Sports, etc

Jean-Sébastien Béland: parcourir le monde en Airbus A330

Ayant pris goût aux voyages alors qu’il faisait carrière en cyclisme, Jean-Sébastien Béland continue de vivre dans ses valises. Mais une vingtaine d’années après avoir quitté la compétition ce n’est plus au guidon d’un vélo qu’il parcourt le monde. C’est plutôt aux commandes d’un Airbus A330 de chez Air Transat.

«À 95 % du temps, je suis heureux d’être en voyage», lance l’ex-membre de l’équipe nationale qui passe généralement 16 jours par mois à l’extérieur du pays. «C’est toujours pareil, je suis content de partir, mais quand ça fait deux ou trois jours que je suis loin de chez nous, j’ai hâte de revenir. 

«J’ai toujours beaucoup aimé l’Europe et le rythme de vie des gens qui y vivent. Quand j’ai commencé à faire du cyclisme, je n’avais qu’un objectif : courir professionnel là-bas. En tant que pilote, j’ai la chance de faire plein de vols sur l’Europe. L’aviation me permet de vivre la vie dont je rêvais sans avoir besoin de faire cinq heures de vélo par jour.»

C’est après avoir écouté les conseils de sa blonde que Béland, qui s’interrogeait quant au domaine dans lequel il aimerait travailler, lui un amoureux des voyages, est allé dans le domaine de l’aviation. Il s’est d’abord inscrit à un DEP en information aérienne, un cours qui lui permettait de devenir répartiteur. Son diplôme en poche, il a étudié pour devenir pilote. 

«Ça m’a pris neuf mois pour terminer mon cours. Dès que j’ai commencé à voler, j’ai su que c’est ça que je voulais faire. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était le 5 mai 1997. J’avais 23 ans. Pour moi, voler c’était comme faire du vélo : j’avais du plaisir. C’était très différent de la vie que je faisais avant, mais en même temps, ça lui ressemblait au niveau du sentiment de liberté que j’éprouvais.»

Pilotant d’abord de petits avions, Béland a mis 12 ans avant de se retrouver chez Air Transat. Sa progression s’est faite en fonction de décisions personnelles. Pour des raisons familiales, il a préféré voler dans le domaine corporatif, un travail lui permettant d’être auprès de sa conjointe et de ses deux enfants les fins de semaine et à Noël. Il pilotait alors des jets pouvant accueillir de 7 à 10 passagers. Aujourd’hui, «ses» avions en transportent entre 350 et 375.

«Quand tu es assis dans le cockpit, tu ne penses pas à ce qu’il y a derrière toi et tu ne vois pas comment l’avion est gros. Piloter un petit avion ou un gros, c’est sensiblement la même chose. Mon travail est exactement le même. Sauf que quand tu as 350 passagers au lieu de 10, il y a plus de petits problèmes. Mais on a un protocole pour les gérer et en général, on les règle assez facilement.»

En Europe

Jean-Sébastien Béland a couru à temps plein de l’âge de 18 à 23 ans, période pendant laquelle il amorçait ses campagnes en Europe avec des équipes amateurs avant de revenir au Québec pendant la saison estivale pour compétitionner avec la formation Volkswagen et faire des projets spéciaux avec l’équipe nationale. «Même si on courait pour les plus grosses équipes amateurs en Europe, on ne faisait pas trop d’argent. On survivait. Mais j’aimais le vélo.»

C’est en 1996, au terme d’une année qui lui avait permis de prendre part au Tour de l’Avenir, de gagner une étape du Tour de Martinique et de monter sur le podium aux championnats canadiens, que Béland a pris sa retraite afin de se consacrer à ses études puis d’amorcer sa carrière dans le domaine de l’aviation. 

«Comme j’étais très occupé, ma transition s’est très bien faite. Deux ans plus tard, j’ai eu l’opportunité de revenir courir, à temps partiel, les fins de semaine, avec l’équipe de Josée Robitaille (Volkswagen). J’y ai passé quatre ans.»

Béland indique que les cinq années qu’il avait passées chez les amateurs avaient presque été les cinq plus belles de sa vie. «Les amis que j’ai aujourd’hui, je les ai connus à cette époque. J’ai même rencontré ma blonde en vélo. Elle était sur l’équipe nationale. Je n’ai peut-être pas pris part aux plus grosses courses professionnelles, mais j’ai fait les plus importantes au niveau amateur. Tout mon background vient de là.»

Très fier de sa carrière, Béland a quand même un regret. Celui d’y avoir mis fin à l’âge de 23 ans. «En vélo, un coureur atteint son peak à 26 ans. Je ne suis donc pas allé au maximum de mes possibilités. Je ne sais pas à quel point j’aurais pu être bon. Il aurait fallu que je persévère....

«Mais en même temps, je n’ai pas de raison d’avoir de regrets. J’ai une super vie. Si j’ai la vie que j’ai aujourd’hui, c’est parce que j’ai mis fin à ma carrière plus tôt et que j’ai commencé à travailler.»

Béland roule maintenant trois ou quatre fois par semaine avec des amis, pour le plaisir. Avec sa conjointe, il aime faire des voyages de cyclisme en Europe. Les deux se rendront prochainement en Italie pour faire du vélo dans les Dolomites.

«Le vélo c’est le fun dans les places qui ont un sens, qui sont des classiques. J’aime encore un peu souffrir, mais en revanche, je vais pas mal moins vite. J’adore encore faire du vélo, il n’y a aucun doute.»

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Sports, etc

Pierre Tremblay: la Coupe Vanier en octobre

Traditionnellement, c’est en novembre que l’ex-footballeur Pierre Tremblay amorçait le dernier droit de sa saison menant au match pour le championnat. Pour celui qui est aujourd’hui directeur de cabinet du député caquiste François Bonnardel, ce sprint final devrait commencer le 29 août, les élections générales, sa «finale 2018 de la Coupe Vanier» ayant lieu le 1er octobre.

«On a préparé les quatre dernières années pour être prêts pour la campagne électorale qui s’en vient», lance l’ex-joueur de ligne offensive. «C’est comme au football où on se servait de la saison régulière pour se préparer pour les éliminatoires. Je fais souvent des comparaisons entre le football et ce que je vis professionnellement. Il y a aussi beaucoup de similitudes au niveau du travail d’équipe.»

Tremblay ne se destinait pas à une carrière en politique. Étudiant en maîtrise en finance, il pensait travailler dans ce domaine. À la recherche d’un emploi, en 2007, il reçut un coup de fil d’un ami qui lui proposait un job pour l’Action démocratique du Québec qu’il accepta.

