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Mathieu Biron: d’une passion à une autre

Le jour où il a décidé d’accrocher ses patins, Mathieu Biron n’a pas cherché longtemps pour trouver un travail qui le comblerait à tous les niveaux. Attiré par le domaine de la sécurité publique, il a décidé de retourner aux études afin de devenir pompier, un métier qui le passionne et qu’il pratique maintenant depuis une dizaine d’année du côté de Lévis.

«Finir sa journée quand tu sais que tu as concrètement aidé quelqu’un, pour moi c’est une maudite belle façon de dormir la nuit», avoue Biron qui rêvait de devenir policier ou pompier dans sa jeunesse. «Savoir que concrètement j’aide le monde dans ma société, ça rend mes journées un peu plus agréables. Pour moi, c’est une belle manière de m’accomplir.

«Je suis peut-être l’une des personnes les plus chanceuses du monde. Il n’y a pas beaucoup de gens qui gagnent leur vie en pratiquant une passion. Moi je l’ai fait deux fois. En jouant au hockey d’abord puis en étant pompier.».

Biron avait 30 ans et il venait de disputer une deuxième saison en Allemagne quand il a décidé de tourner la page sur sa carrière de hockeyeur. Il explique que la trentaine lui avait fait réaliser qu’il était à la croisée des chemins. Voulait-il voir sa carrière mourir à petit feu en Europe et se retrouver au seuil de la quarantaine, trop vieux pour faire un métier qui le passionnerait où préférait-il couper les ponts avec le hockey, qu’il aimait cependant toujours, afin d’entreprendre une nouvelle carrière qui le comblerait pendant les 25 années suivantes? Il opta pour la seconde option.

«J’ai une grande qualité. Tout m’intéresse dans la vie. Je suis capable de renoncer à une passion pour une autre assez rapidement et sans problème. Mentalement, je n’ai pas eu de problème à vivre sans le hockey. D’abord parce que j’étais en paix avec ma décision mais aussi parce que je m’en allais vers quelque chose d’autre qui me passionnait.»

Étudiant en techniques policières alors qu’il évoluait dans la LHJMQ avec les Cataractes de Shawinigan, Biron aurait pu compléter les études qu’il avait entreprises une douzaine d’années auparavant. Il a cependant été attiré davantage par le métier de pompier dont le rôle auprès de la population est moins ingrat que celui de policier. 

«Ce que j’aime de mon travail. C’est que l’environnement change tout le temps. On est là pour aider les gens et ceux-ci nous font confiance en nous laissant entrer chez eux, dans leur intimité. Je suis honoré de cette confiance.»

Parlant des risques associés à son métier, Biron dit qu’ils ne sont pas plus grands que ceux qu’il courrait en jouant au hockey. Il explique que les techniques de combat des incendies ont beaucoup évolué et qu’elles sont plus sécuritaires.

«On ne peut pas contrôler tous les risques. Mais on peut quand même être à l’affût de ce qui se passe autour de nous.

«Je fais souvent le parallèle entre le hockey et les pompiers. Dans les deux cas, il est question de travail d’équipe. La communication est primordiale. Il faut pouvoir prendre des décisions rapides et être en constante analyse. Des parallèles comme ça, je pourrais en trouver 50, 60 et même 70.»

Dans la LNH à 19 ans

Choix de première ronde des Kings de Los Angeles, le 21e au total, au repêchage de 1998, Biron a fait ses débuts dans la Ligue nationale à l’âge de 19 ans chez les Islanders de New York à qui il avait été échangé.

«Je n’étais pas supposé demeurer avec les Islanders. Mais j’ai connu un bon camp d’entraînement, j’ai brouillé les cartes, j’ai fait ma place et je suis resté à New York. Ce n’est pas un cadeau que l’on m’avait fait.

«Je pense que grâce à mon frère Martin, je n’ai jamais été déstabilisé par mon ascension. Le fait qu’il soit passé par les mêmes étapes avant moi m’a énormément aidé. Il y a bien des choses que j’ai vécues à travers mon frère trois ans avant qu’elles ne m’arrivent. Par exemple, lui aussi avait été un première choix au repêchage. Je savais donc un peu ce qui m’attendait quand je l’ai été à mon tour. Même chose quand je suis allé jouer avec Équipe Canada junior ou que j’ai pris part à mon premier camp pro. Je n’ai pas eu de surprises. 

«Comme mon frère était gardien et moi défenseur, les comparaisons entre lui et moi n’ont jamais été possible. On évoluait en parallèle. Et on ne se challengeait pas. On ne l’a jamais fait. Quand on se voyait, la dernière affaire dont on parlait c’était de hockey. Mon frère, c’est celui avec qui j’ai pratiqué tous les sports. On se lançait la balle ensemble. C’était mon partenaire de tennis. On a joué au football et au basketball ensemble. Et comme mes parents avaient normalisé nos parcours de hockeyeurs, tant lui que moi nous ne nous sommes jamais pété les bretelles avec ça.»

Malgré son talent, Biron ne pu jamais se faire une niche dans une équipe. Des Islanders, il passa au Lightning de Tampa Bay puis aux Panthers de la Floride. Il évolua ensuite une saison avec les Capitals de Washington avant de terminer sa carrière dans la Ligue nationale dans l’organisation du Canadien.

«J’ai commencé à jouer dans la LNH à 19 ans et tout le monde s’attendait, et je suis bien à l’aise avec ça, à ce que j’aille une carrière de 15-16 ans. Les gens me voyaient accomplir beaucoup plus de choses que ce que j’ai fait en réalité. Alors oui, je n’ai peut-être pas rempli les attentes.

«Il y a 100 raisons pourquoi ça n’a pas duré 20 ans. Il y en a 50 que c’est de ma faute et il y en a 50 qui sont hors de mon contrôle. Oui le fait de jouer pour des équipes en reconstruction ne m’a peut-être pas aidé. Mais si j’avais performé, peut-être que ces formations seraient devenues meilleures et qu’elles ne n’auraient pas sacrifié dans une transaction. Mais je n’aucun regret parce que j’ai fait du mieux que je pouvais. Peut-être que si certaine choses étaient à refaire, je les ferais différemment. Mais au lieu de passer sept ans dans la LNH, peut-être que cela m’aurait emmené à n’en jouer que quatre.»

Même si c’est maintenant comme pompier, comme mari, comme parent et comme ami que Biron travaille à s’accomplir. Il garde cependant une petite place dans son cœur dans sa vie pour le hockey. En étant entraîneur-adjoint des équipes dans lesquelles ses enfants évoluent — il aime beaucoup l’aspect intellectuel et mathématique du hockey qu’il voit comme un jeu d’échec au niveau du positionnement, de la stratégie et de la vision du jeu. Mais aussi en chaussant occasionnellement les patins lors de tournois organisés chez les pompiers.

«À chaque fois que j’arrive sur la glace ou que je suis sur le banc, je me dis : «Maudit que c’est le fun jouer au hockey». C’est vraiment un beau sport». Mais si je suis trois mois sans mettre les patins, je n’ai pas la démangeaison de retourner sur la patinoire. Je ne me dis pas : «Il faut que je retourne jouer au hockey».

«Je ne suis cependant pas surpris de la manière dont le hockey ne me manque pas. Je n’ai jamais été un nostalgique. Chez nous, je n’ai pas d’anciens gilets qui sont accrochés sur les murs du sous-sol. Je suis quelqu’un qui regarde en avant. Je suis quelqu’un de projets.»

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Sports

La Coupe du monde de ski de fond sur les Plaines annulée

Le promoteur Gestev, une filiale du groupe Québecor, a confirmé vendredi matin ce à quoi un peu tout le monde s’attendait: les épreuves de la Coupe du monde de ski de fond devant être tenues à Québec en fin de semaine sont annulées.

Quelques heures plus tôt, la Fédération de ski de fond du Canada avait annoncé que les fondeurs de l’équipe canadienne ne prendraient pas part à l’événement et de nombreuses équipes avaient été rapatriées par leurs fédérations nationales avant le début officiel des compétitions.

Cette situation rendait la tenue des compétitions impossible, selon Gestev, et devant ce cas de force majeure, le comité organisateur a dû se résigner à annuler.

«Tout nous portait à croire que nous aurions des courses sur les plaines ce week-end, mais la situation, ainsi que le désistement des équipes, a évolué rapidement au cours des dernières heures», explique Marianne Pelchat, productrice déléguée de l’événement chez Gestev.

Prêts

«Nous étions prêts à accueillir athlètes, partenaires et grand public dans les meilleures conditions et nous avions mis en place des mesures fiables pour assurer leur santé et sécurité», poursuit-elle.

Jeudi, la Coupe du monde de ski de fond avait annulé sa conférence de presse de lancement et la Fédération internationale de ski (FIS) avait annoncé l’annulation des épreuves de Minneapolis et Canmore, qui devaient conclure la saison après les deux courses disputées sur les plaines d’Abraham.

La FIS avait même laissé entendre que les épreuves de Québec pourraient servir de finale à la Coupe du monde vu l’annulation des autres épreuves. Plus tôt en semaine, les équipes de Norvège et de Thaïlande, de même que tous les membres de l’équipe italienne à l’exception de Federico Pellegrino, avaient annoncé qu’ils ne seraient pas présents à Québec.

Pas une décision de la FIS

«Ce n’est pas la FIS qui a décidé d’annuler les courses, d’autant plus qu’on avait le feu vert des autorités sanitaires pour procéder et que tout était prêt. Dans une situation comme aujourd’hui, ce n’est pas la FIS qui a la légitimité de trancher quand tous les feux sont au vert. C’est la même chose pour Canmore et Minneapolis, la FIS ne décide jamais d’annuler. La décision finale repose toujours sur l’organisation locale. Il faut comprendre que les droits de marketing et de télé appartiennent à la Fédération canadienne, qui les rétrocède à l’organisation locale, dans ce cas-ci Gestev», a expliqué au Soleil l’ex-skieur français Pierre Mignerey, directeur des courses de ski de fond pour la FIS.

Arrivé au Québec jeudi, M. Mignerey repartait vendredi pour la France. «Quand je suis atterri à Montréal, j’ai reçu des messages: des équipes, dont la Suède, l’Allemagne et la Finlande, se préparaient à repartir, dont certaines à la demande de leur gouvernement. Je comprends la réaction forte des équipes, mais c’est une situation que je n’ai jamais vécue depuis que je suis à la Fédération. On avait annulé des épreuves pour des questions de manque de neige ou de mauvaise météo par le passé, mais jamais pour ça», explique-t-il.

Impacts

«Pour nous, la saison se termine donc huit jours plus tôt que prévu et on a déjà commencé à travailler pour l’an prochain», poursuit M. Mignerey, conscient de l’impact des annulations sur les organisations locales. 

«Ces organisations ont travaillé dur, ont engagé des frais et ont mis en places certaines choses et, malheureusement, elles n’auront pas les revenus des entrées puisque les événements n’auront pas lieu.»
Pierre Mignerey n’est pas certain non plus que les assurances des organisations puissent couvrir les annulations pour des raisons de santé publique. 

«Je doute fort qu’une assurance puisse couvrir cela. C’est généralement pour les questions d’enneigement ou de conditions météo que ces assurances servent.»

Le Russe Alexander Bolshunov remportera donc le Globe de cristal et le petit globe de cristal pour les épreuves de distances alors que le Norvégien Johannes Høsflot Klæbo méritera le petit globe de cristal pour les épreuves de sprint. Meneur au classement du sprint, Klæbo risquait toutefois de se faire doubler si les courses de Québec, Minneapolis et Canmore avaient lieu puisque l’équipe norvégienne avait été l’une des premières à annoncer que ses athlètes ne participeraient pas aux épreuves nord-américaines de la Coupe du monde,

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Marcel Gagnon fidèle à ses origines

Natif de Rivière-du-Loup, Marcel Gagnon a parcouru la planète pendant une quinzaine d’années afin de prendre part à des ultra-marathons. Après des détours qui l’ont mené à Québec, dans l’Outaouais et dans la région de Montréal, il est retourné s’installer dans sa ville natale où il a renoué avec ses anciennes amours : l’athlétisme.

«J’ai fondé le club Filoup en 2003, mentionne le coureur de fond. Au début, c’était un club de course à pied pour les adultes. Mais dans ma tête, je voulais aussi avoir des jeunes et offrir la facette de l’athlétisme. Mon but, ce n’était pas d’avoir des athlètes d’élite. Je désirais donner aux jeunes les outils nécessaires pour progresser de manière à ce qu’à leur arrivée au cégep ou à l’université, ils puissent se développer encore plus et aller vers les hauts niveaux, mais toujours dans un but de plaisir et d’amusement.»

Gagnon s’est initié à l’athlétisme à l’école secondaire. Il était attiré par les sauts, mais son entraîneur avait vu chez lui les qualités physiques nécessaires pour la pratique des lancers. Il a dû attendre deux ans et une poussée de croissance qui lui a permis de gagner quelques centimètres avant de finalement réaliser son rêve.

Le Louperivois se destinait à une carrière de sauteur quand une sérieuse blessure à une jambe l’a obligé à renoncer à ses ambitions. Il s’est alors tourné vers les épreuves de demi-fond.

«J’ai un jour décidé de prendre part à mon premier marathon. Comme je n’avais jamais couru des épreuves de plus de 1500 m, ce fut physiquement très difficile. Sauf que mentalement, j’ai trouvé ça le fun d’être avec moi-même, d’écouter mon corps, être attentif à ses signaux et me dépasser. Et tranquillement, j’ai réalisé que j’avais du potentiel pour les courses de longue distance.»

Interpellé par les ultra-marathons et fan de Yiannis Kouros, roi de la discipline à l’époque, Gagnon a aussi eu l’occasion de jaser avec Phil Latulippe qui a fait naître chez lui le goût de pendre part à des épreuves de longue distance. Il s’est spécialisé dans les 100 km.

«À l’époque, les gens me voyaient un peu comme un zombie. Mais j’avais un bon entraîneur, Richard Chouinard, qui avait déjà fait des ultra-marathons. Il connaissait mes objectifs et savait comment doser mes entraînements pour me permettre de progresser parallèlement à mes études universitaires.»

Pour arriver à ses objectifs, Gagnon courait en moyenne entre 150 et 160 km par semaine. Pour lui, le défi n’a jamais été physique. «Que l’on prenne part à un 10 km, un marathon ou un ultra-marathon, tout se passe entre les deux oreilles. Et sur des distances de 100 km ou plus, c’est au niveau mental qu’est la différence.»

La retraite

Gagnon a couru des ultra-marathons jusqu’en 2004. Encore aujourd’hui, il n’a qu’un seul regret. Qualifié pour le Championnat du monde de 100 km disputé en Belgique en 1994, il se demande quelle aurait été sa performance s’il ne s’était pas blessé au départ de la compétition.

«Est-ce que j’aurais fait mieux? Probablement. C’est pour cette raison que, par la suite, j’ai fait des 24 et des 48 heures. Je désirais voir où je pouvais me situer au niveau mondial.»

C’est au moment de jeter les bases du club Filoup que Gagnon a remis en question sa carrière de coureur longue distance. Préférait-il être athlète ou entraîneur? Il a opté pour aider les jeunes. Une déchirure au quadriceps l’a conforté dans sa décision. «Je n’ai jamais regretté d’être devenu coach. J’aime vraiment aider les jeunes.»

Aujourd’hui massothérapeute, Gagnon se destinait à une carrière de policier. Mais lors d’un examen médical pour entrer dans la Sûreté du Québec, on lui a diagnostiqué un souffle au cœur. Il n’a donc jamais pu travailler dans un corps policier. «Ça ne m’a jamais empêché de courir. Je savais que j’avais une arythmie cardiaque quand j’étais entre 120 et 140 pulsations minute. Quand ça n’allait pas, mon organisme me le disait. Et je répondais. J’étais en contrôle de ma situation. Les risques qu’il m’arrive quelque chose étaient réduits au minimum.»

Gagnon a aussi mis son talent au profit de bonnes causes. Alors qu’il travaillait chez Walmart, il a organisé quatre levées de fonds. Il a couru autour du magasin où il travaillait de l’ouverture à la fermeture, franchissant presque 110 km. Il a aussi couru 660 km en 15 jours, et a traversé le Québec à vélo, un périple de 3500 km.

«Je suis fier de ma carrière sportive. Si c’était à recommencer, je referais exactement les mêmes choses. Mais avec le bagage que j’ai comme entraîneur, je les referais de manière différente. Au niveau des techniques d’entraînement et de la préparation mentale, par exemple. À l’époque, c’était let’s go, on y va. Quand un pépin arrivait, on se virait sur un 10 cents et on espérait que ça marche. Aujourd’hui, j’apprends à mes athlètes que si ça ne fonctionne pas là, il y aura une prochaine fois.»

Une prochaine fois, il pourrait y en avoir une pour Gagnon. «Dans ma tête d’ancien athlète, je me dis que je pourrais me réessayer à courir un 24 heures. Juste pour faire une distance potable. Pour le moment, mon but, c’est de recommencer l’entraînement progressivement afin de reprendre le beat de me mettre en forme.»

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Dominique Laroche: le pionnier des pionniers

Quand il est question des pionniers du ski acrobatique à Québec, on pense immédiatement à Yves et Philippe Laroche. Quoi de plus normal : les deux font partie des premières figures de proue québécoises du ski acrobatique sur la scène internationale. On oublie cependant le rôle joué par Dominique Laroche alors que le sport connaissait ses balbutiements.

«J’ai été le premier à me lancer là-dedans. C’est quand j’ai commencé à prendre part à des compétitions et à remporter des médailles que le reste de la famille a eu envie de faire du ski acrobatique. Après, tout a été très vite. Mais pour se retrouver cinq frères dans le même sport et tous réussir, ça prend des conditions spéciales. C’est certain que les Laroche, on doit avoir un sens aérien plus développé. Mais ça prend aussi le bon contexte et il faut être à la bonne place au bon moment. On était collés sur la pente de ski, on avait un corps très fort et de gros os.»

C’est au milieu des années 70, au Manoir Saint-Castin, que Dominique et quelques amis jettent les bases du ski acrobatique à Québec. À la recherche d’adrénaline, ils s’amusent à réaliser les sauts qu’ils ont vus en photo dans des magazines. Puis la présentation d’une compétition de ski hot-dog organisée au Centre de ski Le Relais va changer le destin de Dominique.

«Je me suis dit : “C’est ça que je veux faire.” Et je me suis lancé là-dedans à pieds joints. On a commencé à s’entraîner plus sérieusement. Mais il n’y avait pas de rampes d’eau. Et on ne voulait pas se blesser. On est allés faire du plongeon. Danny Boulanger nous a coachés bénévolement.»

Laroche va toujours se rappeler sa première compétition sur la scène internationale. C’était à Tignes, en 1979, où il était parti tout seul. Il avait fini troisième.

«À l’époque, le ski acrobatique, c’était vraiment n’importe quoi. Il n’y avait pas d’association et les compétitions étaient ouvertes à n’importe qui. Et il n’y avait pas d’assurance pour les compétiteurs. On signait une petite feuille où on renonçait à tout recours si on se blessait. Mais il y avait 20 000 personnes au bas des pistes qui assistaient à la compétition. C’était un sport spectaculaire.»

Le skieur rappelle qu’à son époque, les athlètes en Coupe du monde devaient compétitionner en sauts, en bosses et en ballet. Les résultats des trois épreuves servaient ensuite à couronner les meilleurs au classement combiné.

Malgré de beaux succès (il a fait neuf podiums), Dominique n’a compétitionné que quelques années en Coupe du monde. En désaccord avec la manière de juger des officiels, il accepte une offre pour prendre part au tournage de films de ski et à des spectacles aux quatre coins de la planète.

«Je devais y aller un an et je retournais à la compétition après. Mais je ne l’ai jamais fait. Je me demande encore si j’ai pris la bonne décision de quitter le ski acrobatique alors que le groupe Quebec Air Force prenait véritablement son envol.

La pédale au plancher

Quand il fait le bilan de sa carrière sportive, Laroche la résume en un seul mot : adrénaline. «J’ai vécu la pédale au plancher. Que ça soit en voyage ou en ski, en sautant des falaises en Italie, en conduisant des voitures, des motos et des motocross, etc. On était constamment à la recherche d’adrénaline. Ce fut une vie incroyable. Je recommencerais à 100 milles à l’heure. Vivre ses rêves et ses passions, on ne fait pas ça à la retraite. On le fait quand on a l’énergie et aucune responsabilité.»

