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Langis Caron: une légende bien vivante

Les légendes ne meurent pas dit le diction. Mais dans le cas du coureur automobile Langis Caron, on peut dire que la légende est toujours bien vivante. C’est certain, il ne fait plus la manchette comme au temps où il s’imposait dans le monde du stock-car, mais malgré ses 75 ans, il est un régulier de la Série Vintage.

«Tant que le désir de courir est là et que j’ai a encore du plaisir à être en piste, à prendre des départs et à dépasser et que je suis encore dans la course, je continue, lance le pilote originaire de Saint-Georges de Beauce. «De plus, mes réflexes sont encore bons, je ne brise pas souvent et c’est rare qu’on s’accroche. Il m’arrive parfois de penser à la retraite. Dans cinq ans, j’aurai 80 ans. Vais-je alors avoir le même désir? Je ne le sais pas.»

Caron avait six ou sept ans quand il s’est intéressé à la mécanique. Ses frères et lui, des «patenteux», avaient construit une petite JEEP avec les moyens du bord. Ils avaient ainsi fabriqué la conduite, qui fonctionnait, avec des pièces d’une vieille laveuse à tordeur. Puis à l’âge de 15 ans, il a eu son baptême de pilotage dans un go kart. Rapidement, il a voulu faire de la compétition et les succès ont suivi. Il a ensuite profité de l’ouverture de la piste sur terre battue de Saint-Georges, le Mécanodrome, pour faire ses débuts en stock-car. Il courait avec une voiture et un moteur, remis en condition pour 175$, qui lui avaient été donnés. 

«Un petit moteur que j’ai utilisé pendant plusieurs années et avec lequel, je crémais des gros blocs. À notre premier départ, un 50 tours, il y avait tellement de poussière que lorsqu’un signaleur a annoncé la fin de la course on a tous continué à faire des tours parce qu’on ne voyait pas le drapeau.»

Dominant dans son patelin, Caron décida, après trois campagnes, d’aller courir sur l’asphalte aux circuits de Val-Bélair et de Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Il ne perdit pas de temps à faire sa place et à livrer des batailles épiques à Marcel Corriveau, la vedette locale. «À ma première saison, j’ai pris part à 52 finales. J’en ai gagné 22. On courait le jour, on voyageait la nuit et on dormait dans nos véhicules. Quand j’allais voir ma blonde, cinq minutes après m’être assis sur le divan, je dormais. Elle ne comprenait pas pourquoi.»

C’est à Montréal, puis sur la Côte est américaine que le Beauceron a poursuivi sa carrière. D’abord au Vermont, puis dans le Maine et même en Virginie, à Martinsville où il a gagné une qualification — c’est l’actrice Elizabeth Taylor qui lui a remis son trophée — et au Delaware à Dover. Il a notamment couru dans la série NASCAR North Tour. Parallèlement à sa carrière de coureur, il a travaillé pendant la saison hivernale pour des équipes à Daytona à préparer des voitures.

La tragédie

Caron vivait la vie dont il avait rêvé lorsque le mauvais sort est venu le frapper en 1984. Un incendie a ravagé le garage de mécanique qu’il possédait. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, son principal commanditaire en course l’a largué.

«J’avais perdu tous les outils et les instruments dont j’avais besoin pour travailler. Et là, je n’avais plus d’argent pour continuer à courir. J’ai vendu mon auto et j’ai réouvert un autre garage. Je possédais des connaissances et une expertise que j’avais chèrement acquises et dont je devais profiter.

«Arrêter la course été un des moments les plus durs de ma vie. Ça faisait une trentaine d’années que je traînais dans ce monde-là. Tout ce que j’y avais bâti, je devais l’enterrer parce que je ne pouvais plus m’en servir. Mais je n’ai jamais baissé les bras. Aujourd’hui, je travaille toujours en mécanique. J’ai mon garage ou je remets en état des véhicules légèrement accidentés que je revends.»

Faisant le bilan de sa carrière en stock-car, Caron dit que sa plus grande fierté est d’avoir terminé la grande majorité de ses courses. «Il n’y a pratiquement que les bris mécaniques qui m’ont empêché de le faire. Mes autos, je les gardais en une pièce. D’abord, parce que je n’avais pas de budget ouvert pour les réparer. Moi je devais rafistoler. Mais aussi à cause de mon style. Je n’avais pas le couteau entre les dents et je ne fonçais pas comme un enragé lors du départ. J’étais patient et stratégique.»

Caron a renoué avec sa grande passion en 2006 quand le coureur Patrick Verner lui a offert de joindre son équipe dans la série Vintage. «La passion n’était pas éteinte. Je l’ai vu quand je me suis assis dans le Vintage et que je suis parti avec. Je me suis dit ‘’Oh mon Dieu, c’est dont le fun faire ça.’’

«Aujourd’hui, ça me plaît toujours autant de courir dans la série. On est un petit groupe d’amis, on court de temps en temps et on a beaucoup de plaisir.... mais on a encore le désir de performer. Au début, on faisait des tours pour s’amuser, mais là, quand on prend le départ, c’est pour gagner. Et parce que les autos de Patrick sont bien préparées, on roule en avant. Notre objectif, c’est de prendre part au Oxford 250 de cette année dans une classe Vintage. Je me suis même trouvé un commanditaire là-bas.»

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Sports, etc.

Une deuxième chance profitable pour Julien Lépine

La vie réserve parfois de belles surprises. Membre de la première heure des Capitales, Julien Lépine a vu sa carrière à Québec se terminer de manière abrupte en 2000. Cette triste fin lui ayant laissé un goût amer, il ne se doutait pas qu’il allait se voir offrir en 2002 la chance de réécrire le dernier chapitre de sa carrière chez les pros et de lui donner une fin heureuse.

«J’allais partir en voyage de camping avec ma blonde, l’auto était paquetée, quand le téléphone a sonné», explique l’ex-joueur d’arrêt-court. «C’était Michel Laplante. Il m’a dit : ‘’ça va pas bien notre affaire, on a des blessés, viendrais-tu nous donner un coup de main? Je lui ai dit que je partais en vacances. Mais quand il a ajouté que je jouerais toute la semaine, j’ai regardé ma blonde et je lui ai lancé : ‘’on change nos plans’’. J’ai passé ma semaine de vacances avec les Capitales. Par la suite, je suis descendu toutes les fins de semaine à Québec. J’ai même joué dans les séries.

«Aujourd’hui, je suis bien heureux d’avoir eu cette chance et de l’avoir saisie. En 2000 avec les Capitales, j’avais un million d’affaires à penser. Là, tout ce que j’avais à faire c’était de jouer au baseball. Ç’a vraiment bien été. Je me suis prouvé que j’étais capable d’évoluer dans la Ligue Northern et j’ai fini ma carrière comme du monde. Ça m’a permis de soigner les blessures.»