«J’ai eu la piqûre. Ce qui me plaît, c’est le côté challenge et l’adrénaline qui vient avec. Quand tu commences ta journée, tu ne sais jamais à quoi elle va ressembler. Et il y a plein de concepts que j’ai appris en finance qui peuvent être appliqués en politique.

«J’ai aussi la chance de me retrouver dans un environnement de travail particulier et dans un immeuble mythique. Chaque fois que je rentre à l’Assemblée nationale, je prends le temps de contempler les lieux. Et j’essaie d’apprécier chaque moment.»

Travailleur de l’ombre sur la ligne offensive, Tremblay l’est encore aujourd’hui dans son rôle de directeur de cabinet de François Bonnardel, le leader parlementaire de la CAQ. Il n’est jamais sous les feux de la rampe même si son travail est primordial. Il doit gérer et coordonner les travaux parlementaires. «Je me plais parfaitement dans le rôle que j’ai. Le football m’a appris à ne pas chercher la gloire à tout prix.»

Tremblay a commencé à jouer au football en 1996. Partisan de la première heure du Rouge et Or, il n’y avait aucun doute dans son esprit que c’est à Laval qu’il évoluerait quand il a terminé sa carrière collégiale avec les Cougars de Lennoxville.

«À l’époque, le Rouge et Or n’avait pas la réputation qu’il a aujourd’hui. Et à la suite du congédiement de Jacques Chapdelaine, il y avait peut-être un peu d’incertitude autour du programme. Mais moi je l’avais vu naître. Je savais que c’était une organisation sérieuse et j’avais confiance au coaching staff.»

Tremblay a disputé cinq saisons dans l’uniforme lavallois au cours desquelles il a remporté deux coupes Vanier (2003 et 2004). Il explique qu’à son arrivée avec l’équipe, l’ombre de la victoire de 1999 planait toujours sur la formation. En 2003, plusieurs joueurs ont décidé de tourner la page sur un passé dont ils étaient extrêmement fiers, mais qui les empêchait d’avancer. «Il était temps de faire la coupure et de donner une identité à l’équipe. Le Rouge et Or avait un futur et c’est à ça que l’on voulait travailler.»

Ligue canadienne

Choix de deuxième ronde des Lions de la Colombie-Britannique en 2005, Tremblay a décidé, après mûre réflexion, de renoncer à jouer chez les pros et à se concentrer sur ses études. Une des décisions les plus difficiles qu’il ait eu à prendre.

«D’un côté, il y avait la possibilité de faire carrière chez les pros. Et de l’autre, j’avais la chance d’entreprendre une maîtrise, physiquement, j’étais magané — j’avais plein de petites blessures d’accumulées — et même si techniquement je me débrouillais assez bien, je n’étais pas parmi les plus gros joueurs. J’ai interrogé plein de gens afin de savoir ce que je devrais faire. Justin Ethier m’avait dit : “consulte tout le monde et viens me voir après.” Il m’a posé les bonnes questions et j’ai donné les bonnes réponses. Il m’a grandement aidé dans mon cheminement. J’ai pu prendre une décision que je n’ai jamais regrettée.

Son passage avec le Rouge et Or terminé, c’est en douceur que Tremblay a tourné la page sur le football. Il a joué une saison en France (Cannes) et il s’est investi dans le coaching avec le Notre-Dame du CNDF où il a passé huit saisons.

«J’ai adoré coacher. J’ai arrêté parce que je manquais de temps. Mais quand je suis revenu à l’Assemblée nationale en 2014, mon horaire ne me le permettait plus. Et au niveau familial, j’ai deux jeunes enfants. Mais je ne mets pas une croix sur le coaching parce redonner, c’est quelque chose qui est important pour moi.»

Tremblay pourrait-il être tenté de sauter dans l’arène politique un jour? «Pour l’instant, je suis très bien dans ce que je fais. J’adore mon rôle. Je dois aussi penser à ma famille. La vie d’un élu, c’est très demandant. Il faut y mettre beaucoup d’heures. Travailler pour le service public, ça demande beaucoup de sacrifices. C’est pour cette raison que j’ai le plus grand des respects pour les élus, peu importe le parti qu’ils représentent. Mais il ne faut jamais dire jamais.»

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Sports, etc.

Renée-Claude Auclair: la magie de la vie

CHRONIQUE / «La vie, tant qu’à moi, est magique», lance d’entrée de jeu l’ex-plongeuse Renée-Claude Auclair. N’ayant pu atteindre son objectif de prendre part aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul, elle a non seulement eu une seconde chance d’aller en Corée, mais son conjoint et elle ont gagné leur pari d’organiser le FISM 2021 à Québec, aussi appelé les Olympiques de la magie.

«Trente ans plus tard, j’ai réalisé mon rêve, mais d’une autre façon», raconte la femme d’affaires. «Ne pas avoir réussi à me qualifier pour Séoul après 15 ans de travail intense avait laissé des traces. Aller en Corée et vivre ce que j’y ai vécu est venu apaiser mes dernières petites déceptions. Ç’a m’a emmené un grand bonheur. C’est vraiment drôle parce que je vis exactement ce que j’avais imaginé vivre en tant qu’athlète si je gagnais une médaille aux JO. En l’espace d’une semaine, ma vie et celle de mon conjoint ont changé radicalement. Avant la présentation du FISM 2018, on était peu connus au niveau mondial. Et quand on est revenu à Québec, on avait déjà des appels de compagnies qui voulaient nous rencontrer et d’artistes qui voulaient venir au FISM. Tout ça demande beaucoup de gestion. Il vaut mieux que je vive ça à mon âge qu’à 20 ans parce que mon expérience de la vie me permet de prendre du recul et de prendre les meilleures décisions.»

Même s’il reste au duo Auclair-Hamon et à son équipe dynamique beaucoup de choses à faire et à apprendre, Renée-Claude mentionne qu’elle n’est pas inquiète parce que la Fédération internationale les appuie et les guide. Même chose au niveau national où les deux Québécois ont tissé des liens serrés. «J’ai toujours pensé que le sport était une grande famille. On vit le même phénomène dans la magie. Et il y a plein de gens autour de nous pour nous aider.»

Pourquoi pas moi?

C’est un peu par hasard que Renée-Claude s’est initiée au plongeon. Spectatrice des entraînements d’une amie au PEPS, elle s’est un jour demandé : «Pourquoi pas moi?» «À 13 ans, j’étais un peu en retard. Mais j’ai travaillé fort, augmenté mon niveau et j’ai été acceptée dans le club. Quand j’ai eu une vingtaine d’années, je suis déménagée à Montréal. Peu de temps après, j’ai accédé à l’équipe nationale en terminant deuxième des championnats canadiens. J’ai pris part aux Universiades au Japon, où j’ai fini 10e au 3 m, et j’ai fait une tournée européenne où j’ai eu une première place en Yougoslavie et une deuxième en Allemagne.»

