Charles Fortier n’a jamais cédé un pouce de terrain quand il jouait au basket. Aujourd’hui à la tête de son entreprise, il se fait un devoir et un plaisir de partager et de redonner.

Charles Fortier: partager, donner et aider

Président chez Planica, cabinet de services financiers, une entreprise qu’il a fondée il y a une douzaine d’années avec trois partenaires, et travaillant sur d’autres projets, Charles Fortier aurait toutes les raisons du monde de se concentrer sur sa carrière professionnelle. Mais ça serait bien mal le connaître.

«Ce que j’aime le plus dans la vie, c’est de partager, d’aider et de donner», avoue l’ex-basketteur aujourd’hui président du conseil d’administration des équipes de basket du Rouge et Or. «C’est quelque chose qui est en moi, un besoin que j’ai. Dans la vie, il ne faut pas juste prendre. Il faut redonner, autant en temps qu’en argent. C’est pour cette raison que je m’implique avec le Rouge et Or, mais aussi dans plein de causes et avec certaines fondations comme le Pignon Bleu. 

«Un de mes rêves serait d’ailleurs de créer ma propre fondation. J’ai quelques idées, mais rien de précis. J’aimerais aider les jeunes sportifs en général.»

Qu’on se le dise, le basket demeurera toujours la grande passion de Fortier. Il y joue d’ailleurs encore quelques fois par semaine. Et quand il est sur le terrain, il demeure aussi compétitif.

«Dans ma tête, j’ai encore 25 ans. Je devrai cependant être opéré à une hanche. Je sais que je devrai bientôt lâcher le gros calibre. Mais pour moi, le basket est un mode de vie. J’ai besoin de l’adrénaline qu’il m’apporte. Je ne pourrai jamais arrêter du jour au lendemain.»

Outre son implication avec le programme lavallois, Fortier a aussi donné dans le coaching quand il a remplacé au pied levé l’entraîneur de l’équipe de la fille aînée de sa conjointe, qui évoluait au niveau collégial AA.

«J’ai adoré ça. Je pense que je vais arrêter de m’impliquer dans le basket le jour où mes enfants ne joueront plus. Ma petite cocotte de huit ans vient de commencer. C’est certain que je vais vouloir la coacher. Tant qu’à être dans les estrades pour assister aux entraînements et aux matchs, aussi bien être derrière le banc.

«Et c’est certain que lorsque je ne m’impliquerai plus activement, je vais demeurer donateur, probablement dans des programmes de bourses pour les étudiants-athlètes. Le basket m’a tellement apporté, je vais toujours être là pour lui.»

D’Amos à Québec

Originaire d’Amos, Fortier a joué son basket collégial au Cégep Montmorency. Approché par la suite par plusieurs universités, dont certaines étaient américaines, il a finalement opté pour le Rouge et Or, un programme qui, à l’époque, n’allait nulle part.

«Les gens me disaient tous : “Pourquoi aller dans un programme comme celui-là? Tu pourrais être le premier gars de l’Abitibi à aller jouer aux États-Unis’.’ Mais même si j’avais reçu des offres d’équipes de première division, je n’avais pas été recruté par Duke ou Michigan. Je me serais probablement retrouvé dans un programme où je n’aurais jamais gagné un championnat. Et comme je ne ferais pas ma vie aux États-Unis, quelle serait la valeur de mon diplôme au Québec?

«À Laval, je connaissais bien Jacques Paiement qui était arrivé l’année d’avant. Et il y avait deux ou trois autres gars qui avaient l’intention d’aller à Laval. On avait l’occasion de relever un beau challenge, j’avais confiance que nous allions faire tourner le vent de bord. Et puis j’ai toujours trouvé que Québec était une belle ville pour les sportifs, une ville où, si on fait bien sa job, on est un bon athlète et une bonne personne, on va avoir de la visibilité et se faire un nom dans la communauté.»

C’est avec en poche quatre championnats provinciaux en cinq ans, un bac et une maîtrise en administration que Fortier a tourné la page sur sa carrière universitaire. Il a eu la chance de poursuivre sa carrière avec les Kebs de Québec de l’American Basketball Association. Une expérience dont il a savouré chaque instant et qui lui a permis, parallèlement au basket, de démarrer Planica. Confronté à des joueurs de fort calibre, Fortier ne s’en est jamais laissé imposer. En compagnie de Samuel Audet-Sow, il a même été invité au match des étoiles de la ligue. Et au moment où il a décidé de prendre sa retraite, il a été approché par les Wizards de Washington qui pensaient l’inviter à leur camp d’entraînement. Le projet ne s’est finalement pas concrétisé.

«Ça aurait été un méchant trip. Surtout qu’à l’époque, le propriétaire de l’équipe était Michael Jordan, mon idole. Même si je m’étais entraîné très fort, je ne suis pas sorti de là déçu. J’avais fait ce que j’avais à faire et au même moment, mon entreprise commençait à prendre beaucoup d’expansion.»

Aujourd’hui, Planica, dont la clientèle est très ciblée — les médecins —, compte une trentaine d’employés. Fortier est d’avis que l’entrepreneur qu’il est devenu ressemble beaucoup au basketteur qu’il était.

«Je n’étais peut-être pas le plus grand athlète, mais j’ai toujours été celui qui travaillait le plus fort et qui était le plus discipliné. C’est la raison pour laquelle je suis aussi fier de ma carrière d’athlète que je le suis de ma carrière d’homme d’affaires.»