Yvon Bédard: résister à la tentation

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Yvon Bédard: résister à la tentation

Il ne faut pas se fier aux apparences. Ce n’est pas parce qu’il a déserté les autodromes au cours des dernières années qu’Yvon Bédard a perdu tout intérêt pour la course automobile. Bien au contraire!

«Si je ne vais aux courses que très rarement, c’est parce que je ne veux pas que la maladie de courir me repogne», lance sourire aux lèvres le pilote qui a couru pendant 36 ans. «Il faut que je me tienne loin des courses. Alors je me contente de regarder le NASCAR à la télé. Malheureusement, il manque l’odeur des courses.»

C’est à la suite d’un violent accident à l’Autodrome Chaudière de Vallée-Jonction en mai 2011 que Bédard a décidé de tourner la page sur la course automobile. Souffrant notamment d’un traumatisme crânien, de nombreuses blessures au visage (fractures aux sinus, aux mastoïdes et à une orbite) ayant entraîné la formation d’une poche d’air au cerveau, et de contusions aux poumons, il dut, à sa sortie de l’hôpital, amorcer une longue convalescence. 

«Pendant trois mois, j’ai eu de la misère à marcher. Je n’avais plus d’équilibre. Heureusement, tout a fini par se replacer. À cette époque-là, même si j’avais voulu retourner courir, je n’en aurais pas été capable. J’ai vu mon accident comme un avertissement. Il était survenu au 59e tour et j’avais 59 ans. Je me suis dit que peut-être la vie me disait qu’il était temps pour moi de prendre ma retraite.

«Aujourd’hui, je suis en pleine forme. J’ai subi une chirurgie bariatrique et j’ai perdu 75 livres. J’ai beaucoup d’ouvrage et d’occupations à la maison. J’ai 150 000 pieds de gazon à tondre, j’ai une érablière, des poules, un lac où je peux pêcher et une forêt où je peux chasser l’automne, et j’aime avoir des projets et créer et inventer des affaires. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer de la course. Je n’ai pas juste tourné la page, j’ai changé de livre».

Bédard confie qu’il a aussi commencé à voyager et qu’il s’est découvert une passion pour connaître de nouvelles cultures. 

Propriétaire d’un motorisé, il passe des hivers en Floride où il possède un bateau pour aller à la pêche. Et afin de satisfaire ses besoins de performance et d’entendre ronronner un puissant moteur, il s’est acheté une rutilante Corvette. «J’ai pu le faire avec l’argent que j’ai économisé en ne courant plus. Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est que cette voiture-là, je peux l’assurer», lance en riant Bédard qui est aussi propriétaire d’une Tesla dont l’accélération surpasse celle de sa Corvette.

Carrière remplie

Yvon Bédard  avait une dizaine d’années quand il eut son premier contact avec la course automobile. Membre de l’équipe du pilote Conrad Bergeron, il s’occupait des pneus et de ranger les outils. Rapidement, il développa une passion pour la mécanique si bien qu’en 1975 il construisit son premier bolide et il commença à courir à Val-Bélair où il termina deuxième du calendrier avant de décrocher le championnat l’année suivante. C’était le début d’une carrière qui serait bien remplie. Et les nombreux trophées qui sont exposés dans son garage le prouvent. Tout au long de sa carrière, Bédard a toujours vendu chèrement ses positions en piste et il ne s’est jamais laissé impressionner par les coureurs qui tentaient de lui bloquer le chemin. Un style de conduite qui lui a occasionné de nombreux contacts avec d’autres bolides, des sorties de pistes et même quelques accidents mais qu’il a toujours pleinement assumé. «Je pense que si je courais aujourd’hui j’aurais encore le même style en piste.»

Le pilote de Lévis courut d’abord au niveau régional puis provincial. Il fit même plusieurs courses du côté américain en participant notamment à des épreuves de la Série NASCAR North. «Je n’ai jamais pensé aller faire carrière aux États-Unis. Dans le temps, j’avais mon commerce d’encans d’autos. Et ça me demandait du temps. C’est ce à quoi j’étais attaché et qui me gardait ici. 

«De toute façon, j’ai toujours fait de la course pour m’amuser. C’était un passe-temps, un loisir. Et ça l’avait toujours été. Quand j’avais commencé à courir, je n’avais aucun plan de carrière, aucun but ultime à atteindre. Je prenais les années une après l’autre. Je n’ai donc aucun regret quand je fais le bilan de mes années de course.»

C’est alors qu’il courait du côté américain que Bédard eût, au début de l’été 1997, son premier accident majeur qui le laissa avec les deux talons égrainés. «Jamais, je n’ai songé à arrêter de courir à ce moment-là. Rapidement, alors que j’avais les deux jambes dans le plâtre, j’ai magasiné pour m’acheter une nouvelle automobile. J’ai fait ma première course après mon accident en septembre à Plattsburgh. Je me souviens, j’avais de la misère à embarquer dans mon auto. Mais il n’y a rien qui aurait pu m’obliger à arrêter la course.

«Aujourd’hui, je vois ma carrière de coureur comme une étape de ma vie. C’est quelque chose qui fut sur ma route, mais j’ai changé de chemin depuis. Je me suis aperçu qu’il n’y avait pas que les courses dans la vie et que ça demandait beaucoup d’argent, même si on arrivait à se débrouiller avec pas grand chose, et beaucoup de temps. Mais c’est correct. Je n’ai pas de regret de m’être investi autant à ce moment-là même s’il m’arrive parfois de me demander comment je faisais pour travailler après ma voiture sept jours par semaine alors que j’étais déjà très occupé à la maison et professionnellement parlant. Mais en même temps, j’ai toujours eu plein de bon monde passionné autour de moi pour m’aider. Et je les remercie. On s’amusait beaucoup. C’était une famille. On était comme des frères et des sœurs. J’ai l’impression qu’aujourd’hui en course automobile, sa famille il faut se la payer.»

Même s’il ne court plus, Bédard est équipé en outils à la maison comme il l’était alors qu’il devait faire la mécanique de son bolide de course. Il explique qu’il l’est parce qu’il ne veut pas se donner de misère quand il travaille sur sa voiture ou celle de sa conjointe, mais aussi parce que de bons outils rendent le travail amusant. Et chaque printemps et chaque automne, il profite des installations de son garage pour faire une corvée de pneus avec ses amis. 

«On se retrouve plusieurs gars ensemble un samedi et on change nos pneus. Ça ne me coûte rien de les aider et ça leur rend service. Je leur demande juste de m’apporter un petit café de chez Tim.»

Qu’on ne se trompe pas, Yvon Bédard n’est pas parfait quand il est question de son abstinence à la course automobile. Il avoue qu’il profite généralement de ses séjours en Floride pour aller visiter son ami Mario Gosselin au bureau chef de l’écurie DGM à Lake Wales.

«C’est à cinq milles d’où j’habite. Je m’y rends faire ma tournée une fois par semaine. Quand j’avais encore ma voiture de course, j’allais taponner après les bolides de Mario. Mais aujourd’hui, je ne veux plus toucher à ça. C’est la même chose pour les courses. Je suis à moins de deux heures de Daytona. Je vais y faire un tour pendant le temps des courses, mais je n’assiste qu’à une seule épreuve, celle la Bush Class. Après c’est assez, j’ai eu ma pilule.»

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Josh Colafemina: l’expérience professionnelle d’une vie

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Josh Colafemina: l’expérience professionnelle d’une vie

«Jouer pour les Capitales est la meilleure chose qui me soit arrivée. Aujourd’hui encore, je peux difficilement trouver les mots pour expliquer comment c’était de se retrouver dans l’environnement de cette équipe. J’aurais souhaité pouvoir demeurer beaucoup plus longtemps à Québec. Et si je pouvais de nouveau jouer au baseball, c’est avec les Capitales que j’aimerais le faire.»

Huit ans ont passé depuis que Josh Colafemina a disputé son dernier match avec la formation québécoise. Pourtant, c’est toujours avec une grande émotion qu’il parle de son séjour dans la Vieille capitale qui s’est amorcé en 2008.

«J’ai vécu la belle expérience professionnelle de ma vie avec Michel (Laplante), Scal (Patrick Scalabrini) et tous les membres de l’organisation», mentionne le petit joueur qui ne cache cependant pas que la barrière de la langue lui faisait un peu peur quand il est arrivé à Québec. «Ils faisaient tout pour faciliter l’arrivée des joueurs étrangers dans le club. Ils s’assuraient que tu puisses évoluer et vivre dans le meilleur environnement possible et ils voyaient à ce que tu aies tout ce dont tu avais besoin afin que tu te sentes à la maison. Et les partisans étaient extraordinaires. C’était incroyable de jouer pour les Capitales.

«Si je devais conseiller un joueur quant au choix de la ville où devrait aller jouer, je lui dirais qu’il faut qu’il aille à Québec.»

Natif de Schenectady, dans l’État de New York, Colafemina avait trois ans quand il eût son premier contact avec le baseball. Installé du côté de la rue, son père lançait des balles par-dessus le toit de la maison familiale et le jeune Josh, qui était dans la cour arrière, tentait de les capter. Deux ans plus tard, il faisait ses débuts sur le losange. 

Passionné de baseball, Colafemina se découvrit cependant un amour pour le basketball à l’école secondaire. Et pendant une certaine période, il préféra même se retrouver sur un court que sur un terrain de balle.

«Il y avait de l’action non-stop au basket et c’était facile de pratiquer mes tirs au gym. J’avais un bon lancer et j’excellais en défensive. Et nous avions vraiment une très bonne équipe. Une année, nous avons fait les championnats d’État et nous nous sommes rendus en finale. Et c’est là que nous avons perdu notre seul match de la saison.»

Malgré l’intérêt des gens de basketball, l’Américain, qui mesurant 5’8 et pesait 150 livres, choisit de porter les couleurs de l’équipe de baseball au collège (Saint Rose) à Albany. «Je savais que je ne jouerais jamais dans la NBA. Et comme baseballeur, j’étais vraiment très bon défensivement et j’avais un très bon bras et de la vitesse. Je savais que j’avais les outils pour possiblement aller plus loin. Et j’aimais le baseball.»

Toujours très habile pour lancer le ballon dans un panier plusieurs années après avoir quitté l’école secondaire, Colafemina renoua avec le basket en 2011 lorsqu’il participa au camp d’entraînement des Kebs du coach Robert Spon. Mais il fut finalement retranché.

«Ils m’ont offert de demeurer sur la formation de pratique, mais ils ne pouvaient pas me payer. Je venais de terminer ma saison de baseball et j’avais besoin de gagner un peu d’argent. Alors j’ai décidé de retourner chez moi.

«Je ne m’attendais cependant pas à faire aussi bien. Depuis l’école secondaire, je n’avais pas vraiment joué au basket. Et j’avais quand même réussi à tenir mon bout contre des pros dont certains, comme Jamario Moon, avaient joué dans la NBA.»

Avec les Royals

C’est à sa dernière année senior que Colafemina fut remarqué par les recruteurs du baseball affilié. Il connut le match de sa vie face à un artilleur qui lançait des balles de feu et qui avait attiré une vingtaine de recruteurs. Après le match, un représentant des Royals lui avait manifesté de l’intérêt. Finalement, le New-yorkais avait été repêché en 24e ronde (2005) et il fut envoyé dans la Ligue des recrues à Idaho Falls. La saison suivante, il fut assigné à Wichita, dans le AA. Il se blessa cependant à la cuisse et il fut par la suite retranché.

«Ce fut quand même une expérience extraordinaire. J’étais avec Alex Gordon et Billy Butler. Juste de voir comment ces gars-là étaient professionnels et comment ils voyaient la game, c’était incroyable.»

Ayant décidé de prendre une pause en 2006, Colafemina revint au baseball en 2007 avec les Grays d’Atlantic City. Malgré une moyenne au bâton de ,260, il crut qu’il pourrait retourner dans le baseball affilié. Il jouait tous les jours et il faisait les gros jeux en défensive. Un entraîneur de l’équipe lui avait même dit que son meilleur ami était recruteur pour les Astros et qu’ils allaient lui offrir un contrat.

«Mais ils ont finalement décidé d’engager un autre joueur. Par la suite, à ma première saison à Québec, j’ai frappé pour ,290. Tous les recruteurs m’ont dit que je devrais frapper pour ,300 dans le baseball indépendant pour retourner dans le baseball affilié. Alors à chaque saison, je me suis mis beaucoup de pression pour frapper au-dessus de ,300. Ce fut une mauvaise idée. De toute façon, même si j’avais toujours en tête de jouer dans le baseball affilié, j’étais heureux à Québec et je ne voulais pas m’en aller.»

Échangé aux Lemurs de Laredo à la fin de la campagne 2012, Colafemina accrocha ensuite ses crampons. Il se laissa cependant convaincre par le gérant Pierre-Luc Laforest, qui était à la recherche d’un deuxième but, de se joindre aux Aigles en 2013.

«J’étais à la maison et je n’avais pas l’intention de jouer nulle part. Et je ne m’étais pas entraîné. Je l’avais dit à Pete. J’ai donc essayé d’arriver prêt physiquement et mentalement au camp. Mais dès mon arrivée à Trois-Rivières, je me suis blessé. Je ne fus pas l’ombre de moi-même pendant la saison 2013.»

Le petit joueur de deuxième but, qui évolua aussi au troisième coussin, à l’arrêt-court et au champ extérieur prit sa retraite en 2013. Une décision difficile que de renoncer à une passion autour de laquelle tournait toute sa vie depuis qu’il était enfant. Le fait de penser aux longs voyages en autobus et aux nombreuses blessures a remis les choses en perspective. «Jouer me manque cependant toujours beaucoup. C’est pour cette raison que j’évolue dans une ligue récréative. 

«Je suis très fier de ce que j’ai réalisé en carrière. On m’avait toujours dit que j’étais trop petit pour faire carrière au baseball. Et j’ai malgré tout été repêché par une équipe des majeures ce qui m’a permis de réaliser un rêve.

«Et si je n’avais pas été retranché par Wichita, je ne serais jamais allé à Québec. Je n’aurais pas vécu toutes ces belles expériences. Et jouer avec Éric Gagné m’a permis de réaliser un autre rêve. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont cette chance.»

Aujourd’hui père de six enfants, il a eu trois enfants avec sa conjointe qui en avait déjà trois avant de le rencontrer, Colafemina file le parfait bonheur. «J’ai toujours aimé les enfants.»

Entraîneur au collège, l’ex-Capitale enseigne aussi aux jeunes les rudiments du baseball. Il a récemment obtenu ses certificats pour œuvrer comme entraîneur, gérant et recruteur. Et il a maintenant des certificats en conditionnement physique, en nutrition et d’entraîneur certifié dans sa mire.

«J’aimerais retourner dans le baseball affilié en tant qu’entraîneur ou recruteur. Avec mes diplômes et mon passé de joueur, je pourrai peut-être me trouver du travail dans une organisation. Parallèlement, j’étudie aussi pour devenir conseiller financier et gestionnaire de portefeuille. «C’est là que, paraît-il, l’argent est», lance-t-il à la blague.

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George Visser: un grand sentiment d’accomplissement

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George Visser: un grand sentiment d’accomplissement

George Visser l’a lui-même écrit sur son blogue. Il ne considère pas avoir été un athlète exceptionnellement talentueux. Il ajoute qu’il a peut-être réussi à se rendre à un niveau intéressant, mais qu’encore aujourd’hui il n’en revient pas à quel point il a dû s’entraîner fort pour y arriver.

«Mes succès au niveau national, c’est le résultat d’un acharnement, d’une discipline et de compromis», mentionne l’adepte de vélo de montagne qui rappelle qu’outre la forme physique, qui devait être au summum, un podium national requérait l’alignement parfait de plusieurs autres astres dont un équipement hyper performant, une mentalité «d’assassin», l’absence de blessures, un parcours avantageux et une bonne dose de chance.

«C’est pour cette raison que lorsque je fais le bilan de ma carrière, je ressens un grand sentiment d’accomplissement. Je me suis rendu aussi loin que je pouvais aller compte tenu de mon talent et de ma génétique. Je crois avoir mérité mes succès et c’est aussi pourquoi j’ai pleinement savouré chacun de ceux-ci.»

C’est à la fin des années 80 que George Visser s’était initié au vélo de montagne, un sport nouveau qui à l’époque était considéré comme une activité marginale pour les casse-cous. Rapidement, le vélo de montagne gagna en popularité. Et les commanditaires commencèrent à s’y intéresser. L’arrivée d’une épreuve cross-country aux Jeux olympiques de 1992 changea à tout jamais l’image du vélo de montagne et chez nous, l’organisation des premières Coupes du monde par GESTEV au mont Sainte-Anne amena de nombreux jeunes sportifs à le pratiquer.

«Mon frère Guido et moi, avons été accrocs au vélo de montagne bien avant. Ça faisait déjà quelques années que nous avions découvert le plaisir de rouler en forêt et de se challenger quand le sport est devenu plus populaire. Mais c’est dans les années 90 que le vélo de montagne est devenu pour moi une passion, un style de vie, un moyen de me dépasser et de m’épanouir, d’avoir une carrière et de rêver aux Jeux olympiques. Et parce que j’ai gagné des courses qui m’ont permis de gagner un peu d’argent et que j’ai signé des contrats avec des commanditaires, j’ai pu avoir une carrière plus longue que ce que je pensais au départ.»

Même s’il ne réussit jamais à se qualifier pour les Jeux olympiques, Visser eût quand même une carrière bien remplie. Il se signala notamment lors des championnats canadiens et des Coupes Canada et il gagna à deux reprises le Raid Pierre Harvey, une longue traversée du parc des Laurentides entre Chicoutimi et Lac-Beauport. Au niveau international, il prit part à des Coupes du monde et à des championnats mondiaux et il courut pendant une année au Japon.

«Ce n’est pas dur pour moi d’avoir un petit sourire en coin quand je pense à toutes ces expériences-là qui furent très enrichissantes. Peut-être que si j’avais fait les choses autrement, j’aurais eu de meilleurs résultats. Mais tout était tellement nouveau. Il y avait beaucoup d’essais-erreurs Et je n’avais pas beaucoup d’encadrement. Alors je ne serai jamais insatisfait de ce que j’ai accompli.

«Ce que je retiens de toutes mes années passées au mont Sainte-Anne, ce ne sont pas les trophées ou les médailles, c’est tout l’impact que ce que j’ai vécu a eu et a toujours sur moi de même que les liens que j’ai créés et qui résistent au temps. J’ai côtoyé des personnes exceptionnelles comme Patrice Drouin, Pierre Harvey, Éric Tourville, Pierre Lavoie, Mathieu Toulouse, Yves Bilodeau, Marie-Hélène Prémont et j’en passe. Je dirais même que ça m’a permis de développer une grande amitié avec mon frère Guido. On avait un intérêt commun que l’on a pu partager sur une base quotidienne.»

La retraite

C’est au début des années 2000 que Visser avait décidé de tourner la page sur sa carrière en vélo de montagne. Il explique que même s’il figurait encore parmi les meilleurs de la discipline au Canada, plusieurs facteurs avaient fait pencher la balance en faveur de la retraite. 

«Je venais de manquer ma qualification olympique pour la deuxième fois. J’étais aussi écœuré d’avoir l’impression de mener un combat inégal avec des coureurs chez qui pesaient des soupçons de dopage à l’EPO. Ça faisait aussi plusieurs années que je ne gagnais pas beaucoup d’argent et que je vivais un peu sur le respirateur artificiel. Je venais de terminer ma maîtrise en génie civil et il y avait beaucoup d’opportunités de travail. Ma décision n’a donc pas été difficile à prendre. Il était temps de passer à autre chose.»

Visser indique que sa seule inquiétude après avoir mis fin à sa carrière sportive était de savoir s’il pourrait retrouver dans le monde du travail une passion aussi intense que celle qu’il avait vécue en vélo de montagne. Et grâce à son employeur, qui lui permit de découvrir le domaine des énergies renouvelables, il fut rapidement réconforté. 

Identifié comme l’employé junior assez «fou» et en assez bonne condition physique pour grimper dans le cœur des éoliennes où il devait analyser des données de performance, l’ex-cycliste est rapidement devenu accroc à cette technologie ce qui l’a amené à toucher à différentes facettes dans le domaine éolien comme le développement, la conception, la fabrication, du financement, etc.

«Ça fait maintenant 20 ans que j’œuvre dans ce secteur. J’ai travaillé pour plusieurs entreprises mais depuis deux ans, je suis chez WSP, une boîte d’ingénierie québécoise. Je dirige des projets éoliens et solaires avec de jeunes collègues dynamiques. Et c’est hyper stimulant. J’ai trouvé un petit peu la sensation d’épanouissement que j’avais quand je compétitionnais en vélo de montagne parce que je suis challengé à tous les jours. Moi pour sentir que j’avance, j’ai besoin d’avoir des défis devant moi et de les relever un à un.»