Aux prises avec des blessures et épuisée par ses carrières de plongeuse et d’étudiante à l’université qu’elle menait en parallèle, la Québécoise s’est remise en question en 1986. Elle a alors décidé de prendre sa retraite. «Je l’ai longtemps regretté. Et les lendemains de ma retraite ont été terriblement durs. 

Sports, etc.

Jean-François Roussy: la fortuna et la virtù

Jean-François Roussy se rappellera toujours le coup de fil qu’il a reçu en juillet 1990. Les organisateurs de la Traversée internationale du lac Saint-Jean l’avaient contacté à trois jours de la présentation de la prestigieuse épreuve pour l’inviter à y participer alors que peu de temps avant, ils avaient refusé son inscription. Cet appel téléphonique a changé sa vie.

«Machiavel parlerait de la fortuna et de la vertù», lance le nageur de longue distance, qui était aussi un mordu de baseball, un sport qu’il a pratiqué jusqu’à l’âge de 17 ans. «C’est la chance qui s’est présentée à moi pour façonner ma vie. Si les gens de la Traversée ne m’avaient pas appelé, je ne serais pas la même personne aujourd’hui. Tu n’es pas la même personne après avoir nagé pendant des années 120 km par semaine lors de tes entraînements et fait annuellement six marathons de 10 heures en six semaines. Ils ont changé ma vie.»

Nageur québécois ayant participé le plus grand nombre de fois à la Traversée du lac Saint-Jean après Réjean Lacoursière — il l’a fait huit fois et il l’a toujours complétée — obtenant notamment trois quatrièmes places et deux cinquièmes, Roussy s’est également distingué sur le circuit de la Coupe du monde. En 1995, 1996 et 1997, il a terminé cinquième au classement mondial. À ces exploits se sont ajoutés une troisième place aux championnats Pan-Pacifique de même que plusieurs titres nationaux.

Couronnée de succès, la carrière de Roussy ne peut cependant pas se comparer à un long fleuve tranquille. Avant de commencer à faire sa marque en eau libre, il a arrêté deux fois de nager, en 1987 alors qu’il poursuivait ses études collégiales à Montréal, et en 1989 après sa première saison avec le Rouge et Or. C’est l’entraîneur-adjoint Éric Isbister, qui l’avait alors convaincu de reprendre le collier.

«Il m’a dit : “je sais ce qu’il faut faire pour toi”. J’étais un peu sceptique. Mais il avait raison. C’est là que tout a démarré. Il a pas mal modifié le cours de ma vie», mentionne le spécialiste du 1500 m qui a commencé à faire de la compétition en eau libre en 1990. Une décision qui l’a obligé à s’entraîner plus de 30 heures par semaine, à compétitionner dans un environnement où il devait composer avec les éléments et se défoncer souvent pendant une dizaine d’heures pour compléter une épreuve.

«Ce qui nous pousse à faire ce genre de course, c’est le goût de se dépasser, d’exceller et de gagner. Mon but, c’était d’être le meilleur au monde. Et j’ai pris tous les outils disponibles pour y arriver. Quand j’arrivais à la maison après deux heures et demie d’entraînement, je devais passer quasiment une heure sur le divan à endurer la douleur. Mais je retournais à l’eau le lendemain. Et je ne dormais pas la nuit suivant la Traversée du lac Saint-Jean parce que j’avais trop mal. Mais la passion demeurait.»

C’est un ensemble de facteurs qui ont poussé le Fidéen d’origine à tourner la page sur sa carrière. Ses nombreuses blessures et ses trois opérations ont pesé dans la balance. Ayant un emploi permanent et un bébé à la maison, il s’est aussi dit qu’il était temps de se consacrer à sa carrière professionnelle et à sa vie familiale et de quitter la natation alors qu’il était au sommet de la vague.

Roussy n’a aucun regret aujourd’hui, mais que deux choses le «fatiguent». Ne pas avoir gagné la Traversée du lac Saint-Jean et ne pas être allé aux Jeux olympiques... parce que sa discipline n’y était pas présentée à l’époque.

«Je suis très fier de ma carrière. Et je suis très flatté qu’après plus de 20 ans on m’en parle encore et que des gens aient pensé à soumettre ma candidature au Temple de la renommée de la natation québécoise.»

Deux autres passions

Détenteur d’un BAC et d’une maîtrise en sciences politique, son mémoire portant sur les négociations constitutionnelles du Lac Meech, Roussy travaille depuis une vingtaine d’années au gouvernement fédéral, où il fait beaucoup de relations fédérales-provinciales. 

«C’est enligné sur ce que j’ai étudié. Je suis privilégié d’avoir un travail en lien direct avec ma passion pour la politique et de faire exactement ce que je voulais faire.»

L’ex-nageur est aussi un passionné de musique. Fan de rock il se déplace aux quatre coins de l’Amérique du Nord pour assister aux spectacles de ses artistes préférés. Il est ainsi allé voir Paul McCartney au Dodgers Stadium (Los Angeles) et Bruce Springsteen à Philadelphie. Chaque fois, il en profite pour assister à quelques matchs de baseball. «Je suis chanceux, j’ai une conjointe qui aime la musique et qui aime aller au baseball.»

Aujourd’hui, Roussy ne nage plus. Il a bien failli effectuer un retour à la compétition dans le cadre du 50e anniversaire de la Traversée du lac Saint-Jean (2005), mais il y a renoncé.

«J’avais recommencé à m’entraîner. Un après-midi, j’ai eu le choix d’aller voir mon fils jouer au hockey ou de m’entraîner. J’ai décidé d’aller voir mon fils. C’est là que mes rêves de la 50e traversée ont pris fin. Je me suis dit j’ai fait ma job, maintenant je ne m’occupe que des miens.»

***

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes

R Mes parents. Non seulement ils ont été des pourvoyeurs et le taxi, mais ce sont eux qui m’ont donné ma génétique et mes valeurs. Mon humilité, ma résilience et mon désir de réussir, ça vient d’eux. Puis Éric Isbister. C’est mon ami pour la vie. Tout ce que l’on a fait ensemble, c’est assez incroyable. Et Rouge et Or et Jean-Marie De Koninck qui m’ont beaucoup appuyé. Je leur dois beaucoup.

Q Ce qui te manque le moins

R L’entraînement. C’était vraiment fou. Probablement qu’aujourd’hui, avec toutes les connaissances que l’on a en activité physique, les gens diraient que l’on était surentraînés.

