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Frédérick Roy: carburer aux défis

Quand il s’est pointé à Québec en 2003 avec la formation du Colorado pour jouer au Tournoi pee-wee, Frédérick Roy savait très bien que contrairement à la très grande majorité des joueurs, il serait précédé par sa réputation. Fils de Patrick Roy, enfant chéri de Québec et alors gardien de but de l’Avalanche, il ne passerait pas incognito et aurait même les projecteurs braqués sur lui. Mais cela ne l’a jamais dérangé.

«J’étais plus excité que nerveux, avoue Roy. Je connaissais très bien la réputation du Tournoi pee-wee. Je savais que c’était un des plus gros au monde. J’étais donc très heureux de pouvoir vivre cette expérience-là mais aussi de pouvoir jouer dans la ville d’où était originaire toute ma famille. C’était une belle source de motivation. J’avais un peu de pression mais pour moi, c’était quelque chose de l’fun. Je voyais ça comme un défi et une occasion de pouvoir vivre quelque chose d’extraordinaire. Être au Tournoi pee-wee, c’était un privilège. Les souvenirs que j’ai, je vais les garder toute ma vie.»

Roy a quitté Québec avec une médaille de champion au cou dans la classe International B. L’année suivante, Roy est revenu au tournoi. Mais son père ayant pris sa retraite et déménagé dans la région, c’est avec les Seigneurs de Beaubourg qu’il s’est aligné.

«Pour moi, rien n’avait changé, c’était encore un privilège de jouer au tournoi. Mais comme j’avais goûté à la victoire, je voulais de nouveau gagner un championnat. J’avais donc un autre défi.»

Considéré par plusieurs comme trop petit pour faire sa marque dans les niveaux supérieurs, Roy a aussi dû se battre avec les ragots qui disaient que s’il avait joué dans certaines équipes, c’était à cause de son père. Ce qui aurait pu le décourager fut pour lui une motivation. «C’était frustrant. Mais je savais ce que je valais. Je me disais : “Je vais leur prouver que je suis capable de jouer”. Et à ce niveau-là, j’ai toujours eu le support de mes parents qui m’ont toujours encouragé, tout comme mon frère et ma sœur.

«Mais pour rivaliser avec les plus grands, je ne pouvais jamais prendre de journée off. Il fallait tout le temps que je sois à mon maximum. C’est une qualité que mon père m’avait inculquée et qui me sert toujours.»

Après avoir joué dans le midget AAA avec le Blizzard du SSF, Roy s’est retrouvé avec les Remparts où il a évolué sous les ordres de son père et aux côtés de son frère Jonathan. Il y a vécu des moments mémorables. Fidèle à lui même, il a joué avec intensité.

«À chaque fois que je sautais sur la patinoire, je voulais gagner. Et je savais m’évaluer comme joueur et comme personne. Je connaissais mes forces et mes faiblesses. Je n’étais pas un compteur de 50 buts, mais je pouvais bien compléter un trio parce que j’allais dans les coins. Et quand on avait besoin d’un joueur pour bloquer les gros lancers, j’étais là. J’étais prêt à faire les sacrifices nécessaires pour le club. Mais dans le fond, ce n’était pas des sacrifices. J’étais choyé de jouer au hockey pour les Remparts. C’était une belle famille.»

Après cinq saisons à Québec, Roy s’est retrouvé dans la Ligue américaine avec les Americains de Rochester où il a passé deux saisons. À la fin de la campagne 2014, il a accroché ses patins.

«Mon père m’a toujours dit : “Tu vides la tank et après, tu n’as pas de regret”. J’étais rendu au bout de ma tank. J’avais eu du plaisir à jouer au hockey, mais là, je trippais moins. Et comme je n’avais pas terminé mon cégep, je désirais retourner aux études pour assurer mon avenir.

«Je suis très fier de ma carrière. Partout où je suis passé, j’ai prouvé que j’avais ma place. Je suis aussi très fier d’avoir joué pour mon père. C’est un grand homme. Au niveau hockey, mais aussi personnel. Je lui suis très reconnaissant, comme je le suis à ma mère, pour toutes les valeurs qu’ils m’ont inculquées.»

Lendemains difficiles

Les lendemains de retraite du joueur ont été difficiles. Il s’est rendu compte qu’il avait perdu son identité. Et ne sachant pas dans quel domaine il referait sa vie, il a ressenti un peu d’anxiété. Il est d’abord allé à l’Université Concordia pour obtenir ses préalables pour entreprendre des études universitaires. Il a pensé étudier en finances, le côté des affaires l’attirant. Mais il a finalement opté pour le droit civil à l’Université d’Ottawa. «Je suis tellement heureux ici. Mes études m’ont permis de mieux me connaître et de m’intéresser à l’histoire et la politique du Québec et du Canada.»

Comment Roy voit-il son avenir? Il dit l’ignorer. Il se voit très bien exercer la profession d’avocat, mais il rêve aussi de brasser des affaires et avoir son entreprise ou même retourner dans les sphères du hockey où les avocats sont de plus en plus nombreux du côté administratif.

«Il y a plein de portes ouvertes. Pour le moment, je suis en mode apprentissage. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise voie. Pour bâtir quelque chose, il faut commencer par les fondations. Je dois d’abord finir mon bac, les opportunités viendront après. Mais je trippe dans ce que je fais.»

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Sylvain Côté: marquer l’histoire

Il en est passé des hockeyeurs au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, qui célèbre cette année son 60e anniversaire. Du nombre, seulement une poignée ont marqué l’histoire de l’évènement. Sylvain Côté est l’un de ceux-là. Originaire de Québec, il a été, en 1978 et de 1979, le chouchou des amateurs qui ont rempli à craquer le vieux Colisée à chacun des matchs qu’il a disputés avec l’équipe de DSNCO (Duberger-Les Saules-Neufchâtel-Charlesbourg Ouest).

«Ce sont de bons souvenirs», explique le défenseur reconnu pour ses habiletés et son puissant lancer frappé qui terrorisait les gardiens. «C’est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier. Chez nous, le Tournoi pee-wee était une tradition. Mes parents gardaient des jeunes qui jouaient au tournoi. Très tôt, j’ai pu réaliser l’ampleur de l’événement. J’ai été chanceux de pouvoir y prendre part et de gagner la finale deux années de suite.»

Côté ne croit pas que c’est à cause de lui que les amateurs de hockey de Québec s’étaient rendus si nombreux pour assister à ses matchs. Il est d’avis que c’est pour la formation de DSNCO qu’ils avaient vibré, une équipe locale, très talentueuse ayant obtenu le support de la ville de Québec et de sa région.  