L’ex-athlète ne cache pas que sa recherche d’adrénaline l’a poussé à mettre sa vie en danger. Et qu’il a été chanceux de s’en sortir indemne. Aujourd’hui à l’aube de la soixantaine, il a toujours ce besoin d’adrénaline. C’est dans son ADN. Ses responsabilités familiales et le fait qu’il ait pris conscience qu’en vieillissant, il n’était plus aussi vif physiquement et psychiquement ont quelque peu refroidi ses ardeurs.

Laroche dit qu’il a mis du temps à retomber sur ses pieds après sa retraite. C’est d’abord dans le monde des communications qu’il avait fait son nid. L’obligation de déménager à Montréal l’a cependant incité à réorienter sa carrière. «J’ai choisi une qualité de vie plutôt qu’une job

N’aimant pas travailler dans des horaires stricts, Dominique a trouvé le bonheur dans l’immobilier où il œuvre comme courtier. Un domaine dans lequel il se sent à l’aise, notamment parce qu’il aime travailler avec le public, qu’il connaissait le milieu avant même d’y travailler mais aussi parce qu’il ne peut travailler selon des horaires fixes. «Je suis d’une grande intégrité. Je mets toujours mon cœur et mes connaissances sur la table. Si ça ne fait pas l’affaire des gens, ça ne me dérange pas.»

Laroche demeure aussi très près du ski acrobatique. Il ainsi travaillé dans les coulisses de la construction de la rampe de sauts à Lac-Beauport. Et sa fille Florence figure parmi les plus beaux espoirs québécois en sauts, une grande fierté pour lui. «Elle repartira à Banff pour participer à des compétitions de ski acrobatique. La seule chose que je lui souhaite, c’est qu’elle s’amuse, qu’elle revienne et dise : “Papa, c’est don bien beau, Banff.” Pour moi, c’est important de donner la chance à mes enfants de vivre leurs expériences quand c’est le temps.»

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Les JO de nouveau dans la mire de Philippe Marois

Presque 15 ans après avoir accroché ses lames, Philippe Marois a remis les Jeux olympiques dans sa mire. Aujourd’hui à l’aube de la quarantaine ce n’est évidemment pas comme patineur de vitesse longue piste qu’il souhaite retourner au grand rendez-vous mondial. C’est en tant qu’officiel.

«Je suis aux portes de la scène internationale», confie le Québécois qui a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. «Actuellement, c’est possible d’être officiel au niveau international jusqu’à l’âge de 65 ans, j’ai donc 25 ans devant moi pour aller au moins une fois aux JO. Et c’est certain que j’adorerais y être. Ça me permettrait de vivre l’expérience olympique, mais de l’autre côté de celui d’athlète. Et je pourrais avoir plus de liberté pour me promener sur les différents sites. Je pourrais davantage vivre les Jeux.

«Une chose est sûre, retourner aux Jeux serait un bel accomplissement dans la seconde phase de ma vie, l’après-athlète. Et c’est certain que je vais profiter de l’ouverture de l’anneau à Sainte-Foy pour essayer de me placer dans le top 5 des officiels qui vont œuvrer lors des compétitions.»

C’est en 2010 que Marois s’est initié au travail d’officiel. Habitant à Calgary et ayant coupé tous les liens avec le patinage de vitesse afin de se consacrer à sa vie professionnelle et familiale au lendemain de sa retraite, il reçut en 2009 un courriel de Greg Planert qui avait besoin d’officiels pour une compétition. Planert lui disait aussi que ça faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu et il l’invitait à l’anneau de glace. Mais Marois ne répondit pas. Un an plus tard, il reçut un autre courriel de Planert.

«J’ai décidé d’y aller. Quand je suis arrivé à l’anneau, j’ai eu des frissons. J’ai revu Greg et plein de monde que je connaissais. Je retombais dans ce que j’avais toujours aimé. Je n’en revenais tout simplement pas que j’avais passé quatre années loin du patin.

«À ce moment-là, Dave Thompson, qui était officiel international de niveau 5, m’a pris sous son aile. Je suis vraiment tombé en amour avec le travail d’officiel. Pour moi, c’était une belle façon de redonner ce que j’avais reçu. Bien des gens me demandent pourquoi je n’ai pas fait comme la plupart des athlètes et que je ne suis pas devenu entraîneur. La raison est simple : j’ai le sentiment que je ne serais pas un bon coach. Je crois que je serais trop dur. Je m’attendrais toujours à ce que la personne se pousse autant et même plus que je me poussais dans le temps.»

Débuts remarqués

Membre de l’équipe nationale, Marois avait connu des débuts remarqués chez les juniors. En 2000, il établit un record au 1500 m. Un exploit que la bague qu’on lui a donnée et qu’il porte depuis au doigt lui rappelle tous les jours. Son passage chez les seniors a cependant été plus difficile. Malgré tout, il a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. C’est après avoir raté sa qualification pour les JO de Turin en 2006 qu’il a décidé de prendre sa retraite pour vivre à plein sa vie familiale et professionnelle.

«Bien que le bilan de ma carrière soit très positif, j’ai quand même des regrets. Je pense que tous les athlètes en ont à l’exception de ceux qui ont tout gagné lors des championnats et qui ont battu des records. J’aurais aimé aller à Turin. Par contre, je n’ai pas de regrets de ne pas avoir gagné de médailles à Salt Lake City. Je connaissais mes limites. J’avais un talent naturel, mais il n’était pas aussi développé que celui de certains patineurs. Aujourd’hui, je préfère regarder le positif de ma carrière. J’ai été capable de travailler assez fort pour me rendre où je me suis rendu. Et je suis allé aux Jeux. C’est d’ailleurs comme ça que je vis. Je veux toujours être positif, de bonne humeur et jovial.»

À la retraite, Marois a travaillé pour l’Agence de revenu du Canada à Calgary pendant quelques années. Il avait aussi appliqué pour un poste de chauffeur au Calgary Transit. En 2010 il est revenu au Québec afin d’y rejoindre son amoureuse qu’il avait rencontrée au lendemain de son divorce. Travaillant avec lui à l’Agence du revenu du Canada à Calgary, elle avait demandé à être transférée dans la Vieille capitale. Marois a aussi demandé son transfert, mais après quelques mois, il a réorienté sa carrière et il a appliqué au RTC.

«J’ai toujours tripé sur les voitures, les moteurs et j’ai toujours eu une attirance pour la conduite des véhicules lourds. J’aurais aimé faire une formation complète pour conduire des camions. Mais j’aimais mieux travailler dans la région et avoir des horaires fixes. Et j’aime être avec le monde, jaser, etc. Au volant d’un bus, je suis donc dans ma zone de confort.

«À bord de mon autobus, j’ai toujours ma musique et je fredonne. Et chaque personne qui monte à bord a son bonjour. J’adore ma job

C’est avec impatience que Marois attend l’ouverture de l’anneau de glace de Sainte-Foy. Et non seulement parce qu’il compte y travailler comme officiel lors de compétitions ou parce qu’il y retrouvera des amis patineurs. Il devrait aussi recommencer à patiner.

«Ça fait 14 ans que je ne me suis pas entraîné. J’aimerais ça recommencer à le faire. J’ai adoré patiner à l’anneau de Sainte-Foy. Mais ça ne me tentait pas de retourner dehors. Là, je vais pouvoir patiner au chaud. Et comme je suis capable d’avoir des horaires coupés, je vais pouvoir aller patiner après mon shift du matin.»

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Maxime Roberge: aimer se challenger

«Mon plus grand plaisir dans la vie, ç’a toujours été la compétition et d’avoir une chance de gagner. J’aime la compétition, n’importe quel genre de compétition. Et que ce soit dans mes loisirs, dans mon travail et même dans ma vie personnelle, j’essaie toujours d’être le meilleur. Ainsi, quand je fais du vélo de montagne avec des amis, mon but, c’est toujours d’arriver au sommet de la montagne avant eux.»

Presque 15 ans après avoir mis un terme à sa carrière de judoka, Maxime Roberge n’a rien perdu de l’esprit compétitif qui l’animait lorsqu’il était sur le tatami. Se mettre au défi est son crédo. Il adore apprendre, se bâtir ou se rebâtir et faire les efforts pour figurer parmi les meilleurs. Quand il a réussi, il n’hésite pas à repartir à zéro afin d’amorcer l’ascension vers de nouveaux sommets. C’est d’ailleurs cette philosophie qui l’a poussé à la retraite.

«J’aurais pu être champion canadien pendant peut-être quelques années. Qui sait? Mais en quelque part, j’avais fait le tour. J’avais gagné tout ce que je voulais gagner, de sorte que je n’avais plus aussi envie de m’investir autant dans le judo. Il fallait que j’essaie d’aller gagner autre chose. Ç’a été tough mais c’était un beau défi.»

Après avoir démissionné des équipes nationale et provinciale, Roberge, qui s’entraînait à Montréal, est revenu s’installer à Québec, la ville d’où il était originaire. Ayant un diplôme en communications et en relations publiques en poche, il s’est cherché un emploi.

«Même si je savais ce que je voulais faire — je voulais idéalement demeurer dans le monde du sport —, je n’avais aucune idée de ce que serait ma nouvelle carrière. J’ai regardé les opportunités qui s’offraient à moi et j’ai foncé.

Amateur de chasse et de pêche, Roberge a travaillé quelques mois chez Latulippe avant de se retrouver chez Desjardins. Mais un emploi de bureau de 9 à 5 ne lui convenait pas. Informé que le centre d’entraînement Énergie Cardio de Beauport était à la recherche d’un directeur, il a postulé. En moins de deux ans, il a fait de la succursale beauportoise la plus performante au Québec au chapitre des revenus et des abonnés. Alors à la recherche d’un nouveau défi, il a été recruté par l’entreprise Maison Laprise comme directeur des ventes, un emploi qu’il occupe depuis 10 ans.

Une belle carrière

Roberge a fait du judo de haut niveau pendant une quinzaine d’années. À l’époque où il était membre de l’équipe nationale, il a toujours considéré le judo comme son travail. «Et même si la carrière que je menais n’était pas extrêmement payante en termes d’argent — je devais faire des jobines afin de pouvoir joindre les deux bouts —, elle le fut beaucoup au niveau personnel.»

Grâce au judo, le Beauportois a fait le tour du monde. Il a pris part à toutes les compétitions prestigieuses, à l’exception des Jeux olympiques. «Se qualifier pour les Jeux, c’est souvent une question de timing. L’année où je devais performer, j’ai fini deuxième aux qualifications. J’ai perdu mon combat par décision partagée. Ç’a été la fin de mon parcours olympique. Ce fut un deuil à faire. Mais ça se fait. C’est comme une peine d’amour. Un moment donné, tu te dis : “J’étais pas dû et il faut que je commence à regarder en avant.”

«Aujourd’hui, je sais que je n’avais pas assez de ressources pour viser une médaille au Jeux. Y aller aurait quand même été une expérience inoubliable. J’aurais aimé tripper avec les boys et, plusieurs années plus tard, partager des souvenirs avec eux. Mais je n’ai pas de regrets. J’ai vécu d’autres choses plus tard qui m’ont apporté de grands bonheurs, comme la naissance de mes enfants.»

Maxime n’a jamais ressenti de pression à performer, et ce, même si son frère Patrick et sa sœur Sophie ont représenté le Canada aux JO en judo. Par la suite, la cadette Catherine y est aussi allée. «Chez nous, on a toujours fait du judo parce que l’on aimait ça. La seule pression que j’avais, c’était de ne pas pouvoir vivre de ma passion.»

Loin du tatami, Roberge demeure un judoka dans l’âme et le cœur. Il applique toujours au quotidien le code de vie du judo qui repose sur des valeurs comme la politesse, l’amitié, le courage, le respect, l’honnêteté, l’importance de la parole donnée, etc. Il suit aussi passionnément la carrière de son ami Antoine Valois-Fortier.

«Je regarde ses combats en direct sur le Web. Pendant qu’il se bat, je force quasiment autant que lui. Quand il gagne, je suis soulagé et quand il perd, je suis un peu triste.»

Roberge ne le cache pas, il aimerait recommencer à faire du judo. «Le problème, c’est que ce que j’aimais dans le judo, c’était de me battre. Mais à ma connaissance, il n’y a pas beaucoup de judokas à Québec qui pourraient m’affronter et soutenir un effort constant. Mais à mon âge, je ne suis même pas sûr que je pourrais offrir un effort constant. Et quand je pense à comment ça faisait mal de me battre, combien c’était dur sur le corps, je me dis que j’aime mieux faire du vélo. Il faudrait donc que j’envisage le judo sous un autre angle, celui des katas et de la technique.»

Q Faits marquants

R La première fois que j’ai gagné un championnat canadien, le championnat canadien junior de 1992 à Winnipeg. Je partais de nulle part et j’ai fini champion. Cette victoire m’a ouvert de nouveaux horizons. Elle m’a fait dire : «Tu es capable. Oui, mon chum.» Et par la suite, j’ai foncé.

Q Ce qui te manque le plus

R Le repos du guerrier. La fatigue après un combat et le sentiment d’avoir donné tout ce que tu pouvais.

Q Ce qui te manque le moins

R Manquer d’argent. Tu te payes une compétition en Italie mais tu ne sais pas si tu vas avoir assez d’argent pour la fin de ton mois. C’est dur, c’est stressant.

Q Idoles de jeunesse

R Je n’avais pas d’idoles. J’aimais une équipe de hockey qui s’appelait les Nordiques. Mais étant un athlète amateur qui faisait un sport individuel, je trouvais que, nonobstant leur personnalité, des athlètes comme Sylvie Bernier et Myriam Bédard, des filles de la région de Québec qui avaient obtenu des succès dans des disciplines où on n’était à peu près pas présents, étaient des modèles intéressants.

Q Dans 10 ans

R Proche de la retraite, j’espère. Mais surtout heureux. Oui. Où que je sois, avec qui que je sois, quoi que je fasse, je vais être heureux, j’espère. 

Q Rêve ou défi

R Je rêve des grands espaces, d’aller voir la faune et la flore du nord du Québec et peut-être même de descendre quelques rivières. Je rêve aussi de recommencer à voyager autant que j’ai pu le faire dans ma carrière.

Sports, etc

Xavier Baribeau: aujourd’hui comme hier

L’intensité a toujours été une des marques de commerce de Xavier Baribeau à l’époque où il faisait carrière en basketball. Pour lui, les demi-mesures n’existaient pas. Et pas question de se contenter de livrer la marchandise. Il y avait toujours moyen d’en donner plus, selon lui. Une philosophie qui l’a bien servi avec le Rouge et Or et qu’il continue d’appliquer dans son travail de conseiller en gestion du patrimoine.

«La finance, c’est un domaine dans lequel on peut mettre des heures à l’infini», analyse Baribeau, qui travaille chez IG Gestion de patrimoine/Groupe BCB, une entreprise qu’il possède avec des associés. On peut toujours mieux former les gens, offrir un meilleur service, de meilleurs rendements, de meilleures planifications, bref, être le meilleur. On peut toujours se dépasser. J’ai choisi d’être travailleur autonome parce que je ne voulais pas avoir de patron qui me demanderait à 17h: “As-tu fini, là?” Moi, j’ai le luxe de pouvoir dire : si j’ai le goût d’en faire plus, je peux en faire plus et [même] travailler jusqu’à 1h du matin si ça me tente.

«Je pense que l’important dans la vie, c’est de faire toujours mieux que ce qui était prévu. C’est ce que j’ai tenté de faire dans ma carrière en basket. Je me suis toujours dit que je pouvais faire mieux que ce que mon potentiel et mon talent me permettraient de faire. Je pense avoir réussi et j’en suis très fier.»

Membre de l’équipe d’étoiles des recrues du Québec, Baribeau a aussi savouré un championnat provincial à sa première saison. Par la suite, il a été nommé deux fois au sein des équipes d’étoiles du Québec et obtenu des statistiques qui lui ont permis de briser les records du RSEQ du plus grand nombre d’assistances en carrière et celui du plus grand nombre de minutes jouées. «J’ai un peu été l’homme de fer de mon équipe, un joueur sur lequel on pouvait toujours compter sur le terrain tous les jours. C’est la statistique à laquelle j’attache le plus d’importance.»

Pour plusieurs, cependant, le  plus grand exploit du basketteur est d’avoir fait fi de la pression inhérente au fait que son père Serge avait joué avec le Rouge et Or et que, par la suite, il était devenu président du club. Mais comme les deux joueurs étaient très différents — lui était un passeur et Serge, un marqueur —, il n’a pas eu à vivre avec les comparaisons des gens.

«On a été le premier duo père-fils du Rouge et Or. Pour moi, c’était une fierté d’aller jouer à Laval. Parce que j’étais un petit gars de Québec, mais aussi parce que depuis l’âge de trois ans, j’avais eu sur le dos des t-shirts du Rouge et Or.

«C’est sûr que j’avais un peu de pression. Dans la famille, on a l’habitude de se dire les vraies affaires. Et mon père avait été le premier à me lancer : “Tu sais, j’ai fait la première équipe d’étoiles!” (Rires) Ce n’était pas évident. Mais j’ai eu la chance d’être sur le cinq de départ à mon premier match et de me faire un prénom. Mon père était à tous nos matchs. Je pense qu’il était fier. Si, aujourd’hui, lui et moi on avait une discussion à propos de nos réalisations en basket, je pense que j’en aurais plus à conter (rires).»

Belle transition

Sa carrière à Laval terminée, Baribeau s’est entraîné avec les Kebs de Québec qui lui ont offert une place dans l’équipe de pratique. Toujours aussi intense et voulant mettre toutes ses énergies sur son travail, il a refusé. Et c’est avec le Royal de Québec, où il a retrouvé plusieurs ex-lavallois, qu’il a progressivement fait la transition entre sa vie d’athlète et celle de professionnel.

«Jouer à un niveau un peu moins compétitif a facilité ma retraite. J’aurais eu plus de difficulté à mettre fin à ma carrière si elle s’était arrêtée du jour au lendemain. Je continue à jouer une fois par semaine à Montréal. C’est une ligue où il y a quand même du bon niveau de jeu. Mais ce n’est plus la même intensité.»

Comptable de formation, l’ex-Rouge et Or a choisi cette spécialité parce qu’elle pouvait lui ouvrir plus de portes dans le milieu de la finance. Aujourd’hui, Baribeau adore son travail de conseiller en gestion du patrimoine. D’abord parce qu’il adore les chiffres. Mais aussi parce qu’il a une bonne vision globale des choses. L’une de ses forces est d’arrimer les finances, la comptabilité, la personnalité de ses clients et leurs objectifs de retraite.

«À la longue, on devient un peu le psychologue de pas mal de clients. Et j’adore le côté relations humaines de mon travail.»

Même s’il est passionné par son travail, Baribeau garde toujours dans son cœur une grande place pour le basket. «Je ne vois pas le moment où je vais arrêter. J’ai trop passé de temps dans un gymnase pour ne plus jamais jouer. Je suis chanceux, je n’ai pas eu de blessures dans ma carrière. Je me sens donc super bien.

«J’aimerais aussi éventuellement recommencer à coacher pour redonner aux jeunes. Des jeunes de secondaire un, deux ou trois qui sont assez vieux et que l’on peut coacher pour vrai. Mais je ne voudrais pas que ça soit trop compétitif. Je me connais, si je faisais ça, je deviendrais trop intense. Et je ne veux pas que ça prenne trop d’espace dans ma vie.»

Sports, etc

Marialye Trottier: d’athlète à entrepreneure

Ses carrières en soccer et en fitness terminées, c’est dans le domaine du coaching personnel que Marialye Trottier avait décidé de gagner sa vie. Elle ne se doutait jamais que ça allait l’amener à fonder son entreprise, Marialye Fitness qui, en l’espace de quelques années, s’est diversifiée et est devenue une véritable PME maintenant connue sous le nom Wondersquad.

«Je ne pensais jamais avoir la fibre entrepreneuriale», explique Marialye, qui a arrêté sa décision de devenir entraîneure pendant un examen. Elle a alors ramassé ses affaires et a quitté l’université où elle n’est jamais retournée. «Mais dans ma tête, c’était clair que je voulais être coach. Et je désirais faire plus que du one on one mais je n’avais aucune idée où cela allait m’amener. J’ai été patiente et j’ai fait ce qu’il fallait pour me faire connaître.

«C’est quand j’ai créé mon entreprise qu’il a fallu que j’engage du personnel parce que je ne pouvais pas tout faire seule. Au début, je me voyais comme une ancienne athlète devenue coach en ligne. C’est après avoir bâti mon site Web, ma marque de commerce, etc. que j’ai réalisé que j’étais devenue une entrepreneure.»

La Québécoise n’a jamais douté qu’elle avait la vocation pour le coaching. Non seulement son passé d’athlète lui permet d’être très à l’aise avec le milieu sportif, mais elle sent le besoin de partager le bagage qu’elle a acquis.