Q Fait marquant

R Ma médaille de bronze aux championnats panpacifique en 1991. À cette époque-là, les gens snobaient la natation en eau libre. Là, c’était une compétition avec l’équipe nationale et j’avais été un des six médaillés canadiens. Ma médaille avait le même poids qu’une médaille de bronze gagnée par un autre nageur de l’équipe canadienne. C’est là que les gens ont commencé à nous respecter. 

Q Rêve ou défi

R Pour mes 50 ans, je m’en vais aller en Australie et en Nouvelle-Zélande avec ma conjointe. Mon rêve est de voir Bruce Springsteen ou Paul McCartney en spectacle pendant que je vais être là.

Sports, etc.

Giancarlo DiPrima: fait saillant inattendu

Quand il est débarqué à Québec en 1999, quelques semaines après avoir été retranché du club-école des Brewers de Milwaukee, Giancarlo DiPrima n’avait qu’une ambition: obtenir une seconde chance avec une équipe professionnelle. Il ne pensait jamais que son passage avec les Capitales prendrait une autre tournure et qu’il constituerait le fait saillant de sa carrière.

«Même si je voulais contribuer aux succès de l’équipe, mon but premier était de faire de ma présence avec les Capitales un tremplin vers le niveau supérieur», explique le petit joueur d’avant-champ qui avait choisi Québec à cause de la présence de Jay Ward. Un de ses anciens coachs au collège lui avait dit que Ward était un bon enseignant, qu’il connaissait le baseball et qu’il avait de nombreux contacts dans les majeures. Il serait donc en mesure de l’aider dans l’atteinte de son objectif.

«Quand j’ai connu la ville et les amateurs, que j’ai vu de la manière dont l’organisation nous traitait et la place que nous occupions dans les médias — nous avions une couverture digne des équipes du baseball majeur — j’ai commencé à me demander si je serais prêt à quitter l’équipe. Faire partie d’une organisation comme celle des Capitales était presque trop beau pour être vrai. Et Québec est devenue mon deuxième chez moi. C’est le fait saillant de ma carrière.»

DiPrima rappelle que c’est avec les Capitales qu’il a disputé sa dernière campagne dans le baseball. Ayant annoncé sa retraite en 2000, il avait décidé pendant la saison morte de jouer un an de plus. «Je n’avais pas terminé ma carrière comme je l’aurais souhaité. Sachant que je ne retournerais pas dans le baseball affilié et après avoir passé des années à jouer pour atteindre un but, je voulais jouer pour moi, juste pour avoir du plaisir. 

«Et c’est pour ça que je suis retourné à Québec. Il y avait là quelque chose de spécial. Si je n’avais pas pu m’aligner avec les Capitales, je n’aurais probablement pas joué cette dernière saison.

Le petit joueur se souviendra toujours de son dernier match. Après la rencontre, il est demeuré longtemps assis dans l’abri à regarder le terrain. Il ne voulait pas enlever son uniforme. «Je me disais que ma carrière était terminée, mais aussi que jamais je ne vivrais des émotions comme celles que je venais de vivre et que je ne verrais plus la ville et les gens qui m’entouraient, etc. Mais je retournais chez moi avec plein de beaux souvenirs et de nombreuses amitiés. Tout ce que j’ai vécu à Québec fut meilleur qu’ailleurs. Ç’a été du bonus.»

Dur retour

Toujours bercé par ses souvenirs quand il a quitté Québec, DiPrima connut un dur retour à la réalité. Quelques jours après être arrivé chez lui dans la région de New York, il a vécu les évènements du 11 septembre. Du coup, l’entrevue qu’il devait avoir pour un travail fut annulée. À la maison, sans emploi et ne sachant pas ce que le futur lui réservait, il s’est inquiété. Puis au moment où les camps d’entraînements des équipes des majeures se sont amorcés en février, il a senti que le baseball lui manquait. DiPrima reçut cependant un coup de téléphone de Michel Laplante à  l’été 2002. Il voulait savoir si son ancien joueur de deuxième-but  reprendrait du service pour trois matchs. Qualifiée pour les séries, l’équipe québécoise devait composer avec de nombreux blessés pour une série face au New Jersey. 

«J’ai répondu ‘’c’est certain!’’. Et avec un ami, j’ai quitté ma retraite. Ma femme craignait cependant que je retrouve la piqûre pour le baseball. Elle avait appelé mon ami et Michel Lapante et elle leur avait fait promettre qu’ils ne me laisseraient pas monter sur l’autobus de l’équipe. Elle pensait que si je le faisais, je pourrais vouloir retourner à Québec. Alors, on m’avait interdit l’accès au bus (rires).»

Étudiant en finances et en gestion sportive au collège Saint John’s, DiPrima avait commencé à travailler dans le domaine des affaires à sa dernière campagne à Québec. Il profitait des longs voyages en autobus pour faire du travail informatique pour une entreprise pour laquelle il a œuvré à temps plein à la fin de sa carrière. Ayant gravi les échelons dans le domaine de la finance, il travaille aujourd’hui pour JPMorgan Chase en tant que vice-président du département des fonds de couverture. Il s’occupe de financement et d’évaluation et travaille aussi sur un nouveau système que son entreprise compte implanter.

«J’ai gardé des liens avec le baseball. Je suis représentant pour B45, ce qui me donne la chance de demeurer impliqué dans le baseball majeur. J’ai aussi donné des écoles de baseball. Mais je suis moins actif à ce niveau parce que je veux consacrer le plus de temps possible à mes deux filles qui jouent au soccer.»

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Questions/réponses

Q Plus grands accomplissements

R Avoir gagné un championnat à l’école secondaire et au collège. Mais je suis surtout fier d’avoir été capable de me rendre dans les ligues mineures quand tout le monde disait que je ne pourrais jamais y arriver parce que j’étais trop petit, que je n’étais pas assez gros ou pas assez fort. 

Q Moments marquants

R J’ai beaucoup apprécié jouer au collège et y gagner un championnats. J’ai aussi apprécié toutes les amitiés que j’y ai développées. Avoir l’opportunité de jouer au baseball tout en poursuivant mes études m’a fait apprécier toute mon expérience au collège. 

Q Pire moment

R Me faire dire que je ne pourrais plus jouer du baseball, que je n’étais pas assez bon pour évoluer dans les ligues mineures.

Q Rêve

R Je veux être le meilleur père possible pour mes enfants. C’est vraiment ce que je veux. Je veux être certain de ne pas bousiller leur vie.