«Jouer au Tournoi pee-wee a été un événement marquant dans ma carrière. J’étais bien heureux que mon fils puisse vivre cette aventure-là (2013) qui, comme ça a été le cas chez moi, grandirait avec lui toute sa vie durant», mentionne le défenseur qui rappelle que tout au long de ma carrière, il a eu la chance de jouer avec des équipes compétitives, dirigées par d’excellents entraîneurs, ayant connu beaucoup de succès. «J’ai gagné un championnat dans le midget AAA avec les Gouverneurs de Sainte-Foy avant de perdre en finale de la Coupe Air Canada, le championnat de la LHJMQ avec les Olympiques de Hull et j’ai joué dans une finale de la Coupe Stanley avec les Stars.»

Capitaine Sylvain Côté

Coté a accroché ses patins en 2002. Son utilisation ayant été limitée à un match pendant le premier mois du calendrier, il a rencontré le dg des Capitals afin de parler de son avenir.

«Être laissé de côté match après match, ce n’était pas la manière que je désirais terminer ma carrière. Alors les Caps ont un peu facilité ma retraite.»

Mais si Côté aimait toujours autant jouer au hockey, ce ne fut pas véritablement un choc pour lui d’arrêter. Après 18 saisons, il savait que la retraite s’en venait et il avait déjà commencé à se préparer pour son après carrière. Accrocher ses patins fut donc moins douloureux. 

«C’est sans regret que j’ai pris ma retraite. J’avais évolué 18 saisons dans la Ligue nationale, joué plus de 1000 matchs (1171) et j’avais eu la chance de prendre part à une finale de la Coupe Stanley. J’ai donc eu une belle carrière. J’ai été très discipliné pour être dans un bon état physique et mental pour jouer aussi longtemps et j’ai été chanceux au niveau des blessures. Je suis fier. Ma carrière est le fruit de ma grande motivation, de mon travail et de mon amour pour le hockey et de la compétition.

«En fait, j’ai un regret et c’est de ne pas avoir gagné une Coupe Stanley. Mais je ne crois pas que cela jette de l’ombre sur ma carrière. Plusieurs excellents joueurs de la LNH n’ont même pas eu la chance de participer à la finale. Pour la gagner la Coupe, il faut que la terre, le soleil et les étoiles soient tous alignés.»

Grand amateur de pêche en haute mer, un sport qu’il a découvert au milieu des années 90, Côté avait, en 2002, pris des arrangements pour se faire construire un bateau de pêche, l’Espadon, qui lui permettrait  de pratiquer son sport favori et même lancer sa propre entreprise d’excursions. Sa retraite lui a permis de s’impliquer dans sa construction et d’acquérir les connaissances pour en assurer lui-même l’entretien aujourd’hui.

«Comme la plupart de mes clients sont des gens que j’ai connus il y a plusieurs années, ils sont au courant de mon passé. On parle donc beaucoup de hockey. C’est la même chose avec la personne que j’ai engagée pour conduire mon bateau, un grand amateur de hockey et un fan des Capitales.»

Adepte de la pêche sportive dans laquelle il s’est signalé dans différentes compétitions, Côté a aussi commencé à s’adonner à la pêche commerciale du thon rouge de l’Atlantique (Bluefin Tuna)  en Caroline du Nord, une activité qu’il peut pratiquer entre janvier et mars.

«C’est le fun d’emmener des gens pêcher. Mais quand on aime la pêche, on veut aussi prendre soi-même du poisson. La semaine dernière, on a attrapé deux thons rouges dont un est de très très bonne qualité. Il sera vendu dans le cadre d’une enchère au Japon.»

Même s’il est très occupé par ses activités professionnelles, Côté s’intéresse toujours au hockey. Il suit assidument les activités de la LNH et assiste régulièrement à des matchs des Capitals. De plus il participe à des activités de promotion du hockey.

«J’ai recommencé à jouer il y a un an. Avant, je disputais un match par année avec des anciens. Maintenant, je joue tous les vendredis matin. C’est du hockey récréatif. Nous avons une belle gang et beaucoup de plaisir.»

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Charles Fortier: partager, donner et aider

Président chez Planica, cabinet de services financiers, une entreprise qu’il a fondée il y a une douzaine d’années avec trois partenaires, et travaillant sur d’autres projets, Charles Fortier aurait toutes les raisons du monde de se concentrer sur sa carrière professionnelle. Mais ça serait bien mal le connaître.

«Ce que j’aime le plus dans la vie, c’est de partager, d’aider et de donner», avoue l’ex-basketteur aujourd’hui président du conseil d’administration des équipes de basket du Rouge et Or. «C’est quelque chose qui est en moi, un besoin que j’ai. Dans la vie, il ne faut pas juste prendre. Il faut redonner, autant en temps qu’en argent. C’est pour cette raison que je m’implique avec le Rouge et Or, mais aussi dans plein de causes et avec certaines fondations comme le Pignon Bleu. 

«Un de mes rêves serait d’ailleurs de créer ma propre fondation. J’ai quelques idées, mais rien de précis. J’aimerais aider les jeunes sportifs en général.»

Qu’on se le dise, le basket demeurera toujours la grande passion de Fortier. Il y joue d’ailleurs encore quelques fois par semaine. Et quand il est sur le terrain, il demeure aussi compétitif.

«Dans ma tête, j’ai encore 25 ans. Je devrai cependant être opéré à une hanche. Je sais que je devrai bientôt lâcher le gros calibre. Mais pour moi, le basket est un mode de vie. J’ai besoin de l’adrénaline qu’il m’apporte. Je ne pourrai jamais arrêter du jour au lendemain.»

Outre son implication avec le programme lavallois, Fortier a aussi donné dans le coaching quand il a remplacé au pied levé l’entraîneur de l’équipe de la fille aînée de sa conjointe, qui évoluait au niveau collégial AA.

«J’ai adoré ça. Je pense que je vais arrêter de m’impliquer dans le basket le jour où mes enfants ne joueront plus. Ma petite cocotte de huit ans vient de commencer. C’est certain que je vais vouloir la coacher. Tant qu’à être dans les estrades pour assister aux entraînements et aux matchs, aussi bien être derrière le banc.

«Et c’est certain que lorsque je ne m’impliquerai plus activement, je vais demeurer donateur, probablement dans des programmes de bourses pour les étudiants-athlètes. Le basket m’a tellement apporté, je vais toujours être là pour lui.»

D’Amos à Québec

Originaire d’Amos, Fortier a joué son basket collégial au Cégep Montmorency. Approché par la suite par plusieurs universités, dont certaines étaient américaines, il a finalement opté pour le Rouge et Or, un programme qui, à l’époque, n’allait nulle part.

«Les gens me disaient tous : “Pourquoi aller dans un programme comme celui-là? Tu pourrais être le premier gars de l’Abitibi à aller jouer aux États-Unis’.’ Mais même si j’avais reçu des offres d’équipes de première division, je n’avais pas été recruté par Duke ou Michigan. Je me serais probablement retrouvé dans un programme où je n’aurais jamais gagné un championnat. Et comme je ne ferais pas ma vie aux États-Unis, quelle serait la valeur de mon diplôme au Québec?

