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Angelo Esposito: il n’y a pas que le hockey dans la vie

Il y a maintenant deux ans qu’Angelo Esposito a accroché ses patins. Considéré comme l’une des futures grandes vedettes de la Ligue nationale après sa première campagne avec les Remparts, il a longtemps eu comme objectif d’évoluer dans la grande ligue. Mais même s’il fut un choix de première ronde en 2007, le 20e au total, il n’y disputa pas un seul match.

«Mon rêve, c’était de jouer dans la Ligue nationale», explique le Montréalais. «Mais je m’en éloignais à chaque année. À ma dernière rencontre avec le HC Cesque Budjovice [République tchèque], j’ai subi une sévère commotion cérébrale. Dans l’ambulance qui m’emmenait à l’hôpital, j’ai demandé à ma copine si j’avais bien joué. Elle m’a répondu que oui. Par la suite, je lui ai reposé la question à toutes les deux minutes. C’est elle qui me la raconté, parce que je ne m’en souvenais pas.

«C’est à la suite de ça que je me suis dit que j’étais rendu à 28 ans, que mes chances d’aller dans la LNH étaient bien minces et que je pouvais commencer une autre vie à Montréal. Je ne voulais pas arriver à 35-36 ans et me retrouver au même point que j’étais à 28. Il n’y avait pas que le hockey dans la vie.»

Même si sa décision était réfléchie, Esposito avoue que son retour à Montréal fut difficile. N’ayant pas fait son deuil de sa carrière, il ne savait pas non plus quelle tangente il donnerait à sa vie. Et bien qu’il ait rêvé, plus jeune, d’étudier en médecine, il était un peu tard pour le concrétiser. Déjà propriétaire d’un édifice à logements, il décida de gagner sa vie dans le domaine de l’immobilier. 

«Je n’achète pas des bâtisses uniquement pour collecter des loyers. J’acquiers des édifices qui ont besoin de beaucoup d’amour et je les rénove. Au début, j’étais le gars qui transportait les sacs de poubelle. Depuis, j’ai appris toutes sortes de choses. Quand les ouvriers ont besoin de moi, je les aide. Et je continue à apprendre.»

Esposito n’est pas demeuré loin de la patinoire bien longtemps. Les dirigeants du complexe Hockey Etcetera l’ont engagé comme spécialiste du développement des habiletés des hockeyeurs. Le complexe étant aussi le quartier général de Quartexx Management, un cabinet d’experts-conseils, il a aussi travaillé avec des espoirs de la LHJMQ, dont Hendrix Lapierre et Xavier Bourgault.

«Retourner sur la glace a facilité mon deuil. J’ai trouvé une façon de transmettre ma passion aux jeunes. Et j’adore ça. Je suis aussi entraîneur à Selwyn House, l’école secondaire où j’ai étudié. C’est vraiment le fun de voir la progression des jeunes.»

Avec les Remparts

Plus bel espoir midget au repêchage de 2005, Esposito avait annoncé qu’il désirait poursuivre sa carrière de hockeyeur dans une université américaine. Les Remparts avaient surpris tout le monde en le choisissant au 11e rang et en le convainquant de jouer à Québec

«Mes trois ans à Québec sont parmi les trois plus belles années de ma vie. J’étais dans une organisation de première classe, j’avais une bonne famille de pension et les partisans étaient incroyables. L’équipe a tout fait pour moi, à tous les jours. Les Remparts et Patrick [Roy] mettaient vraiment tout en œuvre pour permettre aux joueurs de connaître du succès.»

Repêché par Pittsburgh après sa seconde campagne à Québec, le joueur de centre passa moins d’un an dans l’organisation des Penguins qui l’échangea aux Trashers d’Atlanta. 

«Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai été repêché et de la première fois que j’ai rencontré les joueurs des Penguins. De beaux souvenirs qui vont toujours demeurer en moi et que je peux partager avec mes amis ou les jeunes que je coache

Esposito termina son stage dans la LHJMQ avec le Junior de Montréal. À son retour du Championnat mondial, il se déchira le ligament croisé du genou. Et après une longue réhabilitation, il se blessa au même genou la saison suivante. Il s’exila ensuite en Europe où il ne put jouer une seule saison complète à cause de blessures de toutes sortes.

«Je pourrais dire que c’est à cause des blessures que je n’ai pas fait la Ligue nationale. Elles ont joué un rôle majeur, mais elles ne sont pas l’unique raison. Il y a plein de choses qui ont fait que je n’y suis pas arrivé. Mais si je retourne constamment dans le passé pour essayer de trouver pourquoi ça n’a pas marché, je vais être malheureux pour le reste de mes jours. Je suis fier de la manière dont j’ai refait ma vie. J’ai trouvé du succès en dehors du hockey et j’ai mis les bases nécessaires pour bien vivre dans le futur.»

Interrogé à savoir comment il le voyait ce futur, Esposito indique qu’il aimerait continuer à acquérir des immeubles et que son plus grand rêve était de devenir promoteur immobilier. Mais comme sa passion pour le hockey est toujours aussi grande, il prendrait peut-être la voie du coaching si l’occasion se présentait.

«J’ai informé mon ancien agent que je serais ouvert à devenir entraîneur et je lui ai demandé d’être attentif aux opportunités. Pour l’instant, j’apprends beaucoup en coachant. Les choses vont tranquillement, pas vite. Un petit pas un à la fois.»

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Sports, etc

Le parcours atypique d'Alexandre Gauthier

Encore aujourd’hui, le parcours de footballeur d’Alexandre Gauthier demeure atypique et exceptionnel. Basketteur, il avait choisi d’étudier au cégep de Sainte-Foy afin de pratiquer son sport favori. Il n’avait jamais joué au football quand il s’est joint au Rouge et Or en 1999. Mais il s’est rapidement imposé au point d’être le tout premier choix du repêchage de la LCF en 2002, le tremplin vers une carrière de 10 ans chez les pros.

«C’est certain que ma génétique explique en partie mes succès», explique l’ex-bloqueur à gauche. «J’avais la grandeur, le poids et les habiletés pour m’imposer. Mais il y a aussi eu beaucoup de travail. Et je pense que si j’ai eu du succès aussi rapidement au football, c’est parce que j’étais bien entraîné et que j’avais eu la chance de pratiquer plusieurs sports [basket, tennis, snowboard, natation, etc.] qui m’avaient permis de développer toutes sortes d’aptitudes similaires à celles que j’avais besoin au football. 

«Comme j’avais une bonne base athlétique, ma transition vers le football fut simplement d’apprendre les règlements, la terminologie, la technique et les stratégies. Et le Rouge et Or m’a propulsé chez les professionnels.»

