Après avoir passé huit années à Québec et une en France, Eric LeBreton est retourné dans son coin de pays à Tracadie-Sheila où il est professeur d’éducation physique à l’école secondaire où il a étudié.

Éric LeBreton: des racines profondes

Plaçant la famille au centre de ses priorités, Éric LeBreton a aussi toujours été très attaché à ses racines acadiennes. Pas surprenant qu’après un hiatus d’une dizaine d’années, le volleyeur originaire de Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, est retourné vivre dans sa communauté. Bachelier en enseignement, il est même devenu prof à l’école secondaire où il avait étudié.

«J’ai toujours rêvé d’être ici», lance celui qui fut du championnat canadien de volleyball présenté au PEPS en 2000 et en 2001, un évènement de retour à l’UL vendredi. «J’ai tout le temps eu l’impression d’appartenir à là où je suis aujourd’hui. Pour le simple plaisir d’être avec ma famille et mes amis d’abord. Et sans vouloir être prétentieux, je me disais que je pourrais peut-être aussi revenir chez moi pour partager mon vécu. J’ai eu la chance de faire ce que j’aimais et de vivre mon rêve et je pourrai donner la chance à des jeunes de chez nous de faire la même chose.

«J’ai ainsi aidé Mathieu McLaughlin, un grand joueur de volley de mon école, à poursuivre sa carrière à Limoilou où il a gagné un championnat national. J’ai passé le flambeau à un gars qui a pu vivre la même chose que moi. C’est vraiment plaisant de penser à ça.»

Poursuivre son rêve

Enfant unique, LeBreton a grandi dans une communauté où les liens étaient tissés serrés. Très sportif, il a choisi le volleyball parce c’était le sport le plus populaire de son école, mais aussi parce qu’il lui offrait la possibilité de prendre part aux Jeux de l’Acadie et d’amorcer son rêve d’aller aux Olympiques, comme l’avait fait son idole Marc Albert, membre du six partant de l’équipe nationale à Barcelone.

Ses études secondaires terminées, LeBreton s’est joint aux Titans du Cégep Limoilou. Sa carrière, marquée par de nombreux succès dont la conquête d’un championnat canadien, est cependant venue à un cheveu de dérailler.

«J’avais quitté la maison où j’avais une mère qui m’aimait et me gâtait pour me retrouver dans un appartement avec un colocataire. Et j’étais inscrit dans un programme où en plus de faire un sport de haut niveau, je devais réussir au niveau académique. En décembre, j’avais dit à mes coéquipiers que j’allais peut-être lâcher pour aller à Sherbrooke. Je trouvais que mon entraîneur Denis Gaboury était trop dur avec moi et qu’il me poussait trop afin que j’augmente mes performances. Mais après avoir réfléchi, j’ai réalisé que quitter les Titans n’était pas une option.»

Son stage collégial terminé, c’est avec le Rouge et Or que le grand athlète a poursuivi sa carrière. Son passage a été mémorable. Pour plusieurs, il est un des meilleurs joueurs ayant défendu les couleurs de la formation lavalloise. Rêvant de décrocher un titre national universitaire, il est passé à une victoire de réaliser l’exploit en 2001 et en 2002, année où il a été choisi l’athlète par excellence à Laval. «Ma plus grande déception tout de suite après mon passage à Laval, c’était de ne pas avoir gagné de championnat national. Aujourd’hui, ça demeure quelque chose qui me manque, mais je me dis que tout ce que mon passage à l’UL m’a permis de gagner en valait autant.»

Membre de l’équipe canadienne alors qu’il jouait avec le R et O, l’Acadien a appris peu de temps après la fin de sa carrière à Laval que la formation nationale n’était plus intéressée par ses services. Une autre déception qui ne lui a cependant laissé aucune amertume.

«J’ai reçu beaucoup de l’équipe nationale. J’ai pris part à deux Universiades dont une lors de laquelle j’ai été porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. Moi, un Acadien qui était au Québec et qui représente le Canada, ç’a été un beau cadeau. Et mon passage avec elle m’a permis de décrocher un contrat pro à Saint-Nazaire, en France.»

LeBreton a accroché ses espadrilles un an plus tard. Il avoue avoir mal vécu sa coupure avec le sport de haut niveau.

«Je n’avais pas le temps de m’entraîner autant et j’étais moins en forme. Je ne me reconnaissais plus et je me posais toutes sortes de questions. «Il fallait que je me trouve un sport à la hauteur de mes besoins. J’ai commencé à jouer au hockey, deux fois par semaine avec des gars qui avaient évolué à l’université ou dans des ligues seniors. J’avais un beau défi. J’y ai retrouvé le hype que j’avais en volley.

«Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi commencé à faire du cross-fit. Ce que j’aime, c’est l’entraînement en gymnase, travailler avec des poids et des haltères, etc., ce que j’appelle l’isolation musculaire.»

Coach de volleyball à son école secondaire, LeBreton s’est peu à peu retiré du volley après la naissance de ses enfants. Aujourd’hui, il investit une partie de ses temps libres dans les Jeux de l’Acadie et dans d’autres organisations sportives. Son nom demeure quand même associé au volley, lui qui a figure au Temple de la renommée du volleyball du Nouveau-Brunswick.

«Une grande fierté. Ce que je retiens des honneurs que j’ai reçus c’est que dans la vie, il y a parfois des bas et que si j’ai été honoré, c’est parce que j’avais réussi à m’en sortir. Quand ça va moins bien, juste de penser à ça me donne de l’énergie pour continuer.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Performance marquante

R  La demi-finale contre Saskatchewan (2001) a été mon plus  gros match de volley. C’est indiscutable. Non seulement j’ai eu une excellente performance, mais c’est aussi la rencontre où j’ai fait le point gagnant. Si on avait perdu ce match-là, je ne serais peut-être pas aussi heureux que je le suis aujourd’hui. Ça avait été une grosse victoire.

Q  Idole de jeunesse

R  Marc Albert.

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus

R  Socialiser. Je suis un gars de sport d’équipe. C’est le fun de jaser avec les coéquipiers avant et après le match et de partager ses hauts et ses bas.

Q  Entraîneur marquant

R  Denis Gaboury, mon entraîneur avec les Titans du Cégep Limoilou. Pour avoir accepté de me reprendre dans son groupe et pour la leçon de vie qu’il m’a donnée.

R  Rêve

Q  J’ai toujours rêvé de retourner dans l’entourage de l’université pour faire une maîtrise tout en étant impliqué de nouveau avec une équipe du Rouge et Or... mais de l’autre côté du rideau. Malheureusement, il ne se concrétisera peut-être pas parce qu’en ce moment, je ne lui accorde pas beaucoup d’importance. Mais si je sens vraiment le besoin, je vais tout faire pour que ça se fasse.