«Toute ma vie d’athlète a été axée sur mes propres performances. En vieillissant, j’ai eu le goût d’aider les gens à atteindre leurs propres objectifs. Et j’ai décidé de m’adresser aux femmes. Au Wondersquad , tout est vraiment focusé sur elles. Je veux que chaque membre prenne conscience de son plein potentiel et de sa force intérieure. Le message de l’entreprise, c’est : «un esprit sain dans un corps sain pour permettre aux femmes de se développer et de se dépasser». Je me suis rendu compte qu’avec le temps, les femmes que j’entraînais prenaient confiance en elles au fur et à mesure qu’elles atteignaient les objectifs qu’elles s’étaient fixés.»

Aujourd’hui, Wondersquad  (wondersquad.co), c’est un site Web où les femmes peuvent trouver des programmes alimentaires et d’entraînement. S’ajoutent la communauté ou les femmes peuvent échanger, un soutien 24 heures sur 24, 7 jours sur 7), une boutique d’accessoires d’entraînement et de suppléments de marque, etc.

«Mon objectif est simple : je veux toucher le plus de femmes possible. Pour le moment, la grande partie de ma clientèle est au Québec et dans le reste du Canada. Mais c’est sûr qu’un moment donné, je compte regarder du côté des États-Unis et ailleurs dans le monde. Il n’y a pas de limites.»

Avec l’équipe du Québec

Marialye avait environ 13 ans lorsqu’elle a été recrutée par l’équipe du Québec de soccer. Mais parce qu’elle devait déménager à Mont­réal, elle a refusé l’offre, ses parents jugeant qu’elle était trop jeune pour quitter le foyer familial. Un an plus tard, cependant, elle prenait la route de la métropole.

«C’est pas mal là que les portes se sont ouvertes. J’ai fait partie des quatre ou cinq filles dépistées par l’équipe nationale. Et après avoir pris part à une douzaine de camps et disputé des matchs contre d’autres pays, j’ai été choisie comme défenseure centrale sur l’équipe qui prendrait part à la CONCACAF. Nous avons fini troisièmes et nous nous sommes qualifiées pour la Coupe du monde disputée en Nouvelle-Zélande.»

À la même époque, Marialye a été remarquée par des dépisteurs d’universités américaines. Elle a reçu plusieurs offres de bourses d’études et est finalement allée à West Virginia, où elle dit qu’elle aurait pu faire une belle carrière.

«Mais j’ai perdu ma passion pour le soccer. Ça faisait 13 ans que je jouais. J’avais pris part à une Coupe du monde junior et à quelques camps avec l’équipe nationale senior. J’avais le goût de passer à autre chose. Et même si, à 10 ans, je disais que j’allais mourir sur un terrain de soccer et que mon but ultime était d’aller aux Jeux olympiques et d’être parmi les meilleures au monde, si tu perds la motivation, tu es foutue. Parce que j’étais passionnée pour le fitness, ma carrière d’athlète ne s’est pas terminée.»

De retour dans la Vieille Capitale en 2012 et s’ennuyant un peu du soccer, Marialye s’est laissée tenter par un retour au jeu avec le Rouge et Or. Elle n’a disputé que quelques matchs avant d’accrocher ses crampons pour de bon.

«J’ai écouté mon cœur. Je pense que j’avais besoin d’avoir la confirmation que je n’avais vraiment plus la même passion pour le soccer. C’est avec l’esprit en paix que j’ai quitté le Rouge et Or.»

Devenue professionnelle en fitness où elle a gagné deux titres canadiens et une compétition à Miami lui ayant permis de mettre la main sur sa carte professionnelle de la WBFF, Marialye a aussi fait pendant quelques mois des arts martiaux mixtes. Des blessures l’ont cependant convaincue qu’elle devait renoncer à ce sport.

«Je suis super contente de la carrière que j’ai eue. C’est grâce à elle que je suis devenue ce que je suis. Et je n’ai aucun regret. Je suis allée au bout de ma passion et même si je n’ai pas pris part aux JO, j’ai l’impression d’avoir fait les bons choix.»

Sports, etc

Karl de Grandpré: passage mémorable

Il y a peut-être presque huit ans que Karl de Grandpré a terminé sa carrière de volleyball avec le Rouge et Or. Mais le souvenir de son passage avec la formation lavalloise demeure bien présent. Aux yeux de plusieurs, il fait partie du groupe des meilleurs athlètes à avoir défendu les couleurs de l’équipe.

«Je ne pensais jamais, quand j’ai débuté ma carrière, devenir le joueur d’impact que j’ai été», confie de Grand­pré. «Je jouais au volley pour le fun, parce que je trippais sur ce sport-là. Mais je me souviens par contre qu’après avoir vu un match de volley à la télé, j’avais dit à mes parents : “Un jour, je vais évoluer avec le Rouge et Or”. C’état mon but même si j’étais au début du secondaire. C’est par la suite que le volleyball est devenu de plus en plus important dans ma vie et que j’y ai mis du temps.

«Mais quand on est dans le volley comme je l’ai été, on est tellement pris que l’on ne réalise pas tout ce que l’on accomplit. C’est avec le recul que l’on peut en mesurer l’impact, être fier de ce que l’on a réalisé et heureux d’avoir vécu ces moments-là avec de bonnes personnes, des gens qui sont encore aujourd’hui des amis.»

De toutes les campagnes que de Grandpré a passées à l’UL, la dernière (2011-2012) fut la plus mémorable. D’abord parce qu’il avait la chance d’évoluer avec son cousin (Tommy Belisle). Mais aussi à cause de ses performances sur le terrain et de celles du Rouge et Or. Gagnant d’un troisième titre de volleyeur par excellence au Québec, il a aidé les siens à remporter une médaille d’argent au championnat canadien. Il a aussi été choisi l’athlète par excellence du Rouge et Or. 

«Une saison extraordinaire. Je n’en revenais pas de recevoir le titre d’athlète par excellence du Rouge et Or. Et je n’en reviens toujours pas. C’est tellement gros. J’en suis très fier et honoré. Mais comme j’ai toujours dit, le volley est un sport d’équipe. Sans mes coéquipiers et sans mes coachs, je n’aurais jamais eu autant de succès.»

La décision

Plusieurs portes étaient ouvertes quand de Grandpré a conclu sa carrière universitaire. Il aurait pu se joindre à l’équipe nationale ou évoluer comme professionnel en Europe. Le volleyeur vedette a cependant décidé de tourner la page sur le volleyball pour faire ses débuts sur le marché du travail.

«J’étais rendu là dans ma vie. Je ne jouais plus au volley pour les bonnes raisons. Je ne le faisais pas par passion, mais parce que c’était une routine dans ma vie. Et ça ne me tentait plus de m’entraîner chaque jour. C’est quand j’ai réalisé ça après avoir pris une pause de deux mois que j’ai décidé d’arrêter le volley et de commencer à travailler.»

De Grandpré ne cache pas que dans les mois qui ont suivi sa retraite, il s’est posé la question s’il avait pris la bonne décision et s’il ne devait pas abandonner son travail et tenter sa chance chez les pros. Il s’ennuyait de bouger et de voir ses amis chaque jour. Et les défis qu’il avait au quotidien ne lui apportaient pas autant d’adrénaline que les moments qu’il vivait en équipe. Mais ayant été informé que la transition entre la vie d’athlète de haut niveau et la vie «normale» était parfois difficile, il a décidé de se donner du temps.

«Tranquillement, j’ai commencé à faire de nouvelles activités. Et je suis embarqué dans mon nouveau rythme de vie. Je n’ai jamais regretté ma décision de prendre ma retraite. C’est certain, je me dis parfois que ça aurait été le fun de voir jusqu’où j’aurais pu me rendre en volley. Mais si j’avais continué, je me serais menti à moi-même parce que je n’avais plus le goût de m’investir, je n’avais plus la drive

Détenteur d’un bac en statistiques et d’un certificat en économie, de Grandpré est à l’emploi du ministère de l’Éducation à la direction des indicateurs des statistiques où il a notamment travaillé sur le dossier du cheminement scolaire des jeunes aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire. Il a produit des statistiques sur le taux de décrochage et de diplomation par cohorte par rapport aux indices de défavorisation pour les programmes ministériels et la gouvernance des commissions scolaires.

Toujours très actif physiquement — il dit que ça le défoule —, de Grandpré a cependant mis le volleyball de côté après y avoir joué quelques années avec des amis et d’ex-joueurs du circuit universitaire après son passage à l’UL. Il joue à la balle-molle l’été avec d’anciens joueurs des Titans et du Rouge et Or, au dekhockey et fait de la course à pied avec sa copine. «Mais j’adore aussi prendre du temps pour moi. Comme passer la fin de semaine au chalet. C’est très ressourçant.

«Le volley ne me manque pas. Après ma carrière, comme j’y avais passé ma vie, je n’avais plus le goût d’aller voir des matchs. Mais tranquillement, le volley commence à me parler. Je suis allé cette année à la Coupe de l’Est à Limoilou. Et je commence à me dire que je pourrais peut-être coacher. Mais c’est très embryonnaire comme projet. Je ne me lancerais pas tout seul là-dedans parce que je n’ai aucune expérience en coaching. Je pars de zéro. J’aurais beaucoup d’apprentissage à faire. J’aurais donc besoin d’accompagnement. Mais je me laisse le temps. Le coaching m’intéresse, mais pas dans un futur rapproché.»

Sports, etc

Robert Picard loin des feux de la rampe

Il y a 28 ans que Robert Picard a accroché ses patins au terme d’une carrière de 13 campagnes dans la LNH où il disputé 899 matchs en saison régulière. Et si jadis, peu importe où il allait, il ne passait jamais inaperçu, l’ex-défenseur est aujourd’hui loin des feux de la rampe où il mène une vie plus normale qu’il a appris à apprivoiser et à apprécier.

«Pendant toutes les années où j’ai joué dans la Ligue nationale ou après, quand j’ai évolué avec des anciens joueurs à Detroit, j’ai retiré beaucoup de fierté à être reconnu par les amateurs de hockey», mentionne l’ex-hockeyeur. «Et je garde de très beaux souvenirs de cette époque-là. J’ai encore de belles photos de moi dans mon bureau et à la maison. Mais j’ai appris à vivre sans ça. 

«Aujourd’hui, je suis une personne «normale.» Et je vis comme tel. La majorité des gens que je rencontre ne savent pas que j’ai joué dans la LNH. Et je ne suis pas le genre à crier : “Je suis Robert Picard, regardez-moi”. Ce n’est pas dans mon bag

Picard a joué son hockey junior avec le Bleu-Blanc-Rouge et le Junior de Montréal. À l’âge de 14 ans, il avait cependant été invité par Maurice Filion à prendre part au camp des Remparts. Il aurait pu demeurer avec l’équipe, mais ses parents auraient dû déménager dans la Vieille Capitale.

Le défenseur fit une entrée remarquée chez les pros. Repêché en première ronde (3e) par les Capitals de Washington, il fut aussi un choix de quatrième ronde (38e) des Nordiques de l’AMH. Après s’être entendu avec les Capitals, il signa un contrat avec les Nordiques. Les Caps le menacèrent de poursuites. Picard, lui, affirma dans les médias qu’il aimerait mieux livrer de la pizza à Québec que de jouer à Washington. «J’étais certain que je n’avais pas signé de contrat avec les Capitals. J’étais jeune, j’ai commis une erreur. Et j’en ai fait d’autres dans ma carrière. Finalement, j’ai été obligé de retourner à Washington.

«Même si j’avais beaucoup de pression à mon arrivée avec les Caps, je ne pense pas avoir déçu personne pendant les trois saisons que j’ai passées avec l’équipe. Le côté bénéfique de ce que j’avais vécu, c’est que j’avais vieilli rapidement et que j’avais acquis beaucoup de maturité. Et j’ai été très désappointé de quitter Washington quand j’ai été échangé aux Maple Leafs.»

Picard ne joua qu’une demi-saison à Toronto. Il passa au Canadien où il connut des saisons difficiles. Il regarda une trentaine de matchs de la galerie de presse à sa première année. Par la suite, il fut incapable de s’imposer. Il fut troqué à Winnipeg en retour d’un choix de troisième ronde au repêchage de 1984 qui permit au Canadien de mettre la main sur Patrick Roy.

«Je me suis retrouvé avec les Jets. J’ai recommencé à jouer comme je savais le faire. Et j’ai aussi amélioré mon jeu défensif, ce qui m’a permis d’ajouter six, sept ans à ma carrière.»

Picard s’est ensuite retrouvé avec les Nordiques avec qui il évolua de 1985 à 1990. Après avoir vécu la pression de jouer à Montréal, il vécut celle d’évoluer à Québec. «Une pression différente. À Mont­réal, il fallait composer avec les succès passés de l’équipe et sa réputation. On avait la pression de gagner à Québec, mais tout était à construire et nous étions une formation en progression.»

Le défenseur quitta Québec en 1990 pour Detroit. Il se fractura la cheville en toute fin de campagne. Cette blessure sonna le glas à sa carrière. «J’ai pris part au camp d’entraînement l’année suivante, mais j’avais perdu de la vitesse. Et ça, ça ne pardonne pas. Mon nom a été placé au ballotage, aucune équipe ne m’a réclamé. J’ai rencontré le dg et j’ai décidé de prendre ma retraite. Il était temps de me concentrer sur ma famille.

Picard fait un bilan plus que positif de sa carrière. Et il en est très fier. «Je n’ai qu’un seul regret et c’est de ne pas avoir réussi à Montréal comme je l’avais fait ailleurs. J’étais un petit gars de Montréal jouant pour le Canadien. J’aurais aimé être à la hauteur des attentes qui étaient placées en moi.»

Réorganiser sa vie

À la retraite, Picard n’a pas mis beaucoup de temps à réorganiser sa vie. Il est demeuré dans la région de Detroit et il s’est inscrit à des cours de marketing et de gestion. Il a ensuite été engagé par Sunny’s Enterprise, une compagnie spécialisée dans la vente de lave-auto. Parallèlement, il a travaillé comme pompier volontaire. Mais ce qui lui a permis de bien faire la transition entre sa carrière de hockeyeur et la vie «normale», c’est d’avoir adapté son style de vie.

«Ma femme et moi, nous avons gardé la tête froide et les pieds sur terre afin de ne pas être trop extravagants dans nos dépenses, notre vie publique et tout ça. On a décidé de vivre avec un plateau moyen plutôt qu’avec un plateau non accessible. Ç’a rendu les choses plus faciles.»

Aujourd’hui, Picard habite en Floride où il a déménagé après avoir obtenu un poste de gérant de région pour Sunny’s, pour qui il travaille depuis 26 ans. Et s’il est très fier de sa carrière de hockeyeur, il l’est tout autant de sa carrière dans la vente où il est parti de zéro. Quant à sa passion pour le hockey, il avoue que celle-ci s’est un peu estompée avec les années. «Ça fait 10 ans que je n’ai pas chaussé les patins. Et je suis moins le hockey. Il n’y a qu’en séries éliminatoires que je regarde des matchs.»

Sports etc.

Audrey Robichaud: une retraite active

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Audrey Robichaud a une perception bien à elle de la retraite. Environ 20 mois après avoir tourné la page sur sa carrière de bosseuse dans l’équipe nationale de ski acrobatique, elle est aujourd’hui plus occupée qu’elle l’était quand elle s’entraînait à temps plein et compétitionnait aux quatre coins de la planète.

«On dirait que ça va plus vite qu’avant, lance Audrey en riant. Je suis encore passionnée de ski acrobatique et je ne reste pas trop loin de mon sport. J’essaie de m’impliquer le plus possible. Je suis entraîneure-chef de l’équipe du centre de ski Le Relais et je coache un peu les jeunes du programme sport-études. Je suis aussi sur le conseil d’administration de Ski acrobatique Canada où je représente les athlètes. Mais le sport m’a beaucoup donné; c’est pour moi une façon de redonner.

«Finalement, la seule chose dont je me suis éloignée, c’est de la compétition.»

La retraite du ski a aussi été synonyme de retour aux études pour Audrey qui s’est investie à temps plein dans l’obtention d’un bac en intervention sportive à l’Université Laval, études dans lesquelles elle a transféré l’énergie qu’elle mettait dans le ski. «Je suis passée de m’entraîner tous les jours à aller à l’école tous les jours. Même si c’est une expérience différente, à l’exception du côté physique, c’est pas mal la même intensité. Comme je suis vraiment occupée, je n’ai pas trop le temps de m’ennuyer.»

Le bon timing

C’est à la fin de la campagne 2018 qu’Audrey a tourné la page sur sa carrière. La Québécoise avoue cependant que, dans sa tête, ça faisait un petit bout de temps qu’elle avait pris sa retraite. Elle s’était dit dans les mois suivant les Jeux de Sotchi qu’une qualification pour les JO de PyeongChang pourrait être le dernier objectif qu’elle poursuivrait avant de quitter la compétition.

«J’aurais aimé skier à l’infini, pour le ski mais aussi parce que j’aimais m’entraîner, pour l’atmosphère et le fait d’être une athlète de haute performance. Mais toute bonne chose a une fin. J’avais l’impression que PyeongChang était l’endroit idéal pour bien boucler la boucle. Les Jeux, c’est la compétition la plus prestigieuse pour un athlète amateur. J’étais presque rendue à 30 ans et, même si mon corps allait bien, je savais que si je continuais à skier encore longtemps, ça aurait des répercussions dans ma vie. Je voulais aller à l’école, mon chum et moi on voulait avoir une famille, etc. Le timing était excellent.»

La décision de la Québécoise de prendre sa retraite a surpris bien des gens, à commencer par ses parents. Mais ils l’ont supportée, comme tous les gens de son entourage. Aujourd’hui, ce dont elle est le plus fière, c’est d’avoir surmonté les épreuves survenues au cours de sa carrière, de s’être battue et d’être allée au bout de ses rêves. «Ça m’a forgée en tant que personne. Tout ce que j’ai fait dans le sport, tous les hauts et les bas que j’ai eus ont fait ce que je suis aujourd’hui», lance Audrey, qui avoue avoir vécu beaucoup d’incertitude concernant son avenir à son retour de Sotchi. Un nouveau cycle de quatre ans lui semblait une éternité. Elle a pris les années une à la fois et rendue à la moitié de son cycle, elle s’est investie au maximum.

La bosseuse indique qu’elle avait poursuivi deux objectifs en se pointant à PyeongChang: se donner à fond une dernière fois et profiter au maximum de chaque moment.

«Ç’a été vraiment spécial. Mais même si j’étais un peu nostalgique, J’ai pris ces Jeux comme n’importe quelle grosse compétition. Ma vie ne s’arrêtait pas avec les JO. J’ai eu le cœur beaucoup plus gros aux Championnats canadiens à Jasper. Comme je savais que c’était ma dernière course, j’avais invité mes parents. Nous étions plusieurs athlètes à prendre notre retraite en même temps. On a passé beaucoup de temps tous ensemble. On a eu une belle reconnaissance. Ce fut de très beaux moments. Je vais me souvenir longtemps combien on était tissés serrés.»

Questionnée s’il lui était arrivé de remettre en question son choix de retraite, Audrey mentionne que s’il lui arrivait de se dire qu’elle avait une très belle vie en tant qu’athlète, sa «nouvelle» vie l’était tout autant même si elle est très différente. Parlant du genre de boulot qu’elle aimerait occuper une fois ses études à l’UL terminées, la Québécoise indique qu’elle souhaitait travailler dans une fédération sportive où elle pourrait mettre à profit ses connaissances et son expérience. Et dans ses rêves les plus fous, c’est avec la fédération de ski acrobatique qu’elle se retrouve.

«Je ne voudrais cependant pas trop m’éloigner du coaching. Mais comme je souhaite avoir une famille, ce n’est pas dans mes ambitions d’être entraîneure avec l’équipe nationale. Je ne dis pas non dans le long terme mais en ce moment, ce n’est pas quelque chose qui m’attire.»

Il y a quelques semaines, Audrey est passée à l’histoire du centre de ski Le Relais, qui a rebaptisé une piste en son nom. «C’est le plus grand honneur que je pouvais recevoir en tant que skieuse et athlète. C’est quelque chose qui a beaucoup de signification pour moi. Ça m’a fait chaud au cœur.»

Sports, etc

Vincent Labrie: coupure nécessaire

Le jour où il a pris sa retraite, Vincent Labrie a décidé de faire une coupure avec le monde du patin. Il désirait retrouver sa véritable identité et être apprécié pour ce qu’il était, non pas pour ses performances sur l’anneau de glace.

