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Marie-Pier Boudreau-Gagnon: la fierté d’une ville

Pendant des années, c’est pour ses performances en tant qu’athlète de haut niveau que Marie-Pier Boudreau-Gagnon a fait la fierté des gens de Rivière-du-Loup. Maintenant, c’est pour son implication sur la scène sportive de sa ville qu’elle continue de l’être. Ayant travaillé sur la candidature de Rivière-du-Loup pour la présentation de la finale des 56es Jeux du Québec, elle est aujourd’hui co-présidente, avec l’homme d’affaires Christian Pelletier, de l’évènement qui aura lieu du 26 février au 6 mars 2021.

«Les Jeux du Québec ont été une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé en bas âge, lance l’ex-nageuse-synchronisée. Rivière-du-Loup les avait présentés en 1971 et à l’époque, ç’a avait été un évènement marquant. Plusieurs étaient d’avis que 50 ans plus tard, l’occasion était belle pour répéter l’expérience. Comme c’est important pour moi de redonner aux gens de chez nous qui m’ont beaucoup aidée tout au long de ma carrière, je me suis d’abord impliquée dans le processus de mise en candidature avec ma mère et des gens de la région. Nous sommes ensuite allés chercher du financement. En tant que co-présidente mon travail est principalement axé au plan sportif et du développement au niveau des jeunes.»

C’est à la suite de ses études que Marie-Pier est retournée vivre à Rivière-du-Loup avec son chum pour pratiquer comme pharmacienne, après avoir passé une quinzaine d’années à Montréal. Elle y a retrouvé sa mère, ses deux frères et de nombreux fans qui la reconnaissent encore.

«Rivière-du-Loup et Montréal ont toujours été mes deux coups de cœur. J’adore vivre à Rivière-du-Loup, qui offre une belle qualité de vie avec le fleuve juste à côté. Quand je restais à Montréal, j’y revenais souvent voir ma famille. Montréal, c’est la diversité et le côté urbain. J’en profite quand parfois je dis à mon chum, on s’en va à Montréal voir des spectacles.» 

Quatre ans de plus

C’est en 2012, au lendemain des Jeux de Londres, que Marie-Pier a accroché son pince-nez et son casque de bain et a tourné la page sur sa carrière en nage synchronisée. Une décision prise avec la satisfaction du devoir accompli.

«J’avais envisagé en 2008 de mettre un terme à ma carrière. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir continué. Ce fut les quatre meilleures années de l’équipe. Je me considère vraiment chanceuse d’avoir pris part à la remontée de Synchro Canada (maintenant Natation Artistique Canada), après avoir connu un peu la descente. Ça faisait longtemps que le Canada n’avait pas mis les pieds sur le podium lors des championnats du monde quand nous l’avons fait en 2009. Pour moi, ça été un leitmotiv pour poursuivre jusqu’en 2012.»

Même si elle aurait souhaité revenir de Londres avec une médaille au cou, la Louperivoise ne garde aucune amertume des Jeux de 2012. Elle explique que les Canadiennes avaient offert une performance à la hauteur de leurs attentes. Et que la performance, c’est ce qui importe pour un athlète.

«C’est drôle parce qu’après les Jeux, beaucoup de gens me félicitaient pour ma médaille de bronze. Quand je leur disais que nous avions fini quatrièmes, ils me répondaient que c’était dommage parce que nous avions vraiment bien nagé. La performance, c’est ce qui reste.» 

Contrairement à ses coéquipières, Marie-Pier n’a pas pris part, à son retour au pays, à la tournée post-olympique. Elle a plutôt préparé son retour sur les bancs d’école qu’elle a fait au début du mois de septembre 2012. Un choix qu’elle ne regrette pas, car elle n’était pas prête à retarder ses études en pharmacie. Son retour à une vie plus «normale» a cependant été ardue, principalement à cause du «syndrome de performance» qui l’animait.

«Quand on a été parmi les meilleures au monde dans une discipline, on veut continuer à performer autant, peu importe le domaine. Et ce n’est pas toujours possible. La transition a été difficile. Quand j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis remise à faire une heure de sport par jour. Ça m’a permis de retrouver un certain équilibre. Je ne suis pas certaine que l’on se débarrasse complètement de ce “syndrome” quand on a été athlète. C’est quelque chose avec laquelle je vais jongler toute ma vie. Il faut apprendre à se raisonner. Et c’est sûr que mon conjoint, ma famille et mes amis m’aident beaucoup dans le processus.»

Pour Marie-Pier, le retour à une vie plus «normale» a aussi eu ses avantages. Elle a pu se rapprocher des siens, fonder sa propre famille et profiter de la vie. «Des fois s’assoir et ne rien faire, ça fait aussi du bien. 

«Mais j’ai gardé contact avec la nage synchronisée. Je suis allée avec Julie Sauvé travailler avec l’équipe du Brésil pour les Jeux de 2016 puis à Singapour. Et je nage occasionnellement pour le plaisir avec les Flamands roses de Rivière-du-Loup. C’est juste assez pour ne pas décrocher complètement tout en gardant une certaine distance pour pouvoir me dire : “Oui, je suis passée à autre chose.” Mais outre l’entraînement en piscine, il n’y a que la synchro qui me satisfasse pleinement. Dans les autres sports, je suis comme un poisson hors de l’eau. Je ne suis pas très bonne.»

Sports, etc

Jean-François Côté amoureux du baseball

Ça fait presque 20 ans que Jean-François Côté est absent de la scène du baseball régional. Hormis un retour d’une saison comme entraîneur-chef dans le midget AA, il ne s’est pas impliqué avec quelque organisation que ce soit, lui qui avait pourtant travaillé à la naissance de l’équipe de baseball du Rouge et Or et des Capitales, et qui avait été entraîneur dans la LBJEQ. Mais qu’on ne se trompe pas, cette absence n’avait rien à voir avec un manque de passion.

«Je suis un amoureux du baseball», lance Côté. Ç’a toujours été ça, avant même le Rouge et Or ou les Capitales. Quand j’étais enfant et qu’il y avait du hockey à la télévision, je l’écoutais et j’aimais ça. Mais quand c’était du baseball, c’était la folie. Personne n’avait le droit de toucher à la télé, de parler ou de faire quoi que ce soit qui aurait pu me déranger. Au fil des ans, ma passion et mes différentes implications m’ont permis d’acquérir des connaissances historiques, administratives et sur le terrain qui m’ont poussé à en connaître toujours davantage. Malheureusement, quand tu commences à en savoir un peu plus sur le baseball, tu te rends compte que plus tu en sais, moins tu en sais, car il y en a toujours plus à savoir.