«À Laval, je connaissais bien Jacques Paiement qui était arrivé l’année d’avant. Et il y avait deux ou trois autres gars qui avaient l’intention d’aller à Laval. On avait l’occasion de relever un beau challenge, j’avais confiance que nous allions faire tourner le vent de bord. Et puis j’ai toujours trouvé que Québec était une belle ville pour les sportifs, une ville où, si on fait bien sa job, on est un bon athlète et une bonne personne, on va avoir de la visibilité et se faire un nom dans la communauté.»

C’est avec en poche quatre championnats provinciaux en cinq ans, un bac et une maîtrise en administration que Fortier a tourné la page sur sa carrière universitaire. Il a eu la chance de poursuivre sa carrière avec les Kebs de Québec de l’American Basketball Association. Une expérience dont il a savouré chaque instant et qui lui a permis, parallèlement au basket, de démarrer Planica. Confronté à des joueurs de fort calibre, Fortier ne s’en est jamais laissé imposer. En compagnie de Samuel Audet-Sow, il a même été invité au match des étoiles de la ligue. Et au moment où il a décidé de prendre sa retraite, il a été approché par les Wizards de Washington qui pensaient l’inviter à leur camp d’entraînement. Le projet ne s’est finalement pas concrétisé.

«Ça aurait été un méchant trip. Surtout qu’à l’époque, le propriétaire de l’équipe était Michael Jordan, mon idole. Même si je m’étais entraîné très fort, je ne suis pas sorti de là déçu. J’avais fait ce que j’avais à faire et au même moment, mon entreprise commençait à prendre beaucoup d’expansion.»

Aujourd’hui, Planica, dont la clientèle est très ciblée — les médecins —, compte une trentaine d’employés. Fortier est d’avis que l’entrepreneur qu’il est devenu ressemble beaucoup au basketteur qu’il était.

«Je n’étais peut-être pas le plus grand athlète, mais j’ai toujours été celui qui travaillait le plus fort et qui était le plus discipliné. C’est la raison pour laquelle je suis aussi fier de ma carrière d’athlète que je le suis de ma carrière d’homme d’affaires.»

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Caroline Boucher: continuer à voyager

La patineuse Caroline Boucher a toujours eu la bougeotte et aimé connaître les gens et leur culture. Pendant huit ans, elle a patiné pour Disney on Ice et elle a voyagé aux quatre coins de la planète. Et quand elle a accroché ses lames, elle est allée enseigner au Pérou. Mais même si elle est maintenant installée au Québec, elle demeure très proche de ses passions en enseignant le français aux nouveaux arrivants.

«La francisation est arrivée via mon intérêt pour le multiculturalisme», explique la patineuse de Saint-Jean-Chrysostome. En quelque part, c’était pour moi une manière de voyager et d’aider les gens en leur faisant profiter de ce que j’ai acquis lors de mes nombreux voyages. Je sais ce qu’ils vivent quand ils arrivent ici. Je sais c’est quoi remplir des papiers, les problèmes administratifs, les barrières qu’ils rencontrent, etc. Je sais aussi c’est quoi être loin de sa famille et de ne pas connaître la langue. 

«Pour moi, la francisation, c’était comme un peu de continuer à utiliser mon passé pour ne pas me sentir trop loin de ce que je venais peut-être de perdre.»

C’est par le biais du petit écran que Caroline était tombée en amour avec le patinage artistique et qu’elle avait commencé à le pratiquer. Mais c’est après vu des spectacles des troupes Holiday on Ice et Ice Capade qu’elle avait senti que le monde du spectacle la charmait davantage que la compétition. «Plus tard, c’est ce que je vais faire», avait-elle dit à sa mère».

Caroline avait renoncé à son rêve de petite fille pour poursuivre des études universitaires parallèlement à une carrière d’entraîneuse quand le destin lui a donné par trois fois une occasion de le réaliser. Obligée d’abandonner chum, maison et études, elle avait préféré ne pas profiter d’opportunités offertes par Disney et les Ice Capades. Vivant avec des regrets, elle était prête quand Disney est retourné à Montréal. 

«J’ai fait une audition en avril. Par la suite, je suis allée voir le directeur artistique pour avoir du feedback sur celle-ci. Quand j’ai vu ce qu’il avait écrit sur sa feuille, je me suis dit qu’il fallait que je soir prête quand il m’appellerait, car ma chance ne se présenterait pas une quatrième fois. J’ai donc tout laissé derrière et attendu. Ce n’est qu’en juin ou en juillet que j’ai reçu un courriel m’annonçant que j’avais un contrat et que je partais pour un an.»

En tournée aux États-Unis et au Canada lors de sa première année, Caroline n’eût pas une expérience à la hauteur des ses attentes même si la magie avait toujours été là quand elle patinait. Mais elle est quand même demeurée chez Disney. Elle a ensuite travaillé sur des spectacles complètement nouveaux et fait le tour du monde.

«Aussitôt que j’entendais “OK, cinq minutes” et que la trame sonore commençait, j’avais des frissons. C’est incroyable l’énergie que l’on ressentait lorsque l’on rentrait sur la patinoire. C’était comme une drogue qui nous animait pendant tout le spectacle. Et la réaction de gens à la fin, c’était très gratifiant.

«Ce qu’il y avait de magique aussi, c’était de jouer un personnage et de l’emmener toujours plus loin pour que les spectateurs y croient. Et plus le public réagissait, plus tu avais été bonne.»

Enseignante au Pérou

C’est à cause d’une blessure que Caroline a mis fin à sa carrière chez Disney. Elle a alors eu du mal à retrouver une vie «normale». C’est une des raisons qui l’incita à enseigner à l’étranger. Elle souhaitait aller en Argentine, un pays qu’elle avait adoré, mais c’est finalement au Pérou qu’elle a eu l’opportunité de travailler. Enseignante au primaire, Caroline a vécu dans une famille. Elle a pu connaître les us et les coutumes des gens, mais aussi parfaire son espagnol. Elle a aussi appris que la perception que l’on pouvait avoir de la réalité des gens était bien différente de ce que pouvait être cette réalité.

«Quand je suis revenue au Québec, j’ai vécu une période d’adaptation et une remise en question. Et même ça va bientôt faire six ans que je suis revenue au Québec, j’ai encore de la difficulté avec la rigidité et la routine.»

À son retour au pays, la Québécoise est d’abord retournée dans le milieu scolaire. C’est en faisant de la traduction pour des travailleurs étrangers parlant espagnol qu’elle en est venue à faire de la francisation auprès des nouveaux arrivants et qu’elle est devenue examinatrice au Collège Stanislas aux examens qui permettent la reconnaissance des compétences du français pour obtenir la résidence permanente au Québec.

