Après une carrière bien remplie en nage synchronisée et l’obtention d’une maîtrise en marketing, Élise Marcotte travaille aujourd’hui pour l’organisme Plan de match, où elle partage son expertise et son expérience avec les athlètes.

Élise Marcotte: voir à long terme

Élise Marcotte a toujours eu une vision à long terme. Inspirée par ses parents qui lui ont inculqué l’importance des études, elle a toujours, parallèlement à sa carrière en nage synchronisée, été assidue sur les bancs d’école. Aujourd’hui, tant ses études en marketing que son expérience dans le sport de haut niveau lui servent dans son emploi chez Plan de match, un organisme dont l’objectif est le bien-être des athlètes.

«Je travaille en marketing et en développement», explique la Québécoise. «Plan de match a été mis sur pied sur pied par le Comité olympique canadien, le Comité paralympique canadien et Sports Canada. On travaille notamment à aider les athlètes qui sont sur les équipes nationales à préparer leur après-carrière. Mais on ne force pas la main à personne. S’il y en a qui décident de venir nous voir après leur carrière, on les aide aussi.

«Je suis choyée de participer à la création de programmes qui vont peut-être changer la vie de certains et chanceuse d’avoir un impact en dehors de celui de la performance sportive. J’ai beaucoup de plaisir.»

Même si c’est en septembre 2012 qu’elle a annoncé qu’elle mettait fin à sa carrière, Élise avait commencé à penser à la retraite bien avant les Jeux de Londres. «C’était important pour moi d’amorcer ma carrière professionnelle. C’est difficile d’arriver sur le marché du travail à l’âge de 27 ans et de se sentir aussi à l’aise et d’être au même niveau que ceux qui l’ont fait à 22. J’ai pris ma retraite à 23 ans. À 24, j’ai obtenu ma maîtrise et j’ai commencé à travailler. C’est à peine si j’étais en retard sur les autres et à certains niveaux, j’étais en avance à cause de tout ce que j’avais vécu.»

À son arrivée à Londres, la Québécoise n’a pas vraiment pensé qu’elle en serait à ses derniers Jeux. Son accent était sur la performance. «Quand tu es ans une compétition à ce niveau-là, ce n’est pas le temps d’être nostalgique.»

Malgré la quatrième place de l’équipe canadienne, Élise a quitté Londres avec le sentiment du devoir accompli, un sentiment qu’elle éprouve toujours. «On a fait tout ce que l’on a pu. On a livré une performance qui valait une médaille. Le reste, c’est hors de notre contrôle. On n’a pas eu le résultat que l’on voulait, mais on a eu la performance que l’on désirait. Au niveau personnel, ça aide à passer à autre chose.»

Faisant un bilan de sa carrière, l’ex-nageuse indique qu’elle a été chanceuse. «Tout s’est aligné dans une bonne ville, dans une province où le sport est soutenu et où j’étais entourée d’entraîneurs solides. Ça m’a aidée à me rendre où je me suis rendue. La seule chose qui manque à mon curriculum, c’est une médaille. Mais j’ai été choyée pendant mon trajet.»

Contrairement à plusieurs athlètes, l’ex-nageuse n’a pas eu de lendemain de la retraite difficile. Bien au contraire! Sa première année post-synchro a été une libération dans le sens qu’elle a pu retrouver une vie sociale. Par la suite, ses implications l’ont tenue fort occupée. «La troisième année a été un peu plus difficile. Ma maîtrise terminée, je me suis demandé qu’est-ce que je voulais faire et quel genre de travail j’espérais avoir. J’ai été un peu challengée. Mais tout s’est replacé par la suite.»

Encore impliquée

Même si son travail à Plan de match lui demande beaucoup de temps, Élise demeure très impliquée dans le monde de la synchro qui porte maintenant le nom de natation artistique. Elle travaille à la conception d’Artistic Swim Academy (artisticswimacademy.com), une plate-forme numérique qu’elle a lancée où les nageuses artistiques retrouvent des entraînements, des techniques expliquées, des conseils, etc. Elle est aussi entraîneuse pour le club de la Saskatchewan pour les Jeux du Canada et elle coach à Calgary où elle habite. Elle a aussi travaillé avec Julie Sauvé en 2014. Difficile pour une ex-athlète de haute-performance de diriger des jeunes qui amorcent leur carrière?

«J’ai des athlètes qui sont comme moi quand j’étais jeune. Je trippe parce que je leur en donne et ils m’en donnent. C’est un échange d’énergie incroyable. Mais il y en d’autres pour lesquels je veux plus qu’elles veulent. Je dois apprendre à me dire ‘’OK ce n’est pas moi, ce n’est pas ma carrière’’» lance Élise qui saute parfois dans la piscine avec ses jeunes quand elle a le goût de retrouver le plaisir de nager. «C’est le fun parce que je suis encore capable de pas mal tout faire et parce que quand j’embarque dans l’eau avec elles, les petites ont le sourire fendu jusqu’aux oreilles.»

Grâce à toutes ses implications, Élise Marcotte réalise un vieux rêve, celui de redonner à un sport qui lui a beaucoup donné. Elle souhaite cependant que son impact ait commencé bien avant, soit du temps où elle était athlète.

«J’ai fait partie d’une grosse machine où beaucoup d’argent et beaucoup de ressources ont été mis sur moi en tant qu’athlète. J’espère avoir bien représenté mon sport, les nageuses au Québec et le programme au Québec de manière à avoir pu convaincre des jeunes de s’inscrire en synchro.»

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Questions en rafale

Q Faits marquants?

R D’abord notre médaille de bronze aux Championnats du monde junior en 2004. Ensuite notre médaille de bronze aux Championnats du monde de 2011 quand on a battu l’Espagne pour la première fois. Et puis toutes nos performances à Londres, mais aussi la gang. On est restées super proches les unes des autres. C’est magique.

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents, c’est sûr. Les deux de manière égale. Les deux ont vraiment toujours été très présents, mais de manière différente. Et toutes les entraîneuses que j’ai eues. Chacune d’elles a eu un impact dans ma carrière. Les plus marquantes ont cependant été Jojo (Carrier), Marie-Hélène (Morneau), Gana (Maximova), une coach russe arrivée dans ma vie parce que Jojo l’avait invitée, et Julie Sauvé.

Q Ce qui te manque le plus?

R La gang.

Q Ce qui te manque le moins?

R Manquer d’air.

Q Idoles de jeunesse?

R Mes idoles étaient très proches de moi. Lyne Beaumont était l’une de celles-là. Aussi Sarah-Éve Pelletier pour son éthique de travail. Ç’a toujours été une motivation pour moi d’avoir quelqu’un de si focalisé près de moi, et Marie-Pier (Boudreau Gagnon). Je n’ai jamais vu personne travailler aussi fort.

Q Plus grande qualité de nageuse

R Ma détermination

Q Dans 10 ans

R Heureuse, avec une famille, une job que j’aime. Oui aimer ce que je fais et aimer ce dans quoi je serai impliquée. J’espère aussi ma plate-forme Artistic Swim Academy aura fait des petits.

Q Défi

R Je dirais que c’est pas mal ma plate-forme en ce moment Artistic Swim Academy.. c’est mon petit là. Et on travaille fort là dessus.