Jean-François Tardif

Carl Gourgues: le football dans la peau

Il y a maintenant plus d’un quart de siècle que le football fait partie de la vie de Carl Gourgues. Et il y a fort à parier qu’il en sera ainsi pendant plusieurs années encore.

«Jamais je n’ai pensé écarter le football de ma vie», confie l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «Si je le faisais, je trouverais le temps long. Le football, c’est ma passion. Ça fait 28 ans que je suis impliqué comme joueur ou comme coach et jamais je ne me suis dit : “Il me semble que cet automne, je prendrais ça off”. J’ai tellement appris au football et il m’a tellement donné que c’est en dedans de moi, il faut que je redonne et que je partage mon expérience.»

Gourgues l’avoue sans détour: sa vie tourne autour du football. Si, au départ, il a décidé de faire carrière chez Postes Canada plutôt que de trouver un travail dans son champ d’études universitaires en administration, c’est parce que l’emploi de postier qu’il convoitait lui apportait une meilleure qualité de vie. Il lui permettait de s’occuper de sa famille, mais aussi de s’impliquer dans le coaching. «Mes journées commencent tôt et elles se terminent tôt. Je suis donc disponible en fin d’après-midi pour coacher. Je peux donc vivre à plein ma passion pour le football.»

Après avoir joué son football collégial avec les Diablos du Cégep de Trois-Rivières, c’est du côté de l’Université du Rhode Island, où il avait eu une bourse, que Gourgues est allé faire carrière au niveau universitaire. Mais après une saison, il a décidé de revenir au Québec.

«Même si c’était une belle expérience et que j’étais partant, j’étais un peu malheureux. Pour moi, le football, c’était un sport d’équipe où je jouais avec mes chums. C’est dans ce contexte que j’avais du plaisir. Et au Rhode Island, il me manquait quelque chose. J’avais un peu perdu le goût de jouer.»

Recruté par plusieurs équipes, dont les Stingers de Concordia où évoluait son bon ami Jean-Michel Paquette, Gourgues a finalement décidé de poursuivre sa carrière avec le Rouge et Or. Tout de suite, il s’est imposé. Il a gagné le trophée J.P. Metras (joueur de ligne par excellence au pays) à sa première saison. En 2003, il a été repêché en troisième ronde par les Lions de la Colombie-Britannique (24e au total) et a gagné une Coupe Vanier. Il a aussi été le premier joueur du Rouge et Or à être invité au prestigieux East-West Shrine Bowl.

Le joueur de ligne offensive a passé trois ans dans la LCF. Avec les Lions en 2004, il a pris part à la finale de la Coupe Grey. Il a ensuite évolué pendant une campagne avec les Tiger-Cats. «J’ai vraiment apprécié mon passage dans la LCF. J’ai eu la chance de jouer pour de bonnes organisations. Ce fut une belle expérience de vie et je suis devenu bilingue. Je vais toujours me rappeler ma fébrilité à mon premier camp d’entrainement. Et en 2004, j’ai vécu une année de rêve. Je n’ai aucun regret. Je suis entièrement satisfait de ce que j’ai fait.

«Mais malgré tout, je dirais que mes plus belles années au football sont celles que j’ai passées avec le Rouge et Or. Il y avait moins de pression, on avait une belle chimie et une belle famille. J’en ai savouré chaque moment. Je ne suis jamais allé à la pratique à reculons. J’ai toujours eu le même plaisir à mettre mes crampons, mes épaulettes et mon casque.»

Défi stimulant

Entraîneur adjoint avec les Corsaires de Pointe-Lévy à son arrivée dans la région, Gourgues est ensuite devenu entraîneur-chef. La saison dernière, il s’est joint aux Faucons du Cégep Lévis-Lauzon en tant que coordonnateur de la ligue à l’attaque, un travail sur lequel il se concentrera cette saison. C’est un défi qui l’enthousiasme au plus haut point.

«Les gars que je dirige ont choisi d’être là. Ils savent que de jouer en première division, c’est du sérieux. Pour eux, ce n’est pas un sacrifice d’être sur le terrain à tous les jours. Ils veulent s’améliorer et progresser. Je peux focuser sur les détails. C’est vraiment très motivant. Surtout que j’ai l’appui de mes entraîneurs et que j’ai carte blanche.»

À la tête d’une brigade jeune, mais talentueuse et prometteuse, Gourgues voit au sein de son groupe plusieurs beaux «projets». Et en plus de donner aux Faucons la meilleure ligne offensive au Québec, il espère pouvoir ouvrir à ses hommes les portes de la Ligue universitaire. Une chose est sûre, le Rouge et Or pourra compter sur un allier de taille pour les orienter vers son programme, Gourgues ayant toujours un lien très fort avec l’UL.

«Je suis vraiment fier de cette organisation-là, de ce qu’elle a fait et de ce qu’elle a bâti. C’est un modèle pour le football à travers le pays. J’aimerais vraiment que mes jeunes vivent ce que j’ai vécu avec le Rouge et Or. L’UL, c’est juste de l’autre côté du fleuve. Mon but, c’est d’en envoyer le plus possible jouer là bas.»

À moyen terme, Gourgues pourrait-il ambitionner de retourner au sein de son ancienne famille? «Je ne me ferme pas de portes nulle part. Présentement, j’ai trois jeunes enfants. Je suis bien avec les Faucons. Et tout s’agence bien pour moi. Mais peut-être que quand mes enfants auront vieilli, je vais vouloir pousser la machine un peu plus loin.»

Sports, etc.

Stéphan Bédard: le meilleur des deux mondes

Pendant des années, Stéphan Bédard a travaillé avec les meilleurs joueurs de baseball de la région. Au niveau junior, il a été coach avec les Patriotes, les Alouettes, les Diamants, les Aigles et les Voyageurs. Il a aussi été entraîneur adjoint avec les Capitales pendant cinq saisons. Aujourd’hui, il est toujours aussi présent sur les terrains de baseball, mais c’est au niveau mineur, où il profite du meilleur des deux mondes, qu’il sévit.

«J’avais complètement abandonné le coaching quand j’y suis retourné», lance Bédard, un professeur d’éducation physique de formation. «À l’époque, mon fils commençait à jouer. Je me suis dit que tant qu’à regarder ses matchs des estrades et à critiquer, je serais plus utile sur le terrain. J’avais été chanceux. J’avais travaillé avec de bons coachs et j’avais côtoyé de bons joueurs. Je me suis dit que ça serait bon de redonner aux jeunes ce que j’avais reçu comme joueur et comme entraîneur.»

Même s’il avait œuvré avec l’élite pendant des années, Bédard n’a eu aucune difficulté à retourner à la base et à faire la transition vers les jeunes au début de leur apprentissage du baseball. Pour lui, l’approche était simple. Les enfants devaient avant tout s’amuser sur le terrain. Et parce qu’il n’avait jamais coaché pour le prestige, il n’a jamais vu son retour dans le baseball mineur comme une rétrogradation.

«J’ai autant de plaisir avec les jeunes que j’en ai eu avec les Capitales ou dans le junior, même si c’est complètement différent. Il y a des petits gars que je dirige depuis 9 et même 10 ans. C’est le fun d’avoir commencé à leur enseigner il y a longtemps et de les avoir vus grandir et de constater leur développement et leur progression.»

Deux coupures

C’est par hasard que Bédard est devenu coach. Jouant dans le bantam AA, il a décidé en compagnie de son bon ami Marc Griffin de prendre les destinées de la formation bantam A qui n’avait pas d’entraîneur. De fil en aiguille, il a poursuivi sa route dans le midget AAA et le junior élite avant de se retrouver avec les Capitales, avec qui il a passé cinq saisons. 

«À la fin de 2005, Darren Bush m’a dit qu’il pourrait m’avoir une job de gérant dans la Frontier League. Sur le coup, ce fut : “Go, je suis parti’’. Mais après avoir réfléchi, je me suis demandé ce que je ferais si, après deux ou trois ans, ça ne fonctionnait plus. Étais-je prêt à déménager et à recommencer ailleurs? Parallèlement, j’avais des opportunités de travail comme prof au niveau scolaire. J’ai donc opté pour la sécurité et je suis retourné dans le baseball junior.

«J’aurais peut-être pu continuer avec les Capitales. Mais avec l’enseignement, c’était difficile. En mai et en juin, faire les deux, c’était pas mal exigeant. Et quand je recommençais l’école en septembre, j’étais brûlé. Je n’avais pas pu profiter de mes vacances. Ç’a été difficile de renoncer au baseball professionnel. Mais j’ai pris ma décision pour les bonnes raisons. J’y étais allé avec ma tête. J’étais prêt. Et j’avais une belle alternative avec le junior.»

Bédard a vécu une deuxième séparation avec le baseball alors qu’il était entraîneur-chef des Aigles. À sa dernière année, il a réalisé qu’il n’était plus là pour les bonnes raisons. Son gars avait commencé à jouer au baseball. Et quand fiston avait des matchs en même temps que les Aigles évoluaient, Bédard ne cherchait qu’à suivre les exploits de son fils. «J’ai compris que je devais abandonner le junior afin d’investir dans mon gars afin de vivre et de partager de beaux moments avec lui.

«Quand je fais le bilan de ma carrière, je me dis que j’ai été très chanceux. J’ai été avec les Capitales et j’ai vécu les belles années du baseball junior alors qu’il y avait beaucoup d’engouement chez les gens et au niveau médiatique. J’ai été de toutes les rivalités, j’ai connu plein de monde et j’ai participé au développement de nombreux joueurs. Je suis fier de ça.»

S’il a toujours été dans son élément dans le coaching, Bédard l’est tout autant dans le monde de l’enseignement. Dans les deux cas, il peut profiter de ses grandes qualités de pédagogue. Et si l’entraîneur a l’avantage de travailler avec des passionnés, le prof a sa recette pour intéresser les jeunes qui ont l’éducation physique en aversion. Il les traite avec respect.

«Si tu commences à crier après un jeune et que tu te mets sur son dos, tu vas avoir des problèmes. Quand un élève te dis que ça ne lui tente pas de faire de l’éducation physique, tu ne dois jamais le prendre personnel. Ton travail est de tenter de l’amener à participer, de lui dire : “Je ne te demande pas d’être bon, je veux juste que tu essaies’’. Et habituellement, les jeunes embarquent là dedans.»

Entraîneur-chef de la formation bantam AA pour laquelle évolue son fils, Bédard sait qu’il devra éventuellement renoncer à diriger fiston. Mais il assure que cela ne sera pas la fin de sa carrière en coaching. «J’ai du fun et je vais aider d’autres gars. C’est sûr que je vais trouver un moyen de m’impliquer dans le baseball. De toute manière, si j’arrêtais tout, après deux semaines, ma blonde me mettrais dehors [rires].»

Sports, etc

Éric Isbister: implication énergisante

Entraîneur adjoint puis entraîneur-chef de l’équipe de natation du Rouge et Or après y avoir évolué comme athlète, Éric Isbister a complètement abandonné le coaching à la fin des années 90 quand il a décidé d’entreprendre un doctorat en chiropractie. Et, étonnamment, même s’il a vécu au rythme de la natation pendant une vingtaine d’années, rien du sport qui le faisait vibrer ne lui manque aujourd’hui.

«Ce qui me manque, je vais le chercher», explique le natif d’Alma. «Ce qui me manquerait si je n’étais pas impliqué comme je le suis avec le Rouge et Or, ça serait de regarder des jeunes évoluer vers l’atteinte d’objectifs sportifs. Mais comme j’ai une petite implication avec la formation lavalloise en tant que chiropraticien, toutes les semaines je vois les jeunes, je suis avec eux autres, je leur parle et je jase avec le coach Nicolas Perron, en plus de partir en compétition avec l’équipe deux fois par année.

«Mon implication est valorisante à plusieurs niveaux. J’adore ce que je fais. Ça m’énergise et ça me sort du quotidien.»

À sa manière, Isbister continue de contribuer aux succès des nageurs lavallois. Car même s’il demeure humble sur le rôle qu’il joue, force est d’admettre que ses connaissances en chiropractie et le fait d’avoir porté plusieurs chapeaux lui permettent de bien comprendre les besoins et les attentes des athlètes et de l’entraîneur-chef Nicholas Perron.

«Mon passé sécurise les athlètes. Quand je parle de performance, j’ai de la facilité à mettre ça dans un contexte qui va rendre mon intervention agréable. Et à cause de mon vécu, j’ai une efficacité à faire baisser le niveau de stress. Il faut bien que ça serve, ces cheveux blancs-là [rire].»

Traversée du lac

Isbister avait environ neuf ans quand il a commencé à nager au club Juvaqua. Amateur de natation en eau libre, il se rendait avec son père en chaloupe sur le lac Saint-Jean lors de la traversée afin de voir les nageurs en pleine action. À 17 ans, il a même tenté la traversée du lac Saint-Jean. Mal préparé, il n’a pas été assez rapide pour terminer l’épreuve dans les délais imposés et a été obligé de mettre fin à son marathon à environ 1500 m du fil d’arrivée. C’est par la suite qu’il est déménagé à Québec pour se joindre au club civil du Rouge et Or.

«Je voulais nager pour Jean-Marie de Koninck. Par la suite, j’ai choisi de faire un bac en sciences de l’activité physique parce que j’allais étudier où était la piscine.»

Isbister a nagé au niveau universitaire pendant quatre saisons. Par la suite, son diplôme en poche, il est allé coacher à Alma où son club (Juvaqua) est passé de «pas grand-chose» à champion provincial de la section quatre. C’est par la suite que de Koninck l’a rapatrié à l’UL en lui offrant un poste d’entraîneur adjoint avec le Rouge et Or. Après sept saisons, il est devenu entraîneur-chef.

«Ma carrière d’athlète m’a permis de faire l’apprentissage des fondements de la vie. Et le coaching m’a donné de belles opportunités de rencontrer des personnes extraordinaires, singulières, particulières et spéciales. Ça m’a beaucoup aidé dans mon travail où je dois m’adapter aux gens. Je suis parfaitement capable d’accepter les différences alors que plus jeune, j’étais dans le jugement.»

Isbister est fier de l’héritage qu’il a laissé à l’UL. À son arrivée comme entraîneur adjoint, il a jeté les bases du groupe de nageurs en eau libre du Rouge et Or et a formé des champions comme Alexandre Leduc, gagnant de la traversée en 1995, et Jean-François Roussy. Revenant sur sa décision de quitter le coaching, il explique qu’il avait toujours été attiré par le domaine de la santé. À la naissance de sa fille, il s’est demandé s’il désirait avoir une vie familiale où il serait parti en camp d’entraînement trois fois par année et en compétition une quinzaine de fois.

«Tout était favorable à ce que je fasse ce virage. Et comme j’étais entré dans quelque chose de très intense au niveau professionnel, que j’avais un enfant en bas âge qui m’occupait énormément et que je nageais cinq fois par semaine, mon deuil s’est un peu fait par osmose. Et je n’ai jamais regretté ma décision. Mais même si je n’ai jamais ressenti la moindre nostalgie, je garde de très beaux souvenirs de ma carrière. Ç’a vraiment été de belles années.»

Toujours aussi passionné de natation en eau libre, Isbister a aidé son ami Kevin Laflamme à mettre sur pied, il y a 11 ans, la traversée du lac Mégantic qui fait maintenant partie du circuit de la Coupe du monde. Il l’a ensuite épaulé pendant 10 ans. À la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, il a pensé déménager temporairement la compétition à Québec avec un départ dans le bassin Louise en direction de la Baie de Beauport et une arrivée avec le Château Frontenac en trame de fond car il aimerait que la Vieille Capitale accueille une épreuve de longue distance.

«Une telle compétition pourrait être présentée à Québec. Mais ce n’est pas moi qui prendrais le dossier. Je n’ai pas le talent d’être le pilier organisateur. Mais si quelqu’un disait : ''OK, on décolle ça!'' je contribuerais au projet avec plaisir.»

Sports, etc

Marie-Hélène Chisholm dans le judo jusqu’au cou

Onze années se sont écoulées depuis que Marie-Hélène Chisholm a annoncé qu’elle accrochait son kimono de compétition. Mais la fin de sa carrière n’a pas signifié qu’elle renonçait au judo. Bien au contraire. Car même si on la voit moins souvent sur le bord du tatami, elle demeure très impliquée dans le sport pour lequel elle a eu un coup de foudre à l’âge de 10 ans.

«Je suis à l’emploi du Centre national d’entraînement de Judo Canada en tant que gérante à la haute performance», explique l’athlète qui, après sa retraite, a d’abord été entraîneure de l’équipe du Québec, puis coach de l’équipe féminine canadienne. «Mon travail consiste à faciliter la vie des athlètes afin qu’ils puissent se concentrer sur leur entraînement et sur leurs objectifs de performance. Je m’occupe ainsi de faire le lien avec Sports Canada, de financement, de la logistique des voyages,  etc.

«À mon époque, on ne pouvait pas profiter d’un environnement comme celui offert au Centre. Je dis souvent aux jeunes combien ils sont chanceux et qu’ils doivent en profiter.»

Il n’y a pas qu’au boulot que le judo prend une grande place dans la vie de Marie-Hélène. Son chum étant Nicolas Gill, avec qui elle travaille au CNE, il est beaucoup question de judo en dehors des heures de bureau. 

«On se voit beaucoup, mais on a chacun nos dossiers. Et on a une belle complicité. C’est certain que l’on parle beaucoup de judo à la maison, mais on ne fait pas que ça. Nous avons deux enfants qui prennent quand même beaucoup de place.»

Vilaine blessure

Marie-Hélène avait 29 ans quand elle a mis fin à sa carrière. Blessée sérieusement à un genou en 2007, elle n’a pu se qualifier pour les Jeux de Londres. Elle espérait obtenir l’une des wild cards distribuées par la fédération internationale, mais son souhait n’a pas été exaucé. Peu de temps après avoir appris la nouvelle qu’elle n’irait pas à Londres, elle a annoncé sa retraite.

«Ce n’était pas le scénario de fin de carrière que j’avais prévu. Sauf que le jour où j’ai eu ma blessure, je savais que la fin s’en venait. Mais même si mes chances d’aller aux JO étaient minimes et que j’aurais dû me battre sur une jambe, j’avais décidé de tout essayer pour m’y rendre. Et quand j’ai su que je n’aurais pas ma wild card, c’était clair que c’était la fin. Faire un autre cycle était impossible. D’abord parce que je n’avais pas le goût d’empirer ma condition physique, mais aussi parce que si je compétitionnais, c’était pour gagner. Et c’était évident que je ne serais plus au niveau que j’avais été. Finalement, j’avais l’opportunité de devenir entraîneure. Alors je me suis dit ‘’OK, je n’ai pas le choix’’.

«J’ai toujours été bien avec ma décision. C’est certain que la journée où j’ai pris ma retraite, j’ai été malheureuse et j’ai pleuré. Mais j’avais fait le choix le plus logique et je ne le regrette pas.»

Pour la championne le fait de rester dans le monde du judo a facilité sa transition. Hormis le fait qu’elle n’était plus sous les feux de la rampe, elle menait en tant qu’entraîneure une vie semblable à celle qu’elle avait quand elle était athlète. C’est d’ailleurs quand elle est devenue maman pour la première fois (2013) qu’elle a vraiment réalisé que sa carrière était terminée.

Cinquième aux Jeux d’Athènes et aux championnats du monde du Caire en 2005, neuf fois médaillée lors des Jeux panaméricains, gagnante de l’or à deux reprises (2000 et 2003) et auteure de 45 podiums internationaux, Marie-Hélène a toute les raisons d’être fière de sa carrière. Pourtant, elle met un bémol. «Avec de meilleurs suivis et un meilleur encadrement, j’aurais peut-être pu aller plus loin. Mais en même temps, j’ai eu une belle carrière et j’y ai eu beaucoup de plaisir. J’ai aimé le judo et j’adore encore le judo. C’est ça le plus important.»

Revenant sur le fait qu’elle était originaire de Port-Cartier et qu’elle avait été obligée de déménager à Montréal avant même la fin de son école secondaire, Marie-Hélène avoue que l’adaptation à sa nouvelle vie où elle devait se débrouiller toute seule et composer avec l’éloignement des siens avait été difficile au début. 