«Le baseball, c’est donc la chose avec laquelle je suis le plus familier. J’aime l’informatique, les chiffres, mon travail, mes amis, mais le domaine où je suis le plus à l’aise, c’est celui du baseball. Encore aujourd’hui, j’écoute au moins un match de baseball par jour sur MLB TV.»

C’est au début des années 2000 que Côté a mis fin à ses implications dans le monde du baseball. Il a décidé d’arrêter de courir après ses rêves afin de s’occuper de sa santé financière et de se bâtir une retraite à son goût. Et il est allé travailler comme analyste dans le domaine de l’informatique où il est devenu un spécialiste du système Excel.

«Je n’ai pas vraiment eu de deuil du baseball à faire parce que je ne suis pas resté chez moi à ne rien faire. Je me suis rapidement aperçu que mon trip, c’était de partir des projets, mais que le travail de gestionnaire dans une équipe n’était pas vraiment quelque chose qui m’intéressait. En fait, la seule chose dont je me suis ennuyé, c’est d’être sur le terrain avec les jeunes, l’esprit de gang, vendre un concept et de prendre des décisions. Parce qu’au baseball, l’implication du coach pendant le jeu est unique. L’entraîneur a un impact direct sur le résultat d’un match, à chaque match.»

Feuille de route remplie

Côté a marqué le baseball régional à bien des niveaux. Et il avait une feuille de route bien remplie quand il a réorienté sa carrière. Avec son bon ami André Lachance, avec qui il a dirigé les Diamants de Québec à leur deuxième année d’existence, il a d’abord mis au monde le programme de baseball du Rouge et Or de l’Université Laval, une équipe qu’il a dirigée jusqu’en 1999, avec laquelle il a décroché un titre national et dont il dit que ce fut un trip exceptionnel, un projet qui n’avait que du positif... à l’exception de la météo. Le duo est aussi responsable de la naissance des Capitales. Lachance a eu l’idée d’emmener du baseball professionnel à Québec et Côté a travaillé à convaincre Miles Wolff d’installer une franchise au Stade municipal. On connaît la suite...

«Ça s’est fait en trois étapes. André Lachance est celui qui a fait le clin d’œil à la fille, moi, j’ai été le géniteur et Nicolas Labbé a mis l’enfant au monde. C’est lui qui a fait que le 3 juin 1999, les Capitales étaient prêts à recevoir les gens au stade. Par la suite, Michel Laplante l’a fait grandir.

«Je ressens un grand sentiment de fierté du devoir accompli. Ce que je retiens de ma carrière au baseball, c’est la chance que j’ai eue. J’ai fait des rencontres exceptionnelles comme M. Wolff que j’ai cruisé pendant cinq ans. Et ça, c’est peut-être la chose dont je suis le plus fier. Avoir convaincu un millionnaire américain à déménager à Québec pour partir du baseball.»

Côté pensait bien que son implication dans le baseball était chose du passé. Mais l’automne dernier, dans le cadre d’un reportage sur les 20 ans des Capitales, il a jasé avec André Lachance qui lui a proposé d’accompagner l’équipe nationale féminine de développement à un camp d’entraînement à Cuba. C’est là qu’il a compris que son implication n’était pas terminée.

«J’ai réalisé que j’aime encore le baseball, que j’aime ça autant qu’avant. Et j’ai su que j’allais me réimpliquer. De quelle manière? Je ne le sais pas. En coachant? En travaillant sur un c.a. de quelque chose? En partant une business? En étant dans la vente d’équipement? Je ne sais pas. Mais j’ai encore des projets de fou. La seule façon d’avoir une bonne idée, c’est d’avoir plein d’idées. Et j’ai un rêve que je caresse pour ma retraite. Comme j’ai de grandes connaissances dans le système Excel et que j’ai accès aux statistiques avancées du baseball, j’aimerais me partir une petite business qui offrirait des stats avancées à des équipes professionnelles mineures. Est-ce la manière dont je reviendrai au baseball? Je ne sais pas. On verra.»

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Danny Bell: une flamme ravivée

Pendant six ans, Danny Bell s’est contenté de jouer à la balle au mur pour le plaisir. Mais après avoir remporté à Albany, en novembre, un tournoi regroupant les meilleurs joueurs de l’est des États-Unis, il est venu à un cheveu en avril de se qualifier pour le tournoi pro de San Francisco. Et, il y a deux semaines, il a gagné le championnat canadien dans la classe Open. Ces résultats ont ravivé chez lui la flamme de la compétition de haut niveau.

«De voir que je pouvais encore avoir du succès, ça me fait réfléchir», confie Bell, qui a disputé ses premiers tournois de balle au mur il y a 45 ans. «Peut-être que l’année prochaine, je pourrais réessayer de me qualifier pour des tournois pro, en choisissant mes tournois et en le faisant bien. Je me dis : il arrivera ce qui arrivera. Juste jouer de nouveau sur le circuit sera une grande satisfaction. Je n’aspire pas à figurer parmi les meilleurs. Je veux juste faire partie de la gang. C’est ça qui va me faire plaisir.»

À l’époque, Bell s’était fixé comme objectif de jouer professionnel jusqu’à l’âge de 50 ans. Mais à cause d’une hernie discale à 49 ans, il avait dû arrêter pendant un an. Et à son retour, il s’était déchiré un muscle dans une cuisse. Cette nouvelle blessure l’avait poussé à penser qu’il était temps d’arrêter. «C’est après l’avoir soignée que j’avais recommencé à jouer... juste pour le plaisir en prenant part à des tournois dans ma catégorie d’âge. Mais je me dis maintenant que je pourrais peut-être jouer pro jusqu’à 60 ans?»

Pour Bell, jouer pour le plaisir a signifié prendre part aux Championnats du monde où il a gagné le simple et le double chez les 45 ans et plus. S’ajoutent des titres chez les 50 ans et plus et les 55 ans et plus. Mais plus impressionnant, c’est la manière dont il a déclassé ses adversaires. Et au championnat canadien de 2019, il a battu des jeunes de 20-25 et 32 ans. En finale, il a vaincu Ryan Bowler, un joueur qui se qualifie régulièrement pour les tournois pro.

«Même si on n’est pas une grosse communauté de joueurs de balle au mur à Québec, j’ai la chance de jouer trois-quatre fois par semaine avec des jeunes de calibre. Je suis aussi chanceux d’avoir la physiologie que j’ai. Je ne fais pas vraiment attention à ce que je mange et je ne m’entraîne plus aussi intensément qu’avant. Mais quand j’arrive en tournoi, j’ai un avantage incroyable sur mes adversaires. Je n’ai rien à perdre. C’est tout le contraire pour mes rivaux. Il n’y a personne qui veut perdre contre un gars de 57 ans.»