«Parallèlement, j’ai recommencé à enseigner le patin. Je n’étais pas certaine que j’aurais de l’intérêt pour ça. Mais l’idée d’encadrer des jeunes et de les emmener plus loin, de leur apporter quelque chose qui va leur servir toute leur vie, pas juste au niveau sportif, m’a convaincue de m’impliquer.

Caroline s’est-elle posée pour toujours au Québec? «C’est sûr que l’envie de voyager sera toujours là. Pour moi, c’est un ressourcement. J’ai encore des projets qui sont comme un peu cachés à réaliser. Et il me reste encore du temps pour le faire.»

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Jean Sayegh: d’un extrême à l’autre

Jean Sayegh est passé d’un extrême à l’autre le jour où il a renoncé à sa carrière en water-polo pour amorcer sa vie professionnelle en tant que planificateur financier. Membre de l’équipe nationale et profitant d’un solide encadrement à tous les niveaux, il a alors choisi de devenir travailleur autonome.

«Je me suis lancé dans le vide, avoue Sayegh. Ça aurait pu ne pas marcher. J’aurais pu choker et backer. Mais ça n’aurait pas été grave parce que j’aurais pu, après six mois, un an ou deux, tout abandonner et aller travailler ailleurs. Je n’étais donc pas inquiet. Mais ç’a quand même été tough de devoir tout gérer. Heureusement, j’étais bien encadré par mon mentor et patron du temps Stéphane Roy. Et une belle équipe qui nous entourait. 

«En tant que travailleur autonome, il fallait que je travaille et que j’aille chercher de nouveaux clients. C’était un stress, mais je m’étais organisé en conséquence. La planification, j’avais ça dans le sang. J’avais donc bien budgété ma fin de carrière d’athlète et le début de l’autre.»

Sayegh indique qu’il n’avait rien à perdre avant d’ajouter qu’après avoir renoncé à une bourse d’études complètes à la California State University — à la dernière minute il avait renoncé à poster son formulaire d’inscription parce qu’il avait peur de quitter sa famille, sa nouvelle blonde et ses amis pour se retrouver dans un milieu anglophone — il s’était promis de ne plus jamais laisser passer une belle opportunité.

«Ç’a été la plus grande leçon de ma vie. À partir de ce moment-là, je me suis dit que j’allais essayer. Et si ça marche, ça marchera et dans le cas contraire, qu’est-ce que j’aurai perdu?

«Il faut que tu vises la médaille d’or aux Olympiques, pour peut-être décrocher l’argent ou le bronze. Mais si tu vises juste d’aller aux Jeux, ça se peut que tu ne t’y rendes pas. Il faut avoir de grands rêves pour croire en ses capacités.»

Sayegh est aujourd’hui partenaire chez Sommet groupe financier. Menant sa carrière de planificateur financier de la même manière que sa carrière de poloïste — il cherche constamment à s’améliorer et à devenir meilleur — il n’a mis qu’une dizaine d’années à passer le cap des 600 clients. Des résultats qui lui ont permis d’être nommé parmi les 25 étoiles montantes (25 Rising Stars) de l’industrie de la gestion financière par le journal Financial News.

«Un honneur dont je suis fier, mais sans plus. Je ne m’arrête pas à ça et je continue à foncer. J’ai une belle carrière et une clientèle extraordinaire, des gens que je considère comme des amis. Je suis super heureux. Dans mon domaine, Sky is the limit. Toujours en gardant un équilibre et en ayant du temps pour ma famille et une belle qualité de vie.» 

Boucler la boucle

Sayegh a pris sa retraite du water-polo en 2008 à la suite de sa participation aux Jeux de Pékin. Il avait 28 ans et n’avait pas encore atteint son plein potentiel. Mais il avait un emploi qui l’attendait dans son champ d’études universitaires.  «À la fin de mon cycle olympique, j’étais rendu ailleurs. On avait réussi à se qualifier pour les JO. Il était temps de passer à autre chose.» 

Le poloïste explique que sa participation aux JO avait été l’occasion de boucler la boucle. Il s’y est rendu avec l’intention de profiter du moment présent et de s’amuser, mais en même temps, il avait un travail à faire. Il y a vécu une expérience extraordinaire.

«Après les Jeux, j’ai reçu des offres pour jouer pro en Europe. Ça n’a pas été facile de fermer la porte sur le water-polo. Mais je me suis dit qu’une belle carrière m’attendait et que j’avais vécu mon trip olympique et mon trip d’athlète. Aujourd’hui, mon seul regret, c’est de ne plus avoir ma forme physique d’antan. J’ai toujours l’envie de redevenir l’athlète que j’étais et ça me stimule toujours autant d’aller au gym. Je suis toujours aussi compétitif. Mais avec le travail et la famille, je ne peux que faire ce que je peux avec le temps que j’ai.»

Même s’il est à la retraite depuis bientôt une douzaine d’années, Sayegh est d’avis que son passé est encore bien présent malgré ses succès professionnels. «Quand les gens recherchent sur Jean Sayegh sur Google, il sort en speedo (rires). Le fait que je sois allé Jeux impressionne bien des gens. Personnellement, je ne mets jamais ça de l’avant. Mais quand les gens me posent des questions, ça me fait plaisir de leur répondre.... et ça me ramène de beaux souvenirs.»

Malgré ses nombreuses occupations, Sayegh demeure impliqué en water-polo. Non seulement il joue dans des ligues de «garage» où il retrouve ses amis d’enfance, mais il redonne au niveau régional (il a même été président du club des Hydres de Sainte-Foy), et il l’a fait avec la Fédération provinciale et Water-Polo Canada.

Une question se pose. De laquelle de ses deux carrières, Jean Sayegh est-il le plus fier? «J’ai une carrière extraordinaire en water-polo. Le sport va toujours rester le plus beau cadeau que j’ai eu. Mais ce que je vis présentement l’est aussi parce que je sens que je n’ai pas de limite. Les deux m’ont vraiment apporté beaucoup. Je ne voudrais pas en échanger une pour l’autre.»

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René Perreault: un athlète privilégié

Rares sont athlètes amateurs qui ont pu vivre de leur sport pendant leur carrière et après avoir renoncé à la compétition. En ce sens, René Perreault, qui a pratiqué le karaté puis la boxe, est un privilégié.

«Mes deux passions m’ont permis de gagner ma vie depuis que je suis sur le marché du travail», explique -t-il. «Jamais depuis que je suis âgé de 16 ans je n’ai eu à faire un boulot que je n’aimais pas. J’ai d’abord été entraîneur de karaté et aujourd’hui, je suis coach de boxe à temps plein. 

«Le coaching c’est un souvent un deuxième boulot que les gens font le soir, après leur journée et les fins de semaine. Moi j’ai la chance de recevoir mes premiers clients vers 7h30 le matin. Et vers 17h-17h30, mes journées sont terminées. Ça me permet d’avoir une vie normale avec ma conjointe et mes enfants.»