Q Idoles de jeunesse

R J’en aimais quelques un, j’aimais Pete Rose, j’aimais Mark McGwire parce qu’il pouvait frapper la longue balle et j’aimais Don Mattingly.

Q Équipe favorite des majeures

R Les Yankees de New York

Sports, etc

Anthony Kelso: une fin abrupte et improbable

Anthony Kelso n’aurait jamais pensé que sa carrière en kayak pourrait prendre fin d’une manière aussi abrupte qu’improbable. Principal administrateur du club de Beaupré où il était entraîneur, il n’a eu d’autres choix que de mettre la clé dans la porte du club fondé par son père il y a plus de 50 ans quand la municipalité s’en est dissociée. Une décision qui pourrait l’inciter à accrocher sa pagaie de coach pour de bon.

«Je vais continuer à donner des cours cet été parce que j’ai pris des engagements», explique Kelso, qui a tourné le dos au ski alpin afin de se concentrer sur sa carrière de kayakiste de rivière qui s’était amorcée lors des Jeux du Québec de 1987. 

«Mais il y a un gros point d’interrogation pour 2019. Dans les circonstances actuelles, c’est certain qu’il n’y aura pas de kayak à Beaupré. L’alternative serait d’aller à Shannon. Mais je n’y suis pas résident et j’ai besoin que l’on me prête des locaux. Je ne suis pas sûr que les gens de Shannon vont me dire: “Pas de problème, viens-t’en.” Alors je ne pense pas continuer.»

L’ex-champion canadien pourrait aussi cesser d’enseigner son art dans les cégeps. Il trouve un peu absurde l’idée d’offrir un cours en piscine sans par la suite permettre aux participants de vivre pleinement l’expérience du kayak sur une rivière.

«Ce n’était vraiment pas de cette façon-là que je voulais sortir du sport. J’adore toujours donner des cours de kayak. Mais ce qui s’est passé, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Mes temps libres, je vais dorénavant les consacrer à mes enfants.»

Même si les derniers événements lui laisseront sans doute un goût amer, Kelso indique qu’ils n’altéreront en rien les souvenirs qu’il garde de sa carrière, des voyages extraordinaires qu’il a faits comme ce périple dans les Territoire du Nord-Ouest, où il a surfé sur les vagues jusqu’à une heure du matin, des gens exceptionnels qu’il a rencontrés, mais aussi de l’esprit zen et convivial de son sport.

«Même si le kayak est un sport individuel, lors de la compétition chacun est dans son bateau et il est seul à travailler avec la rivière, en dehors c’est une autre game. Il y a un travail d’équipe incroyable qui doit faire. D’abord pour monter et démonter les installations avant et après une compétition, mais aussi parce que la difficulté de se trouver des entraîneurs en slalom faisait en sorte que l’on se coachait beaucoup entre nous autres. On se donnait des trucs, on s’aidait.»

Quatrième aux mondiaux

Champion canadien en slalom, Kelso s’est signalé en terminant quatrième des championnats mondiaux juniors. Il a par la suite mis les Jeux olympiques dans sa mire, mas il n’a pas réussi à se qualifier pour les rendez-vous de 2000 et de 2004.

«Je n’étais pas assez discipliné et pas assez égoïste. Rendu au niveau national, tu n’as plus le choix, il faut vraiment que tu penses à toi et que tu fasses juste ça. Mais je trouvais ça très difficile, de voir des jeunes qui avaient besoin d’aide et de ne rien faire. Une partie du temps que j’aurais dû prendre pour m’entraîner, je leur donnais. Mais même si je ne suis pas allé aux JO, j’ai quand même eu de beaux succès. Comme athlète, mais aussi comme coach. Max-Émile Petitclerc, que j’ai eu à l’âge de 10 ans, alors qu’il était haut comme trois pommes, s’est rendu aux championnats du monde juniors. Il y a aussi eu Thomas Weber et Andrew Hamelin.»

Après avoir œuvré dans plusieurs domaines, c’est au niveau communautaire que Kelso a trouvé un travail répondant à ses aspirations profondes. Coordonnateur au Service d’entraide Basse-Ville, il recueille des meubles et des électroménagers qu’il redonne à des gens dans le besoin.

«Les personnes qui viennent me voir sont pas mal poquées. Certaines ont eu des malchances et d’autres sont des immigrants. On essaie de les aider du mieux que l’on peut. Il y a beaucoup de préjugés véhiculés par rapport à ces gens. Je pense qu’il y a un grand manque d’informations à leur sujet. On ne peut pas s’imaginer comment la vie peut basculer du jour au lendemain.»

Kelso avoue que son travail lui demande beaucoup sur le plan émotionnel. Et ce sont les cas d’enfants dans le besoin qui le minent le plus. Certains soirs, il arrive à la maison assez chamboulé. Mais il arrive à oublier le boulot. «J’ai tellement été entraîné à faire le vide avant un bloc de départ que le transfert se fait. Et je n’ai pas le choix...

«En contrepartie, mon travail est aussi très valorisant. C’est le cas quand je vois, par exemple, des gens pousser un soupir de soulagement parce qu’ils se sentent aidés.»

Revenant sur le kayak, Kelso dit que peu importe ce que lui réservera l’avenir, il gardera toujours une grande place pour le kayak dans sa vie. «Encore aujourd’hui, je vais sur une section qui est classée débutant qui s’appelle Pont-Rouge–Donnacona. C’est une rivière large et très facile. Mais juste surfer une vague, faire des remontées, jouer dans l’eau, c’est extraordinaire. Ça me ramène quand j’avais 10 ans, que je me parkais dans la vague et que je surfais pendant deux ou trois heures.»

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Sports, etc

Langis Caron: une légende bien vivante

Les légendes ne meurent pas dit le diction. Mais dans le cas du coureur automobile Langis Caron, on peut dire que la légende est toujours bien vivante. C’est certain, il ne fait plus la manchette comme au temps où il s’imposait dans le monde du stock-car, mais malgré ses 75 ans, il est un régulier de la Série Vintage.

«Tant que le désir de courir est là et que j’ai a encore du plaisir à être en piste, à prendre des départs et à dépasser et que je suis encore dans la course, je continue, lance le pilote originaire de Saint-Georges de Beauce. «De plus, mes réflexes sont encore bons, je ne brise pas souvent et c’est rare qu’on s’accroche. Il m’arrive parfois de penser à la retraite. Dans cinq ans, j’aurai 80 ans. Vais-je alors avoir le même désir? Je ne le sais pas.»

