Même s’il a pris sa retraite non officielle de la balle au mur, Donald Côté n’a pas tourné le dos au sport. En plus d’œuvrer comme entraîneur auprès des jeunes de l’école Saint-Jean-Eudes, il est toujours prêt à aider.

Donald Côté: une porte toujours ouverte

Après avoir été omniprésent dans les sphères de la balle au mur pendant plus d’une quarantaine d’années, Donald Côté a décidé, il y a environ un an, de prendre une retraite non officielle et de renoncer à toutes ses obligations dans le milieu à l’exception de son travail d’entraîneur à l’école Saint-Jean-Eudes. Mais s’il est moins présent aujourd’hui dans le domaine de la balle au mur, il continue d’apporter son aide à ceux qui en ont besoin.

«La piqûre est toujours là», lance l’athlète intronisé au Temple de la renommée de la balle au mur en 2008. «Je n’ai pas fermé la porte à la balle au mur et je ne pense pas ça sera possible pour moi de le faire un jour. Je parle assez régulièrement à mes chums de balle, je continue à regarder des matchs sur Internet, je suis encore abonné à plein de magazines, j’ai toujours des contacts et je suis encore là pour les gens. Mais je ne suis plus sur la ligne de front. La différence à la retraite, c’est que l’on fait les choses à son rythme et que l’on choisit ses horaires et ses combats. Je pense que j’ai accompli ce que j’avais à accomplir en balle au mur. Je n’ai donc pas de regrets.»

Âgé de 69 ans, Côté ne cache pas que c’est sur sa petite fille qu’il préférait dorénavant mettre ses énergies et passer du temps de qualité. «Ce n’est pas grand-papa, c’est grand-gaga», lance-t-il en riant. «Quand je suis devenu grand-père, mon objectif de vie a changé. J’aime beaucoup mieux garder la petite les fins de semaine que de partir en compétition avec des jeunes.»

Côté s’est initié à la balle au mur dans les années 70. Assidu du PEPS, l’étudiant en histoire à l’Université Laval a vu qu’il y avait des courts. Connaissant un peu le sport parce que son oncle Yvan lui en avait souvent parlé quand il était plus jeune, il a convaincu son ami Alain Pélissier d’y jouer.

«Ç’a tout de site cliqué. Peu de temps après, il y a eu un championnat canadien à Québec lors duquel on a été exposés aux meilleurs joueurs. Ça nous a motivés. Mais comme dans le temps, les bons joueurs avaient comme mentalité de ne pas montrer ce qu’ils savaient aux débutants, ils avaient peur que ceux-ci finissent pas les battre, il a fallu faire notre apprentissage par nous-mêmes. Raymond Morin nous a ensuite demandé de s’occuper de cinq ou six jeunes au cégep Sainte-Foy. On n’avait pas de formation d’entraîneurs, mais nous avions de la motivation en masse. On a parti un programme junior et c’est là que nous avons travaillé avec les Pierre Desruisseaux, Danny Bell, son frère Michel, et Jean-Louis Perez, notre premier noyau de joueurs.»

Plusieurs chapeaux

Tout au long de sa carrière, Donald Côté a porté plusieurs chapeaux dans le monde de la balle au mur. Il a été joueur et entraîneur, mais aussi vice-président de l’Association canadienne, organisateur de compétitions et de camps d’entraînements, officiel, etc. C’est à cause des blessures qu’il a peu à peu délaissé sa carrière de joueur pour se concentrer sur celle de coach. 

Revendiquant quelques titres mondiaux et plusieurs titres nationaux, Côté n’a pas comptabilité ses victoires et ses championnats. Pour lui, c’est le chemin parcouru, au sens figuré comme dans la réalité, tout ce qu’il a appris et les expériences qu’il a vécues qui demeurent ce qu’il y a de plus important. Il ajoute que c’est son travail d’entraîneur qui lui a apporté le plus de satisfaction.

«J’ai eu le privilège de côtoyer des athlètes hors pair. C’est sûr qu’en tant que joueur, j’ai eu plusieurs satisfactions. Mais de voir ces jeunes-là performer et de voir ce qu’ils sont devenus, c’est ce qui a été le plus valorisant. Si j’ai pu contribuer un tant soit peu à ce qu’ils sont devenus, c’est tant mieux.»

