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Jean-Philippe Goyette: mettre la pédale douce

Jean-Philippe Goyette a longtemps pensé qu’il pourrait faire du badminton de compétition presque toute sa vie. Mais il y a trois ans au championnat provincial, une douleur à une hanche l’a incité à consulter. Le diagnostic a été cruel. Il ne lui restait que 40 % de sa hanche blessée et il devait mettre la pédale douce dans la pratique de son sport.

«Ce fut un choc, lance l’athlète qui s’est notamment signalé avec le Rouge et Or. Je voyais mes chums arrêter parce qu’ils avaient mal à une épaule ou à un coude et moi à 42 ans, à part de petites douleurs, je n’avais rien. Je pensais pouvoir jouer au moins jusqu’à 60 ans au championnat provincial. Et il y a eu cette histoire de hanche. Je ne pouvais plus pratiquer mon sport à un haut niveau et je perdais mon outil pour relaxer et me changer les idées.» 

«Ça été difficile et ça l’est encore. Mais je garde espoir. J’ai entendu dire qu’il existait des chirurgies pouvant régler mon problème. Mon but est d’étirer le temps afin de laisser les spécialistes trouver des solutions. Et je verrai... Mais si on peut permettre à mon body de recommencer à jouer au badminton comme avant et pendant longtemps, pourquoi pas.»

Goyette a connu une carrière fructueuse. Gagnant de plusieurs titres provinciaux, il a aussi tiré son épingle du jeu au niveau national où il a gagné deux championnats en plus de jouer sur l’équipe nationale. Il a pris part à de prestigieux tournois en Europe comme le All England et remporté quelques titres. Un cv qui lui a ouvert les portes du Temple de la renommée du badminton québécois en 2017.

«C’est incroyable comment j’ai été chanceux. D’avoir eu les parents que j’ai eus. Pour eux, il n’y a rien qui n’était pas permis en badminton. Du moment que je scorais dans mes études. Ils m’ont facilité la vie. Mais aussi d’avoir pu compter sur des entraîneurs de qualité. Jean-Claude Laprise puis quand je suis devenu un adolescent un peu plus rebelle, Pierre Olivier qui m’a emmené à travailler ma condition physique, et Marie-Claude Lachance qui m’a donné de la corde quand c’était le temps et qui l’a serrée en d’autres occasions. Si ce monde-là n’avait pas été là, peut-être que je ne jouerais plus au badminton. Parce qu’en trois occasions, j’ai failli arrêter. Et il y a eu quelqu’un pour me ramener.»

Revenant sur ses succès, Goyette est d’avis qu’il avait toujours eu une bonne tête de badminton. Malgré son talent, sa rapidité et une bonne puissance, il n’était pas le plus grand, ce qui le pénalisait quand venait le temps d’aller chercher certains coups. Il se cassait donc la tête pour trouver des moyens de gagner, lui qui haïssait perdre. 

Études en pharmacie

Malgré une carrière bien remplie, Goyette s’est toujours fait un devoir de demeurer sur les bancs d’école où il a étudié pour devenir pharmacien. «J’ai choisi un bac où il y avait beaucoup de connaissances qui étaient dans les livres. Quand je partais en voyage, j’apportais mes livres. Tout ce que j’avais à faire, c’était de mettre le temps nécessaire pour étudier et d’être discipliné, même si des fois, c’était moins facile.»

Ses études terminées, le Québécois a mis toutes ses énergies sur le badminton. Ambitionnant de prendre part aux JO de Sydney, il a été ignoré pour les épreuves de qualification, l’entraîneur de l’équipe nationale lui disant qu’il serait à son meilleur lors des Jeux suivants. 

«Il n’était pas question que je mette ma carrière de pharmacien en veilleuse pendant quatre ans. J’ai un peu claqué la porte de l’équipe. Regrettant la manière dont ça c’était fini, j’ai recommencé à jouer, quatre ans plus tard, avec Philippe Bourret lors des championnats canadiens et quelques tournois internationaux. On a joué ensemble pendant deux ans.»

«Même si la manière dont ma carrière avec l’équipe nationale s’est terminée est un peu plate, je suis convaincu que j’aurais regretté d’avoir attendu quatre ans avant de commencer ma carrière de pharmacien.»

Goyette était propriétaire de deux pharmacies quand il a tout vendu pour se concentrer sur sa famille quand ses enfants sont venus au monde. Maintenant âgé de 45 ans, il se dit à la croisée des chemins. «Si jamais j’avais le désir de relever un défi au niveau professionnel, ça serait le temps d’embarquer.»

Membre du conseil d’administration de l’équipe de badminton du Rouge et Or depuis huit ans, Goyette est aussi coach au civil et il s’est impliqué dans l’organisation des championnats canadiens des maîtres Yonex présentés au PEPS (28 avril au 3 mai) qui réuniront des athlètes de plusieurs pays dont Nick Pounting et Rebecca Pantenay. Faisant-fi des recommandations de son médecin, il jouera en simple, en double et en mixte avec Jody Patrick. L’objectif sera toujours le même. Gagner.

«La fameuse défaite qui ne se digère pas, ça ne s’améliore pas en vieillissant. Mais je suis capable de mettre les choses en perspective. Ce que je hais, c’est d’échapper des matchs serrés. La rivalité est toujours aussi forte sur le terrain. Mais à l’extérieur, on va avoir beaucoup de plaisir lors des activités au programme.»

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Marcel Cousineau: réaliser sa chance

Même s’il a passé neuf saisons à jouer au hockey professionnel en sol nord-américain, Marcel Cousineau n’a jamais réussi à percer l’alignement d’une équipe de la LNH où sa carrière s’est limitée à 26 matchs. Sa déception d’être passé si près de son rêve l’a parfois poussé à ne pas toujours réaliser ce qu’il avait accompli et à minimiser ses exploits. Une mauvaise habitude qu’il a aujourd’hui perdue.

«C’est certain que j’aurais voulu faire mieux», avoue le gardien de but originaire de la Montérégie. «Des fois, je regarde en arrière et je me dis que ma carrière aurait pu être différente si j’avais fait ci ou si j’avais fait ça. Il arrive que tu sois à une décision, à un bon match de tout changer. D’autres fois, c’est une question de chance, d’entraîneur ou d’avoir le break qu’il faut.

«D’un autre côté, je me sens privilégié d’avoir vécu ce que j’ai vécu. J’ai eu la chance de jouer dans de belles villes, j’ai eu beaucoup de plaisir et j’ai eu de bonnes saisons. J’ai disputé plus de 350 rencontres dans la Ligue américaine et j’ai été nommé trois fois sur l’équipe d’étoiles. Je pense que j’ai réalisé quelque chose de pas pire.»