Gauthier n’avait aucune ambition de jouer chez les pros en arrivant à l’UL. Au fil des mois cependant, il a commencé à penser qu’il avait peut-être le potentiel pour jouer dans la LCF. Et ses résultats au combine l’ont confirmé.

«Les tests physiques ont toujours été l’une de mes forces. Quand les coachs des équipes ont commencé à me parler, j’ai su que j’avais des chances d’être repêché. Mais pas au tout premier rang. J’ai appris la nouvelle la veille du repêchage quand Eric Tillman, le dg des Renegades, m’a téléphoné pour m’inviter à Ottawa.

«À ce moment-là, je m’étais dit que ça serait le fun de jouer pro pendant 15 ans. Mais après mon premier camp, j’ai pensé que ça serait plus réaliste de viser 10 saisons. J’ai été chanceux d’y arriver, chanceux de demeurer loin des blessures sérieuses.»

Le joueur de ligne offensive a évolué avec les Renegades, les Stampeders, les Blue Bombers les Tigers Cats et les Roughriders. Il a toujours préféré les contrats à court terme pour des raisons monétaires, mais aussi parce qu’il voulait profiter de sa carrière pour découvrir le Canada. «Ça aurait été le fun de jouer Montréal, c’est certain. Mais les astres n’étaient pas alignés.» 

Partant à sa troisième année chez les pros, le colosse n’a jamais senti que son poste était en danger lors des cinq saisons suivantes. Qu’à cela ne tienne, il n’a jamais rien pour acquis. Sa situation le motivait plutôt à montrer à ses coachs qu’ils avaient raison de lui faire confiance. Sa dernière campagne à Regina fut cependant plus difficile. 

«Un nouvel entraîneur est arrivé. Il voulait tout changer. Et j’étais rendu à 35 ans. Chaque jour, quand j’allais au stade, je me demandais si j’allais être retranché. Je n’avais plus vraiment de plaisir.»

Le Québécois a finalement été libéré par les Roughriders lors de la saison hivernale. «J’ai été surpris, mais je comprenais. J’ai reçu des offres d’autres équipes, mais j’ai décidé de me retirer. Je me disais que c’était le bon timing. J’avais 35 ans, je ne voulais pas prendre le risque de me blesser, ma fille commençait l’école et j’avais une belle opportunité d’emploi. 

«Il n’y a personne qui aime mettre un terme à sa carrière après avoir été congédié. J’aurais peut-être me retirer avant que ça arrive. Mais l’intérêt de certaines équipes m’a réconforté.»

Pas de deuil

S’étant donné un filet de sécurité, il travaillait à Calgary pendant la saison morte parallèlement à sa carrière de footballeur, Gauthier a profité de sa retraite pour démarrer son entreprise. Alors à l’emploi de la compagnie Eagle Canada spécialisée dans l’acquisition de données dans le domaine de l’exploration sismique, il a fondé Sisma Drilling, une entreprise de forage. Très occupé par ses deux emplois, l’ex-footballeur n’a pas eu le temps de s’ennuyer du football. Sa transition entre le sport et sa nouvelle vie s’est faite sans heurts.

Ayant délaissé l’entraînement afin de s’occuper de son entreprise, une pause qui lui a permis de guérir les bobos qu’il traînait, Gauthier a finalement décidé de se remettre en forme au bout de deux ans.

«Sur la balance, j’étais le même gars. Mais quand je me regardais dans le miroir, la graisse avait remplacé les muscles. Comme j’aimais le vélo et que j’avais déjà fait de la natation, ma femme m’a dit : “Pourquoi ne ferais-tu pas des triathlons?“ Je me suis inscrit à une première compétition, et, depuis j’essaie d’en faire une ou deux à chaque année. Au début de l’été, j’ai pris part à Escape Alcatraz disputée à San Francisco.»

Pour Gauthier le triathlon c’est un moyen de se garder en forme. «Quand tu as un objectif, c’est beaucoup plus facile de se lever plus tôt le matin pour aller s’entraîner avant d’aller travailler. Quand je fais un triathlon, mon objectif est de passer une belle journée, d’apprécier le paysage et de m’amuser. Ce qui compte, c’est le cheminement et pas le résultat.»

Sports, etc

Michel Mana Nga: laisser la place aux jeunes

Ça fait plus d’une quinzaine d’années que Michel Mana Nga vit sa passion pour le ballon rond sur les terrains de soccer québécois. Et malgré ses 43 ans, il est loin de penser à la retraite. S’il n’en tient qu’à lui, il jouera tant et aussi longtemps qu’il pourra courir. Encore en excellente forme et dominant sur le terrain, il a cependant décidé, cette saison, de laisser plus de place à ses jeunes coéquipiers.

«À mon âge, je pense que je fais maintenant plus partie du passé», indique le porte-couleurs du Royal Sélect de Beauport. «On a de bons jeunes au sein de l’équipe, il fallait qu’ils jouent et qu’ils prennent de l’expérience. Et j’étais heureux de les accompagner là dedans. J’ai donc dit à Sam [Samir Ghrib] que je serais à tous les entraînements et à tous les matchs, mais que je jouerais uniquement quand il aurait besoin de moi. J’ai dépanné quand il manquait des gars.»

Mana Nga ne cache pas qu’il avait beaucoup moins de stress dans son nouveau rôle. Du même souffle, il ajoute que même s’il joue maintenant un peu plus dans l’optique de s’amuser, il demeure aussi compétitif. Pas question de lever le pied de l’accélérateur quand il est dans le feu de l’action ou pendant les entraînements.

«Être compétitif, c’est difficile de sortir ça de soi. Si on posait la question aux gars, ils diraient même que je suis plus compétitif qu’eux parce que je demeure probablement l’un des gars du club les plus exigeants envers lui-même. Je prends part tous les entraînements avec les gars et je joue avec eux. Je me donne toujours autant.

«Mais malgré mon âge, je ne me sens pas déphasé par rapport à mes coéquipiers. Il y a beaucoup de gars que je connais depuis quelques années, dont certains que j’ai côtoyés à l’extérieur du terrain. Je ne me sens donc pas hors sujet à l’exception des goûts musicaux (rires).»

Avec le Rouge et Or

Natif du Cameroun, Mana Nga, qui jouait au soccer en France, a amorcé sa carrière québécoise en soccer avec le Rouge et Or en 2001. Après un court séjour en France, il a de nouveau enfilé l’uniforme lavallois en 2003 et il a adopté le Québec. 