Lépine mentionne que son passage avec les Capitales a été le fait saillant de sa carrière. Goûter au baseball professionnel et le faire dans sa ville, dans un stade plein, aux côtés de son frère Olivier et devant les membres de sa famille et ses amis a été pour lui une expérience qu’il qualifie de merveilleuse.

«Je vivais avec les Capitales ce qui se rapprochait le plus de ce que je voyais quand je suivais les Expos. C’était un rêve de petit gars qui se réalisait. Alors, même si je n’ai pas joué dans les majeures, je peux dire que j’ai évolué dans une ligue qui leur ressemblait beaucoup. J’ai été chanceux.»

Complétant le top 3 des faits marquants de sa carrière, Lépine parle de sa participation aux Jeux pan-américains (1999) et de son passage chez les Titans de Brevard Community College (Floride). «C’est là que j’ai réalisé à quel point jouer tous les jours pouvait être exigeant. J’étais passionné et je m’entraînais beaucoup, j’ai toujours aimé mieux m’entraîner que jouer. Mais je me suis aperçu qu’il y avait des gars qui pratiquaient encore plus que moi.»

Le Québécois n’a joué qu’une saison avec les Titans. Attendu en Floride l’année suivante, il est demeuré au Québec. Étudiant à l’université, se retrouver dans un junior college était pour lui un pas en arrière. «La vraie raison, celle que je me cachais peut-être à ce moment-là, était que j’avais réalisé qu’il me manquait peut-être un petit quelque chose pour être aussi bon que les meilleurs. Est-ce que j’ai bien fait? J’y pense souvent.»

La retraite

Lépine a joué au baseball jusqu’au milieu de la trentaine. Après son passage avec les Capitales, il a évolué dans la Ligue de baseball senior du Bas-Saint-Laurent et dans la Ligue de baseball majeur du Québec, où il a porté les couleurs du CIEL-FM de Rivière-du-Loup. Il a pris sa retraite en 2013 pour se concentrer sur son travail chez Moulage sous pression AMT à Saint-Cyprien. 

«À mes dernières années, je n’étais plus capable de jouer comme je l’aurais voulu. Pour être bon sur un terrain, il fallait que je sois en pleine forme. Et j’avais moins de temps pour m’entraîner. Je n’étais donc pas content de ce que je faisais. Ça, ça me faisait mal. Je me suis dit qu’il était temps d’arrêter. Je n’ai eu aucun regret par la suite.»

C’est quand il a commencé à coacher que l’ex-Alouettes de Charlesbourg s’est rapproché de nouveau du baseball. Il a dirigé son fils qui, aujourd’hui âgé de 15 ans, évolue pour les Riverains du Bas Saint-Laurent de la Ligue midget AAA.

«Grâce à mon fils, je n’ai jamais manqué de baseball. Le suivre a été très réconfortant. Il a beaucoup plus de qualités que j’en avais à son âge. Est-ce qu’il y a des choses que j’aimerais qu’il fasse différemment? Oui. Mais pour être bon dans quelque chose, il faut aimer ça et avoir du plaisir. Et c’est facile de jouer dans la tête d’un petit gars de 15 ans. Je le laisse aller. Je pense qu’il a une bonne recette pour réussir.

«Avoir la même passion que mon fils m’aide beaucoup à communiquer avec lui. Le baseball me permet de le rejoindre plus facilement. C’est la même chose avec ma fille qui est dans un programme arts-études en danse et membre du District Danza. Elle a gagné plusieurs compétitions et au mois de juillet, elle s’en va à la Coupe du monde au mont Tremblant, où elle va danser avec sa troupe et aussi un solo. Notre passion commune pour l’entraînement me permet d’amorcer plus facilement des conversations avec elle.»

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Sports, etc

Stéphane Bonneau: plus d’une corde à sa raquette

«Il faut générer des actions pour provoquer des choses. Il faut bouger, s’activer, toujours avoir des projets et s’investir pour les réaliser. Si on le fait, le reste va suivre. En autant que l’on reste authentique et honnête avec soi-même.»

Faisant partie de la crème des joueurs de tennis au Canada dans les années 80, Stéphane Bonneau a dû changer le plan de match de sa vie à quelques reprises depuis qu’il a renoncé à la compétition internationale en 1988. Et aujourd’hui, il compte plusieurs cordes à sa raquette. D’abord entraîneur, il est devenu peintre en bâtiment lorsqu’il a dû réorienter sa carrière. Son intérêt pour la musique l’a ensuite mené dans les sphères de la production de spectacles et la gérance. 

«J’ai dû refaire ma vie deux ou trois fois. Ça m’a permis de développer d’autres talents, de devenir polyvalent et de me prouver que j’étais capable de faire autre chose que du tennis. Après avoir obtenu ma certification de peintre en bâtiment, j’ai fondé ma compagnie. Certains de mes déplacements pour le tennis m’ont permis de réaliser des contrats en Floride, au Mississippi, à Toronto, où j’ai repeint le condo du vp de Bombardier, et à Magog où j’ai fait la maison de la famille Desmarais. Mes contacts en musique m’ont aussi permis de travailler dans des manoirs et de refaire des pièces d’un château de Dublin.

«Quant à ma carrière dans le monde de la musique, elle est venue naturellement. J’avais le rêve et de monter des shows et de faire de la gérance. Je me suis d’abord occupé d’un groupe que j’aimais beaucoup et que je désirais faire connaître. J’ai ensuite géré des groupes à Montréal, puis j’ai travaillé pour une compagnie de disques à Dublin, où j’ai aussi été gérant.»

Succès précoces

Originaire de Chicoutimi, Bonneau était un adolescent quand il a commencé à s’entraîner au défunt club TenniSport dans la Vieille Capitale. Vers l’âge de 15 ans, il s’est expatrié en Floride à l’école de tennis d’Harry Hopman qui avait notamment travaillé avec Rod Laver. Il est ensuite revenu à Québec pour terminer ses études secondaires avant de suivre l’élite provinciale à Montréal.

Le jeune joueur a connu la gloire à 17 ans quand il a battu Réjean Genois, alors 87e au monde, aux championnats canadiens. Un exploit qu’il a répété l’année suivante. Il fut ensuite champion canadien à deux reprises. Son fait d’armes est survenu aux Internationaux de Montréal en 1985 quand il a coup sur coup battu au parc Jarry Tomas Smid et Jakob Hlacek, respectivement 17et 35e au monde. Il a aussi pris part à trois tournois du Grand Chelem et grimpé jusqu’au 107e rang du classement mondial. En 2013, il a été élu au Temple de la renommée de la Coupe Rogers.