Caron avait six ou sept ans quand il s’est intéressé à la mécanique. Ses frères et lui, des «patenteux», avaient construit une petite JEEP avec les moyens du bord. Ils avaient ainsi fabriqué la conduite, qui fonctionnait, avec des pièces d’une vieille laveuse à tordeur. Puis à l’âge de 15 ans, il a eu son baptême de pilotage dans un go kart. Rapidement, il a voulu faire de la compétition et les succès ont suivi. Il a ensuite profité de l’ouverture de la piste sur terre battue de Saint-Georges, le Mécanodrome, pour faire ses débuts en stock-car. Il courait avec une voiture et un moteur, remis en condition pour 175$, qui lui avaient été donnés. 

«Un petit moteur que j’ai utilisé pendant plusieurs années et avec lequel, je crémais des gros blocs. À notre premier départ, un 50 tours, il y avait tellement de poussière que lorsqu’un signaleur a annoncé la fin de la course on a tous continué à faire des tours parce qu’on ne voyait pas le drapeau.»

Dominant dans son patelin, Caron décida, après trois campagnes, d’aller courir sur l’asphalte aux circuits de Val-Bélair et de Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Il ne perdit pas de temps à faire sa place et à livrer des batailles épiques à Marcel Corriveau, la vedette locale. «À ma première saison, j’ai pris part à 52 finales. J’en ai gagné 22. On courait le jour, on voyageait la nuit et on dormait dans nos véhicules. Quand j’allais voir ma blonde, cinq minutes après m’être assis sur le divan, je dormais. Elle ne comprenait pas pourquoi.»

C’est à Montréal, puis sur la Côte est américaine que le Beauceron a poursuivi sa carrière. D’abord au Vermont, puis dans le Maine et même en Virginie, à Martinsville où il a gagné une qualification — c’est l’actrice Elizabeth Taylor qui lui a remis son trophée — et au Delaware à Dover. Il a notamment couru dans la série NASCAR North Tour. Parallèlement à sa carrière de coureur, il a travaillé pendant la saison hivernale pour des équipes à Daytona à préparer des voitures.

La tragédie

Caron vivait la vie dont il avait rêvé lorsque le mauvais sort est venu le frapper en 1984. Un incendie a ravagé le garage de mécanique qu’il possédait. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, son principal commanditaire en course l’a largué.

«J’avais perdu tous les outils et les instruments dont j’avais besoin pour travailler. Et là, je n’avais plus d’argent pour continuer à courir. J’ai vendu mon auto et j’ai réouvert un autre garage. Je possédais des connaissances et une expertise que j’avais chèrement acquises et dont je devais profiter.

«Arrêter la course été un des moments les plus durs de ma vie. Ça faisait une trentaine d’années que je traînais dans ce monde-là. Tout ce que j’y avais bâti, je devais l’enterrer parce que je ne pouvais plus m’en servir. Mais je n’ai jamais baissé les bras. Aujourd’hui, je travaille toujours en mécanique. J’ai mon garage ou je remets en état des véhicules légèrement accidentés que je revends.»

Faisant le bilan de sa carrière en stock-car, Caron dit que sa plus grande fierté est d’avoir terminé la grande majorité de ses courses. «Il n’y a pratiquement que les bris mécaniques qui m’ont empêché de le faire. Mes autos, je les gardais en une pièce. D’abord, parce que je n’avais pas de budget ouvert pour les réparer. Moi je devais rafistoler. Mais aussi à cause de mon style. Je n’avais pas le couteau entre les dents et je ne fonçais pas comme un enragé lors du départ. J’étais patient et stratégique.»

Caron a renoué avec sa grande passion en 2006 quand le coureur Patrick Verner lui a offert de joindre son équipe dans la série Vintage. «La passion n’était pas éteinte. Je l’ai vu quand je me suis assis dans le Vintage et que je suis parti avec. Je me suis dit ‘’Oh mon Dieu, c’est dont le fun faire ça.’’

«Aujourd’hui, ça me plaît toujours autant de courir dans la série. On est un petit groupe d’amis, on court de temps en temps et on a beaucoup de plaisir.... mais on a encore le désir de performer. Au début, on faisait des tours pour s’amuser, mais là, quand on prend le départ, c’est pour gagner. Et parce que les autos de Patrick sont bien préparées, on roule en avant. Notre objectif, c’est de prendre part au Oxford 250 de cette année dans une classe Vintage. Je me suis même trouvé un commanditaire là-bas.»

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Sports, etc.

Une deuxième chance profitable pour Julien Lépine

La vie réserve parfois de belles surprises. Membre de la première heure des Capitales, Julien Lépine a vu sa carrière à Québec se terminer de manière abrupte en 2000. Cette triste fin lui ayant laissé un goût amer, il ne se doutait pas qu’il allait se voir offrir en 2002 la chance de réécrire le dernier chapitre de sa carrière chez les pros et de lui donner une fin heureuse.

«J’allais partir en voyage de camping avec ma blonde, l’auto était paquetée, quand le téléphone a sonné», explique l’ex-joueur d’arrêt-court. «C’était Michel Laplante. Il m’a dit : ‘’ça va pas bien notre affaire, on a des blessés, viendrais-tu nous donner un coup de main? Je lui ai dit que je partais en vacances. Mais quand il a ajouté que je jouerais toute la semaine, j’ai regardé ma blonde et je lui ai lancé : ‘’on change nos plans’’. J’ai passé ma semaine de vacances avec les Capitales. Par la suite, je suis descendu toutes les fins de semaine à Québec. J’ai même joué dans les séries.

«Aujourd’hui, je suis bien heureux d’avoir eu cette chance et de l’avoir saisie. En 2000 avec les Capitales, j’avais un million d’affaires à penser. Là, tout ce que j’avais à faire c’était de jouer au baseball. Ç’a vraiment bien été. Je me suis prouvé que j’étais capable d’évoluer dans la Ligue Northern et j’ai fini ma carrière comme du monde. Ça m’a permis de soigner les blessures.»

Lépine mentionne que son passage avec les Capitales a été le fait saillant de sa carrière. Goûter au baseball professionnel et le faire dans sa ville, dans un stade plein, aux côtés de son frère Olivier et devant les membres de sa famille et ses amis a été pour lui une expérience qu’il qualifie de merveilleuse.

«Je vivais avec les Capitales ce qui se rapprochait le plus de ce que je voyais quand je suivais les Expos. C’était un rêve de petit gars qui se réalisait. Alors, même si je n’ai pas joué dans les majeures, je peux dire que j’ai évolué dans une ligue qui leur ressemblait beaucoup. J’ai été chanceux.»