Bell est un peu l’exception qui confirme la règle en balle au mur, un sport où les athlètes sont à leur meilleur vers la mi-trentaine et où peu ont du succès chez les pros au-delà de 40 ans. Il avait donc accompli un exploit en remportant le U.S. Open à l’âge de 43 ans. Et même au seuil de la cinquantaine, il était encore classé parmi les 12 meilleurs joueurs au monde, lui qui avait été deuxième quand il était plus jeune.

Fontaine de Jouvence

Bell se demande parfois d’où lui vient toute cette énergie. Et il est certain de ne pas avoir bu à la fontaine de Jouvence. Il reconnaît que son travail de coordonnateur du programme sports-arts-études de l’école Cardinal-Roy qu’il occupe depuis 15 ans — un programme qui compte 31 disciplines sportives et 6 en arts pour plus de 700 élèves — n’est pas étranger à son bel enthousiasme.

«Aller voir mes athlètes en compétition ou à l’entraînement ou de savoir que quand ils reviennent le lundi, ils ont bien réussi ou ils ont gagné, ça me rappelle quand j’ai commencé et ça me drive. Ça me garde jeune et me pousse moi aussi à continuer à me dépasser.»

Professeur d’éducation physique de formation, Bell possède aussi une solide expérience dans le coaching, le monde des athlètes et le sport de haut niveau. Il est donc la personne toute désignée quand vient le temps comprendre un athlète et ses besoins, d’aborder un problème, peu importe sa nature, et de lui trouver une solution. «Mon vécu me permet d’avoir une vision différente pour conseiller les jeunes ou les diriger vers la bonne personne. Je comprends leurs problématiques et je suis à l’écoute.»

Stimulé par son environnement, Bell ne craint cependant pas le moment de la retraite même s’il sait qu’il sera beaucoup moins sollicité parce qu’il se trouvera de nouvelles occupations parallèlement à la balle au mur où il a toujours beaucoup de plaisir et où il adore l’adrénaline, la performance et le bon stress que ce sport lui procure.

«Je veux rester actif auprès des jeunes. Je vais peut-être m’impliquer dans les Jeux du Québec. Mes trois belles-filles, les filles de ma femme, sont très sportives. Et on va continuer de les suivre. Elles vont peut-être aussi avoir des enfants... Comme je suis un mordu de sport, je vais faire des choses que je n’ai jamais eu le temps de faire, comme assister à des matchs du Canadien, de l’Impact, ou aller à la Coupe Roger. Alors c’est certain que je vais rester d’une manière ou l’autre en contact avec le sport.»

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Un virage maritime pour David Boily

Il y a maintenant presque trois ans que David Boily a remisé son vélo et qu’il a troqué le guidon pour la barre. Et si, pendant plus d’une décennie, c’est sur la route, sur une bécane, qu’il a pu visiter le monde, c’est sur l’eau, à bord d’un bateau, qu’il aura bientôt la chance de découvrir la planète.

«J’étudie à l’Institut maritime du Québec depuis deux ans, explique l’ex-cycliste. En sortant de l’école, j’aurai mon brevet de troisième officier de navigation. En décembre, j’ai amorcé mon premier grand stage sur le Bella Desgagnés, un navire unique en son genre puisqu’il est à la fois un bateau de croisière et un cargo pour le transport de marchandises. Nous desservons toute la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord, de Rimouski jusqu’à Blanc-Sablon.

«Comme je suis élève officier, je dois toucher à toutes les tâches qui doivent être faites sur un bateau. Il y a des semaines moins intéressantes. Mais il y en a d’autres qui sont super le fun pendant lesquelles nous conduisons le bateau et nous faisons de la route sous les ordres du capitaine et de l’officier. C’est un stage de cinq mois en mer où nous travaillons presque tous les jours. C’est une expérience très enrichissante.»

Boily ne se destinait pas à une carrière dans le domaine maritime. Travaillant en restauration, il a réalisé que même s’il aimait le milieu, il ne pourrait pas, à long terme, concilier les heures longues et irrégulières à une vie de famille équilibrée. Et il a commencé à penser à un retour aux études. À la même époque, un ami qui travaillait dans le milieu maritime lui a parlé de sa profession et il l’a emmené naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.

«Je trouvais ça plaisant ce qu’il faisait. Et je me suis demandé pourquoi je n’étudierais pas dans son domaine. C’était un cours de quatre ans incluant les stages. Et il fallait que je déménage à Rimouski. C’était une grosse décision mais aujourd’hui, je tripe ben raide.»

Boily confirme que son retour sur les bancs d’école avait été extrêmement difficile. «Pendant tout le temps que j’ai fait du vélo, mon corps a travaillé. Mais mon cerveau, ça faisait des années qu’il n’avait pas été entraîné, lance-t-il en riant. Le brevet de troisième officier est considéré comme un cours d’études collégiales. J’ai dû faire tous les cours obligatoires du cégep en plus de mes cours de technique. Ça allait vite la première année. Mais mon passé de performance m’a beaucoup aidé. J’ai étudié fort tout en travaillant et j’ai eu de bons résultats. Je suis content. Mon cheminement scolaire va super bien.»

Moins passionné

Obligé de quitter la formation italienne Amore & Vita à cause de problèmes de santé en 2013, Boily a mis sa carrière en veilleuse jusqu’en 2016. Il s’est alors joint à la formation Garneau-Québecor.

«Une année où j’ai vraiment aimé chaque moment passé avec l’équipe. Et j’ai vraiment essayé de retourner sur la scène internationale. Mais comme parallèlement au vélo, je travaillais en restauration, c’était difficile de revenir au niveau où j’étais. J’ai quand même fait quelques bonnes courses comme lors des Championnats canadiens où j’ai eu une quatrième place. Je me suis cependant rendu compte que ma passion n’était pas revenue au niveau maximal, que je n’avais plus le goût de mettre autant d’efforts et d’énergie qu’avant.

«À la fin de la saison, j’ai décidé d’arrêter, de penser à moi et de mettre le focus sur autre chose. Je me suis éloigné tranquillement du monde du vélo sans jamais annoncer officiellement ma retraite et sans crier sur tous les toits que j’arrêtais. Ma décision n’ayant pas été prise sur un coup de tête, je ne l’ai jamais regrettée.»

Boily ne retient que du positif de sa carrière qui l’a mené en Colombie à l’âge de 19 ans mais aussi en Iran, au Tour de la Californie, où il a porté le maillot à pois, et au Tour de l’avenir (2011) où il a terminé deuxième au classement final, à 17 secondes du gagnant, après avoir porté le maillot jaune lors de la dernière étape. Il a aussi fait partie des formations professionnelles Spidertech et Amor & Vita. S’ajoute une participation aux Championnats du monde.