«Probablement un des meilleurs moves que j’ai fait dans ma vie», explique l’athlète qui en plus de travailler en administration dans la fonction publique (CNESST) œuvre comme directeur technique adjoint à l’Association de soccer de Beauport et comme entraîneur adjoint à Samir Ghrib avec le Royal Sélect. «Le Québec m’a super bien accueilli. Et aujourd’hui, je m’y sens chez moi. Je n’ai pas l’impression de vivre dans un pays où on me juge ou de ne pas faire partie du décor. Je me sens respecté. Les gens me connaissent. C’est valorisant et agréable.»

Le vétéran joueur raconte qu’à sa première année avec le Rouge et Or, l’équipe avait connu une saison difficile. À son retour en 2003, même si les Carabins étaient dominants, les choses avaient été différentes. «À mes deux dernières années, on a fait les canadiens. Nous sommes allés à l’Île-du-Prince-Édouard nous avons bien figuré même si nous avons perdu nos deux matchs. Puis, l’année suivante en Alberta, nous nous sommes rendus en demi-finale où nous avons perdu contre l’Alberta, qui est par la suite devenue championne.»

En plus de jouer dans les rangs universitaires, Mana Nga s’est aussi signalé dans le réseau civil. Il a d’abord joué à Sainte-Foy puis à Beauport où il a aidé le Royal Sélect à faire sa marque sur les scènes provinciale et nationale.

«Je suis fier de ma carrière. Les années que j’ai passées au Québec sont probablement celles que j’ai le plus appréciées. J’ai eu l’impression d’apporter un petit quelque chose de différent au Rouge et Or, au club de Beauport et à la ville même si je n’ai fait que ce que je pouvais faire en montrant une certaine exigence envers moi-même au niveau de la rigueur et du sérieux. Mais elle est devenue contagieuse. 

«Ce fut aussi 15 bonnes années qui m’ont permis de faire plein de belles rencontres et de côtoyer des gens intéressants au niveau du soccer qui m’ont permis d’avoir mes premières vraies jobs ici comme coach.»

Interrogé sur son éternelle jeunesse, le Camerounais a expliqué que dès que sa saison se terminait en octobre, il mettait le soccer de côté. Il continuait à s’occuper des jeunes, mais il ne tapait jamais sur un ballon, et ce, jusqu’en mars. Il préférait s’entraîner en gymnase et faire de la course à pied. «J’ai besoin d’un break. S’il fallait que je joue au soccer en hiver, je crois que j’en ferais une overdose.»

C’est en fin de semaine, à Saskatoon que prendra fin la saison de Mana Nga. Pour la septième fois, il prendra part au Championnat canadien senior avec le Royal Sélect. «Pour moi, c’est toujours aussi excitant. Quand j’entends l’hymne national lors du premier match, j’ai toujours des papillons dans l’estomac.»

Mana Nga est conscient que sa grande expérience pourra assurément aider ses coéquipiers les plus jeunes en Saskatchewan. «Je trouve que c’est important d’être bien encadré. Je l’ai été quand j’ai commencé à jouer et pour moi c’est super agréable de le faire. J’ai vraiment l’impression de les aider.»

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Sports, etc.

Élise Marcotte: voir à long terme

Élise Marcotte a toujours eu une vision à long terme. Inspirée par ses parents qui lui ont inculqué l’importance des études, elle a toujours, parallèlement à sa carrière en nage synchronisée, été assidue sur les bancs d’école. Aujourd’hui, tant ses études en marketing que son expérience dans le sport de haut niveau lui servent dans son emploi chez Plan de match, un organisme dont l’objectif est le bien-être des athlètes.

«Je travaille en marketing et en développement», explique la Québécoise. «Plan de match a été mis sur pied sur pied par le Comité olympique canadien, le Comité paralympique canadien et Sports Canada. On travaille notamment à aider les athlètes qui sont sur les équipes nationales à préparer leur après-carrière. Mais on ne force pas la main à personne. S’il y en a qui décident de venir nous voir après leur carrière, on les aide aussi.

«Je suis choyée de participer à la création de programmes qui vont peut-être changer la vie de certains et chanceuse d’avoir un impact en dehors de celui de la performance sportive. J’ai beaucoup de plaisir.»

Même si c’est en septembre 2012 qu’elle a annoncé qu’elle mettait fin à sa carrière, Élise avait commencé à penser à la retraite bien avant les Jeux de Londres. «C’était important pour moi d’amorcer ma carrière professionnelle. C’est difficile d’arriver sur le marché du travail à l’âge de 27 ans et de se sentir aussi à l’aise et d’être au même niveau que ceux qui l’ont fait à 22. J’ai pris ma retraite à 23 ans. À 24, j’ai obtenu ma maîtrise et j’ai commencé à travailler. C’est à peine si j’étais en retard sur les autres et à certains niveaux, j’étais en avance à cause de tout ce que j’avais vécu.»

À son arrivée à Londres, la Québécoise n’a pas vraiment pensé qu’elle en serait à ses derniers Jeux. Son accent était sur la performance. «Quand tu es ans une compétition à ce niveau-là, ce n’est pas le temps d’être nostalgique.»

Malgré la quatrième place de l’équipe canadienne, Élise a quitté Londres avec le sentiment du devoir accompli, un sentiment qu’elle éprouve toujours. «On a fait tout ce que l’on a pu. On a livré une performance qui valait une médaille. Le reste, c’est hors de notre contrôle. On n’a pas eu le résultat que l’on voulait, mais on a eu la performance que l’on désirait. Au niveau personnel, ça aide à passer à autre chose.»

Faisant un bilan de sa carrière, l’ex-nageuse indique qu’elle a été chanceuse. «Tout s’est aligné dans une bonne ville, dans une province où le sport est soutenu et où j’étais entourée d’entraîneurs solides. Ça m’a aidée à me rendre où je me suis rendue. La seule chose qui manque à mon curriculum, c’est une médaille. Mais j’ai été choyée pendant mon trajet.»

Contrairement à plusieurs athlètes, l’ex-nageuse n’a pas eu de lendemain de la retraite difficile. Bien au contraire! Sa première année post-synchro a été une libération dans le sens qu’elle a pu retrouver une vie sociale. Par la suite, ses implications l’ont tenue fort occupée. «La troisième année a été un peu plus difficile. Ma maîtrise terminée, je me suis demandé qu’est-ce que je voulais faire et quel genre de travail j’espérais avoir. J’ai été un peu challengée. Mais tout s’est replacé par la suite.»

Encore impliquée

Même si son travail à Plan de match lui demande beaucoup de temps, Élise demeure très impliquée dans le monde de la synchro qui porte maintenant le nom de natation artistique. Elle travaille à la conception d’Artistic Swim Academy (artisticswimacademy.com), une plate-forme numérique qu’elle a lancée où les nageuses artistiques retrouvent des entraînements, des techniques expliquées, des conseils, etc. Elle est aussi entraîneuse pour le club de la Saskatchewan pour les Jeux du Canada et elle coach à Calgary où elle habite. Elle a aussi travaillé avec Julie Sauvé en 2014. Difficile pour une ex-athlète de haute-performance de diriger des jeunes qui amorcent leur carrière?