Possédant son gym privé aménagé au sous-sol de sa résidence, Perreault possède une clientèle principalement composée de gens d’affaires. Des personnes qui veulent se mettre en forme, mais aussi goûter au plaisir de boxer.... sans risquer de se blesser parce qu’ils n’ambitionnent pas de devenir des champions. 

«Je veux qu’ils trippent. Tous les jours, j’aide des amis et des clients à se mettre en forme et je mets les gants afin de leur faire vivre ma passion, de leur faire ressentir le feeling de boxer et de leur partager mes trucs. Je veux qu’ils reprennent goût à être en bonne condition physique en s’améliorant au niveau de la boxe et en s’amusant.

«Je me bats avec tout le monde ce qui est bien parce que ça me tient en forme. Et comme en karaté, j’ai appris à contrôler mes coups. Je suis capable de calibrer ma vitesse et ma force. Tout le monde vit l’expérience de la boxe à plein, mais personne ne reçoit de coups trop fort parce que c’est moi qui le gère. Les gens ont donc le côté cardio, le niveau physique et le côté musculaire de la boxe. Ils peuvent vivre l’expérience de combattre sans le danger de subir une commotion cérébrale ou de se faire casser le nez. C’est le meilleur des deux mondes. Et la satisfaction de victoire que j’avais jadis, je la retrouve dans le plaisir que les gens ont.»

Champion du monde

Perreault avait six ans quand il a suivi les traces de sa sœur Nathalie et de son frère Denis et qu’il a commencé à pratiquer le karaté. Mais c’est seulement après avoir découvert la compétition, vers l’âge de 12 ans, qu’il tomba en amour avec ce sport. Rapidement, grâce à ses qualités athlétiques, son travail et son talent, il s’est imposé ce qui l’a amené à faire de la compétition. À la fin des années 90, après des premiers succès sur la scène régionale, il amorça son ascension jusqu’à la scène internationale où il compétitionna pour une formation américaine qui le fit voyager aux quatre coins du monde où il prit part aux plus grosses compétitions et décrocha cinq titres mondiaux. Appelé à moins voyager à la suite des attentats du World Trade Center en 2001, Perreault se laissa séduire par la boxe. Il s’entraîna dans les deux disciplines jusqu’en 2002.

«J’ai mis le karaté de côté. Je considérais avoir atteint les plus hauts sommets et j’avais l’impression d’avoir fait un peu le tour. Et je m’étais rendu compte que j’étais doué en boxe et je voulais voir jusqu’à quel niveau je pourrais me rendre en boxe. Je n’ai jamais eu l’ambition d’aller chez lez pros. Ce que j’aimais de la boxe olympique, c’était l’idée de se battre pour marquer des points et le côté sportif. Et j’ai toujours trouvé que lors des combats, l’accent était mis sur l’athlète et non sur le spectacle comme à la boxe professionnelle.

Perreault a livré près d’une trentaine de combats. Il a notamment remporté les gants dorés. C’est après avoir raté sa qualification pour les championnats canadiens qu’il a accroché ses gants. «Au grand plaisir de ma mère (rires). Je connaissais les risques de subir des commotions cérébrales et leurs conséquences. Et j’étais conscient qu’ils augmentaient à chaque fois que j’allais dans un calibre supérieur.»

Loin du ring pendant quelques années, Perreault a renoué avec ses anciens amours quand il a pris part à un championnat du monde de karaté. Entraîneur de sa conjointe, il a décidé de recommencer à faire de la compétition afin de passer le temps pendant les compétitions de sa conjointe. Et c’est comme ça que de fil en aiguille, les deux se sont retrouvés aux en 2009 à Buffalo où il a décoché son sixième titre mondial et sa conjointe a fini troisième. Par la suite, les deux ont fait des tournois à Mexico, en Irlande, etc. Et c’est sa conjointe qui a décidé de se concentrer sur le fitness alors qu’il est revenu à la boxe en tant qu’entraîneur.

«Je n’ai jamais vécu de petite dépression à la fin de ma carrière. Quand je pense à ma carrière, je ne suis pas nostalgique. Je me dis juste Wow! Je suis fier de ce que j’ai fait et j’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai toujours fait du karaté et de la boxe par passion et par plaisir. Le reste ç’a été de l’extra. Tout ce que j’ai vécu fait partie des plus beaux souvenirs de ma vie. J’apprécie la chance que j’ai eue, j’ai été choyé et je le suis toujours.»

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Erick Gosselin de retour à ses anciens amours

Erick Gosselin est revenu à ses anciens amours. Le biathlon de haut niveau. L’automne dernier, il a obtenu un poste de technicien au sein de l’équipe nationale. Un travail qui lui a permis de mettre fin à une éclipse de plus d’une douzaine d’années au sein de la formation canadienne.

«J’avais vraiment le goût d’y retourner», explique celui qui avait agi comme technicien avec la formation canadienne après sa carrière de biathlonien. «Technicien, c’est vraiment une job que j’aime.... tout comme voyager. Ce n’est pas un travail que je désirais absolument avoir. Sauf que je m’étais dit que si la chance de la refaire de présentait, je la prendrais. Quand j’ai su qu’on cherchait un technicien avec l’équipe nationale, j’ai appliqué.

«Cirer des skis, ça n’a plus de secret pour moi. Pendant les cinq années que j’avais été technicien avec l’équipe nationale, j’ai eu beaucoup d’aide de techniciens de différents pays. J’ai appris beaucoup parce que j’étais bien entouré. C’est comme ça je suis devenu bon dans le domaine.»

Après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin avait quand même fait profiter occasionnellement de son expertise à la formation du Québec, lors de championnats canadiens notamment. Quand il est retourné avec l’équipe canadienne, il s’est senti comme s’il ne l’avait jamais quittée. Il a retrouvé un milieu qu’il connaissait bien et un rythme de vie qu’il adorait. La seule grande différence : il faisait dorénavant partie d’une équipe de techniciens alors qu’à son époque, il était seul.

«Quand je compétitionnais, j’avais sept ou huit paires de skis. Aujourd’hui, les athlètes en ont entre 20 et 25. Comme je m’entraîne beaucoup et que j’aime ça, je me retrouve souvent à tester le matériel et les skis avec les athlètes. Et avec le temps, ils développent une certaine confiance en toi. Et souvent, ils me laissent choisir leurs skis.»

Grâce aux cadets

C’est grâce au programme des Cadets de Valcartier que Gosselin avait découvert le biathlon à 14 ans. Ses succès aidant, le biathlon a rapidement pris le dessus sur les cadets. Il s’est retrouvé sur l’équipe du Québec puis sur la formation nationale junior. Il a ensuite fait partie du programme mis sur pied par les Forces armées canadiennes qui permettait à des militaires de mener une carrière sportive tout en étant payé.

