Après avoir parcouru le monde avec la troupe Disney on Ice, Caroline Boucher se sert du bagage qu’elle a acquis lors de ses nombreux voyages pour aider les nouveaux arrivants.

Caroline Boucher: continuer à voyager

La patineuse Caroline Boucher a toujours eu la bougeotte et aimé connaître les gens et leur culture. Pendant huit ans, elle a patiné pour Disney on Ice et elle a voyagé aux quatre coins de la planète. Et quand elle a accroché ses lames, elle est allée enseigner au Pérou. Mais même si elle est maintenant installée au Québec, elle demeure très proche de ses passions en enseignant le français aux nouveaux arrivants.

«La francisation est arrivée via mon intérêt pour le multiculturalisme», explique la patineuse de Saint-Jean-Chrysostome. En quelque part, c’était pour moi une manière de voyager et d’aider les gens en leur faisant profiter de ce que j’ai acquis lors de mes nombreux voyages. Je sais ce qu’ils vivent quand ils arrivent ici. Je sais c’est quoi remplir des papiers, les problèmes administratifs, les barrières qu’ils rencontrent, etc. Je sais aussi c’est quoi être loin de sa famille et de ne pas connaître la langue. 

«Pour moi, la francisation, c’était comme un peu de continuer à utiliser mon passé pour ne pas me sentir trop loin de ce que je venais peut-être de perdre.»

C’est par le biais du petit écran que Caroline était tombée en amour avec le patinage artistique et qu’elle avait commencé à le pratiquer. Mais c’est après vu des spectacles des troupes Holiday on Ice et Ice Capade qu’elle avait senti que le monde du spectacle la charmait davantage que la compétition. «Plus tard, c’est ce que je vais faire», avait-elle dit à sa mère».

Caroline avait renoncé à son rêve de petite fille pour poursuivre des études universitaires parallèlement à une carrière d’entraîneuse quand le destin lui a donné par trois fois une occasion de le réaliser. Obligée d’abandonner chum, maison et études, elle avait préféré ne pas profiter d’opportunités offertes par Disney et les Ice Capades. Vivant avec des regrets, elle était prête quand Disney est retourné à Montréal. 

«J’ai fait une audition en avril. Par la suite, je suis allée voir le directeur artistique pour avoir du feedback sur celle-ci. Quand j’ai vu ce qu’il avait écrit sur sa feuille, je me suis dit qu’il fallait que je soir prête quand il m’appellerait, car ma chance ne se présenterait pas une quatrième fois. J’ai donc tout laissé derrière et attendu. Ce n’est qu’en juin ou en juillet que j’ai reçu un courriel m’annonçant que j’avais un contrat et que je partais pour un an.»

En tournée aux États-Unis et au Canada lors de sa première année, Caroline n’eût pas une expérience à la hauteur des ses attentes même si la magie avait toujours été là quand elle patinait. Mais elle est quand même demeurée chez Disney. Elle a ensuite travaillé sur des spectacles complètement nouveaux et fait le tour du monde.

«Aussitôt que j’entendais “OK, cinq minutes” et que la trame sonore commençait, j’avais des frissons. C’est incroyable l’énergie que l’on ressentait lorsque l’on rentrait sur la patinoire. C’était comme une drogue qui nous animait pendant tout le spectacle. Et la réaction de gens à la fin, c’était très gratifiant.

«Ce qu’il y avait de magique aussi, c’était de jouer un personnage et de l’emmener toujours plus loin pour que les spectateurs y croient. Et plus le public réagissait, plus tu avais été bonne.»

Enseignante au Pérou

C’est à cause d’une blessure que Caroline a mis fin à sa carrière chez Disney. Elle a alors eu du mal à retrouver une vie «normale». C’est une des raisons qui l’incita à enseigner à l’étranger. Elle souhaitait aller en Argentine, un pays qu’elle avait adoré, mais c’est finalement au Pérou qu’elle a eu l’opportunité de travailler. Enseignante au primaire, Caroline a vécu dans une famille. Elle a pu connaître les us et les coutumes des gens, mais aussi parfaire son espagnol. Elle a aussi appris que la perception que l’on pouvait avoir de la réalité des gens était bien différente de ce que pouvait être cette réalité.

«Quand je suis revenue au Québec, j’ai vécu une période d’adaptation et une remise en question. Et même ça va bientôt faire six ans que je suis revenue au Québec, j’ai encore de la difficulté avec la rigidité et la routine.»

À son retour au pays, la Québécoise est d’abord retournée dans le milieu scolaire. C’est en faisant de la traduction pour des travailleurs étrangers parlant espagnol qu’elle en est venue à faire de la francisation auprès des nouveaux arrivants et qu’elle est devenue examinatrice au Collège Stanislas aux examens qui permettent la reconnaissance des compétences du français pour obtenir la résidence permanente au Québec.

«Parallèlement, j’ai recommencé à enseigner le patin. Je n’étais pas certaine que j’aurais de l’intérêt pour ça. Mais l’idée d’encadrer des jeunes et de les emmener plus loin, de leur apporter quelque chose qui va leur servir toute leur vie, pas juste au niveau sportif, m’a convaincue de m’impliquer.

Caroline s’est-elle posée pour toujours au Québec? «C’est sûr que l’envie de voyager sera toujours là. Pour moi, c’est un ressourcement. J’ai encore des projets qui sont comme un peu cachés à réaliser. Et il me reste encore du temps pour le faire.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Endroits marquants 

R  Les peuples latins sont plus expressifs et chaleureux. L’Espagne, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud ont vraiment été des endroits le fun. Aussi la République tchèque... et le Japon. Pendant les spectacles, la foule était silencieuse. Les Japonais ont une attention et un respect incroyable pour les artistes. Mais à la fin, c’était un déluge d’amour. Les glaces se remplissaient de fleurs et d’objets. Et après les spectacles, les gens nous attendaient à l’autobus pour des photos et des autographes. C’était vraiment très intense.

Q  Valise ou sac à dos

R  Un sac à dos. C’est plus facile. Dans les cinq dernières années, je n’ai jamais pris une valise pour voyager. J’ai un sac à dos et mon bagage à main, c’est aussi un sac à dos. De toute façon, ce dont je pourrais manque, je peux le trouver sur mon chemin.

Q  Personnages marquants 

R  Celia dans Monstres inc. Je l’ai aimée parce je trouvais que c’était le personnage qui se rapprochait le plus de ma personnalité. Elle était frivole et fofolle, elle avait beaucoup d’énergie elle aimait être avec les gens. Mais j’ai aussi joué des vilains. Leur interprétation étant un grand défi au niveau émotionnel, ils ont aussi été très attachants. 

Q  Ce qui te manque le plus

R  Bouger, voyager, le changement... Et le monde du spectacle.