«Dans le milieu du patin, j’étais Vincent Labrie qui a fait des Coupes du monde et les Jeux olympiques de Turin, un milieu où tout le monde me donnait des tapes dans le dos, confie l’ex-athlète. C’est toujours le fun que des gens apprécient ce que tu as fait. Mais, pour moi, ce n’est pas la vraie vie. Quand j’ai fait la coupure, mon ego en a pris un petit coup. Mais je suis content de m’être donné cet électrochoc.

«Le patinage de vitesse me passionne encore autant. Je suis d’ailleurs assidûment les Coupes du monde et j’adore ça. Mais quand j’arrive au bureau, je suis Vincent Labrie, un employé comme n’importe quel autre. Et quand je côtoie les amis de ma blonde ou des gens qui ne m’ont pas connu comme patineur, c’est Vincent Labrie qu’ils apprécient. C’est ce que j’aime.»

Labrie a tourné la page sur sa carrière de patineur en 2011. L’année d’avant, il avait raté sa qualification pour les Jeux de Vancouver. «Une très grosse déception. Comme je n’avais pas eu la saison que je désirais, j’ai décidé de faire une année de plus pour voir ce dont j’étais capable. Après avoir terminé 12e aux Championnats du monde par distance, une performance dont j’étais satisfait, c’était clair que c’était le temps de tourner la page. J’en avais assez de l’incertitude financière de la vie d’athlète, de me dire que je n’avais pas le choix de me classer pour toutes les Coupes du monde afin de conserver mes subventions sans lesquelles j’aurais dû payer de ma poche toutes mes dépenses reliées au patin. Ce stress était rendu trop important. Je désirais compléter mes études et avoir une certaine stabilité.»

Même s’il avoue que sa carrière n’avait pas été celle qu’il aurait souhaitée, Labrie est quand même très satisfait et reconnaissant. Il a eu la chance et le privilège de prendre part à six années de Coupes du monde de même qu’aux JO. Questionné sur ce qui l’avait peut-être empêché d’atteindre ses objectifs ultimes, le natif de la Rive-Sud de Québec a parlé de quelques malchances, des blessures, de concours de circonstances et de mauvaises décisions.

«À la base, je suis quelqu’un de stressé. Plein de facteurs externes me dérangeaient. Et j’avais besoin que l’on se préoccupe davantage de moi que de mes performances. Je n’avais pas une confiance aveugle en mes moyens. Étant très analytique et très cartésien — je suis aujourd’hui planificateur financier —, je n’étais pas capable de me convaincre que je pouvais gagner s’il y avait tel et tel facteurs qui étaient là. Je n’avais pas la tête pour aller gagner des Coupes du monde.»

Outre toutes les belles expériences et les beaux voyages que le patinage de vitesse lui a permis de vivre. Labrie dit que ses plus beaux souvenirs sont ceux de sa gang de l’anneau de glace de Sainte-Foy qui était pour lui comme une famille.

La finance

Labrie ne le cache pas, les lendemains de retraite ont été difficiles. «J’ai eu un petit deuil à faire. Il y a un trip, une adrénaline qui n’étaient plus là dans la vie de tous les jours. Travailler dans un bureau, j’aime ça. Mais je n’y retrouve pas le sentiment de faire une course et d’essayer de performer. Et une fois que ta retraite est prise, il n’y a pas de revenez-y. Mais tranquillement, j’ai appris à faire autre chose, et à voir autre chose. Et je me suis habitué à vie un petit plus “normale”.»

C’est dans l’obtention de son bac en finance que Labrie a mis toutes ses énergies à la fin de sa carrière. Il a ensuite suivi son cours pour devenir planificateur financier. Questionné à ce qui l’a incité à choisir ce champ d’études, il explique que ses parents lui ont toujours donné une bonne éducation financière avant d’ajouter, en riant : «Je m’y étais inscrit parce que la faculté d’administration me permettait de suivre les cours à distance quand je patinais. Et c’est avec le temps que je me suis rendu compte que la fiscalité et la planification financière étaient des domaines qui m’intéressaient.»

Comme au temps où il patinait, Labrie se retrouve aujourd’hui dans un monde de performance. Mais comme au temps où il était athlète, cet aspect de sa profession n’est pas celui qui l’allume le plus.

«Moi, ce qui me branche, c’est le côté relations humaines, d’aider les gens. Je veux que mes clients soient satisfaits. S’ils sont heureux de mon travail, si je le suis et qu’au final, mon entreprise l’est, je vais être satisfait. Et Gestion financière MD est une entreprise qui se soucie énormément de ses clients.»

Adepte de hockey, Labrie ne cache pas que l’ouverture prochaine de l’anneau de glace intérieur pourrait l’inciter à chausser de nouveau de longues lames. Mais uniquement pour le plaisir de patiner et de revoir les membres de sa famille du patin.

«Le côté compétition [les maîtres] ne m’attire pas. Quand tu as goûté au plaisir d’être en forme et d’aller vite, ce n’est pas très plaisant de ne pas pouvoir te donner à fond. Je retirerais donc du plaisir à juste patiner. Et je n’ai plus besoin d’être compétitif comme je l’étais dans le temps. Au niveau de la finance, il y a de la compétition entre les entreprises, mais dans ma vie, j’ai appris à mettre la pédale douce.»

Sports, etc

Chantal Vallières: une vie en synchro

Il y a maintenant 41 ans que la nage synchronisée fait partie de la vie de Chantal Vallières. Après une carrière de 17 ans qui l’a menée jusqu’à l’équipe nationale, elle a poursuivi son association avec son sport en devenant entraîneure au club Québec Excellence Synchro, un poste qu’elle occupe depuis 24 ans. «Ça fait tout un bail, c’est presque mon âge», lance en riant l’ex-membre de l’équipe nationale.

«Même si ma vie dans la nage synchronisée aurait été possible, je ne crois pas j’aurais pu être complètement heureuse à faire autre chose. Après un certain temps, j’aurais senti qu’il me manquait quelque chose. La création, la performance et tout ce qui vient avec la compétition, c’est ancré en moi. Et je suis une personne qui s’attache aux gens. Quitter complètement le milieu aurait été pour moi très difficile.»

La Québécoise ne cache pas qu’à deux reprises dans sa longue carrière, des évènements l’avaient poussée à se remettre en question et qu’elle avait alors songé à abandonner la synchro. Chaque fois, des occasions se sont présentées et elles lui ont permis de vivre des expériences mémorables lui ayant fait retrouver toute sa motivation. Elle parle, par exemple, d’un travail de coach au Pérou.

Chantal avait sept ans quand elle a commencé à pratiquer la nage synchronisée. Jojo Carrier l’avait recrutée après avoir vu ses talents de nageuse. La jeune athlète, aussi artiste dans l’âme, a été comblée à tous les niveaux. Elle a connu du succès presque instantanément, ce qui lui a permis de gravir rapidement les échelons menant à la scène internationale.

C’est en 1995, juste avant la tenue de la sélection olympique pour les Jeux d’Atlanta qu’elle a ratée par quelques centièmes de seconde, que la Québécoise a décidé de prendre sa retraite. Aux prises avec des problèmes de contraction musculaire qui l’obligeaient à prendre des relaxants afin de pouvoir nager, elle devait aussi composer avec les retours sur la formation nationale de cinq nageuses, dont les jumelles Penny et Vicky Vilagos, et de Sylvie Fréchette.

«Leur présence me rendait la vie un peu plus difficile. Et mon corps commençait à me dire qu’il était fatigué. C’était de plus en plus dur de m’entraîner. Après neuf ans avec l’équipe nationale, j’étais prête à me retirer.

«Aujourd’hui, je garde de très bons souvenirs de ma carrière, comme ma participation au championnat du monde en Italie (1994) ou au premier championnat du monde junior disputé à Cali, en Colombie (1989). Elle m’a donné des outils de travail que j’utilise encore, des apprentissages incroyables, le goût des langues et des voyages, la motivation à performer et à me dépasser et des rencontres merveilleuses. C’est certain, j’ai aussi vécu des périodes plus difficiles, comme des blessures. Mais ça, ça fait partie de la vie de tous les athlètes.»

Le coaching

Décidée à découvrir Montréal où elle était déménagée afin de s’entraîner avec l’équipe nationale, Chantal n’avait pas envisagé faire carrière dans le coaching lorsqu’elle a pris sa retraite. Un coup de fil de Jojo Carrier, qui se cherchait des entraîneures pour un camp estival de synchro, allait cependant changer son destin.

«J’ai tout de suite eu beaucoup de facilité à m’occuper des filles. Je savais que j’avais beaucoup de connaissances à leur transmettre et de la facilité pour approcher les gens. Mais j’ignorais que je serais aussi à l’aise au niveau de l’enseignement. Je n’avais pas de problème à décortiquer ce que j’avais dans la tête pour faire comprendre mon sport et à le verbaliser et à le transmettre. Et j’ai tout de suite adoré travailler avec les jeunes. À la fin de l’été, Jojo m’a offert de coacher toute l’année avec elle. J’ai donc laissé mon appartement à Montréal et je suis revenue à Québec.

«J’étais chanceuse, j’avais Jojo, la meilleure personne à mes côtés pour devenir une bonne entraîneure. Jamais je n’ai senti que j’avais de la pression. Au contraire, elle m’a toujours valorisée et donné confiance. Et ce qui m’a rassurée aussi, c’est que mes athlètes ont obtenu des réussites assez vite.»

Responsable des meilleurs espoirs pendant plusieurs années et coach national pendant cinq ans, Chantal en est venue à la conclusion qu’elle n’avait plus besoin de la pression qui venait avec son travail ni de se prouver. Parallèlement, les nombreux voyages devenaient de plus en plus éreintants. Elle a donc choisi d’être l’entraîneure des jeunes qui font leur entrée dans le programme sport-art-études de son club.

«Les petite filles sont là pour performer mais la première raison pour laquelle elles sont là, c’est parce qu’elles aiment ça. J’ai retrouvé le plaisir pur d’enseigner. Contrairement aux athlètes de haut niveau qui sont très outillées, elles ont tout à apprendre. C’est tout un challenge qui est cependant beaucoup agréable au stade de vie où je suis rendue. Pour moi, ralentir, c’est un peu ça.

«J’aime toujours autant la synchro parce que c’est un sport complet. Je ne serais pas comblée s’il y avait juste le volet natation. J’ai besoin de créer. Et en synchro, il y a la partie création des maillots, des routines, etc. Je suis vraiment privilégiée d’être dans un tel milieu et de pouvoir y gagner ma vie.»

Sports, etc

Éric Maranda: la plus grande victoire

Le jour où il a décidé de se joindre au Rouge et Or, Éric Maranda l’a fait pour une raison bien précise : gagner la Coupe Vanier, un exploit qu’il a réalisé en 2003, en 2004 et en 2006. Aujourd’hui, pourtant, sa plus grande fierté n’est pas d’avoir savouré la conquête de trois titres nationaux. C’est d’avoir poursuivi avec succès ses études.

«C’est ma plus grande victoire», confie le natif de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce. «Surtout que je n’ai pas eu un cheminement scolaire typique. Ç’a très bien fini, mais ça n’a pas tout le temps été beau. Quand je suis rentré à Laval, j’étais tout croche. C’était clair que les études, ce n’était pas ce que je préférais. J’étais inscrit en intervention sportive et, après deux sessions, je me suis fait mettre à la porte du programme.

«J’ai dû me prendre en main. J’ai travaillé fort. J’ai étudié en agronomie mais pour pouvoir le faire, j’ai dû obtenir mes cours de mathématique et de chimie de secondaire cinq, puis que je fasse mes sciences pures au cégep parallèlement à mon bac. Par la suite, j’ai étudié en finances. À la fin de mes études, le gars qui s’était inscrit à l’université en intervention sportive avec un DEC en sciences humaines sans mathématiques et qui avait été renvoyé de son programme recevait des bourses d’études pour ses résultats scolaires. Et aujourd’hui, j’ai deux bacs et deux maîtrises. Il y a tout un cheminement qui a été fait.»

L’ex-footballeur explique que c’est une rencontre avec son directeur de programme qui a changé sa destinée. Celui-ci lui a dit, après avoir analysé son dossier scolaire : «M. Maranda, les études universitaires, ce n’est peut-être pas fait pour vous.» Une remarque qui a fouetté le Beauceron qui y a vu une remise en question sur ses facultés intellectuelles.

«C’est peut-être le coup de pied dans le derrière dont j’avais besoin. Je me suis demandé ce que je ferais dans la vie une fois ma carrière de footballeur terminée. Je m’étais rendu à l’université, c’était à moi d’en profiter. Je ne sais pas si c’est mon orgueil qui ma guidé, mais c’est certain que ce que le directeur m’a dit m’a motivé. Et j’y repense souvent quand je regarde où je suis rendu.»

Trois Coupes Vanier

Il n’y a pas que sur les bancs d’école que Maranda a brillé de tous ses feux. Il l’a fait aussi sur le terrain de football. Il a d’ailleurs été élu dans l’équipe des meilleurs joueurs des 25 premières années de l’histoire de la formation lavalloise. Une nomination qui l’a flatté.

«J’ai été ému quand j’ai appris ma sélection comme secondeur. Mais c’est tellement crève-cœur pour les autres gars qui méritaient autant que moi d’être choisis. J’ai toujours été un gars d’équipe, je n’ai jamais recherché les honneurs individuels. Ce qui me rend le plus fier, ce sont nos trois Coupes Vanier, d’y avoir contribué et d’avoir été un leader en tant que capitaine pendant trois saisons», lance le footballeur, qui devait poursuivre sa carrière universitaire à Tulsa University où il avait gagné une bourse d’études avant qu’un changement d’entraîneur mette fin à ses ambitions de jouer aux États-Unis. Il avait alors choisi d’évoluer pour le Rouge et Or, l’organisation qui avait les meilleures chances selon lui de décrocher les grands honneurs, mais aussi pour les valeurs de son coach Glen Constantin, des valeurs qui étaient les siennes.

Parlant de ses trois conquêtes de la Coupe Vanier, Maranda a avoué que c’était peut-être celle de 2006, la troisième, qui était la plus mémorable. «À cause de toute l’adversité. Il faisait - 30 degrés. Il n’y avait pas de chauffage dans le vestiaire. Il y avait la foule hostile de la Saskatchewan. Et les Huskies avaient toute une équipe. Ce fut un des matchs les plus physiques et toughs que j’ai joués.»

Sa carrière universitaire terminée, Maranda a frappé aux portes de la Ligue canadienne de football avec les Argonauts, puis les Alouettes. Chaque fois, une blessure est venue saboter ses chances de jouer pro. «Je pense que j’avais ce qu’il fallait pour évoluer à ce niveau. Si ça n’avait pas été des blessures, je pense que j’aurais pu y arriver.»

Investi dans le football presque à temps plein, Maranda a trouvé difficile la transition entre sa vie d’athlète et sa vie «normale». Comme il avait davantage de temps pour lui, il en a profité pour se lancer corps et âme dans ses études. Par la suite, il a mené de front des études et sa carrière professionnelle. «Encore aujourd’hui, je me garde très occupé. Je ne sais pas si c’est à cause du football, mais je suis setté au quart de tour. Et avec trois enfants, on est toujours occupé. Ma vie, je ne l’ai pas changée à cause de mes enfants, je l’ai adaptée. «Je dirais que ce qui me manque le plus du football, c’est l’esprit d’équipe, tout le monde qui se mobilise et qui pousse dans la même direction pour un but commun et qui fait passer le club avant lui. Dans le milieu du travail en général, les gens font parfois passer leurs objectifs personnels au profit du bien collectif.

«Je mentirais donc si je disais que ça ne me grafigne pas de me réimpliquer dans le football. Quand? Je ne le sais pas. J’ai été pas mal occupé ces dernières années. Je n’aurais pas été capable de coacher à 50 %. Quand je vais le faire, ça va être à 100 %.»

Sports, etc

Sébastien Turgeon: une nouvelle renommée

Installé dans la région de Mont-Tremblant depuis presque un quart de siècle, Sébastien Turgeon y est une figure aussi connue qu’il l’était au Relais et au mont Sainte-Anne du temps où il portait les couleurs de l’équipe du Québec de ski alpin et qu’il brûlait les pistes grâce à ses performances. Aujourd’hui, cependant, ce n’est plus le skieur que l’on reconnaît. L’athlète a été éclipsé par l’homme d’affaires prospère qu’il est devenu.

«Ce n’est pas toutes les personnes que je croise qui savent que j’ai atteint un certain niveau dans le monde du ski, confie l’ex-athlète. Et certains sont très surpris quand ils l’apprennent. Si je suis très connu à Tremblant, c’est à cause de mon travail de courtier immobilier et de mon implication dans le bar Le P'tit Caribou où, à une époque, j’étais là sept jours sur sept.

«C’est drôle parce plus jeune, j’étais le frère de Mélanie. Quand elle s’est installée à Tremblant après sa retraite, ça faisait déjà quelques années que j’y étais. Et tout le monde me connaissait. Et elle se faisait demander si elle était ma sœur. Encore aujourd’hui, à Tremblant, Mélanie, c’est la sœur à Sébastien [rires]! Et même si ma carrière de skieur tombe de plus en plus dans l’oubli, je n’ai pas de regrets car c’est elle qui m’a permis de devenir la personne que je suis.»

C’est à la fin de l’année 1995 que Turgeon, à l’invitation de son ami Robert Séguin qui lui offrait un emploi dans sa boutique d’équipements de ski, s’est installé à Tremblant. Informé que le bar Le P'tit Caribou avait besoin d’une personne afin de prendre charge des affaires de l’établissement, il a proposé ses services. Quelques mois plus tard, il en devenait copropriétaire.

«Je me suis beaucoup impliqué. Les chiffres d’affaires ont augmenté. Le P'tit Caribou, c’est une institution à Tremblant. Au fil des années, on a été nommé le bar après-ski par excellence en Amérique du Nord à plusieurs reprises. Forbes Magazine nous a cotés quatrième meilleur bar après-ski, etc. En 2015, après une restructuration, nous sommes restés trois copropriétaires. On en a profité pour revamper le bar.»

Parallèlement, Turgeon a obtenu sa licence de courtier immobilier en 2010 où il a profité de la notoriété qu’il avait acquise au P'tit Caribou. «Comme les gens me connaissaient, plusieurs n’ont pas hésité à me faire confiance. Ils m’ont aidé et ils ont travaillé avec moi.»

Recrue de l’année au Québec chez Royal Lepage, Turgeon n’a jamais cessé de s’imposer depuis. Dernièrement, il a quitté Royal Lepage et s’est s’associé avec les Versants mont Tremblant.

«Une entreprise familiale. On a une belle petite équipe. Et l’économie est bonne à Tremblant. Ça va vraiment très bien. Même si je suis toujours copropriétaire du P'tit Caribou, ma job principale, c’est celle de courtier. Ce n’est pas moi qui gère le bar. Je me contente d’aller y faire un tour avec des amis ou des clients.»

Belles récompenses

Dominant au niveau provincial et promis à un bel avenir, Sébastien n’aura jamais réalisé son rêve de faire l’équipe nationale. Victime de blessures sérieuses qui ont ralenti sa progression, il a dû se résigner à demeurer dans l’équipe du Québec qu’il a quittée dans les années 90.

«Au début, j’ai ressenti beaucoup de frustration. Quand tu es un athlète, tu veux toujours performer et accéder à un plus haut niveau. Mais avec le recul, j’ai accepté ce qui m’était arrivé. L’équipe nationale, c’est une business dans un sens. Elle ne pouvait pas prendre un athlète qui avait de bons résultats, mais qui était hypothéqué au niveau de sa santé comme je l’étais à cause de toutes les blessures que j’avais eues. Des blessures faisant en sorte que les skieurs sur l’équipe avaient une coche de plus que moi.

«Il fallait que je regarde la réalité en face. Skier, ça coûtait très cher. Et ce n’était pas facile financièrement pour mon père. J’avais moins de plaisir. Le temps état venu de passer à autre chose.»

Le ski ne fut pas que cruel pour Turgeon. Il lui a permis, même à la retraite, de vivre des expériences inoubliables. Trois fois il a eu l’occasion d’aller au Japon toutes dépenses payées où il a travaillé notamment sur les pistes comme bénévole lors des Jeux olympiques de Nagano où il fut aux premières loges des courses de Mélanie. Et deux fois il a représenté le Canada à des compétitions en Corée.

Les années ont passé et Turgeon a toujours autant de plaisir sur ses planches, même s’il choisit ses journées pour skier. Pas question d’aller dans les pentes quand il fait -20 oC ou quand c’est trop venteux.