Cousineau s’ennuie parfois des moments mémorables qu’il a vécus, comme son séjour à Terre-Neuve, entendre 9000 partisans russes crier «Cousineau! Cousineau!» avec leur accent ou être accueilli dans le petit aéroport de Cherepovets par des fans en délire. Mais toujours, le stress de savoir s’il sera rétrogradé ou s’il aura un autre contrat lui rappellent qu’il ne l’a pas toujours eu facile.

«Je me suis tellement battu à chaque année pour avoir un poste, pour avoir un contrat. Et j’ai dû le faire pendant toute ma carrière. Un moment donné, les années passent et tu réalises que c’est fini. Tu te demandes si tu as vraiment profité de ta carrière. Et la réponse est non. 

«Malgré, je l’apprécie tout autant quand je regarde des articles de journaux qui parlent de moi ou la photo sur laquelle je réalise un arrêt aux dépens de Mario Lemieux. Il n’y a pas grand monde qui a ça dans son salon [rire]. Et quand je vois les étoiles dans les yeux de gens qui viennent me parler de hockey, je réalise à quel point ce que j’ai accompli est impressionnant pour les amateurs de hockey qui ont tous rêvé à la LNH et comment ils auraient aimé être à ma place.»

Avec les Harfangs

Ayant participé à la conquête de la Coupe Air Canada en 1990 avec les Riverains du Richelieu, Cousineau avait été repêché par les Harfangs de Beauport qui commençaient leurs activités dans la LHJMQ.

«J’ai vu ma venue avec une équipe de l’expansion comme une opportunité de montrer ce que j’étais capable de faire. À mon arrivée à Beauport, j’ai eu la chance d’avoir Yannick De Grâce comme coéquipier. Quand il a été échangé aux Fêtes, on m’a donné le champ libre. J’ai pu jouer beaucoup. Gagne ou perd, je retournais toujours devant le filet. Il fallait toujours que je sois prêt. Ça m’a permis de développer ma force de caractère.»

Choisi par Boston en troisième ronde du repêchage de 1991, 62au total, le gardien n’a jamais joué pour les Bruins. Ils lui avaient offert un contrat à trois volets, qu’il a refusé. «Je ne voulais pas risquer de me ramasser dans la East Coast. À partir de là, le chemin est long pour se rendre dans la LNH. En tant que joueur autonome, j’ai obtenu une invitation pour le camp des Maple Leafs. Ils m’ont offert un contrat et j’ai joué dans la LAH à Terre-Neuve.»

Cousineau a passé cinq saisons dans l’organisation torontoise avant d’évoluer avec les Islanders et les Kings. Sa carrière l’a ensuite mené à Cherepovets, en Russie. Il a terminé la campagne avec la meilleure moyenne de buts accordés et il a aidé les siens à atteindre la finale de la KHL face au Lokomotiv.

«Je ne retiens que du positif de cette expérience. Le seul point négatif, c’est que je m’ennuyais de ma conjointe de l’époque et de mon petit garçon demeurés au Québec. C’est l’obligation de les laisser à nouveau qui m’a incité, à quelques jours de mon départ pour la Russie, à arrêter de jouer. Et c’est là que la Ligue nord-américaine m’a approché.»

Après deux saisons dans la LNAH, Cousineau a accroché ses jambières afin de se lancer en affaires avec son frère et sa belle-sœur, propriétaires de restaurants de la chaîne Cora. Il a ensuite géré des centres de conditionnement physique puis il a été engagé chez Canac en tant que directeur adjoint. Il y a environ trois semaines, il a été nommé directeur du magasin de Cowansville. Jamais, il n’a vécu la moindre déprime après avoir renoncé au hockey.

«J’ai toujours aimé le hockey mais j’ai toujours joué au hockey pour gagner ma vie. À la fin de ma carrière, jouer au hockey me demandait de plus en plus de sacrifices. Ce n’était plus aussi agréable. C’est pour ça que j’ai pris ma retraite. Et j’étais prêt.»

Aujourd’hui, Cousineau a complètement tourné la page sur le hockey. Il a vendu tout son équipement de gardien. Résidant à Bromont, il a comme passion le ski alpin et le vélo de route. «Je me concentre sur des sports que j’ai moins eu la chance de faire à cause du hockey.»

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Guy Boulanger: quand on pense escrime

Quand on pense escrime dans la région de Québec, on pense naturellement à Guy Boulanger. Depuis 42 ans, le maître d’armes tient non seulement son sport à bout de bras dans la Vieille capitale, mais il a aussi formé de nombreux champions canadiens, des athlètes qui se sont démarqués sur la scène internationale.

«Je n’ai pas de mérite, lance le fondateur du club Estoc en 1976. Je suis là parce que je suis passionné d’escrime, que j’ai du plaisir à faire découvrir cette activité aux jeunes et aux mois jeunes et que je suis bien entouré. D’avoir la chance de les accompagner dans leur développement pendant des années, ça m’encourage à demeurer impliqué et à continuer à pousser. Quand ils atteignent l’équipe canadienne et qu’ils font de bons résultats au niveau international, ça m’alimente.»

C’est en 1969 que Boulanger s’est initié à l’escrime. Sa progression rapide lui permet de connaître ses premiers succès comme athlète, mais aussi de se faire remarquer par les gens du Séminaire de Québec qui lui offrent un poste d’entraîneur. Trois ans plus tard, il se retrouve à l’Université Laval où il fonde un club. Mais désireux d’approfondir ses connaissances et de développer ses qualités d’escrimeur, il s’expatrie en France pour y suivre une formation de deux ans pour devenir maître d’armes. 

«Là bas, je n’ai pas arrêté de faire de l’escrime. En plus de ma formation de 30 heures semaines, j’ai donné des cours, j’ai démarré des activités dans des clubs et je me suis entraîné. À l’époque, mon ambition était de compétitionner. J’ai d’ailleurs participé à 36 compétitions en deux ans.»

De retour au pays, Boulanger a dû abandonner son rêve. Le président de la Fédération canadienne a statué qu’il était un professionnel parce qu’il avait gagné de l’argent comme entraîneur. «J’étais barré de toutes les compétitions portant le titre de championnat. Ce fut un choc. C’est là que ma carrière sportive s’est arrêtée. 

«J’ai décidé de vivre avec la décision de la fédé et je me suis concentré sur l’enseignement avec l’intention de donner le maximum aux jeunes. Et j’ai fondé le club Estoc. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Sauf que si je n’avais pas eu de succès comme entraîneur, j’aurais eu l’impression d’avoir manqué ma vie. Mais j’ai eu la chance d’accompagner de nombreux athlètes pendant plusieurs années, de les développer à leur plein potentiel et de les voir pratiquer l’escrime à un très haut niveau.