«Je suis très fier de ma carrière. Mais s’il y a une chose que je pouvais changer, je retrancherais 17 secondes à mon temps au Tour de l’Avenir. Mais si après la course j’étais déçu, avec le recul, je suis très fier. J’étais arrivé en France sans aucune attente et j’ai devancé certains coureurs qui gagnent maintenant au niveau international.

«Sinon, j’aurais aimé faire le circuit du World Tour une fois ou deux avec la crème de la crème et toucher à un grand tour, sans nécessairement parler du Tour de France. Pour moi, ce n’est pas un manque de ne pas y avoir été.

Très occupé par ses études et le travail, Boily a complètement arrêté de rouler. Et il ne s’ennuie pas du vélo. L’entraînement ne lui manque pas et il n’a pas encore retrouvé le goût de faire du vélo.

«Je suis dans d’autres projets. Je n’ai pas eu beaucoup de fins de semaine de congé depuis deux ans et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer de grand chose. Mais après avoir fini l’école, il y a de fortes chances que je m’achète un vélo et que dans mes temps libres, j’aille faire ma petite run.

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Julie Sanders: question d’équilibre

Comme tous les athlètes faisant du sport de haut niveau, Julie Sanders, une adepte de vélo de montagne, s’était fixé comme objectif ultime de prendre part aux Jeux olympiques. Sauf qu’elle ne voulait pas y aller à n’importe quel prix. Alors quand elle est arrivée à la croisée des chemins et qu’elle a dû choisir entre ses études et son rêve, elle s’est laissé guider par ses valeurs plutôt que par ambitions sportives.

«Je n’ai jamais été capable de mettre tous mes œufs dans le même panier», confie la spécialiste des épreuves de cross-country. C’est dans la personnalité, c’est une question d’équilibre. Un moment donné, j’ai atteint un plateau au niveau de mes performances et j’ai réalisé qu’en gardant mon équilibre, je ne pourrais pas mettre davantage de temps sur mon entraînement afin de continuer à progresser. Mais il n’était pas question que j’abandonne mes études ou que je réduise le temps que j’y consacrais. Ce n’était pas dans mes valeurs et ce n’était pas dans celles de ma famille et j’étais consciente de la précarité de ma carrière. Alors j’ai fait ce que je pouvais au niveau sportif.»

La cycliste indique que l’année 2007, alors qu’elle arrivait à la fin de ses études et qu’elle débutait ses stages, avait été un moment charnière. «Comme je me sentais prête à m’investir dans autre chose et que je sentais que j’avais atteint le maximum avec ce que je pouvais investir dans mon entraînement, j’ai commencé à penser à ma retraite que j’ai prise en 2008 quand j’ai commencé à travailler.»

Julie indique que, tout au long de son parcours, ses entraîneurs sur l’équipe du Québec et ses commanditaires avaient toujours respecté et valorisé sa vision. Les choses se sont cependant gâtées avec la formation nationale. Alors qu’elle avait 17 ou 18 ans, un coach avait dit qu’il ne la prendrait pas au sérieux tant qu’elle n’abandonnerait pas ses études. À brûle-pourpoint, elle lui avait répondu : «Mais vous allez faire quoi si je me casse une jambe? Vous allez me supporter comment?» Elle n’obtint pas la moindre réponse.

La Québécoise n’a jamais regretté sa décision. Oui, elle s’est parfois demandé qu’est-ce qui serait arrivé si elle avait choisi une autre voie. Mais sans plus. «Les JO, c’est l’objectif ultime de tout athlète. Et j’aurais été très contente de me rendre là. Mais le sport m’a apporté plein d’autres choses. Prendre part à des Coupes du monde ou des championnats du monde, ça procure quand même beaucoup de reconnaissance et de valorisation. Surtout quand c’est présenté chez toi au mont Sainte-Anne où je m’y suis sentie levée par la foule. C’était assez capoté. Et c’est sans compter toutes les belles expériences que j’ai vécues.

«Mais j’étais très à l’aise avec mes décisions. Il y a des compromis que je n’étais pas prête à faire. Je n’ai donc pas de regrets.»

Ayant renoncé à la compétition, Julie n’a pas remisé son vélo pour autant. Elle en a profité pour faire des voyages de vélo et découvrir des sentiers qu’elle ne connaissait pas ou d’autre que ses obligations d’athlètes l’avaient empêchée de voir et d’essayer. Et elle est un peu retombée en amour avec son sport.

«Je n’ai jamais arrêté de rouler. Je l’ai fait dans toutes sortes d’endroits mais sans pression, en appréciant tout ce qu’il y avait de beau et de plaisant.»

Le sport adapté

Physiothérapeute, Julie travaille au Centre en réadaptation en déficience physique de Charny auprès de personnes devant vivre avec de séquelles physiques permanentes à la suite d’un accident. Elle œuvre aussi au sein d’un comité où on lui a confié comme mandat de développer le sport adapté dans la région Chaudière-Appalaches pour les personnes qui ont une déficience physique et de le rendre plus accessible. 

Julie organise, par exemple, des mini-salons du vélo adapté. Son passé d’athlète et ses nombreux contacts font d’elle une référence pour les gens désirant pratiquer un sport adapté, mais ne sachant pas à quelle porte frapper pour le faire. Elle les met en relation avec les bonnes personnes, les aide à trouver des sources de financement afin de payer pour les dispendieux équipements. etc.

«On connaît l’importante au niveau physique et mental de la pratique du sport pour la population en général. Mais elle l’est encore davantage pour les gens qui ont une déficience physique. 

«Quand quelqu’un me demande de l’aider, je ne lâche pas le morceau tant que je n’ai pas trouvé ce dont il a besoin. Je pense que c’est dans ma personnalité. Quand j’embarque dans quelque chose, j’embarque à 100 %. J’ai à cœur que ça fonctionne.»

Même si son travail, sa petite fille et sa passion pour le vélo de montagne lui demandent beaucoup de temps, Julie s’est quand même impliquée dans une autre cause touchant des athlètes handicapés. «J’ai été recrutée par Ski de fond Canada pour faire de la classification pour les athlètes paralympiques. Je suis classificatrice internationale», explique celle qui n’a qu’un souhait, c’est que le sport soit une aussi grande source de dépassement, de plaisir et de bien-être pour les autres qu’il l’a toujours été pour elle.

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Patrick D’Aoust: en payer le prix

Patrick D’Aoust avait un style bien à lui en tant que receveur. Quand il avait à retirer un coureur venant du troisième but, il aimait bloquer le marbre au lieu de simplement appliquer la balle sur son adversaire. Et il en a payé le prix. Victime de commotions cérébrales, il a dû mettre un terme à sa carrière avec les Capitales alors qu’il n’avait que 27 ans. S’est ensuivie une longue convalescence.