«J’ai des athlètes qui sont comme moi quand j’étais jeune. Je trippe parce que je leur en donne et ils m’en donnent. C’est un échange d’énergie incroyable. Mais il y en d’autres pour lesquels je veux plus qu’elles veulent. Je dois apprendre à me dire ‘’OK ce n’est pas moi, ce n’est pas ma carrière’’» lance Élise qui saute parfois dans la piscine avec ses jeunes quand elle a le goût de retrouver le plaisir de nager. «C’est le fun parce que je suis encore capable de pas mal tout faire et parce que quand j’embarque dans l’eau avec elles, les petites ont le sourire fendu jusqu’aux oreilles.»

Grâce à toutes ses implications, Élise Marcotte réalise un vieux rêve, celui de redonner à un sport qui lui a beaucoup donné. Elle souhaite cependant que son impact ait commencé bien avant, soit du temps où elle était athlète.

«J’ai fait partie d’une grosse machine où beaucoup d’argent et beaucoup de ressources ont été mis sur moi en tant qu’athlète. J’espère avoir bien représenté mon sport, les nageuses au Québec et le programme au Québec de manière à avoir pu convaincre des jeunes de s’inscrire en synchro.»

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Questions en rafale

Q Faits marquants?

R D’abord notre médaille de bronze aux Championnats du monde junior en 2004. Ensuite notre médaille de bronze aux Championnats du monde de 2011 quand on a battu l’Espagne pour la première fois. Et puis toutes nos performances à Londres, mais aussi la gang. On est restées super proches les unes des autres. C’est magique.

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents, c’est sûr. Les deux de manière égale. Les deux ont vraiment toujours été très présents, mais de manière différente. Et toutes les entraîneuses que j’ai eues. Chacune d’elles a eu un impact dans ma carrière. Les plus marquantes ont cependant été Jojo (Carrier), Marie-Hélène (Morneau), Gana (Maximova), une coach russe arrivée dans ma vie parce que Jojo l’avait invitée, et Julie Sauvé.

Q Ce qui te manque le plus?

R La gang.

Q Ce qui te manque le moins?

R Manquer d’air.

Q Idoles de jeunesse?

R Mes idoles étaient très proches de moi. Lyne Beaumont était l’une de celles-là. Aussi Sarah-Éve Pelletier pour son éthique de travail. Ç’a toujours été une motivation pour moi d’avoir quelqu’un de si focalisé près de moi, et Marie-Pier (Boudreau Gagnon). Je n’ai jamais vu personne travailler aussi fort.

Q Plus grande qualité de nageuse

R Ma détermination

Q Dans 10 ans

R Heureuse, avec une famille, une job que j’aime. Oui aimer ce que je fais et aimer ce dans quoi je serai impliquée. J’espère aussi ma plate-forme Artistic Swim Academy aura fait des petits.

Q Défi

R Je dirais que c’est pas mal ma plate-forme en ce moment Artistic Swim Academy.. c’est mon petit là. Et on travaille fort là dessus.

Sports, etc

Pascal Trudeau: le football comme échappatoire

Le scénario est le même depuis presque 20 ans. À chaque fin d’été, Pascal Trudeau se sent animé par le besoin de se retrouver sur un terrain de football et de travailler avec des jeunes désirant progresser. Et ce ne sont pas ses responsabilités familiales ou professionnelles, aussi grandes soient-elles, qui l’empêcheront de combler ce désir.

«Travailler dans le domaine de l’alimentation, ce n’est pas toujours évident», indique l’ex-quart-arrière. «Il y a beaucoup de pression. Il faut répondre aux attentes qui sont à plein de niveaux. Ça prend donc une échappatoire. Et le football, en plus d’être ma plus grande passion, c’est aussi ça. Quand j’arrive sur le terrain, j’oublie le travail. Je ne pense qu’à mes joueurs et à faire en sorte qu’en sortant de l’entraînement, ils se soient améliorés. En tant qu’ex-joueur, ce sentiment de redonner m’énergise.

«Mais la famille et le travail, c’est déjà très demandant. Ça prend des gens compréhensifs autour de soi pour pouvoir faire du coaching. Tu as besoin d’une bonne épouse qui comprend la passion de son mari et son besoin de football. Même chose pour mes employeurs. Mais comme en business, l’important ce sont les résultats, je m’organise pour que les choses aillent bien.»

Trudeau a commencé dans le coaching en 2002. Depuis, il a toujours été adjoint à l’exception d’une saison. Il a d’abord passé cinq ans au Vieux Montréal. Par la suite, il est allé à Garneau et, depuis cinq années, il dirige les quarts des Titans du Cégep Limoilou. Il a aussi coaché une saison à Cannes, une équipe avec laquelle il a aussi effectué un retour au jeu.

Trudeau a joué deux saisons pour le Rouge et Or, qui l’avait approché à l’été 2000. Ne pouvant compter sur la présence de Mathieu Bertrand, les champions de la Coupe Vanier étaient à la recherche d’un quart pour seconder François Chapdelaine. L’ex-porte-couleurs des Wildcats de l’Université du Kentucky et des Huskies de St. Mary’s avait opté pour Laval plutôt que les Gee-Gees d’Ottawa qui le courtisaient aussi.

«Je ne m’attendais pas à jouer beaucoup à ma première année. Je la voyais comme une saison de transition. François Chapdelaine connaissait le système sur le bout de ses doigts et il avait une chimie avec les autres joueurs de l’attaque. Mais ç’a été une année super avec coach Jacques Chapdelaine : j’ai côtoyé des athlètes hors pair et j’ai beaucoup appris. Vers la fin de la campagne, j’étais assez à l’aise. Malheureusement, après une saison parfaite, on a perdu en finale de conférence contre les Gee-Gees.

«À ma deuxième année, j’ai bataillé pour le poste de quart numéro un avec Mathieu Bertrand, avec qui j’avais toujours eu une belle rivalité. J’ai connu un bon camp, mais j’ai subi une séparation de l’épaule au premier match et j’ai été six semaines sans jouer. À mon retour au jeu, je n’étais plus là pantoute. Par la suite, on a subi une raclée en demi-finale canadienne face à St. Mary’s et plus tard, on a perdu tous nos matchs parce que nous avions aligné un joueur inadmissible.»

Même si son passage à Laval peut paraître frustrant, Trudeau insiste pour dire qu’il n’en garde que de bons souvenirs. Il s’est amusé et il a pu évoluer avec et contre de très bons joueurs. 