Le Saguenéen n’avait que 26 ans quand il a mis fin à sa carrière internationale. N’ayant plus les moyens de se payer un entraîneur à temps plein ni de voyager et vivant une petite déprime, il a choisi d’accrocher sa raquette. «J’ai encore le sentiment de ne pas avoir fini ce que j’avais commencé. Ma plus grande déception, c’est de ne pas avoir grimpé dans le top 100. Je sens que j’aurais pu le faire. Je suis déçu, mais pas au point de déprimer. Et je suis quand même fier de ce que j’ai fait.»

C’est sur les scènes nationale et provinciale que Bonneau a ensuite joué. Parallèlement, il a été entraîneur. Au club Avantage pendant un an où il s’est occupé de Mélanie Bernard et de Marc-André Tardif, puis à son école de tennis au club Côte-de-Liesse à Montréal où il développait les jeunes de la relève. 

Sa passion pour la compétition s’étant émoussée chez les vétérans où il n’avait pas de compétition, il a arrêté de jouer. Il a ensuite dû composer avec la fermeture de son école et puis du club de L’Île-des-Sœurs où il était allé travailler avec Louis Cayer. Il a alors accroché sa raquette pendant huit ans.

«J’étais un peu fatigué. Et je ne me voyais pas comme pro dans un club à m’occuper d’adultes qui ne jouaient au tennis que pour s’amuser. Ce que je voulais, c’était donner un rêve à un jeune, l’influencer pour toute sa vie et le monter au niveau international. Ça toujours été mon but dans le coaching ça le demeure encore aujourd’hui.»

Réalisant encore des contrats de peinture, Bonneau met aussi beaucoup d’énergie sur sa carrière de promoteur (Pouring Rain Management). Il organise deux fois par mois des spectacles dans un café de L’Île-des-Sœurs. Et comme son amour pour le tennis est toujours aussi grand, il a décidé d’organiser un concert-bénéfice pour venir en aide à Aleksandra Wozniak qui aura lieu le 22 juin à Verdun.

«Ce que je fais pour Aleksandra, c’est une belle manière de mélanger le tennis et la musique. Ça me semble un beau filon.»

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Lisa Nolet: le yin et le yang

Après avoir connu une brillante carrière sur les terrains de soccer avec le Dynamo, l’équipe du Québec et le Rouge et Or, c’est maintenant sur la scène, où elle forme un duo avec Simon Guérin, que Lisa Nolet impose son rythme. Comment peut-on avoir deux passions aussi opposées? «C’est mon yin et mon yang» lance la Québécoise native de Denver, soit le principe chinois qui veut que les deux extrêmes d’un tout coexistent ensemble.

«Je me suis toujours intéressée à toutes sortes de choses», explique Lisa, dont le père Simon a joué une dizaine de saisons dans la LNH et remporté la Coupe Stanley (1974) avant d’être entraîneur adjoint chez les Nordiques, puis recruteur pour les Flyers de Philadelphie. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a porté le numéro 17 de son paternel. 

«Mais le sport et la musique sont les deux choses les plus dominantes dans mon éventail d’intérêts. Mon affinité pour le sport vient évidemment plus de mon père. Quant à la musique, ça vient plus du côté de ma mère. Je suis bien contente d’avoir eu mon trip sportif quand j’étais jeune. Ça me convient sûrement mieux de composer avec mon intériorité à ce stade-ci de ma vie.»

La musique étant omniprésente chez les Nolet, elle est rapidement devenue une des trames de fond de la vie de la jeune Lisa qui se rappelle quand elle s’amusait à rejouer sur le piano les pièces que sa mère avait apprises, à apprivoiser l’harmonium de ses grands-parents, ainsi que les partys de famille où les gens chantaient en chœur. Mais le sport prenant beaucoup de place, elle a renoncé à sa passion pour la musique.

«C’est au tournant de la vingtaine que j’ai senti le besoin de revenir à la musique et que j’ai suivi des cours de piano et de guitare. Au début de la trentaine, je suis retournée étudier la musique, plus particulièrement le chant pop jazz et le piano, car j’avais envie d’aller chercher des outils théoriques et techniques et de l’aisance. C’est pendant mes études que j’ai rencontré Simon, un guitariste, avec qui j’ai formé un duo. On fait des covers, des reprises de folk, jazz, blues, soul et de la musique brésilienne ou plus actuelle qu’on travaille à notre façon. Ce sont des styles avec lesquels ma voix se marie bien et auxquels mon énergie correspond le mieux et j’aime la richesse du langage musical, les couleurs, les possibilités qu’ils offrent!

«Ça fait sept ans que le duo Lisa & Simon roule. Depuis peu, je travaille lentement mais sûrement sur un projet d’auteure-compositrice-interprète. Je suis en incubation. Mais d’ici la prochaine année, j’aimerais voir quelque chose aboutir.»

Plusieurs premières

S’étant initiée au soccer à Cap-Rouge, Lisa s’est imposée. Elle a rapidement quitté les circuits régionaux pour se retrouver avec le Dynamo avec qui elle a gagné l’argent au national de 1995 avant de décrocher une autre médaille d’argent avec l’équipe du Québec aux Jeux du Canada de 1997. Elle a ensuite joint les rangs du Rouge et Or et a été élue recrue de l’année au Canada en 1998. Capitaine de l’équipe en 2002, elle a été l’une de celles qui ont mené l’équipe à la conquête d’une première médaille au championnat canadien, le bronze. Sa carrière universitaire terminée, elle a joué pour le Canada aux Universiades de 2003 en Corée du Sud. «Une super belle expérience. Ç’a été comme le couronnement de ma carrière de haut niveau.»

Ayant fait son entrée sur le marché du travail après avoir terminé ses études en communication-rédaction professionnelle, Lisa n’a pas renoncé au soccer. Elle a évolué dans des ligues organisées et joué au soccer mixte. En compagnie d’anciennes du Rouge et Or et du Dynamo, elle s’est ensuite retrouvée en 2013 avec le Phénix des Rivières afin de participer au championnat canadien O-35 disputé à Québec, puis à Calgary l’année suivante. Une blessure au genou l’a cependant obligée de mettre fin à sa carrière en 2015. «C’était vraiment la fin, il n’y avait plus de retour possible.

«Ç’a été dur d’arrêter. Surtout que ma blessure me limite dans les sports que je peux pratiquer. Et comme je n’ai pas trouvé de substitut, je l’ai toujours un peu sur le cœur. Il y a plein d’autres choses qui meublent ma vie, mais le thrill de l’esprit de gang et de la compétition pure, je ne l’ai plus.»