Complétant le top 3 des faits marquants de sa carrière, Lépine parle de sa participation aux Jeux pan-américains (1999) et de son passage chez les Titans de Brevard Community College (Floride). «C’est là que j’ai réalisé à quel point jouer tous les jours pouvait être exigeant. J’étais passionné et je m’entraînais beaucoup, j’ai toujours aimé mieux m’entraîner que jouer. Mais je me suis aperçu qu’il y avait des gars qui pratiquaient encore plus que moi.»

Le Québécois n’a joué qu’une saison avec les Titans. Attendu en Floride l’année suivante, il est demeuré au Québec. Étudiant à l’université, se retrouver dans un junior college était pour lui un pas en arrière. «La vraie raison, celle que je me cachais peut-être à ce moment-là, était que j’avais réalisé qu’il me manquait peut-être un petit quelque chose pour être aussi bon que les meilleurs. Est-ce que j’ai bien fait? J’y pense souvent.»

La retraite

Lépine a joué au baseball jusqu’au milieu de la trentaine. Après son passage avec les Capitales, il a évolué dans la Ligue de baseball senior du Bas-Saint-Laurent et dans la Ligue de baseball majeur du Québec, où il a porté les couleurs du CIEL-FM de Rivière-du-Loup. Il a pris sa retraite en 2013 pour se concentrer sur son travail chez Moulage sous pression AMT à Saint-Cyprien. 

«À mes dernières années, je n’étais plus capable de jouer comme je l’aurais voulu. Pour être bon sur un terrain, il fallait que je sois en pleine forme. Et j’avais moins de temps pour m’entraîner. Je n’étais donc pas content de ce que je faisais. Ça, ça me faisait mal. Je me suis dit qu’il était temps d’arrêter. Je n’ai eu aucun regret par la suite.»

C’est quand il a commencé à coacher que l’ex-Alouettes de Charlesbourg s’est rapproché de nouveau du baseball. Il a dirigé son fils qui, aujourd’hui âgé de 15 ans, évolue pour les Riverains du Bas Saint-Laurent de la Ligue midget AAA.

«Grâce à mon fils, je n’ai jamais manqué de baseball. Le suivre a été très réconfortant. Il a beaucoup plus de qualités que j’en avais à son âge. Est-ce qu’il y a des choses que j’aimerais qu’il fasse différemment? Oui. Mais pour être bon dans quelque chose, il faut aimer ça et avoir du plaisir. Et c’est facile de jouer dans la tête d’un petit gars de 15 ans. Je le laisse aller. Je pense qu’il a une bonne recette pour réussir.

«Avoir la même passion que mon fils m’aide beaucoup à communiquer avec lui. Le baseball me permet de le rejoindre plus facilement. C’est la même chose avec ma fille qui est dans un programme arts-études en danse et membre du District Danza. Elle a gagné plusieurs compétitions et au mois de juillet, elle s’en va à la Coupe du monde au mont Tremblant, où elle va danser avec sa troupe et aussi un solo. Notre passion commune pour l’entraînement me permet d’amorcer plus facilement des conversations avec elle.»

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Sports, etc

Stéphane Bonneau: plus d’une corde à sa raquette

«Il faut générer des actions pour provoquer des choses. Il faut bouger, s’activer, toujours avoir des projets et s’investir pour les réaliser. Si on le fait, le reste va suivre. En autant que l’on reste authentique et honnête avec soi-même.»

Faisant partie de la crème des joueurs de tennis au Canada dans les années 80, Stéphane Bonneau a dû changer le plan de match de sa vie à quelques reprises depuis qu’il a renoncé à la compétition internationale en 1988. Et aujourd’hui, il compte plusieurs cordes à sa raquette. D’abord entraîneur, il est devenu peintre en bâtiment lorsqu’il a dû réorienter sa carrière. Son intérêt pour la musique l’a ensuite mené dans les sphères de la production de spectacles et la gérance. 

«J’ai dû refaire ma vie deux ou trois fois. Ça m’a permis de développer d’autres talents, de devenir polyvalent et de me prouver que j’étais capable de faire autre chose que du tennis. Après avoir obtenu ma certification de peintre en bâtiment, j’ai fondé ma compagnie. Certains de mes déplacements pour le tennis m’ont permis de réaliser des contrats en Floride, au Mississippi, à Toronto, où j’ai repeint le condo du vp de Bombardier, et à Magog où j’ai fait la maison de la famille Desmarais. Mes contacts en musique m’ont aussi permis de travailler dans des manoirs et de refaire des pièces d’un château de Dublin.

«Quant à ma carrière dans le monde de la musique, elle est venue naturellement. J’avais le rêve et de monter des shows et de faire de la gérance. Je me suis d’abord occupé d’un groupe que j’aimais beaucoup et que je désirais faire connaître. J’ai ensuite géré des groupes à Montréal, puis j’ai travaillé pour une compagnie de disques à Dublin, où j’ai aussi été gérant.»

Succès précoces

Originaire de Chicoutimi, Bonneau était un adolescent quand il a commencé à s’entraîner au défunt club TenniSport dans la Vieille Capitale. Vers l’âge de 15 ans, il s’est expatrié en Floride à l’école de tennis d’Harry Hopman qui avait notamment travaillé avec Rod Laver. Il est ensuite revenu à Québec pour terminer ses études secondaires avant de suivre l’élite provinciale à Montréal.

Le jeune joueur a connu la gloire à 17 ans quand il a battu Réjean Genois, alors 87e au monde, aux championnats canadiens. Un exploit qu’il a répété l’année suivante. Il fut ensuite champion canadien à deux reprises. Son fait d’armes est survenu aux Internationaux de Montréal en 1985 quand il a coup sur coup battu au parc Jarry Tomas Smid et Jakob Hlacek, respectivement 17et 35e au monde. Il a aussi pris part à trois tournois du Grand Chelem et grimpé jusqu’au 107e rang du classement mondial. En 2013, il a été élu au Temple de la renommée de la Coupe Rogers.

Le Saguenéen n’avait que 26 ans quand il a mis fin à sa carrière internationale. N’ayant plus les moyens de se payer un entraîneur à temps plein ni de voyager et vivant une petite déprime, il a choisi d’accrocher sa raquette. «J’ai encore le sentiment de ne pas avoir fini ce que j’avais commencé. Ma plus grande déception, c’est de ne pas avoir grimpé dans le top 100. Je sens que j’aurais pu le faire. Je suis déçu, mais pas au point de déprimer. Et je suis quand même fier de ce que j’ai fait.»

C’est sur les scènes nationale et provinciale que Bonneau a ensuite joué. Parallèlement, il a été entraîneur. Au club Avantage pendant un an où il s’est occupé de Mélanie Bernard et de Marc-André Tardif, puis à son école de tennis au club Côte-de-Liesse à Montréal où il développait les jeunes de la relève. 