Toujours très actif, il a fait du triathlon (Ironman) des raids aventure, du ski d’alpinisme et du trail running, Visser garde aussi de la place dans sa vie pour son premier amour. Sauf que maintenant, c’est en vélo électrique qu’il attaque les sentiers. 

«C’est le vélo de montagne assisté qui facilite sa pratique et qui rend donc le sport plus accessible. Ce qui est génial avec le vélo de montagne électrique c’est qu’un peu tout le monde peut enfourcher un bicycle et aller plus loin que ce qu’il peu espérer au départ. «Personnellement, le vélo électrique m’amène à un nouveau stimulus. Je ne cherche plus à me défoncer au niveau cardio-vasculaire, car j’ai besoin de mon énergie pour mon travail et pour mes enfants qui en ont beaucoup à donner et aussi à prendre. Je ne peux donc plus me défoncer en vélo de montagne. C’est une question d’équilibre. Il faut que je mette mes énergies aux bonnes places. Je suis cependant autant à la recherche des habilités et des techniques dans les sentiers. Mon vélo de montagne électrique me permet de faire l’équivalent d’une ride de deux-trois heures dans l’espace d’une heure. C’est génial parce que je vais chercher pratiquement toute l’adrénaline et toutes les endorphines que j’avais quand je faisais des courses.»

Pierre Guénette: devenir l’exception

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Pierre Guénette: devenir l’exception

«Mon père m’a toujours dit : «si tu veux être un champion du monde, tu dois faire plus que tout le monde. Sois une exception». Ce conseil, je l’ai toujours gardé en tête. J’ai toujours travaillé très fort, car je croyais fermement que je serais cette exception.»

Champion mondial de taekwondo ITF à deux reprises (1987 et 1992), auteur de huit podiums lors des championnats du monde et huit fois gagnant du titre canadien, Pierre Guénette a assurément été une exception dans son sport. Se sentant comme un lion, un animal duquel il avait l’assurance et la prestance, il imposait le respect partout où il se présentait. À preuve. Le Québécois raconte qu’après sa dernière compétition ITF en 1999, en Argentine, les Nord-Coréens, ses plus grands rivaux, lui avaient rendu un hommage en s’alignant pour le saluer alors qu’il quittait le stade. 

«Ils sont ensuite venus me voir pour me donner la main, des tapes d’encouragement et prendre des photos. Tout le monde souriait. J’étais vraiment très heureux de cette belle reconnaissance. Mais c’était aussi tellement spécial venant de ces guerriers qui étaient habituellement très froids.

Guénette s’initia au taekwondo à l’âge de huit ans. Il s’imposa rapidement ce qui lui permit, à 17 ans et demi, de devenir membre de l’équipe canadienne qui comptait alors dans ses rangs les Paul Germain, Alain Bernier, etc. «Je me retrouvais entouré d’adultes. Je me souviens qu’à l’époque, quand j’allais m’entraîner avec les autres gars de l’équipe, j’étais sûr que je pouvais mourir. Mais je n’en parlais pas à personne. Et comme j’étais bon, je continuais à m’entraîner. 

Rapidement devenu un abonné des podiums sur la scène internationale, le Québécois connut la consécration lors des Championnats du monde de 1992, une compétition présentée en Corée, où à l’âge de 22 ans seulement, il décrocha le titre champion du monde. 

«Pendant toute la compétition, la foule est demeurée silencieuse. Pas de cris, pas d’encouragements ou de huées pour les compétiteurs. C’était assez spécial. C’est le seul endroit dans ma vie où j’ai vécu ça.»

Les Jeux olympiques

La décision du CIO d’accepter le taekwondo de la famille de la World Taekwondo Federation aux Jeux de Sydney en l’an 2000 bouleversa la carrière de Guénette qui, jusque là, avait compétitionné dans l’International Taekwondo Federation. Suivant les conseils de son entraîneur, il se joignit à la WTF. Une décision qui avait de nombreuses implications. Non seulement il était parmi les meilleurs au sein de l’ITF mais de plus, il avait en poche des contrats avec des promoteurs japonais et il donnait des séminaires aux quatre coins de la planète. 

«Passer d’un style à l’autre fut assez difficile. C’est comme si j’avais fait une maîtrise dans mon art et que je retournais à l’école secondaire dans un autre art. Et il y avait tellement de politique. À l’époque, les athlètes de l’ITF qui changeaient de fédération étaient nombreux. Et les gens de la WTF aimaient plus ou moins ça. Mes quatre premières années ont été frustrantes. C’est par la suite que les gens de la WTF nous ont acceptés.»

S’étant entraîné comme il ne l’avait jamais fait auparavant afin de devenir le meilleur athlète canadien de la WTF, Guénette gagna son pari et il mérita son laissez-passer pour la sélection nord-américaine où les deux meilleurs combattants accédaient aux Jeux d’Athènes. Une compétition où tous les éléments semblèrent se liguer pour empêcher le Québécois de se concentrer sur le taekwondo. Ainsi à la veille de son combat, il apprit qu’Alain Bernier ne pourrait le diriger sur le bord du tatami et qu’il serait remplacé par un coach unilingue anglophone. Puis il reçu un appel téléphonique d’un promoteur japonais qui lui garantissait des contrats d’un demi-million $ s’il se qualifiait pour les JO. Par la suite, ce furent les journalistes qui le contactèrent pour recueillir ses commentaires sur le fait qu’on lui imposait un entraîneur ne parlant pas français. Et comme si ce n’était pas assez, le lendemain, il se frappa le nez sur des portes barrées au stade où il devait se battre et il dut patienter une heure avant de pouvoir amorcer sa préparation. «J’avais beaucoup de pression. Mais plus il y avait de la pression et mieux je performais.»

C’est finalement avec Bernier à ses côtés que Guénette put se battre. Et il atteint la demi-finale, dernière étape avant de se qualifier pour Athènes. Le combat alla en prolongation où la victoire était accordée à celui ayant marqué le premier point. Et Guénette s’inclina.

«Ce combat-là décidait ma carrière. Ou je gagnais et j’allais aux JO ou je m’inclinais et c’était terminé. Mon adversaire a gagné. Et j’avais tout perdu. Les Jeux, les contrats au Japon. J’étais dans le milieu du ring et je ne bougeais plus. C’est finalement Alain qui est venu me chercher. Mon coach de 5’6 m’a pris par la main et moi, le grand gaillard de 6’3, je l’ai suivi comme un enfant. On est allé dans un coin de la salle et j’ai pleuré comme un bébé. Le taekwondo, c’est tout ce que je savais faire. Je me souviens d’avoir rêvé la nuit suivante que j’étais un lion dans la savane, en Afrique. Le roi de la jungle. Et que tout à coup, je me retrouvais dans une cage en ville.»

Guénette ne le cache pas, les mois qui suivirent sa défaite furent très difficiles. Il dû arrêter d’enseigner le taekwondo. Il ne se comprenait plus. Il n’en menait vraiment pas large quand il décida de contacter son coach.

«Alain me connaissait. Il m’avait construit. Pour m’aider à gagner, il fallait qu’il me comprenne. Je lui ai dit que j’avais besoin de lui parler. Alors il m’a proposé de l’accompagner avec son équipe à une compétition à Vancouver. Là-bas, on a d’abord parlé de tout et de rien. Jamais, il ne m’a poussé à m’ouvrir. Mais un moment donné je l’ai fait. Le fait d’avoir été ensemble m’avait fait du bien. Par la suite, j’ai retrouvé un équilibre dans ma vie. Je suis reparti en affaires. Et j’ai recommencé à donner des séminaires.»

Ayant œuvré dans le domaine de la vente, Guénette travaille aujourd’hui pour les entreprises Alfa plus santé sécurité et Alberta Safety First pour lesquelles il vend, depuis le début de la crise de la COVID des masques, des gants et des équipements de protection. Il fait équipe avec Nicolas Tincau, un bon ami.

«Ce que j’aime dans la vente c’est qu’il me permet d’être en compétition avec moi même et d’aspirer à être le meilleur. Et il n’y a pas de limite. Et le fait d’avoir voyagé à travers le monde pour le taekwondo m’a permis d’avoir de nombreux contacts dont je peux me servir aujourd’hui.»

Ayant délaissé la pratique du taekwondo, Guénette rêve d’y revenir le temps d’une tournée d’adieu mondiale qui lui permettra de recroiser les athlètes qui furent ses rivaux. «Je n’ai jamais eu la chance de faire une dernière tournée avant de prendre ma retraite en ITF. C’est un cadeau que je me ferai en faisant un cadeau aux autres. Je veux redonner à l’ITF. 

«Dans chaque pays où je vais aller, je veux rencontrer un champion contre qui j’ai combattu. Nous présenterons une vidéo d’un combat nous opposant et chacun de notre côté, nous allons l’expliquer et l’analyser. Ça sera l’occasion pour moi de rencontrer les gens, de jaser avec eux, de prendre des photos et de tourner un film que nous présenterons par la suite. La tournée se finira au Canada et le dernier rendez-vous aura lieu au Québec.

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QUESTIONS/RÉPONSES

Marie-Pier Huet: à la croisée des chemins

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Marie-Pier Huet: à la croisée des chemins

Marie-Pier Huet l’avoue elle-même, elle est à la croisée des chemins. De retour au Québec au début de la crise du coronavirus, elle s’interroge. Toujours aussi passionnée de tennis, elle se demande si elle ne devrait pas réorienter sa carrière. Et même si elle est heureuse aux États-Unis où elle vit depuis une quinzaine d’années, l’idée de se rapprocher de sa famille l’a titille.

«Je fais un ménage, un très grand ménage», lance celle qui fit partie des plus beaux espoirs provinciaux en tennis au début des années 2000 avant de poursuivre sa carrière à l’Université de l’Oklahoma. «Je ne sais pas si c’est la crise de la trentaine, mais j’ai le goût de m’asseoir et de me poser les vraies questions. Parce que je ne me les suis jamais posées. Ma vie a toujours tourné autour du tennis. Je n’ai jamais pensé à autre chose. Et c’est comme la première fois que je dois prendre de grosses décisions. Plus jeune, j’ai toujours eu beaucoup de monde autour de moi qui me donnait des conseils. Ainsi, c’est mon coach qui m’avait dit d’aller étudier aux États-Unis. Je ne parlais pas anglais et je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. Mais j’y suis allée. «On dirait donc que j’attends que quelqu’un me dise quoi je dois faire. Mais ça ne marche plus comme ça. Il y a des jours où je crois avoir fait mon choix et le lendemain, je pense complètement le contraire. Être ainsi devant l’inconnu, ça fait peur»

Ayant quitté la maison à l’adolescence, Marie-Pier avoue avoir redécouvert au cours des trois derniers mois, les plaisirs et les joies de la vie en famille. Si elle revenait au Québec, elle devrait cependant composer avec un mode de vie bien différent de celui qu’elle avait en Floride. Au niveau professionnel, même si elle s’ennuie des jeunes qu’elle entraînait, elle ne se voit pas enseigner le tennis jusqu’à sa retraite alors qu’elle aurait mal partout. Mais habituée d’être son propre patron et de gérer son horaire, elle devra probablement travailler pour un employeur. Et même si elle n’a que 31 ans, elle considère qu’il commence à se faire tard pour réorienter sa carrière

«Dans le fond, tout ce que je devrais me dire c’est : «je vais essayer. Si ça ne marche pas, je pourrai toujours retourner au tennis».»

Détentrice d’un bac en communication et d’un autre en relations humaines, Marie-Pier dit que ce qu’elle aime avant tout c’est donner et travailler à faire la différence. Elle se verrait bien, par exemple, travailler pour une fondation où elle pourrait travailler à réaliser les rêves d’enfants malades ou à les aider à se rétablir physiquement. À l’opposé du spectre, elle aimerait demeurer dans le milieu du sport et travailler avec une gang de gens qui aiment bouger et être en forme. «Une chose est sûre, je ne me vois pas travailler dans un bureau, assise à longueur de semaine devant un ordinateur.» 

Le même chemin

Il y a maintenant une quinzaine d’années que Marie-Pier a connu ses heures de gloire sur la scène du tennis. Une époque qu’elle a redécouverte à son retour au Québec en mars quand elle a retrouvé chez sa mère des trophées qu’elle avait gagnés et des photos à 14-15 ans. Elle est aussi tombée sur une cassette VHS où était enregistré un match qu’elle avait joué au Challenge Bell. «J’ai regardé ça avec mes yeux de coach. J’ai eu honte de ce que je voyais. Je me suis demandé comment je jouais», indique-t-elle en riant.

La Québécoise mentionne qu’elle est fière de sa carrière même si elle n’ a que flirté avec son rêve de jouer chez les pros. «La meilleure décision que j’ai prise fut d’aller jouer à l’université de l’Oklahoma. Le niveau était super bon, on était vraiment très bien encadré, j’ai pu apprendre l’anglais, obtenir un diplôme et je me suis fait des connexions incroyables.»

Marie-Pier est d’avis que son passage à l’université lui avait permis d’être techniquement meilleure mais surtout, il lui avait appris à pousser ses limites, ce qu’elle n’avait jamais fait avant. «L’entraînement, ça n’avait jamais vraiment été mon point fort. Mais il fallait que ça change. Je ne jouais plus juste pour moi, je le faisais aussi pour mon équipe, pour mon université. Je ne voulais pas les faire perdre. C’était une pression différente. Et c’est ce qui m’a fait réaliser que je devais travailler plus fort et toujours pousser plus.

«J’aurais aimé ça avoir la même tête quand j’avais 12 ou 13 ans. Parce qu’à cet âge-là, je n’ai jamais compris qu’il fallait que je me dépasse constamment. Je ne pensais pas que c’était nécessaire. Je ne réalisais pas combien j’étais chanceuse d’avoir autour de moi plein de gens qui m’aidaient pour que je m’améliore, que je puisse m’entraîner et faire certains tournois.»

Sa carrière universitaire terminée, la Québécoise a ensuite tenté un retour chez les pros où elle avait fait ses débuts à 15 ans en jouant au Challenge Bell avant de faire quelques tournois de l’ITF par la suite. Et elle s’est expatriée en Floride. Après un an, ralentie par l’opération qu’elle avait eue à l’épaule quelques années auparavant et désillusionnée par la vie de joueuse de tennis, elle a alors mis fin à son rêve pour devenir entraîneure ce qui lui a permis de poursuivre son histoire d’amour avec le tennis. À L’académie du réputé Nick Saviano d’abord puis à son compte par la suite. Elle a été directrice de programmes juniors, coaché des enfants et des adultes et fait de la haute performance et du récréatif.

«Je dirais que le tennis me passionne encore plus qu’avant. Je n’ai jamais eu autant de plaisir à jouer. Et travailler avec des jeunes et les aider dans leur passion, mais aussi dans la vie en général, il n’y a rien de plus motivant et valorisant pour moi. Parce que le tennis, ce n’est pas juste un jeu. Il te permet aussi d’acquérir le respect, la ponctualité, la débrouillardise, la maturité, etc.»

Loin de du circuit pro, Marie-Pier a quand même renoué avec la compétition lorsqu’elle s’est initiée au Beach Tennis, un sport dans lequel s’est rapidement distinguée, devenant même championne du monde IFBT en simple et en double. Elle apprécie beaucoup ce sport qui est à la fois très compétitif mais aussi très relax.

«Ça se passe sur une plage, il y a de la musique. Et tout le monde se parle entre les matchs, on apprend à se connaître. Tu peux vraiment compétitionner pendant que tu joues mais après, on est comme 15 à aller souper tous ensemble et à parler genre quatre-cinq langues parce que les joueurs viennent de partout sur la planète. J’ai été obligé d’arrêter de jouer parce que ma partenaire s’est blessée. Mais je compte recommencer. Je ne veux prendre part à tous les gros tournois et être occupée à toutes les fins de semaine. J’aimerais en faire une couple par année, juste pour le plaisir, pour m’amuser.»

Lorsqu’elle pense à sa carrière, Marie-Pier dit n’avoir aucun regret. «Peut-être que si j’avais mieux performé et que je m’étais entraînée plus fort, mon futur aurait été différent. Mais je ne changerais rien à mon parcours parce que rien n’aurait pu m’apporter autant que mon expérience à l’Université de l’Oklahoma. De l’extérieur, le tennis professionnel ça semble beau, ça semble le fun. Mais c’est tellement plus difficile que les des gens pensent. Si on me donnait la chance de tout recommencer, je referais la même affaire. Jamais je ne choisirais d’aller pro.»

Linda Marquis: la personne avant toute chose

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Linda Marquis: la personne avant toute chose

Il y maintenant cinq ans que Linda Marquis a abandonné ses fonctions d’entraîneure-chef de l’équipe de basket féminin du Rouge et Or pour se concentrer sur son poste de coordonnatrice aux opérations des activités d’excellence de l’Université Laval. Et si au premier coup d’œil, les deux emplois sont fort différents, ils ont beaucoup de points communs pour l’ex-coach.

«J’ai toujours coaché en pensant avant tout à la personne», explique Linda qui a aussi travaillé au sein du programme Basketball Canada. «J’étais à l’écoute. Ma porte était toujours ouverte. Je travaillais avec les filles afin de les aider dans leur développement sportif, mais aussi personnel. J’ai ainsi toujours prôné l’importance des études. C’était important que les filles graduent et qu’elles évoluent à travers ça et qu’elles apprennent à s’apprécier. 

«Aujourd’hui, je continue à être là pour les étudiants-athlètes. C’est certain que je ne le fais pas dans le même contexte. Je n’ai plus la même proximité avec les étudiants-athlètes que j’en avais avec les filles de mon équipe. Les émotions que je vis ne sont pas les mêmes. Et ce n’est pas la même façon d’intervenir. Mais mon focus demeure le même. L’être humain.»

Linda est d’avis qu’il y a plein d’aspects de sa carrière d’entraîneure qui l’ont bien préparée pour occuper son emploi actuel. Elle a ainsi développé des antennes pour sentir si les gens qui vont la voir dans son bureau ont un problème plus profond que celui qu’ils veulent bien lui confier. Elle a aussi l’habitude de travailler en dehors des horaires réguliers et elle a toujours été une personne qui désirait améliorer la façon de faire. 

«Mon vécu me permet aussi de mieux comprendre la vision de l’administration, des entraîneurs et des étudiants-athlètes, moi qui suis à cheval entre les deux groupes. Et à travers tout ça, je suis sans un feu roulant d’adrénaline parce que je dois composer avec toutes sortes de délais. C’est exigeant, mais c’est un beau défi.»

Une opportunité

Linda a dirigé son dernier match de basketball en avril 2015. Quelques mois auparavant, au beau milieu de la saison, elle avait pris tout le monde par surprise en annonçant que la campagne 2014-2015 serait sa dernière, car elle avait accepté un poste administratif avec le Rouge et Or. Une décision qu’elle avait bien mûrie, mais qui soulevait néanmoins chez elle un doute bien légitime. Faisait-elle le bon choix?

«C’est la première question que je me suis posée. Puis je me suis dit: ‘‘je fonce’’. C’est ce que je retiens de la journée de l’annonce de ma retraite. Et ça m’a fait réaliser que j’avais coaché pendant 30 ans. Je ne comptais pas les années et je ne les sentais pas. Mais à ce moment-là, ce qui m’a frappée c’est 30 ans. Et j’ai fait ‘‘OK, je passe à autre chose’’».

«C’est l’opportunité qui m’était offerte qui a vraiment orienté ma décision. J’avais l’occasion de faire une belle transition vers ma vraie retraite du monde du travail. Je restais dans le même milieu et je gardais le contact avec les étudiants-athlètes. Si je n’avais pas eu l’occasion de travailler dans un tel contexte, je n’aurais probablement pas arrêté de coacher.»

Linda indique que c’est dans les mois qui ont suivi sa retraite qu’elle avait réalisé toute la place que le basket prenait dans sa vie et tout ce qu’elle lui avait donné. Elle est d’avis que comme bien d’autres entraineurs passionnés, elle n’avait peut-être pas aidé sa profession en disant toujours oui et ne comptant pas les heures supplémentaires non-rémunérées qu’elle s’était tapée. «Mais j’ai aussi réalisé combien tout ce que j’avais fait m’avait apporté. J’aurais pu quitter le coaching bien avant. Mais si j’ai continué, c’est parce que j’avais la passion. Ce qui me nourrissait le plus, c’était le contant avec les personnes. 

«J’ai d’ailleurs constaté la semaine dernière quand je suis allée frapper des balles de golf comment la pandémie m’avait fait sortir de ma zone de confort. J’ai croisé plusieurs athlètes et je me suis aperçu comment leur contact me manquait.»

Parlant de son deuil, l’ex-coach explique qu’elle l’avait fait petit à petit, au fur et à mesure qu’elle s’était approchée de son dernier match. Par la suite, le fait d’avoir pris ses distances vis-à-vis l’équipe, et ce, même si elle était une spectatrice assidue aux rencontres, lui avait permis de faire une transition toute en douceur. «Je ne voulais pas être la belle-mère déplaisante. J’avais dit à Guillaume (Giroux) ‘‘c’est ton équipe, je ne me mêlerai pas de rien’’. Ça m’a aidée à faire mon deuil, comme le fait de voir l’équipe continuer à bien aller.» 