En rétrospective, Lisa est consciente qu’à travers sa carrière, elle a écrit la petite histoire du soccer féminin dans la région de Québec et a contribué à ses premiers grands succès. Pour elle cependant, ce ne sont pas ses performances qui ont de l’importance, mais le vaste héritage, les acquis que toutes ses années de soccer lui ont laissé. Elle est maintenant tournée vers l’avenir et sur tous ses projets qu’elle mène en parallèle, soit sa carrière de pigiste en édition, en communication, en traduction, en évènementiel et son autre en musique.

«J’aime pouvoir jongler avec mes différents intérêts. Je ne rêve donc pas de vivre uniquement de la musique. Mon but, c’est de réussir à construire un bel équilibre entre les différents aspects de ma vie et les choses qui m’intéressent.... et de me laisser surprendre aussi. Car je reste ouverte à ce que la vie me proposera.»

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René Fortin: donner l’étincelle

René Fortin le reconnaît sans broncher. Il n’est pas allé au bout de son rêve dans sa carrière de cycliste. De retour à Québec après avoir passé quelques années à Montréal pour des raisons professionnelles, il s’est demandé de quelle manière il pourrait s’impliquer dans le vélo afin d’encourager les jeunes coureurs à vivre leur passion au maximum. Après avoir évalué quelques options, il a fondé le Club cycliste de Lévis en 2009.

«Je l’ai fait pour redonner», explique l’ex-coureur. «Avec le travail, j’avais développé un talent de communicateur. Et les gens que je rencontrais à ma boutique de vélo me répétaient sans cesse : ‘’René quand tu parles de vélo, c’est incroyable, tes yeux pétillent’’. Je me suis dit que cette étincelle, je pourrais la donner à des jeunes que je pourrais influencer et aider. Et j’ai mis sur pied le Club de Lévis. 

«On profite aujourd’hui de moyens très intéressants pour faire de l’initiation et du développement et pour former des candidats à l’excellence. C’est merveilleux de voir performer des jeunes comme Anne Genest, qui est allée au Jeux du Commonwealth où elle a fini quatrième au sprint, et Pier-André Côté, un des premiers coureurs que l’on a recrutés, qui est champion canadien du critérium et qui court dans l’équipe Silber Pro Cycling. Mais au-delà de l’excellence, on créé de bons citoyens, des gens avec des valeurs qu’ils auront toute leur vie.»

S’il devenait indépendant de fortune et qu’il n’avait plus besoin de gagner sa vie, Fortin fonderait son équipe pro. «J’irais me chercher des coureurs et on s’amuserait.»

Carrière brève, mais marquante

La carrière de Fortin fut brève, mais marquante. S’étant initié au cyclisme après avoir assisté à une course organisée par Jean-Yves Labonté à Loretteville, l’ex-cycliste s’est d’abord imposé en 1986 au Championnat canadien junior avec une quatrième place. «Si la course avait été plus longue, je pense que j’aurais pu faire un podium», confie-t-il.

Talentueux et passionné, Fortin a convaincu ses parents de le laisser aller courir en France au printemps de 1989. Il s’est cependant dit que s’il ne pas à rivaliser avec les meilleurs, il mettrait ses énergies ailleurs que dans le vélo. «Mes chances de succès étaient minces. Et j’ai eu des performances décevantes. C’était donc clair qu’à l’automne suivant, j’entrais à l’université.»

Fortin termina la campagne 1989 en force en gagnant une médaille d’or au Jeux du Canada. L’année suivante avec l’équipe Varisco, il a aligné les victoires, il a aidé l’équipe canadienne à mériter le bronze au contre-la-montre par équipe du Championnat canadien et à l’automne 1990, il avait été invité par Martin Barras à prendre part au camp de sélection pour l’équipe canadienne qui irait aux Jeux du Commonwealth. Mais il refusa parce qu’il aurait été obligé de mettre ses études sur la glace afin d’aller s’entraîner en Californie. «J’ai dit à Martin : je ne suis plus là, je suis rendu un gars sérieux, je m’en vais à l’école. Je n’aurais pas dû faire ça.

«Je viens d’une famille d’universitaires ou dans la vie, il fallait faire quelque chose de sérieux. Et le vélo ne l’était pas pour eux. Je n’en veux pas à mes parents d’avoir tout mis en œuvre pour que je poursuive des études universitaires. Mais si je pouvais parler au petit René de l’époque, je lui dirais d’avoir le courage d’affronter ses parents un peu plus afin de défendre ses passions.»

Fortin avait 23 ans quand il a pris sa retraite. Parce qu’il s’entraînait moins, ses performances ont commencé à décliner à compter de 1991. «En 1992, c’était dur de me motiver. Mentalement, je n’étais plus là. Et je commençais à abandonner les courses. J’ai pris ma retraite en 1992 et j’ai vécu des moments difficiles jusqu’en 1996, le moment où le processus de guérison et d’acceptation s’est finalement fait.»

Étudiant pour devenir ingénieur en géologie, Fortin n’a jamais travaillé dans son champ d’expertise. C’est en informatique qu’il a trouvé sa voie après avoir décroché un stage au Bureau de recherche géologique de France. Par la suite, ses talents de communicateur, de rassembleur et son leadership lui ont permis de devenir conseiller municipal dans l’équipe du maire Gilles Lehouillier, à Lévis, en 2013. Il ne s’est cependant pas représenté aux élections de 2017. Il a aussi vendu son commerce. «J’en avais trop pris. J’étais fatigué. Mon emploi de gestionnaire de projet en TI, le club cycliste et ma famille, c’est suffisant pour le moment.»

Fier de son parcours sportif et professionnel, Fortin se dit heureux d’avoir pu faire autant de choses dans la vie. Et même s’il approche la cinquantaine, il roule toujours. «Je suis quand même assez fort. J’ai un bon moteur et je l’ai bien entretenu. Mais je n’aime plus souffrir. Et je ne suis pas nostalgique du vélo. Il m’est arrivé, à cause d’obligations professionnelles, d’être trois semaines sans faire de vélo. Et ça ne m’a pas manqué. Sauf qu’en revenant à la maison après avoir finalement pu rouler, je me demande toujours comment j’ai pu faire pour me passer de ça aussi longtemps.»

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La personnalité cachée d'Yves Martineau

Du temps où il était lanceur partant dans le baseball affilié ou qu’il jouait le rôle de releveur avec les Capitales, Yves Martineau n’avait qu’un seul objectif : ne rien donner à ses adversaires. Obligé de prendre sa retraite en 2000 à cause d’une blessure, il s’est depuis découvert dans son travail d’assistant-technique en hémodialyse une personnalité qui est toute autre.

