Après avoir quitté l’équipe canadienne de biathlon, pour laquelle il avait compétitionné avant de devenir technicien, en 2005, Erick Gosselin y est retourné cet automne afin d’y œuvrer comme technicien.

Erick Gosselin de retour à ses anciens amours

Erick Gosselin est revenu à ses anciens amours. Le biathlon de haut niveau. L’automne dernier, il a obtenu un poste de technicien au sein de l’équipe nationale. Un travail qui lui a permis de mettre fin à une éclipse de plus d’une douzaine d’années au sein de la formation canadienne.

«J’avais vraiment le goût d’y retourner», explique celui qui avait agi comme technicien avec la formation canadienne après sa carrière de biathlonien. «Technicien, c’est vraiment une job que j’aime.... tout comme voyager. Ce n’est pas un travail que je désirais absolument avoir. Sauf que je m’étais dit que si la chance de la refaire de présentait, je la prendrais. Quand j’ai su qu’on cherchait un technicien avec l’équipe nationale, j’ai appliqué.

«Cirer des skis, ça n’a plus de secret pour moi. Pendant les cinq années que j’avais été technicien avec l’équipe nationale, j’ai eu beaucoup d’aide de techniciens de différents pays. J’ai appris beaucoup parce que j’étais bien entouré. C’est comme ça je suis devenu bon dans le domaine.»

Après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin avait quand même fait profiter occasionnellement de son expertise à la formation du Québec, lors de championnats canadiens notamment. Quand il est retourné avec l’équipe canadienne, il s’est senti comme s’il ne l’avait jamais quittée. Il a retrouvé un milieu qu’il connaissait bien et un rythme de vie qu’il adorait. La seule grande différence : il faisait dorénavant partie d’une équipe de techniciens alors qu’à son époque, il était seul.

«Quand je compétitionnais, j’avais sept ou huit paires de skis. Aujourd’hui, les athlètes en ont entre 20 et 25. Comme je m’entraîne beaucoup et que j’aime ça, je me retrouve souvent à tester le matériel et les skis avec les athlètes. Et avec le temps, ils développent une certaine confiance en toi. Et souvent, ils me laissent choisir leurs skis.»

Grâce aux cadets

C’est grâce au programme des Cadets de Valcartier que Gosselin avait découvert le biathlon à 14 ans. Ses succès aidant, le biathlon a rapidement pris le dessus sur les cadets. Il s’est retrouvé sur l’équipe du Québec puis sur la formation nationale junior. Il a ensuite fait partie du programme mis sur pied par les Forces armées canadiennes qui permettait à des militaires de mener une carrière sportive tout en étant payé.

«J’ai eu une belle carrière. Elle m’a apporté tellement... Je n’ai pas eu la chance d’étudier longtemps. Le sport et les voyages, ç’a été mon école. Ils m’ont permis à devenir la personne que je suis, capable de s’adapter, de faire face au stress, de se débrouiller et qui n’a pas besoin de personne. Je n’ai aucun regret. Tous les coups durs et les déceptions que j’ai eues m’ont permis d’avancer. 

«Ainsi ne pas aller à Nagano a été difficile sur le coup. Mais j’avais des Coupes du monde à faire. Je me suis donc arrangé pour bien gérer le tout et j’ai continué. Et j’ai pu participer aux Olympiques en 2002 en tant que technicien en chef de l’équipe nationale.»

C’est en 2005 quand l’Armée canadienne a mis fin à son programme pour ses militaires-athlètes que Gosselin a quitté l’équipe nationale. Incapable d’accepter que tout était fini, il a continué à s’entraîner aussi fort afin de compétitionner et de gagner. 

«Ça m’a pris une dizaine d’années avant de mettre la switch à off et de skier pour le plaisir. Aujourd’hui, ça me tente de moins en  moins de faire de la compétition. Je sais ce que ça prend comme sacrifices pour gagner et obtenir de bons résultats et ça ne me tente plus de les faire. Sauf pour certaines compétitions comme les Mondiaux seniors de 2020. J’y avais pris part quand ils avaient eu lieu à Québec. Je vais y aller pour gagner des médailles. Je vais m’entraîner pour ça et être plus sérieux sans virer dans l’excès.»

De retour avec les Forces armées après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin est allé en Afghanistan. «Une belle expérience. Mais pas au point d’y retourner.» Par la suite, il a quitté les Forces armées pour aller travailler dans l’entreprise familiale. Une autre transition difficile. Débordé par son travail, il a fini par mettre de côté son entraînement. «Tout tournait autour de mon travail. Ce n’était plus moi, ça ne me ressemblait pas.»

Après sept ans au sein de l’entreprise familiale, Gosselin, qui est aussi devenu copropriétaire du Café L’Accroche Pied à Saint-Augustin, s’est joint à l’entreprise Access Networks en tant qu’installateur de système de sécurité dans les casinos, un travail qui lui a permis de voyager aux quatre coins de la planète. C’est par la suite que l’opportunité de travailler avec l’équipe nationale s’est présentée.

«J’ai aimé ma carrière d’athlète, mais j’ai encore plus de plaisir dans ma carrière de technicien. Je suis plus libre. J’ai des résultats à donner, mais ce n’est pas la même affaire qu’un athlète. Avant les courses, par exemple, je ne suis pas pogné à l’hôtel l’après-midi parce qu’il faut que je me repose. Quand mon travail est fait, je peux aller m’entraîner et skier à mon goût. C’est un autre trip qui est pas mal le fun

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Performance marquante?

La première médaille que j’ai remportée lors d’une course au niveau cadet présentée sur les plaines d’Abraham. C’est un peu ça qui m’a fait cliquer, qui m’a fait réaliser que j’avais peut-être un certain talent là-dedans et qui m’a donné le goût de continuer.

Q  Fait marquant?

R  Ma dernière année junior en 1991.  J’avais gagné toutes mes courses à l’exception de celles des championnats canadiens où j’avais obtenu une médaille de bronze. J’avais même couru sur l’équipe sénior.

Q  Modèles?

R  Pierre Harvey. Je l’ai toujours vu comme un exemple à suivre. Et mes parents. Ils n’ont jamais cessé de m’encourager à faire ce que je voulais. Mais ils ne m’ont pas aidé financièrement. Ça m’a appris à être débrouillard et à me battre. Quand je veux quelque chose, je n’attends pas après les autres. Je suis capable d’aller le chercher. C’est grâce à cette mentalité-là que j’ai pu faire certaines choses dans la vie. Je leur en suis reconnaissant.  

Q  Plus grande qualité?

R  Je suis travaillant et je suis un bon technicien. Au niveau technique, j’ai toujours essayé de m’appliquer et de chercher les petits détails pouvant faire la différence et maximiser les performances. C’est une de mes plus grandes forces.