«Quand tu viens de plus loin, c’est plus demandant. Mais quand tu décides de déménager, c’est parce que tu es déterminée à réussir. Les difficultés que j’ai surmontées m’ont donné ma force de caractère.

 «Quand je vivais des moments difficiles, je retournais chez moi. J’y recevais toujours une grosse dose d’amour. Les gens de la Côte-Nord m’ont toujours appuyée financièrement et encouragée. Parfois, ça me mettait un petit peu de pression parce que je ne voulais être à la hauteur de tout ce qu’ils me donnaient. Mais en même temps, ça m’a toujours gardée motivée et sur la track

Opérée au genou à quatre reprises, Marie-Hélène a mis trois ans pour guérir de sa blessure. Aujourd’hui adepte de course à pied, elle a pris part à un demi-marathon et elle court en forêt. «Peu importe ce que je fais, j’aime me challenger. Quand je participe à une compétition, c’est pour aller au bout de moi-même et gagner. Je suis incapable de participer juste pour le fun

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Mylanie Barré attachée à ses racines

Comme elle l’a fait pendant toute son adolescence, c’est au Club de canoe-kayak de Lac-Beauport que Mylanie Barré passe son été 2019. Sa carrière d’athlète de kayakiste terminée, elle a commencé à y travailler comme entraîneure en 2013. Et depuis, elle y est retournée chaque année.

«À chaque été, je me dis que je vais prendre une pause», indique Mylanie, qui est aussi enseignante. Mais quand Luc [Grenier] me demande de revenir comme coach, j’accepte toujours. Encore cette année, ç’a été le cas. J’ai eu un contrat difficile. Je travaillais dans quatre-cinq écoles en plus de faire de la suppléance. Quand je suis arrivée à la fin de l’année scolaire, j’étais brûlée. Et j’ai pensé prendre mon été pour me reposer. Mais finalement, j’ai décidé de coacher quand même. Et après une semaine, j’étais paisible et bien. Si je reviens au club chaque été, c’est parce que j’aime encore le kayak et que j’adore coacher.»

Entraîneure des jeunes de la catégorie bantam à ses débuts, Mylanie travaille cette année avec les meilleurs athlètes du club aux côtés de Grenier. Elle les aide avec leur technique mais aussi pour la motivation, la gestion du stress et de la concentration lors des compétitions.

«J’aime travailler avec les plus vieux. Ils commencent à vouloir performer et ils ont le désir de s’améliorer. Je sens que je peux avoir un impact sur leur développement. Mais c’était aussi le fun de m’occuper des plus jeunes. D’ailleurs, en enseignement, mes groupes préférés sont la maternelle et la première année. Peu importe ce que tu demandes aux enfants, ils vont toujours embarquer.»

L’ex-kayakiste a déjà envisagé de faire carrière dans le coaching. Mais comme elle aurait dû passer du temps loin de ses enfants, elle a changé ses ambitions. C’est à ce moment qu’elle a choisi l’enseignement. Elle a obtenu son bac en éducation physique en 2017. Mais même si l’enseignement facilite sa vie familiale, Mylanie est d’avis que le coaching est moins difficile à certains égards. «Les jeunes font du kayak par choix alors que ce ne sont pas tous les enfants qui choisissent de faire de l’éducation physique à l’école. Les premiers sont donc plus faciles à motiver que les seconds.»

Centrée sur elle-même et sur ses besoins quand elle était athlète, Mylanie a dû apprendre à s’ouvrir aux autres quand elle a pris sa retraite et que la maternité, le coaching et l’enseignement ont fait partie de sa vie.

«Quand tu as des enfants qui dépendent de toi, tu n’as pas le choix de t’oublier. Je me suis aussi rendu compte en coachant et en enseignement que ce n’était pas tout le monde qui avait la même envie que moi de réussir et d’atteindre des buts à l’image que ceux que je m’étais fixés. Je ne pouvais pas vouloir plus qu’eux autres, que même si j’étais très perfectionniste, ce n’était pas tout le monde qui l’était. J’ai dû m’adapter.»

Deux générations

Mylanie a adoré sa carrière et elle est très fière de ce qu’elle a accompli, elle qui a notamment pris part aux Jeux d’Athènes et de Pékin. Quand on lui demande ce qui lui en reste, elle répond à la blague : «Deux enfants», son conjoint étant Ryan Cochrane, un membre de l’équipe nationale. Ça parle donc beaucoup kayak dans la famille Barré où sa mère, Alexandra Sandor, et son père Denis y ont excellé en plus d’aller aux Jeux olympiques. Il y a donc deux générations de couple de kayakistes olympiques chez les Barré.

 «C’est spécial. C’est évident que c’est difficile de décrocher du kayak. Car non seulement Ryan compétitionne toujours, mais mon père est resté impliqué. Il m’aide dans le coaching. Peut-être que le jour où mon chum aura pris sa retraite, on en parlera moins. Mes enfants ne m’ayant jamais vu compétitionner, ils ne réalisent pas que j’ai été athlète. Pour eux, l’athlète, c’est papa; et maman, c’est l’enseignante. C’est correct. Ça ne me dérange pas.

«De toute façon, la reconnaissance, je l’ai quand je suis entraîneure. Même si ça fait sept ans que j’ai pris ma retraite, les jeunes ne connaissent peut-être pas tous mon bagage mais ils savent que je suis allée aux JO. Personnellement, j’ai l’impression que ça fait beaucoup moins que ça que j’ai arrêté. Mais mon corps le sait, lui. Il est magané. J’ai mal à une hanche.»

L’Olympienne ne cache pas que le fait de ne pas être au sommet de sa forme lui manque. Mais comme elle a deux enfants et que son conjoint est souvent parti, le temps et les occasions lui manquent pour pouvoir s’entraîner régulièrement. Ses blessures l’obligent aussi à choisir ses activités. Et elle doit composer avec son orgueil. Car elle a toujours tendance à comparer ses performances avec celles qu’elle réalisait. Et de savoir qu’elle ne pourra jamais faire mieux qu’elle a déjà fait est pour elle une source de frustration.

«C’est pour ça que je suis à la recherche d’un sport que je n’ai jamais fait où je pourrai voir que je m’améliore. Ça pourrait être un sport d’équipe. Car même si j’ai joué un peu au basket quand j’étais jeune, je n’y ai pas vraiment été formée. Le fait d’être entourée, ça peut être très motivant.» 

Sports, etc

Florence Hamel: l'esprit de famille

Florence Hamel n’avait que 17 ans quand sa carrière en cyclisme a pris fin. Promue dans l’équipe nationale après avoir obtenu de beaux succès avec l’équipe du Québec, elle était pourtant vouée à un bel avenir. Mais après quelques mois de tergiversations, l’esprit de famille qui l’animait a eu le dessus sur son rêve sportif.

«L’accident de ma sœur Annie m’avait beaucoup bouleversée et il m’avait poussée à me remettre en question», raconte Florence qui avait pris tout le monde par surprise en annonçant sa retraite en juin 2000. Mais elle avait repris l’entraînement après une brève pause. «Ayant été invitée sur l’équipe nationale sur route, j’étais rendue au point où il aurait fallu que je me tourne vers le vélo à plein régime. Comme je terminais mon secondaire, je savais aussi qu’il faudrait que je mette plus d’énergie dans mes études au niveau collégial. Et pour plusieurs raisons, le mariage du cyclisme avec les études était difficile. Je devais donc prendre une décision.»

Lors une chute à vélo de montagne qui semblait sans conséquence et l'ayant blessée légèrement au genou, Annie Hamel a attrapé une virulente bactérie nommée clostridium perfringens à fasciite nécrosante (bactérie mangeuse de chair). Après avoir frôlé la mort, elle a séjourné plus de trois mois aux soins intensifs de l'hôpital Sacré-Cœur, où elle a aussi évité de peu l'amputation. Par la suite, elle a dû réapprendre à marcher.

«Ce qui était arrivé à Annie ayant beaucoup resserré les liens familiaux, j’ai senti le besoin de me rapprocher d’elle et d’aller la rejoindre à Ottawa où elle faisait son bac à l’université, explique Florence. Vivre avec elle, c’était aussi une belle occasion de faire mes études collégiales en anglais. J’ai donc pris ma retraite.»

Florence n’a jamais remis en question sa décision. Appuyée par les membres de sa famille, elle a pris sa nouvelle route. «Même si ce sont tous des gens qui ont toujours prôné le dépassement de soi, ils ne m’ont jamais dit : “Il n’est pas question que tu arrêtes, tu es capable d’aller plus loin.” Ils m’ont soutenue et ils ont essayé de m’aider à comprendre des choses.

«Je n’ai qu’un seul regret. C’est de ne pas savoir jusqu’où j’aurais pu vraiment aller comme athlète. Mais la vie m’a emmenée ailleurs. Je suis heureuse. Notre famille est encore hyper proche et unie. Et je suis très reconnaissante de tout ce que le vélo m’a apporté. Il m’a aidée à me développer et il m’a appris à persévérer et à me dépasser tout en me donnant beaucoup de plaisir, celui d’être dehors. L’île d’Orléans, c’était mon terrain de jeu. Et si j’ai dû faire un deuil de la compétition, je n’ai jamais eu à faire un deuil du vélo parce que je n’ai jamais arrêté de rouler. Le cyclisme sur route demeure mon sport numéro un. Et je fais encore du vélo de montagne avec les enfants.»

Route et montagne

Florence avait neuf ans quand elle a commencé à pratiquer le vélo de route et s’est jointe au club cycliste de Beauport qui était à la recherche d’une athlète afin de compléter les cadres de l’équipe pee-wee régionale qui prenait part aux Jeux du Québec de Gaspé. Adorant le vélo et inspirée par sa sœur Annie, elle a tenté sa chance, s’est entraînée et a été choisie dans l’équipe en étant surclassée. Ont suivi trois autres participations aux Jeux du Québec, des Coupes du Québec et des championnats québécois et canadiens où elle a récolté de nombreuses médailles.

«À mi-chemin dans ma carrière, j’ai de nouveau suivi les traces de ma sœur et j’ai essayé le vélo de montagne. J’ai eu la piqûre. J’étais jeune et j’avais beaucoup d’énergie. Pendant une année, j’ai fait les deux circuits. Et j’ai fait des podiums sur les deux. J’ai vraiment eu beaucoup de chance de porter les couleurs des équipes du Québec et du Canada mais aussi d’être supportée et encadrée par d’excellents coachs comme Stéphanie Giguère et Marc Dufour. J’ai eu le plaisir de rouler tout en ayant beaucoup de succès.»

Ses études collégiales terminées, c’est en sciences infirmières à l’Université Laval que Florence s’est inscrite. Son diplôme lui a permis de travailler à Montréal en première ligne dans le milieu hospitalier. Comme son conjoint et elle désiraient offrir la chance à leurs deux garçons de devenir bilingues en bas âge, ils ont déménagé il y a trois ans à Toronto, où son chum avait une occasion d’emploi. De son côté, elle travaille maintenant en pédopsychiatrie. Elle ne cache pas cependant que l’éloignement avec sa famille devient de plus en plus difficile. Si elle arrive à composer avec la situation, elle ne peut s’empêcher de penser à ses enfants qui sont loin de leurs grands-parents, de leurs oncles et tante et de leurs cousins et cousines.

«On retourne régulièrement à Québec. Et ma famille vient nous visiter. Mais même si j’aime bien le milieu où je demeure, c’est défini qu’un jour, je retournerai à mes racines et que je me rapprocherai de ma famille.»

Adepte de l’activité physique, Florence demeure très active. Outre le vélo de route et le vélo de montagne, elle aime le cross-country. «Me retrouver dans le bois me permet de me ressourcer.» La jeune femme aime aussi toujours autant la compétition. Et quand elle décide de prendre part à une épreuve, elle s’entraîne rigoureusement afin d’offrir une performance optimale. «C’est dans le fin fond de moi, j’ai l’esprit compétitif. J’adore me dépasser. Quand je prends un départ, il y a une question de résultats. Est-ce que je suis mal faite? Je ne le pense pas.» 

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Fait marquant

R Une deuxième place aux Championnats canadiens junior. Ç’a été une compétition marquante parce qu’elle m’a permis d’avoir un laissez passer une Coupe du monde en Allemagne. Et à ma dernière année chez les cadettes, ma participation aux Canadiens junior où j’étais surclassée. J’avais fini deuxième derrière Geneviève Janson.

Q Plus grande déception

R Ma deuxième place derrière Geneviève Janson. À l’époque déjà, on savait qu’elle était dans l’univers du dopage. Elle m’a donc privée d’un titre de championne canadienne et d’une participation aux Championnats du monde. Mais je ne lui en veux pas personnellement. Elle était jeune et naïve possiblement. Et était mal conseillée.

Q Entraîneurs marquants

R Stéphanie Giguère et Mario Dufour. C’est incroyable à quel point Stéphanie Giguère m’a encouragée, supportée et poussée pour que je me rende où je suis rendue. Et Marc Dufour. Comme Stéphanie, il a cru en moi. Il m’a aidée à me dépasser et à aimer le cyclisme. Les deux m’ont transmis leur passion.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

R Tout ce qui entoure le cyclisme : l’esprit qui l’anime, l’effet de groupe, le sentiment d’appartenance. Pendant sept ans, j’ai fait partie d’une équipe. On avait des liens serrés, on s’encourageait. C’était une autre famille pour moi.  

Q Modèle de jeunesse

R C’est certain, ma sœur Annie. C’est ce qui fait que j’ai un peu suivi le même chemin qu’elle. Et Lyne Bessette, que j’ai rencontrée à un camp d’entraînement en Virginie. C’était pour moi, c’est une icône. Elle m’a inspirée sa rigueur et sa ténacité incroyable ce qui m’a amené à toujours m’accrocher.

Q Dans 10 ans

R Je serais aussi sportive que je le suis aujourd’hui, c’est certain. Je souhaite pouvoir prendre part à des courses avec nos enfants. Ce que j’aimerais c’est d’avoir la même énergie afin de pouvoir les challenger et même les pousser.

Q Rêve

R J’ai toujours aimé le cross-country. J’aimerais pousser un peu plus et prendre part à une épreuve de longue distance. Et comme ma soeur est capable d’en prendre et qu’elle aime aussi courir dans le bois, j’aimerais ça participer à cette compétition en équipe avec elle.

Sports, etc

Marie-Pier Boudreau-Gagnon: la fierté d’une ville

Pendant des années, c’est pour ses performances en tant qu’athlète de haut niveau que Marie-Pier Boudreau-Gagnon a fait la fierté des gens de Rivière-du-Loup. Maintenant, c’est pour son implication sur la scène sportive de sa ville qu’elle continue de l’être. Ayant travaillé sur la candidature de Rivière-du-Loup pour la présentation de la finale des 56es Jeux du Québec, elle est aujourd’hui co-présidente, avec l’homme d’affaires Christian Pelletier, de l’évènement qui aura lieu du 26 février au 6 mars 2021.

«Les Jeux du Québec ont été une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé en bas âge, lance l’ex-nageuse-synchronisée. Rivière-du-Loup les avait présentés en 1971 et à l’époque, ç’a avait été un évènement marquant. Plusieurs étaient d’avis que 50 ans plus tard, l’occasion était belle pour répéter l’expérience. Comme c’est important pour moi de redonner aux gens de chez nous qui m’ont beaucoup aidée tout au long de ma carrière, je me suis d’abord impliquée dans le processus de mise en candidature avec ma mère et des gens de la région. Nous sommes ensuite allés chercher du financement. En tant que co-présidente mon travail est principalement axé au plan sportif et du développement au niveau des jeunes.»

C’est à la suite de ses études que Marie-Pier est retournée vivre à Rivière-du-Loup avec son chum pour pratiquer comme pharmacienne, après avoir passé une quinzaine d’années à Montréal. Elle y a retrouvé sa mère, ses deux frères et de nombreux fans qui la reconnaissent encore.

«Rivière-du-Loup et Montréal ont toujours été mes deux coups de cœur. J’adore vivre à Rivière-du-Loup, qui offre une belle qualité de vie avec le fleuve juste à côté. Quand je restais à Montréal, j’y revenais souvent voir ma famille. Montréal, c’est la diversité et le côté urbain. J’en profite quand parfois je dis à mon chum, on s’en va à Montréal voir des spectacles.» 

Quatre ans de plus

C’est en 2012, au lendemain des Jeux de Londres, que Marie-Pier a accroché son pince-nez et son casque de bain et a tourné la page sur sa carrière en nage synchronisée. Une décision prise avec la satisfaction du devoir accompli.

«J’avais envisagé en 2008 de mettre un terme à ma carrière. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir continué. Ce fut les quatre meilleures années de l’équipe. Je me considère vraiment chanceuse d’avoir pris part à la remontée de Synchro Canada (maintenant Natation Artistique Canada), après avoir connu un peu la descente. Ça faisait longtemps que le Canada n’avait pas mis les pieds sur le podium lors des championnats du monde quand nous l’avons fait en 2009. Pour moi, ça été un leitmotiv pour poursuivre jusqu’en 2012.»

Même si elle aurait souhaité revenir de Londres avec une médaille au cou, la Louperivoise ne garde aucune amertume des Jeux de 2012. Elle explique que les Canadiennes avaient offert une performance à la hauteur de leurs attentes. Et que la performance, c’est ce qui importe pour un athlète.

«C’est drôle parce qu’après les Jeux, beaucoup de gens me félicitaient pour ma médaille de bronze. Quand je leur disais que nous avions fini quatrièmes, ils me répondaient que c’était dommage parce que nous avions vraiment bien nagé. La performance, c’est ce qui reste.» 

Contrairement à ses coéquipières, Marie-Pier n’a pas pris part, à son retour au pays, à la tournée post-olympique. Elle a plutôt préparé son retour sur les bancs d’école qu’elle a fait au début du mois de septembre 2012. Un choix qu’elle ne regrette pas, car elle n’était pas prête à retarder ses études en pharmacie. Son retour à une vie plus «normale» a cependant été ardue, principalement à cause du «syndrome de performance» qui l’animait.

«Quand on a été parmi les meilleures au monde dans une discipline, on veut continuer à performer autant, peu importe le domaine. Et ce n’est pas toujours possible. La transition a été difficile. Quand j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis remise à faire une heure de sport par jour. Ça m’a permis de retrouver un certain équilibre. Je ne suis pas certaine que l’on se débarrasse complètement de ce “syndrome” quand on a été athlète. C’est quelque chose avec laquelle je vais jongler toute ma vie. Il faut apprendre à se raisonner. Et c’est sûr que mon conjoint, ma famille et mes amis m’aident beaucoup dans le processus.»

Pour Marie-Pier, le retour à une vie plus «normale» a aussi eu ses avantages. Elle a pu se rapprocher des siens, fonder sa propre famille et profiter de la vie. «Des fois s’assoir et ne rien faire, ça fait aussi du bien. 

«Mais j’ai gardé contact avec la nage synchronisée. Je suis allée avec Julie Sauvé travailler avec l’équipe du Brésil pour les Jeux de 2016 puis à Singapour. Et je nage occasionnellement pour le plaisir avec les Flamands roses de Rivière-du-Loup. C’est juste assez pour ne pas décrocher complètement tout en gardant une certaine distance pour pouvoir me dire : “Oui, je suis passée à autre chose.” Mais outre l’entraînement en piscine, il n’y a que la synchro qui me satisfasse pleinement. Dans les autres sports, je suis comme un poisson hors de l’eau. Je ne suis pas très bonne.»

Sports, etc

Jean-François Côté amoureux du baseball

Ça fait presque 20 ans que Jean-François Côté est absent de la scène du baseball régional. Hormis un retour d’une saison comme entraîneur-chef dans le midget AA, il ne s’est pas impliqué avec quelque organisation que ce soit, lui qui avait pourtant travaillé à la naissance de l’équipe de baseball du Rouge et Or et des Capitales, et qui avait été entraîneur dans la LBJEQ. Mais qu’on ne se trompe pas, cette absence n’avait rien à voir avec un manque de passion.