«Je suis un gars généreux», avoue l’ex-joueur de baseball qui travaille à l’hôpital Le Gardeur. «Avec les patients, c’est inné. J’aime donner et faire plaisir aux gens parce que j’aime que le monde autour de moi soit heureux. Je pense que cette facette de ma personnalité était cachée en moi et que c’est mon travail à l’hôpital qui m’a permis de la faire ressortir.»

C’est toute l’attitude du Mont­réalais qui a changé. Autant il était froid quand il avait un uniforme de baseball sur le dos, autant aujourd’hui, il est souriant et il dégage une bonne humeur contagieuse. «Beaucoup de gens me disaient que j’avais l’air bête lorsque j’étais sur le terrain. C’est parce que j’étais là pour faire ma job. J’étais concentré. Je jouais au baseball pour gagner, pas pour m’amuser.»

À la recherche de moyens afin de distraire les patients pendant leur dialyse, Martineau a eu l’idée d’inviter le groupe 2Frères à donner une prestation sur son unité. Il a répété son initiative avec Patrick Normand, Étienne Drapeau, Guylaine Tanguay, Christian-Marc Gendron et Manon Séguin. «Marc Déry viendra bientôt chanter et je travaille pour avoir Ginette Reno. C’est en relevant des défis comme ceux-là que je retrouve un peu l’adrénaline que j’avais quand je jouais au baseball.»

Heureux dans son travail, Martineau rappelle que les lendemains de sa retraite n’avaient pas été faciles. «À l’époque, ma conjointe et moi avions un garçon de deux ans. Il fallait que je me trouve un travail rapidement. Et j’avais juste un secondaire cinq. J’ai été chanceux. J’ai trouvé un travail dans l’entretien ménager à l’hôpital Le Gardeur. Mais j’aimais trop aider les patients. C’est ce qui m’a incité à prendre un cours de préposé. J’ai travaillé en psychiatrie avant d’aller en dialyse.»

Même s’il gagnait sa vie honorablement, Martineau a dû faire face au jugement et aux préjugés de certains à ses débuts dans sa nouvelle carrière. Comme la fois où une personne l’avait reconnue alors qu’il lavait le plancher de l’urgence. «Elle m’a demandé pourquoi je passais la moppe. Et quand je lui ai répondu que c’était mon travail, elle m’a lancé : “Mais tu n’étais pas un joueur de baseball toi?” À ce moment-là, mon estime en a pris un coup.»

Repêché par les Braves

Sélectionné en 50e ronde par Atlanta lors du repêchage de 1991, Martineau avait 19 ans quand il a pris la direction des États-Unis. Il a passé trois saisons dans l’organisation des Braves. Libéré, il a ensuite lancé deux saisons pour Corpus Christi de la Ligue Texas-Louisiane, dans le baseball indépendant. Il a par la suite pris sa retraite.

Martineau jouait au baseball senior depuis trois ans quand l’occasion d’évoluer pour les Capitales s’est présentée. Membre d’une équipe qui devait affronter la formation québécoise lors d’un match hors-concours, il a attiré l’attention de Michel Laplante. «Je vais toujours me souvenir quand j’ai traversé le tunnel pour me rendre sur le terrain du Stade municipal. Je me suis dit que j’allais rejouer ici. C’est par la suite que les Capitales m’ont offert un contrat.

«En évoluant à Québec, je n’aurais pas pu avoir une plus belle fin de carrière. Mon père, qui ne m’avait jamais vu jouer chez les pros, a passé son été au stade. C’était mon héros... et un passionné de baseball. Il a capoté. Ç’a été son plus bel été, je pense. Ma conjointe avec mon petit garçon et les membres de ma famille sont aussi venus me voir. Mes deux années à Québec ont été mes plus belles années dans le baseball.»

L’ex-baseballeur dit qu’il est fier de sa carrière. Mais même s’il ne vit pas dans le passé, il ressent toujours une certaine déception de ne pas avoir réussi à aller plus loin, de ne pas avoir réalisé son rêve et de s’être retrouvé à 29 ans avec juste un secondaire cinq. «J’imagine que pour mon chum Dominic Therrien, qui avait toujours des clauses d’études payées dans ses contrats et qui est aujourd’hui avocat, la déception est moins grande. Si c’était à recommencer, je referais peut-être les choses autrement au niveau de mes études.

«Je garde cependant de beaux souvenirs de ma carrière. Elle m’a permis d’apprendre l’anglais, de voyager partout aux États-Unis, au Mexique et en France, de me faire plein d’amis et de côtoyer de grands athlètes comme Greg Maddux, Tom Glavine, Steve Avery et Deion Sanders. Le baseball m’a aussi permis de sortir de ma coquille. J’étais un petit gars gêné. Mais le fait de performer m’a permis de prendre de l’assurance.»

Dix-huit ans après avoir arrêté de jouer, Martineau demeure passionné de baseball. «Tu ne peux pas mettre de côté une passion aussi forte. À 72 ans, mon père se lançait encore la balle avec moi. Et je ferai probablement comme lui.»

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Jean-Frédéric Tremblay: une empathie récurrente

Même s’il ne connaît pas personnellement les joueurs du Rouge et Or admissibles au repêchage 2018 de la Ligue canadienne de football, Jean-Frédéric Tremblay aura une petite pensée pour eux, jeudi. «Quand le repêchage arrive, je me mets un peu à la place des gars», explique l’ancien receveur de passes, premier choix des Argonauts de Toronto (septième au total) en 2004. «Ils devraient vivre des émotions semblables à celles que j’ai vécues.

«Leur situation est cependant différente. Dans mon temps, on n’avait presque pas de contacts avec les recruteurs. Aujourd’hui, les gars sont suivis à l’année et ils connaissent les équipes qui s’intéressent à eux. Quand j’avais choisi Laval, c’était pour me développer, mais surtout pour contribuer aux succès de l’équipe. Dans ma tête, le football, c’était fini après. Comme Laval a acquis une solide réputation au niveau du développement des joueurs, bien des gars viennent à l’UL pour la manière dont ils seront préparés pour un ‘‘après’’ possible. Mais même si j’avais hâte et que j’étais anxieux, je n’avais aucune pression. Il n’y a pas grand monde qui me parlait du repêchage. Ça n’a rien à voir avec ce que les gars vivent maintenant.»

