un emploi qu’il occupe depuis novembre 2018. Depuis sa nomination, le Québec a reçu six événements majeurs. Et il accueillera le Canadien Open présenté à Montréal en octobre.

Questionné si un jour, il aimerait suivre les traces de son ex-coach Alain Bernier, l’ex-athlète indique que pour le moment, sa priorité est sa famille et ses deux jeunes enfants. «Je suis bien dans mon club. Ce sont mes valeurs et mes racines. Je n’ai pas l’aspiration de m’occuper de l’élite pour le moment. Mais je ne dis pas non... éventuellement.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant

R  Les Olympiques de 2012 et l’année qui a précédé les Jeux où j’ai gagné la médaille de bronze aux Jeux panaméricains et obtenu ma qualification olympique.

Q  Plus grande déception

R  En 2008, les Jeux de Pékin. Avoir tout donné, mais ne pas avoir obtenu ma place pour y prendre part.

Q  Ce qui te manque le plus

R  Le tapis de combat. Et, gagne ou perd, tout donner et le vivre avec mon équipe.

Q  Rêve

R  Continuer à être heureux avec ma conjointe Myriam et mes deux enfants Victor et Éloi et permettre à mes enfants à se réaliser en tant que personne. Au niveau professionnel, faire en sorte que le taekwondo devienne un des sports les plus populaires au Québec.

Q  Autre sport si tu n’avais pas fait du taekwondo

R  J’aime les sports de combat, mais j’adore le golf. C’est hyper technique et me retrouver sur un terrain, c’est comme me retrouver avec moi même. Ça fait du bien. Peut-être un sport extrême aussi, comme le vélo de montagne.

Q  Idoles de jeunesse

R  À travers ma carrière, j’ai vu de bons athlètes de taekwondo se réaliser mais j’ai aussi eu des modèles de sport, des athlètes performants mais aussi de bonnes personnes. Comme Roger Federer.