«Je suis un amoureux du baseball», lance Côté. Ç’a toujours été ça, avant même le Rouge et Or ou les Capitales. Quand j’étais enfant et qu’il y avait du hockey à la télévision, je l’écoutais et j’aimais ça. Mais quand c’était du baseball, c’était la folie. Personne n’avait le droit de toucher à la télé, de parler ou de faire quoi que ce soit qui aurait pu me déranger. Au fil des ans, ma passion et mes différentes implications m’ont permis d’acquérir des connaissances historiques, administratives et sur le terrain qui m’ont poussé à en connaître toujours davantage. Malheureusement, quand tu commences à en savoir un peu plus sur le baseball, tu te rends compte que plus tu en sais, moins tu en sais, car il y en a toujours plus à savoir.

«Le baseball, c’est donc la chose avec laquelle je suis le plus familier. J’aime l’informatique, les chiffres, mon travail, mes amis, mais le domaine où je suis le plus à l’aise, c’est celui du baseball. Encore aujourd’hui, j’écoute au moins un match de baseball par jour sur MLB TV.»

C’est au début des années 2000 que Côté a mis fin à ses implications dans le monde du baseball. Il a décidé d’arrêter de courir après ses rêves afin de s’occuper de sa santé financière et de se bâtir une retraite à son goût. Et il est allé travailler comme analyste dans le domaine de l’informatique où il est devenu un spécialiste du système Excel.

«Je n’ai pas vraiment eu de deuil du baseball à faire parce que je ne suis pas resté chez moi à ne rien faire. Je me suis rapidement aperçu que mon trip, c’était de partir des projets, mais que le travail de gestionnaire dans une équipe n’était pas vraiment quelque chose qui m’intéressait. En fait, la seule chose dont je me suis ennuyé, c’est d’être sur le terrain avec les jeunes, l’esprit de gang, vendre un concept et de prendre des décisions. Parce qu’au baseball, l’implication du coach pendant le jeu est unique. L’entraîneur a un impact direct sur le résultat d’un match, à chaque match.»

Feuille de route remplie

Côté a marqué le baseball régional à bien des niveaux. Et il avait une feuille de route bien remplie quand il a réorienté sa carrière. Avec son bon ami André Lachance, avec qui il a dirigé les Diamants de Québec à leur deuxième année d’existence, il a d’abord mis au monde le programme de baseball du Rouge et Or de l’Université Laval, une équipe qu’il a dirigée jusqu’en 1999, avec laquelle il a décroché un titre national et dont il dit que ce fut un trip exceptionnel, un projet qui n’avait que du positif... à l’exception de la météo. Le duo est aussi responsable de la naissance des Capitales. Lachance a eu l’idée d’emmener du baseball professionnel à Québec et Côté a travaillé à convaincre Miles Wolff d’installer une franchise au Stade municipal. On connaît la suite...

«Ça s’est fait en trois étapes. André Lachance est celui qui a fait le clin d’œil à la fille, moi, j’ai été le géniteur et Nicolas Labbé a mis l’enfant au monde. C’est lui qui a fait que le 3 juin 1999, les Capitales étaient prêts à recevoir les gens au stade. Par la suite, Michel Laplante l’a fait grandir.

«Je ressens un grand sentiment de fierté du devoir accompli. Ce que je retiens de ma carrière au baseball, c’est la chance que j’ai eue. J’ai fait des rencontres exceptionnelles comme M. Wolff que j’ai cruisé pendant cinq ans. Et ça, c’est peut-être la chose dont je suis le plus fier. Avoir convaincu un millionnaire américain à déménager à Québec pour partir du baseball.»

Côté pensait bien que son implication dans le baseball était chose du passé. Mais l’automne dernier, dans le cadre d’un reportage sur les 20 ans des Capitales, il a jasé avec André Lachance qui lui a proposé d’accompagner l’équipe nationale féminine de développement à un camp d’entraînement à Cuba. C’est là qu’il a compris que son implication n’était pas terminée.

«J’ai réalisé que j’aime encore le baseball, que j’aime ça autant qu’avant. Et j’ai su que j’allais me réimpliquer. De quelle manière? Je ne le sais pas. En coachant? En travaillant sur un c.a. de quelque chose? En partant une business? En étant dans la vente d’équipement? Je ne sais pas. Mais j’ai encore des projets de fou. La seule façon d’avoir une bonne idée, c’est d’avoir plein d’idées. Et j’ai un rêve que je caresse pour ma retraite. Comme j’ai de grandes connaissances dans le système Excel et que j’ai accès aux statistiques avancées du baseball, j’aimerais me partir une petite business qui offrirait des stats avancées à des équipes professionnelles mineures. Est-ce la manière dont je reviendrai au baseball? Je ne sais pas. On verra.»

Sports, etc

Danny Bell: une flamme ravivée

Pendant six ans, Danny Bell s’est contenté de jouer à la balle au mur pour le plaisir. Mais après avoir remporté à Albany, en novembre, un tournoi regroupant les meilleurs joueurs de l’est des États-Unis, il est venu à un cheveu en avril de se qualifier pour le tournoi pro de San Francisco. Et, il y a deux semaines, il a gagné le championnat canadien dans la classe Open. Ces résultats ont ravivé chez lui la flamme de la compétition de haut niveau.

«De voir que je pouvais encore avoir du succès, ça me fait réfléchir», confie Bell, qui a disputé ses premiers tournois de balle au mur il y a 45 ans. «Peut-être que l’année prochaine, je pourrais réessayer de me qualifier pour des tournois pro, en choisissant mes tournois et en le faisant bien. Je me dis : il arrivera ce qui arrivera. Juste jouer de nouveau sur le circuit sera une grande satisfaction. Je n’aspire pas à figurer parmi les meilleurs. Je veux juste faire partie de la gang. C’est ça qui va me faire plaisir.»

À l’époque, Bell s’était fixé comme objectif de jouer professionnel jusqu’à l’âge de 50 ans. Mais à cause d’une hernie discale à 49 ans, il avait dû arrêter pendant un an. Et à son retour, il s’était déchiré un muscle dans une cuisse. Cette nouvelle blessure l’avait poussé à penser qu’il était temps d’arrêter. «C’est après l’avoir soignée que j’avais recommencé à jouer... juste pour le plaisir en prenant part à des tournois dans ma catégorie d’âge. Mais je me dis maintenant que je pourrais peut-être jouer pro jusqu’à 60 ans?»

Pour Bell, jouer pour le plaisir a signifié prendre part aux Championnats du monde où il a gagné le simple et le double chez les 45 ans et plus. S’ajoutent des titres chez les 50 ans et plus et les 55 ans et plus. Mais plus impressionnant, c’est la manière dont il a déclassé ses adversaires. Et au championnat canadien de 2019, il a battu des jeunes de 20-25 et 32 ans. En finale, il a vaincu Ryan Bowler, un joueur qui se qualifie régulièrement pour les tournois pro.

«Même si on n’est pas une grosse communauté de joueurs de balle au mur à Québec, j’ai la chance de jouer trois-quatre fois par semaine avec des jeunes de calibre. Je suis aussi chanceux d’avoir la physiologie que j’ai. Je ne fais pas vraiment attention à ce que je mange et je ne m’entraîne plus aussi intensément qu’avant. Mais quand j’arrive en tournoi, j’ai un avantage incroyable sur mes adversaires. Je n’ai rien à perdre. C’est tout le contraire pour mes rivaux. Il n’y a personne qui veut perdre contre un gars de 57 ans.»

Bell est un peu l’exception qui confirme la règle en balle au mur, un sport où les athlètes sont à leur meilleur vers la mi-trentaine et où peu ont du succès chez les pros au-delà de 40 ans. Il avait donc accompli un exploit en remportant le U.S. Open à l’âge de 43 ans. Et même au seuil de la cinquantaine, il était encore classé parmi les 12 meilleurs joueurs au monde, lui qui avait été deuxième quand il était plus jeune.

Fontaine de Jouvence

Bell se demande parfois d’où lui vient toute cette énergie. Et il est certain de ne pas avoir bu à la fontaine de Jouvence. Il reconnaît que son travail de coordonnateur du programme sports-arts-études de l’école Cardinal-Roy qu’il occupe depuis 15 ans — un programme qui compte 31 disciplines sportives et 6 en arts pour plus de 700 élèves — n’est pas étranger à son bel enthousiasme.

«Aller voir mes athlètes en compétition ou à l’entraînement ou de savoir que quand ils reviennent le lundi, ils ont bien réussi ou ils ont gagné, ça me rappelle quand j’ai commencé et ça me drive. Ça me garde jeune et me pousse moi aussi à continuer à me dépasser.»

Professeur d’éducation physique de formation, Bell possède aussi une solide expérience dans le coaching, le monde des athlètes et le sport de haut niveau. Il est donc la personne toute désignée quand vient le temps comprendre un athlète et ses besoins, d’aborder un problème, peu importe sa nature, et de lui trouver une solution. «Mon vécu me permet d’avoir une vision différente pour conseiller les jeunes ou les diriger vers la bonne personne. Je comprends leurs problématiques et je suis à l’écoute.»

Stimulé par son environnement, Bell ne craint cependant pas le moment de la retraite même s’il sait qu’il sera beaucoup moins sollicité parce qu’il se trouvera de nouvelles occupations parallèlement à la balle au mur où il a toujours beaucoup de plaisir et où il adore l’adrénaline, la performance et le bon stress que ce sport lui procure.

«Je veux rester actif auprès des jeunes. Je vais peut-être m’impliquer dans les Jeux du Québec. Mes trois belles-filles, les filles de ma femme, sont très sportives. Et on va continuer de les suivre. Elles vont peut-être aussi avoir des enfants... Comme je suis un mordu de sport, je vais faire des choses que je n’ai jamais eu le temps de faire, comme assister à des matchs du Canadien, de l’Impact, ou aller à la Coupe Roger. Alors c’est certain que je vais rester d’une manière ou l’autre en contact avec le sport.»

Sports, etc

Un virage maritime pour David Boily

Il y a maintenant presque trois ans que David Boily a remisé son vélo et qu’il a troqué le guidon pour la barre. Et si, pendant plus d’une décennie, c’est sur la route, sur une bécane, qu’il a pu visiter le monde, c’est sur l’eau, à bord d’un bateau, qu’il aura bientôt la chance de découvrir la planète.

«J’étudie à l’Institut maritime du Québec depuis deux ans, explique l’ex-cycliste. En sortant de l’école, j’aurai mon brevet de troisième officier de navigation. En décembre, j’ai amorcé mon premier grand stage sur le Bella Desgagnés, un navire unique en son genre puisqu’il est à la fois un bateau de croisière et un cargo pour le transport de marchandises. Nous desservons toute la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord, de Rimouski jusqu’à Blanc-Sablon.

«Comme je suis élève officier, je dois toucher à toutes les tâches qui doivent être faites sur un bateau. Il y a des semaines moins intéressantes. Mais il y en a d’autres qui sont super le fun pendant lesquelles nous conduisons le bateau et nous faisons de la route sous les ordres du capitaine et de l’officier. C’est un stage de cinq mois en mer où nous travaillons presque tous les jours. C’est une expérience très enrichissante.»

Boily ne se destinait pas à une carrière dans le domaine maritime. Travaillant en restauration, il a réalisé que même s’il aimait le milieu, il ne pourrait pas, à long terme, concilier les heures longues et irrégulières à une vie de famille équilibrée. Et il a commencé à penser à un retour aux études. À la même époque, un ami qui travaillait dans le milieu maritime lui a parlé de sa profession et il l’a emmené naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.

«Je trouvais ça plaisant ce qu’il faisait. Et je me suis demandé pourquoi je n’étudierais pas dans son domaine. C’était un cours de quatre ans incluant les stages. Et il fallait que je déménage à Rimouski. C’était une grosse décision mais aujourd’hui, je tripe ben raide.»

Boily confirme que son retour sur les bancs d’école avait été extrêmement difficile. «Pendant tout le temps que j’ai fait du vélo, mon corps a travaillé. Mais mon cerveau, ça faisait des années qu’il n’avait pas été entraîné, lance-t-il en riant. Le brevet de troisième officier est considéré comme un cours d’études collégiales. J’ai dû faire tous les cours obligatoires du cégep en plus de mes cours de technique. Ça allait vite la première année. Mais mon passé de performance m’a beaucoup aidé. J’ai étudié fort tout en travaillant et j’ai eu de bons résultats. Je suis content. Mon cheminement scolaire va super bien.»

Moins passionné

Obligé de quitter la formation italienne Amore & Vita à cause de problèmes de santé en 2013, Boily a mis sa carrière en veilleuse jusqu’en 2016. Il s’est alors joint à la formation Garneau-Québecor.

«Une année où j’ai vraiment aimé chaque moment passé avec l’équipe. Et j’ai vraiment essayé de retourner sur la scène internationale. Mais comme parallèlement au vélo, je travaillais en restauration, c’était difficile de revenir au niveau où j’étais. J’ai quand même fait quelques bonnes courses comme lors des Championnats canadiens où j’ai eu une quatrième place. Je me suis cependant rendu compte que ma passion n’était pas revenue au niveau maximal, que je n’avais plus le goût de mettre autant d’efforts et d’énergie qu’avant.

«À la fin de la saison, j’ai décidé d’arrêter, de penser à moi et de mettre le focus sur autre chose. Je me suis éloigné tranquillement du monde du vélo sans jamais annoncer officiellement ma retraite et sans crier sur tous les toits que j’arrêtais. Ma décision n’ayant pas été prise sur un coup de tête, je ne l’ai jamais regrettée.»

Boily ne retient que du positif de sa carrière qui l’a mené en Colombie à l’âge de 19 ans mais aussi en Iran, au Tour de la Californie, où il a porté le maillot à pois, et au Tour de l’avenir (2011) où il a terminé deuxième au classement final, à 17 secondes du gagnant, après avoir porté le maillot jaune lors de la dernière étape. Il a aussi fait partie des formations professionnelles Spidertech et Amor & Vita. S’ajoute une participation aux Championnats du monde.

«Je suis très fier de ma carrière. Mais s’il y a une chose que je pouvais changer, je retrancherais 17 secondes à mon temps au Tour de l’Avenir. Mais si après la course j’étais déçu, avec le recul, je suis très fier. J’étais arrivé en France sans aucune attente et j’ai devancé certains coureurs qui gagnent maintenant au niveau international.

«Sinon, j’aurais aimé faire le circuit du World Tour une fois ou deux avec la crème de la crème et toucher à un grand tour, sans nécessairement parler du Tour de France. Pour moi, ce n’est pas un manque de ne pas y avoir été.

Très occupé par ses études et le travail, Boily a complètement arrêté de rouler. Et il ne s’ennuie pas du vélo. L’entraînement ne lui manque pas et il n’a pas encore retrouvé le goût de faire du vélo.

«Je suis dans d’autres projets. Je n’ai pas eu beaucoup de fins de semaine de congé depuis deux ans et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer de grand chose. Mais après avoir fini l’école, il y a de fortes chances que je m’achète un vélo et que dans mes temps libres, j’aille faire ma petite run.

Sports, etc

Julie Sanders: question d’équilibre

Comme tous les athlètes faisant du sport de haut niveau, Julie Sanders, une adepte de vélo de montagne, s’était fixé comme objectif ultime de prendre part aux Jeux olympiques. Sauf qu’elle ne voulait pas y aller à n’importe quel prix. Alors quand elle est arrivée à la croisée des chemins et qu’elle a dû choisir entre ses études et son rêve, elle s’est laissé guider par ses valeurs plutôt que par ambitions sportives.

«Je n’ai jamais été capable de mettre tous mes œufs dans le même panier», confie la spécialiste des épreuves de cross-country. C’est dans la personnalité, c’est une question d’équilibre. Un moment donné, j’ai atteint un plateau au niveau de mes performances et j’ai réalisé qu’en gardant mon équilibre, je ne pourrais pas mettre davantage de temps sur mon entraînement afin de continuer à progresser. Mais il n’était pas question que j’abandonne mes études ou que je réduise le temps que j’y consacrais. Ce n’était pas dans mes valeurs et ce n’était pas dans celles de ma famille et j’étais consciente de la précarité de ma carrière. Alors j’ai fait ce que je pouvais au niveau sportif.»

La cycliste indique que l’année 2007, alors qu’elle arrivait à la fin de ses études et qu’elle débutait ses stages, avait été un moment charnière. «Comme je me sentais prête à m’investir dans autre chose et que je sentais que j’avais atteint le maximum avec ce que je pouvais investir dans mon entraînement, j’ai commencé à penser à ma retraite que j’ai prise en 2008 quand j’ai commencé à travailler.»

Julie indique que, tout au long de son parcours, ses entraîneurs sur l’équipe du Québec et ses commanditaires avaient toujours respecté et valorisé sa vision. Les choses se sont cependant gâtées avec la formation nationale. Alors qu’elle avait 17 ou 18 ans, un coach avait dit qu’il ne la prendrait pas au sérieux tant qu’elle n’abandonnerait pas ses études. À brûle-pourpoint, elle lui avait répondu : «Mais vous allez faire quoi si je me casse une jambe? Vous allez me supporter comment?» Elle n’obtint pas la moindre réponse.

La Québécoise n’a jamais regretté sa décision. Oui, elle s’est parfois demandé qu’est-ce qui serait arrivé si elle avait choisi une autre voie. Mais sans plus. «Les JO, c’est l’objectif ultime de tout athlète. Et j’aurais été très contente de me rendre là. Mais le sport m’a apporté plein d’autres choses. Prendre part à des Coupes du monde ou des championnats du monde, ça procure quand même beaucoup de reconnaissance et de valorisation. Surtout quand c’est présenté chez toi au mont Sainte-Anne où je m’y suis sentie levée par la foule. C’était assez capoté. Et c’est sans compter toutes les belles expériences que j’ai vécues.

«Mais j’étais très à l’aise avec mes décisions. Il y a des compromis que je n’étais pas prête à faire. Je n’ai donc pas de regrets.»

Ayant renoncé à la compétition, Julie n’a pas remisé son vélo pour autant. Elle en a profité pour faire des voyages de vélo et découvrir des sentiers qu’elle ne connaissait pas ou d’autre que ses obligations d’athlètes l’avaient empêchée de voir et d’essayer. Et elle est un peu retombée en amour avec son sport.

«Je n’ai jamais arrêté de rouler. Je l’ai fait dans toutes sortes d’endroits mais sans pression, en appréciant tout ce qu’il y avait de beau et de plaisant.»

Le sport adapté

Physiothérapeute, Julie travaille au Centre en réadaptation en déficience physique de Charny auprès de personnes devant vivre avec de séquelles physiques permanentes à la suite d’un accident. Elle œuvre aussi au sein d’un comité où on lui a confié comme mandat de développer le sport adapté dans la région Chaudière-Appalaches pour les personnes qui ont une déficience physique et de le rendre plus accessible. 

Julie organise, par exemple, des mini-salons du vélo adapté. Son passé d’athlète et ses nombreux contacts font d’elle une référence pour les gens désirant pratiquer un sport adapté, mais ne sachant pas à quelle porte frapper pour le faire. Elle les met en relation avec les bonnes personnes, les aide à trouver des sources de financement afin de payer pour les dispendieux équipements. etc.

«On connaît l’importante au niveau physique et mental de la pratique du sport pour la population en général. Mais elle l’est encore davantage pour les gens qui ont une déficience physique. 

«Quand quelqu’un me demande de l’aider, je ne lâche pas le morceau tant que je n’ai pas trouvé ce dont il a besoin. Je pense que c’est dans ma personnalité. Quand j’embarque dans quelque chose, j’embarque à 100 %. J’ai à cœur que ça fonctionne.»

Même si son travail, sa petite fille et sa passion pour le vélo de montagne lui demandent beaucoup de temps, Julie s’est quand même impliquée dans une autre cause touchant des athlètes handicapés. «J’ai été recrutée par Ski de fond Canada pour faire de la classification pour les athlètes paralympiques. Je suis classificatrice internationale», explique celle qui n’a qu’un souhait, c’est que le sport soit une aussi grande source de dépassement, de plaisir et de bien-être pour les autres qu’il l’a toujours été pour elle.