«Quand je sais que mes skis sont bien aiguisés et bien cirés et que je suis dans une piste qui me donne du challenge, je vais faire des virages de géant ou de super géant à haute vitesse et je vais m’amuser à me faire peur. Et c’est agréable. Et quand j’ai la chance d’aller en Europe avec des amis, on demande au guide de nous emmener en hors piste.

«Skier, pour moi, c’est cependant plus qu’un sport. Quand j’attends en ligne pour prendre la remontée, c’est aussi une occasion exceptionnelle de faire des relations publiques pour Le P'tit Caribou ou l’immobilier. C’est génial.»

Sports, etc

Vincent Pelletier: une décision audacieuse

Juriste au ministère de la Justice, Vincent Pelletier a pris une décision audacieuse quand, à l’aube de la trentaine, il a décidé d’abandonner sa carrière pour se consacrer à l’escrime à temps plein dans le but de se qualifier pour les Jeux olympiques. Même si c’est en vain qu’il a poursuivi son rêve pendant une dizaine d’années, il n’a jamais regretté sa décision.

«Plus jeune, même si j’adorais l’escrime, c’est sur mes études que je mettais mon focus», indique l’épéiste. «J’ai complété mon bac en trois ans puis j’ai fait mon barreau. Par la suite, je me suis concentré sur le début de ma carrière professionnelle. Malgré tout, j’ai continué à m’améliorer tranquillement et à avoir des résultats pas pires. C’est ce qui m’a fait songer à abandonner ma carrière de juriste pour me consacrer à l’escrime. Je me suis demandé quel pourrait être mon plus grand regret à l’âge de 50 ans. Celui de ne pas avoir essayé d’aller aux Jeux ou celui d’avoir quitté mon emploi pendant quelques années. Et mon choix a été facile à faire. À 50 ans, tu peux toujours être un excellent avocat mais tu ne peux plus être un bon escrimeur.

«Je n’ai pas réalisé mon rêve mais je n’ai aucun regret. Mon but était de repousser mes limites et pour voir jusqu’où je pouvais me rendre. Et je crois que je l’ai fait parce que mon corps m’a lâché à deux reprises. C’est un indice que je travaillais très fort, que j’étais sérieux à l’entraînement et en dehors et que je faisais tout ce que je devais faire et tout ce que les entraîneurs me disaient de faire pour progresser. Je suis vraiment allé au bout de mes limites et je vais toujours être heureux de l’avoir fait. Si c’était à recommencer, je reprendrais la même décision.»

C’est en 2009 que Pelletier a mis de côté sa carrière au ministère de la Justice afin de s’entraîner à temps plein. Son objectif : se classer pour les JO de Londres (2012). Et ses chances d’y aller pour l’épreuve en équipe étaient très bonnes. Malheureusement, le CIO abandonna la présentation de la discipline au profit au sabre féminin. Et, comble de malheur, juste avant les Championnats du monde, le Québécois dû combattre une mononucléose. Affaibli, il a raté sa qualification pour l’épreuve individuelle.

Pelletier obtint ensuite en 2013 ses meilleurs résultats en carrière sur la scène internationale. Il a terminé dans le top 8 des Championnats du monde et a gagné une médaille à la Coupe du monde de Bernes. Motivé, il a augmenté la cadence à l’entraînement l’été suivant. Il a été victime de surentraînement. Il a obtenu quand même de bons résultats en équipe mais le Canada a saboté ses chances de se qualifier pour les JO de 2016 à Rio en étant incapable de faire un top 4 lors des championnats panaméricains.

«Par la suite, j’ai été un peu in and out sur l’équipe nationale. J’avais encore beaucoup de plaisir à faire de l’escrime mais j’étais un peu moins motivé à m’entraîner intensément. Au niveau individuel, j’ai fait une couple de coupes du monde dans le but de me qualifier pour les JO de 2016. Je trouvais que ça valait la peine d’essayer même si je vieillissais. Et je suis passé très proche d’y arriver.»

De retour comme juriste

Ayant abandonné son rêve olympique il y a quelques mois, Pelletier ambitionne de retourner à ses anciennes amours et de travailler comme juriste au gouvernement. Lors de son passage au ministère de la Justice, il avait notamment travaillé sur l’élaboration du nouveau code des procédures civiles, un projet adopté par l’Assemblée nationale quelques années après son départ du gouvernement. Il a aussi œuvré sur le dossier de la rémunération des juges de la Cour du Québec dans les cours municipales et sur un projet visant à limiter les poursuites abusives.

«J’aimerais retourner au gouvernement parce que j’aime le travail que j’y faisais et parce que c’est là que je me sens le plus à l’aise. Mon travail n’est peut-être pas très visible que celui que je pourrais faire en tant qu’avocat, mais quand tu es dans le milieu, tu sais que les projets sur lesquels tu travailles touchent énormément de gens et qu’ils ont un impact dans la société. Je trouve ça super important. Et c’est très valorisant.»

Toujours passionné d’escrime, Pelletier continue à s’entraîner et à prendre part à des compétitions. Il a cependant limité ses sorties aux circuits provincial et national. Officiel national, il est aussi entraîneur au club Estoc où il fait profiter de son expérience les athlètes de haut niveau, un travail qu’il adore, et coordonne le groupe d’entraînement dans la région de Québec en préparation physique.

Pelletier indique que ses objectifs comme athlète sont maintenant différents. «Gagner facilement, je trouve ça super platte. Je préfère perdre dans le top 4 un match serré où j’ai eu du plaisir. Si j’ai eu une bonne journée et que j’ai tiré comme j’en suis capable, j’aurai eu une bonne compétition, peu importe mon classement final.

«J’ai cependant encore un objectif à long terme, soit les Championnats du monde des Masters. Comme c’est chez les 50 ans et +, ça ne sera pas avant une couple d’années parce je viens de rentrer dans la catégorie Vétérans (40 ans et +]. Pour moi, c’est un défi intéressant. Il faut juste que ça le reste pendant encore une dizaine années.»

Sports, etc

Jean-Louis Létourneau: entraîneur un jour...

Il y a maintenant trois ans que Jean-Louis Létourneau a mis fin à toutes ses implications dans le hockey organisé. Mais même à la retraite, il continue à fréquenter assidûment les arénas de la région de Québec. Quand on est entraîneur un jour, on est entraîneur toujours, insiste Létourneau.

«Le hockey a été une passion et ça l’est encore», explique l’ex-entraîneur des Gouverneurs de Sainte-Foy dans les années 80. «J’aime ça du bon hockey. Quand j’ai été intronisé au Temple de la renommée du hockey midget AAA, on m’a donné un laissez-passer pour assister aux matchs à l’année. Alors je m’en sers à l’occasion pour aller voir le Blizzard. Ce que j’aime aussi, c’est que j’y rencontre des gars que j’ai coachés comme Joé Juneau ou Yves Racine.

«J’aime également suivre mes trois petits-fils. Ça arrive même que j’aille les voir jouer à l’extérieur. Mais peu importe où je suis, je ne suis pas dans le peloton avec les autres parents. Je préfère rester isolé. Et je ne fais jamais, jamais d’intervention auprès des jeunes. Je ne vais pas les voir après les matchs et je ne suis pas là pour qu’ils viennent me voir non plus. S’ils me posent des questions, je vais répondre, mais sans jamais dire : tu aurais dû faire ça, ça ou ça. Moi, l’ingérence... J’ai assez vu des parents en faire. Il n’y a pas un coach qui va avoir de la misère avec moi.»

Longue carrière

Enseignant en éducation physique de formation, Létourneau a commencé à coacher alors qu’il était étudiant à l’Université de Moncton. Il avait répondu à l’appel de Jean Perron qui était à la recherche de jeunes pour travailler avec lui sur la glace. Il a ensuite dirigé une équipe midget B de Moncton avant de revenir travailler avec Perron chez les Aigles Bleus. À son retour dans la région de Québec, Létourneau est devenu adjoint de Bob Chevalier dans le midget AA. C’est par la suite qu’il s’est retrouvé à la tête des Gouverneurs midget AAA qu’il a dirigés pendant 10 saisons (1982 à 1992) et avec qui il a conservé un dossier de 229 gains, 160 défaites et 22 nulles. Il a mené son équipe à quatre participations à la Coupe Air Canada où il a remporté deux médailles d’argent et une de bronze. À son palmarès s’ajoutent des médailles d’or et de bronze comme coach de l’équipe du Québec lors de la Coupe Québec qui réunissait les meilleurs joueurs de moins de 17 ans au monde.

«Ce que j’ai aimé de Bob Chevalier, c’est qu’il n’est jamais intervenu sur quoi que ce soit sur le plan hockey. Et mon groupe d’adjoints est demeuré le même. Fred Dixon est devenu un ami personnel. Il vient souper chez moi ou je vais chez lui une couple de fois par mois. Et je vois Simon Robitaille. On a travaillé à une époque où nous n’avions pas les facilités des entraîneurs d’aujourd’hui. On n’avait pas d’ordinateurs pour monter nos drills. Nous, on les bâtissait nous-mêmes à la mitaine.»

À quelques reprises au cours de sa carrière, Létourneau a été au centre de rumeurs qui l’ont envoyé diriger une équipe de la LHJMQ. C’est avec les Saguenéens de Chicoutimi qu’il est passé le plus près d’entrer au junior majeur. Mais la vente de sa maison, le déménagement de sa femme et de ses enfants, l’insécurité liée au travail de coach et le salaire qu’on lui offrait le faisaient hésiter.

«La commission scolaire m’avait accordé une année sans solde. Il fallait que je fasse un choix. Et j’ai manqué de guts. Mais je n’ai jamais eu de regrets parce que j’ai connu une carrière extraordinaire en éducation physique. J’ai eu du plaisir à faire ça. Et je savais que le hockey ne me lâcherait pas. Le destin m’a pas emmené là où je suis et je ne le regrette pas du tout.»

Létourneau est demeuré impliqué dans les sphères du hockey jusqu’à l’âge de 68 ans. Il était alors conseiller technique des équipes bantam du Blizzard du Séminaire Saint-François.

«Mon approche était surtout avec les coachs. La qualité des entraîneurs étant très bonne. Je  n’étais pas là pour lui dire quoi faire. J’aimais jaser et échanger sur ce que j’avais vu dans les matchs, sur ce que je voyais des jeunes. Comme je disais aux entraîneurs : “Je ne changerai pas votre game, mais si vous voulez prendre ce que j’ai comme expérience, prenez-le.” Et les gars me recevaient très bien. À la fin cependant, j’avais moins d’intérêt. À cause de mes petits-fils qui poussaient, mais aussi parce que mon épouse et moi on a commencé à passer plus de temps en Floride l’hiver.»

Appelé à faire un bilan de toutes ses années passées dans le monde du hockey, Létourneau a d’abord insisté pour dire comment il avait été chanceux de pouvoir compter sur une compagne qui comprenait sa passion et qui l’avait même partagée. Il a ensuite expliqué que si, à ses belles années, l’important pour lui était de gagner, d’aller le plus loin possible et de soulever des trophées, aujourd’hui, ce n’est pas des succès de ses équipes dont il est le plus fier.

«C’est de me promener sur la rue et de voir un gars venir me donner la main parce que je l’ai jadis coaché. Ne plus être impliqué dans le hockey, mais d’y avoir gardé plein d’amis, c’est le plus beau trophée que je ne peux pas avoir. Ça bat n’importe quel autre.»

Sports, etc

Jessy Gagné: un divorce impossible

Il y aura bientôt 18 ans que Jessy Gagné a accroché ses crampons, le petit porteur de ballon rapide et explosif ayant disputé son dernier match avec le Rouge et Or en 2001. Mais la fin de sa carrière de joueur ne l’a pas éloigné du terrain pour autant. Divorcer du football était impossible.

«La conquête de la Coupe Vanier en 1999 a eu un impact incroyable dans ma vie», explique le Beauceron d’origine. «En 2002, à quelques semaines de la fin de mon bac, le téléphone a commencé à sonner. Je ne sais pas combien d’appels j’ai reçus venant de personnes qui m’offraient des postes de coach de football. Et ce qui revenait tout le temps dans leurs discours c’était : “Tu sors du Rouge et Or et tu as gagné la première Coupe Vanier”. Je leur répondais tout le temps que ça ne faisait pas de moi un meilleur joueur ou un meilleur entraîneur.

«Mais j’avais de l’intérêt pour prendre en charge un programme de football et j’avais le goût de m’impliquer auprès des jeunes afin de leur transmettre ce que la conquête de la Coupe Vanier, mais aussi tout ce qui nous avait permis de nous rendre là et le fait d’avoir fait partie d’un programme d’excellence m’avaient apporté. C’était tout simplement impossible pour moi de tourner la page sur le football. Il aurait manqué quelque chose dans ma vie. Si je n’avais pas été approché pour coacher, j’aurais appelé dans les écoles pour offrir mes services.»

Gagné a d’abord mis le cap sur l’école secondaire Veilleux de Saint-Joseph ou Martin Goulet, son ex-entraîneur, lui avait trouvé une tâche d’enseignant. Par la suite, il est allé à l’école Benoît-Vachon où en plus d’enseigner, il a pris les jeunes de niveau benjamin du programme de l’Embâcle et à sa demande, il les ensuite dirigés chez les cadets et les juvéniles. En 2008, il a vu ses joueurs remporter le Bol d’Or. Il est ensuite allé à Saint-Prosper où il avait eu une permanence. Mais peu de temps après, il a eu l’opportunité d’enseigner à l’Externat Saint-Jean-Berchmans à Québec. Responsable du programme de football, il s’est aussi vu confier les rênes de celui du voisin immédiat, le Séminaire des Pères Maristes.

«J’ai eu carte blanche à Saint-Jean-Berchmans, où j’ai pu adapter un programme de football sans contact à partir de la maternelle et j’ai eu carte blanche aux Pères Maristes. C’est moi qui suis le gestionnaire et c’est moi qui administre. Je devais faire un choix et je l’ai fait pour moi et pour ma famille. Je voyais mes enfants étudier à Saint-Jean-Berchmans. C’est une très bonne école.»

Gagné est formel : c’est grâce au football qu’il a pu bâtir la vie dont il profite aujourd’hui. Et il est très reconnaissant envers Martin Goulet et l’équipe de coachs du cégep Beauce-Appalaches pour l’avoir bien guidé.

«Quand on pense à ma carrière, on pense tout de suite au Rouge et Or. Mais avait d’atteindre le sommet de la pyramide, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur des gens qui ont eu un impact au niveau sportif, mais aussi académique. Des gens qui m’ont encouragé et donné les moyens de réussir dans mes études. Si ça n’était pas du football et de l’encadrement, de la ligne directrice et de l’éthique de travail qu’il m’a donnés, je ne serais pas où je suis.

«C’est un peu ça que je veux faire aujourd’hui. Il arrive que l’on sente qu’un jeune est sur le point de nous échapper. Avec l’équipe, on l’encadre et on lui donne des raisons de s’accrocher avec le football.»

Tourner la page

Vivant presque pour se retrouver de semaine en semaine dans le feu de l’action et habitué à faire la manchette, Gagné ne cache pas que les conséquences de la retraite l’avaient frappé de plein fouet. Il se souvient qu’à son premier match du Rouge et Or en tant que spectateur, il at dû composer avec beaucoup d’émotion. «Le fait de m’investir dans le programme des Pères Maristes m’a aidé à guérir le bobo.

«Pour ce qui est de la couverture des médias, un moment donné tu finis par te dire que tu dois tourner la page. Avec le recul, tu prends conscience de tout ce que le football t’a apporté et tu réalises que, tes coéquipiers qui t’ont protégé et qui t’ont ouvert le chemin, des gars qui ont sué plus que toi et qui ont eu pas mal plus de bleus et de douleur, n’ont jamais eu de reconnaissance dans les journaux, n’ont jamais fait parler d’eux et n’ont jamais eu leur photo parce que c’est sur moi que les projecteurs étaient braqués.»

Aujourd’hui, Gagné dit profiter d’une reconnaissance qui est aussi satisfaisante même si elle est différente. «C’est quand je vois Alexandre Gagnon, un gars que j’ai dirigé, évoluer avec le Rouge et Or ou quand d’ex-joueurs viennent me voir et me dire qu’ils m’ont apprécié et qu’ils ont apprécié ma philosophie», conclut Gagné qui est retourné à l’université pour obtenir un diplôme d’études supérieures qui lui permettrait d’occuper un poste de gestion.

«À ce niveau, j’ai eu un bon mentor, André Gosselin qui était un directeur et qui sortait sur le terrain. J’aimerais faire ça aussi. Peu importe le poste que j’occuperai, il y a des fortes chances qu’à 98 % que je sois encore sur un terrain de football pour bien des années.»

Sports, etc

Christelle Paré hors des sentiers battus

Christelle Paré n’a jamais été de celles qui se contentent de suivre les sentiers battus.

«Il y a toujours eu chez moi une certaine faim, une curiosité, un besoin de me dire “oui c’est cool, mais encore!”» avoue l’athlète passionnée de rugby et de volleyball qui après l’obtention de son bac, a fait une maîtrise et deux doctorats. «Ainsi, j’aurais pu me contenter de jouer au rugby civil. Mais j’ai vu qu’il y avait une possibilité de relever autre défi. Je me suis dit : «allons-y». Et ce fut la même chose dans mes études. Après ma maîtrise, j’ai senti qu’il y avait des trous à remplir au niveau de la connaissance dans l’industrie de l’humour — qui est partout, mais dont on ne connaît que très peu de choses —  et que j’avais peut-être le pouvoir et assurément l’intérêt de le faire.

«En quelque part, j’ai un contribué mes trajectoires sportive et professionnelle. J’ai toujours eu comme philosophie que j’avais ma place en quelque part et que si cette place n’existait pas, je devais la créer.»

Cette philosophie, Christelle l’a appliquée deux fois plutôt qu’une au niveau sportif. Elle a d’abord été de celles ayant travaillé à mettre en place les fondations de l’équipe de rugby féminin du Rouge et Or avec Sophie Robitaille.

«C’est certain que Bill (McNeil) a fait beaucoup pour la naissance du programme. Mais j’aime dire que j’ai été une des pièces du puzzle. Nous sommes plusieurs à y avoir cru. Et ma plus grande fierté aujourd’hui, c’est de voir des filles de la région de Québec jouer à la Coupe du monde ou aux Jeux olympiques. Je me dis que l’on a mis Québec sur la map.»

Quelques années plus tard, elle a récidivé en travaillant à la création d’un programme de rugby féminin chez le Carabins. Au niveau professionnel, elle est devenue une spécialiste en science de l’humour. Chargée de cours à l’université d’Ottawa, elle est aussi directrice recherche et analyse pour le groupe Juste pour rire-Just for Laughs.

Rien à moitié

Christelle n’a jamais fait les choses à moitié. Alors qu’elle étudiait à l’Université Laval, elle a joué pour les équipes de volleyball et de rugby du Rouge et Or. Mais pourquoi mener deux carrières sportives de front?

«J’aimais le volley et le rugby, et j’étais convaincue que je pouvais faire les deux. C’était deux sports qui me complétaient et que je pratiquais pour des raisons différentes. En volley, je n’ai jamais été une étoile. Et j’ai toujours été avec un groupe très fort. Mais ça ne me dérangeait pas d’être sur le banc. Gagner le championnat canadien a été le fait marquant de ma carrière, un des moments les plus émotifs de ma vie. D’avoir fait partie de cette équipe-là, de ne pas avoir abandonné et de m’être rendue jusqu’au bout en étant très appréciée de mes coéquipières, il n’y avait pas de plus belle récompense. Si j’avais été sur le jeu, j’aurais pas été aussi heureuse.

«En rugby, j’étais un peu comme Obélix. J’ai l’impression que je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite. Quand j’ai commencé à y jouer, c’est une des rares fois que j’ai pu dire que j’avais comme un talent naturel. Et ça été assez facile de me développer, d’être sur le terrain et d’avoir un rôle de leader.»

Christelle se sent privilégiée. Peu d’athlètes ont pu pratiquer deux sports SIC et encore moins ont pu savourer des titres provinciaux dans chaque discipline et un championnat canadien (volley).

«J’ai eu la chance incroyable de rencontrer des êtres humains fantastiques. Tant en volley qu’en rugby, j’ai eu des coéquipières de qui je suis encore très proche. Je suis tellement riche de tous les apprentissages que j’ai faits, de toutes les expériences que j’ai vécues.»