«J’aurais dû me tasser, avoue le receveur des Capitales de 2008 à 2013. Mais j’avais joué au hockey et j’avais toujours aimé le contact. La position de receveur est pas mal physique, mais il me manquait cet aspect-là. J’aimais bloquer le marbre. Tu te fais frapper, tu perds ton casque, tu gardes la balle, le gars est retiré. C’est spectaculaire. Il y a de l’énergie. Le seul problème : c’est toujours moi qui recevais le coup. J’aurais évité bien des problèmes en me tassant et j’aurais prolongé ma carrière.»

D’Aoust se souvient de la première fois qu’il a bloqué le marbre à un rival. Le joueur est allé lui dire qu’il n’avait pas eu le choix d’entrer en collision avec lui. «Je l’ai remercié de l’avoir fait. Avec le recul, je me dis que je l’ai remercié pour avoir amorcé le processus menant à la fin de ma carrière...»

Victime de violentes collisions, D’Aoust a commencé à ressentir sur une base quotidienne les symptômes des commotions cérébrales qui en ont découlé. C’est quand ils ont été plus persistants qu’il a commencé à s’inquiéter.

«La saison 2013 a été très difficile. J’ai commencé à être étourdi sur le terrain et à moins bien voir la balle. Je me demandais ce qui se passait. Puis j’ai reçu une fausse balle sur mon casque. Du coup, tout s’est mis à empirer. J’avais constamment des nausées, des étourdissements, des problèmes de vision et la lumière augmentait mes symptômes. Je pensais que tout reviendrait normal. Mais au bout d’une semaine, rien n’avait changé. C’est là que j’ai dit à Pat [Patrick Scalabrini] que c’était terminé.»

D’Aoust a craint de ne jamais retrouver la santé. Pendant des semaines, il est resté couché dans le noir total en espérant qu’un seul des symptômes qu’il ressentait parte. Après plusieurs semaines, ses étourdissements ont disparu. Puis ce fut ses maux de tête.

«Ç’a été beaucoup plus long pour ma vision. Et je ne vois plus aussi bien qu’à l’époque. Mais ce n’est pas grave.»

La famille

D’Aoust avait eu ses premiers contacts avec les Capitales en 2007. Un peu démoralisé de ne pas avoir reçu d’offre d’une équipe du baseball majeur à sa sortie de Cowley College et se sentant trop «jeune» pour évoluer avec la formation québécoise, il avait décidé de prendre une année sabbatique du baseball. Mais quand les Caps lui ont de nouveau fait de l’œil en 2008, il a accepté de jouer à Québec.

«Je savais que la porte du baseball organisé était fermée. Je ne voyais pas les Capitales comme un tremplin vers autre chose. J’avais comme objectif d’abord d’aider l’équipe à gagner des championnats et ensuite d’avoir une belle carrière.

«Après mes deux premières journées au camp d’entraînement, j’ai vu c’était quoi les Capitales et j’ai compris pourquoi personne n’avait envie de quitter le club. C’est une famille où tous les gars sont prêts à se supporter, à être là les uns pour les autres. Les gars avec qui j’ai joué sont comme mes frères. Aujourd’hui encore, si j’ai besoin de quelque chose ou s’ils ont besoin de quelque chose, on va s’aider, c’est certain.»

Auxiliaire à Greg Stevens à sa première saison, D’Aoust est devenu le receveur régulier des Capitales en 2009. Il a occupé le poste jusqu’au moment de mettre fin à sa carrière. Et il a atteint l’objectif qu’il s’était fixé, soit d’aider l’équipe à gagner. 

«Je suis vraiment fier de ma carrière à Québec. J’ai été là six ans et l’équipe a remporté cinq championnats. C’est le fait saillant de ma vie jusqu’ici. Si j’étais capable, c’est certain que j’y retournerais. Mais je suis rendu à une autre étape de ma vie où j’essaie de me créer d’autres moments magiques.»

Même s’il a pris sa retraite de joueur, D’Aoust demeure impliqué dans le baseball à temps plein. Entraîneur au sein du programme sports-études à l’école Édouard-Montpetit, le même par lequel il était passé à l’école secondaire, il a entraîné l’équipe midget AAA de Montréal avant d’en devenir le directeur général. Il a aussi fondé avec deux amis, avec qui il chapeaute le programme sports-études de baseball du Cégep Ahuntsic, l’Usine de baseball, une école s’adressant aux jeunes de tous les âges et de tous les niveaux. S’est ensuite ajouté le Centre Grand Chelem où il est possible de frapper des balles à l’année.

«Le fait d’être dans le baseball à temps plein a sûrement facilité le deuil de ma carrière. J’ai toujours une balle dans les mains ou un bâton comme avant. La différence, c’est qu’au lieu de frapper contre un lanceur, je frappe des roulants et des ballons à mes jeunes et qu’au lieu de lancer des balles au deuxième but, je lance 300 balles lors des pratiques au bâton. Mais j’avoue que je rêve encore de jouer un match, un dernier, avec les Capitales.»

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Philippe Audet: un repêchage sans aucune attente

Philippe Audet n’avait jamais rêvé de jouer dans la Ligue canadienne de football. Et même si des équipes lui avaient montré de l’intérêt, il n’avait aucune attente lorsque s’est amorcé le repêchage de 2005. Non seulement a-t-il été sélectionné par les Argonauts, mais c’est dès la deuxième ronde (14e) qu’il s’envola. Sa surprise fut totale.

«J’y croyais plus ou moins parce que même à l’université, j’étais très petit pour évoluer sur la ligne défensive, confie l’athlète de Sainte-Justine. Je pesais autour de 225 livres alors que le poids moyen des gars à ma position était de 265-270 livres. Et malgré une expérience positive au East-West Bowl et de bons résultats au combine, où on m’avait démontré de l’intérêt, jamais je n’avais eu l’espoir de jouer dans la LCF ou que je m’étais dit que c’est ce que je voulais faire.  

«J’avais simplement décidé d’y aller étape par étape et de profiter au maximum de chacune des expériences que je vivrais. Pour moi, être repêché signifiait avoir la chance de prendre part à un camp pro.»