«J’ai eu une belle carrière. Elle m’a apporté tellement... Je n’ai pas eu la chance d’étudier longtemps. Le sport et les voyages, ç’a été mon école. Ils m’ont permis à devenir la personne que je suis, capable de s’adapter, de faire face au stress, de se débrouiller et qui n’a pas besoin de personne. Je n’ai aucun regret. Tous les coups durs et les déceptions que j’ai eues m’ont permis d’avancer. 

«Ainsi ne pas aller à Nagano a été difficile sur le coup. Mais j’avais des Coupes du monde à faire. Je me suis donc arrangé pour bien gérer le tout et j’ai continué. Et j’ai pu participer aux Olympiques en 2002 en tant que technicien en chef de l’équipe nationale.»

C’est en 2005 quand l’Armée canadienne a mis fin à son programme pour ses militaires-athlètes que Gosselin a quitté l’équipe nationale. Incapable d’accepter que tout était fini, il a continué à s’entraîner aussi fort afin de compétitionner et de gagner. 

«Ça m’a pris une dizaine d’années avant de mettre la switch à off et de skier pour le plaisir. Aujourd’hui, ça me tente de moins en  moins de faire de la compétition. Je sais ce que ça prend comme sacrifices pour gagner et obtenir de bons résultats et ça ne me tente plus de les faire. Sauf pour certaines compétitions comme les Mondiaux seniors de 2020. J’y avais pris part quand ils avaient eu lieu à Québec. Je vais y aller pour gagner des médailles. Je vais m’entraîner pour ça et être plus sérieux sans virer dans l’excès.»

De retour avec les Forces armées après avoir quitté l’équipe nationale, Gosselin est allé en Afghanistan. «Une belle expérience. Mais pas au point d’y retourner.» Par la suite, il a quitté les Forces armées pour aller travailler dans l’entreprise familiale. Une autre transition difficile. Débordé par son travail, il a fini par mettre de côté son entraînement. «Tout tournait autour de mon travail. Ce n’était plus moi, ça ne me ressemblait pas.»

Après sept ans au sein de l’entreprise familiale, Gosselin, qui est aussi devenu copropriétaire du Café L’Accroche Pied à Saint-Augustin, s’est joint à l’entreprise Access Networks en tant qu’installateur de système de sécurité dans les casinos, un travail qui lui a permis de voyager aux quatre coins de la planète. C’est par la suite que l’opportunité de travailler avec l’équipe nationale s’est présentée.

«J’ai aimé ma carrière d’athlète, mais j’ai encore plus de plaisir dans ma carrière de technicien. Je suis plus libre. J’ai des résultats à donner, mais ce n’est pas la même affaire qu’un athlète. Avant les courses, par exemple, je ne suis pas pogné à l’hôtel l’après-midi parce qu’il faut que je me repose. Quand mon travail est fait, je peux aller m’entraîner et skier à mon goût. C’est un autre trip qui est pas mal le fun

Sports, etc

Valérie Samson: un dernier cadeau de Noël

Cette année, Valérie Samson n’a pas reçu tous ses cadeaux de Noël le 24 décembre au soir. Elle aura droit à un dernier présent, soit son retour à l’entraînement avec ses coéquipières du Dynasty du Basket World Toronto, dans quelques semaines. Parce qu’on se le dise, plus d’une quinzaine d’années après avoir disputé son dernier match avec le Rouge et Or, Valérie Samson demeure toujours aussi passionnée de basketball.

«Après un an et demi d’attente, je vais enfin recommencer à jouer au basket», lance Valérie qui, un peu avant Noël 2017, avait dû être opérée pour une rupture du ligament croisé antérieur du genou. «Le basketball m’a manqué. J’adore ça toujours autant. C’est quelque chose qui m’apporte un bel équilibre et de la fierté. J’ai eu trois enfants. À chaque occasion, six semaines après avoir accouché j’étais de retour sur le terrain. Et je demeure toujours aussi compétitive.

«J’ai donc vraiment hâte de rejouer, et ce, même si je suis un peu craintive. Après plus d’un an et demie d’inactivité, j’ai peur de ne pas être aussi bonne qu’avant, de me rendre compte que je ne peux plus courir après les petites jeunes.»

Bien des gens vous diront que Valérie n’a aucune raison de s’inquiéter parce qu’elle pourrait aisément compenser une éventuelle diminution de sa rapidité sur le terrain par ses nombreuses habiletés et son expérience. Au fil des années, elle a maintes fois montré tout son potentiel, tant dans sa ligue de la BWT que lors des World Masters où elle a savouré la conquête d’une médaille d’or dans la classe élite en 2013 (Italie) et 2017 (Nouvelle-Zélande).

Débuts modestes

La belle histoire d’amour entre la grande athlète et le basket remonte à la fin des années 80. Âgée d’environ une dizaine d’années, Valérie se passionnait pour la gymnastique et le basket. «Quand j’étais à la maison, je passais 90 % de mon temps à faire des roues, des pirouettes et à avoir les pieds en l’air. Mais j’étais beaucoup trop grande pour faire de la gymnastique. Je crois cependant qu’elle m’a aidée dans mon basket. Elle m’a rendue plus agile et permis de m’orienter plus facilement sur le terrain quand je tourne sur moi même et que je virevolte.

«Ce qui me surprend c’est à quel point je me suis rendue si loin. Quand j’ai commencé à jouer, j’étais vraiment pas bonne. La seule raison pour laquelle j’ai fait les équipes, c’était parce que j’étais grande. Je n’avais pas une bonne vision — je ne voyais rien­—  j’étais dans la lune, je n’écoutais jamais pendant les temps morts et j’étais tout le temps perdue sur le terrain. Et comme je grandissais assez vite, je manquais de coordination.»

Après des débuts modestes, Valérie s’est imposée comme une basketteuse de premier plan. Après une brillante carrière avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy, elle a poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or après avoir refusé des bourses  des universités de Reno (Nevada) et de Sacramento (Californie).

«Moi, j’aime jouer au basket. Et là-bas, comme ils te payent, tu dois produire. C’était trop business. Et j’adorais Linda Marquis. Ç’a pas été un choix très difficile.»

Recrue de l’année à sa première campagne à Laval (1997-1998), la grande basketteuse n’a évolué que quatre saisons avec le Rouge et Or. Elle a renoncé à sa cinquième campagne afin de se concentrer sur ses études en actuariat.

«J’étudiais et je jouais au basket. J’avais tendance à me faire des horaires trop chargés. Et j’étais très exigeante envers moi même. J’avais l’impression qu’il fallait que j’en fasse deux fois plus que tout le monde pour me sentir à la hauteur. C’est peut-être parce que je manquais un peu confiance en moi. J’avais une vie de fou. Ça m’arrivait souvent de, par exemple, de parler au téléphone en étudiant tout en mangeant mon souper dans le bain. Je faisais trop de sacrifices pour ce que ça m’apportait et j’avais besoin de plus d’équilibre Et comme je n’avais pas d’aspirations de jouer professionnel...»