L’environnement

Au fil des ans, le club Estoc a produit de nombreux champions qui se sont signalés sur la scène internationale. Qu’il suffise de penser aux Marie-Huguette Cormier, Charles St-Hilaire, Évelyne Giroux, Marie-Ève Pelletier, Vincent Pelletier, etc. Pourtant, le club Estoc n’a pas toujours profité d’installations de qualité et l’escrime d’une grande vitrine. Mais comment Boulanger a-t-il fait?

«Il y a une partie de hasard parce je ne peux pas les recruter les jeunes. Quand je détecte quelqu’un qui a un potentiel, j’essaie de l’encourager à poursuivre et je lui donne l’attention dont il a besoin. Le succès, c’est pas mal de travail et d’encouragement. Mais à ce niveau, je n’ai qu’une partie du rôle à jouer. Si les parents ne sont pas là pour encourager leur enfant et payer les déplacements et le matériel, le talent d’un athlète et les qualités d’un coach ne servent à rien.

«L’escrime est un sport de développement à long terme. Ce qui est intéressant c’est que les athlètes qui sont venus au club y sont demeurés assez longtemps. Même si certains ont connu des périodes difficiles, ils sont restés. Je pense que c’est à cause de l’ambiance. Il y a toujours des athlètes pour encourager les autres et les aider. C’est un milieu de vie stimulant.»

Boulanger a dû faire face à son lot d’épreuves au fil des années. Et il lui est arrivé de vouloir tout abandonner. Mais résilient et inspiré par le maître d’armes italien Livio Di Rosa, un modèle, il est revenu plus fort. Il a aussi eu la chance de pouvoir compter sur des administrateurs bénévoles, comme Jean-Yves Pelletier et Simon Duchesne, le président actuel du club, qui l’ont toujours appuyé.

Âgé de 67 ans, Boulanger a commencé, il y a quelques années, à penser à sa succession au club Estoc. Le candidat qu’il recherchait était un pédagogue d’abord, un entraîneur ensuite et il avait sa philosophie de coaching. Le destin a mis sur sa route Erik Medina Diaz, un escrimeur d’origine cubaine qu’il a rencontré à Montréal et qui a poursuivi sa carrière avec l’Estoc. 

«Je ne savais pas à ce moment-là qu’il pourrait devenir mon successeur. Avec le temps, je l’ai impliqué dans l’organisation de certaines activités. Et ça marche bien. Il a toutes les qualités que je recherche. Il sait s’exprimer et il est doux. Les parents l’aiment et les jeunes l’apprécient. Sa présence est très rassurante. C’est vraiment une bonne personne pour prendre le relais. Je vais pouvoir me décharger tranquillement de quelques fonctions pour lui laisser plus d’espace et me consacrer davantage à l’enseignement. Car ce n’est pas encore dans mes plans de me retirer complètement.»

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Karine Blanchet: se faire un prénom

«Elle avait un nom, elle s’est fait un prénom.» Ces quelques mots de présentation de Karine Blanchet sur le site Web du club de judo de la Vieille Capitale résument bien la carrière de la Québécoise. Car si, à ses débuts, elle était «la fille à Gérard», elle est aujourd’hui connue en tant que Karine Blanchet, la judoka ayant fait sa marque sur les scènes nationale et internationale.

«Quand je retourne en compétition en tant qu’entraîneure, je rencontre plein de gens, des compétiteurs de mon époque mais aussi des arbitres et des bénévoles, qui se souviennent de moi et qui viennent me parler», explique l’athlète dont le père, Gérard Blanchet, une figure connue et respectée dans le monde du judo, a fondé le Club de la Vieille Capitale en 1970. 

«C’est toujours le fun de revoir ces personnes avec qui on a passé beaucoup de temps ensemble. Mais c’est également plaisant de réaliser que je ne suis pas juste “la fille à Gérard” même si, encore aujourd’hui, c’est la manière qu’utilisent certaines personnes pour me présenter. C’est correct, je suis habituée.»

Si, pour plusieurs, le fait de se retrouver dans l’ombre de son paternel aurait pu constituer un handicap, Karine n’y a vu que des avantages. N’aimant pas être sur la sellette, le fait que l’attention soit portée sur son père lui permettait de passer incognito. Et jamais elle n’a ressenti une pression supplémentaire de performer. Comme le judo met en scène deux adversaires qui se mesurent, ses résultats étaient le résultat de ce qui s’était passé sur le tatami.

«Je n’ai jamais eu de cadeau des arbitres. Si j’avais à perdre, je perdais. Si j’avais à gagner, je gagnais. Et je n’aurais pas voulu qu’il en soit autrement. Je ne pense pas que je me serais rendue aussi loin si j’avais eu des cadeaux des officiels. Et si j’avais su que l’on me donnait des chances, je n’aurais pas continué à compétitionner.»

Au mauvais moment

Ayant connu ses premiers succès au milieu des années 80, Karine a fait de la compétition de haut niveau pendant une douzaine d’années. Championne canadienne à plusieurs reprises, elle a pris part aux tournois les plus prestigieux en plus de participer aux Championnats du monde, aux Jeux panaméricains, aux Jeux de la Francophonie et aux Universiades. Elle est aussi venue à une victoire de se qualifier pour les Jeux olympiques de Barcelone et d’Atlanta. «Pour aller aux Jeux, il fallait être championne canadienne et j’ai perdu en finale ces années-là. Je me suis retrouvée substitut sur l’équipe canadienne.

«C’est sûr que j’aurais aimé aller aux JO. Tout de suite après la finale, j’étais déçue. Mais rapidement, j’avalais ma pilule et je passais à autre chose. Je n’ai pas réalisé mon rêve, mais ce n’est pas quelque chose qui jette de l’ombre sur ma carrière. Je me dis que si je n’ai pas fait les Jeux, c’est parce que je n’avais pas à les faire. Il me reste plein de beaux souvenirs de ma carrière comme les voyages, la gang, etc. Ce fut une belle période de ma vie. J’en retire beaucoup de bonheur et de fierté.»

Karine a tourné la page sur sa carrière en 1997. Victime de blessures à répétition nécessitant des opérations, elle a décidé d’écouter son corps au terme d’une réflexion d’une année. «Une décision réfléchie. Quand j’ai pris ma retraite, j’étais prête. Je sentais qu’il était temps de passer à autre chose. Comme j’avais obtenu mon diplôme universitaire en administration, j’ai commencé à travailler peu de temps après. J’ai aussi continué à m’entraîner au club, mais juste pour le plaisir, et j’ai donné des cours. Après avoir eu mes enfants, je suis revenue au coaching et là, je m’occupe des jeunes et des seniors. Je les accompagne en compétition. Je peux leur faire profiter de mon expérience.»