Du sérieux

Pour Christelle, l’humour c’est du sérieux. Détentrice d’un doctorat sur l’industrie de l’humour, elle travaille pour Juste pour rire-Just for Laughs où elle fait de la recherche et du développement. Son mandat est de creuser les grands enjeux de l’industrie de l’humour. Elle doit donc déployer ses antennes à l’international afin de voir comment se dessinent les tendances. Son rôle consiste aussi à aider les gens de l’industrie à comprendre les problématiques qui se dessinent, à faire des ponts entre la recherche et l’industrie et à partage de connaissances aussi. 

«Mon premier bébé a été le JPR Pro (Juste pour rire Pro), le petit frère du Comedy Pro, une journée dédiée à 100 % à l’industrie francophone de l’humour, à ses enjeux, à ses forces et faiblesses, ainsi qu’à son avenir, présenté en juillet.»

Même si elle est très occupée par son travail, Christelle prend le temps d’être active. Elle avoue cependant que rien ne lui apporte autant d’adrénaline que ne le faisaient le rugby ou le volley. «Je suis revenue à une des passions quand j’étais petite, soit la danse. Je suis avec Team Mom, une troupe composée de mamans comme moi.

«Quant au besoin de me donner pour une équipe, pour quelque chose de plus grand, je l’ai transféré dans mon milieu de travail. C’est une des raisons pour lesquelles je suis aussi heureuse d’être chez Juste pour rire, un milieu collaboratif et créatif où je retrouve ce qui m’animait en volley et en rugby. Je suis extrêmement gâtée.»

Sports, etc

Une suite logique pour Hugues Laverdière

Détenteur d’un baccalauréat en traduction anglais-français, Hugues Laverdière aurait pu devenir traducteur à la fin de sa carrière de joueur de tennis professionnel. Mais l’idée ne lui a jamais effleuré l’esprit quand il a renoncé à évoluer sur le circuit ATP. Sa voie semblait toute tracée dans le domaine du coaching, une suite logique à sa carrière de joueur, diront certains.

«C’était une suite logique, mais c’est aussi un peu grâce à la chance que j’ai pu demeurer dans le tennis, mentionne le Lévisien. J’avais beau être passionné, posséder des connaissances et avoir du talent, il fallait que les astres soient alignées pour que je fasse du tennis mon gagne-pain. Il n’y a pas tant de clubs que ça dans la région de Québec.

«L’opportunité d’être prof de tennis s’était présentée alors que j’étais joueur. Et j’avais adoré ça. Je m’étais alors dit que j’allais demeurer dans le tennis après ma retraite. J’ai d’abord donné des cours. Par la suite, j’ai fondé l’académie de tennis à mon nom. Je suis maintenant responsable du tennis au club La Cité sportive de Pintendre et je suis en charge de 22 programmes sport-études. Je suis chanceux... et vraiment fier.»

Classé dans le top 5 des meilleurs joueurs junior au Québec (4e) puis ayant atteint le huitième échelon au Québec et le 11e au Canada, Laverdière s’est aussi signalé sur le circuit de la NCAA avec l’équipe de l’Université Virginia Tech où il avait reçu une bourse d’études. Par la suite, il a joué cinq saisons sur le circuit de l’ATP où ses meilleurs classements furent 1288 en simple et 1048 en double. C’est en 1999 qu’il pris sa retraite à la suite d’une défaite de 6-1, 6-1 contre James Black.

«Il arrivait sur le circuit après avoir perdu en finale du tournoi de la NCAA. Il était vraiment fort. Ce qui m’avait frappé, c’était de voir comment nous n’étions pas du même niveau. Parallèlement, je n’avais pas assez d’argent pour jouer dans tous les tournois. Chaque année, j’étais obligé de revenir à Québec pendant quelques mois pour gagner de l’argent.

«C’est certain que si j’avais eu des commanditaires, j’aurais pu continuer à jouer. J’aurais aussi pu avoir un coach et je me serais entraîné différemment. Mais si j’étais si hot que ça, j’aurais probablement gagné des tournois, ce qui m’aurait permis d’avoir l’argent nécessaire pour continuer.»

Le Lévisien ne le cache pas, le fait d’être demeuré dans les sphères du tennis lui a permis de faire le deuil de sa carrière. Mais il a quand même pris plusieurs mois avant de ne plus regarder en arrière et d’accepter qu’il ne réaliserait pas son rêve de figurer parmi les 200 meilleurs joueurs au monde.

«J’ai fini par me dire que d’avoir eu un classement mondial, c’était déjà quelque chose. Aujourd’hui, quand je pense à ma carrière, je n’ai aucun regret. Le tennis m’a permis d’aller étudier aux États-Unis, de devenir bilingue, de beaucoup voyager, de me faire des amis partout dans le monde et d’avoir beaucoup de plaisir. C’est un bilan très positif.»

Alexandra Stevenson

Laverdière était encore un coach recrue quand il a vécu ce qui constitue encore, 18 ans plus tard, le fait saillant de sa carrière d’entraîneur. Après avoir été le partenaire d’entraînement d’Alexandra Stevenson dans le cadre du Challenge Bell, il a eu la chance de suivre l’Américaine en tant que coach lors de tournois de la WTA disputés en Europe en 2002.

«J’ai vécu un rêve. J’ai été dans le feu de l’action dans des tournois où j’ai côtoyé les Serena Williams, Roger Federer, etc.»

Presque 20 ans après avoir fait ses premières armes dans le coaching, Laverdière est toujours aussi passionné. Et les années lui ont permis d’acquérir de l’expérience en tant que pédagogue. Son enseignement technique et tactique ainsi que ses entraînements sont mieux adaptés aux jeunes qu’il dirige alors que quand il a commencé, ils étaient basés sur ce que lui faisait en tant que joueur.

«Aujourd’hui, je peux coacher n’importe qui parce que je suis à l’aise avec tout le monde. D’ailleurs, je suis très fier de donner des formations aux entraîneurs à Tennis Québec.»

N’étant plus incommodé par les blessures, Laverdière a pu, après une dizaine d’années d’inactivité, recommencer à jouer. L’année dernière, il a terminé troisième aux Championnats canadiens chez les 35 ans et plus. Un résultat qui l’a surpris autant que ses succès au golf, un sport qu’il a commencé à pratiquer il y a sept ans. Non seulement, il a joué une ronde de 75 cet été, mais il a maintenant son école de golf.

«Je suis animé par un besoin d’aider et je suis passionné par le tennis et l’enseignement. C’est quelque chose qui m’apporte beaucoup de satisfaction, peu importe le domaine dans lequel je le fais. C’est ce qui m’a donné l’idée de réaliser une émission sur le tennis. J’ai trouvé un réseau intéressé par mon projet. Et le financement va bon train», conclut le coach qui est comblé par les résultats des jeunes raquettes prometteuses qu’il dirige, mais aussi par le récent engouement pour son sport au sein de la population provoqué par les succès des Andreescu, Auger-Aliassime et Shapovalov.

Sports, etc

François Coulombe-Fortier au rythme du taekwondo

Le temps passe mais certaines choses ne changent pas. À la retraite depuis maintenant cinq ans, François Coulombe-Fortier vit encore et toujours au rythme du taewkondo. Et ce n’est pas seulement parce qu’il est entraîneur au club de Sainte-Foy ou qu’il travaille au sein de la Fédération québécoise de taekwondo.

«C’est le taekwondo qui m’a formé et qui a fait la personne que je suis aujourd’hui», confie l’ex-athlète. J’ai eu la chance d’y grandir et d’apprendre ses valeurs qui sont la courtoisie, l’intégrité, la persévérance, le contrôle de soi et le courage, des valeurs que j’applique toujours et qui sont le fondement des conférences que je donne aux jeunes par le biais du programme Jouez gagnant, des valeurs qui m’ont aidé au niveau de ma discipline, de mon comportement et de ma concentration et qui font que je me donne au maximum et que je suis déterminé à atteindre les objectifs que me je fixe.»

Le Québécois a vécu le summum de sa carrière quand il a pris part aux Jeux olympiques de 2012. Non seulement, il s’est réalisé en tant qu’athlète, mais il a offert une solide performance qui lui a permis de passer le premier tour puis de tenir tête à un double champion du monde et finalement de prendre le neuvième rang au classement final. Il n’a toutefois pas accroché son kimono dans les semaines suivant la fin des JO. Ayant décidé faire une douce transition entre sa carrière d’athlète et son retour à une vie «normale», il a continué à compétitionner pendant quelques mois.

«J’en avais parlé avec Alain Bernier, mon entraîneur. Il n’était pas question que j’arrête à mon retour de Londres, et ce, même si j’avais obtenu des résultats exceptionnels ou une médaille. On avait décidé que je ferais une année complète avant de décider quoi que ce soit. Je suis revenu à l’entraînement avec comme objectif les Championnats du monde. Par la suite, j’ai pris les compétitions une à la fois.

«J’ai eu la chance de me retirer par choix. En fin de carrière, les blessures sont de plus en plus fréquentes. Mais on a toujours le choix de continuer dans la douleur ou de passer à autre chose. Dans mon cas, ç’a été bon de continuer. J’étais allé au bout de mes rêves. Là, je pouvais choisir mes compétitions et profiter au maximum de chacune. En vivre certaines avec l’équipe nationale et d’autres avec mon équipe du club de Sainte-Foy où on payait notre voyage de notre poche. On partait 14 athlètes et on dormait à l’hôtel ensemble comme je le faisais à 14-15 ans. C’est ce qui m’a permis de finir ma carrière au US Open, ma compétition par excellence et où j’avais obtenu de nombreux titres. J’ai pu en vivre chacun des moments avec mon équipe. Ç’a été une belle façon de boucler la boucle.»

C’est pour écouter son corps blessé que Coulombe-Fortier s’est retiré, mais aussi pour vivre d’autres choses comme fonder une famille. Exigeant envers lui-même, il avoue aussi qu’il ne voulait pas voir ses performances décliner. Mais même s’il était prêt à tourner la page, il n’avait pas mesuré toute l’ampleur de la place que prenait son sport dans sa vie.

«Au début, ç’a été facile parce que je voulais décrocher. Je me suis amusé, j’ai joué au golf, je me suis changé les idées. C’est au moment où je retournais habituellement à l’entraînement plus sérieux que ç’a été plus difficile. Puis j’ai commencé à travailler dans le domaine de l’informatique médicale, ce qui m’a vraiment sorti du taekwondo et qui a changé ma routine.

«Le plus difficile fut de ne plus sentir l’adrénaline d’être sur le tapis pour se mesurer à un adversaire. J’aimais combattre. Et c’est dans la boxe, qui est un entraînement génial et où je fais des combats juste pour le plaisir, que j’ai retrouvé ce sentiment-là. Je l’ai aussi retrouvé en demeurant proche de mon équipe de jeunes et en les suivant en compétition.»

Toujours impliqué

Coulombe-Fortier a gardé des liens très étroits avec le taekwondo. D’abord parce qu’il est demeuré au sein de sa famille sportive au club de Sainte-Foy. «Je ne peux pas m’en passer. C’est une question d’équilibre. Et c’est tellement stimulant de voir M. Bernier travailler. Je m’inspire de lui comme entraîneur. Je veux emmener les jeunes au maximum de leurs possibilités sans pour autant avoir comme objectif les JO ou quoi que ce soit. Mais je ne veux pas suivre ses traces à la lettre. Je veux faire mon travail du mieux que je peux et en étant un modèle à ma façon. C’est un beau défi et c’est ce que M. Bernier nous a enseigné.»

L’ex-athlète travaille aussi au sein de la Fédération québécoise de taekwondo en tant que chargé de projets. Un emploi qu’il occupe depuis novembre 2018. Depuis sa nomination, le Québec a reçu six événements majeurs. Et il accueillera le Canadien Open présenté à Montréal en octobre.

Questionné si un jour, il aimerait suivre les traces de son ex-coach Alain Bernier, l’ex-athlète indique que pour le moment, sa priorité est sa famille et ses deux jeunes enfants. «Je suis bien dans mon club. Ce sont mes valeurs et mes racines. Je n’ai pas l’aspiration de m’occuper de l’élite pour le moment. Mais je ne dis pas non... éventuellement.»

Sports etc.

Patrick Deraspe, un fier Madelinot

Patrick Deraspe n’a jamais oublié ses origines. Fierté nationale aux Îles-de-la-Madeleine, alors qu’il jouait dans la LHJMQ, il a maintes fois rendu à ses «concitoyens» l’amour qu’il avait reçu en organisant, par exemple, des écoles de hockey pour les jeunes et des matchs de la LHJMQ, ou simplement en vantant, partout où il allait, la beauté et le charme des Îles et de leurs habitants.

«À l’époque où je jouais au hockey, spécialement quand j’étais à Québec, j’étais suivi par la plupart des gens qui habitaient aux Îles», lance Deraspe. «Le regretté Jean Lapierre m’avait dit qu’à l’époque où il était au Parlement, la première chose qu’il faisait le matin quand il prenait son journal, c’était de voir si le petit Madelinot avait compté la veille.

«Mes racines m’ont beaucoup aidé à passer au travers certaines périodes plus difficiles de ma vie. Elles m’ont donné de la motivation. Mon amour pour les Îles est inestimable et il va toujours l’être. Je suis un fier Madelinot qui va toujours parler des Îles en bien.»

Deraspe est débarqué chez les Harfangs de Beauport en 1991. À l’époque, il avait aussi été approché par l’Université Clarkson. Mais pour le Madelinot, Québec était l’endroit idéal pour poursuivre sa carrière. Il n’aurait pas à composer avec la barrière de la langue et ses parents connaissaient bien la région.

Deraspe se rappelle qu’au début de son premier camp d’entraînement, un premier vétéran l’avait invité à jeter les gants. La recrue avait sorti un coup de poing qui avait fait plier les genoux de son rival. Par la suite, un second vétéran l’avait invité à se battre. Et il l’avait renversé. Non seulement il venait de mériter sa place dans l’équipe, mais il venait d’acquérir une réputation de bon bagarreur.

«Et je ne trouvais pas ça très agréable de devoir me battre partout où l’on jouait. Ça m’a pris quelques saisons pour me débarrasser de cette étiquette et montrer mes véritables aptitudes.»

Auteur de 49 buts à sa troisième année dans la LHJMQ, Deraspe a été échangé la saison suivante aux Voltigeurs. Une transaction annoncée quelques minutes après qu’il eut marqué cinq buts et obtenu une passe contre Drummondville et qui avait fait beaucoup jaser.

«Avec les Voltigeurs, j’ai joué avec Daniel Brière. J’ai terminé ma carrière junior sur une bonne note. Je suis bien fier de ce que j’ai accompli. Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir surmonté une grande adversité à mon arrivée à Beauport. À l’époque, c’est en te battant que tu jouais ta carrière. Et quand j’ai dû livrer mon premier combat, j’avais les genoux qui claquaient. Je suis bien heureux que les choses soient différentes dans la LHJMQ.»

Invité au camp des Nordiques en 1994 et à celui du Canadien en 1995, Deraspe a ensuite évolué dans la Ligue East Coast et la Ligue internationale avant de prendre la direction de l’Europe où il a notamment joué en France et en Italie. De retour au Québec, il a terminé sa carrière dans la Ligue nord-américaine et a accroché ses patins en 2012.

«Je n’ai aucune amertume de ne pas avoir joué dans la LNH. Le hockey m’a permis de grandir et de devenir la personne que je suis et d’avoir la vie que j’ai qui m’a donné quatre merveilleux enfants. Je me suis fait de nombreux amis et j’ai gagné sept championnats dans trois pays différents.

«La seule chose que je regrette, c’est qu’à mon époque, l’école n’était pas très importante. Je n’avais pas mon diplôme de secondaire cinq quand j’ai mis fin à ma carrière. Je ne savais pas ce que j’allais faire. C’était très déstabilisant. Alors quand je parle aux jeunes hockeyeurs et à leurs parents, je leur dis combien c’est important de mettre autant d’énergie dans les études que dans le sport.

«Heureusement grâce à un ami, j’ai eu une opportunité de travailler chez Air Canada en tant que préposé d’escale. C’était un travail rassurant, avec de belles conditions, qui m’a permis de voyager mais surtout de pouvoir bâtir une famille à l’image de celle que j’avais eue.»

Changement de cap

Il y a environ un an, Deraspe a décidé d’effectuer un virage professionnel à 180 degrés quand on lui a offert de travailler dans le domaine du sport, un milieu qui l’a toujours passionné. Il a joint l’équipe de Spordle, une entreprise qui offre des solutions et du soutien technologiques pour les organisations sportives.

«Mon ami Lyno Côté m’a demandé si je voulais devenir agent de développement commercial en France. Je profite donc de mes contacts et de la tenue de mes écoles de hockey là-bas afin de parler de Spordle. C’est un emploi très stimulant qui me permet de développer mes qualités de leader en communication.»

Deraspe a aussi nourri sa passion pour les Îles en devenant porte-parole des produits locaux et exportateur de fruits de mer. Il a fondé son entreprise, Le Trésor des Îles, et il fait affaire avec un poissonnier des Îles. Parallèlement, il exploite un bar à huîtres qui se rend dans les évènements corporatifs et privés.

«Je suis très fier de mes origines. Je veux présenter les Îles-de-la-Madeleine à tout le Québec et à tout le monde au niveau international. Je vais d’ailleurs profiter de mon prochain voyage en France pour apporter des fruits de mer des Îles.»

Jean-François Tardif

Carl Gourgues: le football dans la peau

Il y a maintenant plus d’un quart de siècle que le football fait partie de la vie de Carl Gourgues. Et il y a fort à parier qu’il en sera ainsi pendant plusieurs années encore.

«Jamais je n’ai pensé écarter le football de ma vie», confie l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «Si je le faisais, je trouverais le temps long. Le football, c’est ma passion. Ça fait 28 ans que je suis impliqué comme joueur ou comme coach et jamais je ne me suis dit : “Il me semble que cet automne, je prendrais ça off”. J’ai tellement appris au football et il m’a tellement donné que c’est en dedans de moi, il faut que je redonne et que je partage mon expérience.»

Gourgues l’avoue sans détour: sa vie tourne autour du football. Si, au départ, il a décidé de faire carrière chez Postes Canada plutôt que de trouver un travail dans son champ d’études universitaires en administration, c’est parce que l’emploi de postier qu’il convoitait lui apportait une meilleure qualité de vie. Il lui permettait de s’occuper de sa famille, mais aussi de s’impliquer dans le coaching. «Mes journées commencent tôt et elles se terminent tôt. Je suis donc disponible en fin d’après-midi pour coacher. Je peux donc vivre à plein ma passion pour le football.»

Après avoir joué son football collégial avec les Diablos du Cégep de Trois-Rivières, c’est du côté de l’Université du Rhode Island, où il avait eu une bourse, que Gourgues est allé faire carrière au niveau universitaire. Mais après une saison, il a décidé de revenir au Québec.

«Même si c’était une belle expérience et que j’étais partant, j’étais un peu malheureux. Pour moi, le football, c’était un sport d’équipe où je jouais avec mes chums. C’est dans ce contexte que j’avais du plaisir. Et au Rhode Island, il me manquait quelque chose. J’avais un peu perdu le goût de jouer.»

Recruté par plusieurs équipes, dont les Stingers de Concordia où évoluait son bon ami Jean-Michel Paquette, Gourgues a finalement décidé de poursuivre sa carrière avec le Rouge et Or. Tout de suite, il s’est imposé. Il a gagné le trophée J.P. Metras (joueur de ligne par excellence au pays) à sa première saison. En 2003, il a été repêché en troisième ronde par les Lions de la Colombie-Britannique (24e au total) et a gagné une Coupe Vanier. Il a aussi été le premier joueur du Rouge et Or à être invité au prestigieux East-West Shrine Bowl.

Le joueur de ligne offensive a passé trois ans dans la LCF. Avec les Lions en 2004, il a pris part à la finale de la Coupe Grey. Il a ensuite évolué pendant une campagne avec les Tiger-Cats. «J’ai vraiment apprécié mon passage dans la LCF. J’ai eu la chance de jouer pour de bonnes organisations. Ce fut une belle expérience de vie et je suis devenu bilingue. Je vais toujours me rappeler ma fébrilité à mon premier camp d’entrainement. Et en 2004, j’ai vécu une année de rêve. Je n’ai aucun regret. Je suis entièrement satisfait de ce que j’ai fait.

«Mais malgré tout, je dirais que mes plus belles années au football sont celles que j’ai passées avec le Rouge et Or. Il y avait moins de pression, on avait une belle chimie et une belle famille. J’en ai savouré chaque moment. Je ne suis jamais allé à la pratique à reculons. J’ai toujours eu le même plaisir à mettre mes crampons, mes épaulettes et mon casque.»