Audet est d’avis que sa journée de repêchage ne constitue pas l’un des fait saillants de sa carrière comme le fut, par exemple, ses deux conquêtes de la Coupe Vanier, des événements lui ayant fait vivre de grandes émotions. Il rappelle que le repêchage de la LCF n’avait rien de glamour à l’époque. Les joueurs le suivaient sur l’écran d’un ordinateur dans le bureau des coachs. Et c’est en pesant sur la touche refresh qu’ils pouvaient voir si des noms s’étaient ajoutés à la liste des joueurs sélectionnés. Le sien est apparu en même temps que ceux de Phillip Gauthier et de Pierre Tremblay. «Les gars ont d’abord remarqué le nom de Phil Gauthier. C’est par la suite qu’ils ont dit ‘‘Phil Audet, tu as aussi été repêché’’. Ce fut bien drôle. Et le soir, je suis allé travailler comme je le faisais à chaque soir. Ma petite vie continuait. 

«Je me suis présenté au camp sans grandes attentes et sans appréhension. Je me suis dit : ‘‘advienne que pourra’’. C’est certain que je voulais montrer ce dont j’étais capable et que je voulais voir du terrain. Mais dans ma tête, jouer au football professionnel ce n’était pas ce que j’allais faire dans la vie.»

Deuil difficile

Audet n’a joué qu’une saison à Toronto. En 2006, il ne connut pas le camp à la hauteur de ses attentes et de celles de ses entraîneurs. Et il fut relégué à l’équipe de pratique. Il fit une remise en question qui l’incita à accrocher ses crampons et à revenir à Québec pour se trouver un emploi dans son champ d’études, soit l’administration.

«J’étais conscient que le football, c’était fini. Les équipes venaient de passer de 90 à 45 joueurs. Personne n’était à la recherches de footballeurs. Aujourd’hui, je suis bien fier d’avoir joué au football professionnel même si mes plus beaux souvenirs, c’est avec le Rouge et Or que je les ai eus. Ç’a été une belle expérience qui m’a beaucoup apporté au niveau professionnel et personnel. J’aurais aimé jouer pro un peu plus longtemps. Mais je n’ai pas de regrets.»

Audet ne cache pas que son deuil du football à son retour à Québec fut très difficile à faire. Et comble de malheur, il était voisin du PEPS où il voyait le Rouge et Or s’entraîner. «Je ne me sentais pas bien là-dedans, j’avais juste le goût de m’en aller.»

Audet a trouvé un travail à Magog où il s’est aussi impliqué comme coach dans une équipe de football d’une école secondaire. Un éloignement qui lui a permis de bien tourner la page sur son ancienne carrière. Parallèlement, il a tenté de trouver une activité qui lui apporterait le même dépassement de soi et l’adrénaline que le football. Ses recherches sont demeurés vaines. «Ça m’a pris des années avant de retourner dans un gym et sans les boys et les coachs, je m’y suis ennuyé à mourir. Je suis toujours actif physiquement, mais je n’ai jamais retrouvé un environnement comme celui que j’avais au football.»

Audet est aujourd’hui directeur principal des opérations manufacturières chez AddÉnergie, une entreprise spécialisée dans les bornes de recharge pour les véhicules électriques. Et comme c’était le cas avec le Rouge et Or, son besoin de dépassement de soi et de vouloir constamment s’améliorer est toujours présent, tout comme sa reconnaissance de l’importance du travail d’équipe. Mais même si le football guide toujours sa vie, il trouve amusant qu’on le présente encore comme un footballeur. «Ça fait 14 ans!» lance l’athlète qui, à sa grande surprise, fut invité à livrer un discours lors du souper annuel du club de football du Rouge et Or .

«J’ai été honoré qu’on me le demande, mais aussi un peu shaké. Je me suis demandé qu’est-ce que j’allais dire pour intéresser les participants. J’ai décidé de remercier les coachs pour ce qu’ils avaient fait pour moi, ce qu’ils m’avaient appris et apporté dans ma vie personnelle et professionnelle et les valeurs qu’ils m’avaient données, quelque chose que je n’avais pas eu la chance de faire. J’ai été très heureux de revoir tout le monde. J’étais retourné à la maison. Ça m’a fait un grand bien.»

Sports, etc

Jean-Philippe Goyette: mettre la pédale douce

Jean-Philippe Goyette a longtemps pensé qu’il pourrait faire du badminton de compétition presque toute sa vie. Mais il y a trois ans au championnat provincial, une douleur à une hanche l’a incité à consulter. Le diagnostic a été cruel. Il ne lui restait que 40 % de sa hanche blessée et il devait mettre la pédale douce dans la pratique de son sport.

«Ce fut un choc, lance l’athlète qui s’est notamment signalé avec le Rouge et Or. Je voyais mes chums arrêter parce qu’ils avaient mal à une épaule ou à un coude et moi à 42 ans, à part de petites douleurs, je n’avais rien. Je pensais pouvoir jouer au moins jusqu’à 60 ans au championnat provincial. Et il y a eu cette histoire de hanche. Je ne pouvais plus pratiquer mon sport à un haut niveau et je perdais mon outil pour relaxer et me changer les idées.» 

«Ça été difficile et ça l’est encore. Mais je garde espoir. J’ai entendu dire qu’il existait des chirurgies pouvant régler mon problème. Mon but est d’étirer le temps afin de laisser les spécialistes trouver des solutions. Et je verrai... Mais si on peut permettre à mon body de recommencer à jouer au badminton comme avant et pendant longtemps, pourquoi pas.»

Goyette a connu une carrière fructueuse. Gagnant de plusieurs titres provinciaux, il a aussi tiré son épingle du jeu au niveau national où il a gagné deux championnats en plus de jouer sur l’équipe nationale. Il a pris part à de prestigieux tournois en Europe comme le All England et remporté quelques titres. Un cv qui lui a ouvert les portes du Temple de la renommée du badminton québécois en 2017.

«C’est incroyable comment j’ai été chanceux. D’avoir eu les parents que j’ai eus. Pour eux, il n’y a rien qui n’était pas permis en badminton. Du moment que je scorais dans mes études. Ils m’ont facilité la vie. Mais aussi d’avoir pu compter sur des entraîneurs de qualité. Jean-Claude Laprise puis quand je suis devenu un adolescent un peu plus rebelle, Pierre Olivier qui m’a emmené à travailler ma condition physique, et Marie-Claude Lachance qui m’a donné de la corde quand c’était le temps et qui l’a serrée en d’autres occasions. Si ce monde-là n’avait pas été là, peut-être que je ne jouerais plus au badminton. Parce qu’en trois occasions, j’ai failli arrêter. Et il y a eu quelqu’un pour me ramener.»

Revenant sur ses succès, Goyette est d’avis qu’il avait toujours eu une bonne tête de badminton. Malgré son talent, sa rapidité et une bonne puissance, il n’était pas le plus grand, ce qui le pénalisait quand venait le temps d’aller chercher certains coups. Il se cassait donc la tête pour trouver des moyens de gagner, lui qui haïssait perdre. 