Toujours aussi passionnée de judo, la Québécoise a transmis son amour de son sport à ses trois enfants. Actuellement, deux fréquentent le Club de la Vieille Capitale assidûment. Le plus jeune vient de passer sa ceinture marron et prochainement, sa fille tentera de mériter sa ceinture noire. Et elle a demandé à sa mère d’être sa partenaire. Une grande fierté pour Karine.

«Le judo, c’est le choix de mes enfants. Ils n’étaient pas obligés d’en faire. Mais se retrouver au club avec mon père et mes enfants, c’est vraiment le fun. J’ai vécu une belle dynamique dans le temps avec mon père et c’est plaisant que mes enfants puissent vivre la même chose.»

Le Club de la Vieille Capitale aura bientôt 50 ans. Et si Gérard Blanchet se tournait vers sa fille pour assurer sa relève, accepterait-elle de le faire?

«C’est sûr que quand mes enfants auront vieilli, j’aimerais avoir les rennes du club ou les partager avec mon père. Je caresse le rêve d’assurer sa succession depuis que je suis jeune. Mais j’espère qu’il ne se tournera pas juste vers moi. J’aimerais que l’on puisse être une équipe et que l’on travaille ensemble. Mais en même temps, ça me fait bizarre de penser que le club formé par mon père et avec sa personnalité pourrait changer. Car si le club est ce qu’il est, c’est grâce à lui.»

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Denis Vachon: toujours bien branché

Comme bien des gens, Denis Vachon sera sur les Plaines en fin de semaine afin d’assister à la finale de la Coupe du monde de ski de fond. Mais il ne se contentera pas d’apprécier le spectacle. Profitant d’informations privilégiées, il pourrait jouer au gérant d’estrades. Car même s’il a mis un terme à sa carrière de fondeur il y a une quinzaine d’années, il demeure encore très branché sur le petit monde du ski de fond.

«J’ai décroché du milieu parce que je ne suis plus sur le circuit de compétition, mais je continue de suivre tout ce qui se passe par la bande», confie celui qui a bien hâte d’analyser les différentes stratégies des coureurs. «Mon grand ami, c’est Louis Bouchard, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale. Et on se parle souvent. Et quand Devon Kershaw allait s’entraîner dans l’Ouest, il habitait chez un de mes amis. Le ski de fond, c’est un petit milieu. On connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. On peut donc rester informé sur ce qui se passe.

«Comme j’ai passé les 10 dernières années dans l’Ouest, ce sera la première fois que j’aurai l’occasion d’assister à la Coupe du monde sur les Plaines. Je devrai donc me familiariser avec le parcours. Mais j’ai des amis qui m’ont dit où je devrais me placer. Et j’ai eu déjà quelques insides

Vachon a été initié au ski de fond par son père. Il a eu ses premiers succès sur la scène régionale au milieu des années 90. Après s’être imposé chez les juvéniles et les junior B, il a été appelé à se joindre au Centre national d’entraînement où il a retrouvé les Denis Blanchard, Donald Farley, Guido Visser, etc.

«Une belle gang. J’étais le petit jeune du groupe. Me retrouver avec tous ces athlètes, c’était à la fois plaisant et motivant. Je n’avais aucune pression. J’espérais faire l’équipe nationale et eux, les JO. Il y avait un gros gap entre nous. Leur présence, c’était un bon coup de pouce pour m’aider à monter. Sauf qu’avec les années, mes mentors sont devenus mes rivaux. C’est quand j’ai commencé à leur tenir tête lors de certaines épreuves que j’ai commencé à me dire que les Jeux, c’était peut-être possible pour moi aussi.»

La fin du rêve

Vachon a connu ses plus belles années sur la scène nationale et internationale au début des années 2000. Il a cependant renoncé à poursuivre son rêve olympique en 2004. Une décision motivée par une mauvaise saison, mais aussi par le fait qu’il avait perdu sa place au sein du programme de l’équipe nationale et, du coup, son financement d’athlète. Inscrit à l’université, il a opté pour terminer son bac en génie hydrogéologique. Et parallèlement, il a skié au sein d’une équipe semi-professionnelle.

«J’ai fait ça pendant trois-quatre ans. N’ayant pas arrêté de skier du jour au lendemain, la transition vers mon après-carrière a été beaucoup plus facile. J’avais du plaisir et je pouvais continuer à pousser et à souffrir. Quand je gagnais, c’était super le fun, mais quand je finissais 62e, ce n’était pas grave. Je trouvais donc mon compte.»

C’est quand il a commencé à être moins compétitif que Vachon a renoncé à la compétition. Installé à Vancouver, c’était plus difficile pour lui de s’entraîner, les beaux centres de ski étant loin de la ville. Il s’est alors contenté de skier avec des amis dans un cadre social. Aujourd’hui, il ne garde que de beaux souvenirs de sa carrière, à commencer par toutes les amitiés qu’il a développées.

«Même si le ski de fond est un sport individuel, on forme quand même comme une petite famille. Aujourd’hui, peu importe où je vais, je suis presque certain d’y retrouver un ami ou une connaissance qui pourra m’héberger ou me faire découvrir des trails.

«Ma carrière m’a aussi permis d’acquérir plein de choses. Mon anglais, c’est à elle que je le dois. Et j’ai pu voyager. Est-ce que j’ai des regrets de ne pas avoir réalisé mon rêve olympique? Non. Les Jeux, ce n’était peut-être pas pour moi. Je n’étais peut-être pas prêt à faire tous les sacrifices pour y arriver. Je me console en me disant que même si j’y étais allé, je n’aurais probablement pas pu faire mieux qu’un top 30 ou quelque chose comme ça. Ma plus grande déception, ç’a été d’avoir été écarté de l’équipe nationale. Mais j’avais un plan B.»

Ingénieur en hydrogéologie minière, l’ex-fondeur est spécialisé dans les eaux souterraines. Il a passé une dizaine d’années sur la côte Ouest. De retour à Québec depuis quelques semaines, sa conjointe et lui se sont mis à la recherche de l’endroit idéal où ils pourraient s’installer avec leurs deux jeunes enfants. Adeptes d’activités de plein air, ils souhaitent trouver une maison située à proximité du centre-ville et près d’un terrain de jeu naturel où ils pourront faire du vélo, du vélo de montagne, du ski de fond, du ski alpin, etc.

«On veut pouvoir profiter de la vie de plein air. Pour nous, l’activité physique, c’est sacré. Et c’est ce style de vie que l’on veut inculquer à nos enfants. On ne veut pas nécessairement qu’ils fassent du sport de haut niveau. On souhaite juste que ça soit dans leur culture de sortir dehors et de bouger.»