«Quand je fais le bilan de ma carrière, je suis satisfait. J’ai appris beaucoup partout où je suis passé et j’ai toujours été bien encadré par de bons entraîneurs qui m’ont permis de devenir le coach que je suis. C’est certain que j’ai souffert de m’être déchiré des ligaments dans le genou. J’étais reconnu pour ma rapidité et là, je ne pouvais plus échapper à la pression aussi facilement. Si j’avais un regret, ce serait de ne pas m’être assez entraîné. Peut-être que si je l’avais fait, je ne me serais pas blessé.»

L’alimentation

Inscrit en kinésiologie à l’Université du Kentucky, Trudeau a opté pour un diplôme en enseignement quand il est revenu au pays. Mais, lors de ses stages, il s’est aperçu que le travail n’était pas comme il se l’était imaginé.

«J’ai toujours aimé coacher. Et je pensais que l’enseignement, c’était un peu comme le coaching. Mais c’était bien différent. Les jeunes jouaient au football par choix. Mais les jeunes n’avaient pas le choix d’être à l’école. Il y avait beaucoup de discipline à faire. Ça m’a turné off.

«Je me suis donc dirigé dans le domaine de l’alimentation. Mon père était propriétaire d’un magasin. J’avais travaillé pour lui et j’avais un peu touché à tout. J’étais donc à l’aise dans cet environnement.»

Ambitionnant de devenir directeur d’un supermarché, l’ex-quart a mis quatre ans à atteindre son but. Il a d’abord travaillé dans la région de Montréal avant de déménager dans la région de Québec pour y rejoindre l’amour de sa vie. Œuvrant au sein de la bannière IGA depuis les huit dernières années, il est aujourd’hui directeur du magasin de Saint-Lambert-de-Lauzon. 

«Mon travail, c’est ma deuxième passion. Il m’offre constamment de nouveaux défis. La société a énormément changé et les magasins d’alimentation ont dû s’adapter et ils doivent toujours le faire. C’est très motivant.»

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Sports Etc.

Dominic Auger, taillé pour l’Europe

CHRONIQUE / Comme tous les jeunes Québécois, Dominic Auger rêvait de jouer au hockey professionnel. Mais même s’il n’a jamais atteint la Ligue nationale, il a quand même eu une belle et longue carrière chez les pros. Il a évolué 18 saisons en Allemagne, où il a joué en troisième et en deuxième division. Et c’est le cœur gros qu’il a décidé de prendre sa retraite le printemps passé.

«J’aurais aimé disputer une dernière saison à Bietigheim-Bissingen SC, où j’avais évolué les quatre dernières années, ou à Kaufbeuren ESV, où j’avais débuté ma carrière et où j’ai encore un domicile», indique le vétéran défenseur. «Malheureusement, ça n’a pas marché. Des équipes m’ont offert des contrats, mais, à 41 ans, je ne me voyais pas aller dans une nouvelle organisation et dans une ville que je ne connaissais pas juste pour une année. Je n’avais rien à gagner. Je me suis dit qu’il était temps de passer à autre chose.

«Ça n’a pas été facile de prendre ma décision. À la fin avril-début mai, je capotais. Mais je me suis trouvé un emploi en contrôle financier. Et je vais jouer à Konigsbrunn, dans un club de quatrième division. Je connais le coach, c’est un ami. Je vais avoir du plaisir, sans aucune pression. Je le fais parce que j’adore jouer au hockey.»

Pendant sa réflexion, Auger a songé à revenir habiter au Québec. Mais il aurait dû déraciner sa conjointe allemande et sa fille. Et il en est venu à la conclusion que sa connaissance du français, de l’anglais et de l’allemand lui ouvrirait plus de portes en Allemagne qu’au Québec. Et avec les années, le Magnymontois était devenu un peu Allemand. 

«Ma situation me causait parfois de petits problèmes. L’année passée, on était huit hockeyeurs d’origine canadienne et il y avait une quinzaine d’Allemands. Les Canadiens me considéraient comme un Allemand. Mais pour les hockeyeurs allemands, j’étais un Canadien. J’étais comme pris entre les deux», lance le Québécois en riant.

Auger se dit très fier de sa carrière en Allemagne. Non seulement il a joué jusqu’à 41 ans, mais il a aussi inscrit son nom dans le livre des records du hockey allemand initié en 1998 pour le nombre de passes. Il est deuxième pour le nombre de points. S’ajoutent trois championnats.

«J’ai eu quatre super bonnes saisons à mes quatre dernières années (59 buts et 121 passes en 192 matchs réguliers et 47 points en séries). J’ai joué le meilleur hockey de ma vie à Bietigheim-Bissingen SC parce que j’ai pu compter sur une coach de conditionnement physique qui m’a permis d’ajouter des années à ma carrière.»

Hockey et études

Porte-couleurs des Gouverneurs de Sainte-Foy de la Ligue midget AAA, Auger avait ensuite poursuivi sa carrière à Gloucester, de la CJHL avant de faire son entrée à l’Université Princeton. «Pour mon père, les études c’était important. Et il ne cessait de me le répéter.

«Ma première saison à Princeton fut très difficile parce que je ne maîtrisais pas assez bien l’anglais. Et comme il fallait que je paie une partie de mes études, je devais travailler. Je ne dormais pas assez. J’étais épuisé. J’aurais pu persévérer ou choisir une autre université, mais finalement, j’ai opté pour les Remparts. J’avais toujours voulu savoir ce que c’était de jouer junior majeur et je crois que j’avais toujours en tête le hockey professionnel. Sauf qu’à 20 ans, le junior majeur ça ne donne pas grand-chose. Aujourd’hui, je sais que je n’ai pas pris la bonne décision quand j’ai quitté l’université.»

Auteur d’une fiche de 48 points, dont 15 buts en 65 matchs, et de 12 points en séries à Québec, le vétéran défenseur, qui avait toujours en tête l’importance des études, a ensuite poursuivi sa carrière avec les X-Men de l’Université St. Francis Xavier où il s’est inscrit en administration des affaires. Il ne pensait pas que le coach Danny Flynn allait changer sa vie.

«Après ma première saison, Danny m’a dit que je serais un joueur parfait pour l’Europe et que je pourrais y avoir une belle carrière. Il avait un contact [Tom Coolen]. Il l’a appelé et j’ai obtenu un contrat avec la formation de Kaufbeuren ESV. J’ai été chanceux. Ce n’est pas facile de jouer en Allemagne.»