Sports, etc

Patrick D’Aoust: en payer le prix

Patrick D’Aoust avait un style bien à lui en tant que receveur. Quand il avait à retirer un coureur venant du troisième but, il aimait bloquer le marbre au lieu de simplement appliquer la balle sur son adversaire. Et il en a payé le prix. Victime de commotions cérébrales, il a dû mettre un terme à sa carrière avec les Capitales alors qu’il n’avait que 27 ans. S’est ensuivie une longue convalescence.

«J’aurais dû me tasser, avoue le receveur des Capitales de 2008 à 2013. Mais j’avais joué au hockey et j’avais toujours aimé le contact. La position de receveur est pas mal physique, mais il me manquait cet aspect-là. J’aimais bloquer le marbre. Tu te fais frapper, tu perds ton casque, tu gardes la balle, le gars est retiré. C’est spectaculaire. Il y a de l’énergie. Le seul problème : c’est toujours moi qui recevais le coup. J’aurais évité bien des problèmes en me tassant et j’aurais prolongé ma carrière.»

D’Aoust se souvient de la première fois qu’il a bloqué le marbre à un rival. Le joueur est allé lui dire qu’il n’avait pas eu le choix d’entrer en collision avec lui. «Je l’ai remercié de l’avoir fait. Avec le recul, je me dis que je l’ai remercié pour avoir amorcé le processus menant à la fin de ma carrière...»

Victime de violentes collisions, D’Aoust a commencé à ressentir sur une base quotidienne les symptômes des commotions cérébrales qui en ont découlé. C’est quand ils ont été plus persistants qu’il a commencé à s’inquiéter.

«La saison 2013 a été très difficile. J’ai commencé à être étourdi sur le terrain et à moins bien voir la balle. Je me demandais ce qui se passait. Puis j’ai reçu une fausse balle sur mon casque. Du coup, tout s’est mis à empirer. J’avais constamment des nausées, des étourdissements, des problèmes de vision et la lumière augmentait mes symptômes. Je pensais que tout reviendrait normal. Mais au bout d’une semaine, rien n’avait changé. C’est là que j’ai dit à Pat [Patrick Scalabrini] que c’était terminé.»

D’Aoust a craint de ne jamais retrouver la santé. Pendant des semaines, il est resté couché dans le noir total en espérant qu’un seul des symptômes qu’il ressentait parte. Après plusieurs semaines, ses étourdissements ont disparu. Puis ce fut ses maux de tête.

«Ç’a été beaucoup plus long pour ma vision. Et je ne vois plus aussi bien qu’à l’époque. Mais ce n’est pas grave.»

La famille

D’Aoust avait eu ses premiers contacts avec les Capitales en 2007. Un peu démoralisé de ne pas avoir reçu d’offre d’une équipe du baseball majeur à sa sortie de Cowley College et se sentant trop «jeune» pour évoluer avec la formation québécoise, il avait décidé de prendre une année sabbatique du baseball. Mais quand les Caps lui ont de nouveau fait de l’œil en 2008, il a accepté de jouer à Québec.

«Je savais que la porte du baseball organisé était fermée. Je ne voyais pas les Capitales comme un tremplin vers autre chose. J’avais comme objectif d’abord d’aider l’équipe à gagner des championnats et ensuite d’avoir une belle carrière.

«Après mes deux premières journées au camp d’entraînement, j’ai vu c’était quoi les Capitales et j’ai compris pourquoi personne n’avait envie de quitter le club. C’est une famille où tous les gars sont prêts à se supporter, à être là les uns pour les autres. Les gars avec qui j’ai joué sont comme mes frères. Aujourd’hui encore, si j’ai besoin de quelque chose ou s’ils ont besoin de quelque chose, on va s’aider, c’est certain.»

Auxiliaire à Greg Stevens à sa première saison, D’Aoust est devenu le receveur régulier des Capitales en 2009. Il a occupé le poste jusqu’au moment de mettre fin à sa carrière. Et il a atteint l’objectif qu’il s’était fixé, soit d’aider l’équipe à gagner. 

«Je suis vraiment fier de ma carrière à Québec. J’ai été là six ans et l’équipe a remporté cinq championnats. C’est le fait saillant de ma vie jusqu’ici. Si j’étais capable, c’est certain que j’y retournerais. Mais je suis rendu à une autre étape de ma vie où j’essaie de me créer d’autres moments magiques.»

Même s’il a pris sa retraite de joueur, D’Aoust demeure impliqué dans le baseball à temps plein. Entraîneur au sein du programme sports-études à l’école Édouard-Montpetit, le même par lequel il était passé à l’école secondaire, il a entraîné l’équipe midget AAA de Montréal avant d’en devenir le directeur général. Il a aussi fondé avec deux amis, avec qui il chapeaute le programme sports-études de baseball du Cégep Ahuntsic, l’Usine de baseball, une école s’adressant aux jeunes de tous les âges et de tous les niveaux. S’est ensuite ajouté le Centre Grand Chelem où il est possible de frapper des balles à l’année.

«Le fait d’être dans le baseball à temps plein a sûrement facilité le deuil de ma carrière. J’ai toujours une balle dans les mains ou un bâton comme avant. La différence, c’est qu’au lieu de frapper contre un lanceur, je frappe des roulants et des ballons à mes jeunes et qu’au lieu de lancer des balles au deuxième but, je lance 300 balles lors des pratiques au bâton. Mais j’avoue que je rêve encore de jouer un match, un dernier, avec les Capitales.»

Sports, etc

Philippe Audet: un repêchage sans aucune attente

Philippe Audet n’avait jamais rêvé de jouer dans la Ligue canadienne de football. Et même si des équipes lui avaient montré de l’intérêt, il n’avait aucune attente lorsque s’est amorcé le repêchage de 2005. Non seulement a-t-il été sélectionné par les Argonauts, mais c’est dès la deuxième ronde (14e) qu’il s’envola. Sa surprise fut totale.

«J’y croyais plus ou moins parce que même à l’université, j’étais très petit pour évoluer sur la ligne défensive, confie l’athlète de Sainte-Justine. Je pesais autour de 225 livres alors que le poids moyen des gars à ma position était de 265-270 livres. Et malgré une expérience positive au East-West Bowl et de bons résultats au combine, où on m’avait démontré de l’intérêt, jamais je n’avais eu l’espoir de jouer dans la LCF ou que je m’étais dit que c’est ce que je voulais faire.  

«J’avais simplement décidé d’y aller étape par étape et de profiter au maximum de chacune des expériences que je vivrais. Pour moi, être repêché signifiait avoir la chance de prendre part à un camp pro.»

Audet est d’avis que sa journée de repêchage ne constitue pas l’un des fait saillants de sa carrière comme le fut, par exemple, ses deux conquêtes de la Coupe Vanier, des événements lui ayant fait vivre de grandes émotions. Il rappelle que le repêchage de la LCF n’avait rien de glamour à l’époque. Les joueurs le suivaient sur l’écran d’un ordinateur dans le bureau des coachs. Et c’est en pesant sur la touche refresh qu’ils pouvaient voir si des noms s’étaient ajoutés à la liste des joueurs sélectionnés. Le sien est apparu en même temps que ceux de Phillip Gauthier et de Pierre Tremblay. «Les gars ont d’abord remarqué le nom de Phil Gauthier. C’est par la suite qu’ils ont dit ‘‘Phil Audet, tu as aussi été repêché’’. Ce fut bien drôle. Et le soir, je suis allé travailler comme je le faisais à chaque soir. Ma petite vie continuait. 

«Je me suis présenté au camp sans grandes attentes et sans appréhension. Je me suis dit : ‘‘advienne que pourra’’. C’est certain que je voulais montrer ce dont j’étais capable et que je voulais voir du terrain. Mais dans ma tête, jouer au football professionnel ce n’était pas ce que j’allais faire dans la vie.»

Deuil difficile

Audet n’a joué qu’une saison à Toronto. En 2006, il ne connut pas le camp à la hauteur de ses attentes et de celles de ses entraîneurs. Et il fut relégué à l’équipe de pratique. Il fit une remise en question qui l’incita à accrocher ses crampons et à revenir à Québec pour se trouver un emploi dans son champ d’études, soit l’administration.

«J’étais conscient que le football, c’était fini. Les équipes venaient de passer de 90 à 45 joueurs. Personne n’était à la recherches de footballeurs. Aujourd’hui, je suis bien fier d’avoir joué au football professionnel même si mes plus beaux souvenirs, c’est avec le Rouge et Or que je les ai eus. Ç’a été une belle expérience qui m’a beaucoup apporté au niveau professionnel et personnel. J’aurais aimé jouer pro un peu plus longtemps. Mais je n’ai pas de regrets.»

Audet ne cache pas que son deuil du football à son retour à Québec fut très difficile à faire. Et comble de malheur, il était voisin du PEPS où il voyait le Rouge et Or s’entraîner. «Je ne me sentais pas bien là-dedans, j’avais juste le goût de m’en aller.»

Audet a trouvé un travail à Magog où il s’est aussi impliqué comme coach dans une équipe de football d’une école secondaire. Un éloignement qui lui a permis de bien tourner la page sur son ancienne carrière. Parallèlement, il a tenté de trouver une activité qui lui apporterait le même dépassement de soi et l’adrénaline que le football. Ses recherches sont demeurés vaines. «Ça m’a pris des années avant de retourner dans un gym et sans les boys et les coachs, je m’y suis ennuyé à mourir. Je suis toujours actif physiquement, mais je n’ai jamais retrouvé un environnement comme celui que j’avais au football.»

Audet est aujourd’hui directeur principal des opérations manufacturières chez AddÉnergie, une entreprise spécialisée dans les bornes de recharge pour les véhicules électriques. Et comme c’était le cas avec le Rouge et Or, son besoin de dépassement de soi et de vouloir constamment s’améliorer est toujours présent, tout comme sa reconnaissance de l’importance du travail d’équipe. Mais même si le football guide toujours sa vie, il trouve amusant qu’on le présente encore comme un footballeur. «Ça fait 14 ans!» lance l’athlète qui, à sa grande surprise, fut invité à livrer un discours lors du souper annuel du club de football du Rouge et Or .

«J’ai été honoré qu’on me le demande, mais aussi un peu shaké. Je me suis demandé qu’est-ce que j’allais dire pour intéresser les participants. J’ai décidé de remercier les coachs pour ce qu’ils avaient fait pour moi, ce qu’ils m’avaient appris et apporté dans ma vie personnelle et professionnelle et les valeurs qu’ils m’avaient données, quelque chose que je n’avais pas eu la chance de faire. J’ai été très heureux de revoir tout le monde. J’étais retourné à la maison. Ça m’a fait un grand bien.»

Sports, etc

Jean-Philippe Goyette: mettre la pédale douce

Jean-Philippe Goyette a longtemps pensé qu’il pourrait faire du badminton de compétition presque toute sa vie. Mais il y a trois ans au championnat provincial, une douleur à une hanche l’a incité à consulter. Le diagnostic a été cruel. Il ne lui restait que 40 % de sa hanche blessée et il devait mettre la pédale douce dans la pratique de son sport.

«Ce fut un choc, lance l’athlète qui s’est notamment signalé avec le Rouge et Or. Je voyais mes chums arrêter parce qu’ils avaient mal à une épaule ou à un coude et moi à 42 ans, à part de petites douleurs, je n’avais rien. Je pensais pouvoir jouer au moins jusqu’à 60 ans au championnat provincial. Et il y a eu cette histoire de hanche. Je ne pouvais plus pratiquer mon sport à un haut niveau et je perdais mon outil pour relaxer et me changer les idées.» 

«Ça été difficile et ça l’est encore. Mais je garde espoir. J’ai entendu dire qu’il existait des chirurgies pouvant régler mon problème. Mon but est d’étirer le temps afin de laisser les spécialistes trouver des solutions. Et je verrai... Mais si on peut permettre à mon body de recommencer à jouer au badminton comme avant et pendant longtemps, pourquoi pas.»

Goyette a connu une carrière fructueuse. Gagnant de plusieurs titres provinciaux, il a aussi tiré son épingle du jeu au niveau national où il a gagné deux championnats en plus de jouer sur l’équipe nationale. Il a pris part à de prestigieux tournois en Europe comme le All England et remporté quelques titres. Un cv qui lui a ouvert les portes du Temple de la renommée du badminton québécois en 2017.

«C’est incroyable comment j’ai été chanceux. D’avoir eu les parents que j’ai eus. Pour eux, il n’y a rien qui n’était pas permis en badminton. Du moment que je scorais dans mes études. Ils m’ont facilité la vie. Mais aussi d’avoir pu compter sur des entraîneurs de qualité. Jean-Claude Laprise puis quand je suis devenu un adolescent un peu plus rebelle, Pierre Olivier qui m’a emmené à travailler ma condition physique, et Marie-Claude Lachance qui m’a donné de la corde quand c’était le temps et qui l’a serrée en d’autres occasions. Si ce monde-là n’avait pas été là, peut-être que je ne jouerais plus au badminton. Parce qu’en trois occasions, j’ai failli arrêter. Et il y a eu quelqu’un pour me ramener.»

Revenant sur ses succès, Goyette est d’avis qu’il avait toujours eu une bonne tête de badminton. Malgré son talent, sa rapidité et une bonne puissance, il n’était pas le plus grand, ce qui le pénalisait quand venait le temps d’aller chercher certains coups. Il se cassait donc la tête pour trouver des moyens de gagner, lui qui haïssait perdre. 

Études en pharmacie

Malgré une carrière bien remplie, Goyette s’est toujours fait un devoir de demeurer sur les bancs d’école où il a étudié pour devenir pharmacien. «J’ai choisi un bac où il y avait beaucoup de connaissances qui étaient dans les livres. Quand je partais en voyage, j’apportais mes livres. Tout ce que j’avais à faire, c’était de mettre le temps nécessaire pour étudier et d’être discipliné, même si des fois, c’était moins facile.»

Ses études terminées, le Québécois a mis toutes ses énergies sur le badminton. Ambitionnant de prendre part aux JO de Sydney, il a été ignoré pour les épreuves de qualification, l’entraîneur de l’équipe nationale lui disant qu’il serait à son meilleur lors des Jeux suivants. 

«Il n’était pas question que je mette ma carrière de pharmacien en veilleuse pendant quatre ans. J’ai un peu claqué la porte de l’équipe. Regrettant la manière dont ça c’était fini, j’ai recommencé à jouer, quatre ans plus tard, avec Philippe Bourret lors des championnats canadiens et quelques tournois internationaux. On a joué ensemble pendant deux ans.»

«Même si la manière dont ma carrière avec l’équipe nationale s’est terminée est un peu plate, je suis convaincu que j’aurais regretté d’avoir attendu quatre ans avant de commencer ma carrière de pharmacien.»

Goyette était propriétaire de deux pharmacies quand il a tout vendu pour se concentrer sur sa famille quand ses enfants sont venus au monde. Maintenant âgé de 45 ans, il se dit à la croisée des chemins. «Si jamais j’avais le désir de relever un défi au niveau professionnel, ça serait le temps d’embarquer.»

Membre du conseil d’administration de l’équipe de badminton du Rouge et Or depuis huit ans, Goyette est aussi coach au civil et il s’est impliqué dans l’organisation des championnats canadiens des maîtres Yonex présentés au PEPS (28 avril au 3 mai) qui réuniront des athlètes de plusieurs pays dont Nick Pounting et Rebecca Pantenay. Faisant-fi des recommandations de son médecin, il jouera en simple, en double et en mixte avec Jody Patrick. L’objectif sera toujours le même. Gagner.

«La fameuse défaite qui ne se digère pas, ça ne s’améliore pas en vieillissant. Mais je suis capable de mettre les choses en perspective. Ce que je hais, c’est d’échapper des matchs serrés. La rivalité est toujours aussi forte sur le terrain. Mais à l’extérieur, on va avoir beaucoup de plaisir lors des activités au programme.»

Sports, etc

Marcel Cousineau: réaliser sa chance

Même s’il a passé neuf saisons à jouer au hockey professionnel en sol nord-américain, Marcel Cousineau n’a jamais réussi à percer l’alignement d’une équipe de la LNH où sa carrière s’est limitée à 26 matchs. Sa déception d’être passé si près de son rêve l’a parfois poussé à ne pas toujours réaliser ce qu’il avait accompli et à minimiser ses exploits. Une mauvaise habitude qu’il a aujourd’hui perdue.

«C’est certain que j’aurais voulu faire mieux», avoue le gardien de but originaire de la Montérégie. «Des fois, je regarde en arrière et je me dis que ma carrière aurait pu être différente si j’avais fait ci ou si j’avais fait ça. Il arrive que tu sois à une décision, à un bon match de tout changer. D’autres fois, c’est une question de chance, d’entraîneur ou d’avoir le break qu’il faut.

«D’un autre côté, je me sens privilégié d’avoir vécu ce que j’ai vécu. J’ai eu la chance de jouer dans de belles villes, j’ai eu beaucoup de plaisir et j’ai eu de bonnes saisons. J’ai disputé plus de 350 rencontres dans la Ligue américaine et j’ai été nommé trois fois sur l’équipe d’étoiles. Je pense que j’ai réalisé quelque chose de pas pire.»

Cousineau s’ennuie parfois des moments mémorables qu’il a vécus, comme son séjour à Terre-Neuve, entendre 9000 partisans russes crier «Cousineau! Cousineau!» avec leur accent ou être accueilli dans le petit aéroport de Cherepovets par des fans en délire. Mais toujours, le stress de savoir s’il sera rétrogradé ou s’il aura un autre contrat lui rappellent qu’il ne l’a pas toujours eu facile.

«Je me suis tellement battu à chaque année pour avoir un poste, pour avoir un contrat. Et j’ai dû le faire pendant toute ma carrière. Un moment donné, les années passent et tu réalises que c’est fini. Tu te demandes si tu as vraiment profité de ta carrière. Et la réponse est non. 

«Malgré, je l’apprécie tout autant quand je regarde des articles de journaux qui parlent de moi ou la photo sur laquelle je réalise un arrêt aux dépens de Mario Lemieux. Il n’y a pas grand monde qui a ça dans son salon [rire]. Et quand je vois les étoiles dans les yeux de gens qui viennent me parler de hockey, je réalise à quel point ce que j’ai accompli est impressionnant pour les amateurs de hockey qui ont tous rêvé à la LNH et comment ils auraient aimé être à ma place.»

Avec les Harfangs

Ayant participé à la conquête de la Coupe Air Canada en 1990 avec les Riverains du Richelieu, Cousineau avait été repêché par les Harfangs de Beauport qui commençaient leurs activités dans la LHJMQ.

«J’ai vu ma venue avec une équipe de l’expansion comme une opportunité de montrer ce que j’étais capable de faire. À mon arrivée à Beauport, j’ai eu la chance d’avoir Yannick De Grâce comme coéquipier. Quand il a été échangé aux Fêtes, on m’a donné le champ libre. J’ai pu jouer beaucoup. Gagne ou perd, je retournais toujours devant le filet. Il fallait toujours que je sois prêt. Ça m’a permis de développer ma force de caractère.»

Choisi par Boston en troisième ronde du repêchage de 1991, 62au total, le gardien n’a jamais joué pour les Bruins. Ils lui avaient offert un contrat à trois volets, qu’il a refusé. «Je ne voulais pas risquer de me ramasser dans la East Coast. À partir de là, le chemin est long pour se rendre dans la LNH. En tant que joueur autonome, j’ai obtenu une invitation pour le camp des Maple Leafs. Ils m’ont offert un contrat et j’ai joué dans la LAH à Terre-Neuve.»

Cousineau a passé cinq saisons dans l’organisation torontoise avant d’évoluer avec les Islanders et les Kings. Sa carrière l’a ensuite mené à Cherepovets, en Russie. Il a terminé la campagne avec la meilleure moyenne de buts accordés et il a aidé les siens à atteindre la finale de la KHL face au Lokomotiv.

«Je ne retiens que du positif de cette expérience. Le seul point négatif, c’est que je m’ennuyais de ma conjointe de l’époque et de mon petit garçon demeurés au Québec. C’est l’obligation de les laisser à nouveau qui m’a incité, à quelques jours de mon départ pour la Russie, à arrêter de jouer. Et c’est là que la Ligue nord-américaine m’a approché.»