Défi stimulant

Entraîneur adjoint avec les Corsaires de Pointe-Lévy à son arrivée dans la région, Gourgues est ensuite devenu entraîneur-chef. La saison dernière, il s’est joint aux Faucons du Cégep Lévis-Lauzon en tant que coordonnateur de la ligue à l’attaque, un travail sur lequel il se concentrera cette saison. C’est un défi qui l’enthousiasme au plus haut point.

«Les gars que je dirige ont choisi d’être là. Ils savent que de jouer en première division, c’est du sérieux. Pour eux, ce n’est pas un sacrifice d’être sur le terrain à tous les jours. Ils veulent s’améliorer et progresser. Je peux focuser sur les détails. C’est vraiment très motivant. Surtout que j’ai l’appui de mes entraîneurs et que j’ai carte blanche.»

À la tête d’une brigade jeune, mais talentueuse et prometteuse, Gourgues voit au sein de son groupe plusieurs beaux «projets». Et en plus de donner aux Faucons la meilleure ligne offensive au Québec, il espère pouvoir ouvrir à ses hommes les portes de la Ligue universitaire. Une chose est sûre, le Rouge et Or pourra compter sur un allier de taille pour les orienter vers son programme, Gourgues ayant toujours un lien très fort avec l’UL.

«Je suis vraiment fier de cette organisation-là, de ce qu’elle a fait et de ce qu’elle a bâti. C’est un modèle pour le football à travers le pays. J’aimerais vraiment que mes jeunes vivent ce que j’ai vécu avec le Rouge et Or. L’UL, c’est juste de l’autre côté du fleuve. Mon but, c’est d’en envoyer le plus possible jouer là bas.»

À moyen terme, Gourgues pourrait-il ambitionner de retourner au sein de son ancienne famille? «Je ne me ferme pas de portes nulle part. Présentement, j’ai trois jeunes enfants. Je suis bien avec les Faucons. Et tout s’agence bien pour moi. Mais peut-être que quand mes enfants auront vieilli, je vais vouloir pousser la machine un peu plus loin.»

Sports, etc.

Stéphan Bédard: le meilleur des deux mondes

Pendant des années, Stéphan Bédard a travaillé avec les meilleurs joueurs de baseball de la région. Au niveau junior, il a été coach avec les Patriotes, les Alouettes, les Diamants, les Aigles et les Voyageurs. Il a aussi été entraîneur adjoint avec les Capitales pendant cinq saisons. Aujourd’hui, il est toujours aussi présent sur les terrains de baseball, mais c’est au niveau mineur, où il profite du meilleur des deux mondes, qu’il sévit.

«J’avais complètement abandonné le coaching quand j’y suis retourné», lance Bédard, un professeur d’éducation physique de formation. «À l’époque, mon fils commençait à jouer. Je me suis dit que tant qu’à regarder ses matchs des estrades et à critiquer, je serais plus utile sur le terrain. J’avais été chanceux. J’avais travaillé avec de bons coachs et j’avais côtoyé de bons joueurs. Je me suis dit que ça serait bon de redonner aux jeunes ce que j’avais reçu comme joueur et comme entraîneur.»

Même s’il avait œuvré avec l’élite pendant des années, Bédard n’a eu aucune difficulté à retourner à la base et à faire la transition vers les jeunes au début de leur apprentissage du baseball. Pour lui, l’approche était simple. Les enfants devaient avant tout s’amuser sur le terrain. Et parce qu’il n’avait jamais coaché pour le prestige, il n’a jamais vu son retour dans le baseball mineur comme une rétrogradation.

«J’ai autant de plaisir avec les jeunes que j’en ai eu avec les Capitales ou dans le junior, même si c’est complètement différent. Il y a des petits gars que je dirige depuis 9 et même 10 ans. C’est le fun d’avoir commencé à leur enseigner il y a longtemps et de les avoir vus grandir et de constater leur développement et leur progression.»

Deux coupures

C’est par hasard que Bédard est devenu coach. Jouant dans le bantam AA, il a décidé en compagnie de son bon ami Marc Griffin de prendre les destinées de la formation bantam A qui n’avait pas d’entraîneur. De fil en aiguille, il a poursuivi sa route dans le midget AAA et le junior élite avant de se retrouver avec les Capitales, avec qui il a passé cinq saisons. 

«À la fin de 2005, Darren Bush m’a dit qu’il pourrait m’avoir une job de gérant dans la Frontier League. Sur le coup, ce fut : “Go, je suis parti’’. Mais après avoir réfléchi, je me suis demandé ce que je ferais si, après deux ou trois ans, ça ne fonctionnait plus. Étais-je prêt à déménager et à recommencer ailleurs? Parallèlement, j’avais des opportunités de travail comme prof au niveau scolaire. J’ai donc opté pour la sécurité et je suis retourné dans le baseball junior.

«J’aurais peut-être pu continuer avec les Capitales. Mais avec l’enseignement, c’était difficile. En mai et en juin, faire les deux, c’était pas mal exigeant. Et quand je recommençais l’école en septembre, j’étais brûlé. Je n’avais pas pu profiter de mes vacances. Ç’a été difficile de renoncer au baseball professionnel. Mais j’ai pris ma décision pour les bonnes raisons. J’y étais allé avec ma tête. J’étais prêt. Et j’avais une belle alternative avec le junior.»

Bédard a vécu une deuxième séparation avec le baseball alors qu’il était entraîneur-chef des Aigles. À sa dernière année, il a réalisé qu’il n’était plus là pour les bonnes raisons. Son gars avait commencé à jouer au baseball. Et quand fiston avait des matchs en même temps que les Aigles évoluaient, Bédard ne cherchait qu’à suivre les exploits de son fils. «J’ai compris que je devais abandonner le junior afin d’investir dans mon gars afin de vivre et de partager de beaux moments avec lui.

«Quand je fais le bilan de ma carrière, je me dis que j’ai été très chanceux. J’ai été avec les Capitales et j’ai vécu les belles années du baseball junior alors qu’il y avait beaucoup d’engouement chez les gens et au niveau médiatique. J’ai été de toutes les rivalités, j’ai connu plein de monde et j’ai participé au développement de nombreux joueurs. Je suis fier de ça.»

S’il a toujours été dans son élément dans le coaching, Bédard l’est tout autant dans le monde de l’enseignement. Dans les deux cas, il peut profiter de ses grandes qualités de pédagogue. Et si l’entraîneur a l’avantage de travailler avec des passionnés, le prof a sa recette pour intéresser les jeunes qui ont l’éducation physique en aversion. Il les traite avec respect.

«Si tu commences à crier après un jeune et que tu te mets sur son dos, tu vas avoir des problèmes. Quand un élève te dis que ça ne lui tente pas de faire de l’éducation physique, tu ne dois jamais le prendre personnel. Ton travail est de tenter de l’amener à participer, de lui dire : “Je ne te demande pas d’être bon, je veux juste que tu essaies’’. Et habituellement, les jeunes embarquent là dedans.»

Entraîneur-chef de la formation bantam AA pour laquelle évolue son fils, Bédard sait qu’il devra éventuellement renoncer à diriger fiston. Mais il assure que cela ne sera pas la fin de sa carrière en coaching. «J’ai du fun et je vais aider d’autres gars. C’est sûr que je vais trouver un moyen de m’impliquer dans le baseball. De toute manière, si j’arrêtais tout, après deux semaines, ma blonde me mettrais dehors [rires].»

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Éric Isbister: implication énergisante

Entraîneur adjoint puis entraîneur-chef de l’équipe de natation du Rouge et Or après y avoir évolué comme athlète, Éric Isbister a complètement abandonné le coaching à la fin des années 90 quand il a décidé d’entreprendre un doctorat en chiropractie. Et, étonnamment, même s’il a vécu au rythme de la natation pendant une vingtaine d’années, rien du sport qui le faisait vibrer ne lui manque aujourd’hui.

«Ce qui me manque, je vais le chercher», explique le natif d’Alma. «Ce qui me manquerait si je n’étais pas impliqué comme je le suis avec le Rouge et Or, ça serait de regarder des jeunes évoluer vers l’atteinte d’objectifs sportifs. Mais comme j’ai une petite implication avec la formation lavalloise en tant que chiropraticien, toutes les semaines je vois les jeunes, je suis avec eux autres, je leur parle et je jase avec le coach Nicolas Perron, en plus de partir en compétition avec l’équipe deux fois par année.

«Mon implication est valorisante à plusieurs niveaux. J’adore ce que je fais. Ça m’énergise et ça me sort du quotidien.»

À sa manière, Isbister continue de contribuer aux succès des nageurs lavallois. Car même s’il demeure humble sur le rôle qu’il joue, force est d’admettre que ses connaissances en chiropractie et le fait d’avoir porté plusieurs chapeaux lui permettent de bien comprendre les besoins et les attentes des athlètes et de l’entraîneur-chef Nicholas Perron.

«Mon passé sécurise les athlètes. Quand je parle de performance, j’ai de la facilité à mettre ça dans un contexte qui va rendre mon intervention agréable. Et à cause de mon vécu, j’ai une efficacité à faire baisser le niveau de stress. Il faut bien que ça serve, ces cheveux blancs-là [rire].»

Traversée du lac

Isbister avait environ neuf ans quand il a commencé à nager au club Juvaqua. Amateur de natation en eau libre, il se rendait avec son père en chaloupe sur le lac Saint-Jean lors de la traversée afin de voir les nageurs en pleine action. À 17 ans, il a même tenté la traversée du lac Saint-Jean. Mal préparé, il n’a pas été assez rapide pour terminer l’épreuve dans les délais imposés et a été obligé de mettre fin à son marathon à environ 1500 m du fil d’arrivée. C’est par la suite qu’il est déménagé à Québec pour se joindre au club civil du Rouge et Or.

«Je voulais nager pour Jean-Marie de Koninck. Par la suite, j’ai choisi de faire un bac en sciences de l’activité physique parce que j’allais étudier où était la piscine.»

Isbister a nagé au niveau universitaire pendant quatre saisons. Par la suite, son diplôme en poche, il est allé coacher à Alma où son club (Juvaqua) est passé de «pas grand-chose» à champion provincial de la section quatre. C’est par la suite que de Koninck l’a rapatrié à l’UL en lui offrant un poste d’entraîneur adjoint avec le Rouge et Or. Après sept saisons, il est devenu entraîneur-chef.

«Ma carrière d’athlète m’a permis de faire l’apprentissage des fondements de la vie. Et le coaching m’a donné de belles opportunités de rencontrer des personnes extraordinaires, singulières, particulières et spéciales. Ça m’a beaucoup aidé dans mon travail où je dois m’adapter aux gens. Je suis parfaitement capable d’accepter les différences alors que plus jeune, j’étais dans le jugement.»

Isbister est fier de l’héritage qu’il a laissé à l’UL. À son arrivée comme entraîneur adjoint, il a jeté les bases du groupe de nageurs en eau libre du Rouge et Or et a formé des champions comme Alexandre Leduc, gagnant de la traversée en 1995, et Jean-François Roussy. Revenant sur sa décision de quitter le coaching, il explique qu’il avait toujours été attiré par le domaine de la santé. À la naissance de sa fille, il s’est demandé s’il désirait avoir une vie familiale où il serait parti en camp d’entraînement trois fois par année et en compétition une quinzaine de fois.

«Tout était favorable à ce que je fasse ce virage. Et comme j’étais entré dans quelque chose de très intense au niveau professionnel, que j’avais un enfant en bas âge qui m’occupait énormément et que je nageais cinq fois par semaine, mon deuil s’est un peu fait par osmose. Et je n’ai jamais regretté ma décision. Mais même si je n’ai jamais ressenti la moindre nostalgie, je garde de très beaux souvenirs de ma carrière. Ç’a vraiment été de belles années.»

Toujours aussi passionné de natation en eau libre, Isbister a aidé son ami Kevin Laflamme à mettre sur pied, il y a 11 ans, la traversée du lac Mégantic qui fait maintenant partie du circuit de la Coupe du monde. Il l’a ensuite épaulé pendant 10 ans. À la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, il a pensé déménager temporairement la compétition à Québec avec un départ dans le bassin Louise en direction de la Baie de Beauport et une arrivée avec le Château Frontenac en trame de fond car il aimerait que la Vieille Capitale accueille une épreuve de longue distance.

«Une telle compétition pourrait être présentée à Québec. Mais ce n’est pas moi qui prendrais le dossier. Je n’ai pas le talent d’être le pilier organisateur. Mais si quelqu’un disait : ''OK, on décolle ça!'' je contribuerais au projet avec plaisir.»

Sports, etc

Marie-Hélène Chisholm dans le judo jusqu’au cou

Onze années se sont écoulées depuis que Marie-Hélène Chisholm a annoncé qu’elle accrochait son kimono de compétition. Mais la fin de sa carrière n’a pas signifié qu’elle renonçait au judo. Bien au contraire. Car même si on la voit moins souvent sur le bord du tatami, elle demeure très impliquée dans le sport pour lequel elle a eu un coup de foudre à l’âge de 10 ans.

«Je suis à l’emploi du Centre national d’entraînement de Judo Canada en tant que gérante à la haute performance», explique l’athlète qui, après sa retraite, a d’abord été entraîneure de l’équipe du Québec, puis coach de l’équipe féminine canadienne. «Mon travail consiste à faciliter la vie des athlètes afin qu’ils puissent se concentrer sur leur entraînement et sur leurs objectifs de performance. Je m’occupe ainsi de faire le lien avec Sports Canada, de financement, de la logistique des voyages,  etc.

«À mon époque, on ne pouvait pas profiter d’un environnement comme celui offert au Centre. Je dis souvent aux jeunes combien ils sont chanceux et qu’ils doivent en profiter.»

Il n’y a pas qu’au boulot que le judo prend une grande place dans la vie de Marie-Hélène. Son chum étant Nicolas Gill, avec qui elle travaille au CNE, il est beaucoup question de judo en dehors des heures de bureau. 

«On se voit beaucoup, mais on a chacun nos dossiers. Et on a une belle complicité. C’est certain que l’on parle beaucoup de judo à la maison, mais on ne fait pas que ça. Nous avons deux enfants qui prennent quand même beaucoup de place.»

Vilaine blessure

Marie-Hélène avait 29 ans quand elle a mis fin à sa carrière. Blessée sérieusement à un genou en 2007, elle n’a pu se qualifier pour les Jeux de Londres. Elle espérait obtenir l’une des wild cards distribuées par la fédération internationale, mais son souhait n’a pas été exaucé. Peu de temps après avoir appris la nouvelle qu’elle n’irait pas à Londres, elle a annoncé sa retraite.

«Ce n’était pas le scénario de fin de carrière que j’avais prévu. Sauf que le jour où j’ai eu ma blessure, je savais que la fin s’en venait. Mais même si mes chances d’aller aux JO étaient minimes et que j’aurais dû me battre sur une jambe, j’avais décidé de tout essayer pour m’y rendre. Et quand j’ai su que je n’aurais pas ma wild card, c’était clair que c’était la fin. Faire un autre cycle était impossible. D’abord parce que je n’avais pas le goût d’empirer ma condition physique, mais aussi parce que si je compétitionnais, c’était pour gagner. Et c’était évident que je ne serais plus au niveau que j’avais été. Finalement, j’avais l’opportunité de devenir entraîneure. Alors je me suis dit ‘’OK, je n’ai pas le choix’’.

«J’ai toujours été bien avec ma décision. C’est certain que la journée où j’ai pris ma retraite, j’ai été malheureuse et j’ai pleuré. Mais j’avais fait le choix le plus logique et je ne le regrette pas.»

Pour la championne le fait de rester dans le monde du judo a facilité sa transition. Hormis le fait qu’elle n’était plus sous les feux de la rampe, elle menait en tant qu’entraîneure une vie semblable à celle qu’elle avait quand elle était athlète. C’est d’ailleurs quand elle est devenue maman pour la première fois (2013) qu’elle a vraiment réalisé que sa carrière était terminée.

Cinquième aux Jeux d’Athènes et aux championnats du monde du Caire en 2005, neuf fois médaillée lors des Jeux panaméricains, gagnante de l’or à deux reprises (2000 et 2003) et auteure de 45 podiums internationaux, Marie-Hélène a toute les raisons d’être fière de sa carrière. Pourtant, elle met un bémol. «Avec de meilleurs suivis et un meilleur encadrement, j’aurais peut-être pu aller plus loin. Mais en même temps, j’ai eu une belle carrière et j’y ai eu beaucoup de plaisir. J’ai aimé le judo et j’adore encore le judo. C’est ça le plus important.»

Revenant sur le fait qu’elle était originaire de Port-Cartier et qu’elle avait été obligée de déménager à Montréal avant même la fin de son école secondaire, Marie-Hélène avoue que l’adaptation à sa nouvelle vie où elle devait se débrouiller toute seule et composer avec l’éloignement des siens avait été difficile au début. 

«Quand tu viens de plus loin, c’est plus demandant. Mais quand tu décides de déménager, c’est parce que tu es déterminée à réussir. Les difficultés que j’ai surmontées m’ont donné ma force de caractère.

 «Quand je vivais des moments difficiles, je retournais chez moi. J’y recevais toujours une grosse dose d’amour. Les gens de la Côte-Nord m’ont toujours appuyée financièrement et encouragée. Parfois, ça me mettait un petit peu de pression parce que je ne voulais être à la hauteur de tout ce qu’ils me donnaient. Mais en même temps, ça m’a toujours gardée motivée et sur la track

Opérée au genou à quatre reprises, Marie-Hélène a mis trois ans pour guérir de sa blessure. Aujourd’hui adepte de course à pied, elle a pris part à un demi-marathon et elle court en forêt. «Peu importe ce que je fais, j’aime me challenger. Quand je participe à une compétition, c’est pour aller au bout de moi-même et gagner. Je suis incapable de participer juste pour le fun

Sports, etc

Mylanie Barré attachée à ses racines

Comme elle l’a fait pendant toute son adolescence, c’est au Club de canoe-kayak de Lac-Beauport que Mylanie Barré passe son été 2019. Sa carrière d’athlète de kayakiste terminée, elle a commencé à y travailler comme entraîneure en 2013. Et depuis, elle y est retournée chaque année.

«À chaque été, je me dis que je vais prendre une pause», indique Mylanie, qui est aussi enseignante. Mais quand Luc [Grenier] me demande de revenir comme coach, j’accepte toujours. Encore cette année, ç’a été le cas. J’ai eu un contrat difficile. Je travaillais dans quatre-cinq écoles en plus de faire de la suppléance. Quand je suis arrivée à la fin de l’année scolaire, j’étais brûlée. Et j’ai pensé prendre mon été pour me reposer. Mais finalement, j’ai décidé de coacher quand même. Et après une semaine, j’étais paisible et bien. Si je reviens au club chaque été, c’est parce que j’aime encore le kayak et que j’adore coacher.»

Entraîneure des jeunes de la catégorie bantam à ses débuts, Mylanie travaille cette année avec les meilleurs athlètes du club aux côtés de Grenier. Elle les aide avec leur technique mais aussi pour la motivation, la gestion du stress et de la concentration lors des compétitions.

«J’aime travailler avec les plus vieux. Ils commencent à vouloir performer et ils ont le désir de s’améliorer. Je sens que je peux avoir un impact sur leur développement. Mais c’était aussi le fun de m’occuper des plus jeunes. D’ailleurs, en enseignement, mes groupes préférés sont la maternelle et la première année. Peu importe ce que tu demandes aux enfants, ils vont toujours embarquer.»

L’ex-kayakiste a déjà envisagé de faire carrière dans le coaching. Mais comme elle aurait dû passer du temps loin de ses enfants, elle a changé ses ambitions. C’est à ce moment qu’elle a choisi l’enseignement. Elle a obtenu son bac en éducation physique en 2017. Mais même si l’enseignement facilite sa vie familiale, Mylanie est d’avis que le coaching est moins difficile à certains égards. «Les jeunes font du kayak par choix alors que ce ne sont pas tous les enfants qui choisissent de faire de l’éducation physique à l’école. Les premiers sont donc plus faciles à motiver que les seconds.»

Centrée sur elle-même et sur ses besoins quand elle était athlète, Mylanie a dû apprendre à s’ouvrir aux autres quand elle a pris sa retraite et que la maternité, le coaching et l’enseignement ont fait partie de sa vie.

«Quand tu as des enfants qui dépendent de toi, tu n’as pas le choix de t’oublier. Je me suis aussi rendu compte en coachant et en enseignement que ce n’était pas tout le monde qui avait la même envie que moi de réussir et d’atteindre des buts à l’image que ceux que je m’étais fixés. Je ne pouvais pas vouloir plus qu’eux autres, que même si j’étais très perfectionniste, ce n’était pas tout le monde qui l’était. J’ai dû m’adapter.»