Comblée dans ses nouvelles fonctions, l’ex-entraîneure ne cache pas qu’elle s’ennuie de certains aspects de son ancien travail. Le feeling d’être dans le gymnase, la satisfaction ressentie après un bon entraînement, voir la progression d’une étudiante-athlète et bien sûr, toute l’émotion ressentie lors d’un match. «Il faut l’avoir vécu pour réaliser combien c’est intense. Mais ce que j’aimais avant tout, c’était le processus, du premier au dernier jour.»

Interrogée si elle s’ennuyait du basket, Linda mentionne qu’il y a des jours oui et que d’autres non. Elle ajoute que d’assister aux matchs des autres formations du Rouge et Or, de découvrir d’autres sports et d’autres façons de faire, lui procurent énormément de satisfaction. «Et il n’y a plus de stress. C’est quand j’ai arrêté de coacher que j’ai constaté combien je pouvais me mettre de la pression. Mais j’ai toujours gardé la même philosophie. Je focalisais sur ce que je pouvais contrôler. C’est ce qui m’a permis de passer à travers les années. Le regard des autres, ça peut-être dangereux quand tu es évalué en fonction des victoires et des défaites. Pour moi, ce n’était pas le résultat qui comptait, mais le processus. Si j’avais juste coaché pour la bannière, je n’aurais pas fait 30 ans.

«Quand je pense à ma carrière, je ressens une grande fierté. J’ai beaucoup donné mais j’ai aussi beaucoup reçu. J’ai rencontré des personnes extraordinaires qui m’ont aidée à évoluer et à prendre de bonnes décisions. Mais je n’ai pas fait tout ce que j’ai fait toute seule. J’avais une équipe, des adjointes et des étudiantes-athlètes. Oui je ressens une grande fierté mais je la partage avec toutes ce personnes.»

Même si elle est à la retraite, Linda n’a pas remisé son chapeau d’entraîneure pour autant. Lorsqu’elle assiste à des matchs de basket, elle peut le faire en tant que simple spectatrice, mais il lui arrive aussi de redevenir l’experte qui voit tout et analyse tout. Comme on dit : «chassez le naturel et il revient au galop».

«Ça dépend des jours. Mais je travaille fort pour ne pas devenir une gérante d’estrade. J’avoue cependant avoir assisté à tous les matchs du Championnat canadien de 2019 parce que j’ai encore des amies qui sont entraîneures. Et je l’ai fait avec mon chapeau de coach. Quand tu te retrouves dans un évènement comme celui-là, ça te ramène rapidement dans ce que tu faisais.»

Linda pourrait-elle un jour revenir au coaching? Elle dit s’être posé la question quand elle a été approchée pour diriger une équipe. «Mais j’ai un emploi qui est trop exigeant. Je n’ai pas le temps nécessaire pour faire autre chose. Peut-être qu’à ma préretraite, j’irai donner un coup de main à un entraîneur. Mais je ne me vois pas prendre en main une équipe.»

Les Remparts sélectionnent Gaudet et Gweon

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Les Remparts sélectionnent Gaudet et Gweon

Les Remparts ont fait de l’ailier Kassim Gaudet des Estacades de Trois-Rivières et du centre Andrew Gweon du des Caps Office Interior de Fredericton leurs choix de quatrième ronde en les sélectionnant samedi respectivement avec les 63e et 73e choix au repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Les Remparts ne repêchaient ni en deuxième ni en troisième ronde. Gaudet, qui est originaire de Victoriaville, a marqué 7 buts et ajouté 12 aides en 42 matchs la saison dernière, sa première dans la Ligue de hockey Midget AAA de Québec. Le hockeyeur de 16 ans qui fait 5 pieds 9 pouces et pèse 141 livres était classé en cinquième ronde par la centrale de recrutement. Quant à Gweon, il a inscrit 16 buts et 22 aides en 37 parties la saison dernière.

Le DG et entraîneur des Remparts Patrick Roy avait de bons mots pour Gaudet, dont il a apprécié la progression et l’amélioration cette année. Le jeune hockeyeur approuvait le verdict de son futur pilote.

«Je ne suis pas le même joueur que j’étais au début de la saison. J’ai pris de la maturité car je n’étais pas totalement adapté au début de l’année. J’ai toujours travaillé fort et ça a rapporté», poursuit celui qui s’amènera au camp avec la ferme intention de demeurer à Québec. «Pour moi, c’est faire l’équipe et rien d’autre», lance-t-il.

Le jeune homme suivait le repêchage à l’extérieur sur une télé avec sa famille et ses amis. «Je suis très content, ça a été un très beau moment quand j’ai été repêché», ajoute-t-il.

Le risque Richard

Tout juste avant de choisir Gaudet, les Remparts avaient vu les Sea Dogs de St John opter pour le défenseur de Québec Guillaume Richard, libéré par les Tigres de Victoriaville car il avait refusé de se rapporter à l’équipe après avoir été repêché en première ronde l’an dernier.

Roy avait dit s’intéresser au récalcitrant vendredi soir. Cependant, il a assuré samedi qu’il n’avait pas l’intention de le choisir en quatrième ronde. «On avait déjà pris un risque (en première ronde) avec Evan Nause, alors nous voulions prendre un joueur de première année d’admissibilité au repêchage», a-t-il expliqué, avouant bien candidement qu’il ne savait pas, au moment de choisir Nause, qu’aucune compensation ne serait donnée à son équipe s’il n’arrivait pas à le mettre sous contrat.

«On a appris ce matin (samedi) qu'il n'y avait pas de compensation pour les joueurs de 17 ans, mais ça ne change rien car on est plus que confiants d’en arriver à une entente avec Nause. Sa famille est très contente et nous comme confiants de pouvoir faire une annonce au cours de la prochaine semaine», a indiqué Roy.

L'agent de Nause et Richard, Dominic De Blois, a d'ailleurs déclaré au Soleil samedi (voir autre texte) que Nause était à l'écoute des propositions des Remparts mais que Richard n'avait pour l'instant pas l'intention de changer d'idée et qu'il visait toujours le hockey universitaire américain.

Un autre joueur qui avait clairement manifesté sa préférence pour les universités américaines, le Montréalais Michael La Starza de l'école préparatoire Shattuck St. Mary's, a abouti dans l'escarcelle des Voltigeurs de Drummondville. Ceux-ci ont sélectionné le talentueux ailier en septième ronde alors qu'il était le dixième espoir de cet encan.

L’arrière Isaac Ménard des Estacades de Trois-Rivières a pour sa part chuté d’une ronde. Classé en deuxième ronde, il a été choisi en troisième par les Cataractes de Shawinigan, qui ont transigé avec les Tigres de Victoriaville pour pouvoir le sélectionner même s’il avait avisé toutes les équipes qu’il avait l’intention de poursuivre son cheminement aux Etats-Unis.

Attaquants

Roy a aussi expliqué que c’est parce que l’encan était plutôt mince en matière d’attaquants qu’il avait décidé de lancer la quatrième ronde avec Kassim Gaudet et Gweon. «Ce sont deux joueurs que nous aimions beaucoup.»

En cinquième ronde, les Diables rouges ont choisi les défenseurs Zachary Gaudet et Samuel Lachance des Vikings de Saint-Eustache avec deux choix consécutifs, après avoir donné un choix de quatrième ronde en 2022 aux Foreurs de Val-d’Or pour pouvoir mettre la main sur Lachance.

«Je sais que nous avons beaucoup de défenseurs gauchers, mais c’est le résultat de notre stratégie de choisir toujours le meilleur joueur sur notre liste», a expliqué Patrick Roy.

«Les joueurs que nous avons choisi aujourd’hui ne feront pas tous l’équipe l’an prochain, mais ce n’est pas impossible qu’il y en ait deux sur quatre. Il y aura beaucoup de compétition chez les défenseurs, alors ce n’est pas impossible qu’on opte pour des joueurs de 16 ans. La porte est ouverte pour «challenger» les gars qui sont là», a-t-il ajouté.

En sixième ronde, Roy a refilé son choix au Titan d’Acadie-Bathurst en échange du choix de cinquième ronde de ces derniers en 2021. En septième et en huitième, il a sélectionné l’arrière Josh O’Connor des McDonald’s d’Halifax et l’ailier Noah Gibbs, un coéquipier de Gweon à Fredericton, tous deux classés en quatrième ronde par la centrale de recrutement du circuit.

En neuvième ronde, les Remparts ont jeté leur dévolu sur le gardien Benoît Forget, qui évolue au niveau Midget Espoir en Outaouais. Ils ont ensuite sélectionné l’ailier Pierrick Brousseau du Phénix du Collège Esther-Blondin en dixième ronde et le gardien de but de 17 ans Julien Létourneau, qui a disputé quatre matchs avec les Forestiers d’Amos l’an dernier, en onzième ronde. Létourneau a passé l’essentiel de la dernière saison avec le Filon de l’Or-et-des-Bois dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire et évoluera l’an prochain avec le Boomerang du Cégep André-Laurendeau.

Roy a complété son repêchage en choisissant le centre Gabriel Pelchat des Gaulois de Saint-Hyacinthe et son neveu Cédric O’Connell, fils de sa soeur Alexandra Roy, en treizième et quatorzième rondes. O’Connell, un défenseur de 15 ans, porte les couleurs de l’Express du Collège Saint-Sacrement, une formation de première division au hockey scolaire masculin juvénile.

Côté glisse en deuxième

La deuxième ronde avait été lancée samedi matin par la sélection de l’attaquant Justin Côté des Grenadiers de Châteauguay par les Voltigeurs de Drummondville. Côté, qui dit-on fait 5 pieds 6 pouces et 146 livres, était classé sixième espoir de la première ronde mais a glissé en deuxième en raison de son petit gabarit. Les Moosheads d’Halifax ont suivi avec le défenseur Jake Furlong.

Au total, huit Québécois ont été sélectionnés en deuxième ronde, dont le gardien lévisien Charles-Edward Gravel qui évolue avec les Senators de Mississauga dans la Greater Toronto Hockey League. La Nouvelle-Écosse, avec cinq sélections, suit alors que deux Néo-Brunswickois et deux hockeyeurs de l’Île-du-Prince-Édouard ont aussi été repêchés ainsi qu’un Terre-Neuvien, le gardien Riley Mercer, frère de l’attaquant des Saguenéens de Chicoutimi Dawson Mercer. avec Carl Tardif

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Les choix des Remparts


1ère ronde

Evan Nause, Défenseur (Stampede de Sioux Falls)

4e ronde

Kassim Gaudet, Ailier (Estacades de Trois-Rivières)
Andrew Gweon, Centre (Office Interiors Caps de Fredericton)

5e ronde

Zachary Gaudet, Défenseur (Vikings de Saint-Eustache)
Samuel Lachance, Défenseur (Vikings de Saint-Eustache)

7e ronde

Josh O’Connor, Défenseur (McDonald’s d’Halifax)

8e ronde

Noah Gibbs, Ailier (Office Interiors Caps de Fredericton)

9e ronde

Benoît Forget, Gardien (Intrépide Espoir de Gatineau)

10e ronde

Pierrick Brousseau, Ailier (Phénix du Collège Esther-Blondin)

11e ronde

Julien Létourneau, Gardien (Filon de l’Or-et-des-Bois)

13e ronde

Gabriel Pelchat, Centre (Gaulois de Saint-Hyacinthe)

14e ronde

Cédric O’Connell, Défenseur (Express du Collège Saint-Sacrement)

Michel Simard: le baseball dans la peau

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Michel Simard: le baseball dans la peau

Dix ans après avoir pris sa retraite du baseball affilié, Michel Simard continue de fustiger les frappeurs adverses avec ses balles de feu. Et les baseballeurs de la Ligue senior devront s’y faire. Ce n’est pas demain la veille que le lanceur droitier des Blue Sox de Thetford Mines compte accrocher son gant.

«Je ne pense pas à arrêter de jouer», avoue Simard qui a porté les couleurs des Capitales entre 2007 et 2010. «Si on me demandait si je serais capable de mettre fin à ma carrière, je répondrais non. Mon départ par semaine avec les Blue Sox, j’en ai besoin. J’ai hâte qu’il arrive. Et deux-trois jours avant de lancer, je suis excité. J’aime aussi le fait de donner une performance sportive devant les gens, de ressentir l’adrénaline que t’apportent leurs encouragements et leurs applaudissements. Et je suis chanceux. On a toujours de belles foules à Thetford Mines. Les partisans des Blue Sox sont incroyables. Je les adore.

«Présentement à cause de la COVID, on est arrêté. Je ne vois plus mes amis de baseball comme c’était le cas lors des années passées et je n’ai plus ce sentiment qui m’anime à chaque fois que je monte sur le monticule. Tout ça me manque vraiment beaucoup. Et je ne suis pas content. Ça affecte mon humeur.»

Michel Simard joua son baseball junior avec les Alouettes de Charlesbourg et les Diamants de Québec. Recruté par plusieurs collèges américains, il choisit d’aller à St. Petersburg College, en Floride. En 2002, saison au cours de laquelle il remporta 10 victoires sans subir la moindre défaite, il présenta une moyenne de points mérités de 2,97, obtint 95 retraits au bâton et ne donna que 20 buts sur balles. La même année, il fut réclamé en 25e ronde (744e) du repêchage des joueurs amateurs par les Angels d’Anaheim. Il passa quatre saisons dans l’organisation californienne et il débuta même la campagne 2006 dans le AA (Arkansas). Cette saison fut cependant sa dernière dans le baseball affilié.

«Sur le coup, ce fut un gros deuil à faire. J’avais tellement sacrifié des choses, mis d’efforts, et passé de temps sur les terrains de balle et au gym à m’entraîner. Et tu dois te dire que c’est fini, que tu n’atteindras pas ton objectif ultime. Tu te remets en question et tu te demandes si tu vas être capable de faire autre chose, le baseball étant le seul domaine où tu étais vraiment bon.

«L’important quand ça arrive, c’est d’être capable de te regarder dans le miroir et de te dire que tu as vraiment tout fait pour atteindre ton objectif. Moi, je me suis toujours entraîné fort, j’ai fait attention à moi, j’ai été discipliné, etc. Mais rendu dans le AA, les choses ont commencé à être plus difficiles. Je pense que c’était une question de talent. Je n’étais peut-être pas assez bon pour évoluer à ce niveau-là. J’avais atteint le maximum que je pouvais atteindre. Et même si ma transition a même été difficile, ce constat m’a aidé à passer à travers ma déception.»

De retour au Québec, c’est avec les Capitales que Simard s’aligna en 2007. Une opportunité qui fut aussi pour lui une belle porte de sortie au baseball affilié. Non seulement il a pu continuer à jouer au baseball, mais il le faisait à un niveau compétitif, dans une organisation solide et chez lui à la maison.

«J’ai vraiment été chanceux. Les Capitales nous mettaient dans un environnement très professionnel, que ça soit au niveau des gens qui gravitaient autour de l’organisation, du personnel dans les bureaux, des entraîneurs, du terrain, etc. L’équipe faisait de la publicité, elle organisait des promotions et elle avait une très bonne couverture médiatique. Et il y avait des partisans. Je disais souvent en blague à ma sœur, qui est procureure de la couronne, «c’est quand la dernière fois que 3000 personnes se sont levées pour t’applaudir après que tu ailles gagné une cause?». Moi j’étais privilégié. Ça m’arrivait après une victoire.»

«Parallèlement, l’organisation mettait à chaque année sur le terrain un club qui nous inspirait, qui nous faisait penser que l’on pouvait gagner le championnat. C’était hyper motivant. Tout ce que l’on avait en tête c’était de nous dépasser pour gagner. Et en plus, c’était spécial parce que je pouvais le faire à la maison. Pour moi, ça faisait une grosse différence et c’était une motivation de plus.»

Simard, qui a eu la chance de jouer avec les Capitales alors que l’équipe alignait beaucoup de Québécois, des joueurs qu’il connaissait et qui sont devenus des amis, indique que jouer dans sa ville ne lui avait jamais apporté de pression supplémentaire. Au contraire. Il dit qu'il s’est toujours senti appuyé par les amateurs de baseball de la Vieille capitale. «C’était tout le temps plaisant d’entendre les encouragements des gens, de les entendre crier en français de belles choses. «Pis lâche pas Michel, let’s go, tu es capable.»»

La retraite

Simard connut un passage exceptionnel avec les Capitales. En quatre saisons, il réussit 358 retraits au bâton et ne donna que 117 buts sur balles et il compila un dossier de 40 gains contre 22 revers. En 2008, il obtint même une fiche de 13-2. À la fin de cette campagne, il crut en ses chances de retourner dans le baseball affilié. Mais son souhait ne s’est jamais réalisé. «Ça ne m’a pas dérangé plus qu’il le fallait même si j’y ai cru pendant un petit bout». 

Il restait un mois à la campagne quand en août 2010, Simard surpris tout le monde en annonçant qu’il se retirerait à la fin de la campagne. Il venait de terminer son baccalauréat en relations industrielles et il sentait qu’il était temps pour lui de passer à autre chose. Aimant toujours beaucoup jouer au baseball, il avait cependant moins de plaisir à voyager. Et il pensait que le temps était venu de passer à autre chose dans sa vie.

«J’ai bien vécu avec ma décision dans les mois suivant la fin de la campagne. Quand la saison 2011 s’est amorcée, la transition a été plus difficile. Je ne pouvais pas m’empêcher de suivre les Capitales dans les journaux, de regarder des matchs à la télé ou de les écouter à la radio. Je me disais : “bon, je ne suis pas là. Je ne joue plus au baseball professionnel.”»

«Je pense que la plupart des athlètes ont quelque chose qui n’est pas réglé quand ils prennent leur retraite. Moi, je n’ai pas réalisé mon rêve d’atteindre les majeures. Même si je l’ai accepté, je ne serais jamais capable de le régler.»

Travaillant aujourd’hui dans le domaine des relations de travail, Simard est conseiller syndical depuis huit ans. Il donne des services conseils aux syndicats locaux et aux syndicats affiliés au niveau de leurs services d’organisation, de leurs assemblées générales, de leur gestion interne, de leurs statuts et règlements, etc.

«Un travail que j’adore. Le fait d’avoir été capable de trouver une autre passion et de faire un travail que j’aime a facilité ma transition après le baseball. Je me sens vraiment ultra-privilégié parce que j’ai tout le temps fait des choses que j’ai voulu faire. Une belle richesse et un beau cadeau que la vie m’a donnés et dont je profite au même titre que des valeurs que le baseball m’a transmises et qui me servent dans mon travail comme d’avoir une préparation adéquate, de la rigueur, de travailler en équipe, d’écouter les conseils et de les assimiler les conseils comme il le faut, etc.»

Francine Brousseau: un bel exemple pour les plus jeunes

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Francine Brousseau: un bel exemple pour les plus jeunes

Le jour où elle a été forcée d’accrocher ses crampons à cause d’une blessure au genou. Francine Brousseau ne se doutait pas qu’elle retournerait sur un terrain de soccer après être devenue maman. Douze ans et quatre opérations plus tard, elle n’a pas seulement renoué avec la grande passion de sa jeunesse, elle a même commencé à rêver à un autre titre national.

«J’évolue avec le Phénix des Rivières O-30 (plus de 30 ans) de Québec, une formation regroupe d’anciennes joueuses du Dynamo et du Rouge et Or toutes âgées de 30 ans et plus», explique la maman de deux jeunes garçons. «Nous évoluons dans la première division de la Ligue régionale senior où nous jouons contre des «petites» filles de 20 ans. Nous sommes la seule équipe qui aligne des joueuses de plus de 30 ans.

«Même si nous sommes toutes des mères et que certaines ont plus de 40 ans, on joue encore très bien. De penser que nous pouvons rivaliser avec les plus jeunes malgré notre âge et le fait que nous avons toutes une vie familiale et professionnelle, c’est pas mal gratifiant. Moi j’en suis très fière. Je trouve que nous sommes un bel exemple pour les jeunes.» 

Francine s’est laissé tenter par l’aventure du Phénix il y a cinq ans quand elle a appris qu’à chaque automne, un championnat canadien réunissant des équipes 0-30 était organisé. La possibilité de revivre un grand rendez-vous national entourée de ses amies était très alléchante. «C’est un défi très stimulant à chaque année. Notre but, c’est de gagner le championnat un moment donné.»

Gérant bien ses problèmes de genou, elle a appris à respecter ses limites et à donner à son corps le repos dont il a besoin, l’ex-joueuse du Rouge et Or avoue qu’elle aimerait poursuivre sa carrière jusque dans la quarantaine. L’athlète âgée de 37 ans aimerait être un modèle pour ses garçons comme l’est pour elle son père toujours très actif malgré ses 79 ans.