Pour Auger, l’adaptation n’a pas été facile à cause de la langue. Et au niveau hockey, il a dû composer avec une plus grande patinoire et un style de jeu différent. «Je joue beaucoup avec mon instinct. Quand j’étais le long de la bande, je ne regardais pas toujours où était le but. Quand je lançais de la ligue bleue, je manquais le filet de quatre ou cinq pieds. Et quand on reprenait la rondelle, les gars se regroupaient puis les joueurs d’avant faisaient des cercles et ils se plaçaient. Moi j‘avais l’habitude de faire des passes tout de suite. Je paraissais mal. J’ai été chanceux de rester. Et je me suis habitué.»

Fier de sa carrière de hockeyeur, Auger l’est tout autant de sa vie qu’il s’est construite en Allemagne. Il n’a qu’un seul regret et c’est celui d’être loin de sa famille. «Je ne vois mes parents, mes deux frères et leurs enfants qu’une fois ou deux par année. C’est vraiment pas facile. C’est le côté négatif de ma décision de vivre en Allemagne.»

Sports, etc

Claudiane Renaud: le bon moment

Même si Claudiane Renaud ne garde que de bons souvenirs de sa carrière en rugby, elle ne ressent aucune nostalgie lorsqu’il est question de celle-ci. Très heureuse et fière de ce qu’elle a accompli, l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or avoue avoir tourné la page sur le rugby sans aucune difficulté parce qu’elle l’a fait au bon moment.»

«Quand j’ai accroché mes crampons, j’avais besoin de la coupure et je suis vraiment passée à autre chose rapidement», explique celle qui a été recrue de l’année au Québec en 2008 et joueuse par excellence du RSEQ l’année suivante en plus d’avoir été finaliste pour le titre d’athlète par excellence à l’UL en 2013. «Je faisais du sport depuis que j’étais jeune et ça faisait vraiment partie de ma vie. Mais j’étais rendue là. Un moment donné, concilier sport, études et travail ça devient très exigeant. J’étais donc prête à arrêter et à changer de vie.»

Si elle s’était écoutée, c’est au terme de sa quatrième année (2011) que Claudiane aurait tourné la page sur le rugby. Le noyau de joueuses ayant mené la formation à la conquête d’une médaille de bronze au championnat canadien avait terminé son stage universitaire, elle se disait que le moment ne pouvait être mieux choisi pour accrocher ses crampons. Mais comme il lui restait une année à faire pour obtenir son bac, elle a joué une dernière campagne, une année qui a assurément facilité sa transition vers l’après-rugby, dit elle.

«Même si je devais évoluer avec de nouvelles joueuses, j’ai vraiment eu une belle saison, tant sur le plan collectif qu’individuel. Il était resté une belle chimie dans l’équipe. Et j’ai eu beaucoup de plaisir. Ce fut une belle fin pour ma carrière. Peut-être que si je n’avais pas joué cette cinquième année, j’aurais aujourd’hui des regrets. Mais ce n’est pas le cas. Je suis super satisfaite de la carrière que j’ai eue.»

Un deuil facile

La Trifuvienne explique que son deuil a été facile à vivre parce qu’il s’est fait progressivement, mais aussi parce qu’après sa dernière année, elle été opérée à la cheville et que sa convalescence a duré environ un an et demi. 

«Par la suite, je suis allée une fois à Laval pour faire de l’opposition pendant un entraînement. Ça m’a pris deux ou trois jours à m’en remettre. Comme je voulais préserver mon corps et que je n’avais aucun intérêt pour rejouer, le rugby ne m’a jamais manqué. La seule difficulté que j’ai eue fut de reprendre une vie très active et de passer à des sports individuels. J’ai commencé à courir et j’ai appris à aimer ça. Mais je n’ai pas la piqûre au point de vouloir courir des 5 km ou des épreuves du genre. Je suis intéressée à tout ce qui est vie active et plein air, mais pour moi, c’est toujours plus le fun à deux ou en en petit groupe.»

C’est d’abord en soccer que Claudiane a brillé. Évoluant avec l’élite régionale, elle n’avait qu’un objectif : développer ses capacités au maximum et évoluer dans le meilleur calibre possible. Son frère a cependant changé ses plans en lui faisant découvrir le rugby. Elle s’y est initiée à l’école, en secondaire trois, sans pour autant abandonner le soccer. Rapidement, elle a fait sa marque, ce qui l’a amenée à être sélectionnée sur Équipe Québec. «Un  moment donné, j’ai eu trop de conflits d’horaire. Il a fallu que je choisisse un sport. J’ai opté pour le rugby. C’était un beau sport. Il y avait aussi un effet de nouveauté et j’avais l’impression que je pourrais accomplir davantage dans ce sport-là. Mais c’est certain que mon passé en soccer m’a aidée en rugby où j’étais botteuse. Et il m’a peut-être aussi appris à développer ma vision du jeu.»

Claudiane n’envisageait pas vraiment jouer au rugby universitaire. Courtisée par Bill McNeil, elle a finalement accepté de se joindre au Rouge et Or où elle a retrouvé des coéquipières de l’équipe du Québec comme Charlotte Vallières-Villeneuve et Marie Pier Pinault-Read. «J’ai été super bien accueillie par les filles. Je me suis sentie comme chez moi.»

Les débuts de la Trifluvienne avec le Rouge et Or ont signifié la fin de son séjour avec l’équipe nationale. «Je me suis demandé si je voulais m’investir comme j’aurais dû le faire au sein d’Équipe Canada. J’en suis venue à la conclusion que j’avais vécu tout ce que je voulais vivre en rugby au niveau junior. Je n’ai jamais regretté ma décision.»

Inscrite en intervention sportive à sa première année à Laval, Claudiane a réorienté ses études en géomatique afin de devenir arpenteuse-géomètre. Si elle a été performante sur le terrain, Claudiane l’a aussi été autant dans ses études où elle a reçu les bourses Chapeau les filles et du Fonds Joncas visant à souligner l’excellence de ses résultats académiques. Une grande fierté pour elle.

Aujourd’hui à l’emploi du ministère des Transports, elle prépare les plans des futurs chantiers routiers qui seront lancés. «Je fais un parallèle entre ce que je fais au ministère et le sport. Dans les deux cas, c’est un travail d’équipe. Et c’est probablement pourquoi j’aime ce que je fais. Collaborer avec les technicien, les ingénieurs pour lesquels on prépare les plans et tout ça, je trouve ça vraiment le fun. J’aime beaucoup mon travail.»

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Sports, etc

Jean-Sébastien Béland: parcourir le monde en Airbus A330

Ayant pris goût aux voyages alors qu’il faisait carrière en cyclisme, Jean-Sébastien Béland continue de vivre dans ses valises. Mais une vingtaine d’années après avoir quitté la compétition ce n’est plus au guidon d’un vélo qu’il parcourt le monde. C’est plutôt aux commandes d’un Airbus A330 de chez Air Transat.

