Même si elle a tourné la page sur sa carrière de bosseuse, Audrey Robichaud n’a pas quitté le monde du ski acrobatique. En plus d’être entraîneure, elle siège au conseil d’administration de Ski acrobatique Canada.

Audrey Robichaud: une retraite active

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Audrey Robichaud a une perception bien à elle de la retraite. Environ 20 mois après avoir tourné la page sur sa carrière de bosseuse dans l’équipe nationale de ski acrobatique, elle est aujourd’hui plus occupée qu’elle l’était quand elle s’entraînait à temps plein et compétitionnait aux quatre coins de la planète.

«On dirait que ça va plus vite qu’avant, lance Audrey en riant. Je suis encore passionnée de ski acrobatique et je ne reste pas trop loin de mon sport. J’essaie de m’impliquer le plus possible. Je suis entraîneure-chef de l’équipe du centre de ski Le Relais et je coache un peu les jeunes du programme sport-études. Je suis aussi sur le conseil d’administration de Ski acrobatique Canada où je représente les athlètes. Mais le sport m’a beaucoup donné; c’est pour moi une façon de redonner.

«Finalement, la seule chose dont je me suis éloignée, c’est de la compétition.»

La retraite du ski a aussi été synonyme de retour aux études pour Audrey qui s’est investie à temps plein dans l’obtention d’un bac en intervention sportive à l’Université Laval, études dans lesquelles elle a transféré l’énergie qu’elle mettait dans le ski. «Je suis passée de m’entraîner tous les jours à aller à l’école tous les jours. Même si c’est une expérience différente, à l’exception du côté physique, c’est pas mal la même intensité. Comme je suis vraiment occupée, je n’ai pas trop le temps de m’ennuyer.»

Le bon timing

C’est à la fin de la campagne 2018 qu’Audrey a tourné la page sur sa carrière. La Québécoise avoue cependant que, dans sa tête, ça faisait un petit bout de temps qu’elle avait pris sa retraite. Elle s’était dit dans les mois suivant les Jeux de Sotchi qu’une qualification pour les JO de PyeongChang pourrait être le dernier objectif qu’elle poursuivrait avant de quitter la compétition.

«J’aurais aimé skier à l’infini, pour le ski mais aussi parce que j’aimais m’entraîner, pour l’atmosphère et le fait d’être une athlète de haute performance. Mais toute bonne chose a une fin. J’avais l’impression que PyeongChang était l’endroit idéal pour bien boucler la boucle. Les Jeux, c’est la compétition la plus prestigieuse pour un athlète amateur. J’étais presque rendue à 30 ans et, même si mon corps allait bien, je savais que si je continuais à skier encore longtemps, ça aurait des répercussions dans ma vie. Je voulais aller à l’école, mon chum et moi on voulait avoir une famille, etc. Le timing était excellent.»

La décision de la Québécoise de prendre sa retraite a surpris bien des gens, à commencer par ses parents. Mais ils l’ont supportée, comme tous les gens de son entourage. Aujourd’hui, ce dont elle est le plus fière, c’est d’avoir surmonté les épreuves survenues au cours de sa carrière, de s’être battue et d’être allée au bout de ses rêves. «Ça m’a forgée en tant que personne. Tout ce que j’ai fait dans le sport, tous les hauts et les bas que j’ai eus ont fait ce que je suis aujourd’hui», lance Audrey, qui avoue avoir vécu beaucoup d’incertitude concernant son avenir à son retour de Sotchi. Un nouveau cycle de quatre ans lui semblait une éternité. Elle a pris les années une à la fois et rendue à la moitié de son cycle, elle s’est investie au maximum.

La bosseuse indique qu’elle avait poursuivi deux objectifs en se pointant à PyeongChang: se donner à fond une dernière fois et profiter au maximum de chaque moment.

«Ç’a été vraiment spécial. Mais même si j’étais un peu nostalgique, J’ai pris ces Jeux comme n’importe quelle grosse compétition. Ma vie ne s’arrêtait pas avec les JO. J’ai eu le cœur beaucoup plus gros aux Championnats canadiens à Jasper. Comme je savais que c’était ma dernière course, j’avais invité mes parents. Nous étions plusieurs athlètes à prendre notre retraite en même temps. On a passé beaucoup de temps tous ensemble. On a eu une belle reconnaissance. Ce fut de très beaux moments. Je vais me souvenir longtemps combien on était tissés serrés.»

Questionnée s’il lui était arrivé de remettre en question son choix de retraite, Audrey mentionne que s’il lui arrivait de se dire qu’elle avait une très belle vie en tant qu’athlète, sa «nouvelle» vie l’était tout autant même si elle est très différente. Parlant du genre de boulot qu’elle aimerait occuper une fois ses études à l’UL terminées, la Québécoise indique qu’elle souhaitait travailler dans une fédération sportive où elle pourrait mettre à profit ses connaissances et son expérience. Et dans ses rêves les plus fous, c’est avec la fédération de ski acrobatique qu’elle se retrouve.

«Je ne voudrais cependant pas trop m’éloigner du coaching. Mais comme je souhaite avoir une famille, ce n’est pas dans mes ambitions d’être entraîneure avec l’équipe nationale. Je ne dis pas non dans le long terme mais en ce moment, ce n’est pas quelque chose qui m’attire.»

Il y a quelques semaines, Audrey est passée à l’histoire du centre de ski Le Relais, qui a rebaptisé une piste en son nom. «C’est le plus grand honneur que je pouvais recevoir en tant que skieuse et athlète. C’est quelque chose qui a beaucoup de signification pour moi. Ça m’a fait chaud au cœur.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Faits marquants

R Ma première médaille en Coupe du monde, c’était marquant. C’était à Lake Placid en 2011. Sinon, mes trois participations aux Jeux.

Q Plus grande déception

R De ne pas m’être qualifiée pour les Jeux de Vancouver. Ma carrière n’aurait peut-être pas été la même si j’y étais allée. Est-ce que j’aurais été rassasiée après Sotchi? Je ne le sais pas. Manquer cet évènement a marqué ma carrière et m’a appris beaucoup d’affaires.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

R La haute performance. Je ne serai plus jamais une athlète de haute performance. Et mes coéquipiers, et aussi voyager.

Q Ce dont tu t’ennuies le moins

R Les avions. Prendre un avion, l’enregistrement à l’aéroport, se lever à 4h pour aller faire une ride d’autobus de trois heures pour aller prendre un avion pendant 12 heures (rires), c’est ce côté-là qui ne me manque pas.

Q Entraîneur marquant

R Celui qui m’a peut-être le plus marqué, c’est Jim Shiman. Je dirais aussi Vincent Sigouin et Marc-André Moreau. Mais il y a tellement de gens qui ont eu un impact sur ma carrière. Je pense à mes coachs au niveau régional qui faisaient que j’avais du fun à skier. C’est difficile de nommer une personne ou deux. Tous mes entraîneurs ont été incroyables. Ils ont forgé la personne que je suis et l’athlète que j’ai été.

Q Idoles de jeunesse

J’ai tout le temps été fan de Jean-Luc Brassard. C’est la raison pourquoi j’ai commencé le ski. Et j’ai toujours aimé la façon dont il s’exprimait et le fait qu’il disait les vraies choses.

Q Défi

R Dans le concret, c’est d’avoir mon bac dans un an et demi.