L’athlète originaire de Boischatel n’a pas oublié sa journée de repêchage. Réunis dans le bureau des entraîneurs, les joueurs du R et O l’avaient suivie sur le Web. «Il y avait tellement de monde que je ne voyais pas l’ordi. Justin Ethier rafraîchissait l’écran. Les trois premiers choix avaient été dévoilés assez rapidement, mais par la suite, il avait fallu attendre plusieurs minutes avant de voir de nouveaux noms s’ajouter. Cinq étaient apparus et Justin avait crié : “Jean-Fred, Toronto”. Je lui avais demandé s’il était certain, si son ordi fonctionnait bien.»

Tremblay n’avait pas d’attente lors du repêchage. Quand il avait commencé à jouer au football au Petit Séminaire de Québec, sa seule ambition était d’accéder au collégial AAA. Par la suite, alors qu’il évoluait au Collège André-Grasset, il souhaitait disputer un match universitaire. C’est après avoir atteint cet objectif qu’il a pensé aux pros.

«Être repêché en première ronde, c’est bien. Mais ce qui compte, c’est la finalité. J’ai vu des gars choisis en sixième ronde avoir des carrières extraordinaires, meilleures que la mienne.»

Après trois fois

Tremblay n’a joué que deux saisons avec les Argos. Aux prises avec une blessure récurrente à l’ischio-­jambier, il a renoncé deux fois à sa carrière avant de la reprendre. La troisième fois, il est retourné à Québec pour de bon.

«Les deux premières fois, je m’étais dit que ça ne pouvait pas finir comme ça. Mais la troisième, j’ai pensé que, même si c’était plate, c’est comme ça que ça finirait. C’était la bonne chose à faire. Outre mon problème d’ischio, j’avais subi une solide commotion cérébrale. Moi qui suis ennuyeux, je ne voyais pas souvent la femme de ma vie qui faisait carrière à Québec. Le salaire n’était pas faramineux et j’avais des maisons à payer à Québec et à Toronto. Le football professionnel n’était pas nécessairement un rêve de vie pour moi. Et j’étais heureux de mon parcours, j’avais vécu plein de choses positives et fait plein de rencontres extraordinaires.»

Tremblay indique que sa conquête de la Coupe Grey n’avait pas pesé très lourd dans la balance. Bien que fier de cet accomplissement, il n’avait jamais espéré la remporter. En comparaison, il avait caressé l’objectif de gagner la Coupe Vanier dès son arrivée à Laval. Et aujourd’hui, des deux bagues qu’il possède, celle qui a la plus grande valeur émotionnelle est celle qui a le moins de valeur monétaire. «Avant d’arriver avec le Rouge et Or, j’avais toujours été dans des programmes perdants. Je voulais changer ça. Quand j’ai gagné la Coupe Vanier, je me suis dit : “Je peux quasiment mourir en paix”.»

Coupure facile

De retour dans la vie «normale», l’ex-numéro 88 n’a jamais regretté sa décision. Et il a complètement tourné la page sur le football. «Je pense que je ne serais même pas capable de nommer 10 joueurs de la NFL. Peut-être que tout ce qui m’est arrivé m’a permis de faire une coupure ultra-facile.»

Détenteur d’un bac en administration, Tremblay a travaillé une douzaine d’années chez SSQ. D’abord comme analyste d’affaires, puis comme chargé de projets. Ayant démissionné pour passer du temps en famille, il a été approché par l’ex-Rouge et Or Martin Bédard, qui l’a convaincu d’aller travailler avec lui chez La Capitale. «C’est un super beau défi. Je n’ai jamais joué avec Martin, mais on a vécu les mêmes choses. Et comme gestionnaire, il a les mêmes valeurs que moi. On se comprend très bien.»

Très actif physiquement, Tremblay a toujours le même besoin intense de se surpasser. Que ce soit en triathlon, en crossfit ou en canot à glace. «Il n’y a rien qui me donne plus de satisfaction que de faire une heure ou deux de sport et de finir complètement brûlé. C’est un besoin physique. Tant que mes jambes vont me permettre de faire du sport, je vais en faire. Quand elles ne me le permettront plus, je vais être malheureux.»

Sports, etc

Valérie Welsh: d’un rêve à l’autre

Tout au long de son adolescence, Valérie Welsh a caressé deux grands rêves. Nageuse synchronisée, elle ambitionnait de prendre part aux Jeux olympiques. Passionnée des animaux, elle se voyait aussi pratiquer la profession de vétérinaire. Après avoir réalisé son premier rêve en 2012, elle a fait de même pour le second en 2017 quand elle a gradué de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe.

«Les animaux, c’est ma passion depuis que je suis toute petite, bien avant que j’aie commencé à nager», explique Dre Welsh qui pratique pour le Groupe vétérinaire Vetcom. 

«La plus belle récompense que mes parents pouvaient me faire, c’était de m’emmener à l’animalerie pour me montrer les chiens. Et dans mes cahiers au primaire, je faisais des dessins sur lesquels j’inscrivais : ‘’Plus tard, je serai vétérinaire’’. Au secondaire, j’ai développé une passion pour la médecine. Alors, je ne pouvais pas faire autrement que de combiner les deux», mentionne Valérie qui possède trois chats en plus d’héberger un chien qu’elle soigne.

La Lévisienne dit que son rêve d’aller aux JO était né plus tard que chez la moyenne des nageuses parce qu’elle n’était jamais la meilleure de son club. «J’étais une fille d’équipe qui travaillait fort. C’est quand j’ai commencé à obtenir des top 20 que j’ai pensé que ça serait peut-être possible d’aller sur les équipes nationales. Mon travail acharné et ma persévérance m’ont menée jusque-là. Mais c’est mon équipe qui m’a permis d’avancer comme athlète, de m’améliorer et de me rendre jusqu’aux JO.»

C’est à Londres que Valérie a pu vivre son rêve olympique. Des Jeux où l’équipe nationale a raté le podium de peu en finissant quatrième à quelques points des médaillées de bronze. «Les filles et moi, on était toutes sur la même longueur d’onde à la suite de notre performance. Il n’y a jamais eu une once de déception au sein de l’équipe. On s’était entrainées, au max de notre forme et on ne pouvait pas faire plus. Quand tu as tout donné, tu ne peux pas être déçue. La déception de cette quatrième place, je ne l’ai jamais ressentie. Par contre, je la vis depuis. Chaque fois que je mentionne que je suis arrivée quatrième, j’entends souvent : “Ah quatrième!”. Heureusement, ça ne m’affecte pas.

«Pour moi, ce n’est pas le résultat qui compte, c’est le parcours. Et ce dont je suis la plus fière, c’est la persévérance que j’ai démontrée. Les situations difficiles que j’ai vécues m’ont permis de maturer en tant que femme en général et ont forgé mon caractère.»