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Éric LeBreton: des racines profondes

Plaçant la famille au centre de ses priorités, Éric LeBreton a aussi toujours été très attaché à ses racines acadiennes. Pas surprenant qu’après un hiatus d’une dizaine d’années, le volleyeur originaire de Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, est retourné vivre dans sa communauté. Bachelier en enseignement, il est même devenu prof à l’école secondaire où il avait étudié.

«J’ai toujours rêvé d’être ici», lance celui qui fut du championnat canadien de volleyball présenté au PEPS en 2000 et en 2001, un évènement de retour à l’UL vendredi. «J’ai tout le temps eu l’impression d’appartenir à là où je suis aujourd’hui. Pour le simple plaisir d’être avec ma famille et mes amis d’abord. Et sans vouloir être prétentieux, je me disais que je pourrais peut-être aussi revenir chez moi pour partager mon vécu. J’ai eu la chance de faire ce que j’aimais et de vivre mon rêve et je pourrai donner la chance à des jeunes de chez nous de faire la même chose.

«J’ai ainsi aidé Mathieu McLaughlin, un grand joueur de volley de mon école, à poursuivre sa carrière à Limoilou où il a gagné un championnat national. J’ai passé le flambeau à un gars qui a pu vivre la même chose que moi. C’est vraiment plaisant de penser à ça.»

Poursuivre son rêve

Enfant unique, LeBreton a grandi dans une communauté où les liens étaient tissés serrés. Très sportif, il a choisi le volleyball parce c’était le sport le plus populaire de son école, mais aussi parce qu’il lui offrait la possibilité de prendre part aux Jeux de l’Acadie et d’amorcer son rêve d’aller aux Olympiques, comme l’avait fait son idole Marc Albert, membre du six partant de l’équipe nationale à Barcelone.

Ses études secondaires terminées, LeBreton s’est joint aux Titans du Cégep Limoilou. Sa carrière, marquée par de nombreux succès dont la conquête d’un championnat canadien, est cependant venue à un cheveu de dérailler.

«J’avais quitté la maison où j’avais une mère qui m’aimait et me gâtait pour me retrouver dans un appartement avec un colocataire. Et j’étais inscrit dans un programme où en plus de faire un sport de haut niveau, je devais réussir au niveau académique. En décembre, j’avais dit à mes coéquipiers que j’allais peut-être lâcher pour aller à Sherbrooke. Je trouvais que mon entraîneur Denis Gaboury était trop dur avec moi et qu’il me poussait trop afin que j’augmente mes performances. Mais après avoir réfléchi, j’ai réalisé que quitter les Titans n’était pas une option.»

Son stage collégial terminé, c’est avec le Rouge et Or que le grand athlète a poursuivi sa carrière. Son passage a été mémorable. Pour plusieurs, il est un des meilleurs joueurs ayant défendu les couleurs de la formation lavalloise. Rêvant de décrocher un titre national universitaire, il est passé à une victoire de réaliser l’exploit en 2001 et en 2002, année où il a été choisi l’athlète par excellence à Laval. «Ma plus grande déception tout de suite après mon passage à Laval, c’était de ne pas avoir gagné de championnat national. Aujourd’hui, ça demeure quelque chose qui me manque, mais je me dis que tout ce que mon passage à l’UL m’a permis de gagner en valait autant.»

Membre de l’équipe canadienne alors qu’il jouait avec le R et O, l’Acadien a appris peu de temps après la fin de sa carrière à Laval que la formation nationale n’était plus intéressée par ses services. Une autre déception qui ne lui a cependant laissé aucune amertume.

«J’ai reçu beaucoup de l’équipe nationale. J’ai pris part à deux Universiades dont une lors de laquelle j’ai été porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. Moi, un Acadien qui était au Québec et qui représente le Canada, ç’a été un beau cadeau. Et mon passage avec elle m’a permis de décrocher un contrat pro à Saint-Nazaire, en France.»

LeBreton a accroché ses espadrilles un an plus tard. Il avoue avoir mal vécu sa coupure avec le sport de haut niveau.

«Je n’avais pas le temps de m’entraîner autant et j’étais moins en forme. Je ne me reconnaissais plus et je me posais toutes sortes de questions. «Il fallait que je me trouve un sport à la hauteur de mes besoins. J’ai commencé à jouer au hockey, deux fois par semaine avec des gars qui avaient évolué à l’université ou dans des ligues seniors. J’avais un beau défi. J’y ai retrouvé le hype que j’avais en volley.

«Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi commencé à faire du cross-fit. Ce que j’aime, c’est l’entraînement en gymnase, travailler avec des poids et des haltères, etc., ce que j’appelle l’isolation musculaire.»

Coach de volleyball à son école secondaire, LeBreton s’est peu à peu retiré du volley après la naissance de ses enfants. Aujourd’hui, il investit une partie de ses temps libres dans les Jeux de l’Acadie et dans d’autres organisations sportives. Son nom demeure quand même associé au volley, lui qui a figure au Temple de la renommée du volleyball du Nouveau-Brunswick.

«Une grande fierté. Ce que je retiens des honneurs que j’ai reçus c’est que dans la vie, il y a parfois des bas et que si j’ai été honoré, c’est parce que j’avais réussi à m’en sortir. Quand ça va moins bien, juste de penser à ça me donne de l’énergie pour continuer.»

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Sophie Simard: finir sur une bonne note

Dévastée après avoir raté sa sélection pour les Jeux olympiques d’Athènes (2004), un échec qu’elle qualifie de plus grande déception de sa carrière, Sophie Simard en était venue à la conclusion qu’elle devait tourner la page sur sa carrière de nageuse. Mais après quelques mois de réflexion pendant lesquels elle a fait le vide, elle a repris le chemin de la piscine convaincue de pouvoir nager à la hauteur de ses attentes.

«C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre», confie l’athlète originaire de Chicoutimi ayant fait carrière avec le Rouge et Or. La raison pour laquelle je revenais, c’était pour m’assurer de terminer ma carrière sur une bonne note. Je ne voulais pas quitter mon sport fâchée contre lui. Je voulais le quitter en paix. Et le fait que les Mondiaux aquatiques avaient lieu à Montréal a pesé lourd dans la balance. Savoir que l’on va nager devant les nôtres a ajouté à ma motivation de vouloir revenir. 

De retour à l’entraînement, Sophie n’a pas mis de temps avant de reprendre sa place parmi l’élite canadienne. Lors des Mondiaux Aquatiques de 2005 où elle était inscrite dans trois épreuves, elle a établi une marque nationale au 200m libre.