Sa passion pour la compétition s’étant émoussée chez les vétérans où il n’avait pas de compétition, il a arrêté de jouer. Il a ensuite dû composer avec la fermeture de son école et puis du club de L’Île-des-Sœurs où il était allé travailler avec Louis Cayer. Il a alors accroché sa raquette pendant huit ans.

«J’étais un peu fatigué. Et je ne me voyais pas comme pro dans un club à m’occuper d’adultes qui ne jouaient au tennis que pour s’amuser. Ce que je voulais, c’était donner un rêve à un jeune, l’influencer pour toute sa vie et le monter au niveau international. Ça toujours été mon but dans le coaching ça le demeure encore aujourd’hui.»

Réalisant encore des contrats de peinture, Bonneau met aussi beaucoup d’énergie sur sa carrière de promoteur (Pouring Rain Management). Il organise deux fois par mois des spectacles dans un café de L’Île-des-Sœurs. Et comme son amour pour le tennis est toujours aussi grand, il a décidé d’organiser un concert-bénéfice pour venir en aide à Aleksandra Wozniak qui aura lieu le 22 juin à Verdun.

«Ce que je fais pour Aleksandra, c’est une belle manière de mélanger le tennis et la musique. Ça me semble un beau filon.»

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Sports, etc

Lisa Nolet: le yin et le yang

Après avoir connu une brillante carrière sur les terrains de soccer avec le Dynamo, l’équipe du Québec et le Rouge et Or, c’est maintenant sur la scène, où elle forme un duo avec Simon Guérin, que Lisa Nolet impose son rythme. Comment peut-on avoir deux passions aussi opposées? «C’est mon yin et mon yang» lance la Québécoise native de Denver, soit le principe chinois qui veut que les deux extrêmes d’un tout coexistent ensemble.

«Je me suis toujours intéressée à toutes sortes de choses», explique Lisa, dont le père Simon a joué une dizaine de saisons dans la LNH et remporté la Coupe Stanley (1974) avant d’être entraîneur adjoint chez les Nordiques, puis recruteur pour les Flyers de Philadelphie. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a porté le numéro 17 de son paternel. 

«Mais le sport et la musique sont les deux choses les plus dominantes dans mon éventail d’intérêts. Mon affinité pour le sport vient évidemment plus de mon père. Quant à la musique, ça vient plus du côté de ma mère. Je suis bien contente d’avoir eu mon trip sportif quand j’étais jeune. Ça me convient sûrement mieux de composer avec mon intériorité à ce stade-ci de ma vie.»

La musique étant omniprésente chez les Nolet, elle est rapidement devenue une des trames de fond de la vie de la jeune Lisa qui se rappelle quand elle s’amusait à rejouer sur le piano les pièces que sa mère avait apprises, à apprivoiser l’harmonium de ses grands-parents, ainsi que les partys de famille où les gens chantaient en chœur. Mais le sport prenant beaucoup de place, elle a renoncé à sa passion pour la musique.

«C’est au tournant de la vingtaine que j’ai senti le besoin de revenir à la musique et que j’ai suivi des cours de piano et de guitare. Au début de la trentaine, je suis retournée étudier la musique, plus particulièrement le chant pop jazz et le piano, car j’avais envie d’aller chercher des outils théoriques et techniques et de l’aisance. C’est pendant mes études que j’ai rencontré Simon, un guitariste, avec qui j’ai formé un duo. On fait des covers, des reprises de folk, jazz, blues, soul et de la musique brésilienne ou plus actuelle qu’on travaille à notre façon. Ce sont des styles avec lesquels ma voix se marie bien et auxquels mon énergie correspond le mieux et j’aime la richesse du langage musical, les couleurs, les possibilités qu’ils offrent!

«Ça fait sept ans que le duo Lisa & Simon roule. Depuis peu, je travaille lentement mais sûrement sur un projet d’auteure-compositrice-interprète. Je suis en incubation. Mais d’ici la prochaine année, j’aimerais voir quelque chose aboutir.»

Plusieurs premières

S’étant initiée au soccer à Cap-Rouge, Lisa s’est imposée. Elle a rapidement quitté les circuits régionaux pour se retrouver avec le Dynamo avec qui elle a gagné l’argent au national de 1995 avant de décrocher une autre médaille d’argent avec l’équipe du Québec aux Jeux du Canada de 1997. Elle a ensuite joint les rangs du Rouge et Or et a été élue recrue de l’année au Canada en 1998. Capitaine de l’équipe en 2002, elle a été l’une de celles qui ont mené l’équipe à la conquête d’une première médaille au championnat canadien, le bronze. Sa carrière universitaire terminée, elle a joué pour le Canada aux Universiades de 2003 en Corée du Sud. «Une super belle expérience. Ç’a été comme le couronnement de ma carrière de haut niveau.»

Ayant fait son entrée sur le marché du travail après avoir terminé ses études en communication-rédaction professionnelle, Lisa n’a pas renoncé au soccer. Elle a évolué dans des ligues organisées et joué au soccer mixte. En compagnie d’anciennes du Rouge et Or et du Dynamo, elle s’est ensuite retrouvée en 2013 avec le Phénix des Rivières afin de participer au championnat canadien O-35 disputé à Québec, puis à Calgary l’année suivante. Une blessure au genou l’a cependant obligée de mettre fin à sa carrière en 2015. «C’était vraiment la fin, il n’y avait plus de retour possible.

«Ç’a été dur d’arrêter. Surtout que ma blessure me limite dans les sports que je peux pratiquer. Et comme je n’ai pas trouvé de substitut, je l’ai toujours un peu sur le cœur. Il y a plein d’autres choses qui meublent ma vie, mais le thrill de l’esprit de gang et de la compétition pure, je ne l’ai plus.»

En rétrospective, Lisa est consciente qu’à travers sa carrière, elle a écrit la petite histoire du soccer féminin dans la région de Québec et a contribué à ses premiers grands succès. Pour elle cependant, ce ne sont pas ses performances qui ont de l’importance, mais le vaste héritage, les acquis que toutes ses années de soccer lui ont laissé. Elle est maintenant tournée vers l’avenir et sur tous ses projets qu’elle mène en parallèle, soit sa carrière de pigiste en édition, en communication, en traduction, en évènementiel et son autre en musique.

«J’aime pouvoir jongler avec mes différents intérêts. Je ne rêve donc pas de vivre uniquement de la musique. Mon but, c’est de réussir à construire un bel équilibre entre les différents aspects de ma vie et les choses qui m’intéressent.... et de me laisser surprendre aussi. Car je reste ouverte à ce que la vie me proposera.»

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