«Ça serait une belle fierté. Mais s’il faut que je me sacrifie pour mes enfants, je vais le faire. Je vais toujours les prioriser. Une chose est sûre, je ne veux pas finir sur une blessure comme ce fut le cas lors ma «vraie» retraite. J’aimerais arrêter au bon moment et pouvoir dire : “j’ai donné. Ce n’est plus pour moi”. Je ne veux pas être celle qui pense qu’elle est toujours bonne mais qui ne l’est plus. Mais je pense que je serai capable de le faire quand le temps arrivera.»

Trop de pression

Il s’en est fallu de peu pour que la carrière de Francine se termine alors qu’elle était adolescente. Joueuse étoile du Dynamo AAA, elle était aussi membre de l’équipe du Québec et du programme de l’équipe nationale en plus de s’entraîner au Centre national à Montréal. La pression devint insoutenable pour la Québécoise qui devait composer avec les méthodes de travail et d’enseignement de quatre équipes dirigées de manière différente et où les attentes à son endroit étaient toujours de plus en plus grandes. S’ajoutait l’obligation de passer beaucoup de temps à l’extérieur de la région de Québec afin de s’entraîner ou pour prendre part à des camps.

«Comme tu ne veux pas déplaire à personne, tu fais de ton mieux et tu t’adaptes. Mais un moment donné, tu te questionnes. Je me suis demandé qu’est ce que j’aimais vraiment et si je jouais pour les bonnes raisons. Est-ce que je voulais jouer pour les autres et pour impressionner les gens ou est-ce que je voulais le faire pour avoir du fun.

«J’ai arrêté de jouer au soccer pendant un an alors que j’étais sur le bord de faire l’équipe nationale. Quand j’ai recommencé, mes objectifs personnels n’étaient plus les mêmes. Jouer sur l’équipe canadienne, ce n’était pas ce que je voulais. Ce n’était plus un objectif que je poursuivrais. Ce que je désirais c’était d’avoir du plaisir.»

Membre des Élans du cégep Garneau, Francine a ensuite poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or. Et c’est avec la formation lavalloise qu’elle vécut les moments les plus satisfaisants de sa carrière. En plus de jouer au sein d’un groupe inspirant avec qui elle connut beaucoup de succès, elle pris part à deux reprises aux Universiades. Elle représenta le Canada en Turquie et en Thaïlande.

«Mon parcours universitaire au niveau sportif m’a apporté beaucoup. Il m’a permis d’acquérir de la maturité et de la confiance en moi. Et ce que j’ai vécu en soccer, me sert aussi aujourd’hui. J’adore travailler en équipe. J’ai aussi pu profité d’un encadrement exceptionnel au niveau de mes études. Gisèle Bourdeau, qui s’occupait du programme de physiothérapie, a été très accommodante au niveau de mes cours et de mes stages. Grâce à elle, j’ai pu jouer cinq saisons avec le Rouge et Or sans compromettre mes études.»

Sa carrière universitaire terminée et son baccalauréat en poche, Francine s’est vu offrir l’opportunité, comme Caroline Vaillancourt et Geneviève Marcotte, d’aller jouer avec la formation de Roche sur Ion, une municipalité située près de Nantes. Sa mission était d’aider le club de première Division à terminer sur une note positive une saison difficile. 

«Malheureusement, je n’ai pas senti que j’avais aidé l’équipe à ma juste valeur. Dans un monde idéal, Caro et Barb auraient été en France avec moi. Et là on aurait vraiment monté au classement. Mais je me suis retrouvée toute seule, moi qui est une fille d’équipe. Et je suis une joueuse technique. En tant que demi-centre, je n’aurais pas dû avoir à me distinguer avec ma rapidité. Sauf que dans les faits, j’étais une des filles les plus rapides de l’équipe.

«Ce fut quand même une belle expérience. J’y retournerais n’importe quand. Les filles de l’équipe étaient super gentilles. Et j’étais dans une famille d’accueil incroyable avec laquelle je suis toujours en contact.»

La Québécoise est d’avis que son passage en France a peut-être été le début de la fin de sa carrière. Victime d’une luxation de la rotule à la veille d’amorcer sa carrière universitaire, elle a par le suite dû composer avec des problèmes de genou. Et après son passage à Roche sur Ion, ses ennuis se sont aggravés. Malgré tout, elle a joué avec l’Arsenal de Québec à l’été 2008.

«C’est là que j’ai commencé à sentir qu’il fallait que je pense à arrêter. Je ne pouvais plus suivre. Des 90 minutes, c’était trop. J’écopais le lendemain des matchs. Je travaillais et j’avais des comptes à rendre. Alors après ma saison, j’ai arrêté de jouer. Ça été une décision difficile à accepter. Je la prenais parce que mon corps n’en pouvait plus. Mais mentalement, je n’étais pas prête.»

Comblée par son après-carrière, Francine travaille comme physiothérapeute à l’hôpital Saint-François-d’Assise où elle aide des patients ayant eu des chirurgies dans leur réadaptation. Son intérêt pour la physiothérapie lui a été transmit par Patrice Pépin qui lavait traité pour une blessure à la cheville alors qu’elle avait 12 ou 13 ans. 

«Il était tellement passionné. Sauf que soigner des sportifs, ça ne me tentait pas. Je sais par expérience que les athlètes n’écoutent pas toujours leurs physios. Et je ne me voyais pas me battre avec eux pour qu’ils suivent mes recommandations. Lors des mes stages, j’avais fait beaucoup de réadaptation en milieu hospitalier. J’avais beaucoup aimé le contact avec les personnes âgées. C’est pour cette raison que j’ai opté pour travailler dans un hôpital. Transformer la vie des gens et leur permettre de marcher à nouveau, c’est un travail très valorisant.» 

Jonas Pierre à la maison à Québec

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Jonas Pierre à la maison à Québec

Ayant grandi à Laval avant de déménager à Brooklyn, alors qu’il était adolescent, puis ayant fait ses études universitaires au Missouri avant de jouer au basketball professionnel en Europe, Jonas Pierre en a vu du pays depuis qu’il a vu le jour. Alors au lendemain de sa retraite, quand il a décidé de s’installer pour de bon, c’est à Québec qu’il a choisi de le faire.

«Je me sens vraiment chez moi à Québec», lance l’ex-basketteur qui a fait vibrer les amateurs de sport lors de son passage avec les Kebs de Québec. «J’y suis aussi bien que je l’étais à Laval. Quand j’y retourne voir ma famille et que j’y passe la fin de semaine, il m’arrive souvent de me dire quand je me réveille le dimanche matin : “il faut que je retourne chez moi à Québec, il faut que je retourne à la maison”.»

Le grand basketteur de 6’10 ne le cache pas, jamais il n’aurait pensé, quand il était plus jeune, qu’une fois sa carrière sportive terminée, il se serait installé dans la Vieille capitale et encore moins qu’il aurait voulu y passer le reste de sa vie. Après avoir accroché ses espadrilles, c’est ailleurs, du côté de la région montréalaise qu’il avait choisi de se lancer en affaires et d’exploiter un casse-croûte. Alors qu’il remettait en question certaines de ses décisions, Jibril Bah, un ami qu’il avait connu chez le Kebekwa, plus tard devenus les Kebs, le convainquit de déménager dans la Vieille capitale.

«Jibril m’avait dit : “viens à Québec. Les gens te connaissent. Ils vont t’aimer. Tu vas pouvoir coacher. Ça va être facile pour toi de faire ta vie ici”. Je suis venu voir et finalement, je ne suis jamais parti (rires). Ça fait six ans que je suis ici.»

C’est en 2006 que Pierre s’était amené dans la Vieille capitale afin d’y défendre les couleurs du Kebekwa, une nouvelle équipe professionnelle évoluant dans l’American basketball Association. Le colosse passa six campagnes à Québec, saisons au cours desquelles il brilla de tous ses feux. Recordman de la Premier Basketball League avec 11 blocs dans un match, il établit aussi une marque pour le plus grand nombre de blocs en une saison, soit 42 (2009).

«À l’époque, j’aurais pu jouer dans n’importe quelle équipe de la PBL. Mais je voulais me rapprocher de ma famille et de mes amis. Les gens proches de moi ne m’avaient jamais vraiment vu jouer depuis que j’avais quitté le Québec pour aller aux États-Unis. C’est pour cette raison que j’avais choisi de venir à Québec.»

Leader de la formation québécoise sur le terrain, Pierre a aussi été l’un des plus précieux atouts de l’équipe en dehors du court qui a profité qu’il avait grandi à Laval et qu’il parlait français pour lui faire vendre la formation et le basket aux amateurs de sport de Québec. Avec les Charles Fortier, Dominique Soucy, Samuel Audet-Sow, etc., il a multiplié les sorties publiques. «À chaque fois qu’une visite était organisée dans les écoles, j’y allais. C’était une mission que je m’étais donnée. Jamais je n’ai manqué un rendez-vous. Même les fois où il fallait que je sois dans une école à 9h le lundi matin et que je m’étais couché au milieu de la nuit parce que l’on avait dû faire 10 heures d’autobus après un match le dimanche. 

«Tout ce que voulais, c’est que les jeunes jouent au basketball. Et je crois qu’ils appréciaient ce qu’on faisait. Aujourd’hui à Québec, le basket c’est quelque chose de gros et je pense que les Kebs sont une des raisons pour l’expliquer.»

Pierre garde de très beaux souvenirs de son passage avec les Kebs, et ce, même si l’équipe n’a pas toujours connu les succès espérés sur le terrain ou qu’elle ait dû changer de domicile à quelques reprises au cours de son histoire. Il explique que les amateurs québécois étaient fidèles, fiers enthousiastes et reconnaissants. Toujours, il s’est senti appuyé et aimé.

De Laval aux États-Unis

Pierre avait 15 ans et jouait au basketball à l’école Chomedey High School quand sa carrière prit une tangente inespérée. Il s’en alla à Brooklyn où sa mère, d’origine américaine, avait décidé de déménager. Inscrit dans une école secondaire, il se joignit à l’équipe de basket où il vit le basket d’un autre œil.

«Au Québec, le basket c’était un peu comme un hobby. On avait deux entraînements par semaine et un match ou deux la fin de semaine. Quand je suis arrivé à Brooklyn, on s’entraînait deux fois par jour. Tout le monde était très compétitif. Quand les coachs sentaient que l’on avait du potentiel, ils nous vendaient du rêve en nous disant que si l’on s’entraînait fort, on aurait des chances d’aller loin. Alors toi tu pratiques, tu te développes, tu prends confiance et tu commences à rêver.»

Ses études à l’école secondaire terminées, Pierre fréquenta le Lincoln University, dans le Missouri, où il défendit les couleurs des Blue Tigers. Admissible au repêchage de la NBA de 2004, il ne trouva cependant pas preneur, mais il fut invité à un essai avec les Spurs de San Antonio.

«Quand j’ai quitté les Spurs, je me souviens avoir appelé mes amis pour leur dire que je n’étais vraiment pas de calibre. Oui, j’étais athlétique et oui je mesurais 6’10 mais je ne pesais que 220-225 livres. En comparaison, les gars de ma grandeur étaient à 260 livres. J’étais un enfant parmi des hommes. Alors j’ai commencé à faire beaucoup de musculation. Quand tu es aussi près de ton rêve, tu trouves toujours une raison de continuer à t’accrocher et un moyen qui te permettra de t’ajuster.

«Aujourd’hui, je suis d’avis que la NBA c’est une question de talent et d’entraînement, mais aussi d’opportunités. Les équipes cherchent toujours le meilleur joueur qui pourra le mieux fitter dans leur équipe. Si tu es cet athlète au moment où elles en ont besoin, tu auras ta chance.»

C’est à la suite d’un coup du destin que le grand basketteur a finalement renoncé à son rêve de jouer dans la NBA. Victime d’un accident d’auto à quelque jours de son départ pour l’Allemagne où il devait jouer pro, il a dû par la suite composer avec des maux de genoux récurrents. Et c’est dans les circuits mineurs professionnels nord-américains qu’il évolua notamment avec les Kebs pendant six saisons. «Dans les mois suivant mon accident, j’ai vécu une grande déception. Mais aujourd’hui, je ne regrette rien. J’ai pu signer avec les Kebs et revenir à la maison.»

Pierre prit sa retraite du basket en 2014. «J’étais devenu plus lent. Au niveau des blocs ou mes rebonds, j’étais tout le temps une seconde en retard. C’était le signal qu’il était temps que j’arrête, que je commençais à me faire vieux.

«Au début, j’ai trouvé le temps long. J’étais dans une zone grise, je me cherchais. Je me demandais qu’est ce que j’allais faire. Parce que quand tu es jeune, tu penses que tu vas jouer au basket toute ta vie. Et moi j’ai trouvé. Comme j’aimais partager mon expérience avec les jeunes, j’ai décidé de les aider à s’entraîner. Et je me suis mis dans le coaching.»

Entraîneur au Quebec à St Pat’s puis avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy, Pierre est aujourd’hui coach à l’école de mini-basket de Québec (MBQ), un programme qui initie au basket les jeunes du primaire. «J’aime être avec les enfants. Il n’y a pas de pression. Ils viennent pour apprendre et s’amuser. Avec des enfants, chaque journée est différente. Il n’y a rien de redondant. J’adore ce que je fais.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Christopher Milo: une journée inoubliable

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Christopher Milo: une journée inoubliable

Neuf ans ont passé, mais Christopher Milo n’a pas oublié le moindre détail du repêchage de la Ligue canadienne de football de 2011 lors duquel il avait été sélectionné en quatrième ronde par les Roughriders de la Saskatchewan. Une journée intense en émotions qu’il revit à chaque printemps et qu’il revivra de nouveau jeudi alors que les équipes du circuit Ambrosie feront le plein d’espoirs universitaires.

«Le repêchage, c’est une journée spéciale, une journée où tu te souviens toute ta vie où tu étais et avec qui», confie l’ex-botteur du Rouge et Or. «Tu as travaillé tellement fort pour avoir l’opportunité de vivre le rêve de jouer pro que tu avais quand tu as commencé à pratiquer ton sport, tu as fait tellement de sacrifices que lorsqu’elle se présente, tu profites de chaque moment et tu espères que ton nom va sortir. Mais c’est aussi une journée spéciale pour tes parents, tes proches et tous les gens qui t’ont supporté. Parce qu’eux aussi ont fait des sacrifices et que sans eux, tu ne n’aurais pas eu la chance d’avoir cette opportunité-là. Et c’est pour cette raison que j’avais vécu le repêchage avec eux. Et c’est ce qui a fait que ce fut une journée superbe.»

Milo raconte que c’est la terrasse d’un pub de Montréal, par une belle journée ensoleillée qu’il avait suivi l’encan amateur de la LCF. Les deux premières rondes avaient été présentées à la télé et par la suite, les noms des joueurs choisis par les équipes avaient été annoncés sur le site Web de la LCF. 

«Tout le monde était sur son téléphone et faisait des refresh afin de connaître les dernières sélections. Trois équipes m’avaient manifesté de l’intérêt, soit les Alouettes, les Tigers Cats et les Roughriders. Et après que les Alouettes aient choisi un botteur en première ronde, j’ai eu le feeling que j’allais aboutir en Saskatchewan.»

Choix de quatrième ronde, le 30e au total, le Québécois a appris plus tard que les Roughriders, bien que très intéressés à acquérir le botteur de l’UL, avaient pris la chance, après avoir vu les Alouettes et les Lions réclamer un botteur, de retarder sa sélection en fin de quatrième ronde afin de mettre la main sur Craig Butler, en deuxième ronde. «Les Riders m’ont dit qu’ils avaient agi ainsi parce qu’ils savaient qu’aucune autre formation n’avait vraiment besoin d’un botteur.»

Débarqué à Regina afin de prendre part au camp d’entraînement, Milo ne perdit pas de temps pour en mettre plein la vue à ses patrons qui décidèrent de le garder au sein de l’équipe. Le Québécois avoue que sa transition s’était relativement bien faite. D’abord à cause de sa maîtrise de l’anglais, mais aussi parce que sa conjointe l’avait accompagné en Saskatchewan. «J’avais l’avantage d’avoir à mes côtés une personne qui pourrait me supporter. On est donc parti ensemble et on s’est dit : “il arrivera ce qui arrivera”.»

Dés son arrivée à Regina, l’ex-Rouge et Or a adoré son nouvel environnement. «Pour moi, c’est la place par excellence dans la LCF pour jouer au football. Les gens trippent football. Ils en parlent 365 jours par année. Nous sommes leur rayon de soleil. De plus, nous avons été bien entourés et l’équipe s’est bien occupée de nous autres.

«C’est certain que jouer pour les Alouettes aurait été plaisant. J’aurais été plus proche de la maison. Mais il y a beaucoup de stress qui serait venu avec ça, du stress qui n’aurait pas nécessairement été causé par le football. Le fait d’être loin m’a permis de me concentrer sur le football.»

Milo a passé quatre saisons avec les Roughriders qui l’ont congédié en 2015 après le premier match de la campagne au cours duquel il avait raté un placement de 35 verges. Une décision difficile à accepter pour le Québécois qui, en 2013, avait célébré la conquête d’une Coupe Grey et qui avait connu le meilleur camp d’entraînement de sa jeune carrière chez les pros. «Quand une porte se ferme, un autre s’ouvre. Même si le timing n’était pas le meilleur pour se trouver un emploi avec une autre équipe, j’ai reçu une offre du Rouge et Noir d’Ottawa. Et j’ai pu savourer une belle revanche quelques semaines plus tard en réussissant le placement qui  nous permettait de vaincre les Roughriders, à Regina.»

Remise en question

Milo joua deux saisons à Ottawa. En 2015, il atteint la finale de la Coupe Grey et l’année suivante il mit la main sur le précieux trophée pour la deuxième fois de sa carrière. Blessé au dos, il fut cependant remercié par l’équipe en décembre de la même année. S’en suivi une longue remise en question.

«Ce fut tout un choc. J’ai vécu des moments difficiles après mon congédiement. Je n’avais plus d’identité, je ne savais pas qu’est que je pourrais faire comme travail et je ne savais plus à quoi me rattacher. J’avais toujours été sur un terrain à faire du sport. De trois ans à 17 il y avait eu le soccer et de 15 à 30 ans le football. Et là, on avait décidé pour moi que c’était terminé. C’était une pilule difficile à avaler. J’ai fait une dépression. J’avais de la misère à me lever le matin, je n’avais pas envie de rien faire. Après quelques crises d’anxiété et de panique ma femme m’a dit : «c’est assez! On va aller chercher l’aide dont tu as besoin». Par la suite les choses ont commencé à se replacer tranquillement.

«Aujourd’hui, je me sens super bien. Et j’ai trouvé un emploi où je suis heureux. Je suis en processus de formation pour être chauffeur au Réseau de transport de la Capitale (RTC). Je suis quelqu’un qui adore le monde et qui aime conduire. Et c’est un travail qui m’offrira la stabilité que je recherchais depuis plusieurs années et l’opportunité de voir grandir ma fille et de profiter pleinement de ma vie en famille.»

Ayant fait le deuil de sa carrière, Milo est plus en mesure d’apprécier tout ce qu’il a accompli pendant les années où il a joué au football. Porte-couleurs du Rouge et Or pendant quatre saisons, il a remporté deux Coupes Vanier (2008 et 2010) en plus de se hisser au sommet du livre des records du RSEQ au chapitre des points en carrière (385) et en une saison (69). Puis dans la LCF, il a gagné deux Coupes Grey en plus de prendre part à une troisième finale.

«J’ai eu quatre belles années à l’UL. Ç’a vraiment lancé ma carrière. Et par la suite, j’ai gagné deux Coupes Grey en six ans alors qu’il y a beaucoup de joueurs qui ne se rendent même pas en séries au cours de leur carrière. Je ne suis pas à plaindre. Je suis satisfait de ce que j’ai pu livrer. J’ai atteint le plus haut niveau que je pouvais atteindre. C’est certain, il y a des bottés que j’aimerais refaire. Mais on ne peut pas changer le passé.

«J’ai eu une belle carrière et j’ai vécu toutes sortes d’expériences que la majorité des gens ne vivront pas. Je me sens vraiment privilégié d’avoir eu cette chance.» 

Toujours passionné de football, Milo demeure un fan invétéré des Patriots de la Nouvelle-Angleterre qu’il est allé voir jouer à Foxborough l’automne dernier. Il a aussi gardé des liens étroits avec quelques joueurs qu’il a connus au fil de ses années de football, des amis avec lesquels il aime parler de toutes sortes de chose, dont de football. Et il est également entraîneur avec le Notre-Dame du CNDF où il travaille avec les botteurs.