«Ces championnats ont été le moment le plus importants de ma carrière. Pour l’expérience que j’ai eue, mais aussi pour le plaisir que j’ai ressenti. Je ne dis pas que je n’avais pas eu de plaisir avant. Mais là, je suis vraiment allée le chercher pour moi.»

Après les Mondiaux, Sophie a pris part aux Jeux du Commonwealth de Melbourne. C’était clair qu’il s’agissait de sa dernière compétition en carrière. Une décision prise plusieurs mois auparavant. Et même si en nageant deux ans de plus, elle aurait pu tenter de se qualifier pour les JO de 2010, elle a préféré accrocher son maillot.

«Pour moi, le nom de la compétition n’avait pas d’importance. Je voulais juste être bien avec ce que je faisais. J’étais revenue parce que je voulais terminer sur une bonne note. Et je désirais avoir le contrôle là-dessus.»

Les blessures

À bien des égards, Sophie Simard a connu une carrière plus souvent qu’autrement très frustrante. Qualifiée pour ses premiers Jeux à l’âge de 18 ans (1996) et vouée à un très bel avenir, elle a ensuite été victime de blessures à répétition. Revenue d’une longue convalescence peu de temps avant les qualifications pour les Jeux de Sydney, elle n’a eu aucune chance de bien figurer. «Je n’étais pas désappointée, j’étais juste heureuse d’avoir pu nager.» 

Mais quatre ans plus tard, alors qu’elle avait réussi à éviter les blessures en écoutant davantage les messages que lui envoyait son corps et qu’elle semblait avoir les outils pour réussir à mériter une place sur l’équipe canadienne aux JO d’Athènes, elle échoua à réaliser son standard. Aujourd’hui, c’est avec philosophie qu’elle analyse sa carrière.

«C’est très bien d’avoir des rêves. Ça nous permet de travailler fort et de persévérer dans ce que l’on fait. Parfois on les réalise et parfois pas. Il ne faut alors pas s’arrêter au fait de ne pas avoir réalisé “son” rêve. On peut s’en fixer un autre et être aussi heureux à l’atteindre.

«J’ai vécu plusieurs déceptions, mais je n’ai aucun regret. Comme je disais aux jeunes à qui je donnais récemment une conférence : “Si vous tapez mon nom dans Google, vous verrez que je suis allée aux Jeux olympiques. Mais vous ne verrez jamais tout ce qui s’est passé dans ma carrière, toutes les frustrations et les déceptions, toutes les satisfactions et les plaisirs, tous les efforts et les sacrifices. Mais c’est ça qui est le plus important.»

Détentrice d’un baccalauréat en administration de l’Université Laval, Sophie a travaillé pendant une dizaine d’années dans le milieu bancaire. Sa carrière d’athlète lui ayant appris à être travaillante, acharnée et persévérante, elle n’a eu aucune difficulté à être performante dans son milieu de travail.

Ayant déménagé à Peterborough où son conjoint médecin avait décroché un emploi de chirurgien orthopédique, Sophie est devenue maman d’une seconde petite fille maintenant âgée de 16 mois. Prête à retourner sur le marché du travail, elle a décidé de fonder son entreprise qui sera lancée au printemps.

«Je vais pouvoir travailler de la maison. Je vais profiter de mon expérience en affaires pour être consultante auprès de petites et de moyennes entreprises. Je vais faire de la tenue de livres et offrir du support en ressources humaines et au niveau du service de paie. Je commence comme ça, je verrai ensuite comment je pourrai faire grandir mon entreprise.»

Après avoir été longtemps loin des piscines, Sophie a aussi renoué avec la natation grâce à sa fille qui a commencé à nager après avoir vu une de ses amies prendre part à une compétition. «J’étais contente de retourner sur le bord de la piscine et de revivre des choses que j’avais vécues», indique Sophie qui songe aussi à éventuellement retourner nager chez les maîtres. «Je suis vraiment heureuse que ma fille fasse de la natation. Mais je m’assure qu’elle le fait pour elle. Je ne veux surtout pas qu’elle ressente de pression.»

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Mélanie Savoie: les outils pour aider

Ayant eu la confirmation à l’adolescence qu’elle avait des aptitudes pour aider les gens, Mélanie Savoie se destinait à être orthopédagogue. En manque de l’esprit de groupe qu’elle avait connu lors de sa carrière de volleyeuse, elle a toutefois bifurqué vers l’enseignement. Elle a ensuite choisi de travailler en sixième année, le niveau où elle se sentait le mieux outillée pour aider les enfants.

«J’ai vécu plusieurs transitions qui m’ont demandé de m’adapter, ma plus grande étant quand je suis rentrée au cégep à Garneau», explique l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. Quand je suis arrivée dans le gym pour le premier entraînement, je ne connaissais personne, je ne savais rien du système de jeu et c’était très intense. Parallèlement, il y avait les études et je me retrouvais seule en appartement pour la première fois de ma vie. J’ai douté.

«J’ai donc été attirée par la sixième année à cause de l’autonomie des enfants, mais aussi pour leur questionnement vis-à-vis du secondaire. Je sais comment ils voient la transition qui s’en vient et leur stress. Je peux répondre à leurs questions.»

Mélanie était encore à l’école primaire quand elle a eu la piqûre pour le volleyball. La native de Saint-Sylvestre a donc fait ses études à l’école secondaire Benoît-Vachon de Sainte-Marie. «À cette époque, je ne savais même pas qu’il y avait du volleyball universitaire. Ce n’était donc pas un objectif pour moi d’y faire carrière. Je jouais au volley parce que j’avais du plaisir. Et c’est au collégial que j’ai pris conscience de l’ampleur que le volley pourrait avoir pour moi. C’est là que ç’a commencé à être plus sérieux.»

Après une belle carrière avec les Élans avec qui elle a décroché un titre national à sa dernière campagne, Mélanie s’est retrouvée avec le Rouge et Or. Partante à sa première année, elle a été entourée de joueuses d’expérience et de grand talent comme Marylène Laplante, Marie-Christine Mondor et Julie Rodrigue.

«Ce fut l’année où j’ai le plus appris et le plus évolué», avoue celle qui a été choisie recrue de l’année. «Collectivement, on s’est rendues jusqu’en finale canadienne. Ce fut une de mes plus belles années en carrière.»

Volleyball de plage

Parallèlement à sa carrière à Laval, Mélanie a commencé à jouer au volleyball de plage. Un mariage parfait pour elle. Car si elle est d’avis qu’elle avait plus de potentiel au beach, le volleyball intérieur lui apportait le social et la fébrilité d’équipe dont elle avait besoin. Elle a pratiqué les deux disciplines jusqu’au moment d’amorcer sa cinquième année universitaire au terme de laquelle elle a nommée volleyeuse de l’année du RSEQ et finaliste au titre d’athlète par excellence à l’UL.