La retraite

Valérie a pris sa retraite dans les semaines qui ont suivi les Jeux et c’est sans difficulté qu’elle a tourné la page sur sa carrière. «Les deux premières années, j’ai vu ça un peu comme des vacances. C’est par la suite que le déclic s’est fait. Je n’étais plus Valérie la nageuse. J’étais entraîneure à Saint-Hyacinthe, mais être coach, ce n’est pas comme nager. C’est ce qui m’a incité à former une petite équipe avec d’anciennes coéquipières et on a participé aux Championnats du monde des maîtres, à Montréal. Retourner dans l’eau, recommencer à nager, avoir des entraînements pour le plaisir, ça m’a aidée à passer au travers.

«Aujourd’hui, je suis retournée avec Jojo (Carrier) au club Québec excellence synchro. Les filles avec qui je nage sont toutes de très haut niveau. Et notre coach est Marie-Hélène Morneau, notre entraîneure du temps. Elle connaît notre niveau. Et elle est capable de nous challenger. On a toujours le goût de performer à la hauteur de nos capacités. L’année prochaine, on aimerait prendre part à des compétitions.»

La Dre Welsh dit n’avoir aucun regret sur sa carrière. Pendant ses études, il lui est arrivé de s’ennuyer de l’esprit d’équipe qu’elle chérissait au sein de la formation nationale, mais elle l’a depuis retrouvé dans son job de vétérinaire. En fait, elle ne se pose parfois qu’une seule question. Aurait-elle dû faire quatre ans de plus en synchro? «Je pense que j’aurais eu la passion et que mon corps aurait été capable de le faire. Mais à l’époque, j’ai dû choisir. Et ce n’est pas un regret parce qu’aujourd’hui, je pratique la profession de mes rêves.»

Passionnée par son travail, l’ex-porte-couleurs de l’équipe nationale ne cache pas que celui-ci est parfois difficile. D’abord parce que ses patients ne peuvent pas lui dire où ils ont mal et comment ils se sentent. Mais aussi parce que les gens ignorent comment les soins médicaux peuvent être dispendieux.

«On nous demande souvent de faire de la médecine avec des budgets limités. Mais on ne peut pas poser un diagnostic efficace avec une simple prise de sang. On n’aime pas voir les animaux souffrir et on sait comment les gens qui viennent nous voir les aiment. Quand ils n’ont pas les moyens de les faire soigner, c’est déchirant. Il arrive que l’on ressorte de la salle d’examen les larmes aux yeux. On est souvent très affectés parce que l’on n’a pas été formés pour gérer la tristesse des gens. Mais c’est aussi la beauté des gens de notre profession. On demeure toujours empathiques et passionnés.»

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Sports, etc

Caroline Thorn: sortir de sa coquille

Le jour où elle a accroché sa raquette pour tourner la page sur sa carrière en badminton, Caroline Thorn n’a jamais regardé en arrière. Consciente que sa «nouvelle» vie allait être différente de celle qu’elle avait vécue jusque-là, elle ne se doutait pas que ce changement de cap allait provoquer une transformation majeure de sa personnalité.

«C’est comme si j’avais commencé une nouvelle vie», explique l’ex-athlète ayant pris sa retraite au début de la vingtaine. «Faire du social, rencontrer des gens de mon âge qui vivaient pleins de trucs, ça m’a changée et m’a donné comme un envol vers autre chose. Moi qui étais tellement introvertie, j’ai commencé à sortir de ma coquille.»

L’ex-joueuse avoue que toutes les années passées dans le sport avaient probablement été le prélude à son changement de personnalité. «Le sport, ça te sort de tes pantoufles. Tu es constamment challengée. Je me rappelle les partys plus guindés des championnats canadiens. Quand j’arrivais là, je me sentais mal à l’aise au point de vouloir m’en aller. Mais il fallait que je reste.»

C’est après avoir raté sa qualification pour les Jeux de Barcelone que Caroline a amorcé la réflexion qui allait la convaincre de se retirer. Consciente qu’elle avait encore plusieurs bonnes années devant elle, l’ex-joueuse a réalisé que son désir de gagner n’était plus là. «Je n’étais pas celle qui s’entraînait le plus. J’étais plus le genre à me fier à mon talent pour demeurer à mon niveau. J’ai réalisé que ce que j’aimais, c’était jouer et que j’avais peut-être un peu de difficulté à gérer la pression.»

La Québécoise a aussi ressenti le besoin de retrouver un certain équilibre. Se demandant quelle tangente prendrait sa vie après le badminton, elle a senti l’urgence de préparer son avenir. Après s’être demandé dans quel domaine elle aimerait retourner étudier, elle a choisi une technique en géomatique, une spécialité dans laquelle étudiait un de ses coéquipiers de l’équipe nationale.

La transition de Caroline entre sa carrière d’athlète et sa nouvelle vie s’est faite sans heurts. D’abord parce que toutes les amies avec qui elle avait évolué avaient déjà mis fin à leur carrière. «Et puis parce que j’ai commencé ma technique et que rapidement, j’ai travaillé. J’ai connu plein de gens avec qui j’ai pu pratiquer socialement plein de sports et faire plaisir à mon côté musical en assistant à plein de spectacles. Je ne me suis donc pas du tout ennuyée du badminton. Je n’y au fait jamais rejoué sauf occasionnellement pour le fun avec mon garçon de 12 ans.»

François-Bourrin

Caroline s’était initiée au badminton alors qu’elle était en secondaire un à François-Bourrin. Elle y a d’abord joué sur l’heure du dîner. Rapidement, l’équipe de son école l’a remarquée et recrutée. «J’avais joué au baseball. Je lançais bien. Et on retrouve le même mouvement en badminton. Mon évolution a été rapide. Alors que j’étais en secondaire trois, à seulement 14 ans, j’ai gagné mon premier championnat canadien (juvénile). J’ai fait la même chose au niveau junior.»

Après s’être entraînée au PEPS en compagnie des meilleurs athlètes de la région, Caroline s’est expatriée à Calgary afin de rejoindre l’équipe nationale et augmenter ses chances de prendre part aux Jeux olympiques. On connaît la suite...

«Je n’ai jamais eu de regret d’avoir mis le badminton de côté ou de ne pas être allée aux Jeux. J’ai donné ce que j’avais à donner et j’ai fait ce qu’il fallait faire. Mes regrets, ils sont peut-être au niveau de ma personnalité. Ç’a fait en sorte que je n’ai jamais gardé contact avec les personnes que j’ai côtoyées dans les autres pays. Ça aurait peut-être été le fun si je l’avais fait. Mais je ne peux pas changer le passé.»