Après deux saisons dans la LNAH, Cousineau a accroché ses jambières afin de se lancer en affaires avec son frère et sa belle-sœur, propriétaires de restaurants de la chaîne Cora. Il a ensuite géré des centres de conditionnement physique puis il a été engagé chez Canac en tant que directeur adjoint. Il y a environ trois semaines, il a été nommé directeur du magasin de Cowansville. Jamais, il n’a vécu la moindre déprime après avoir renoncé au hockey.

«J’ai toujours aimé le hockey mais j’ai toujours joué au hockey pour gagner ma vie. À la fin de ma carrière, jouer au hockey me demandait de plus en plus de sacrifices. Ce n’était plus aussi agréable. C’est pour ça que j’ai pris ma retraite. Et j’étais prêt.»

Aujourd’hui, Cousineau a complètement tourné la page sur le hockey. Il a vendu tout son équipement de gardien. Résidant à Bromont, il a comme passion le ski alpin et le vélo de route. «Je me concentre sur des sports que j’ai moins eu la chance de faire à cause du hockey.»

Sports, etc

Guy Boulanger: quand on pense escrime

Quand on pense escrime dans la région de Québec, on pense naturellement à Guy Boulanger. Depuis 42 ans, le maître d’armes tient non seulement son sport à bout de bras dans la Vieille capitale, mais il a aussi formé de nombreux champions canadiens, des athlètes qui se sont démarqués sur la scène internationale.

«Je n’ai pas de mérite, lance le fondateur du club Estoc en 1976. Je suis là parce que je suis passionné d’escrime, que j’ai du plaisir à faire découvrir cette activité aux jeunes et aux mois jeunes et que je suis bien entouré. D’avoir la chance de les accompagner dans leur développement pendant des années, ça m’encourage à demeurer impliqué et à continuer à pousser. Quand ils atteignent l’équipe canadienne et qu’ils font de bons résultats au niveau international, ça m’alimente.»

C’est en 1969 que Boulanger s’est initié à l’escrime. Sa progression rapide lui permet de connaître ses premiers succès comme athlète, mais aussi de se faire remarquer par les gens du Séminaire de Québec qui lui offrent un poste d’entraîneur. Trois ans plus tard, il se retrouve à l’Université Laval où il fonde un club. Mais désireux d’approfondir ses connaissances et de développer ses qualités d’escrimeur, il s’expatrie en France pour y suivre une formation de deux ans pour devenir maître d’armes. 

«Là bas, je n’ai pas arrêté de faire de l’escrime. En plus de ma formation de 30 heures semaines, j’ai donné des cours, j’ai démarré des activités dans des clubs et je me suis entraîné. À l’époque, mon ambition était de compétitionner. J’ai d’ailleurs participé à 36 compétitions en deux ans.»

De retour au pays, Boulanger a dû abandonner son rêve. Le président de la Fédération canadienne a statué qu’il était un professionnel parce qu’il avait gagné de l’argent comme entraîneur. «J’étais barré de toutes les compétitions portant le titre de championnat. Ce fut un choc. C’est là que ma carrière sportive s’est arrêtée. 

«J’ai décidé de vivre avec la décision de la fédé et je me suis concentré sur l’enseignement avec l’intention de donner le maximum aux jeunes. Et j’ai fondé le club Estoc. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Sauf que si je n’avais pas eu de succès comme entraîneur, j’aurais eu l’impression d’avoir manqué ma vie. Mais j’ai eu la chance d’accompagner de nombreux athlètes pendant plusieurs années, de les développer à leur plein potentiel et de les voir pratiquer l’escrime à un très haut niveau.

L’environnement

Au fil des ans, le club Estoc a produit de nombreux champions qui se sont signalés sur la scène internationale. Qu’il suffise de penser aux Marie-Huguette Cormier, Charles St-Hilaire, Évelyne Giroux, Marie-Ève Pelletier, Vincent Pelletier, etc. Pourtant, le club Estoc n’a pas toujours profité d’installations de qualité et l’escrime d’une grande vitrine. Mais comment Boulanger a-t-il fait?

«Il y a une partie de hasard parce je ne peux pas les recruter les jeunes. Quand je détecte quelqu’un qui a un potentiel, j’essaie de l’encourager à poursuivre et je lui donne l’attention dont il a besoin. Le succès, c’est pas mal de travail et d’encouragement. Mais à ce niveau, je n’ai qu’une partie du rôle à jouer. Si les parents ne sont pas là pour encourager leur enfant et payer les déplacements et le matériel, le talent d’un athlète et les qualités d’un coach ne servent à rien.

«L’escrime est un sport de développement à long terme. Ce qui est intéressant c’est que les athlètes qui sont venus au club y sont demeurés assez longtemps. Même si certains ont connu des périodes difficiles, ils sont restés. Je pense que c’est à cause de l’ambiance. Il y a toujours des athlètes pour encourager les autres et les aider. C’est un milieu de vie stimulant.»

Boulanger a dû faire face à son lot d’épreuves au fil des années. Et il lui est arrivé de vouloir tout abandonner. Mais résilient et inspiré par le maître d’armes italien Livio Di Rosa, un modèle, il est revenu plus fort. Il a aussi eu la chance de pouvoir compter sur des administrateurs bénévoles, comme Jean-Yves Pelletier et Simon Duchesne, le président actuel du club, qui l’ont toujours appuyé.

Âgé de 67 ans, Boulanger a commencé, il y a quelques années, à penser à sa succession au club Estoc. Le candidat qu’il recherchait était un pédagogue d’abord, un entraîneur ensuite et il avait sa philosophie de coaching. Le destin a mis sur sa route Erik Medina Diaz, un escrimeur d’origine cubaine qu’il a rencontré à Montréal et qui a poursuivi sa carrière avec l’Estoc. 

«Je ne savais pas à ce moment-là qu’il pourrait devenir mon successeur. Avec le temps, je l’ai impliqué dans l’organisation de certaines activités. Et ça marche bien. Il a toutes les qualités que je recherche. Il sait s’exprimer et il est doux. Les parents l’aiment et les jeunes l’apprécient. Sa présence est très rassurante. C’est vraiment une bonne personne pour prendre le relais. Je vais pouvoir me décharger tranquillement de quelques fonctions pour lui laisser plus d’espace et me consacrer davantage à l’enseignement. Car ce n’est pas encore dans mes plans de me retirer complètement.»

Sports, etc

Karine Blanchet: se faire un prénom

«Elle avait un nom, elle s’est fait un prénom.» Ces quelques mots de présentation de Karine Blanchet sur le site Web du club de judo de la Vieille Capitale résument bien la carrière de la Québécoise. Car si, à ses débuts, elle était «la fille à Gérard», elle est aujourd’hui connue en tant que Karine Blanchet, la judoka ayant fait sa marque sur les scènes nationale et internationale.

«Quand je retourne en compétition en tant qu’entraîneure, je rencontre plein de gens, des compétiteurs de mon époque mais aussi des arbitres et des bénévoles, qui se souviennent de moi et qui viennent me parler», explique l’athlète dont le père, Gérard Blanchet, une figure connue et respectée dans le monde du judo, a fondé le Club de la Vieille Capitale en 1970. 

«C’est toujours le fun de revoir ces personnes avec qui on a passé beaucoup de temps ensemble. Mais c’est également plaisant de réaliser que je ne suis pas juste “la fille à Gérard” même si, encore aujourd’hui, c’est la manière qu’utilisent certaines personnes pour me présenter. C’est correct, je suis habituée.»

Si, pour plusieurs, le fait de se retrouver dans l’ombre de son paternel aurait pu constituer un handicap, Karine n’y a vu que des avantages. N’aimant pas être sur la sellette, le fait que l’attention soit portée sur son père lui permettait de passer incognito. Et jamais elle n’a ressenti une pression supplémentaire de performer. Comme le judo met en scène deux adversaires qui se mesurent, ses résultats étaient le résultat de ce qui s’était passé sur le tatami.

«Je n’ai jamais eu de cadeau des arbitres. Si j’avais à perdre, je perdais. Si j’avais à gagner, je gagnais. Et je n’aurais pas voulu qu’il en soit autrement. Je ne pense pas que je me serais rendue aussi loin si j’avais eu des cadeaux des officiels. Et si j’avais su que l’on me donnait des chances, je n’aurais pas continué à compétitionner.»

Au mauvais moment

Ayant connu ses premiers succès au milieu des années 80, Karine a fait de la compétition de haut niveau pendant une douzaine d’années. Championne canadienne à plusieurs reprises, elle a pris part aux tournois les plus prestigieux en plus de participer aux Championnats du monde, aux Jeux panaméricains, aux Jeux de la Francophonie et aux Universiades. Elle est aussi venue à une victoire de se qualifier pour les Jeux olympiques de Barcelone et d’Atlanta. «Pour aller aux Jeux, il fallait être championne canadienne et j’ai perdu en finale ces années-là. Je me suis retrouvée substitut sur l’équipe canadienne.

«C’est sûr que j’aurais aimé aller aux JO. Tout de suite après la finale, j’étais déçue. Mais rapidement, j’avalais ma pilule et je passais à autre chose. Je n’ai pas réalisé mon rêve, mais ce n’est pas quelque chose qui jette de l’ombre sur ma carrière. Je me dis que si je n’ai pas fait les Jeux, c’est parce que je n’avais pas à les faire. Il me reste plein de beaux souvenirs de ma carrière comme les voyages, la gang, etc. Ce fut une belle période de ma vie. J’en retire beaucoup de bonheur et de fierté.»

Karine a tourné la page sur sa carrière en 1997. Victime de blessures à répétition nécessitant des opérations, elle a décidé d’écouter son corps au terme d’une réflexion d’une année. «Une décision réfléchie. Quand j’ai pris ma retraite, j’étais prête. Je sentais qu’il était temps de passer à autre chose. Comme j’avais obtenu mon diplôme universitaire en administration, j’ai commencé à travailler peu de temps après. J’ai aussi continué à m’entraîner au club, mais juste pour le plaisir, et j’ai donné des cours. Après avoir eu mes enfants, je suis revenue au coaching et là, je m’occupe des jeunes et des seniors. Je les accompagne en compétition. Je peux leur faire profiter de mon expérience.»

Toujours aussi passionnée de judo, la Québécoise a transmis son amour de son sport à ses trois enfants. Actuellement, deux fréquentent le Club de la Vieille Capitale assidûment. Le plus jeune vient de passer sa ceinture marron et prochainement, sa fille tentera de mériter sa ceinture noire. Et elle a demandé à sa mère d’être sa partenaire. Une grande fierté pour Karine.

«Le judo, c’est le choix de mes enfants. Ils n’étaient pas obligés d’en faire. Mais se retrouver au club avec mon père et mes enfants, c’est vraiment le fun. J’ai vécu une belle dynamique dans le temps avec mon père et c’est plaisant que mes enfants puissent vivre la même chose.»

Le Club de la Vieille Capitale aura bientôt 50 ans. Et si Gérard Blanchet se tournait vers sa fille pour assurer sa relève, accepterait-elle de le faire?

«C’est sûr que quand mes enfants auront vieilli, j’aimerais avoir les rennes du club ou les partager avec mon père. Je caresse le rêve d’assurer sa succession depuis que je suis jeune. Mais j’espère qu’il ne se tournera pas juste vers moi. J’aimerais que l’on puisse être une équipe et que l’on travaille ensemble. Mais en même temps, ça me fait bizarre de penser que le club formé par mon père et avec sa personnalité pourrait changer. Car si le club est ce qu’il est, c’est grâce à lui.»

Sports, etc

Denis Vachon: toujours bien branché

Comme bien des gens, Denis Vachon sera sur les Plaines en fin de semaine afin d’assister à la finale de la Coupe du monde de ski de fond. Mais il ne se contentera pas d’apprécier le spectacle. Profitant d’informations privilégiées, il pourrait jouer au gérant d’estrades. Car même s’il a mis un terme à sa carrière de fondeur il y a une quinzaine d’années, il demeure encore très branché sur le petit monde du ski de fond.

«J’ai décroché du milieu parce que je ne suis plus sur le circuit de compétition, mais je continue de suivre tout ce qui se passe par la bande», confie celui qui a bien hâte d’analyser les différentes stratégies des coureurs. «Mon grand ami, c’est Louis Bouchard, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale. Et on se parle souvent. Et quand Devon Kershaw allait s’entraîner dans l’Ouest, il habitait chez un de mes amis. Le ski de fond, c’est un petit milieu. On connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. On peut donc rester informé sur ce qui se passe.

«Comme j’ai passé les 10 dernières années dans l’Ouest, ce sera la première fois que j’aurai l’occasion d’assister à la Coupe du monde sur les Plaines. Je devrai donc me familiariser avec le parcours. Mais j’ai des amis qui m’ont dit où je devrais me placer. Et j’ai eu déjà quelques insides

Vachon a été initié au ski de fond par son père. Il a eu ses premiers succès sur la scène régionale au milieu des années 90. Après s’être imposé chez les juvéniles et les junior B, il a été appelé à se joindre au Centre national d’entraînement où il a retrouvé les Denis Blanchard, Donald Farley, Guido Visser, etc.

«Une belle gang. J’étais le petit jeune du groupe. Me retrouver avec tous ces athlètes, c’était à la fois plaisant et motivant. Je n’avais aucune pression. J’espérais faire l’équipe nationale et eux, les JO. Il y avait un gros gap entre nous. Leur présence, c’était un bon coup de pouce pour m’aider à monter. Sauf qu’avec les années, mes mentors sont devenus mes rivaux. C’est quand j’ai commencé à leur tenir tête lors de certaines épreuves que j’ai commencé à me dire que les Jeux, c’était peut-être possible pour moi aussi.»

La fin du rêve

Vachon a connu ses plus belles années sur la scène nationale et internationale au début des années 2000. Il a cependant renoncé à poursuivre son rêve olympique en 2004. Une décision motivée par une mauvaise saison, mais aussi par le fait qu’il avait perdu sa place au sein du programme de l’équipe nationale et, du coup, son financement d’athlète. Inscrit à l’université, il a opté pour terminer son bac en génie hydrogéologique. Et parallèlement, il a skié au sein d’une équipe semi-professionnelle.

«J’ai fait ça pendant trois-quatre ans. N’ayant pas arrêté de skier du jour au lendemain, la transition vers mon après-carrière a été beaucoup plus facile. J’avais du plaisir et je pouvais continuer à pousser et à souffrir. Quand je gagnais, c’était super le fun, mais quand je finissais 62e, ce n’était pas grave. Je trouvais donc mon compte.»

C’est quand il a commencé à être moins compétitif que Vachon a renoncé à la compétition. Installé à Vancouver, c’était plus difficile pour lui de s’entraîner, les beaux centres de ski étant loin de la ville. Il s’est alors contenté de skier avec des amis dans un cadre social. Aujourd’hui, il ne garde que de beaux souvenirs de sa carrière, à commencer par toutes les amitiés qu’il a développées.

«Même si le ski de fond est un sport individuel, on forme quand même comme une petite famille. Aujourd’hui, peu importe où je vais, je suis presque certain d’y retrouver un ami ou une connaissance qui pourra m’héberger ou me faire découvrir des trails.

«Ma carrière m’a aussi permis d’acquérir plein de choses. Mon anglais, c’est à elle que je le dois. Et j’ai pu voyager. Est-ce que j’ai des regrets de ne pas avoir réalisé mon rêve olympique? Non. Les Jeux, ce n’était peut-être pas pour moi. Je n’étais peut-être pas prêt à faire tous les sacrifices pour y arriver. Je me console en me disant que même si j’y étais allé, je n’aurais probablement pas pu faire mieux qu’un top 30 ou quelque chose comme ça. Ma plus grande déception, ç’a été d’avoir été écarté de l’équipe nationale. Mais j’avais un plan B.»

Ingénieur en hydrogéologie minière, l’ex-fondeur est spécialisé dans les eaux souterraines. Il a passé une dizaine d’années sur la côte Ouest. De retour à Québec depuis quelques semaines, sa conjointe et lui se sont mis à la recherche de l’endroit idéal où ils pourraient s’installer avec leurs deux jeunes enfants. Adeptes d’activités de plein air, ils souhaitent trouver une maison située à proximité du centre-ville et près d’un terrain de jeu naturel où ils pourront faire du vélo, du vélo de montagne, du ski de fond, du ski alpin, etc.

«On veut pouvoir profiter de la vie de plein air. Pour nous, l’activité physique, c’est sacré. Et c’est ce style de vie que l’on veut inculquer à nos enfants. On ne veut pas nécessairement qu’ils fassent du sport de haut niveau. On souhaite juste que ça soit dans leur culture de sortir dehors et de bouger.»

Sports, etc

Éric LeBreton: des racines profondes

Plaçant la famille au centre de ses priorités, Éric LeBreton a aussi toujours été très attaché à ses racines acadiennes. Pas surprenant qu’après un hiatus d’une dizaine d’années, le volleyeur originaire de Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, est retourné vivre dans sa communauté. Bachelier en enseignement, il est même devenu prof à l’école secondaire où il avait étudié.

«J’ai toujours rêvé d’être ici», lance celui qui fut du championnat canadien de volleyball présenté au PEPS en 2000 et en 2001, un évènement de retour à l’UL vendredi. «J’ai tout le temps eu l’impression d’appartenir à là où je suis aujourd’hui. Pour le simple plaisir d’être avec ma famille et mes amis d’abord. Et sans vouloir être prétentieux, je me disais que je pourrais peut-être aussi revenir chez moi pour partager mon vécu. J’ai eu la chance de faire ce que j’aimais et de vivre mon rêve et je pourrai donner la chance à des jeunes de chez nous de faire la même chose.

«J’ai ainsi aidé Mathieu McLaughlin, un grand joueur de volley de mon école, à poursuivre sa carrière à Limoilou où il a gagné un championnat national. J’ai passé le flambeau à un gars qui a pu vivre la même chose que moi. C’est vraiment plaisant de penser à ça.»

Poursuivre son rêve

Enfant unique, LeBreton a grandi dans une communauté où les liens étaient tissés serrés. Très sportif, il a choisi le volleyball parce c’était le sport le plus populaire de son école, mais aussi parce qu’il lui offrait la possibilité de prendre part aux Jeux de l’Acadie et d’amorcer son rêve d’aller aux Olympiques, comme l’avait fait son idole Marc Albert, membre du six partant de l’équipe nationale à Barcelone.

Ses études secondaires terminées, LeBreton s’est joint aux Titans du Cégep Limoilou. Sa carrière, marquée par de nombreux succès dont la conquête d’un championnat canadien, est cependant venue à un cheveu de dérailler.

«J’avais quitté la maison où j’avais une mère qui m’aimait et me gâtait pour me retrouver dans un appartement avec un colocataire. Et j’étais inscrit dans un programme où en plus de faire un sport de haut niveau, je devais réussir au niveau académique. En décembre, j’avais dit à mes coéquipiers que j’allais peut-être lâcher pour aller à Sherbrooke. Je trouvais que mon entraîneur Denis Gaboury était trop dur avec moi et qu’il me poussait trop afin que j’augmente mes performances. Mais après avoir réfléchi, j’ai réalisé que quitter les Titans n’était pas une option.»

Son stage collégial terminé, c’est avec le Rouge et Or que le grand athlète a poursuivi sa carrière. Son passage a été mémorable. Pour plusieurs, il est un des meilleurs joueurs ayant défendu les couleurs de la formation lavalloise. Rêvant de décrocher un titre national universitaire, il est passé à une victoire de réaliser l’exploit en 2001 et en 2002, année où il a été choisi l’athlète par excellence à Laval. «Ma plus grande déception tout de suite après mon passage à Laval, c’était de ne pas avoir gagné de championnat national. Aujourd’hui, ça demeure quelque chose qui me manque, mais je me dis que tout ce que mon passage à l’UL m’a permis de gagner en valait autant.»

Membre de l’équipe canadienne alors qu’il jouait avec le R et O, l’Acadien a appris peu de temps après la fin de sa carrière à Laval que la formation nationale n’était plus intéressée par ses services. Une autre déception qui ne lui a cependant laissé aucune amertume.

«J’ai reçu beaucoup de l’équipe nationale. J’ai pris part à deux Universiades dont une lors de laquelle j’ai été porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. Moi, un Acadien qui était au Québec et qui représente le Canada, ç’a été un beau cadeau. Et mon passage avec elle m’a permis de décrocher un contrat pro à Saint-Nazaire, en France.»