Deux générations

Mylanie a adoré sa carrière et elle est très fière de ce qu’elle a accompli, elle qui a notamment pris part aux Jeux d’Athènes et de Pékin. Quand on lui demande ce qui lui en reste, elle répond à la blague : «Deux enfants», son conjoint étant Ryan Cochrane, un membre de l’équipe nationale. Ça parle donc beaucoup kayak dans la famille Barré où sa mère, Alexandra Sandor, et son père Denis y ont excellé en plus d’aller aux Jeux olympiques. Il y a donc deux générations de couple de kayakistes olympiques chez les Barré.

 «C’est spécial. C’est évident que c’est difficile de décrocher du kayak. Car non seulement Ryan compétitionne toujours, mais mon père est resté impliqué. Il m’aide dans le coaching. Peut-être que le jour où mon chum aura pris sa retraite, on en parlera moins. Mes enfants ne m’ayant jamais vu compétitionner, ils ne réalisent pas que j’ai été athlète. Pour eux, l’athlète, c’est papa; et maman, c’est l’enseignante. C’est correct. Ça ne me dérange pas.

«De toute façon, la reconnaissance, je l’ai quand je suis entraîneure. Même si ça fait sept ans que j’ai pris ma retraite, les jeunes ne connaissent peut-être pas tous mon bagage mais ils savent que je suis allée aux JO. Personnellement, j’ai l’impression que ça fait beaucoup moins que ça que j’ai arrêté. Mais mon corps le sait, lui. Il est magané. J’ai mal à une hanche.»

L’Olympienne ne cache pas que le fait de ne pas être au sommet de sa forme lui manque. Mais comme elle a deux enfants et que son conjoint est souvent parti, le temps et les occasions lui manquent pour pouvoir s’entraîner régulièrement. Ses blessures l’obligent aussi à choisir ses activités. Et elle doit composer avec son orgueil. Car elle a toujours tendance à comparer ses performances avec celles qu’elle réalisait. Et de savoir qu’elle ne pourra jamais faire mieux qu’elle a déjà fait est pour elle une source de frustration.

«C’est pour ça que je suis à la recherche d’un sport que je n’ai jamais fait où je pourrai voir que je m’améliore. Ça pourrait être un sport d’équipe. Car même si j’ai joué un peu au basket quand j’étais jeune, je n’y ai pas vraiment été formée. Le fait d’être entourée, ça peut être très motivant.» 

Sports, etc

Florence Hamel: l'esprit de famille

Florence Hamel n’avait que 17 ans quand sa carrière en cyclisme a pris fin. Promue dans l’équipe nationale après avoir obtenu de beaux succès avec l’équipe du Québec, elle était pourtant vouée à un bel avenir. Mais après quelques mois de tergiversations, l’esprit de famille qui l’animait a eu le dessus sur son rêve sportif.

«L’accident de ma sœur Annie m’avait beaucoup bouleversée et il m’avait poussée à me remettre en question», raconte Florence qui avait pris tout le monde par surprise en annonçant sa retraite en juin 2000. Mais elle avait repris l’entraînement après une brève pause. «Ayant été invitée sur l’équipe nationale sur route, j’étais rendue au point où il aurait fallu que je me tourne vers le vélo à plein régime. Comme je terminais mon secondaire, je savais aussi qu’il faudrait que je mette plus d’énergie dans mes études au niveau collégial. Et pour plusieurs raisons, le mariage du cyclisme avec les études était difficile. Je devais donc prendre une décision.»

Lors une chute à vélo de montagne qui semblait sans conséquence et l'ayant blessée légèrement au genou, Annie Hamel a attrapé une virulente bactérie nommée clostridium perfringens à fasciite nécrosante (bactérie mangeuse de chair). Après avoir frôlé la mort, elle a séjourné plus de trois mois aux soins intensifs de l'hôpital Sacré-Cœur, où elle a aussi évité de peu l'amputation. Par la suite, elle a dû réapprendre à marcher.

«Ce qui était arrivé à Annie ayant beaucoup resserré les liens familiaux, j’ai senti le besoin de me rapprocher d’elle et d’aller la rejoindre à Ottawa où elle faisait son bac à l’université, explique Florence. Vivre avec elle, c’était aussi une belle occasion de faire mes études collégiales en anglais. J’ai donc pris ma retraite.»

Florence n’a jamais remis en question sa décision. Appuyée par les membres de sa famille, elle a pris sa nouvelle route. «Même si ce sont tous des gens qui ont toujours prôné le dépassement de soi, ils ne m’ont jamais dit : “Il n’est pas question que tu arrêtes, tu es capable d’aller plus loin.” Ils m’ont soutenue et ils ont essayé de m’aider à comprendre des choses.

«Je n’ai qu’un seul regret. C’est de ne pas savoir jusqu’où j’aurais pu vraiment aller comme athlète. Mais la vie m’a emmenée ailleurs. Je suis heureuse. Notre famille est encore hyper proche et unie. Et je suis très reconnaissante de tout ce que le vélo m’a apporté. Il m’a aidée à me développer et il m’a appris à persévérer et à me dépasser tout en me donnant beaucoup de plaisir, celui d’être dehors. L’île d’Orléans, c’était mon terrain de jeu. Et si j’ai dû faire un deuil de la compétition, je n’ai jamais eu à faire un deuil du vélo parce que je n’ai jamais arrêté de rouler. Le cyclisme sur route demeure mon sport numéro un. Et je fais encore du vélo de montagne avec les enfants.»

Route et montagne

Florence avait neuf ans quand elle a commencé à pratiquer le vélo de route et s’est jointe au club cycliste de Beauport qui était à la recherche d’une athlète afin de compléter les cadres de l’équipe pee-wee régionale qui prenait part aux Jeux du Québec de Gaspé. Adorant le vélo et inspirée par sa sœur Annie, elle a tenté sa chance, s’est entraînée et a été choisie dans l’équipe en étant surclassée. Ont suivi trois autres participations aux Jeux du Québec, des Coupes du Québec et des championnats québécois et canadiens où elle a récolté de nombreuses médailles.

«À mi-chemin dans ma carrière, j’ai de nouveau suivi les traces de ma sœur et j’ai essayé le vélo de montagne. J’ai eu la piqûre. J’étais jeune et j’avais beaucoup d’énergie. Pendant une année, j’ai fait les deux circuits. Et j’ai fait des podiums sur les deux. J’ai vraiment eu beaucoup de chance de porter les couleurs des équipes du Québec et du Canada mais aussi d’être supportée et encadrée par d’excellents coachs comme Stéphanie Giguère et Marc Dufour. J’ai eu le plaisir de rouler tout en ayant beaucoup de succès.»

Ses études collégiales terminées, c’est en sciences infirmières à l’Université Laval que Florence s’est inscrite. Son diplôme lui a permis de travailler à Montréal en première ligne dans le milieu hospitalier. Comme son conjoint et elle désiraient offrir la chance à leurs deux garçons de devenir bilingues en bas âge, ils ont déménagé il y a trois ans à Toronto, où son chum avait une occasion d’emploi. De son côté, elle travaille maintenant en pédopsychiatrie. Elle ne cache pas cependant que l’éloignement avec sa famille devient de plus en plus difficile. Si elle arrive à composer avec la situation, elle ne peut s’empêcher de penser à ses enfants qui sont loin de leurs grands-parents, de leurs oncles et tante et de leurs cousins et cousines.

«On retourne régulièrement à Québec. Et ma famille vient nous visiter. Mais même si j’aime bien le milieu où je demeure, c’est défini qu’un jour, je retournerai à mes racines et que je me rapprocherai de ma famille.»

Adepte de l’activité physique, Florence demeure très active. Outre le vélo de route et le vélo de montagne, elle aime le cross-country. «Me retrouver dans le bois me permet de me ressourcer.» La jeune femme aime aussi toujours autant la compétition. Et quand elle décide de prendre part à une épreuve, elle s’entraîne rigoureusement afin d’offrir une performance optimale. «C’est dans le fin fond de moi, j’ai l’esprit compétitif. J’adore me dépasser. Quand je prends un départ, il y a une question de résultats. Est-ce que je suis mal faite? Je ne le pense pas.» 

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Fait marquant

R Une deuxième place aux Championnats canadiens junior. Ç’a été une compétition marquante parce qu’elle m’a permis d’avoir un laissez passer une Coupe du monde en Allemagne. Et à ma dernière année chez les cadettes, ma participation aux Canadiens junior où j’étais surclassée. J’avais fini deuxième derrière Geneviève Janson.

Q Plus grande déception

R Ma deuxième place derrière Geneviève Janson. À l’époque déjà, on savait qu’elle était dans l’univers du dopage. Elle m’a donc privée d’un titre de championne canadienne et d’une participation aux Championnats du monde. Mais je ne lui en veux pas personnellement. Elle était jeune et naïve possiblement. Et était mal conseillée.

Q Entraîneurs marquants

R Stéphanie Giguère et Mario Dufour. C’est incroyable à quel point Stéphanie Giguère m’a encouragée, supportée et poussée pour que je me rende où je suis rendue. Et Marc Dufour. Comme Stéphanie, il a cru en moi. Il m’a aidée à me dépasser et à aimer le cyclisme. Les deux m’ont transmis leur passion.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

R Tout ce qui entoure le cyclisme : l’esprit qui l’anime, l’effet de groupe, le sentiment d’appartenance. Pendant sept ans, j’ai fait partie d’une équipe. On avait des liens serrés, on s’encourageait. C’était une autre famille pour moi.  

Q Modèle de jeunesse

R C’est certain, ma sœur Annie. C’est ce qui fait que j’ai un peu suivi le même chemin qu’elle. Et Lyne Bessette, que j’ai rencontrée à un camp d’entraînement en Virginie. C’était pour moi, c’est une icône. Elle m’a inspirée sa rigueur et sa ténacité incroyable ce qui m’a amené à toujours m’accrocher.

Q Dans 10 ans

R Je serais aussi sportive que je le suis aujourd’hui, c’est certain. Je souhaite pouvoir prendre part à des courses avec nos enfants. Ce que j’aimerais c’est d’avoir la même énergie afin de pouvoir les challenger et même les pousser.

Q Rêve

R J’ai toujours aimé le cross-country. J’aimerais pousser un peu plus et prendre part à une épreuve de longue distance. Et comme ma soeur est capable d’en prendre et qu’elle aime aussi courir dans le bois, j’aimerais ça participer à cette compétition en équipe avec elle.

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Marie-Pier Boudreau-Gagnon: la fierté d’une ville

Pendant des années, c’est pour ses performances en tant qu’athlète de haut niveau que Marie-Pier Boudreau-Gagnon a fait la fierté des gens de Rivière-du-Loup. Maintenant, c’est pour son implication sur la scène sportive de sa ville qu’elle continue de l’être. Ayant travaillé sur la candidature de Rivière-du-Loup pour la présentation de la finale des 56es Jeux du Québec, elle est aujourd’hui co-présidente, avec l’homme d’affaires Christian Pelletier, de l’évènement qui aura lieu du 26 février au 6 mars 2021.

«Les Jeux du Québec ont été une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé en bas âge, lance l’ex-nageuse-synchronisée. Rivière-du-Loup les avait présentés en 1971 et à l’époque, ç’a avait été un évènement marquant. Plusieurs étaient d’avis que 50 ans plus tard, l’occasion était belle pour répéter l’expérience. Comme c’est important pour moi de redonner aux gens de chez nous qui m’ont beaucoup aidée tout au long de ma carrière, je me suis d’abord impliquée dans le processus de mise en candidature avec ma mère et des gens de la région. Nous sommes ensuite allés chercher du financement. En tant que co-présidente mon travail est principalement axé au plan sportif et du développement au niveau des jeunes.»

C’est à la suite de ses études que Marie-Pier est retournée vivre à Rivière-du-Loup avec son chum pour pratiquer comme pharmacienne, après avoir passé une quinzaine d’années à Montréal. Elle y a retrouvé sa mère, ses deux frères et de nombreux fans qui la reconnaissent encore.

«Rivière-du-Loup et Montréal ont toujours été mes deux coups de cœur. J’adore vivre à Rivière-du-Loup, qui offre une belle qualité de vie avec le fleuve juste à côté. Quand je restais à Montréal, j’y revenais souvent voir ma famille. Montréal, c’est la diversité et le côté urbain. J’en profite quand parfois je dis à mon chum, on s’en va à Montréal voir des spectacles.» 

Quatre ans de plus

C’est en 2012, au lendemain des Jeux de Londres, que Marie-Pier a accroché son pince-nez et son casque de bain et a tourné la page sur sa carrière en nage synchronisée. Une décision prise avec la satisfaction du devoir accompli.

«J’avais envisagé en 2008 de mettre un terme à ma carrière. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir continué. Ce fut les quatre meilleures années de l’équipe. Je me considère vraiment chanceuse d’avoir pris part à la remontée de Synchro Canada (maintenant Natation Artistique Canada), après avoir connu un peu la descente. Ça faisait longtemps que le Canada n’avait pas mis les pieds sur le podium lors des championnats du monde quand nous l’avons fait en 2009. Pour moi, ça été un leitmotiv pour poursuivre jusqu’en 2012.»

Même si elle aurait souhaité revenir de Londres avec une médaille au cou, la Louperivoise ne garde aucune amertume des Jeux de 2012. Elle explique que les Canadiennes avaient offert une performance à la hauteur de leurs attentes. Et que la performance, c’est ce qui importe pour un athlète.

«C’est drôle parce qu’après les Jeux, beaucoup de gens me félicitaient pour ma médaille de bronze. Quand je leur disais que nous avions fini quatrièmes, ils me répondaient que c’était dommage parce que nous avions vraiment bien nagé. La performance, c’est ce qui reste.» 

Contrairement à ses coéquipières, Marie-Pier n’a pas pris part, à son retour au pays, à la tournée post-olympique. Elle a plutôt préparé son retour sur les bancs d’école qu’elle a fait au début du mois de septembre 2012. Un choix qu’elle ne regrette pas, car elle n’était pas prête à retarder ses études en pharmacie. Son retour à une vie plus «normale» a cependant été ardue, principalement à cause du «syndrome de performance» qui l’animait.

«Quand on a été parmi les meilleures au monde dans une discipline, on veut continuer à performer autant, peu importe le domaine. Et ce n’est pas toujours possible. La transition a été difficile. Quand j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis remise à faire une heure de sport par jour. Ça m’a permis de retrouver un certain équilibre. Je ne suis pas certaine que l’on se débarrasse complètement de ce “syndrome” quand on a été athlète. C’est quelque chose avec laquelle je vais jongler toute ma vie. Il faut apprendre à se raisonner. Et c’est sûr que mon conjoint, ma famille et mes amis m’aident beaucoup dans le processus.»

Pour Marie-Pier, le retour à une vie plus «normale» a aussi eu ses avantages. Elle a pu se rapprocher des siens, fonder sa propre famille et profiter de la vie. «Des fois s’assoir et ne rien faire, ça fait aussi du bien. 

«Mais j’ai gardé contact avec la nage synchronisée. Je suis allée avec Julie Sauvé travailler avec l’équipe du Brésil pour les Jeux de 2016 puis à Singapour. Et je nage occasionnellement pour le plaisir avec les Flamands roses de Rivière-du-Loup. C’est juste assez pour ne pas décrocher complètement tout en gardant une certaine distance pour pouvoir me dire : “Oui, je suis passée à autre chose.” Mais outre l’entraînement en piscine, il n’y a que la synchro qui me satisfasse pleinement. Dans les autres sports, je suis comme un poisson hors de l’eau. Je ne suis pas très bonne.»

Sports, etc

Jean-François Côté amoureux du baseball

Ça fait presque 20 ans que Jean-François Côté est absent de la scène du baseball régional. Hormis un retour d’une saison comme entraîneur-chef dans le midget AA, il ne s’est pas impliqué avec quelque organisation que ce soit, lui qui avait pourtant travaillé à la naissance de l’équipe de baseball du Rouge et Or et des Capitales, et qui avait été entraîneur dans la LBJEQ. Mais qu’on ne se trompe pas, cette absence n’avait rien à voir avec un manque de passion.

«Je suis un amoureux du baseball», lance Côté. Ç’a toujours été ça, avant même le Rouge et Or ou les Capitales. Quand j’étais enfant et qu’il y avait du hockey à la télévision, je l’écoutais et j’aimais ça. Mais quand c’était du baseball, c’était la folie. Personne n’avait le droit de toucher à la télé, de parler ou de faire quoi que ce soit qui aurait pu me déranger. Au fil des ans, ma passion et mes différentes implications m’ont permis d’acquérir des connaissances historiques, administratives et sur le terrain qui m’ont poussé à en connaître toujours davantage. Malheureusement, quand tu commences à en savoir un peu plus sur le baseball, tu te rends compte que plus tu en sais, moins tu en sais, car il y en a toujours plus à savoir.

«Le baseball, c’est donc la chose avec laquelle je suis le plus familier. J’aime l’informatique, les chiffres, mon travail, mes amis, mais le domaine où je suis le plus à l’aise, c’est celui du baseball. Encore aujourd’hui, j’écoute au moins un match de baseball par jour sur MLB TV.»

C’est au début des années 2000 que Côté a mis fin à ses implications dans le monde du baseball. Il a décidé d’arrêter de courir après ses rêves afin de s’occuper de sa santé financière et de se bâtir une retraite à son goût. Et il est allé travailler comme analyste dans le domaine de l’informatique où il est devenu un spécialiste du système Excel.

«Je n’ai pas vraiment eu de deuil du baseball à faire parce que je ne suis pas resté chez moi à ne rien faire. Je me suis rapidement aperçu que mon trip, c’était de partir des projets, mais que le travail de gestionnaire dans une équipe n’était pas vraiment quelque chose qui m’intéressait. En fait, la seule chose dont je me suis ennuyé, c’est d’être sur le terrain avec les jeunes, l’esprit de gang, vendre un concept et de prendre des décisions. Parce qu’au baseball, l’implication du coach pendant le jeu est unique. L’entraîneur a un impact direct sur le résultat d’un match, à chaque match.»

Feuille de route remplie

Côté a marqué le baseball régional à bien des niveaux. Et il avait une feuille de route bien remplie quand il a réorienté sa carrière. Avec son bon ami André Lachance, avec qui il a dirigé les Diamants de Québec à leur deuxième année d’existence, il a d’abord mis au monde le programme de baseball du Rouge et Or de l’Université Laval, une équipe qu’il a dirigée jusqu’en 1999, avec laquelle il a décroché un titre national et dont il dit que ce fut un trip exceptionnel, un projet qui n’avait que du positif... à l’exception de la météo. Le duo est aussi responsable de la naissance des Capitales. Lachance a eu l’idée d’emmener du baseball professionnel à Québec et Côté a travaillé à convaincre Miles Wolff d’installer une franchise au Stade municipal. On connaît la suite...

«Ça s’est fait en trois étapes. André Lachance est celui qui a fait le clin d’œil à la fille, moi, j’ai été le géniteur et Nicolas Labbé a mis l’enfant au monde. C’est lui qui a fait que le 3 juin 1999, les Capitales étaient prêts à recevoir les gens au stade. Par la suite, Michel Laplante l’a fait grandir.

«Je ressens un grand sentiment de fierté du devoir accompli. Ce que je retiens de ma carrière au baseball, c’est la chance que j’ai eue. J’ai fait des rencontres exceptionnelles comme M. Wolff que j’ai cruisé pendant cinq ans. Et ça, c’est peut-être la chose dont je suis le plus fier. Avoir convaincu un millionnaire américain à déménager à Québec pour partir du baseball.»

Côté pensait bien que son implication dans le baseball était chose du passé. Mais l’automne dernier, dans le cadre d’un reportage sur les 20 ans des Capitales, il a jasé avec André Lachance qui lui a proposé d’accompagner l’équipe nationale féminine de développement à un camp d’entraînement à Cuba. C’est là qu’il a compris que son implication n’était pas terminée.

«J’ai réalisé que j’aime encore le baseball, que j’aime ça autant qu’avant. Et j’ai su que j’allais me réimpliquer. De quelle manière? Je ne le sais pas. En coachant? En travaillant sur un c.a. de quelque chose? En partant une business? En étant dans la vente d’équipement? Je ne sais pas. Mais j’ai encore des projets de fou. La seule façon d’avoir une bonne idée, c’est d’avoir plein d’idées. Et j’ai un rêve que je caresse pour ma retraite. Comme j’ai de grandes connaissances dans le système Excel et que j’ai accès aux statistiques avancées du baseball, j’aimerais me partir une petite business qui offrirait des stats avancées à des équipes professionnelles mineures. Est-ce la manière dont je reviendrai au baseball? Je ne sais pas. On verra.»