«Pour moi, c’est une manière de redonner au suivant. Lors de mes années collégiales, je n’ai pas eu d’entraîneur spécialisé pour les botteurs. Maintenant, j’ai la chance d’aider les jeunes. C’est le fun de pouvoir leur partager mon expérience et mes connaissances. Être avec des jeunes passionnés, ça fait ressortir ma passion. Je peux aussi botter avec eux autres ce qui me permet de garder ma forme et d’assouvir mon besoin de compétition. On a tellement une belle gang au CNDF. Je crois que le coaching a rallumé la passion pour le football que j’avais perdue.»

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Tommy Belisle: se faire un nom

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Tommy Belisle: se faire un nom

Tommy Bélisle avait toujours rêvé de suivre le même parcours sportif que son cousin Karl de Grandpré et de jouer pour le Rouge et Or. Mais le jour où il a fait son entrée dans le gymnase du PEPS et qu’il rejoint celui qui avait été son modèle et son inspiration, il s’est aperçu que ce qu’il croyait être une fin était en soi n’était finalement qu’un commencement.

«Quand j’ai amorcé ma carrière à Laval, je n’avais même pas de nom», lance en riant l’ex-volleyeur. «J’étais le cousin de Karl de Grandpré. C’est certain que je ressentais un petit peu de pression. Karl était un des meilleurs joueurs du circuit universitaire québécois. Mais je pense que j’en avais eu davantage avant d’arriver avec le Rouge et Or parce que dans ma tête c’était clair. Je désirais me rendre où il s’était rendu. 

«Une fois à Laval, j’ai eu tellement de plaisir à jouer avec Karl que je n’ai pas vraiment ressenti la pression. Karl c’est un peu comme un frère pour moi. Nos mères étant jumelles, on avait passé beaucoup de temps ensemble quand on était jeunes. Aussitôt que l’on est tombé dans la même équipe, on s’est comme retrouvé. Et peu importe ce que l’on faisait ensemble, on avait du fun. Et jouer avec lui fut pour moi un grand honneur.»

Natif de Pierreville, en Mauricie, Belisle a grandi dans une famille de volleyeurs. Sa mère et sa tante, la sœur jumelle de sa mère, y ont toujours joué pour le plaisir, tout comme son beau-père d’ailleurs. Pas étonnant que les enfants aient voulu imiter leurs parents. Tommy et Karl ont joué universitaire avec le Rouge et Or et la sœur de Tommy l’a fait avec les Patriotes de l’UQTR. «J’ai toujours beaucoup admiré mon cousin. Et j’ai voulu suivre ses pas. Sauf que jamais j’ai pensé que je serais capable d’aller aussi loin que lui. Jouer en première division au collégial, je n’y pensais même pas. C’est quand je suis arrivé au niveau collégial et que j’ai été approché par à peu près tous les cégeps du Québec que j’ai réalisé que j’étais capable de continuer à pousser. Et quand j’ai réussi à ma première année à Limoilou à faire ma place sur le six partants alors que j’étais le plus jeune, je me suis dit qu’en continuant à travailler, je pourrais peut-être aller loin.»

Carrière écourtée

Bélisle était au sommet de son art en 2014 — il avait été choisi joueur par excellence au Québec en plus d’être élu sur l’équipe d’étoiles canadienne — quand une grave blessure au poignet l’a forcé à prendre sa retraite et à renoncer à ses deux dernières campagnes universitaires. Une grande déception pour lui. 

«La journée où le médecin t’annonce que tu ne pourras plus frapper un ballon, tes rêves s’éteignent assez vite. J’aurais aimé jouer mes cinq années à Laval. Vicho (Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos) est entré à Laval la saison qui a suivie ma retraite. Lors de son passage avec le Rouge et Or, il a été nommé cinq fois de suite meilleur athlète de volleyball au Québec. J’aurais aimé pouvoir jouer un an ou deux avec lui et voir ce que l’on aurait pu réaliser comme duo comme j’avais eu la chance de le faire avec Karl à ma première année. J’aurais aimé aller un petit peu plus loin et montrer ce que je pouvais faire avec un nouveau groupe. Malheureusement, les blessures ce sont des choses que l’on ne peut pas contrôler.»

Belisle ne cache pas qu’il lui était arrivé de douter du diagnostic de son spécialiste et qu’il avait remis en question sa décision de quitter le R-O. Comme la fois où il avait recommencé à jouer au volleyball pour le plaisir et que son poignet amoché ne le faisait presque pas souffrir. Ses doutes ont cependant brusquement été effacés quand il a pris part à un tournoi et qu’à sa deuxième journée de compétition, il ne pouvait plus frapper tellement la douleur était intense. «J’ai réalisé que je n’avais pas arrêté pour rien.»

Malgré sa déception d’avoir dû tourner la page sur le volleyball d’une manière inattendue après s’être investi pendant tant années dans son sport, Belisle confie qu’il n’a aucun regret quand il pense à sa carrière. Car même s’il a vécu difficilement les premiers mois de sa retraite, il a réalisé que celle-ci lui avait ouvert des portes qui n’auraient probablement été ouvertes si sa carrière s’était étirée deux ans de plus. Quand au rêve qu’il avait d’évoluer sur l’équipe nationale, l’ex-volleyeur avoue qu’il y avait renoncé avant même d’être obligé d’arrêter de jouer. Joueur technique, il n’était pas assez grand et il ne sautait pas assez haut pour rivaliser avec les athlètes de la scène internationale. 

«Je frappais fort mais j’ai toujours été plus costaud. Quand j’ai été sur les équipes nationales (junior et B) mon défi fut de surmonter mon déficit de hauteur. Et même si j’ai vraiment apprécié mon passage avec l’équipe canadienne, j’en étais venu à la conclusion, à ma dernière année là-bas, que je n’étais pas intéressé par une carrière professionnelle en Europe. Je ne voulais pas passer trois-quatre mois par année loin de ceux que j’aimais, loin de ma famille et de mes amis à m’entraîner six heures par jour, six jours par semaine. J’avais beaucoup donné pour mon sport et ça m’avait limité dans certaines choses. 

«Aujourd’hui, je peux dire que j’ai été très chanceux. La plupart des choix que j’ai faits m’ont porté fruit. Ainsi au début, je n’étais pas certain de vouloir déménager à Québec. Mais c’est dans cette ville que j’ai quasiment eu les plus belles années de ma vie. Je suis aussi content de ce que mes choix m’ont permis de vivre au cégep, à l’université et avec l’équipe nationale. J’ai eu à surmonter des épreuves, mais j’ai réussi à faire ma place. Et je suis très fier de mes accomplissements.»

L’ex-athlète fait le même constat en ce qui concerne ses choix au niveau professionnel. Au début, il faisait un bac en biologie. Mais il s’est aperçu que même s’il aimait la bio, il ne se voyait pas y travailler toute ma vie. «J’ai changé pour la kinésiologie, un domaine qui me rejoignait et dans lequel je pourrais aider les gens. Dès le début de ces nouvelles études, j’ai senti que c’était ma branche. Et quand j’ai commencé à y travailler, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment ça.»

Kinésiologue dans un centre de réadaptation de Joliette où il était aussi le coordonnateur, Bélisle et sa conjointe ont décidé de revenir s’installer dans la Vieille capitale où ils ont encore de nombreux amis. «Je retourne dans mes pantoufles. Québec m’appelait. Il fallait que j’y revienne.»

Sa passion pour le volleyball ne s’étant jamais éteinte, l’ex-Rouge et Or continue à jouer pour le plaisir avec sa conjointe, une ex-porte-couleurs lavalloise elle aussi, mais également avec des amis, d’anciens joueurs comme lui. Et on s’en doute, il a toujours la même soif de victoire. «Sauf qu’après une défaite frustrante, ça prend trois minutes à s’en remettre au leu de trois jours (rires). Et ce n’est pas vraiment une problématique non plus de ne plus être au niveau que j’étais au moment de prendre ma retraite. Je vais avoir 30 ans, j’ai décidé d’arrêter de m’entraîner aussi fort que je le faisais et je ne joue plus aussi souvent. Je ne suis plus le joueur que j’étais même. Et je ne le serai jamais. Mais ça ne me dérange pas, je l’ai accepté. Je joue maintenant au volley pour le fun et pour le feeling d’être avec mes vieux chums», conclut l’athlète qui se fait aussi plaisir en pratiquant des sports auxquels il avait dû renoncer pendant sa carrière en volleyball. Il s’est notamment acheté un équipement de gardien de but pour jouer au hockey et une nouvelle planche à neige.

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QUESTIONS/RÉPONSES

Bill McNeil: rien ne peut remplacer le rugby

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Bill McNeil: rien ne peut remplacer le rugby

Loin des feux de la rampe depuis qu’il a quitté son poste d’entraîneur-chef de l’équipe féminine de rugby du Rouge et Or en 2014, Bill McNeil n’a pas chômé pour autant. Il a multiplié ses implications et il est même revenu à ses anciennes amours quand il a accepté de diriger la formation masculine du Collège St Lawrence à l’automne 2019. Le rugby est toujours aussi présent dans sa vie.

«Il n’y a rien qui va remplacer le rugby dans ma vie», lance McNeil, qui a pris part à la naissance du rugby dans la région de Québec dans les années 1980. Je crois juste qu’en vieillissant, ma relation avec le sport deviendra moins intense. Un moment donné, il faut laisser les choses évoluer. Mais je vais toujours être disponible pour aider, donner des conseils et faire du mentorat. Et je vais continuer d’alimenter la passion des gens pour coacher et arbitrer via des formations offertes par la fédé.»

Aussi soucieux de préserver le passé de son sport qu’il l’est d’assurer son avenir. McNeil a aussi jeté les bases d’un projet qui lui permettra de rendre bien vivante l’histoire du rugby dans la région de Québec. Témoin privilégié de cette histoire, il a gardé au fil des années de nombreuses coupures de journaux et il a pris des notes qui lui permettront d’abord de bâtir une conférence puis d’écrire un livre. Un travail de longue haleine qui a pour lui une grande importance. «Je suis quasiment le seul qui a encore soit l’énergie ou la tête de cochon pour le faire.

«C’est un fait que l’histoire du rugby à Québec n’a qu’une trentaine d’années. C’est bien peu. Le club pour lequel je suis allé coacher en Italie en 2017 célébrait son 50e anniversaire. Plusieurs équipes de Montréal ont vu le jour dans les années 1950. Et l’équipe de Westmount a été fondée au 19e siècle. Bien des programmes sont là depuis plus longtemps que celui de la région de Québec. Mais en même temps, on a peut-être une tendance à oublier que l’on a construit quelque chose sur les efforts de personnes que l’on ne connaît pas. Et je veux aider à rappeler aux gens qu’il y a un historique de rugby dans la région. Si des gens comme Alain Alzas n’avaient pas existé et qu’ils n’avaient pas commencé à se rassembler pour jouer au rugby, tout le reste, du Rugby Olympic Club de Québec (ROCQ) au Rouge et Or, n’aurait jamais existé.»

Un retour en Écosse

Natif de Glasgow, en Écosse, McNeil a commencé à jouer au rugby en 1974 à Montréal. Quelques années plus tard, il travailla à mettre au monde le programme de rugby masculin de l’Université Concordia au sein duquel il évolua en 1977. Il joua ensuite pour l’Université de Toronto où il étudia en maîtrise. Débarqué dans la région de Québec en janvier 1985 — il s’était trouvé un travail de prof au cégep St. Lawrence —, le Québécois d’adoption vint à un cheveu de retourner vivre dans son Écosse natale.

«Je n’étais pas certain de demeurer à Québec parce que je n’avais pas de poste permanent comme enseignant. Après ma première session, j’étais allé travailler en Écosse avec mon oncle qui était entrepreneur en construction. Et c’est là-bas que l’ancien directeur de St. Lawrence m’avait rejoint pour m’offrir du travail pour l’automne 1985. Mais honnêtement, je dois dire que j’étais passé proche de demeurer en Écosse. Mais j’avais finalement décidé de revenir enseigner à Québec.»

Malgré son implication dans la mise en place des premières fondations d’un club de rugby dans la Vieille Capitale, McNeil fut aussi coach de basket. À St. Lawrence d’abord à compter de 1985, puis avec le Rouge et Or de l’Université Laval où il fut entraîneur-adjoint lors de la renaissance du programme en 1995. Un poste qu’il occupa trois ans. À la même époque, il fut aussi entraîneur de l’équipe masculine de rugby de l’UQTR, et entraîneur aux niveaux collégial et civil.

«J’étais un peu au four et au moulin. J’ai été sur le qui-vive à peu près sept jours par semaine, pendant deux mois. Tout ça alors que j’étais dans l’enseignement à temps plein.

Le point tournant de la carrière de McNeil survint en 2004 quand deux de ses ex-joueuses, Sophie Robitaille et Christelle Paré, l’approchèrent afin de lui proposer le poste d’entraîneur-chef de la formation du programme de rugby féminin qu’elles espéraient lancer à l’Université Laval et qui fit finalement ses débuts en 2005. Le coach se souviendra toujours de son premier match à la barre de l’équipe lavalloise. 

«On s’est fait planter 93 à 7 par les Marlets, à McGill. À la fin du match, tout le monde, y compris mes deux adjoints, m’ont regardé. Et même s’ils ne m’ont pas dit un mot, j’ai vu dans leur regard qu’ils me disaient : «Mais dans quoi nous as-tu embarqués?» Mais on ne s’est jamais posé de questions si on avait le niveau ou non. C’était juste une question de temps. Et lorsque l’on a battu McGill chez nous, au début du mois d’octobre 2006 — c’était la première fois en 10 ans qu’un équipe universitaire féminine battait McGill dans la conférence québécoise en saison régulière — ç’a donné un espèce de momentum au rugby féminin dans la région. 

«Mais il ne faut jamais oublier que le rugby féminin n’a pas commencé avec le Rouge et Or. Il l’a fait bien avant et beaucoup, beaucoup d’acteurs ont permis son développement», indique celui qui a commencé à diriger des filles du secondaire en 1995, du civil en 1997 et ensuite du collégial.»

McNeil a passé 10 saisons à la tête du Rouge et Or, 10 années qui font partie des plus belles de sa longue carrière de coach. Parallèlement, il a été entraîneur-chef de l’équipe du Québec féminine à la tête de laquelle il a gagné le championnat national à Calgary. Plusieurs porte-couleurs lavalloises étaient sur la formation. Une grande fierté pour lui puisqu’il s’agissait d’un premier titre national pour le Québec au niveau des groupes d’âge. Il a aussi dirigé une formation canadienne (2011) dans une série de deux matchs contre une sélection universitaire américaine, série que les Canadiennes ont gagné au total des points.

Sébastien Laflamme: l’amour des défis

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Sébastien Laflamme: l’amour des défis

Sébastien Laflamme a toujours été un homme de défis. Adepte de sports d’endurance, il a choisi de faire du triathlon, une carrière qu’il a amorcée à la fin de son bac en physiothérapie et qu’il a ensuite menée parallèlement à ses études en médecine. Aujourd’hui médecin en Australie, il continue de s’entraîner religieusement, et ce, même si en plus de son travail, il est copropriétaire de trois cliniques médicales.

«J’ai toujours aimé les défis, le dépassement de soi et la compétition», mentionne Laflamme détenteur de trois baccalauréats. «Et j’adorais m’entraîner. Pour moi, c’était une routine quotidienne. Parallèlement, je savais que je devais avoir un plan B quand ma carrière sportive prendrait fin. D’où l’énergie que j’ai mise dans mes études universitaires.

«C’est certain que mener de front ma carrière sportive et mes études en médecine me demandait beaucoup de sacrifices. Mais quand on est dédié à quelque chose, ce n’est pas vraiment un problème. Ma vie sociale, c’était l’entraînement. Tout tournait autour. Je me souviens, j’étais allé à Cancun faire une compétition et j’avais apporté mes livres d’anatomie. Pendant que les autres athlètes prenaient ça mollo sur le bord de la piscine et qu’ils se faisaient masser, moi j’étudiais et je lisais.»

Laflamme avait découvert le triathlon au milieu des années 90 à l’Université Laval via un petit groupe d’athlètes qui le pratiquait. Grâce à son passé de nageur et de sports d’endurance et à ses aptitudes naturelles en vélo, il a rapidement obtenu du succès.  

«Comme j’étais parmi les premiers à sortir de l’eau et qu’ensuite j’étais très rapide en vélo — je crois que c’était vraiment ma force — j’avais une bonne avance sur tout le monde quand j’amorçais mon épreuve de course à pied, mon talon d’Achille, et je pouvais gagner des courses. Ces résultats m’ont permis de compétitionner sur le circuit international et de goûter aux voyages. À la fin, j’en faisais une dizaine par année. Rencontrer des gens et découvrir de nouvelles cultures, c’était pour moi une très belle récompense. Voir des gens qui font la même chose que moi avec la même passion, c’est ce que j’adorais le plus.»

Laflamme ne le cache pas, sa carrière sportive et ses études en médecine l’ont obligé à se centrer sur lui. Il ajoute que sans la présence de ses parents et de sa conjointe, qui l’avaient toujours supporté, il n’aurait pas pu mener la carrière qu’il a eue. «Je m’entraînais et j’étudiais. Ma conjointe travaillait comme enseignante. Je n’avais pas à m’inquiéter, il y avait toujours de la nourriture dans le frigo.»

Devant composer à ses débuts avec des budgets très limités afin de mener sa carrière, l’ex-triathlète a dû utiliser toutes ses ressources afin de prendre part aux compétitions à l’extérieur du pays. Il a ainsi pu profiter des rabais chez Air Canada dont bénéficiait un membre de sa famille qui y travaillait. En d’autres occasions, il a multiplié les vols pour se rendre à destination et d’y revenir afin de minimiser les coûts de ses billets d’avion ou il a choisi d’arriver la veille d’une compétition et de repartir le lendemain afin de réduire ses dépenses de voyage et de limiter le temps de ses absences à l’université.

«J’ai été chanceux. Dans le temps, je ne gagnais pas un sou. Et j’ai quand même pu prendre part à de nombreuses compétitions.» 

La retraite

Laflamme a pris sa retraite en 2004 avec la satisfaction du devoir accompli. Quatre ans plus tôt, il avait décidé de prolonger sa carrière de quatre ans dans le but de se qualifier pour les Jeux olympiques, et ce, même s’il amorçait ses études en médecine. Un rêve qu’il ne réalisa pas.

«Peut-être est-ce parce que je n’ai pas mis tout le temps et l’énergie nécessaires, et ce, même si je m’entraînais entre 20 et 22 heures par semaine. Mais en quelque part, on a aussi le talent que l’on a. Le triathlon avait changé et la clé était vraiment la course à pied. Je n’étais pas un athlète qui pouvait courir un 10 km en 30 minutes. Mon meilleur chrono était de 32m30. Alors mes meilleurs résultats en Coupe du monde ont été des 16e et des 20e places alors qu’il aurait fallu que j’aille des top 8 et des top 6. 

«J’ai fait mes derniers Championnats du monde à Madère où j’ai fini autour de la 30e place. C’est là que j’ai décidé d’arrêter. Ma conjointe était enceinte, il y a plein de nouveaux défis qui s’en venaient. Arrêter le triathlon n’était donc pas une fin en soi. Surtout que par la suite, comme j’aimais l’entraînement, j’ai continué à faire de la compétition en vélo. Je n’ai donc pas eu de deuil à faire. J’avais plein de choses pour me driver

Quand il pense à sa carrière, Laflamme n’a aucun regret. Même s’il n’a pas réalisé son rêve de prendre part aux Jeux d’Athènes, il a participé à trois Championnats du monde et à de nombreuses Coupes du monde aux quatre coins de la planète. Il a aussi passé deux étés en France à courir avec une équipe de triathlon de première division et il a pris part à un camp de trois mois à Hawaii où un médecin faisait une étude sur l’entraînement en altitude.

«Si je pouvais retourner dans le temps, je commencerais ma carrière plus jeune. Ça me permettrait peut-être de me rendre un peu plus loin dans mon sport, peut-être même d’aller aux Jeux, le rêve ultime de tout athlète. Mais en même temps, peut-être pas. Qui sait si je n’aurais pas pris ma retraite plus jeune parce que je me serais brûlé.  En triathlon, la ligne est mince entre ne pas s’entraîner assez et le sur-entraînement. Et moi j’étais quelqu’un qui y allait toujours au maximum. Une chose est sûre, je ne serais la personne que je suis devenue avec ma conjointe et nos quatre merveilleux enfants. Et je ne serais peut-être pas en Australie. Je n’ai donc pas d’amertume.»

Médecin à Baie-Saint-Paul à la fin de ses études, Laflamme a été charmé par l’idée d’un confrère qui, dans le but de permettre à ses jeunes enfants d’apprendre l’anglais et de découvrir le monde, avait été travailler en Nouvelle-Zélande. Et son amour des défis a été rallumé. Après un an de préparation, il a quitté Charlevoix, qu’il qualifie de paradis d’entraînement et d’où il garde de très beaux souvenirs, pour aller en Nouvelle-Zélande où il devait demeurer un an. C’est pendant des vacances en Australie qu’il a rencontré un agent de recrutement qui l’a convaincu d’y travailler. Le Lévisien qui avait toujours souhaité vivre à la chaleur s’est installé avec sa famille dans Queensland où la température moyenne est entre 30 et 32 degrés l’été et de 22 à 27 degrés en hiver. 