«À 95 % du temps, je suis heureux d’être en voyage», lance l’ex-membre de l’équipe nationale qui passe généralement 16 jours par mois à l’extérieur du pays. «C’est toujours pareil, je suis content de partir, mais quand ça fait deux ou trois jours que je suis loin de chez nous, j’ai hâte de revenir. 

«J’ai toujours beaucoup aimé l’Europe et le rythme de vie des gens qui y vivent. Quand j’ai commencé à faire du cyclisme, je n’avais qu’un objectif : courir professionnel là-bas. En tant que pilote, j’ai la chance de faire plein de vols sur l’Europe. L’aviation me permet de vivre la vie dont je rêvais sans avoir besoin de faire cinq heures de vélo par jour.»

C’est après avoir écouté les conseils de sa blonde que Béland, qui s’interrogeait quant au domaine dans lequel il aimerait travailler, lui un amoureux des voyages, est allé dans le domaine de l’aviation. Il s’est d’abord inscrit à un DEP en information aérienne, un cours qui lui permettait de devenir répartiteur. Son diplôme en poche, il a étudié pour devenir pilote. 

«Ça m’a pris neuf mois pour terminer mon cours. Dès que j’ai commencé à voler, j’ai su que c’est ça que je voulais faire. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était le 5 mai 1997. J’avais 23 ans. Pour moi, voler c’était comme faire du vélo : j’avais du plaisir. C’était très différent de la vie que je faisais avant, mais en même temps, ça lui ressemblait au niveau du sentiment de liberté que j’éprouvais.»

Pilotant d’abord de petits avions, Béland a mis 12 ans avant de se retrouver chez Air Transat. Sa progression s’est faite en fonction de décisions personnelles. Pour des raisons familiales, il a préféré voler dans le domaine corporatif, un travail lui permettant d’être auprès de sa conjointe et de ses deux enfants les fins de semaine et à Noël. Il pilotait alors des jets pouvant accueillir de 7 à 10 passagers. Aujourd’hui, «ses» avions en transportent entre 350 et 375.

«Quand tu es assis dans le cockpit, tu ne penses pas à ce qu’il y a derrière toi et tu ne vois pas comment l’avion est gros. Piloter un petit avion ou un gros, c’est sensiblement la même chose. Mon travail est exactement le même. Sauf que quand tu as 350 passagers au lieu de 10, il y a plus de petits problèmes. Mais on a un protocole pour les gérer et en général, on les règle assez facilement.»

En Europe

Jean-Sébastien Béland a couru à temps plein de l’âge de 18 à 23 ans, période pendant laquelle il amorçait ses campagnes en Europe avec des équipes amateurs avant de revenir au Québec pendant la saison estivale pour compétitionner avec la formation Volkswagen et faire des projets spéciaux avec l’équipe nationale. «Même si on courait pour les plus grosses équipes amateurs en Europe, on ne faisait pas trop d’argent. On survivait. Mais j’aimais le vélo.»

C’est en 1996, au terme d’une année qui lui avait permis de prendre part au Tour de l’Avenir, de gagner une étape du Tour de Martinique et de monter sur le podium aux championnats canadiens, que Béland a pris sa retraite afin de se consacrer à ses études puis d’amorcer sa carrière dans le domaine de l’aviation. 

«Comme j’étais très occupé, ma transition s’est très bien faite. Deux ans plus tard, j’ai eu l’opportunité de revenir courir, à temps partiel, les fins de semaine, avec l’équipe de Josée Robitaille (Volkswagen). J’y ai passé quatre ans.»

Béland indique que les cinq années qu’il avait passées chez les amateurs avaient presque été les cinq plus belles de sa vie. «Les amis que j’ai aujourd’hui, je les ai connus à cette époque. J’ai même rencontré ma blonde en vélo. Elle était sur l’équipe nationale. Je n’ai peut-être pas pris part aux plus grosses courses professionnelles, mais j’ai fait les plus importantes au niveau amateur. Tout mon background vient de là.»

Très fier de sa carrière, Béland a quand même un regret. Celui d’y avoir mis fin à l’âge de 23 ans. «En vélo, un coureur atteint son peak à 26 ans. Je ne suis donc pas allé au maximum de mes possibilités. Je ne sais pas à quel point j’aurais pu être bon. Il aurait fallu que je persévère....

«Mais en même temps, je n’ai pas de raison d’avoir de regrets. J’ai une super vie. Si j’ai la vie que j’ai aujourd’hui, c’est parce que j’ai mis fin à ma carrière plus tôt et que j’ai commencé à travailler.»

Béland roule maintenant trois ou quatre fois par semaine avec des amis, pour le plaisir. Avec sa conjointe, il aime faire des voyages de cyclisme en Europe. Les deux se rendront prochainement en Italie pour faire du vélo dans les Dolomites.

«Le vélo c’est le fun dans les places qui ont un sens, qui sont des classiques. J’aime encore un peu souffrir, mais en revanche, je vais pas mal moins vite. J’adore encore faire du vélo, il n’y a aucun doute.»

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Sports, etc

Pierre Tremblay: la Coupe Vanier en octobre

Traditionnellement, c’est en novembre que l’ex-footballeur Pierre Tremblay amorçait le dernier droit de sa saison menant au match pour le championnat. Pour celui qui est aujourd’hui directeur de cabinet du député caquiste François Bonnardel, ce sprint final devrait commencer le 29 août, les élections générales, sa «finale 2018 de la Coupe Vanier» ayant lieu le 1er octobre.

«On a préparé les quatre dernières années pour être prêts pour la campagne électorale qui s’en vient», lance l’ex-joueur de ligne offensive. «C’est comme au football où on se servait de la saison régulière pour se préparer pour les éliminatoires. Je fais souvent des comparaisons entre le football et ce que je vis professionnellement. Il y a aussi beaucoup de similitudes au niveau du travail d’équipe.»

Tremblay ne se destinait pas à une carrière en politique. Étudiant en maîtrise en finance, il pensait travailler dans ce domaine. À la recherche d’un emploi, en 2007, il reçut un coup de fil d’un ami qui lui proposait un job pour l’Action démocratique du Québec qu’il accepta.

«J’ai eu la piqûre. Ce qui me plaît, c’est le côté challenge et l’adrénaline qui vient avec. Quand tu commences ta journée, tu ne sais jamais à quoi elle va ressembler. Et il y a plein de concepts que j’ai appris en finance qui peuvent être appliqués en politique.

«J’ai aussi la chance de me retrouver dans un environnement de travail particulier et dans un immeuble mythique. Chaque fois que je rentre à l’Assemblée nationale, je prends le temps de contempler les lieux. Et j’essaie d’apprécier chaque moment.»