«Pour demeurer sur l’équipe nationale, il aurait fallu que je déménage à Toronto. Mais je ne voulais pas renoncer à ma dernière année à Laval. Par la suite, j’aurais pu y retourner. Mais je venais de rencontrer mon chum et j’avais commencé à travailler. J’ai pris la décision de ne pas y aller.

«C’est mon seul regret. Pas d’être restée ici! Mais on rêve tous au Jeux olympiques. Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir eu la réponse à savoir jusqu’où j’aurais pu aller.»

Tourner la page sur le volleyball a été difficile pour Mélanie qui avait perdu tous ses repères et son identité. Elle n’était pas malheureuse, mais elle se souvient d’avoir pleuré en assistant à des rencontres. Elle a alors complètement écarté le volley de sa vie.

«J’ai toujours été de celles qui étaient très émotives. Je pleurais souvent. Un jour, j’ai mentionné au coach Alain Pelletier que je ne comprenais pas pourquoi j’étais comme ça. Il m’avait dit : “Le jour où tu vas être moins émotive, tu vas être une moins bonne joueuse’’. C’est là que j’ai réalisé comment je prenais ça à cœur et comment j’étais exigeante, autant pour moi que pour les autres et que le jour où je serais moins émotive, c’est parce que j’allais prendre ça moins au sérieux.

«Avec le recul, je n’en reviens pas comment, à l’époque, il n’y avait que le volley d’important. Ça prenait toute ma vie. En même temps, ce fut des années extraordinaires. Pour le sport, mais aussi pour les amitiés. Ce fut une expérience de vie. Se retrouver avec 14 ou 15 filles, se fixer un objectif au mois d’août et passer les sept mois suivant à toutes travailler dans la même direction, c’est quelque chose que l’on vit très rarement par la suite. Et il y a toutes les émotions qui viennent avec ça.»

C’est quand elle a pris davantage sa place dans le milieu de l’enseignement que Mélanie a retrouvé son identité. Elle s’est aussi réconciliée avec le volley. L’été, elle aime prendre part à quelques tournois de beach d’envergure. Elle joue aussi à l’intérieur dans une ligue récréative. «On se retrouve entre anciennes et on se rappelle des souvenirs. C’est vraiment une thérapie par le rire.

«Je n’aurais pas pu le faire tout de suite après ma retraite. J’étais orgueilleuse. Je n’aurais pas accepté d’être moins bonne et de me décevoir. Je pense m’être améliorée. Je veux toujours gagner. Mais je ne me remets pas en question après une défaite.»

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Frédérick Roy: carburer aux défis

Quand il s’est pointé à Québec en 2003 avec la formation du Colorado pour jouer au Tournoi pee-wee, Frédérick Roy savait très bien que contrairement à la très grande majorité des joueurs, il serait précédé par sa réputation. Fils de Patrick Roy, enfant chéri de Québec et alors gardien de but de l’Avalanche, il ne passerait pas incognito et aurait même les projecteurs braqués sur lui. Mais cela ne l’a jamais dérangé.

«J’étais plus excité que nerveux, avoue Roy. Je connaissais très bien la réputation du Tournoi pee-wee. Je savais que c’était un des plus gros au monde. J’étais donc très heureux de pouvoir vivre cette expérience-là mais aussi de pouvoir jouer dans la ville d’où était originaire toute ma famille. C’était une belle source de motivation. J’avais un peu de pression mais pour moi, c’était quelque chose de l’fun. Je voyais ça comme un défi et une occasion de pouvoir vivre quelque chose d’extraordinaire. Être au Tournoi pee-wee, c’était un privilège. Les souvenirs que j’ai, je vais les garder toute ma vie.»

Roy a quitté Québec avec une médaille de champion au cou dans la classe International B. L’année suivante, Roy est revenu au tournoi. Mais son père ayant pris sa retraite et déménagé dans la région, c’est avec les Seigneurs de Beaubourg qu’il s’est aligné.

«Pour moi, rien n’avait changé, c’était encore un privilège de jouer au tournoi. Mais comme j’avais goûté à la victoire, je voulais de nouveau gagner un championnat. J’avais donc un autre défi.»

Considéré par plusieurs comme trop petit pour faire sa marque dans les niveaux supérieurs, Roy a aussi dû se battre avec les ragots qui disaient que s’il avait joué dans certaines équipes, c’était à cause de son père. Ce qui aurait pu le décourager fut pour lui une motivation. «C’était frustrant. Mais je savais ce que je valais. Je me disais : “Je vais leur prouver que je suis capable de jouer”. Et à ce niveau-là, j’ai toujours eu le support de mes parents qui m’ont toujours encouragé, tout comme mon frère et ma sœur.

«Mais pour rivaliser avec les plus grands, je ne pouvais jamais prendre de journée off. Il fallait tout le temps que je sois à mon maximum. C’est une qualité que mon père m’avait inculquée et qui me sert toujours.»

Après avoir joué dans le midget AAA avec le Blizzard du SSF, Roy s’est retrouvé avec les Remparts où il a évolué sous les ordres de son père et aux côtés de son frère Jonathan. Il y a vécu des moments mémorables. Fidèle à lui-même, il a joué avec intensité.

«À chaque fois que je sautais sur la patinoire, je voulais gagner. Et je savais m’évaluer comme joueur et comme personne. Je connaissais mes forces et mes faiblesses. Je n’étais pas un compteur de 50 buts, mais je pouvais bien compléter un trio parce que j’allais dans les coins. Et quand on avait besoin d’un joueur pour bloquer les gros lancers, j’étais là. J’étais prêt à faire les sacrifices nécessaires pour le club. Mais dans le fond, ce n’était pas des sacrifices. J’étais choyé de jouer au hockey pour les Remparts. C’était une belle famille.»

Après cinq saisons à Québec, Roy s’est retrouvé dans la Ligue américaine avec les Americains de Rochester où il a passé deux saisons. À la fin de la campagne 2014, il a accroché ses patins.

«Mon père m’a toujours dit : “Tu vides la tank et après, tu n’as pas de regret”. J’étais rendu au bout de ma tank. J’avais eu du plaisir à jouer au hockey, mais là, je tripais moins. Et comme je n’avais pas terminé mon cégep, je désirais retourner aux études pour assurer mon avenir.

«Je suis très fier de ma carrière. Partout où je suis passé, j’ai prouvé que j’avais ma place. Je suis aussi très fier d’avoir joué pour mon père. C’est un grand homme. Au niveau hockey, mais aussi personnel. Je lui suis très reconnaissant, comme je le suis à ma mère, pour toutes les valeurs qu’ils m’ont inculquées.»