Aujourd’hui spécialiste dans la gestion spatiale des éléments du territoire (géomatique), Caroline travaille dans le secteur des mines pour le gouvernement. En charge d’une petite équipe, son expérience sportive lui sert quotidiennement. Mais si quand elle amorce un projet, c’est avec le désir de bien le faire et de donner son 100 %, elle n’a plus le besoin de la performance à tout prix.

«Je veux bien performer tout en me respectant et en respectant les autres. C’est comme ça dans mon travail, mais aussi dans le sport où je n’ai plus rien à prouver. Maintenant, c’est le plaisir qui compte. Faire un 5 km de course pour prouver que je peux le faire, ça ne me tente pas.»

En ce qui a trait au badminton, Caroline demeure sur ses positions. Elle ne ressent pas le goût d’y rejouer. D’abord parce qu’elle n’est pas assez en forme pour évoluer au niveau où elle était. Mais aussi parce qu’après s’être blessée au tendon d’Achille, elle ne peut plus pratiquer certaines activités. Mais a-t-elle définitivement fermé la porte au badminton au point de ne pas faire profiter aux plus jeunes de son expérience?

«Si l’opportunité se présentait et si ça entrait dans mon horaire, je ne dirais peut-être pas non.. Il faudrait cependant que je me remette à jour dans les règlements et tout ça. Mais pour le moment, ma priorité, c’est ma famille. On verra donc.»

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Sports, etc

Évelyne Giroux: «C’est toi qui faisais de l’escrime?»

Même si elle a fait partie de l’équipe canadienne et qu’elle a passé une dizaine d’années à compétitionner un peu partout dans le monde, Évelyne Giroux demeure plutôt discrète sur son passé en escrime. Mais les gens ne l’ont pas oubliée. Plus de 20 ans après sa retraite, des inconnus l’abordent encore en lui disant : «C’est toi, Évelyne Giroux qui faisait de l’escrime?»

«Ça me surprend toujours un peu parce que je ne considère pas que je me suis rendue bien bien loin, lance l’ex-épéiste. À chaque fois, ça me fait un petit velours, mais je ne m’habitue pas. Même que ça me gêne un peu. Ça ne me dérange pas de parler d’escrime, mais je n’aime pas mettre ça à l’avant-plan. Et je me demande toujours comment ils ont entendu parler de moi, l’escrime n’étant pas un sport très connu et très suivi.»

Le même scénario s’est produit lorsqu’elle a commencé à travailler chez Louis Garneau Sports inc. Le grand patron de l’entreprise a tout de suite fait référence à son passé d’athlète quand il l’a rencontrée la première fois. Et depuis, elle est pour tous les employés «Évelyne l’escrimeuse». Un surnom qui a dépassé les murs de l’entreprise de Saint-Augustin.

Chez Louis Garneau, Évelyne est superviseure de l’équipe nationale des commandes personnalisées en plus d’être responsable du territoire ontarien. Elle travaille avec des équipes de cyclisme ou de triathlon, par exemple, qui choisissent l’entreprise québécoise pour confectionner leurs vêtements. Son travail commence avec les soumissions, suit ensuite le design avec l’équipe de graphistes et se termine avec la confection des vêtements et leur livraison. «Mon passé d’athlète me sert bien. Je suis peut-être plus en mesure de comprendre certains besoins de mes clients.»

Un bel accident

C’est un peu par accident qu’Évelyne s’était initiée à l’escrime vers l’âge de neuf ans. Elle avait suivi les traces son frère Gabriel au club Estoc qui, mordu des aventures des Trois mousquetaires à la télé, avait voulu pratiquer ce sport. «Je pense qu’à l’époque, ça faisait l’affaire de mes parents que l’on pratique la même activité. Mais les choses ont déboulé. J’ai pris part à de petites compétitions et j’ai gagné des médailles. C’était le fun. Ça m’a motivée à l’entraînement. Et plus je m’entraînais, plus je progressais. C’est comme ça que j’ai fait ma place au niveau provincial puis national et sur l’équipe canadienne.

«S’il n’y avait pas eu l’escrime, je ne sais pas si je me serais investie à fond dans un autre sport. À l’école, je jouais au basket. J’aimais ça, mais il n’y avait pas en moi un besoin ancré de faire du sport. Comme mon père, j’avais un côté plus artistique. Et pour moi, ce qui importait, c’était d’avoir de bonnes notes. Ce qui m’a accrochée en escrime, c’est que même si c’est un sport individuel, tu te retrouves quand même au sein d’une équipe où il y a une vie sociale riche et intense.»

Évelyne fleuretait avec la vingtaine quand elle a pris sa retraite. Plusieurs facteurs avaient peu à peu éteint la flamme qui l’animait. Un peu moins motivée à s’entraîner, elle a vu ses performances en subir les contrecoups. Elle a aussi commencé à ressentir le besoin de mener une vie plus «normale». Finalement, ses saisons au sein de l’équipe nationale lui coûtaient de plus en plus cher (entre 20 000 et 25 000 $), les commanditaires ne se bousculaient pas et pour grimper au classement mondial, elle aurait dû prendre part à plus de compétitions en Europe.

«Je me suis remise en question. Je rêvais d’aller aux Jeux olympiques, mais je n’avais pas nécessairement l’argent pour le faire. Et j’avais le goût d’avoir un chum, une gang d’amis à Québec, mais surtout, je voulais me consacrer à mes études et obtenir un diplôme qui me permettrait d’avoir un emploi stable.»

En paix avec sa décision, Évelyne a profité de sa nouvelle vie pour reprendre le temps qu’elle avait perdu, par exemple, en relaxant au chalet familial au lac Saint-Joseph. «J’étais contente de faire autre chose. J’étais peut-être rendue là.» Elle s’est aussi demandé quelle tangente donner à sa carrière professionnelle. Après une session en sociologie à l’université, elle a réorienté ses études en tourisme puis travaillé pour l’agence de voyage virtuelle du CAA-Québec. Son parcours l’a ensuite menée à Gatineau puis chez Louis Garneau Sports où elle a été engagée il y a maintenant 14 ans.

Maman de deux jeunes garçons, Évelyne dit garder de sa carrière de beaux souvenirs et de belles rencontres et de belles amitiés. «L’escrime m’a aussi permis de développer mon côté performante et perfectionniste qui me sert dans tout ce que je fais. Je n’ai cependant plus besoin de me donner à 100 % dans le sport. C’est maintenant dans ma vie familiale et au travail que je le fais.»

Évelyne dit que l’escrime ne lui a jamais manqué. Mais elle s’est demandé si elle pourrait en faire sur une base récréative pour garder la forme. Même son cœur lui a dit oui, elle a dû y renoncer à cause de ses obligations familiales. «Mais peut-être que dans une couple d’années, j’y reviendrai. On verra.»

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