À l’aise avec sa décision, Valérie n’a jamais eu de regrets et c’est tout naturellement qu’elle a tourné la page sur sa carrière d’étudiante-athlète pour amorcer sa carrière d’actuaire chez Mercer, à Toronto, en 2002 Et même si elle a la conviction qu’elle aurait eu les aptitudes pour pousser plus loin sa carrière en basket, elle est avant tout fière de ce qu’elle accompli.

«Le basketball a formé la personne que je suis aujourd’hui. Au début, il m’a permis à faire partie d’un groupe. Puis il m’a aidée à développer ma confiance en moi. J’étais tellement timide... Il m’a aussi appris l’esprit d’équipe.»

Aujourd’hui, c’est au tour de Valérie d’ encourager ses enfants dans leurs passions. Ses deux garçons jouent au hockey et sa fille fait de la gymnastique et elle joue au basket.

«Je suis assistante-entraîneure de son équipe. Je me rends compte que le coaching, ce n’est pas si facile. Des fois, j’ai tendance à trop penser au niveau stratégique. Quand tu es avec des jeunes qui commencent, il faut revenir à la base. Juste de voir comment ma fille peut être fière. Ça m’apporte beaucoup.»

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QUESTIONS / RÉPONSES

Q    Fait marquant?

R    Un match de basket que j’ai joué contre York lors de ma première année, lors duquel j’ai lancé 100 %. J’ai fait 30 points grâce à huit lancers francs en huit, et 11 sur 11 du terrain.  Pour une perfectionniste, avoir un match parfait... J’ai eu des matchs où j’ai fait plus de points, mais celui-là, il a une place spéciale.

Q    Honneur le plus satisfaisant?

R    Mon titre de recrue de l’année au Canada. Encore aujourd’hui ça figure parmi la liste de mes plus beaux accomplissements.

Q    Si c’était à refaire?

R    J’essaierais d’être moins dure avec moi-même, d’apprécier ce que je faisais de bien et d’essayer de porter moins d’importance à ce que je faisais de moins bien. 

Q    Personnalités marquantes?

R    Tout au long de mon parcours, j’ai eu de super bons entraîneurs. Au secondaire, au cégep, (Sonia Ritchie) et à l’Université (Linda Marquis). J’ai été vraiment privilégiée d’avoir eu de bons coachs tout au long de ma carrière.

Q    Idoles de jeunesse?

R    Mon amie Anne-Isabelle Gingras, la capitaine de mon équipe de mini-basket. Elle avait plein d’amis, elle était super bonne. Je m’étais mis dans la tête qu’un jour, je serais aussi bonne qu’elle. Elle est une des raisons pourquoi j’ai joué au basket. Et Claudia Brassard. Je l’admirais beaucoup. Elle était bonne, drôle et gentille.

Sports, Etc

Philippe Audet, le petit gars de Saint-Joseph

Appelé à évoluer dans plusieurs villes au cours de sa carrière de hockeyeur et à profiter des charmes de ces différentes destinations, Philippe Audet aurait eu de toutes les raisons du monde de s’expatrier de sa Beauce natale pour de bon. Mais fier de ses origines et attaché à son petit coin de pays, il n’a pas hésité à y revenir quand il a mis fin à son rêve de jouer chez les pros.

«J’ai joué dans de belles villes, surtout à mes dernières années en Europe», confirme Audet, un athlète de Saint-Joseph. «Mais je suis un gars de famille. Et ma femme aussi. Même si on avait vécu de belles expériences, on se sentait plus à l’aise de revenir en Beauce auprès de nos proches et de nos familles pour élever nos enfants. C’était juste naturel. Je ne sais pas si je vais passer toute ma vie à Saint-Joseph. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Mais une chose est sûre, on est bien chez nous.»

L’attachement d’Audet pour la Beauce n’a jamais été à sens unique. Grâce à son cheminement et à ses exploits, la jeune vedette locale est devenue une fierté, en 1995, quand il a été repêché en deuxième ronde, 52e au total, par les Red Wings de Detroit. Mais c’est à la suite de la conquête de la Coupe Memorial avec les Prédateurs en 1996 qu’il a vraiment mesuré son impact. 

«Partout où j’allais, les gens me parlaient de notre victoire. Et j’ai senti qu’il y avait un petit glamour autour de moi. Mais je suis toujours demeuré Phil Audet, le petit gars de Saint-Joseph. J’ai toujours pris le temps de jaser avec les gens. C’était comme ça à l’époque et ça l’est toujours.»

Les années ont passé et le nom de Philippe Audet continue toujours de faire écho en Beauce. Ce n’est cependant uniquement plus pour ses exploits de hockeyeur qu’il est reconnu. Aujourd’hui il redonne à sa communauté en œuvrant comme entraîneur au hockey, avec les Lynx de l’école Jésus-Marie de Beauceville, et au baseball. Il importe pour lui d’aider les jeunes à grandir à travers le sport comme il a eu l’occasion de le faire.

Un seul regret

La carrière de Audet a pris son envol avec les Bisons de Granby en 1994. L’arrivée du clan Morissette et l’engagement de Michel Therrien et de Daniel Bissonnette, l’été suivant, a transformé la formation. «Je me souviens des premiers mots de Michel Therrien à l’ouverture du camp. Il nous avait dit : “On est ici pour gagner la Coupe du président, le Trophée Jean-Rougeau et la Coupe Memorial. Si vous n’êtes pas prêts à faire ça, allez-vous-en”». Oui on avait une meilleure équipe que l’année précédente, mais ce qui a vraiment fait la différence, c’est le minding.»

Même s’il a brûlé la LHJMQ à ses deux dernières saisons avec les Prédateurs, il a totalisé 92 buts et 191 points, Audet n’a jamais pu s’imposer avec les Red Wings. Sans vouloir chercher d’excuses, il rappelle qu’à l’époque, Detroit avait un des meilleurs alignements de la LNH et que chaque année, elle sortait les millions afin de mettre la main sur les meilleurs joueurs autonomes disponibles.

«Avoir réussi à percer un des plus gros line-ups des années 2000, c’est une grande fierté. Quel genre de carrière aurais-je eue si j’avais été dans une autre équipe? J’en ai aucune idée. Mais j’ai tout le temps tout donné, j’ai vécu de super belles expériences et je suis fier de ce que j’ai fait.

«On dit si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Si Phil Audet à 41 ans était capable de parler à Phil Audet le petit cul qui se disait tous les soirs en se couchant qu’il jouerait dans la Ligue nationale, il lui dirait pourquoi juste rêver de jouer dans la LNH? Pourquoi ne pas rêver de gagner quatre Coupes Stanley? Jouer dans la LNH, j’ai fait les efforts nécessaires et si j’y suis parvenu. J’ai sué du sang pour jouer quatre matchs dans la Ligue nationale. Mais peut-être que si j’avais visé quatre Coupes Stanley, les choses auraient été différentes au niveau du minding. C’est mon seul regret.»