LeBreton a accroché ses espadrilles un an plus tard. Il avoue avoir mal vécu sa coupure avec le sport de haut niveau.

«Je n’avais pas le temps de m’entraîner autant et j’étais moins en forme. Je ne me reconnaissais plus et je me posais toutes sortes de questions. «Il fallait que je me trouve un sport à la hauteur de mes besoins. J’ai commencé à jouer au hockey, deux fois par semaine avec des gars qui avaient évolué à l’université ou dans des ligues seniors. J’avais un beau défi. J’y ai retrouvé le hype que j’avais en volley.

«Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi commencé à faire du cross-fit. Ce que j’aime, c’est l’entraînement en gymnase, travailler avec des poids et des haltères, etc., ce que j’appelle l’isolation musculaire.»

Coach de volleyball à son école secondaire, LeBreton s’est peu à peu retiré du volley après la naissance de ses enfants. Aujourd’hui, il investit une partie de ses temps libres dans les Jeux de l’Acadie et dans d’autres organisations sportives. Son nom demeure quand même associé au volley, lui qui a figure au Temple de la renommée du volleyball du Nouveau-Brunswick.

«Une grande fierté. Ce que je retiens des honneurs que j’ai reçus c’est que dans la vie, il y a parfois des bas et que si j’ai été honoré, c’est parce que j’avais réussi à m’en sortir. Quand ça va moins bien, juste de penser à ça me donne de l’énergie pour continuer.»

Sports, etc

Sophie Simard: finir sur une bonne note

Dévastée après avoir raté sa sélection pour les Jeux olympiques d’Athènes (2004), un échec qu’elle qualifie de plus grande déception de sa carrière, Sophie Simard en était venue à la conclusion qu’elle devait tourner la page sur sa carrière de nageuse. Mais après quelques mois de réflexion pendant lesquels elle a fait le vide, elle a repris le chemin de la piscine convaincue de pouvoir nager à la hauteur de ses attentes.

«C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre», confie l’athlète originaire de Chicoutimi ayant fait carrière avec le Rouge et Or. La raison pour laquelle je revenais, c’était pour m’assurer de terminer ma carrière sur une bonne note. Je ne voulais pas quitter mon sport fâchée contre lui. Je voulais le quitter en paix. Et le fait que les Mondiaux aquatiques avaient lieu à Montréal a pesé lourd dans la balance. Savoir que l’on va nager devant les nôtres a ajouté à ma motivation de vouloir revenir. 

De retour à l’entraînement, Sophie n’a pas mis de temps avant de reprendre sa place parmi l’élite canadienne. Lors des Mondiaux Aquatiques de 2005 où elle était inscrite dans trois épreuves, elle a établi une marque nationale au 200m libre.

«Ces championnats ont été le moment le plus importants de ma carrière. Pour l’expérience que j’ai eue, mais aussi pour le plaisir que j’ai ressenti. Je ne dis pas que je n’avais pas eu de plaisir avant. Mais là, je suis vraiment allée le chercher pour moi.»

Après les Mondiaux, Sophie a pris part aux Jeux du Commonwealth de Melbourne. C’était clair qu’il s’agissait de sa dernière compétition en carrière. Une décision prise plusieurs mois auparavant. Et même si en nageant deux ans de plus, elle aurait pu tenter de se qualifier pour les JO de 2010, elle a préféré accrocher son maillot.

«Pour moi, le nom de la compétition n’avait pas d’importance. Je voulais juste être bien avec ce que je faisais. J’étais revenue parce que je voulais terminer sur une bonne note. Et je désirais avoir le contrôle là-dessus.»

Les blessures

À bien des égards, Sophie Simard a connu une carrière plus souvent qu’autrement très frustrante. Qualifiée pour ses premiers Jeux à l’âge de 18 ans (1996) et vouée à un très bel avenir, elle a ensuite été victime de blessures à répétition. Revenue d’une longue convalescence peu de temps avant les qualifications pour les Jeux de Sydney, elle n’a eu aucune chance de bien figurer. «Je n’étais pas désappointée, j’étais juste heureuse d’avoir pu nager.» 

Mais quatre ans plus tard, alors qu’elle avait réussi à éviter les blessures en écoutant davantage les messages que lui envoyait son corps et qu’elle semblait avoir les outils pour réussir à mériter une place sur l’équipe canadienne aux JO d’Athènes, elle échoua à réaliser son standard. Aujourd’hui, c’est avec philosophie qu’elle analyse sa carrière.

«C’est très bien d’avoir des rêves. Ça nous permet de travailler fort et de persévérer dans ce que l’on fait. Parfois on les réalise et parfois pas. Il ne faut alors pas s’arrêter au fait de ne pas avoir réalisé “son” rêve. On peut s’en fixer un autre et être aussi heureux à l’atteindre.

«J’ai vécu plusieurs déceptions, mais je n’ai aucun regret. Comme je disais aux jeunes à qui je donnais récemment une conférence : “Si vous tapez mon nom dans Google, vous verrez que je suis allée aux Jeux olympiques. Mais vous ne verrez jamais tout ce qui s’est passé dans ma carrière, toutes les frustrations et les déceptions, toutes les satisfactions et les plaisirs, tous les efforts et les sacrifices. Mais c’est ça qui est le plus important.»

Détentrice d’un baccalauréat en administration de l’Université Laval, Sophie a travaillé pendant une dizaine d’années dans le milieu bancaire. Sa carrière d’athlète lui ayant appris à être travaillante, acharnée et persévérante, elle n’a eu aucune difficulté à être performante dans son milieu de travail.

Ayant déménagé à Peterborough où son conjoint médecin avait décroché un emploi de chirurgien orthopédique, Sophie est devenue maman d’une seconde petite fille maintenant âgée de 16 mois. Prête à retourner sur le marché du travail, elle a décidé de fonder son entreprise qui sera lancée au printemps.

«Je vais pouvoir travailler de la maison. Je vais profiter de mon expérience en affaires pour être consultante auprès de petites et de moyennes entreprises. Je vais faire de la tenue de livres et offrir du support en ressources humaines et au niveau du service de paie. Je commence comme ça, je verrai ensuite comment je pourrai faire grandir mon entreprise.»

Après avoir été longtemps loin des piscines, Sophie a aussi renoué avec la natation grâce à sa fille qui a commencé à nager après avoir vu une de ses amies prendre part à une compétition. «J’étais contente de retourner sur le bord de la piscine et de revivre des choses que j’avais vécues», indique Sophie qui songe aussi à éventuellement retourner nager chez les maîtres. «Je suis vraiment heureuse que ma fille fasse de la natation. Mais je m’assure qu’elle le fait pour elle. Je ne veux surtout pas qu’elle ressente de pression.»

Sports, etc

Mélanie Savoie: les outils pour aider

Ayant eu la confirmation à l’adolescence qu’elle avait des aptitudes pour aider les gens, Mélanie Savoie se destinait à être orthopédagogue. En manque de l’esprit de groupe qu’elle avait connu lors de sa carrière de volleyeuse, elle a toutefois bifurqué vers l’enseignement. Elle a ensuite choisi de travailler en sixième année, le niveau où elle se sentait le mieux outillée pour aider les enfants.

«J’ai vécu plusieurs transitions qui m’ont demandé de m’adapter, ma plus grande étant quand je suis rentrée au cégep à Garneau», explique l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. Quand je suis arrivée dans le gym pour le premier entraînement, je ne connaissais personne, je ne savais rien du système de jeu et c’était très intense. Parallèlement, il y avait les études et je me retrouvais seule en appartement pour la première fois de ma vie. J’ai douté.

«J’ai donc été attirée par la sixième année à cause de l’autonomie des enfants, mais aussi pour leur questionnement vis-à-vis du secondaire. Je sais comment ils voient la transition qui s’en vient et leur stress. Je peux répondre à leurs questions.»

Mélanie était encore à l’école primaire quand elle a eu la piqûre pour le volleyball. La native de Saint-Sylvestre a donc fait ses études à l’école secondaire Benoît-Vachon de Sainte-Marie. «À cette époque, je ne savais même pas qu’il y avait du volleyball universitaire. Ce n’était donc pas un objectif pour moi d’y faire carrière. Je jouais au volley parce que j’avais du plaisir. Et c’est au collégial que j’ai pris conscience de l’ampleur que le volley pourrait avoir pour moi. C’est là que ç’a commencé à être plus sérieux.»

Après une belle carrière avec les Élans avec qui elle a décroché un titre national à sa dernière campagne, Mélanie s’est retrouvée avec le Rouge et Or. Partante à sa première année, elle a été entourée de joueuses d’expérience et de grand talent comme Marylène Laplante, Marie-Christine Mondor et Julie Rodrigue.

«Ce fut l’année où j’ai le plus appris et le plus évolué», avoue celle qui a été choisie recrue de l’année. «Collectivement, on s’est rendues jusqu’en finale canadienne. Ce fut une de mes plus belles années en carrière.»

Volleyball de plage

Parallèlement à sa carrière à Laval, Mélanie a commencé à jouer au volleyball de plage. Un mariage parfait pour elle. Car si elle est d’avis qu’elle avait plus de potentiel au beach, le volleyball intérieur lui apportait le social et la fébrilité d’équipe dont elle avait besoin. Elle a pratiqué les deux disciplines jusqu’au moment d’amorcer sa cinquième année universitaire au terme de laquelle elle a nommée volleyeuse de l’année du RSEQ et finaliste au titre d’athlète par excellence à l’UL.

«Pour demeurer sur l’équipe nationale, il aurait fallu que je déménage à Toronto. Mais je ne voulais pas renoncer à ma dernière année à Laval. Par la suite, j’aurais pu y retourner. Mais je venais de rencontrer mon chum et j’avais commencé à travailler. J’ai pris la décision de ne pas y aller.

«C’est mon seul regret. Pas d’être restée ici! Mais on rêve tous au Jeux olympiques. Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir eu la réponse à savoir jusqu’où j’aurais pu aller.»

Tourner la page sur le volleyball a été difficile pour Mélanie qui avait perdu tous ses repères et son identité. Elle n’était pas malheureuse, mais elle se souvient d’avoir pleuré en assistant à des rencontres. Elle a alors complètement écarté le volley de sa vie.

«J’ai toujours été de celles qui étaient très émotives. Je pleurais souvent. Un jour, j’ai mentionné au coach Alain Pelletier que je ne comprenais pas pourquoi j’étais comme ça. Il m’avait dit : “Le jour où tu vas être moins émotive, tu vas être une moins bonne joueuse’’. C’est là que j’ai réalisé comment je prenais ça à cœur et comment j’étais exigeante, autant pour moi que pour les autres et que le jour où je serais moins émotive, c’est parce que j’allais prendre ça moins au sérieux.

«Avec le recul, je n’en reviens pas comment, à l’époque, il n’y avait que le volley d’important. Ça prenait toute ma vie. En même temps, ce fut des années extraordinaires. Pour le sport, mais aussi pour les amitiés. Ce fut une expérience de vie. Se retrouver avec 14 ou 15 filles, se fixer un objectif au mois d’août et passer les sept mois suivant à toutes travailler dans la même direction, c’est quelque chose que l’on vit très rarement par la suite. Et il y a toutes les émotions qui viennent avec ça.»

C’est quand elle a pris davantage sa place dans le milieu de l’enseignement que Mélanie a retrouvé son identité. Elle s’est aussi réconciliée avec le volley. L’été, elle aime prendre part à quelques tournois de beach d’envergure. Elle joue aussi à l’intérieur dans une ligue récréative. «On se retrouve entre anciennes et on se rappelle des souvenirs. C’est vraiment une thérapie par le rire.

«Je n’aurais pas pu le faire tout de suite après ma retraite. J’étais orgueilleuse. Je n’aurais pas accepté d’être moins bonne et de me décevoir. Je pense m’être améliorée. Je veux toujours gagner. Mais je ne me remets pas en question après une défaite.»

Sports, etc

Frédérick Roy: carburer aux défis

Quand il s’est pointé à Québec en 2003 avec la formation du Colorado pour jouer au Tournoi pee-wee, Frédérick Roy savait très bien que contrairement à la très grande majorité des joueurs, il serait précédé par sa réputation. Fils de Patrick Roy, enfant chéri de Québec et alors gardien de but de l’Avalanche, il ne passerait pas incognito et aurait même les projecteurs braqués sur lui. Mais cela ne l’a jamais dérangé.

«J’étais plus excité que nerveux, avoue Roy. Je connaissais très bien la réputation du Tournoi pee-wee. Je savais que c’était un des plus gros au monde. J’étais donc très heureux de pouvoir vivre cette expérience-là mais aussi de pouvoir jouer dans la ville d’où était originaire toute ma famille. C’était une belle source de motivation. J’avais un peu de pression mais pour moi, c’était quelque chose de l’fun. Je voyais ça comme un défi et une occasion de pouvoir vivre quelque chose d’extraordinaire. Être au Tournoi pee-wee, c’était un privilège. Les souvenirs que j’ai, je vais les garder toute ma vie.»

Roy a quitté Québec avec une médaille de champion au cou dans la classe International B. L’année suivante, Roy est revenu au tournoi. Mais son père ayant pris sa retraite et déménagé dans la région, c’est avec les Seigneurs de Beaubourg qu’il s’est aligné.

«Pour moi, rien n’avait changé, c’était encore un privilège de jouer au tournoi. Mais comme j’avais goûté à la victoire, je voulais de nouveau gagner un championnat. J’avais donc un autre défi.»

Considéré par plusieurs comme trop petit pour faire sa marque dans les niveaux supérieurs, Roy a aussi dû se battre avec les ragots qui disaient que s’il avait joué dans certaines équipes, c’était à cause de son père. Ce qui aurait pu le décourager fut pour lui une motivation. «C’était frustrant. Mais je savais ce que je valais. Je me disais : “Je vais leur prouver que je suis capable de jouer”. Et à ce niveau-là, j’ai toujours eu le support de mes parents qui m’ont toujours encouragé, tout comme mon frère et ma sœur.

«Mais pour rivaliser avec les plus grands, je ne pouvais jamais prendre de journée off. Il fallait tout le temps que je sois à mon maximum. C’est une qualité que mon père m’avait inculquée et qui me sert toujours.»

Après avoir joué dans le midget AAA avec le Blizzard du SSF, Roy s’est retrouvé avec les Remparts où il a évolué sous les ordres de son père et aux côtés de son frère Jonathan. Il y a vécu des moments mémorables. Fidèle à lui-même, il a joué avec intensité.

«À chaque fois que je sautais sur la patinoire, je voulais gagner. Et je savais m’évaluer comme joueur et comme personne. Je connaissais mes forces et mes faiblesses. Je n’étais pas un compteur de 50 buts, mais je pouvais bien compléter un trio parce que j’allais dans les coins. Et quand on avait besoin d’un joueur pour bloquer les gros lancers, j’étais là. J’étais prêt à faire les sacrifices nécessaires pour le club. Mais dans le fond, ce n’était pas des sacrifices. J’étais choyé de jouer au hockey pour les Remparts. C’était une belle famille.»

Après cinq saisons à Québec, Roy s’est retrouvé dans la Ligue américaine avec les Americains de Rochester où il a passé deux saisons. À la fin de la campagne 2014, il a accroché ses patins.

«Mon père m’a toujours dit : “Tu vides la tank et après, tu n’as pas de regret”. J’étais rendu au bout de ma tank. J’avais eu du plaisir à jouer au hockey, mais là, je tripais moins. Et comme je n’avais pas terminé mon cégep, je désirais retourner aux études pour assurer mon avenir.

«Je suis très fier de ma carrière. Partout où je suis passé, j’ai prouvé que j’avais ma place. Je suis aussi très fier d’avoir joué pour mon père. C’est un grand homme. Au niveau hockey, mais aussi personnel. Je lui suis très reconnaissant, comme je le suis à ma mère, pour toutes les valeurs qu’ils m’ont inculquées.»

Lendemains difficiles

Les lendemains de retraite du joueur ont été difficiles. Il s’est rendu compte qu’il avait perdu son identité. Et ne sachant pas dans quel domaine il referait sa vie, il a ressenti un peu d’anxiété. Il est d’abord allé à l’Université Concordia pour obtenir ses préalables pour entreprendre des études universitaires. Il a pensé étudier en finances, le côté des affaires l’attirant. Mais il a finalement opté pour le droit civil à l’Université d’Ottawa. «Je suis tellement heureux ici. Mes études m’ont permis de mieux me connaître et de m’intéresser à l’histoire et la politique du Québec et du Canada.»

Comment Roy voit-il son avenir? Il dit l’ignorer. Il se voit très bien exercer la profession d’avocat, mais il rêve aussi de brasser des affaires et avoir son entreprise ou même retourner dans les sphères du hockey où les avocats sont de plus en plus nombreux du côté administratif.

«Il y a plein de portes ouvertes. Pour le moment, je suis en mode apprentissage. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise voie. Pour bâtir quelque chose, il faut commencer par les fondations. Je dois d’abord finir mon bac, les opportunités viendront après. Mais je trippe dans ce que je fais.»

Sports, etc

Sylvain Côté: marquer l’histoire

Il en est passé des hockeyeurs au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, qui célèbre cette année son 60e anniversaire. Du nombre, seulement une poignée ont marqué l’histoire de l’évènement. Sylvain Côté est l’un de ceux-là. Originaire de Québec, il a été, en 1978 et de 1979, le chouchou des amateurs qui ont rempli à craquer le vieux Colisée à chacun des matchs qu’il a disputés avec l’équipe de DSNCO (Duberger-Les Saules-Neufchâtel-Charlesbourg Ouest).

«Ce sont de bons souvenirs», explique le défenseur reconnu pour ses habiletés et son puissant lancer frappé qui terrorisait les gardiens. «C’est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier. Chez nous, le Tournoi pee-wee était une tradition. Mes parents gardaient des jeunes qui jouaient au tournoi. Très tôt, j’ai pu réaliser l’ampleur de l’événement. J’ai été chanceux de pouvoir y prendre part et de gagner la finale deux années de suite.»

Côté ne croit pas que c’est à cause de lui que les amateurs de hockey de Québec s’étaient rendus si nombreux pour assister à ses matchs. Il est d’avis que c’est pour la formation de DSNCO qu’ils avaient vibré, une équipe locale, très talentueuse ayant obtenu le support de la ville de Québec et de sa région.  

«Jouer au Tournoi pee-wee a été un événement marquant dans ma carrière. J’étais bien heureux que mon fils puisse vivre cette aventure-là (2013) qui, comme ça a été le cas chez moi, grandirait avec lui toute sa vie durant», mentionne le défenseur qui rappelle que tout au long de ma carrière, il a eu la chance de jouer avec des équipes compétitives, dirigées par d’excellents entraîneurs, ayant connu beaucoup de succès. «J’ai gagné un championnat dans le midget AAA avec les Gouverneurs de Sainte-Foy avant de perdre en finale de la Coupe Air Canada, le championnat de la LHJMQ avec les Olympiques de Hull et j’ai joué dans une finale de la Coupe Stanley avec les Stars.»

Capitaine Sylvain Côté

Coté a accroché ses patins en 2002. Son utilisation ayant été limitée à un match pendant le premier mois du calendrier, il a rencontré le dg des Capitals afin de parler de son avenir.

«Être laissé de côté match après match, ce n’était pas la manière que je désirais terminer ma carrière. Alors les Caps ont un peu facilité ma retraite.»

Mais si Côté aimait toujours autant jouer au hockey, ce ne fut pas véritablement un choc pour lui d’arrêter. Après 18 saisons, il savait que la retraite s’en venait et il avait déjà commencé à se préparer pour son après carrière. Accrocher ses patins fut donc moins douloureux. 

«C’est sans regret que j’ai pris ma retraite. J’avais évolué 18 saisons dans la Ligue nationale, joué plus de 1000 matchs (1171) et j’avais eu la chance de prendre part à une finale de la Coupe Stanley. J’ai donc eu une belle carrière. J’ai été très discipliné pour être dans un bon état physique et mental pour jouer aussi longtemps et j’ai été chanceux au niveau des blessures. Je suis fier. Ma carrière est le fruit de ma grande motivation, de mon travail et de mon amour pour le hockey et de la compétition.