Études en pharmacie

Malgré une carrière bien remplie, Goyette s’est toujours fait un devoir de demeurer sur les bancs d’école où il a étudié pour devenir pharmacien. «J’ai choisi un bac où il y avait beaucoup de connaissances qui étaient dans les livres. Quand je partais en voyage, j’apportais mes livres. Tout ce que j’avais à faire, c’était de mettre le temps nécessaire pour étudier et d’être discipliné, même si des fois, c’était moins facile.»

Ses études terminées, le Québécois a mis toutes ses énergies sur le badminton. Ambitionnant de prendre part aux JO de Sydney, il a été ignoré pour les épreuves de qualification, l’entraîneur de l’équipe nationale lui disant qu’il serait à son meilleur lors des Jeux suivants. 

«Il n’était pas question que je mette ma carrière de pharmacien en veilleuse pendant quatre ans. J’ai un peu claqué la porte de l’équipe. Regrettant la manière dont ça c’était fini, j’ai recommencé à jouer, quatre ans plus tard, avec Philippe Bourret lors des championnats canadiens et quelques tournois internationaux. On a joué ensemble pendant deux ans.»

«Même si la manière dont ma carrière avec l’équipe nationale s’est terminée est un peu plate, je suis convaincu que j’aurais regretté d’avoir attendu quatre ans avant de commencer ma carrière de pharmacien.»

Goyette était propriétaire de deux pharmacies quand il a tout vendu pour se concentrer sur sa famille quand ses enfants sont venus au monde. Maintenant âgé de 45 ans, il se dit à la croisée des chemins. «Si jamais j’avais le désir de relever un défi au niveau professionnel, ça serait le temps d’embarquer.»

Membre du conseil d’administration de l’équipe de badminton du Rouge et Or depuis huit ans, Goyette est aussi coach au civil et il s’est impliqué dans l’organisation des championnats canadiens des maîtres Yonex présentés au PEPS (28 avril au 3 mai) qui réuniront des athlètes de plusieurs pays dont Nick Pounting et Rebecca Pantenay. Faisant-fi des recommandations de son médecin, il jouera en simple, en double et en mixte avec Jody Patrick. L’objectif sera toujours le même. Gagner.

«La fameuse défaite qui ne se digère pas, ça ne s’améliore pas en vieillissant. Mais je suis capable de mettre les choses en perspective. Ce que je hais, c’est d’échapper des matchs serrés. La rivalité est toujours aussi forte sur le terrain. Mais à l’extérieur, on va avoir beaucoup de plaisir lors des activités au programme.»

Sports, etc

Marcel Cousineau: réaliser sa chance

Même s’il a passé neuf saisons à jouer au hockey professionnel en sol nord-américain, Marcel Cousineau n’a jamais réussi à percer l’alignement d’une équipe de la LNH où sa carrière s’est limitée à 26 matchs. Sa déception d’être passé si près de son rêve l’a parfois poussé à ne pas toujours réaliser ce qu’il avait accompli et à minimiser ses exploits. Une mauvaise habitude qu’il a aujourd’hui perdue.

«C’est certain que j’aurais voulu faire mieux», avoue le gardien de but originaire de la Montérégie. «Des fois, je regarde en arrière et je me dis que ma carrière aurait pu être différente si j’avais fait ci ou si j’avais fait ça. Il arrive que tu sois à une décision, à un bon match de tout changer. D’autres fois, c’est une question de chance, d’entraîneur ou d’avoir le break qu’il faut.

«D’un autre côté, je me sens privilégié d’avoir vécu ce que j’ai vécu. J’ai eu la chance de jouer dans de belles villes, j’ai eu beaucoup de plaisir et j’ai eu de bonnes saisons. J’ai disputé plus de 350 rencontres dans la Ligue américaine et j’ai été nommé trois fois sur l’équipe d’étoiles. Je pense que j’ai réalisé quelque chose de pas pire.»

Cousineau s’ennuie parfois des moments mémorables qu’il a vécus, comme son séjour à Terre-Neuve, entendre 9000 partisans russes crier «Cousineau! Cousineau!» avec leur accent ou être accueilli dans le petit aéroport de Cherepovets par des fans en délire. Mais toujours, le stress de savoir s’il sera rétrogradé ou s’il aura un autre contrat lui rappellent qu’il ne l’a pas toujours eu facile.

«Je me suis tellement battu à chaque année pour avoir un poste, pour avoir un contrat. Et j’ai dû le faire pendant toute ma carrière. Un moment donné, les années passent et tu réalises que c’est fini. Tu te demandes si tu as vraiment profité de ta carrière. Et la réponse est non. 

«Malgré, je l’apprécie tout autant quand je regarde des articles de journaux qui parlent de moi ou la photo sur laquelle je réalise un arrêt aux dépens de Mario Lemieux. Il n’y a pas grand monde qui a ça dans son salon [rire]. Et quand je vois les étoiles dans les yeux de gens qui viennent me parler de hockey, je réalise à quel point ce que j’ai accompli est impressionnant pour les amateurs de hockey qui ont tous rêvé à la LNH et comment ils auraient aimé être à ma place.»

Avec les Harfangs

Ayant participé à la conquête de la Coupe Air Canada en 1990 avec les Riverains du Richelieu, Cousineau avait été repêché par les Harfangs de Beauport qui commençaient leurs activités dans la LHJMQ.

«J’ai vu ma venue avec une équipe de l’expansion comme une opportunité de montrer ce que j’étais capable de faire. À mon arrivée à Beauport, j’ai eu la chance d’avoir Yannick De Grâce comme coéquipier. Quand il a été échangé aux Fêtes, on m’a donné le champ libre. J’ai pu jouer beaucoup. Gagne ou perd, je retournais toujours devant le filet. Il fallait toujours que je sois prêt. Ça m’a permis de développer ma force de caractère.»

Choisi par Boston en troisième ronde du repêchage de 1991, 62au total, le gardien n’a jamais joué pour les Bruins. Ils lui avaient offert un contrat à trois volets, qu’il a refusé. «Je ne voulais pas risquer de me ramasser dans la East Coast. À partir de là, le chemin est long pour se rendre dans la LNH. En tant que joueur autonome, j’ai obtenu une invitation pour le camp des Maple Leafs. Ils m’ont offert un contrat et j’ai joué dans la LAH à Terre-Neuve.»

Cousineau a passé cinq saisons dans l’organisation torontoise avant d’évoluer avec les Islanders et les Kings. Sa carrière l’a ensuite mené à Cherepovets, en Russie. Il a terminé la campagne avec la meilleure moyenne de buts accordés et il a aidé les siens à atteindre la finale de la KHL face au Lokomotiv.