Professeur d’histoire à la fin de ses études, Côté a un jour décidé avec sa conjointe Kathleen Bédard et tout vendre et de partir à la découverte du monde pendant 18 mois. À son retour à Québec, il a travaillé comme représentant, notamment chez Xérox et Multitel. Parallèlement, il a mené sa carrière dans la balle au mur. Et il a profité de chacun de ses voyages pour satisfaire le féru d’histoire en lui. En visitant par exemple des musées renommés comme les Musées d’Art contemporain de New York et Chicago.

Aujourd’hui, Côté n’a gardé qu’un seul rendez-vous récurrent en balle au mur à son agenda. Entraîneur depuis cinq ans à l’école Saint-Jean-Eudes, il initie des jeunes au sport qui lui est si cher. Et même si un jour il s’était dit qu’il ne reviendrait plus à la base du coaching, c’est avec un immense plaisir qu’il a recommencé à répéter à ses joueurs les principes de base de la balle au mur.

«Quand tu vois l’étincelle dans les yeux des jeunes qui viennent de réussir quelque chose qu’ils n’étaient pas capables de faire, tu te dis oui, je leur apporte quelque chose. J’aide ces jeunes-là dans le sport, mais je pense que je le fais aussi au-delà du sport. Pour moi, c’est important. J’appellerais ça l’esprit de patro. C’est ce que les frères m’ont appris au Patro de Charlesbourg. Travailler ensemble et redonner.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Faits marquants?

R Comme joueur, j’ai gagné quelques championnats. Mais ce n’est pas toujours le trophée qui fait foi de tout. Lors d’une compétition à Winnipeg, j’ai joué contre Merv Deckert, qui a été champion du monde et 11 fois champion canadien et qui était comme une idole pour moi. J’ai gagné la première manche. La deuxième, ç’a chauffé et il m’a finalement battu en bris d’égalité. C’est peut-être mon plus beau fait d’armes. Comme coach, c’est d’avoir eu deux Québécois en finale des championnats du monde en Australie (1988), soit Danny (Bell) et Kathleen (Bédard), qui a raflé le simple et le double.

Q Rêve ou défi?

À 69 ans, je ne suis pas prêt à mourir. Mais je peux dire que j’ai fait la majorité des choses que je voulais faire. Je suis privilégié. J’ai eu une bonne carrière et une vie qui m’a rendu heureux. Mon objectif c’est de continuer à mener le genre de vie que Kathleen et moi on s’est bâti, de vivre heureux et de voir ma petite fille embarquer dans le traîneau avec nous et d’être aussi heureuse qu’on l’a été.

Q Personnalités marquantes?

Jean Pesanty. Il nous a montré beaucoup de choses et aidés quand on a commencé à jouer à la balle au mur et il nous a sans cesse encouragés, Alain (Pélissier) et moi. Aussi mon oncle Yvan qui m’a présenté la balle au mur comme quelque chose d’intéressant et ma famille.

Q Regrets

R Aucun. Mais ma plus grosse déception ç’a été la fermeture des clubs de balle au mur et de racquetball. Mais j’ai abordé la question avec la même philosophie que j’ai apprise à la balle au mur et que j’enseigne aujourd’hui aux jeunes. Quand tu mange une claque, tu relèves les épaules et tu repars. Et Saint-Jean-Eudes est arrivé...

Q Idoles de jeunesse

R Marcel Ponton. Il représentait pour nous autres le joueur complet. Un peu plus technique, des effets sur ses balles, de bons services, une bonne tête de compétition, un gars très correct, honnête, respectueux de l’adversaire sur le terrain. Ç’a été quelqu’un qui m’a marqué.

Q Athlètes qui t’ont fait vivre les plus belles émotions

R Pierre Desruisseaux avec son dynamisme et son leadership, il a ouvert bien des portes pour bien joueurs. Mais il y en a plein d’autres  comme Jean-Louis Perez, Danny, Kathleen et Denis Gingras. Ce sont des athlètes hors pairs. Et c’est sans compter tous les autres que j’ai côtoyés et qui ont performé.