Lendemains difficiles

Les lendemains de retraite du joueur ont été difficiles. Il s’est rendu compte qu’il avait perdu son identité. Et ne sachant pas dans quel domaine il referait sa vie, il a ressenti un peu d’anxiété. Il est d’abord allé à l’Université Concordia pour obtenir ses préalables pour entreprendre des études universitaires. Il a pensé étudier en finances, le côté des affaires l’attirant. Mais il a finalement opté pour le droit civil à l’Université d’Ottawa. «Je suis tellement heureux ici. Mes études m’ont permis de mieux me connaître et de m’intéresser à l’histoire et la politique du Québec et du Canada.»

Comment Roy voit-il son avenir? Il dit l’ignorer. Il se voit très bien exercer la profession d’avocat, mais il rêve aussi de brasser des affaires et avoir son entreprise ou même retourner dans les sphères du hockey où les avocats sont de plus en plus nombreux du côté administratif.

«Il y a plein de portes ouvertes. Pour le moment, je suis en mode apprentissage. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise voie. Pour bâtir quelque chose, il faut commencer par les fondations. Je dois d’abord finir mon bac, les opportunités viendront après. Mais je trippe dans ce que je fais.»

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Sylvain Côté: marquer l’histoire

Il en est passé des hockeyeurs au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, qui célèbre cette année son 60e anniversaire. Du nombre, seulement une poignée ont marqué l’histoire de l’évènement. Sylvain Côté est l’un de ceux-là. Originaire de Québec, il a été, en 1978 et de 1979, le chouchou des amateurs qui ont rempli à craquer le vieux Colisée à chacun des matchs qu’il a disputés avec l’équipe de DSNCO (Duberger-Les Saules-Neufchâtel-Charlesbourg Ouest).

«Ce sont de bons souvenirs», explique le défenseur reconnu pour ses habiletés et son puissant lancer frappé qui terrorisait les gardiens. «C’est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier. Chez nous, le Tournoi pee-wee était une tradition. Mes parents gardaient des jeunes qui jouaient au tournoi. Très tôt, j’ai pu réaliser l’ampleur de l’événement. J’ai été chanceux de pouvoir y prendre part et de gagner la finale deux années de suite.»

Côté ne croit pas que c’est à cause de lui que les amateurs de hockey de Québec s’étaient rendus si nombreux pour assister à ses matchs. Il est d’avis que c’est pour la formation de DSNCO qu’ils avaient vibré, une équipe locale, très talentueuse ayant obtenu le support de la ville de Québec et de sa région.  

«Jouer au Tournoi pee-wee a été un événement marquant dans ma carrière. J’étais bien heureux que mon fils puisse vivre cette aventure-là (2013) qui, comme ça a été le cas chez moi, grandirait avec lui toute sa vie durant», mentionne le défenseur qui rappelle que tout au long de ma carrière, il a eu la chance de jouer avec des équipes compétitives, dirigées par d’excellents entraîneurs, ayant connu beaucoup de succès. «J’ai gagné un championnat dans le midget AAA avec les Gouverneurs de Sainte-Foy avant de perdre en finale de la Coupe Air Canada, le championnat de la LHJMQ avec les Olympiques de Hull et j’ai joué dans une finale de la Coupe Stanley avec les Stars.»

Capitaine Sylvain Côté

Coté a accroché ses patins en 2002. Son utilisation ayant été limitée à un match pendant le premier mois du calendrier, il a rencontré le dg des Capitals afin de parler de son avenir.

«Être laissé de côté match après match, ce n’était pas la manière que je désirais terminer ma carrière. Alors les Caps ont un peu facilité ma retraite.»

Mais si Côté aimait toujours autant jouer au hockey, ce ne fut pas véritablement un choc pour lui d’arrêter. Après 18 saisons, il savait que la retraite s’en venait et il avait déjà commencé à se préparer pour son après carrière. Accrocher ses patins fut donc moins douloureux. 

«C’est sans regret que j’ai pris ma retraite. J’avais évolué 18 saisons dans la Ligue nationale, joué plus de 1000 matchs (1171) et j’avais eu la chance de prendre part à une finale de la Coupe Stanley. J’ai donc eu une belle carrière. J’ai été très discipliné pour être dans un bon état physique et mental pour jouer aussi longtemps et j’ai été chanceux au niveau des blessures. Je suis fier. Ma carrière est le fruit de ma grande motivation, de mon travail et de mon amour pour le hockey et de la compétition.

«En fait, j’ai un regret et c’est de ne pas avoir gagné une Coupe Stanley. Mais je ne crois pas que cela jette de l’ombre sur ma carrière. Plusieurs excellents joueurs de la LNH n’ont même pas eu la chance de participer à la finale. Pour la gagner la Coupe, il faut que la terre, le soleil et les étoiles soient tous alignés.»

Grand amateur de pêche en haute mer, un sport qu’il a découvert au milieu des années 90, Côté avait, en 2002, pris des arrangements pour se faire construire un bateau de pêche, l’Espadon, qui lui permettrait  de pratiquer son sport favori et même lancer sa propre entreprise d’excursions. Sa retraite lui a permis de s’impliquer dans sa construction et d’acquérir les connaissances pour en assurer lui-même l’entretien aujourd’hui.

«Comme la plupart de mes clients sont des gens que j’ai connus il y a plusieurs années, ils sont au courant de mon passé. On parle donc beaucoup de hockey. C’est la même chose avec la personne que j’ai engagée pour conduire mon bateau, un grand amateur de hockey et un fan des Capitales.»

Adepte de la pêche sportive dans laquelle il s’est signalé dans différentes compétitions, Côté a aussi commencé à s’adonner à la pêche commerciale du thon rouge de l’Atlantique (Bluefin Tuna)  en Caroline du Nord, une activité qu’il peut pratiquer entre janvier et mars.

«C’est le fun d’emmener des gens pêcher. Mais quand on aime la pêche, on veut aussi prendre soi-même du poisson. La semaine dernière, on a attrapé deux thons rouges dont un est de très très bonne qualité. Il sera vendu dans le cadre d’une enchère au Japon.»

Même s’il est très occupé par ses activités professionnelles, Côté s’intéresse toujours au hockey. Il suit assidument les activités de la LNH et assiste régulièrement à des matchs des Capitals. De plus il participe à des activités de promotion du hockey.

«J’ai recommencé à jouer il y a un an. Avant, je disputais un match par année avec des anciens. Maintenant, je joue tous les vendredis matin. C’est du hockey récréatif. Nous avons une belle gang et beaucoup de plaisir.»