«Je ne retiens que du positif de cette expérience. Le seul point négatif, c’est que je m’ennuyais de ma conjointe de l’époque et de mon petit garçon demeurés au Québec. C’est l’obligation de les laisser à nouveau qui m’a incité, à quelques jours de mon départ pour la Russie, à arrêter de jouer. Et c’est là que la Ligue nord-américaine m’a approché.»

Après deux saisons dans la LNAH, Cousineau a accroché ses jambières afin de se lancer en affaires avec son frère et sa belle-sœur, propriétaires de restaurants de la chaîne Cora. Il a ensuite géré des centres de conditionnement physique puis il a été engagé chez Canac en tant que directeur adjoint. Il y a environ trois semaines, il a été nommé directeur du magasin de Cowansville. Jamais, il n’a vécu la moindre déprime après avoir renoncé au hockey.

«J’ai toujours aimé le hockey mais j’ai toujours joué au hockey pour gagner ma vie. À la fin de ma carrière, jouer au hockey me demandait de plus en plus de sacrifices. Ce n’était plus aussi agréable. C’est pour ça que j’ai pris ma retraite. Et j’étais prêt.»

Aujourd’hui, Cousineau a complètement tourné la page sur le hockey. Il a vendu tout son équipement de gardien. Résidant à Bromont, il a comme passion le ski alpin et le vélo de route. «Je me concentre sur des sports que j’ai moins eu la chance de faire à cause du hockey.»

Sports, etc

Guy Boulanger: quand on pense escrime

Quand on pense escrime dans la région de Québec, on pense naturellement à Guy Boulanger. Depuis 42 ans, le maître d’armes tient non seulement son sport à bout de bras dans la Vieille capitale, mais il a aussi formé de nombreux champions canadiens, des athlètes qui se sont démarqués sur la scène internationale.

«Je n’ai pas de mérite, lance le fondateur du club Estoc en 1976. Je suis là parce que je suis passionné d’escrime, que j’ai du plaisir à faire découvrir cette activité aux jeunes et aux mois jeunes et que je suis bien entouré. D’avoir la chance de les accompagner dans leur développement pendant des années, ça m’encourage à demeurer impliqué et à continuer à pousser. Quand ils atteignent l’équipe canadienne et qu’ils font de bons résultats au niveau international, ça m’alimente.»

C’est en 1969 que Boulanger s’est initié à l’escrime. Sa progression rapide lui permet de connaître ses premiers succès comme athlète, mais aussi de se faire remarquer par les gens du Séminaire de Québec qui lui offrent un poste d’entraîneur. Trois ans plus tard, il se retrouve à l’Université Laval où il fonde un club. Mais désireux d’approfondir ses connaissances et de développer ses qualités d’escrimeur, il s’expatrie en France pour y suivre une formation de deux ans pour devenir maître d’armes. 

«Là bas, je n’ai pas arrêté de faire de l’escrime. En plus de ma formation de 30 heures semaines, j’ai donné des cours, j’ai démarré des activités dans des clubs et je me suis entraîné. À l’époque, mon ambition était de compétitionner. J’ai d’ailleurs participé à 36 compétitions en deux ans.»

De retour au pays, Boulanger a dû abandonner son rêve. Le président de la Fédération canadienne a statué qu’il était un professionnel parce qu’il avait gagné de l’argent comme entraîneur. «J’étais barré de toutes les compétitions portant le titre de championnat. Ce fut un choc. C’est là que ma carrière sportive s’est arrêtée. 

«J’ai décidé de vivre avec la décision de la fédé et je me suis concentré sur l’enseignement avec l’intention de donner le maximum aux jeunes. Et j’ai fondé le club Estoc. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Sauf que si je n’avais pas eu de succès comme entraîneur, j’aurais eu l’impression d’avoir manqué ma vie. Mais j’ai eu la chance d’accompagner de nombreux athlètes pendant plusieurs années, de les développer à leur plein potentiel et de les voir pratiquer l’escrime à un très haut niveau.

L’environnement

Au fil des ans, le club Estoc a produit de nombreux champions qui se sont signalés sur la scène internationale. Qu’il suffise de penser aux Marie-Huguette Cormier, Charles St-Hilaire, Évelyne Giroux, Marie-Ève Pelletier, Vincent Pelletier, etc. Pourtant, le club Estoc n’a pas toujours profité d’installations de qualité et l’escrime d’une grande vitrine. Mais comment Boulanger a-t-il fait?

«Il y a une partie de hasard parce je ne peux pas les recruter les jeunes. Quand je détecte quelqu’un qui a un potentiel, j’essaie de l’encourager à poursuivre et je lui donne l’attention dont il a besoin. Le succès, c’est pas mal de travail et d’encouragement. Mais à ce niveau, je n’ai qu’une partie du rôle à jouer. Si les parents ne sont pas là pour encourager leur enfant et payer les déplacements et le matériel, le talent d’un athlète et les qualités d’un coach ne servent à rien.

«L’escrime est un sport de développement à long terme. Ce qui est intéressant c’est que les athlètes qui sont venus au club y sont demeurés assez longtemps. Même si certains ont connu des périodes difficiles, ils sont restés. Je pense que c’est à cause de l’ambiance. Il y a toujours des athlètes pour encourager les autres et les aider. C’est un milieu de vie stimulant.»

Boulanger a dû faire face à son lot d’épreuves au fil des années. Et il lui est arrivé de vouloir tout abandonner. Mais résilient et inspiré par le maître d’armes italien Livio Di Rosa, un modèle, il est revenu plus fort. Il a aussi eu la chance de pouvoir compter sur des administrateurs bénévoles, comme Jean-Yves Pelletier et Simon Duchesne, le président actuel du club, qui l’ont toujours appuyé.

Âgé de 67 ans, Boulanger a commencé, il y a quelques années, à penser à sa succession au club Estoc. Le candidat qu’il recherchait était un pédagogue d’abord, un entraîneur ensuite et il avait sa philosophie de coaching. Le destin a mis sur sa route Erik Medina Diaz, un escrimeur d’origine cubaine qu’il a rencontré à Montréal et qui a poursuivi sa carrière avec l’Estoc. 

«Je ne savais pas à ce moment-là qu’il pourrait devenir mon successeur. Avec le temps, je l’ai impliqué dans l’organisation de certaines activités. Et ça marche bien. Il a toutes les qualités que je recherche. Il sait s’exprimer et il est doux. Les parents l’aiment et les jeunes l’apprécient. Sa présence est très rassurante. C’est vraiment une bonne personne pour prendre le relais. Je vais pouvoir me décharger tranquillement de quelques fonctions pour lui laisser plus d’espace et me consacrer davantage à l’enseignement. Car ce n’est pas encore dans mes plans de me retirer complètement.»