Il y a un an, il s’est associé avec un autre médecin et il est devenu copropriétaire d’une clinique médicale. Aujourd’hui, les deux hommes exploitent trois cliniques qui sont situées dans les villes de Blibli, Mulluloba et Buderin, sur la Sunshine Coast.

«Nous avons 12 médecins, bientôt 14, et 18 infirmières et réceptionnistes. En Australie, tu as un médecin de famille et s’il y a quelque chose qui ne va pas, peu importe la nature du problème, c’est lui que tu vas voir. Nous sommes la première ligne. Les hôpitaux sont réservés pour la médecine spécialisée. Nous référons les patients aux spécialistes quand on sent le besoin. Chaque médecin trouve cependant un peu sa niche. Ainsi, il y a des médecins de famille qui font juste des cancers de peau, d’autres de la pédiatrie.»

Même si les années ont passé, Laflamme est toujours un athlète dans l’âme. Il dit s’entraînera jusqu’au jour où il ne pourra plus se lever. Quant à son besoin de compétitionner, il est toujours aussi intense.

«Je nage quatre-cinq fois par semaine. Quand je suis dans un groupe, j’essaie d’être le premier dans le corridor et je pousse. Et quand je suis avec des jeunes qui viennent de terminer leur carrière, et qui sont plus en forme que moi, j’essaie de les suivre. J’ai la broue dans le toupet. J’ai toujours le même désir de compétitionner. Mais ce n’est plus sérieux comme ça l’était avant. Maintenant, je le fais avec le sourire.»

La relance de la LNH n'est pas la priorité pour Shea Weber

Canadien

La relance de la LNH n'est pas la priorité pour Shea Weber

Shea Weber trouve qu’il est encore trop tôt pour parler d’une relance des activités de la Ligue nationale de hockey avec cette pandémie de COVID-19 qui fait toujours rage. Mais peu importe le scénario retenu, il espère que les clubs qui participeront aux séries éliminatoires profiteront de quelques matchs pour se donner du rythme.

C’est en gros ce qu’a répondu le capitaine du Canadien de Montréal lors d’une téléconférence à laquelle il a participé lundi en compagnie de Victor Hedman, du Lightning de Tampa Bay, d’Aleksander Barkov, des Panthers de la Floride, et de Jack Eichel, des Sabres de Buffalo.

Le modérateur de cette téléconférence a demandé aux intervenants de quelle façon ils relanceraient la saison de la LNH. Au tour de Weber, il lui a demandé si l’idée de P.K. Subban — un tournoi éliminatoire avec les 31 équipes — lui plairait.

«C’est certain que ça nous garantirait une place en séries, mais je ne crois pas que ce soit très juste pour les clubs en premières places, a-t-il dit d’entrée de jeu. Il y a tant de scénarios différents qui pourraient être invoqués quand ce sera le temps de relancer la LNH. Mais je pense que toutes les équipes qui seront qualifiées pour les séries auront besoin d’une certaine période de temps pour être prêtes, que ce soit par un mini-camp ou je ne sais quoi, car ça aura été une très grande période d’inactivité.»

Weber ne croit toutefois pas que le format des séries ou du reste de la saison de la LNH devrait alimenter les discussions actuellement.

«Cette situation est tellement plus importante que le hockey présentement. La priorité est que tout le monde soit sain et sauf. Quand nous reviendrons au jeu, tous les joueurs seront heureux de retrouver leurs partisans, peu importe le scénario qui aura été retenu.»

Eichel abondait un peu dans le même sens.

«Nous ne savons pas ce que nous ferons demain, alors difficile de dire ce que nous ferons dans quelques semaines, a imagé le capitaine des Sabres. C’est difficile de prédire ce que la vie nous réserve, alors je pense que ce serait difficile pour la ligue de dire qu’elle sait de quelle façon nous allons nous y prendre. Je ne pense pas que le monde sache ce qui va se passer dans quelques semaines. C’est donc important de rester concentré sur le très court terme, de gérer ce qui se passe avec cette pandémie.

«Cela dit, je mentirais si je disais que je ne voudrais pas qu’on joue les matchs restants. C’est difficile d’imaginer que cette saison pourrait ne pas être complétée. C’est aussi difficile à imaginer sauter immédiatement en séries après une si longue pause. La saison sert à nous mener vers le niveau de hockey nécessaire en séries, alors je souhaite poursuivre la saison. Je suis certain que ces gars-là le souhaitent aussi.»

Comme le Canadien et les Sabres, les Panthers se trouvaient hors du portrait éliminatoire quand la suspension des activités a été décrétée par Gary Bettman. Mais Barkov et ses coéquipiers se trouvaient sur une belle lancée avec deux victoires consécutives pour les placer à trois points seulement de la dernière place d’équipe repêchée dans l’Est.

«C’est certain que pour notre équipe, ce n’est pas la situation idéale, a affirmé Barkov. (...) L’enjeu est grand et j’aimerais jouer le plus de matchs possible avant ces séries. C’est certain que dans un monde idéal, nous aurions la chance de nous qualifier, mais je ne déciderai rien. Tout ce que je peux faire c’est rester en santé et être prêt quand la saison reprendra.»

Comme Weber, Hedman veut se «mettre en jambes», mais comprend que le hockey soit secondaire.

«C’est certain qu’on peut avoir autant de réponses qu’il y a de joueurs dans la ligue, mais ce serait difficile de passer directement en séries, aucun doute pour moi. On se trouve tous dans le néant par rapport à cette situation. Ce sera une décision difficile. On doit respecter les mesures de distanciation sociale encore au moins un mois, c’est loin. Faudra voir où on en est à ce moment. Le hockey est secondaire présentement: des gens meurent de ce coronavirus.»

Situation particulière

Eichel vit cette pandémie d’une façon particulière, puisque sa mère travaille comme infirmière dans un hôpital de Boston. Même si elle est en arrêt de travail temporaire, il craint son retour en première ligne.

«Heureusement pour nous, ma mère avait pris quelques semaines de congé pour superviser la convalescence de mon père, qui se remet d’une chirurgie de remplacement de l’épaule. Mais la situation étant ce qu’elle est présentement, surtout aux États-Unis, elle devra sûrement retourner au travail par la suite. Ce n’est pas exactement ce que je souhaiterais: c’est tellement un travail à haut risque que de se retrouver sur la ligne de front. Quand votre mère se trouve dans cette situation, vous souhaitez seulement qu’elle soit le plus en sûreté possible. Je suis heureux qu’elle soit à la maison présentement.»

Il a été aussi question du message qu’a enregistré Shea Weber à l’endroit de la population anglophone du Québec, afin de motiver les gens, particulièrement les personnes âgées de 70 ans et plus, à respecter au maximum les mesures de confinement.

«Nous devons comprendre que nous sommes tous dans le même bateau et la seule façon de le faire, c’est de respecter les règles de distanciation sociale. Ce n’est pas le temps de ne pas prendre ce virus et ces mesures au sérieux. Quand l’équipe m’a dit que le gouvernement souhaitait mon aide, j’étais heureux de participer. Si j’ai pu convaincre quelques personnes — même une seule — de rester chez eux, c’est le but.»

Mathieu Biron: d’une passion à une autre

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Mathieu Biron: d’une passion à une autre

Le jour où il a décidé d’accrocher ses patins, Mathieu Biron n’a pas cherché longtemps pour trouver un travail qui le comblerait à tous les niveaux. Attiré par le domaine de la sécurité publique, il a décidé de retourner aux études afin de devenir pompier, un métier qui le passionne et qu’il pratique maintenant depuis une dizaine d’année du côté de Lévis.

«Finir sa journée quand tu sais que tu as concrètement aidé quelqu’un, pour moi c’est une maudite belle façon de dormir la nuit», avoue Biron qui rêvait de devenir policier ou pompier dans sa jeunesse. «Savoir que concrètement j’aide le monde dans ma société, ça rend mes journées un peu plus agréables. Pour moi, c’est une belle manière de m’accomplir.

«Je suis peut-être l’une des personnes les plus chanceuses du monde. Il n’y a pas beaucoup de gens qui gagnent leur vie en pratiquant une passion. Moi je l’ai fait deux fois. En jouant au hockey d’abord puis en étant pompier.».

Biron avait 30 ans et il venait de disputer une deuxième saison en Allemagne quand il a décidé de tourner la page sur sa carrière de hockeyeur. Il explique que la trentaine lui avait fait réaliser qu’il était à la croisée des chemins. Voulait-il voir sa carrière mourir à petit feu en Europe et se retrouver au seuil de la quarantaine, trop vieux pour faire un métier qui le passionnerait où préférait-il couper les ponts avec le hockey, qu’il aimait cependant toujours, afin d’entreprendre une nouvelle carrière qui le comblerait pendant les 25 années suivantes? Il opta pour la seconde option.

«J’ai une grande qualité. Tout m’intéresse dans la vie. Je suis capable de renoncer à une passion pour une autre assez rapidement et sans problème. Mentalement, je n’ai pas eu de problème à vivre sans le hockey. D’abord parce que j’étais en paix avec ma décision mais aussi parce que je m’en allais vers quelque chose d’autre qui me passionnait.»

Étudiant en techniques policières alors qu’il évoluait dans la LHJMQ avec les Cataractes de Shawinigan, Biron aurait pu compléter les études qu’il avait entreprises une douzaine d’années auparavant. Il a cependant été attiré davantage par le métier de pompier dont le rôle auprès de la population est moins ingrat que celui de policier. 

«Ce que j’aime de mon travail. C’est que l’environnement change tout le temps. On est là pour aider les gens et ceux-ci nous font confiance en nous laissant entrer chez eux, dans leur intimité. Je suis honoré de cette confiance.»

Parlant des risques associés à son métier, Biron dit qu’ils ne sont pas plus grands que ceux qu’il courrait en jouant au hockey. Il explique que les techniques de combat des incendies ont beaucoup évolué et qu’elles sont plus sécuritaires.

«On ne peut pas contrôler tous les risques. Mais on peut quand même être à l’affût de ce qui se passe autour de nous.

«Je fais souvent le parallèle entre le hockey et les pompiers. Dans les deux cas, il est question de travail d’équipe. La communication est primordiale. Il faut pouvoir prendre des décisions rapides et être en constante analyse. Des parallèles comme ça, je pourrais en trouver 50, 60 et même 70.»

Dans la LNH à 19 ans

Choix de première ronde des Kings de Los Angeles, le 21e au total, au repêchage de 1998, Biron a fait ses débuts dans la Ligue nationale à l’âge de 19 ans chez les Islanders de New York à qui il avait été échangé.

«Je n’étais pas supposé demeurer avec les Islanders. Mais j’ai connu un bon camp d’entraînement, j’ai brouillé les cartes, j’ai fait ma place et je suis resté à New York. Ce n’est pas un cadeau que l’on m’avait fait.

«Je pense que grâce à mon frère Martin, je n’ai jamais été déstabilisé par mon ascension. Le fait qu’il soit passé par les mêmes étapes avant moi m’a énormément aidé. Il y a bien des choses que j’ai vécues à travers mon frère trois ans avant qu’elles ne m’arrivent. Par exemple, lui aussi avait été un première choix au repêchage. Je savais donc un peu ce qui m’attendait quand je l’ai été à mon tour. Même chose quand je suis allé jouer avec Équipe Canada junior ou que j’ai pris part à mon premier camp pro. Je n’ai pas eu de surprises. 

«Comme mon frère était gardien et moi défenseur, les comparaisons entre lui et moi n’ont jamais été possible. On évoluait en parallèle. Et on ne se challengeait pas. On ne l’a jamais fait. Quand on se voyait, la dernière affaire dont on parlait c’était de hockey. Mon frère, c’est celui avec qui j’ai pratiqué tous les sports. On se lançait la balle ensemble. C’était mon partenaire de tennis. On a joué au football et au basketball ensemble. Et comme mes parents avaient normalisé nos parcours de hockeyeurs, tant lui que moi nous ne nous sommes jamais pété les bretelles avec ça.»

Malgré son talent, Biron ne pu jamais se faire une niche dans une équipe. Des Islanders, il passa au Lightning de Tampa Bay puis aux Panthers de la Floride. Il évolua ensuite une saison avec les Capitals de Washington avant de terminer sa carrière dans la Ligue nationale dans l’organisation du Canadien.

«J’ai commencé à jouer dans la LNH à 19 ans et tout le monde s’attendait, et je suis bien à l’aise avec ça, à ce que j’aille une carrière de 15-16 ans. Les gens me voyaient accomplir beaucoup plus de choses que ce que j’ai fait en réalité. Alors oui, je n’ai peut-être pas rempli les attentes.

«Il y a 100 raisons pourquoi ça n’a pas duré 20 ans. Il y en a 50 que c’est de ma faute et il y en a 50 qui sont hors de mon contrôle. Oui le fait de jouer pour des équipes en reconstruction ne m’a peut-être pas aidé. Mais si j’avais performé, peut-être que ces formations seraient devenues meilleures et qu’elles ne n’auraient pas sacrifié dans une transaction. Mais je n’aucun regret parce que j’ai fait du mieux que je pouvais. Peut-être que si certaine choses étaient à refaire, je les ferais différemment. Mais au lieu de passer sept ans dans la LNH, peut-être que cela m’aurait emmené à n’en jouer que quatre.»

Même si c’est maintenant comme pompier, comme mari, comme parent et comme ami que Biron travaille à s’accomplir. Il garde cependant une petite place dans son cœur dans sa vie pour le hockey. En étant entraîneur-adjoint des équipes dans lesquelles ses enfants évoluent — il aime beaucoup l’aspect intellectuel et mathématique du hockey qu’il voit comme un jeu d’échec au niveau du positionnement, de la stratégie et de la vision du jeu. Mais aussi en chaussant occasionnellement les patins lors de tournois organisés chez les pompiers.

«À chaque fois que j’arrive sur la glace ou que je suis sur le banc, je me dis : «Maudit que c’est le fun jouer au hockey». C’est vraiment un beau sport». Mais si je suis trois mois sans mettre les patins, je n’ai pas la démangeaison de retourner sur la patinoire. Je ne me dis pas : «Il faut que je retourne jouer au hockey».

«Je ne suis cependant pas surpris de la manière dont le hockey ne me manque pas. Je n’ai jamais été un nostalgique. Chez nous, je n’ai pas d’anciens gilets qui sont accrochés sur les murs du sous-sol. Je suis quelqu’un qui regarde en avant. Je suis quelqu’un de projets.»

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La Coupe du monde de ski de fond sur les Plaines annulée

Sports

La Coupe du monde de ski de fond sur les Plaines annulée

Le promoteur Gestev, une filiale du groupe Québecor, a confirmé vendredi matin ce à quoi un peu tout le monde s’attendait: les épreuves de la Coupe du monde de ski de fond devant être tenues à Québec en fin de semaine sont annulées.

Quelques heures plus tôt, la Fédération de ski de fond du Canada avait annoncé que les fondeurs de l’équipe canadienne ne prendraient pas part à l’événement et de nombreuses équipes avaient été rapatriées par leurs fédérations nationales avant le début officiel des compétitions.

Cette situation rendait la tenue des compétitions impossible, selon Gestev, et devant ce cas de force majeure, le comité organisateur a dû se résigner à annuler.

«Tout nous portait à croire que nous aurions des courses sur les plaines ce week-end, mais la situation, ainsi que le désistement des équipes, a évolué rapidement au cours des dernières heures», explique Marianne Pelchat, productrice déléguée de l’événement chez Gestev.

Prêts

«Nous étions prêts à accueillir athlètes, partenaires et grand public dans les meilleures conditions et nous avions mis en place des mesures fiables pour assurer leur santé et sécurité», poursuit-elle.

Jeudi, la Coupe du monde de ski de fond avait annulé sa conférence de presse de lancement et la Fédération internationale de ski (FIS) avait annoncé l’annulation des épreuves de Minneapolis et Canmore, qui devaient conclure la saison après les deux courses disputées sur les plaines d’Abraham.

La FIS avait même laissé entendre que les épreuves de Québec pourraient servir de finale à la Coupe du monde vu l’annulation des autres épreuves. Plus tôt en semaine, les équipes de Norvège et de Thaïlande, de même que tous les membres de l’équipe italienne à l’exception de Federico Pellegrino, avaient annoncé qu’ils ne seraient pas présents à Québec.

Pas une décision de la FIS

«Ce n’est pas la FIS qui a décidé d’annuler les courses, d’autant plus qu’on avait le feu vert des autorités sanitaires pour procéder et que tout était prêt. Dans une situation comme aujourd’hui, ce n’est pas la FIS qui a la légitimité de trancher quand tous les feux sont au vert. C’est la même chose pour Canmore et Minneapolis, la FIS ne décide jamais d’annuler. La décision finale repose toujours sur l’organisation locale. Il faut comprendre que les droits de marketing et de télé appartiennent à la Fédération canadienne, qui les rétrocède à l’organisation locale, dans ce cas-ci Gestev», a expliqué au Soleil l’ex-skieur français Pierre Mignerey, directeur des courses de ski de fond pour la FIS.

Arrivé au Québec jeudi, M. Mignerey repartait vendredi pour la France. «Quand je suis atterri à Montréal, j’ai reçu des messages: des équipes, dont la Suède, l’Allemagne et la Finlande, se préparaient à repartir, dont certaines à la demande de leur gouvernement. Je comprends la réaction forte des équipes, mais c’est une situation que je n’ai jamais vécue depuis que je suis à la Fédération. On avait annulé des épreuves pour des questions de manque de neige ou de mauvaise météo par le passé, mais jamais pour ça», explique-t-il.

Impacts

«Pour nous, la saison se termine donc huit jours plus tôt que prévu et on a déjà commencé à travailler pour l’an prochain», poursuit M. Mignerey, conscient de l’impact des annulations sur les organisations locales. 

«Ces organisations ont travaillé dur, ont engagé des frais et ont mis en places certaines choses et, malheureusement, elles n’auront pas les revenus des entrées puisque les événements n’auront pas lieu.»
Pierre Mignerey n’est pas certain non plus que les assurances des organisations puissent couvrir les annulations pour des raisons de santé publique. 

«Je doute fort qu’une assurance puisse couvrir cela. C’est généralement pour les questions d’enneigement ou de conditions météo que ces assurances servent.»

Le Russe Alexander Bolshunov remportera donc le Globe de cristal et le petit globe de cristal pour les épreuves de distances alors que le Norvégien Johannes Høsflot Klæbo méritera le petit globe de cristal pour les épreuves de sprint. Meneur au classement du sprint, Klæbo risquait toutefois de se faire doubler si les courses de Québec, Minneapolis et Canmore avaient lieu puisque l’équipe norvégienne avait été l’une des premières à annoncer que ses athlètes ne participeraient pas aux épreuves nord-américaines de la Coupe du monde,

Marcel Gagnon fidèle à ses origines

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Marcel Gagnon fidèle à ses origines

Natif de Rivière-du-Loup, Marcel Gagnon a parcouru la planète pendant une quinzaine d’années afin de prendre part à des ultra-marathons. Après des détours qui l’ont mené à Québec, dans l’Outaouais et dans la région de Montréal, il est retourné s’installer dans sa ville natale où il a renoué avec ses anciennes amours : l’athlétisme.

«J’ai fondé le club Filoup en 2003, mentionne le coureur de fond. Au début, c’était un club de course à pied pour les adultes. Mais dans ma tête, je voulais aussi avoir des jeunes et offrir la facette de l’athlétisme. Mon but, ce n’était pas d’avoir des athlètes d’élite. Je désirais donner aux jeunes les outils nécessaires pour progresser de manière à ce qu’à leur arrivée au cégep ou à l’université, ils puissent se développer encore plus et aller vers les hauts niveaux, mais toujours dans un but de plaisir et d’amusement.»

Gagnon s’est initié à l’athlétisme à l’école secondaire. Il était attiré par les sauts, mais son entraîneur avait vu chez lui les qualités physiques nécessaires pour la pratique des lancers. Il a dû attendre deux ans et une poussée de croissance qui lui a permis de gagner quelques centimètres avant de finalement réaliser son rêve.

Le Louperivois se destinait à une carrière de sauteur quand une sérieuse blessure à une jambe l’a obligé à renoncer à ses ambitions. Il s’est alors tourné vers les épreuves de demi-fond.

«J’ai un jour décidé de prendre part à mon premier marathon. Comme je n’avais jamais couru des épreuves de plus de 1500 m, ce fut physiquement très difficile. Sauf que mentalement, j’ai trouvé ça le fun d’être avec moi-même, d’écouter mon corps, être attentif à ses signaux et me dépasser. Et tranquillement, j’ai réalisé que j’avais du potentiel pour les courses de longue distance.»