Travailleur de l’ombre sur la ligne offensive, Tremblay l’est encore aujourd’hui dans son rôle de directeur de cabinet de François Bonnardel, le leader parlementaire de la CAQ. Il n’est jamais sous les feux de la rampe même si son travail est primordial. Il doit gérer et coordonner les travaux parlementaires. «Je me plais parfaitement dans le rôle que j’ai. Le football m’a appris à ne pas chercher la gloire à tout prix.»

Tremblay a commencé à jouer au football en 1996. Partisan de la première heure du Rouge et Or, il n’y avait aucun doute dans son esprit que c’est à Laval qu’il évoluerait quand il a terminé sa carrière collégiale avec les Cougars de Lennoxville.

«À l’époque, le Rouge et Or n’avait pas la réputation qu’il a aujourd’hui. Et à la suite du congédiement de Jacques Chapdelaine, il y avait peut-être un peu d’incertitude autour du programme. Mais moi je l’avais vu naître. Je savais que c’était une organisation sérieuse et j’avais confiance au coaching staff.»

Tremblay a disputé cinq saisons dans l’uniforme lavallois au cours desquelles il a remporté deux coupes Vanier (2003 et 2004). Il explique qu’à son arrivée avec l’équipe, l’ombre de la victoire de 1999 planait toujours sur la formation. En 2003, plusieurs joueurs ont décidé de tourner la page sur un passé dont ils étaient extrêmement fiers, mais qui les empêchait d’avancer. «Il était temps de faire la coupure et de donner une identité à l’équipe. Le Rouge et Or avait un futur et c’est à ça que l’on voulait travailler.»

Ligue canadienne

Choix de deuxième ronde des Lions de la Colombie-Britannique en 2005, Tremblay a décidé, après mûre réflexion, de renoncer à jouer chez les pros et à se concentrer sur ses études. Une des décisions les plus difficiles qu’il ait eu à prendre.

«D’un côté, il y avait la possibilité de faire carrière chez les pros. Et de l’autre, j’avais la chance d’entreprendre une maîtrise, physiquement, j’étais magané — j’avais plein de petites blessures d’accumulées — et même si techniquement je me débrouillais assez bien, je n’étais pas parmi les plus gros joueurs. J’ai interrogé plein de gens afin de savoir ce que je devrais faire. Justin Ethier m’avait dit : “consulte tout le monde et viens me voir après.” Il m’a posé les bonnes questions et j’ai donné les bonnes réponses. Il m’a grandement aidé dans mon cheminement. J’ai pu prendre une décision que je n’ai jamais regrettée.

Son passage avec le Rouge et Or terminé, c’est en douceur que Tremblay a tourné la page sur le football. Il a joué une saison en France (Cannes) et il s’est investi dans le coaching avec le Notre-Dame du CNDF où il a passé huit saisons.

«J’ai adoré coacher. J’ai arrêté parce que je manquais de temps. Mais quand je suis revenu à l’Assemblée nationale en 2014, mon horaire ne me le permettait plus. Et au niveau familial, j’ai deux jeunes enfants. Mais je ne mets pas une croix sur le coaching parce redonner, c’est quelque chose qui est important pour moi.»

Tremblay pourrait-il être tenté de sauter dans l’arène politique un jour? «Pour l’instant, je suis très bien dans ce que je fais. J’adore mon rôle. Je dois aussi penser à ma famille. La vie d’un élu, c’est très demandant. Il faut y mettre beaucoup d’heures. Travailler pour le service public, ça demande beaucoup de sacrifices. C’est pour cette raison que j’ai le plus grand des respects pour les élus, peu importe le parti qu’ils représentent. Mais il ne faut jamais dire jamais.»

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Sports, etc.

Renée-Claude Auclair: la magie de la vie

CHRONIQUE / «La vie, tant qu’à moi, est magique», lance d’entrée de jeu l’ex-plongeuse Renée-Claude Auclair. N’ayant pu atteindre son objectif de prendre part aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul, elle a non seulement eu une seconde chance d’aller en Corée, mais son conjoint et elle ont gagné leur pari d’organiser le FISM 2021 à Québec, aussi appelé les Olympiques de la magie.

«Trente ans plus tard, j’ai réalisé mon rêve, mais d’une autre façon», raconte la femme d’affaires. «Ne pas avoir réussi à me qualifier pour Séoul après 15 ans de travail intense avait laissé des traces. Aller en Corée et vivre ce que j’y ai vécu est venu apaiser mes dernières petites déceptions. Ç’a m’a emmené un grand bonheur. C’est vraiment drôle parce que je vis exactement ce que j’avais imaginé vivre en tant qu’athlète si je gagnais une médaille aux JO. En l’espace d’une semaine, ma vie et celle de mon conjoint ont changé radicalement. Avant la présentation du FISM 2018, on était peu connus au niveau mondial. Et quand on est revenu à Québec, on avait déjà des appels de compagnies qui voulaient nous rencontrer et d’artistes qui voulaient venir au FISM. Tout ça demande beaucoup de gestion. Il vaut mieux que je vive ça à mon âge qu’à 20 ans parce que mon expérience de la vie me permet de prendre du recul et de prendre les meilleures décisions.»

Même s’il reste au duo Auclair-Hamon et à son équipe dynamique beaucoup de choses à faire et à apprendre, Renée-Claude mentionne qu’elle n’est pas inquiète parce que la Fédération internationale les appuie et les guide. Même chose au niveau national où les deux Québécois ont tissé des liens serrés. «J’ai toujours pensé que le sport était une grande famille. On vit le même phénomène dans la magie. Et il y a plein de gens autour de nous pour nous aider.»

Pourquoi pas moi?

C’est un peu par hasard que Renée-Claude s’est initiée au plongeon. Spectatrice des entraînements d’une amie au PEPS, elle s’est un jour demandé : «Pourquoi pas moi?» «À 13 ans, j’étais un peu en retard. Mais j’ai travaillé fort, augmenté mon niveau et j’ai été acceptée dans le club. Quand j’ai eu une vingtaine d’années, je suis déménagée à Montréal. Peu de temps après, j’ai accédé à l’équipe nationale en terminant deuxième des championnats canadiens. J’ai pris part aux Universiades au Japon, où j’ai fini 10e au 3 m, et j’ai fait une tournée européenne où j’ai eu une première place en Yougoslavie et une deuxième en Allemagne.»

Aux prises avec des blessures et épuisée par ses carrières de plongeuse et d’étudiante à l’université qu’elle menait en parallèle, la Québécoise s’est remise en question en 1986. Elle a alors décidé de prendre sa retraite. «Je l’ai longtemps regretté. Et les lendemains de ma retraite ont été terriblement durs.