«En fait, j’ai un regret et c’est de ne pas avoir gagné une Coupe Stanley. Mais je ne crois pas que cela jette de l’ombre sur ma carrière. Plusieurs excellents joueurs de la LNH n’ont même pas eu la chance de participer à la finale. Pour la gagner la Coupe, il faut que la terre, le soleil et les étoiles soient tous alignés.»

Grand amateur de pêche en haute mer, un sport qu’il a découvert au milieu des années 90, Côté avait, en 2002, pris des arrangements pour se faire construire un bateau de pêche, l’Espadon, qui lui permettrait  de pratiquer son sport favori et même lancer sa propre entreprise d’excursions. Sa retraite lui a permis de s’impliquer dans sa construction et d’acquérir les connaissances pour en assurer lui-même l’entretien aujourd’hui.

«Comme la plupart de mes clients sont des gens que j’ai connus il y a plusieurs années, ils sont au courant de mon passé. On parle donc beaucoup de hockey. C’est la même chose avec la personne que j’ai engagée pour conduire mon bateau, un grand amateur de hockey et un fan des Capitales.»

Adepte de la pêche sportive dans laquelle il s’est signalé dans différentes compétitions, Côté a aussi commencé à s’adonner à la pêche commerciale du thon rouge de l’Atlantique (Bluefin Tuna)  en Caroline du Nord, une activité qu’il peut pratiquer entre janvier et mars.

«C’est le fun d’emmener des gens pêcher. Mais quand on aime la pêche, on veut aussi prendre soi-même du poisson. La semaine dernière, on a attrapé deux thons rouges dont un est de très très bonne qualité. Il sera vendu dans le cadre d’une enchère au Japon.»

Même s’il est très occupé par ses activités professionnelles, Côté s’intéresse toujours au hockey. Il suit assidument les activités de la LNH et assiste régulièrement à des matchs des Capitals. De plus il participe à des activités de promotion du hockey.

«J’ai recommencé à jouer il y a un an. Avant, je disputais un match par année avec des anciens. Maintenant, je joue tous les vendredis matin. C’est du hockey récréatif. Nous avons une belle gang et beaucoup de plaisir.»

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Charles Fortier: partager, donner et aider

Président chez Planica, cabinet de services financiers, une entreprise qu’il a fondée il y a une douzaine d’années avec trois partenaires, et travaillant sur d’autres projets, Charles Fortier aurait toutes les raisons du monde de se concentrer sur sa carrière professionnelle. Mais ça serait bien mal le connaître.

«Ce que j’aime le plus dans la vie, c’est de partager, d’aider et de donner», avoue l’ex-basketteur aujourd’hui président du conseil d’administration des équipes de basket du Rouge et Or. «C’est quelque chose qui est en moi, un besoin que j’ai. Dans la vie, il ne faut pas juste prendre. Il faut redonner, autant en temps qu’en argent. C’est pour cette raison que je m’implique avec le Rouge et Or, mais aussi dans plein de causes et avec certaines fondations comme le Pignon Bleu. 

«Un de mes rêves serait d’ailleurs de créer ma propre fondation. J’ai quelques idées, mais rien de précis. J’aimerais aider les jeunes sportifs en général.»

Qu’on se le dise, le basket demeurera toujours la grande passion de Fortier. Il y joue d’ailleurs encore quelques fois par semaine. Et quand il est sur le terrain, il demeure aussi compétitif.

«Dans ma tête, j’ai encore 25 ans. Je devrai cependant être opéré à une hanche. Je sais que je devrai bientôt lâcher le gros calibre. Mais pour moi, le basket est un mode de vie. J’ai besoin de l’adrénaline qu’il m’apporte. Je ne pourrai jamais arrêter du jour au lendemain.»

Outre son implication avec le programme lavallois, Fortier a aussi donné dans le coaching quand il a remplacé au pied levé l’entraîneur de l’équipe de la fille aînée de sa conjointe, qui évoluait au niveau collégial AA.

«J’ai adoré ça. Je pense que je vais arrêter de m’impliquer dans le basket le jour où mes enfants ne joueront plus. Ma petite cocotte de huit ans vient de commencer. C’est certain que je vais vouloir la coacher. Tant qu’à être dans les estrades pour assister aux entraînements et aux matchs, aussi bien être derrière le banc.

«Et c’est certain que lorsque je ne m’impliquerai plus activement, je vais demeurer donateur, probablement dans des programmes de bourses pour les étudiants-athlètes. Le basket m’a tellement apporté, je vais toujours être là pour lui.»

D’Amos à Québec

Originaire d’Amos, Fortier a joué son basket collégial au Cégep Montmorency. Approché par la suite par plusieurs universités, dont certaines étaient américaines, il a finalement opté pour le Rouge et Or, un programme qui, à l’époque, n’allait nulle part.

«Les gens me disaient tous : “Pourquoi aller dans un programme comme celui-là? Tu pourrais être le premier gars de l’Abitibi à aller jouer aux États-Unis’.’ Mais même si j’avais reçu des offres d’équipes de première division, je n’avais pas été recruté par Duke ou Michigan. Je me serais probablement retrouvé dans un programme où je n’aurais jamais gagné un championnat. Et comme je ne ferais pas ma vie aux États-Unis, quelle serait la valeur de mon diplôme au Québec?

«À Laval, je connaissais bien Jacques Paiement qui était arrivé l’année d’avant. Et il y avait deux ou trois autres gars qui avaient l’intention d’aller à Laval. On avait l’occasion de relever un beau challenge, j’avais confiance que nous allions faire tourner le vent de bord. Et puis j’ai toujours trouvé que Québec était une belle ville pour les sportifs, une ville où, si on fait bien sa job, on est un bon athlète et une bonne personne, on va avoir de la visibilité et se faire un nom dans la communauté.»

C’est avec en poche quatre championnats provinciaux en cinq ans, un bac et une maîtrise en administration que Fortier a tourné la page sur sa carrière universitaire. Il a eu la chance de poursuivre sa carrière avec les Kebs de Québec de l’American Basketball Association. Une expérience dont il a savouré chaque instant et qui lui a permis, parallèlement au basket, de démarrer Planica. Confronté à des joueurs de fort calibre, Fortier ne s’en est jamais laissé imposer. En compagnie de Samuel Audet-Sow, il a même été invité au match des étoiles de la ligue. Et au moment où il a décidé de prendre sa retraite, il a été approché par les Wizards de Washington qui pensaient l’inviter à leur camp d’entraînement. Le projet ne s’est finalement pas concrétisé.

«Ça aurait été un méchant trip. Surtout qu’à l’époque, le propriétaire de l’équipe était Michael Jordan, mon idole. Même si je m’étais entraîné très fort, je ne suis pas sorti de là déçu. J’avais fait ce que j’avais à faire et au même moment, mon entreprise commençait à prendre beaucoup d’expansion.»

Aujourd’hui, Planica, dont la clientèle est très ciblée — les médecins —, compte une trentaine d’employés. Fortier est d’avis que l’entrepreneur qu’il est devenu ressemble beaucoup au basketteur qu’il était.

«Je n’étais peut-être pas le plus grand athlète, mais j’ai toujours été celui qui travaillait le plus fort et qui était le plus discipliné. C’est la raison pour laquelle je suis aussi fier de ma carrière d’athlète que je le suis de ma carrière d’homme d’affaires.»

Sports, etc

Caroline Boucher: continuer à voyager

La patineuse Caroline Boucher a toujours eu la bougeotte et aimé connaître les gens et leur culture. Pendant huit ans, elle a patiné pour Disney on Ice et elle a voyagé aux quatre coins de la planète. Et quand elle a accroché ses lames, elle est allée enseigner au Pérou. Mais même si elle est maintenant installée au Québec, elle demeure très proche de ses passions en enseignant le français aux nouveaux arrivants.

«La francisation est arrivée via mon intérêt pour le multiculturalisme», explique la patineuse de Saint-Jean-Chrysostome. En quelque part, c’était pour moi une manière de voyager et d’aider les gens en leur faisant profiter de ce que j’ai acquis lors de mes nombreux voyages. Je sais ce qu’ils vivent quand ils arrivent ici. Je sais c’est quoi remplir des papiers, les problèmes administratifs, les barrières qu’ils rencontrent, etc. Je sais aussi c’est quoi être loin de sa famille et de ne pas connaître la langue. 

«Pour moi, la francisation, c’était comme un peu de continuer à utiliser mon passé pour ne pas me sentir trop loin de ce que je venais peut-être de perdre.»

C’est par le biais du petit écran que Caroline était tombée en amour avec le patinage artistique et qu’elle avait commencé à le pratiquer. Mais c’est après vu des spectacles des troupes Holiday on Ice et Ice Capade qu’elle avait senti que le monde du spectacle la charmait davantage que la compétition. «Plus tard, c’est ce que je vais faire», avait-elle dit à sa mère».

Caroline avait renoncé à son rêve de petite fille pour poursuivre des études universitaires parallèlement à une carrière d’entraîneuse quand le destin lui a donné par trois fois une occasion de le réaliser. Obligée d’abandonner chum, maison et études, elle avait préféré ne pas profiter d’opportunités offertes par Disney et les Ice Capades. Vivant avec des regrets, elle était prête quand Disney est retourné à Montréal. 

«J’ai fait une audition en avril. Par la suite, je suis allée voir le directeur artistique pour avoir du feedback sur celle-ci. Quand j’ai vu ce qu’il avait écrit sur sa feuille, je me suis dit qu’il fallait que je soir prête quand il m’appellerait, car ma chance ne se présenterait pas une quatrième fois. J’ai donc tout laissé derrière et attendu. Ce n’est qu’en juin ou en juillet que j’ai reçu un courriel m’annonçant que j’avais un contrat et que je partais pour un an.»

En tournée aux États-Unis et au Canada lors de sa première année, Caroline n’eût pas une expérience à la hauteur des ses attentes même si la magie avait toujours été là quand elle patinait. Mais elle est quand même demeurée chez Disney. Elle a ensuite travaillé sur des spectacles complètement nouveaux et fait le tour du monde.

«Aussitôt que j’entendais “OK, cinq minutes” et que la trame sonore commençait, j’avais des frissons. C’est incroyable l’énergie que l’on ressentait lorsque l’on rentrait sur la patinoire. C’était comme une drogue qui nous animait pendant tout le spectacle. Et la réaction de gens à la fin, c’était très gratifiant.

«Ce qu’il y avait de magique aussi, c’était de jouer un personnage et de l’emmener toujours plus loin pour que les spectateurs y croient. Et plus le public réagissait, plus tu avais été bonne.»

Enseignante au Pérou

C’est à cause d’une blessure que Caroline a mis fin à sa carrière chez Disney. Elle a alors eu du mal à retrouver une vie «normale». C’est une des raisons qui l’incita à enseigner à l’étranger. Elle souhaitait aller en Argentine, un pays qu’elle avait adoré, mais c’est finalement au Pérou qu’elle a eu l’opportunité de travailler. Enseignante au primaire, Caroline a vécu dans une famille. Elle a pu connaître les us et les coutumes des gens, mais aussi parfaire son espagnol. Elle a aussi appris que la perception que l’on pouvait avoir de la réalité des gens était bien différente de ce que pouvait être cette réalité.

«Quand je suis revenue au Québec, j’ai vécu une période d’adaptation et une remise en question. Et même ça va bientôt faire six ans que je suis revenue au Québec, j’ai encore de la difficulté avec la rigidité et la routine.»

À son retour au pays, la Québécoise est d’abord retournée dans le milieu scolaire. C’est en faisant de la traduction pour des travailleurs étrangers parlant espagnol qu’elle en est venue à faire de la francisation auprès des nouveaux arrivants et qu’elle est devenue examinatrice au Collège Stanislas aux examens qui permettent la reconnaissance des compétences du français pour obtenir la résidence permanente au Québec.

«Parallèlement, j’ai recommencé à enseigner le patin. Je n’étais pas certaine que j’aurais de l’intérêt pour ça. Mais l’idée d’encadrer des jeunes et de les emmener plus loin, de leur apporter quelque chose qui va leur servir toute leur vie, pas juste au niveau sportif, m’a convaincue de m’impliquer.

Caroline s’est-elle posée pour toujours au Québec? «C’est sûr que l’envie de voyager sera toujours là. Pour moi, c’est un ressourcement. J’ai encore des projets qui sont comme un peu cachés à réaliser. Et il me reste encore du temps pour le faire.»

Sports, etc.

Jean Sayegh: d’un extrême à l’autre

Jean Sayegh est passé d’un extrême à l’autre le jour où il a renoncé à sa carrière en water-polo pour amorcer sa vie professionnelle en tant que planificateur financier. Membre de l’équipe nationale et profitant d’un solide encadrement à tous les niveaux, il a alors choisi de devenir travailleur autonome.

«Je me suis lancé dans le vide, avoue Sayegh. Ça aurait pu ne pas marcher. J’aurais pu choker et backer. Mais ça n’aurait pas été grave parce que j’aurais pu, après six mois, un an ou deux, tout abandonner et aller travailler ailleurs. Je n’étais donc pas inquiet. Mais ç’a quand même été tough de devoir tout gérer. Heureusement, j’étais bien encadré par mon mentor et patron du temps Stéphane Roy. Et une belle équipe qui nous entourait. 

«En tant que travailleur autonome, il fallait que je travaille et que j’aille chercher de nouveaux clients. C’était un stress, mais je m’étais organisé en conséquence. La planification, j’avais ça dans le sang. J’avais donc bien budgété ma fin de carrière d’athlète et le début de l’autre.»

Sayegh indique qu’il n’avait rien à perdre avant d’ajouter qu’après avoir renoncé à une bourse d’études complètes à la California State University — à la dernière minute il avait renoncé à poster son formulaire d’inscription parce qu’il avait peur de quitter sa famille, sa nouvelle blonde et ses amis pour se retrouver dans un milieu anglophone — il s’était promis de ne plus jamais laisser passer une belle opportunité.

«Ç’a été la plus grande leçon de ma vie. À partir de ce moment-là, je me suis dit que j’allais essayer. Et si ça marche, ça marchera et dans le cas contraire, qu’est-ce que j’aurai perdu?

«Il faut que tu vises la médaille d’or aux Olympiques, pour peut-être décrocher l’argent ou le bronze. Mais si tu vises juste d’aller aux Jeux, ça se peut que tu ne t’y rendes pas. Il faut avoir de grands rêves pour croire en ses capacités.»

Sayegh est aujourd’hui partenaire chez Sommet groupe financier. Menant sa carrière de planificateur financier de la même manière que sa carrière de poloïste — il cherche constamment à s’améliorer et à devenir meilleur — il n’a mis qu’une dizaine d’années à passer le cap des 600 clients. Des résultats qui lui ont permis d’être nommé parmi les 25 étoiles montantes (25 Rising Stars) de l’industrie de la gestion financière par le journal Financial News.

«Un honneur dont je suis fier, mais sans plus. Je ne m’arrête pas à ça et je continue à foncer. J’ai une belle carrière et une clientèle extraordinaire, des gens que je considère comme des amis. Je suis super heureux. Dans mon domaine, Sky is the limit. Toujours en gardant un équilibre et en ayant du temps pour ma famille et une belle qualité de vie.» 

Boucler la boucle

Sayegh a pris sa retraite du water-polo en 2008 à la suite de sa participation aux Jeux de Pékin. Il avait 28 ans et n’avait pas encore atteint son plein potentiel. Mais il avait un emploi qui l’attendait dans son champ d’études universitaires.  «À la fin de mon cycle olympique, j’étais rendu ailleurs. On avait réussi à se qualifier pour les JO. Il était temps de passer à autre chose.» 

Le poloïste explique que sa participation aux JO avait été l’occasion de boucler la boucle. Il s’y est rendu avec l’intention de profiter du moment présent et de s’amuser, mais en même temps, il avait un travail à faire. Il y a vécu une expérience extraordinaire.

«Après les Jeux, j’ai reçu des offres pour jouer pro en Europe. Ça n’a pas été facile de fermer la porte sur le water-polo. Mais je me suis dit qu’une belle carrière m’attendait et que j’avais vécu mon trip olympique et mon trip d’athlète. Aujourd’hui, mon seul regret, c’est de ne plus avoir ma forme physique d’antan. J’ai toujours l’envie de redevenir l’athlète que j’étais et ça me stimule toujours autant d’aller au gym. Je suis toujours aussi compétitif. Mais avec le travail et la famille, je ne peux que faire ce que je peux avec le temps que j’ai.»

Même s’il est à la retraite depuis bientôt une douzaine d’années, Sayegh est d’avis que son passé est encore bien présent malgré ses succès professionnels. «Quand les gens recherchent sur Jean Sayegh sur Google, il sort en speedo (rires). Le fait que je sois allé Jeux impressionne bien des gens. Personnellement, je ne mets jamais ça de l’avant. Mais quand les gens me posent des questions, ça me fait plaisir de leur répondre.... et ça me ramène de beaux souvenirs.»

Malgré ses nombreuses occupations, Sayegh demeure impliqué en water-polo. Non seulement il joue dans des ligues de «garage» où il retrouve ses amis d’enfance, mais il redonne au niveau régional (il a même été président du club des Hydres de Sainte-Foy), et il l’a fait avec la Fédération provinciale et Water-Polo Canada.

Une question se pose. De laquelle de ses deux carrières, Jean Sayegh est-il le plus fier? «J’ai une carrière extraordinaire en water-polo. Le sport va toujours rester le plus beau cadeau que j’ai eu. Mais ce que je vis présentement l’est aussi parce que je sens que je n’ai pas de limite. Les deux m’ont vraiment apporté beaucoup. Je ne voudrais pas en échanger une pour l’autre.»

Sports, etc

René Perreault: un athlète privilégié

Rares sont athlètes amateurs qui ont pu vivre de leur sport pendant leur carrière et après avoir renoncé à la compétition. En ce sens, René Perreault, qui a pratiqué le karaté puis la boxe, est un privilégié.

«Mes deux passions m’ont permis de gagner ma vie depuis que je suis sur le marché du travail», explique -t-il. «Jamais depuis que je suis âgé de 16 ans je n’ai eu à faire un boulot que je n’aimais pas. J’ai d’abord été entraîneur de karaté et aujourd’hui, je suis coach de boxe à temps plein. 

«Le coaching c’est un souvent un deuxième boulot que les gens font le soir, après leur journée et les fins de semaine. Moi j’ai la chance de recevoir mes premiers clients vers 7h30 le matin. Et vers 17h-17h30, mes journées sont terminées. Ça me permet d’avoir une vie normale avec ma conjointe et mes enfants.»

Possédant son gym privé aménagé au sous-sol de sa résidence, Perreault possède une clientèle principalement composée de gens d’affaires. Des personnes qui veulent se mettre en forme, mais aussi goûter au plaisir de boxer.... sans risquer de se blesser parce qu’ils n’ambitionnent pas de devenir des champions. 

«Je veux qu’ils trippent. Tous les jours, j’aide des amis et des clients à se mettre en forme et je mets les gants afin de leur faire vivre ma passion, de leur faire ressentir le feeling de boxer et de leur partager mes trucs. Je veux qu’ils reprennent goût à être en bonne condition physique en s’améliorant au niveau de la boxe et en s’amusant.

«Je me bats avec tout le monde ce qui est bien parce que ça me tient en forme. Et comme en karaté, j’ai appris à contrôler mes coups. Je suis capable de calibrer ma vitesse et ma force. Tout le monde vit l’expérience de la boxe à plein, mais personne ne reçoit de coups trop fort parce que c’est moi qui le gère. Les gens ont donc le côté cardio, le niveau physique et le côté musculaire de la boxe. Ils peuvent vivre l’expérience de combattre sans le danger de subir une commotion cérébrale ou de se faire casser le nez. C’est le meilleur des deux mondes. Et la satisfaction de victoire que j’avais jadis, je la retrouve dans le plaisir que les gens ont.»