Audet a renoncé à son rêve de jouer dans la LNH au terme de la saison 2000-01. Sans contrat, il s’est expatrié en Europe. Une expérience qu’il a savourée et qui a donné un second souffle à sa carrière. Mais en 2005, il est revenu en Beauce.

«J’avais une belle opportunité d’emploi à la Brasserie Labatt. Il fallait que je pense à mon après-
carrière. Et je pouvais évoluer avec le Garaga. Pour moi c’était du hockey professionnel. À l’époque dans la Ligue nord-américaine, les salaires étaient quasiment aussi bons que ce que l’on nous donnait en Europe.»

Œuvrant dans le domaine de la représentation, Audet a réorienté sa carrière à la suite d’une sérieuse blessure au genou. Il a suivi un cours d’agent immobilier. Parallèlement, il a commencé à faire de la gestion d’immeubles. Mais il y a quelques semaines, après six années comme courtier immobilier il a rangé ses pancartes pour devenir gestionnaire de comptes chez Café Van Houtte.

«Je suis avec une belle gang de boys. Après toutes ces années comme courtier, j’avais besoin de me retrouver à l’intérieur d’une équipe. J’ai entre 300 et 400 clients sur la Rive-Sud de Québec, un territoire qui va de Lac-Mégantic jusqu’à Rivière-du-Loup en passant par Bellechasse. J’ai quelque chose qui a vraiment tout pour rendre Phil Audet heureux.»

Sports, etc

Julie Rodrigue: prendre une autre route

Julie Rodrigue avait un rêve et sa voie était toute tracée d’avance pour y parvenir. Obligée de renoncer à son désir le plus cher, elle a cependant su saisir l’opportunité de relancer sa carrière. Si le chemin sur lequel elle s’est retrouvée n’était pas celui qu’elle pensait prendre, elle a quand même réussi à le réaliser.

«Quand j’étais à l’école secondaire, mon rêve c’était jouer avec l’équipe nationale en volleyball», mentionne l’athlète native de Saint-Georges. «Mais alors que j’étais avec le Rouge et Or, j’ai su assez tôt que je n’aurais pas d’opportunités à ce niveau-là. C’est alors que la porte s’est ouverte au niveau du beach, un sport qui ne faisait pas vraiment partie de mes plans, mais que je pratiquais pour le plaisir. Vincent Larrivée m’a dit qu’il croyait que j’avais du potentiel et il m’a demandé si je voulais y poursuivre une carrière. J’ai dit oui, pourquoi pas. Par la suite, tout allé rondement.»

S’entraînant d’abord à Québec, Julie a dû déménager à Toronto quand l’occasion de rallier les rangs de l’équipe nationale s’est présentée. Si elle a accepté de s’expatrier, c’est parce c’était son rêve d’être sur l’équipe nationale et qu’elle avait son diplôme en poche, mais pas encore de carrière. 

«Ce fut une grande adaptation. Mon anglais était assez sommaire. Et j’étais très timide. Mon plus gros défi était au niveau social. Heureusement, mon chum est venu avec moi. Ça m’a donné un peu de courage. Aujourd’hui, je suis vraiment fière d’avoir essayé, de m’être entraînée tous les jours et d’avoir pris les mesures pour fonctionner là-bas et d’améliorer mon anglais. Ç’a été super de vivre tout ça.»

Julie ne voit pas comme un échec le fait de ne pas avoir joué pour l’équipe nationale de volleyball intérieur. Avec le recul, elle en vient à la conclusion qu’elle avait davantage les qualités et le profil d’une joueuse de beach-volley. «J’étais athlétique, mais pas super grande. Et j’étais centre. Au niveau national, j’étais peut-être petite pour évoluer.» 

Pour la Beauceronne, cette déception ne vient en rien jeter de l’ombre sur sa carrière à l’UL qui fut mémorable et bien remplie, notamment avec la conquête du titre national en 2006.

«Mes deux premières années furent comme un rêve. J’étais entourée d’athlètes formidables comme Élyse Duchesne, Marylène Laplante et Caroline Fiset, des filles qui travaillaient très fort. Pour moi, c’était normal de suivre leurs pas. Et elles sont demeurées des modèles même après mon passage à Laval.»

Remise en question

C’est en 2012 que Julie a pris sa retraite du beach-volley. C’était la fin d’un cycle olympique et pour elle, une occasion de se remettre en question. Et même si elle aimait toujours le volleyball, elle ne se voyait pas entreprendre un nouveau cycle de quatre ans.

«J’avais d’autres rêves. J’avais gradué en relations industrielles et j’avais hâte de commencer ma carrière professionnelle. Au niveau financier, je désirais avoir un peu plus de stabilité. Et je rêvais aussi de fonder une famille. La raison a dit non. J’avais fait le tour et j’avais eu une belle expérience. C’était le temps de vivre autre chose. J’ai plongé les yeux fermés. J’ai déménagé à Montréal où mon chum avait été transféré et je me suis trouvé un emploi super vite. Et peu de temps après, je suis tombée enceinte. La routine a fait que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer du volley. «La seule chose qui me manquait, c’était l’entraînement. Ça ne me permettait pas juste de me mettre en forme, ça me faisait du bien au moral. Mais ç’a été difficile de me trouver un autre sport. Comme j’avais transposé au travail mon désir de me dépasser et d’atteindre des objectifs, tout ce que je désirais c’était bouger. J’ai essayé plein d’affaires et j’ai bien aimé le yoga.»

Le volley prend encore beaucoup de place dans la vie de Julie. Elle y joue encore à l’occasion. Et la plupart de ses amies faisaient partie de sa gang de volleyball. Elle avoue cependant que sa passion s’est un peu éteinte, mais qu’elle éprouve une certaine nostalgie quand elle pense à sa carrière.

«J’aimais la compétition, mais j’aimais aussi le style de vie sain que j’avais. Me lever chaque matin, aller à la plage, faire mon entraînement me manquent. Je m’ennuie également de l’esprit de gang, du rush d’adrénaline de la compétition et du feeling de satisfaction que l’on ressent après une grosse victoire pour laquelle on a travaillé fort. C’est quelque chose que je n’ai pas ressenti ailleurs.»

Mine de rien, le volley sert aussi à la Beauceronne dans son travail en ressources humaines, où la gestion de personnel a des similitudes avec les membres d’une équipe sportive. Julie est d’avis que le volley a été une belle école.

«Ce que j’y ai appris au niveau de la gestion des émotions me sert beaucoup. Mon coach me disait tout le temps : “Ce n’est pas le temps d’analyser un match quand tu en sors. Tu es trop émotive.” Pour moi, c’est important de prendre du recul avant d’analyser un dossier et de prendre une décision. Ça, c’est le sport qui me l’a appris, pas mon bac.»

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