Interpellé par les ultra-marathons et fan de Yiannis Kouros, roi de la discipline à l’époque, Gagnon a aussi eu l’occasion de jaser avec Phil Latulippe qui a fait naître chez lui le goût de pendre part à des épreuves de longue distance. Il s’est spécialisé dans les 100 km.

«À l’époque, les gens me voyaient un peu comme un zombie. Mais j’avais un bon entraîneur, Richard Chouinard, qui avait déjà fait des ultra-marathons. Il connaissait mes objectifs et savait comment doser mes entraînements pour me permettre de progresser parallèlement à mes études universitaires.»

Pour arriver à ses objectifs, Gagnon courait en moyenne entre 150 et 160 km par semaine. Pour lui, le défi n’a jamais été physique. «Que l’on prenne part à un 10 km, un marathon ou un ultra-marathon, tout se passe entre les deux oreilles. Et sur des distances de 100 km ou plus, c’est au niveau mental qu’est la différence.»

La retraite

Gagnon a couru des ultra-marathons jusqu’en 2004. Encore aujourd’hui, il n’a qu’un seul regret. Qualifié pour le Championnat du monde de 100 km disputé en Belgique en 1994, il se demande quelle aurait été sa performance s’il ne s’était pas blessé au départ de la compétition.

«Est-ce que j’aurais fait mieux? Probablement. C’est pour cette raison que, par la suite, j’ai fait des 24 et des 48 heures. Je désirais voir où je pouvais me situer au niveau mondial.»

C’est au moment de jeter les bases du club Filoup que Gagnon a remis en question sa carrière de coureur longue distance. Préférait-il être athlète ou entraîneur? Il a opté pour aider les jeunes. Une déchirure au quadriceps l’a conforté dans sa décision. «Je n’ai jamais regretté d’être devenu coach. J’aime vraiment aider les jeunes.»

Aujourd’hui massothérapeute, Gagnon se destinait à une carrière de policier. Mais lors d’un examen médical pour entrer dans la Sûreté du Québec, on lui a diagnostiqué un souffle au cœur. Il n’a donc jamais pu travailler dans un corps policier. «Ça ne m’a jamais empêché de courir. Je savais que j’avais une arythmie cardiaque quand j’étais entre 120 et 140 pulsations minute. Quand ça n’allait pas, mon organisme me le disait. Et je répondais. J’étais en contrôle de ma situation. Les risques qu’il m’arrive quelque chose étaient réduits au minimum.»

Gagnon a aussi mis son talent au profit de bonnes causes. Alors qu’il travaillait chez Walmart, il a organisé quatre levées de fonds. Il a couru autour du magasin où il travaillait de l’ouverture à la fermeture, franchissant presque 110 km. Il a aussi couru 660 km en 15 jours, et a traversé le Québec à vélo, un périple de 3500 km.

«Je suis fier de ma carrière sportive. Si c’était à recommencer, je referais exactement les mêmes choses. Mais avec le bagage que j’ai comme entraîneur, je les referais de manière différente. Au niveau des techniques d’entraînement et de la préparation mentale, par exemple. À l’époque, c’était let’s go, on y va. Quand un pépin arrivait, on se virait sur un 10 cents et on espérait que ça marche. Aujourd’hui, j’apprends à mes athlètes que si ça ne fonctionne pas là, il y aura une prochaine fois.»

Une prochaine fois, il pourrait y en avoir une pour Gagnon. «Dans ma tête d’ancien athlète, je me dis que je pourrais me réessayer à courir un 24 heures. Juste pour faire une distance potable. Pour le moment, mon but, c’est de recommencer l’entraînement progressivement afin de reprendre le beat de me mettre en forme.»

Dominique Laroche: le pionnier des pionniers

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Dominique Laroche: le pionnier des pionniers

Quand il est question des pionniers du ski acrobatique à Québec, on pense immédiatement à Yves et Philippe Laroche. Quoi de plus normal : les deux font partie des premières figures de proue québécoises du ski acrobatique sur la scène internationale. On oublie cependant le rôle joué par Dominique Laroche alors que le sport connaissait ses balbutiements.

«J’ai été le premier à me lancer là-dedans. C’est quand j’ai commencé à prendre part à des compétitions et à remporter des médailles que le reste de la famille a eu envie de faire du ski acrobatique. Après, tout a été très vite. Mais pour se retrouver cinq frères dans le même sport et tous réussir, ça prend des conditions spéciales. C’est certain que les Laroche, on doit avoir un sens aérien plus développé. Mais ça prend aussi le bon contexte et il faut être à la bonne place au bon moment. On était collés sur la pente de ski, on avait un corps très fort et de gros os.»

C’est au milieu des années 70, au Manoir Saint-Castin, que Dominique et quelques amis jettent les bases du ski acrobatique à Québec. À la recherche d’adrénaline, ils s’amusent à réaliser les sauts qu’ils ont vus en photo dans des magazines. Puis la présentation d’une compétition de ski hot-dog organisée au Centre de ski Le Relais va changer le destin de Dominique.

«Je me suis dit : “C’est ça que je veux faire.” Et je me suis lancé là-dedans à pieds joints. On a commencé à s’entraîner plus sérieusement. Mais il n’y avait pas de rampes d’eau. Et on ne voulait pas se blesser. On est allés faire du plongeon. Danny Boulanger nous a coachés bénévolement.»

Laroche va toujours se rappeler sa première compétition sur la scène internationale. C’était à Tignes, en 1979, où il était parti tout seul. Il avait fini troisième.

«À l’époque, le ski acrobatique, c’était vraiment n’importe quoi. Il n’y avait pas d’association et les compétitions étaient ouvertes à n’importe qui. Et il n’y avait pas d’assurance pour les compétiteurs. On signait une petite feuille où on renonçait à tout recours si on se blessait. Mais il y avait 20 000 personnes au bas des pistes qui assistaient à la compétition. C’était un sport spectaculaire.»

Le skieur rappelle qu’à son époque, les athlètes en Coupe du monde devaient compétitionner en sauts, en bosses et en ballet. Les résultats des trois épreuves servaient ensuite à couronner les meilleurs au classement combiné.

Malgré de beaux succès (il a fait neuf podiums), Dominique n’a compétitionné que quelques années en Coupe du monde. En désaccord avec la manière de juger des officiels, il accepte une offre pour prendre part au tournage de films de ski et à des spectacles aux quatre coins de la planète.

«Je devais y aller un an et je retournais à la compétition après. Mais je ne l’ai jamais fait. Je me demande encore si j’ai pris la bonne décision de quitter le ski acrobatique alors que le groupe Quebec Air Force prenait véritablement son envol.

La pédale au plancher

Quand il fait le bilan de sa carrière sportive, Laroche la résume en un seul mot : adrénaline. «J’ai vécu la pédale au plancher. Que ça soit en voyage ou en ski, en sautant des falaises en Italie, en conduisant des voitures, des motos et des motocross, etc. On était constamment à la recherche d’adrénaline. Ce fut une vie incroyable. Je recommencerais à 100 milles à l’heure. Vivre ses rêves et ses passions, on ne fait pas ça à la retraite. On le fait quand on a l’énergie et aucune responsabilité.»

L’ex-athlète ne cache pas que sa recherche d’adrénaline l’a poussé à mettre sa vie en danger. Et qu’il a été chanceux de s’en sortir indemne. Aujourd’hui à l’aube de la soixantaine, il a toujours ce besoin d’adrénaline. C’est dans son ADN. Ses responsabilités familiales et le fait qu’il ait pris conscience qu’en vieillissant, il n’était plus aussi vif physiquement et psychiquement ont quelque peu refroidi ses ardeurs.

Laroche dit qu’il a mis du temps à retomber sur ses pieds après sa retraite. C’est d’abord dans le monde des communications qu’il avait fait son nid. L’obligation de déménager à Montréal l’a cependant incité à réorienter sa carrière. «J’ai choisi une qualité de vie plutôt qu’une job

N’aimant pas travailler dans des horaires stricts, Dominique a trouvé le bonheur dans l’immobilier où il œuvre comme courtier. Un domaine dans lequel il se sent à l’aise, notamment parce qu’il aime travailler avec le public, qu’il connaissait le milieu avant même d’y travailler mais aussi parce qu’il ne peut travailler selon des horaires fixes. «Je suis d’une grande intégrité. Je mets toujours mon cœur et mes connaissances sur la table. Si ça ne fait pas l’affaire des gens, ça ne me dérange pas.»

Laroche demeure aussi très près du ski acrobatique. Il ainsi travaillé dans les coulisses de la construction de la rampe de sauts à Lac-Beauport. Et sa fille Florence figure parmi les plus beaux espoirs québécois en sauts, une grande fierté pour lui. «Elle repartira à Banff pour participer à des compétitions de ski acrobatique. La seule chose que je lui souhaite, c’est qu’elle s’amuse, qu’elle revienne et dise : “Papa, c’est don bien beau, Banff.” Pour moi, c’est important de donner la chance à mes enfants de vivre leurs expériences quand c’est le temps.»

Les JO de nouveau dans la mire de Philippe Marois

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Les JO de nouveau dans la mire de Philippe Marois

Presque 15 ans après avoir accroché ses lames, Philippe Marois a remis les Jeux olympiques dans sa mire. Aujourd’hui à l’aube de la quarantaine ce n’est évidemment pas comme patineur de vitesse longue piste qu’il souhaite retourner au grand rendez-vous mondial. C’est en tant qu’officiel.

«Je suis aux portes de la scène internationale», confie le Québécois qui a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. «Actuellement, c’est possible d’être officiel au niveau international jusqu’à l’âge de 65 ans, j’ai donc 25 ans devant moi pour aller au moins une fois aux JO. Et c’est certain que j’adorerais y être. Ça me permettrait de vivre l’expérience olympique, mais de l’autre côté de celui d’athlète. Et je pourrais avoir plus de liberté pour me promener sur les différents sites. Je pourrais davantage vivre les Jeux.

«Une chose est sûre, retourner aux Jeux serait un bel accomplissement dans la seconde phase de ma vie, l’après-athlète. Et c’est certain que je vais profiter de l’ouverture de l’anneau à Sainte-Foy pour essayer de me placer dans le top 5 des officiels qui vont œuvrer lors des compétitions.»

C’est en 2010 que Marois s’est initié au travail d’officiel. Habitant à Calgary et ayant coupé tous les liens avec le patinage de vitesse afin de se consacrer à sa vie professionnelle et familiale au lendemain de sa retraite, il reçut en 2009 un courriel de Greg Planert qui avait besoin d’officiels pour une compétition. Planert lui disait aussi que ça faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu et il l’invitait à l’anneau de glace. Mais Marois ne répondit pas. Un an plus tard, il reçut un autre courriel de Planert.

«J’ai décidé d’y aller. Quand je suis arrivé à l’anneau, j’ai eu des frissons. J’ai revu Greg et plein de monde que je connaissais. Je retombais dans ce que j’avais toujours aimé. Je n’en revenais tout simplement pas que j’avais passé quatre années loin du patin.

«À ce moment-là, Dave Thompson, qui était officiel international de niveau 5, m’a pris sous son aile. Je suis vraiment tombé en amour avec le travail d’officiel. Pour moi, c’était une belle façon de redonner ce que j’avais reçu. Bien des gens me demandent pourquoi je n’ai pas fait comme la plupart des athlètes et que je ne suis pas devenu entraîneur. La raison est simple : j’ai le sentiment que je ne serais pas un bon coach. Je crois que je serais trop dur. Je m’attendrais toujours à ce que la personne se pousse autant et même plus que je me poussais dans le temps.»

Débuts remarqués

Membre de l’équipe nationale, Marois avait connu des débuts remarqués chez les juniors. En 2000, il établit un record au 1500 m. Un exploit que la bague qu’on lui a donnée et qu’il porte depuis au doigt lui rappelle tous les jours. Son passage chez les seniors a cependant été plus difficile. Malgré tout, il a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. C’est après avoir raté sa qualification pour les JO de Turin en 2006 qu’il a décidé de prendre sa retraite pour vivre à plein sa vie familiale et professionnelle.

«Bien que le bilan de ma carrière soit très positif, j’ai quand même des regrets. Je pense que tous les athlètes en ont à l’exception de ceux qui ont tout gagné lors des championnats et qui ont battu des records. J’aurais aimé aller à Turin. Par contre, je n’ai pas de regrets de ne pas avoir gagné de médailles à Salt Lake City. Je connaissais mes limites. J’avais un talent naturel, mais il n’était pas aussi développé que celui de certains patineurs. Aujourd’hui, je préfère regarder le positif de ma carrière. J’ai été capable de travailler assez fort pour me rendre où je me suis rendu. Et je suis allé aux Jeux. C’est d’ailleurs comme ça que je vis. Je veux toujours être positif, de bonne humeur et jovial.»

À la retraite, Marois a travaillé pour l’Agence de revenu du Canada à Calgary pendant quelques années. Il avait aussi appliqué pour un poste de chauffeur au Calgary Transit. En 2010 il est revenu au Québec afin d’y rejoindre son amoureuse qu’il avait rencontrée au lendemain de son divorce. Travaillant avec lui à l’Agence du revenu du Canada à Calgary, elle avait demandé à être transférée dans la Vieille capitale. Marois a aussi demandé son transfert, mais après quelques mois, il a réorienté sa carrière et il a appliqué au RTC.

«J’ai toujours tripé sur les voitures, les moteurs et j’ai toujours eu une attirance pour la conduite des véhicules lourds. J’aurais aimé faire une formation complète pour conduire des camions. Mais j’aimais mieux travailler dans la région et avoir des horaires fixes. Et j’aime être avec le monde, jaser, etc. Au volant d’un bus, je suis donc dans ma zone de confort.

«À bord de mon autobus, j’ai toujours ma musique et je fredonne. Et chaque personne qui monte à bord a son bonjour. J’adore ma job

C’est avec impatience que Marois attend l’ouverture de l’anneau de glace de Sainte-Foy. Et non seulement parce qu’il compte y travailler comme officiel lors de compétitions ou parce qu’il y retrouvera des amis patineurs. Il devrait aussi recommencer à patiner.

«Ça fait 14 ans que je ne me suis pas entraîné. J’aimerais ça recommencer à le faire. J’ai adoré patiner à l’anneau de Sainte-Foy. Mais ça ne me tentait pas de retourner dehors. Là, je vais pouvoir patiner au chaud. Et comme je suis capable d’avoir des horaires coupés, je vais pouvoir aller patiner après mon shift du matin.»

Maxime Roberge: aimer se challenger

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Maxime Roberge: aimer se challenger

«Mon plus grand plaisir dans la vie, ç’a toujours été la compétition et d’avoir une chance de gagner. J’aime la compétition, n’importe quel genre de compétition. Et que ce soit dans mes loisirs, dans mon travail et même dans ma vie personnelle, j’essaie toujours d’être le meilleur. Ainsi, quand je fais du vélo de montagne avec des amis, mon but, c’est toujours d’arriver au sommet de la montagne avant eux.»

Presque 15 ans après avoir mis un terme à sa carrière de judoka, Maxime Roberge n’a rien perdu de l’esprit compétitif qui l’animait lorsqu’il était sur le tatami. Se mettre au défi est son crédo. Il adore apprendre, se bâtir ou se rebâtir et faire les efforts pour figurer parmi les meilleurs. Quand il a réussi, il n’hésite pas à repartir à zéro afin d’amorcer l’ascension vers de nouveaux sommets. C’est d’ailleurs cette philosophie qui l’a poussé à la retraite.

«J’aurais pu être champion canadien pendant peut-être quelques années. Qui sait? Mais en quelque part, j’avais fait le tour. J’avais gagné tout ce que je voulais gagner, de sorte que je n’avais plus aussi envie de m’investir autant dans le judo. Il fallait que j’essaie d’aller gagner autre chose. Ç’a été tough mais c’était un beau défi.»

Après avoir démissionné des équipes nationale et provinciale, Roberge, qui s’entraînait à Montréal, est revenu s’installer à Québec, la ville d’où il était originaire. Ayant un diplôme en communications et en relations publiques en poche, il s’est cherché un emploi.

«Même si je savais ce que je voulais faire — je voulais idéalement demeurer dans le monde du sport —, je n’avais aucune idée de ce que serait ma nouvelle carrière. J’ai regardé les opportunités qui s’offraient à moi et j’ai foncé.

Amateur de chasse et de pêche, Roberge a travaillé quelques mois chez Latulippe avant de se retrouver chez Desjardins. Mais un emploi de bureau de 9 à 5 ne lui convenait pas. Informé que le centre d’entraînement Énergie Cardio de Beauport était à la recherche d’un directeur, il a postulé. En moins de deux ans, il a fait de la succursale beauportoise la plus performante au Québec au chapitre des revenus et des abonnés. Alors à la recherche d’un nouveau défi, il a été recruté par l’entreprise Maison Laprise comme directeur des ventes, un emploi qu’il occupe depuis 10 ans.

Une belle carrière

Roberge a fait du judo de haut niveau pendant une quinzaine d’années. À l’époque où il était membre de l’équipe nationale, il a toujours considéré le judo comme son travail. «Et même si la carrière que je menais n’était pas extrêmement payante en termes d’argent — je devais faire des jobines afin de pouvoir joindre les deux bouts —, elle le fut beaucoup au niveau personnel.»

Grâce au judo, le Beauportois a fait le tour du monde. Il a pris part à toutes les compétitions prestigieuses, à l’exception des Jeux olympiques. «Se qualifier pour les Jeux, c’est souvent une question de timing. L’année où je devais performer, j’ai fini deuxième aux qualifications. J’ai perdu mon combat par décision partagée. Ç’a été la fin de mon parcours olympique. Ce fut un deuil à faire. Mais ça se fait. C’est comme une peine d’amour. Un moment donné, tu te dis : “J’étais pas dû et il faut que je commence à regarder en avant.”

«Aujourd’hui, je sais que je n’avais pas assez de ressources pour viser une médaille au Jeux. Y aller aurait quand même été une expérience inoubliable. J’aurais aimé tripper avec les boys et, plusieurs années plus tard, partager des souvenirs avec eux. Mais je n’ai pas de regrets. J’ai vécu d’autres choses plus tard qui m’ont apporté de grands bonheurs, comme la naissance de mes enfants.»

Maxime n’a jamais ressenti de pression à performer, et ce, même si son frère Patrick et sa sœur Sophie ont représenté le Canada aux JO en judo. Par la suite, la cadette Catherine y est aussi allée. «Chez nous, on a toujours fait du judo parce que l’on aimait ça. La seule pression que j’avais, c’était de ne pas pouvoir vivre de ma passion.»

Loin du tatami, Roberge demeure un judoka dans l’âme et le cœur. Il applique toujours au quotidien le code de vie du judo qui repose sur des valeurs comme la politesse, l’amitié, le courage, le respect, l’honnêteté, l’importance de la parole donnée, etc. Il suit aussi passionnément la carrière de son ami Antoine Valois-Fortier.

«Je regarde ses combats en direct sur le Web. Pendant qu’il se bat, je force quasiment autant que lui. Quand il gagne, je suis soulagé et quand il perd, je suis un peu triste.»

Roberge ne le cache pas, il aimerait recommencer à faire du judo. «Le problème, c’est que ce que j’aimais dans le judo, c’était de me battre. Mais à ma connaissance, il n’y a pas beaucoup de judokas à Québec qui pourraient m’affronter et soutenir un effort constant. Mais à mon âge, je ne suis même pas sûr que je pourrais offrir un effort constant. Et quand je pense à comment ça faisait mal de me battre, combien c’était dur sur le corps, je me dis que j’aime mieux faire du vélo. Il faudrait donc que j’envisage le judo sous un autre angle, celui des katas et de la technique.»

Q Faits marquants

R La première fois que j’ai gagné un championnat canadien, le championnat canadien junior de 1992 à Winnipeg. Je partais de nulle part et j’ai fini champion. Cette victoire m’a ouvert de nouveaux horizons. Elle m’a fait dire : «Tu es capable. Oui, mon chum.» Et par la suite, j’ai foncé.

Q Ce qui te manque le plus

R Le repos du guerrier. La fatigue après un combat et le sentiment d’avoir donné tout ce que tu pouvais.

Q Ce qui te manque le moins

R Manquer d’argent. Tu te payes une compétition en Italie mais tu ne sais pas si tu vas avoir assez d’argent pour la fin de ton mois. C’est dur, c’est stressant.

Q Idoles de jeunesse

R Je n’avais pas d’idoles. J’aimais une équipe de hockey qui s’appelait les Nordiques. Mais étant un athlète amateur qui faisait un sport individuel, je trouvais que, nonobstant leur personnalité, des athlètes comme Sylvie Bernier et Myriam Bédard, des filles de la région de Québec qui avaient obtenu des succès dans des disciplines où on n’était à peu près pas présents, étaient des modèles intéressants.

Q Dans 10 ans

R Proche de la retraite, j’espère. Mais surtout heureux. Oui. Où que je sois, avec qui que je sois, quoi que je fasse, je vais être heureux, j’espère. 