Champion du monde

Perreault avait six ans quand il a suivi les traces de sa sœur Nathalie et de son frère Denis et qu’il a commencé à pratiquer le karaté. Mais c’est seulement après avoir découvert la compétition, vers l’âge de 12 ans, qu’il tomba en amour avec ce sport. Rapidement, grâce à ses qualités athlétiques, son travail et son talent, il s’est imposé ce qui l’a amené à faire de la compétition. À la fin des années 90, après des premiers succès sur la scène régionale, il amorça son ascension jusqu’à la scène internationale où il compétitionna pour une formation américaine qui le fit voyager aux quatre coins du monde où il prit part aux plus grosses compétitions et décrocha cinq titres mondiaux. Appelé à moins voyager à la suite des attentats du World Trade Center en 2001, Perreault se laissa séduire par la boxe. Il s’entraîna dans les deux disciplines jusqu’en 2002.

«J’ai mis le karaté de côté. Je considérais avoir atteint les plus hauts sommets et j’avais l’impression d’avoir fait un peu le tour. Et je m’étais rendu compte que j’étais doué en boxe et je voulais voir jusqu’à quel niveau je pourrais me rendre en boxe. Je n’ai jamais eu l’ambition d’aller chez lez pros. Ce que j’aimais de la boxe olympique, c’était l’idée de se battre pour marquer des points et le côté sportif. Et j’ai toujours trouvé que lors des combats, l’accent était mis sur l’athlète et non sur le spectacle comme à la boxe professionnelle.

Perreault a livré près d’une trentaine de combats. Il a notamment remporté les gants dorés. C’est après avoir raté sa qualification pour les championnats canadiens qu’il a accroché ses gants. «Au grand plaisir de ma mère (rires). Je connaissais les risques de subir des commotions cérébrales et leurs conséquences. Et j’étais conscient qu’ils augmentaient à chaque fois que j’allais dans un calibre supérieur.»

Loin du ring pendant quelques années, Perreault a renoué avec ses anciens amours quand il a pris part à un championnat du monde de karaté. Entraîneur de sa conjointe, il a décidé de recommencer à faire de la compétition afin de passer le temps pendant les compétitions de sa conjointe. Et c’est comme ça que de fil en aiguille, les deux se sont retrouvés aux en 2009 à Buffalo où il a décoché son sixième titre mondial et sa conjointe a fini troisième. Par la suite, les deux ont fait des tournois à Mexico, en Irlande, etc. Et c’est sa conjointe qui a décidé de se concentrer sur le fitness alors qu’il est revenu à la boxe en tant qu’entraîneur.

«Je n’ai jamais vécu de petite dépression à la fin de ma carrière. Quand je pense à ma carrière, je ne suis pas nostalgique. Je me dis juste Wow! Je suis fier de ce que j’ai fait et j’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai toujours fait du karaté et de la boxe par passion et par plaisir. Le reste ç’a été de l’extra. Tout ce que j’ai vécu fait partie des plus beaux souvenirs de ma vie. J’apprécie la chance que j’ai eue, j’ai été choyé et je le suis toujours.»

Sports, etc

Erick Gosselin de retour à ses anciens amours

Erick Gosselin est revenu à ses anciens amours. Le biathlon de haut niveau. L’automne dernier, il a obtenu un poste de technicien au sein de l’équipe nationale. Un travail qui lui a permis de mettre fin à une éclipse de plus d’une douzaine d’années au sein de la formation canadienne.

«J’avais vraiment le goût d’y retourner», explique celui qui avait agi comme technicien avec la formation canadienne après sa carrière de biathlonien. «Technicien, c’est vraiment une job que j’aime.... tout comme voyager. Ce n’est pas un travail que je désirais absolument avoir. Sauf que je m’étais dit que si la chance de la refaire de présentait, je la prendrais. Quand j’ai su qu’on cherchait un technicien avec l’équipe nationale, j’ai appliqué.

«Cirer des skis, ça n’a plus de secret pour moi. Pendant les cinq années que j’avais été technicien avec l’équipe nationale, j’ai eu beaucoup d’aide de techniciens de différents pays. J’ai appris beaucoup parce que j’étais bien entouré. C’est comme ça je suis devenu bon dans le domaine.»

Après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin avait quand même fait profiter occasionnellement de son expertise à la formation du Québec, lors de championnats canadiens notamment. Quand il est retourné avec l’équipe canadienne, il s’est senti comme s’il ne l’avait jamais quittée. Il a retrouvé un milieu qu’il connaissait bien et un rythme de vie qu’il adorait. La seule grande différence : il faisait dorénavant partie d’une équipe de techniciens alors qu’à son époque, il était seul.

«Quand je compétitionnais, j’avais sept ou huit paires de skis. Aujourd’hui, les athlètes en ont entre 20 et 25. Comme je m’entraîne beaucoup et que j’aime ça, je me retrouve souvent à tester le matériel et les skis avec les athlètes. Et avec le temps, ils développent une certaine confiance en toi. Et souvent, ils me laissent choisir leurs skis.»

Grâce aux cadets

C’est grâce au programme des Cadets de Valcartier que Gosselin avait découvert le biathlon à 14 ans. Ses succès aidant, le biathlon a rapidement pris le dessus sur les cadets. Il s’est retrouvé sur l’équipe du Québec puis sur la formation nationale junior. Il a ensuite fait partie du programme mis sur pied par les Forces armées canadiennes qui permettait à des militaires de mener une carrière sportive tout en étant payé.

«J’ai eu une belle carrière. Elle m’a apporté tellement... Je n’ai pas eu la chance d’étudier longtemps. Le sport et les voyages, ç’a été mon école. Ils m’ont permis à devenir la personne que je suis, capable de s’adapter, de faire face au stress, de se débrouiller et qui n’a pas besoin de personne. Je n’ai aucun regret. Tous les coups durs et les déceptions que j’ai eues m’ont permis d’avancer. 

«Ainsi ne pas aller à Nagano a été difficile sur le coup. Mais j’avais des Coupes du monde à faire. Je me suis donc arrangé pour bien gérer le tout et j’ai continué. Et j’ai pu participer aux Olympiques en 2002 en tant que technicien en chef de l’équipe nationale.»

C’est en 2005 quand l’Armée canadienne a mis fin à son programme pour ses militaires-athlètes que Gosselin a quitté l’équipe nationale. Incapable d’accepter que tout était fini, il a continué à s’entraîner aussi fort afin de compétitionner et de gagner. 

«Ça m’a pris une dizaine d’années avant de mettre la switch à off et de skier pour le plaisir. Aujourd’hui, ça me tente de moins en  moins de faire de la compétition. Je sais ce que ça prend comme sacrifices pour gagner et obtenir de bons résultats et ça ne me tente plus de les faire. Sauf pour certaines compétitions comme les Mondiaux seniors de 2020. J’y avais pris part quand ils avaient eu lieu à Québec. Je vais y aller pour gagner des médailles. Je vais m’entraîner pour ça et être plus sérieux sans virer dans l’excès.»

De retour avec les Forces armées après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin est allé en Afghanistan. «Une belle expérience. Mais pas au point d’y retourner.» Par la suite, il a quitté les Forces armées pour aller travailler dans l’entreprise familiale. Une autre transition difficile. Débordé par son travail, il a fini par mettre de côté son entraînement. «Tout tournait autour de mon travail. Ce n’était plus moi, ça ne me ressemblait pas.»

Après sept ans au sein de l’entreprise familiale, Gosselin, qui est aussi devenu copropriétaire du Café L’Accroche Pied à Saint-Augustin, s’est joint à l’entreprise Access Networks en tant qu’installateur de système de sécurité dans les casinos, un travail qui lui a permis de voyager aux quatre coins de la planète. C’est par la suite que l’opportunité de travailler avec l’équipe nationale s’est présentée.

«J’ai aimé ma carrière d’athlète, mais j’ai encore plus de plaisir dans ma carrière de technicien. Je suis plus libre. J’ai des résultats à donner, mais ce n’est pas la même affaire qu’un athlète. Avant les courses, par exemple, je ne suis pas pogné à l’hôtel l’après-midi parce qu’il faut que je me repose. Quand mon travail est fait, je peux aller m’entraîner et skier à mon goût. C’est un autre trip qui est pas mal le fun

Sports, etc

Valérie Samson: un dernier cadeau de Noël

Cette année, Valérie Samson n’a pas reçu tous ses cadeaux de Noël le 24 décembre au soir. Elle aura droit à un dernier présent, soit son retour à l’entraînement avec ses coéquipières du Dynasty du Basket World Toronto, dans quelques semaines. Parce qu’on se le dise, plus d’une quinzaine d’années après avoir disputé son dernier match avec le Rouge et Or, Valérie Samson demeure toujours aussi passionnée de basketball.

«Après un an et demi d’attente, je vais enfin recommencer à jouer au basket», lance Valérie qui, un peu avant Noël 2017, avait dû être opérée pour une rupture du ligament croisé antérieur du genou. «Le basketball m’a manqué. J’adore ça toujours autant. C’est quelque chose qui m’apporte un bel équilibre et de la fierté. J’ai eu trois enfants. À chaque occasion, six semaines après avoir accouché j’étais de retour sur le terrain. Et je demeure toujours aussi compétitive.

«J’ai donc vraiment hâte de rejouer, et ce, même si je suis un peu craintive. Après plus d’un an et demie d’inactivité, j’ai peur de ne pas être aussi bonne qu’avant, de me rendre compte que je ne peux plus courir après les petites jeunes.»

Bien des gens vous diront que Valérie n’a aucune raison de s’inquiéter parce qu’elle pourrait aisément compenser une éventuelle diminution de sa rapidité sur le terrain par ses nombreuses habiletés et son expérience. Au fil des années, elle a maintes fois montré tout son potentiel, tant dans sa ligue de la BWT que lors des World Masters où elle a savouré la conquête d’une médaille d’or dans la classe élite en 2013 (Italie) et 2017 (Nouvelle-Zélande).

Débuts modestes

La belle histoire d’amour entre la grande athlète et le basket remonte à la fin des années 80. Âgée d’environ une dizaine d’années, Valérie se passionnait pour la gymnastique et le basket. «Quand j’étais à la maison, je passais 90 % de mon temps à faire des roues, des pirouettes et à avoir les pieds en l’air. Mais j’étais beaucoup trop grande pour faire de la gymnastique. Je crois cependant qu’elle m’a aidée dans mon basket. Elle m’a rendue plus agile et permis de m’orienter plus facilement sur le terrain quand je tourne sur moi même et que je virevolte.

«Ce qui me surprend c’est à quel point je me suis rendue si loin. Quand j’ai commencé à jouer, j’étais vraiment pas bonne. La seule raison pour laquelle j’ai fait les équipes, c’était parce que j’étais grande. Je n’avais pas une bonne vision — je ne voyais rien­—  j’étais dans la lune, je n’écoutais jamais pendant les temps morts et j’étais tout le temps perdue sur le terrain. Et comme je grandissais assez vite, je manquais de coordination.»

Après des débuts modestes, Valérie s’est imposée comme une basketteuse de premier plan. Après une brillante carrière avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy, elle a poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or après avoir refusé des bourses  des universités de Reno (Nevada) et de Sacramento (Californie).

«Moi, j’aime jouer au basket. Et là-bas, comme ils te payent, tu dois produire. C’était trop business. Et j’adorais Linda Marquis. Ç’a pas été un choix très difficile.»

Recrue de l’année à sa première campagne à Laval (1997-1998), la grande basketteuse n’a évolué que quatre saisons avec le Rouge et Or. Elle a renoncé à sa cinquième campagne afin de se concentrer sur ses études en actuariat.

«J’étudiais et je jouais au basket. J’avais tendance à me faire des horaires trop chargés. Et j’étais très exigeante envers moi même. J’avais l’impression qu’il fallait que j’en fasse deux fois plus que tout le monde pour me sentir à la hauteur. C’est peut-être parce que je manquais un peu confiance en moi. J’avais une vie de fou. Ça m’arrivait souvent de, par exemple, de parler au téléphone en étudiant tout en mangeant mon souper dans le bain. Je faisais trop de sacrifices pour ce que ça m’apportait et j’avais besoin de plus d’équilibre Et comme je n’avais pas d’aspirations de jouer professionnel...»

À l’aise avec sa décision, Valérie n’a jamais eu de regrets et c’est tout naturellement qu’elle a tourné la page sur sa carrière d’étudiante-athlète pour amorcer sa carrière d’actuaire chez Mercer, à Toronto, en 2002 Et même si elle a la conviction qu’elle aurait eu les aptitudes pour pousser plus loin sa carrière en basket, elle est avant tout fière de ce qu’elle accompli.

«Le basketball a formé la personne que je suis aujourd’hui. Au début, il m’a permis à faire partie d’un groupe. Puis il m’a aidée à développer ma confiance en moi. J’étais tellement timide... Il m’a aussi appris l’esprit d’équipe.»

Aujourd’hui, c’est au tour de Valérie d’ encourager ses enfants dans leurs passions. Ses deux garçons jouent au hockey et sa fille fait de la gymnastique et elle joue au basket.

«Je suis assistante-entraîneure de son équipe. Je me rends compte que le coaching, ce n’est pas si facile. Des fois, j’ai tendance à trop penser au niveau stratégique. Quand tu es avec des jeunes qui commencent, il faut revenir à la base. Juste de voir comment ma fille peut être fière. Ça m’apporte beaucoup.»

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QUESTIONS / RÉPONSES

Q    Fait marquant?

R    Un match de basket que j’ai joué contre York lors de ma première année, lors duquel j’ai lancé 100 %. J’ai fait 30 points grâce à huit lancers francs en huit, et 11 sur 11 du terrain.  Pour une perfectionniste, avoir un match parfait... J’ai eu des matchs où j’ai fait plus de points, mais celui-là, il a une place spéciale.

Q    Honneur le plus satisfaisant?

R    Mon titre de recrue de l’année au Canada. Encore aujourd’hui ça figure parmi la liste de mes plus beaux accomplissements.

Q    Si c’était à refaire?

R    J’essaierais d’être moins dure avec moi-même, d’apprécier ce que je faisais de bien et d’essayer de porter moins d’importance à ce que je faisais de moins bien. 

Q    Personnalités marquantes?

R    Tout au long de mon parcours, j’ai eu de super bons entraîneurs. Au secondaire, au cégep, (Sonia Ritchie) et à l’Université (Linda Marquis). J’ai été vraiment privilégiée d’avoir eu de bons coachs tout au long de ma carrière.

Q    Idoles de jeunesse?

R    Mon amie Anne-Isabelle Gingras, la capitaine de mon équipe de mini-basket. Elle avait plein d’amis, elle était super bonne. Je m’étais mis dans la tête qu’un jour, je serais aussi bonne qu’elle. Elle est une des raisons pourquoi j’ai joué au basket. Et Claudia Brassard. Je l’admirais beaucoup. Elle était bonne, drôle et gentille.

Sports, Etc

Philippe Audet, le petit gars de Saint-Joseph

Appelé à évoluer dans plusieurs villes au cours de sa carrière de hockeyeur et à profiter des charmes de ces différentes destinations, Philippe Audet aurait eu de toutes les raisons du monde de s’expatrier de sa Beauce natale pour de bon. Mais fier de ses origines et attaché à son petit coin de pays, il n’a pas hésité à y revenir quand il a mis fin à son rêve de jouer chez les pros.

«J’ai joué dans de belles villes, surtout à mes dernières années en Europe», confirme Audet, un athlète de Saint-Joseph. «Mais je suis un gars de famille. Et ma femme aussi. Même si on avait vécu de belles expériences, on se sentait plus à l’aise de revenir en Beauce auprès de nos proches et de nos familles pour élever nos enfants. C’était juste naturel. Je ne sais pas si je vais passer toute ma vie à Saint-Joseph. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Mais une chose est sûre, on est bien chez nous.»

L’attachement d’Audet pour la Beauce n’a jamais été à sens unique. Grâce à son cheminement et à ses exploits, la jeune vedette locale est devenue une fierté, en 1995, quand il a été repêché en deuxième ronde, 52e au total, par les Red Wings de Detroit. Mais c’est à la suite de la conquête de la Coupe Memorial avec les Prédateurs en 1996 qu’il a vraiment mesuré son impact. 

«Partout où j’allais, les gens me parlaient de notre victoire. Et j’ai senti qu’il y avait un petit glamour autour de moi. Mais je suis toujours demeuré Phil Audet, le petit gars de Saint-Joseph. J’ai toujours pris le temps de jaser avec les gens. C’était comme ça à l’époque et ça l’est toujours.»

Les années ont passé et le nom de Philippe Audet continue toujours de faire écho en Beauce. Ce n’est cependant uniquement plus pour ses exploits de hockeyeur qu’il est reconnu. Aujourd’hui il redonne à sa communauté en œuvrant comme entraîneur au hockey, avec les Lynx de l’école Jésus-Marie de Beauceville, et au baseball. Il importe pour lui d’aider les jeunes à grandir à travers le sport comme il a eu l’occasion de le faire.

Un seul regret

La carrière de Audet a pris son envol avec les Bisons de Granby en 1994. L’arrivée du clan Morissette et l’engagement de Michel Therrien et de Daniel Bissonnette, l’été suivant, a transformé la formation. «Je me souviens des premiers mots de Michel Therrien à l’ouverture du camp. Il nous avait dit : “On est ici pour gagner la Coupe du président, le Trophée Jean-Rougeau et la Coupe Memorial. Si vous n’êtes pas prêts à faire ça, allez-vous-en”». Oui on avait une meilleure équipe que l’année précédente, mais ce qui a vraiment fait la différence, c’est le minding.»

Même s’il a brûlé la LHJMQ à ses deux dernières saisons avec les Prédateurs, il a totalisé 92 buts et 191 points, Audet n’a jamais pu s’imposer avec les Red Wings. Sans vouloir chercher d’excuses, il rappelle qu’à l’époque, Detroit avait un des meilleurs alignements de la LNH et que chaque année, elle sortait les millions afin de mettre la main sur les meilleurs joueurs autonomes disponibles.

«Avoir réussi à percer un des plus gros line-ups des années 2000, c’est une grande fierté. Quel genre de carrière aurais-je eue si j’avais été dans une autre équipe? J’en ai aucune idée. Mais j’ai tout le temps tout donné, j’ai vécu de super belles expériences et je suis fier de ce que j’ai fait.

«On dit si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Si Phil Audet à 41 ans était capable de parler à Phil Audet le petit cul qui se disait tous les soirs en se couchant qu’il jouerait dans la Ligue nationale, il lui dirait pourquoi juste rêver de jouer dans la LNH? Pourquoi ne pas rêver de gagner quatre Coupes Stanley? Jouer dans la LNH, j’ai fait les efforts nécessaires et si j’y suis parvenu. J’ai sué du sang pour jouer quatre matchs dans la Ligue nationale. Mais peut-être que si j’avais visé quatre Coupes Stanley, les choses auraient été différentes au niveau du minding. C’est mon seul regret.»

Audet a renoncé à son rêve de jouer dans la LNH au terme de la saison 2000-01. Sans contrat, il s’est expatrié en Europe. Une expérience qu’il a savourée et qui a donné un second souffle à sa carrière. Mais en 2005, il est revenu en Beauce.

«J’avais une belle opportunité d’emploi à la Brasserie Labatt. Il fallait que je pense à mon après-
carrière. Et je pouvais évoluer avec le Garaga. Pour moi c’était du hockey professionnel. À l’époque dans la Ligue nord-américaine, les salaires étaient quasiment aussi bons que ce que l’on nous donnait en Europe.»

Œuvrant dans le domaine de la représentation, Audet a réorienté sa carrière à la suite d’une sérieuse blessure au genou. Il a suivi un cours d’agent immobilier. Parallèlement, il a commencé à faire de la gestion d’immeubles. Mais il y a quelques semaines, après six années comme courtier immobilier il a rangé ses pancartes pour devenir gestionnaire de comptes chez Café Van Houtte.

«Je suis avec une belle gang de boys. Après toutes ces années comme courtier, j’avais besoin de me retrouver à l’intérieur d’une équipe. J’ai entre 300 et 400 clients sur la Rive-Sud de Québec, un territoire qui va de Lac-Mégantic jusqu’à Rivière-du-Loup en passant par Bellechasse. J’ai quelque chose qui a vraiment tout pour rendre Phil Audet heureux.»