Après avoir fait carrière en rugby et en volleyball avec le Rouge et Or, Christelle Paré a obtenu deux doctorats en science de l’humour. Elle travaille aujourd’hui en recherche et développement pour Juste pour rire-Just for Laughs.

Christelle Paré hors des sentiers battus

Christelle Paré n’a jamais été de celles qui se contentent de suivre les sentiers battus.

«Il y a toujours eu chez moi une certaine faim, une curiosité, un besoin de me dire “oui c’est cool, mais encore!”» avoue l’athlète passionnée de rugby et de volleyball qui après l’obtention de son bac, a fait une maîtrise et deux doctorats. «Ainsi, j’aurais pu me contenter de jouer au rugby civil. Mais j’ai vu qu’il y avait une possibilité de relever autre défi. Je me suis dit : «allons-y». Et ce fut la même chose dans mes études. Après ma maîtrise, j’ai senti qu’il y avait des trous à remplir au niveau de la connaissance dans l’industrie de l’humour — qui est partout, mais dont on ne connaît que très peu de choses —  et que j’avais peut-être le pouvoir et assurément l’intérêt de le faire.

«En quelque part, j’ai un contribué mes trajectoires sportive et professionnelle. J’ai toujours eu comme philosophie que j’avais ma place en quelque part et que si cette place n’existait pas, je devais la créer.»

Cette philosophie, Christelle l’a appliquée deux fois plutôt qu’une au niveau sportif. Elle a d’abord été de celles ayant travaillé à mettre en place les fondations de l’équipe de rugby féminin du Rouge et Or avec Sophie Robitaille.

«C’est certain que Bill (McNeil) a fait beaucoup pour la naissance du programme. Mais j’aime dire que j’ai été une des pièces du puzzle. Nous sommes plusieurs à y avoir cru. Et ma plus grande fierté aujourd’hui, c’est de voir des filles de la région de Québec jouer à la Coupe du monde ou aux Jeux olympiques. Je me dis que l’on a mis Québec sur la map.»

Quelques années plus tard, elle a récidivé en travaillant à la création d’un programme de rugby féminin chez le Carabins. Au niveau professionnel, elle est devenue une spécialiste en science de l’humour. Chargée de cours à l’université d’Ottawa, elle est aussi directrice recherche et analyse pour le groupe Juste pour rire-Just for Laughs.

Rien à moitié

Christelle n’a jamais fait les choses à moitié. Alors qu’elle étudiait à l’Université Laval, elle a joué pour les équipes de volleyball et de rugby du Rouge et Or. Mais pourquoi mener deux carrières sportives de front?

«J’aimais le volley et le rugby, et j’étais convaincue que je pouvais faire les deux. C’était deux sports qui me complétaient et que je pratiquais pour des raisons différentes. En volley, je n’ai jamais été une étoile. Et j’ai toujours été avec un groupe très fort. Mais ça ne me dérangeait pas d’être sur le banc. Gagner le championnat canadien a été le fait marquant de ma carrière, un des moments les plus émotifs de ma vie. D’avoir fait partie de cette équipe-là, de ne pas avoir abandonné et de m’être rendue jusqu’au bout en étant très appréciée de mes coéquipières, il n’y avait pas de plus belle récompense. Si j’avais été sur le jeu, j’aurais pas été aussi heureuse.

«En rugby, j’étais un peu comme Obélix. J’ai l’impression que je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite. Quand j’ai commencé à y jouer, c’est une des rares fois que j’ai pu dire que j’avais comme un talent naturel. Et ça été assez facile de me développer, d’être sur le terrain et d’avoir un rôle de leader.»

Christelle se sent privilégiée. Peu d’athlètes ont pu pratiquer deux sports SIC et encore moins ont pu savourer des titres provinciaux dans chaque discipline et un championnat canadien (volley).

«J’ai eu la chance incroyable de rencontrer des êtres humains fantastiques. Tant en volley qu’en rugby, j’ai eu des coéquipières de qui je suis encore très proche. Je suis tellement riche de tous les apprentissages que j’ai faits, de toutes les expériences que j’ai vécues.»

Du sérieux

Pour Christelle, l’humour c’est du sérieux. Détentrice d’un doctorat sur l’industrie de l’humour, elle travaille pour Juste pour rire-Just for Laughs où elle fait de la recherche et du développement. Son mandat est de creuser les grands enjeux de l’industrie de l’humour. Elle doit donc déployer ses antennes à l’international afin de voir comment se dessinent les tendances. Son rôle consiste aussi à aider les gens de l’industrie à comprendre les problématiques qui se dessinent, à faire des ponts entre la recherche et l’industrie et à partage de connaissances aussi. 

«Mon premier bébé a été le JPR Pro (Juste pour rire Pro), le petit frère du Comedy Pro, une journée dédiée à 100 % à l’industrie francophone de l’humour, à ses enjeux, à ses forces et faiblesses, ainsi qu’à son avenir, présenté en juillet.»

Même si elle est très occupée par son travail, Christelle prend le temps d’être active. Elle avoue cependant que rien ne lui apporte autant d’adrénaline que ne le faisaient le rugby ou le volley. «Je suis revenue à une des passions quand j’étais petite, soit la danse. Je suis avec Team Mom, une troupe composée de mamans comme moi.

«Quant au besoin de me donner pour une équipe, pour quelque chose de plus grand, je l’ai transféré dans mon milieu de travail. C’est une des raisons pour lesquelles je suis aussi heureuse d’être chez Juste pour rire, un milieu collaboratif et créatif où je retrouve ce qui m’animait en volley et en rugby. Je suis extrêmement gâtée.»

QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus

R  Le défi physique, surmonter sa douleur. Tu penses que tu es morte, mais non, tu es encore capable de courir au rugby. Tu penses que tu as mal aux jambes, mais tu es encore capable de sauter au volley. Cette notion-là de dépassement. et de partager ce sentiment là avec d’autres personnes.

Q  Ce dont tu t’ennuies le moins

R  Les blessures. Le reste on finit par vivre avec.

Q  Personnalités marquantes

R  Bill (McNeil) a été très important dans ma carrière. Ben (Robitaille) aussi. Mais je dirais mes coéquipières, d’abord et avant tout. Tant en rugby qu’en volleyball. Dans les deux cas, ç’a été des êtres humains extraordinaires. J’aurais été à l’autre bout du monde pour elles.

Q  Idoles de jeunesse

R  En volley, Gino Brousseau. La première fois que je l’ai rencontré, je devais avoir 15 ans. Mon Dieu que j’étais impressionnée! Guylaine Dumont, c’est un classique. Et Julie Rajotte avec qui j’ai eu la chance de travailler un été. Et en rugby Jonah Lomu et Brian O’Driscoll.

Q  Rêve

R  On va voir où est ce que la troupe de danse va nous mener. Et même si je ne veux rien imposer à ma fille, j’espère que si le sport l’appelle, qu’elle va pouvoir se réaliser autant que je l’ai fait, avoir autant de fun que j’en ai eu. Je lui souhaite de pouvoir être nourrie autant que j’ai été nourrie.