Q Rêve ou défi

R Je rêve des grands espaces, d’aller voir la faune et la flore du nord du Québec et peut-être même de descendre quelques rivières. Je rêve aussi de recommencer à voyager autant que j’ai pu le faire dans ma carrière.

Xavier Baribeau: aujourd’hui comme hier

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Xavier Baribeau: aujourd’hui comme hier

L’intensité a toujours été une des marques de commerce de Xavier Baribeau à l’époque où il faisait carrière en basketball. Pour lui, les demi-mesures n’existaient pas. Et pas question de se contenter de livrer la marchandise. Il y avait toujours moyen d’en donner plus, selon lui. Une philosophie qui l’a bien servi avec le Rouge et Or et qu’il continue d’appliquer dans son travail de conseiller en gestion du patrimoine.

«La finance, c’est un domaine dans lequel on peut mettre des heures à l’infini», analyse Baribeau, qui travaille chez IG Gestion de patrimoine/Groupe BCB, une entreprise qu’il possède avec des associés. On peut toujours mieux former les gens, offrir un meilleur service, de meilleurs rendements, de meilleures planifications, bref, être le meilleur. On peut toujours se dépasser. J’ai choisi d’être travailleur autonome parce que je ne voulais pas avoir de patron qui me demanderait à 17h: “As-tu fini, là?” Moi, j’ai le luxe de pouvoir dire : si j’ai le goût d’en faire plus, je peux en faire plus et [même] travailler jusqu’à 1h du matin si ça me tente.

«Je pense que l’important dans la vie, c’est de faire toujours mieux que ce qui était prévu. C’est ce que j’ai tenté de faire dans ma carrière en basket. Je me suis toujours dit que je pouvais faire mieux que ce que mon potentiel et mon talent me permettraient de faire. Je pense avoir réussi et j’en suis très fier.»

Membre de l’équipe d’étoiles des recrues du Québec, Baribeau a aussi savouré un championnat provincial à sa première saison. Par la suite, il a été nommé deux fois au sein des équipes d’étoiles du Québec et obtenu des statistiques qui lui ont permis de briser les records du RSEQ du plus grand nombre d’assistances en carrière et celui du plus grand nombre de minutes jouées. «J’ai un peu été l’homme de fer de mon équipe, un joueur sur lequel on pouvait toujours compter sur le terrain tous les jours. C’est la statistique à laquelle j’attache le plus d’importance.»

Pour plusieurs, cependant, le  plus grand exploit du basketteur est d’avoir fait fi de la pression inhérente au fait que son père Serge avait joué avec le Rouge et Or et que, par la suite, il était devenu président du club. Mais comme les deux joueurs étaient très différents — lui était un passeur et Serge, un marqueur —, il n’a pas eu à vivre avec les comparaisons des gens.

«On a été le premier duo père-fils du Rouge et Or. Pour moi, c’était une fierté d’aller jouer à Laval. Parce que j’étais un petit gars de Québec, mais aussi parce que depuis l’âge de trois ans, j’avais eu sur le dos des t-shirts du Rouge et Or.

«C’est sûr que j’avais un peu de pression. Dans la famille, on a l’habitude de se dire les vraies affaires. Et mon père avait été le premier à me lancer : “Tu sais, j’ai fait la première équipe d’étoiles!” (Rires) Ce n’était pas évident. Mais j’ai eu la chance d’être sur le cinq de départ à mon premier match et de me faire un prénom. Mon père était à tous nos matchs. Je pense qu’il était fier. Si, aujourd’hui, lui et moi on avait une discussion à propos de nos réalisations en basket, je pense que j’en aurais plus à conter (rires).»

Belle transition

Sa carrière à Laval terminée, Baribeau s’est entraîné avec les Kebs de Québec qui lui ont offert une place dans l’équipe de pratique. Toujours aussi intense et voulant mettre toutes ses énergies sur son travail, il a refusé. Et c’est avec le Royal de Québec, où il a retrouvé plusieurs ex-lavallois, qu’il a progressivement fait la transition entre sa vie d’athlète et celle de professionnel.

«Jouer à un niveau un peu moins compétitif a facilité ma retraite. J’aurais eu plus de difficulté à mettre fin à ma carrière si elle s’était arrêtée du jour au lendemain. Je continue à jouer une fois par semaine à Montréal. C’est une ligue où il y a quand même du bon niveau de jeu. Mais ce n’est plus la même intensité.»

Comptable de formation, l’ex-Rouge et Or a choisi cette spécialité parce qu’elle pouvait lui ouvrir plus de portes dans le milieu de la finance. Aujourd’hui, Baribeau adore son travail de conseiller en gestion du patrimoine. D’abord parce qu’il adore les chiffres. Mais aussi parce qu’il a une bonne vision globale des choses. L’une de ses forces est d’arrimer les finances, la comptabilité, la personnalité de ses clients et leurs objectifs de retraite.

«À la longue, on devient un peu le psychologue de pas mal de clients. Et j’adore le côté relations humaines de mon travail.»

Même s’il est passionné par son travail, Baribeau garde toujours dans son cœur une grande place pour le basket. «Je ne vois pas le moment où je vais arrêter. J’ai trop passé de temps dans un gymnase pour ne plus jamais jouer. Je suis chanceux, je n’ai pas eu de blessures dans ma carrière. Je me sens donc super bien.

«J’aimerais aussi éventuellement recommencer à coacher pour redonner aux jeunes. Des jeunes de secondaire un, deux ou trois qui sont assez vieux et que l’on peut coacher pour vrai. Mais je ne voudrais pas que ça soit trop compétitif. Je me connais, si je faisais ça, je deviendrais trop intense. Et je ne veux pas que ça prenne trop d’espace dans ma vie.»

Marialye Trottier: d’athlète à entrepreneure

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Marialye Trottier: d’athlète à entrepreneure

Ses carrières en soccer et en fitness terminées, c’est dans le domaine du coaching personnel que Marialye Trottier avait décidé de gagner sa vie. Elle ne se doutait jamais que ça allait l’amener à fonder son entreprise, Marialye Fitness qui, en l’espace de quelques années, s’est diversifiée et est devenue une véritable PME maintenant connue sous le nom Wondersquad.

«Je ne pensais jamais avoir la fibre entrepreneuriale», explique Marialye, qui a arrêté sa décision de devenir entraîneure pendant un examen. Elle a alors ramassé ses affaires et a quitté l’université où elle n’est jamais retournée. «Mais dans ma tête, c’était clair que je voulais être coach. Et je désirais faire plus que du one on one mais je n’avais aucune idée où cela allait m’amener. J’ai été patiente et j’ai fait ce qu’il fallait pour me faire connaître.

«C’est quand j’ai créé mon entreprise qu’il a fallu que j’engage du personnel parce que je ne pouvais pas tout faire seule. Au début, je me voyais comme une ancienne athlète devenue coach en ligne. C’est après avoir bâti mon site Web, ma marque de commerce, etc. que j’ai réalisé que j’étais devenue une entrepreneure.»

La Québécoise n’a jamais douté qu’elle avait la vocation pour le coaching. Non seulement son passé d’athlète lui permet d’être très à l’aise avec le milieu sportif, mais elle sent le besoin de partager le bagage qu’elle a acquis.

«Toute ma vie d’athlète a été axée sur mes propres performances. En vieillissant, j’ai eu le goût d’aider les gens à atteindre leurs propres objectifs. Et j’ai décidé de m’adresser aux femmes. Au Wondersquad , tout est vraiment focusé sur elles. Je veux que chaque membre prenne conscience de son plein potentiel et de sa force intérieure. Le message de l’entreprise, c’est : «un esprit sain dans un corps sain pour permettre aux femmes de se développer et de se dépasser». Je me suis rendu compte qu’avec le temps, les femmes que j’entraînais prenaient confiance en elles au fur et à mesure qu’elles atteignaient les objectifs qu’elles s’étaient fixés.»

Aujourd’hui, Wondersquad  (wondersquad.co), c’est un site Web où les femmes peuvent trouver des programmes alimentaires et d’entraînement. S’ajoutent la communauté ou les femmes peuvent échanger, un soutien 24 heures sur 24, 7 jours sur 7), une boutique d’accessoires d’entraînement et de suppléments de marque, etc.

«Mon objectif est simple : je veux toucher le plus de femmes possible. Pour le moment, la grande partie de ma clientèle est au Québec et dans le reste du Canada. Mais c’est sûr qu’un moment donné, je compte regarder du côté des États-Unis et ailleurs dans le monde. Il n’y a pas de limites.»

Avec l’équipe du Québec

Marialye avait environ 13 ans lorsqu’elle a été recrutée par l’équipe du Québec de soccer. Mais parce qu’elle devait déménager à Mont­réal, elle a refusé l’offre, ses parents jugeant qu’elle était trop jeune pour quitter le foyer familial. Un an plus tard, cependant, elle prenait la route de la métropole.

«C’est pas mal là que les portes se sont ouvertes. J’ai fait partie des quatre ou cinq filles dépistées par l’équipe nationale. Et après avoir pris part à une douzaine de camps et disputé des matchs contre d’autres pays, j’ai été choisie comme défenseure centrale sur l’équipe qui prendrait part à la CONCACAF. Nous avons fini troisièmes et nous nous sommes qualifiées pour la Coupe du monde disputée en Nouvelle-Zélande.»

À la même époque, Marialye a été remarquée par des dépisteurs d’universités américaines. Elle a reçu plusieurs offres de bourses d’études et est finalement allée à West Virginia, où elle dit qu’elle aurait pu faire une belle carrière.

«Mais j’ai perdu ma passion pour le soccer. Ça faisait 13 ans que je jouais. J’avais pris part à une Coupe du monde junior et à quelques camps avec l’équipe nationale senior. J’avais le goût de passer à autre chose. Et même si, à 10 ans, je disais que j’allais mourir sur un terrain de soccer et que mon but ultime était d’aller aux Jeux olympiques et d’être parmi les meilleures au monde, si tu perds la motivation, tu es foutue. Parce que j’étais passionnée pour le fitness, ma carrière d’athlète ne s’est pas terminée.»

De retour dans la Vieille Capitale en 2012 et s’ennuyant un peu du soccer, Marialye s’est laissée tenter par un retour au jeu avec le Rouge et Or. Elle n’a disputé que quelques matchs avant d’accrocher ses crampons pour de bon.

«J’ai écouté mon cœur. Je pense que j’avais besoin d’avoir la confirmation que je n’avais vraiment plus la même passion pour le soccer. C’est avec l’esprit en paix que j’ai quitté le Rouge et Or.»

Devenue professionnelle en fitness où elle a gagné deux titres canadiens et une compétition à Miami lui ayant permis de mettre la main sur sa carte professionnelle de la WBFF, Marialye a aussi fait pendant quelques mois des arts martiaux mixtes. Des blessures l’ont cependant convaincue qu’elle devait renoncer à ce sport.

«Je suis super contente de la carrière que j’ai eue. C’est grâce à elle que je suis devenue ce que je suis. Et je n’ai aucun regret. Je suis allée au bout de ma passion et même si je n’ai pas pris part aux JO, j’ai l’impression d’avoir fait les bons choix.»

Karl de Grandpré: passage mémorable

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Karl de Grandpré: passage mémorable

Il y a peut-être presque huit ans que Karl de Grandpré a terminé sa carrière de volleyball avec le Rouge et Or. Mais le souvenir de son passage avec la formation lavalloise demeure bien présent. Aux yeux de plusieurs, il fait partie du groupe des meilleurs athlètes à avoir défendu les couleurs de l’équipe.

«Je ne pensais jamais, quand j’ai débuté ma carrière, devenir le joueur d’impact que j’ai été», confie de Grand­pré. «Je jouais au volley pour le fun, parce que je trippais sur ce sport-là. Mais je me souviens par contre qu’après avoir vu un match de volley à la télé, j’avais dit à mes parents : “Un jour, je vais évoluer avec le Rouge et Or”. C’état mon but même si j’étais au début du secondaire. C’est par la suite que le volleyball est devenu de plus en plus important dans ma vie et que j’y ai mis du temps.

«Mais quand on est dans le volley comme je l’ai été, on est tellement pris que l’on ne réalise pas tout ce que l’on accomplit. C’est avec le recul que l’on peut en mesurer l’impact, être fier de ce que l’on a réalisé et heureux d’avoir vécu ces moments-là avec de bonnes personnes, des gens qui sont encore aujourd’hui des amis.»

De toutes les campagnes que de Grandpré a passées à l’UL, la dernière (2011-2012) fut la plus mémorable. D’abord parce qu’il avait la chance d’évoluer avec son cousin (Tommy Belisle). Mais aussi à cause de ses performances sur le terrain et de celles du Rouge et Or. Gagnant d’un troisième titre de volleyeur par excellence au Québec, il a aidé les siens à remporter une médaille d’argent au championnat canadien. Il a aussi été choisi l’athlète par excellence du Rouge et Or. 

«Une saison extraordinaire. Je n’en revenais pas de recevoir le titre d’athlète par excellence du Rouge et Or. Et je n’en reviens toujours pas. C’est tellement gros. J’en suis très fier et honoré. Mais comme j’ai toujours dit, le volley est un sport d’équipe. Sans mes coéquipiers et sans mes coachs, je n’aurais jamais eu autant de succès.»

La décision

Plusieurs portes étaient ouvertes quand de Grandpré a conclu sa carrière universitaire. Il aurait pu se joindre à l’équipe nationale ou évoluer comme professionnel en Europe. Le volleyeur vedette a cependant décidé de tourner la page sur le volleyball pour faire ses débuts sur le marché du travail.

«J’étais rendu là dans ma vie. Je ne jouais plus au volley pour les bonnes raisons. Je ne le faisais pas par passion, mais parce que c’était une routine dans ma vie. Et ça ne me tentait plus de m’entraîner chaque jour. C’est quand j’ai réalisé ça après avoir pris une pause de deux mois que j’ai décidé d’arrêter le volley et de commencer à travailler.»

De Grandpré ne cache pas que dans les mois qui ont suivi sa retraite, il s’est posé la question s’il avait pris la bonne décision et s’il ne devait pas abandonner son travail et tenter sa chance chez les pros. Il s’ennuyait de bouger et de voir ses amis chaque jour. Et les défis qu’il avait au quotidien ne lui apportaient pas autant d’adrénaline que les moments qu’il vivait en équipe. Mais ayant été informé que la transition entre la vie d’athlète de haut niveau et la vie «normale» était parfois difficile, il a décidé de se donner du temps.

«Tranquillement, j’ai commencé à faire de nouvelles activités. Et je suis embarqué dans mon nouveau rythme de vie. Je n’ai jamais regretté ma décision de prendre ma retraite. C’est certain, je me dis parfois que ça aurait été le fun de voir jusqu’où j’aurais pu me rendre en volley. Mais si j’avais continué, je me serais menti à moi-même parce que je n’avais plus le goût de m’investir, je n’avais plus la drive

Détenteur d’un bac en statistiques et d’un certificat en économie, de Grandpré est à l’emploi du ministère de l’Éducation à la direction des indicateurs des statistiques où il a notamment travaillé sur le dossier du cheminement scolaire des jeunes aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire. Il a produit des statistiques sur le taux de décrochage et de diplomation par cohorte par rapport aux indices de défavorisation pour les programmes ministériels et la gouvernance des commissions scolaires.

Toujours très actif physiquement — il dit que ça le défoule —, de Grandpré a cependant mis le volleyball de côté après y avoir joué quelques années avec des amis et d’ex-joueurs du circuit universitaire après son passage à l’UL. Il joue à la balle-molle l’été avec d’anciens joueurs des Titans et du Rouge et Or, au dekhockey et fait de la course à pied avec sa copine. «Mais j’adore aussi prendre du temps pour moi. Comme passer la fin de semaine au chalet. C’est très ressourçant.

«Le volley ne me manque pas. Après ma carrière, comme j’y avais passé ma vie, je n’avais plus le goût d’aller voir des matchs. Mais tranquillement, le volley commence à me parler. Je suis allé cette année à la Coupe de l’Est à Limoilou. Et je commence à me dire que je pourrais peut-être coacher. Mais c’est très embryonnaire comme projet. Je ne me lancerais pas tout seul là-dedans parce que je n’ai aucune expérience en coaching. Je pars de zéro. J’aurais beaucoup d’apprentissage à faire. J’aurais donc besoin d’accompagnement. Mais je me laisse le temps. Le coaching m’intéresse, mais pas dans un futur rapproché.»

Robert Picard loin des feux de la rampe

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Robert Picard loin des feux de la rampe

Il y a 28 ans que Robert Picard a accroché ses patins au terme d’une carrière de 13 campagnes dans la LNH où il disputé 899 matchs en saison régulière. Et si jadis, peu importe où il allait, il ne passait jamais inaperçu, l’ex-défenseur est aujourd’hui loin des feux de la rampe où il mène une vie plus normale qu’il a appris à apprivoiser et à apprécier.

«Pendant toutes les années où j’ai joué dans la Ligue nationale ou après, quand j’ai évolué avec des anciens joueurs à Detroit, j’ai retiré beaucoup de fierté à être reconnu par les amateurs de hockey», mentionne l’ex-hockeyeur. «Et je garde de très beaux souvenirs de cette époque-là. J’ai encore de belles photos de moi dans mon bureau et à la maison. Mais j’ai appris à vivre sans ça. 

«Aujourd’hui, je suis une personne «normale.» Et je vis comme tel. La majorité des gens que je rencontre ne savent pas que j’ai joué dans la LNH. Et je ne suis pas le genre à crier : “Je suis Robert Picard, regardez-moi”. Ce n’est pas dans mon bag

Picard a joué son hockey junior avec le Bleu-Blanc-Rouge et le Junior de Montréal. À l’âge de 14 ans, il avait cependant été invité par Maurice Filion à prendre part au camp des Remparts. Il aurait pu demeurer avec l’équipe, mais ses parents auraient dû déménager dans la Vieille Capitale.

Le défenseur fit une entrée remarquée chez les pros. Repêché en première ronde (3e) par les Capitals de Washington, il fut aussi un choix de quatrième ronde (38e) des Nordiques de l’AMH. Après s’être entendu avec les Capitals, il signa un contrat avec les Nordiques. Les Caps le menacèrent de poursuites. Picard, lui, affirma dans les médias qu’il aimerait mieux livrer de la pizza à Québec que de jouer à Washington. «J’étais certain que je n’avais pas signé de contrat avec les Capitals. J’étais jeune, j’ai commis une erreur. Et j’en ai fait d’autres dans ma carrière. Finalement, j’ai été obligé de retourner à Washington.

«Même si j’avais beaucoup de pression à mon arrivée avec les Caps, je ne pense pas avoir déçu personne pendant les trois saisons que j’ai passées avec l’équipe. Le côté bénéfique de ce que j’avais vécu, c’est que j’avais vieilli rapidement et que j’avais acquis beaucoup de maturité. Et j’ai été très désappointé de quitter Washington quand j’ai été échangé aux Maple Leafs.»

Picard ne joua qu’une demi-saison à Toronto. Il passa au Canadien où il connut des saisons difficiles. Il regarda une trentaine de matchs de la galerie de presse à sa première année. Par la suite, il fut incapable de s’imposer. Il fut troqué à Winnipeg en retour d’un choix de troisième ronde au repêchage de 1984 qui permit au Canadien de mettre la main sur Patrick Roy.

«Je me suis retrouvé avec les Jets. J’ai recommencé à jouer comme je savais le faire. Et j’ai aussi amélioré mon jeu défensif, ce qui m’a permis d’ajouter six, sept ans à ma carrière.»

Picard s’est ensuite retrouvé avec les Nordiques avec qui il évolua de 1985 à 1990. Après avoir vécu la pression de jouer à Montréal, il vécut celle d’évoluer à Québec. «Une pression différente. À Mont­réal, il fallait composer avec les succès passés de l’équipe et sa réputation. On avait la pression de gagner à Québec, mais tout était à construire et nous étions une formation en progression.»

Le défenseur quitta Québec en 1990 pour Detroit. Il se fractura la cheville en toute fin de campagne. Cette blessure sonna le glas à sa carrière. «J’ai pris part au camp d’entraînement l’année suivante, mais j’avais perdu de la vitesse. Et ça, ça ne pardonne pas. Mon nom a été placé au ballotage, aucune équipe ne m’a réclamé. J’ai rencontré le dg et j’ai décidé de prendre ma retraite. Il était temps de me concentrer sur ma famille.

Picard fait un bilan plus que positif de sa carrière. Et il en est très fier. «Je n’ai qu’un seul regret et c’est de ne pas avoir réussi à Montréal comme je l’avais fait ailleurs. J’étais un petit gars de Montréal jouant pour le Canadien. J’aurais aimé être à la hauteur des attentes qui étaient placées en moi.»

Réorganiser sa vie

À la retraite, Picard n’a pas mis beaucoup de temps à réorganiser sa vie. Il est demeuré dans la région de Detroit et il s’est inscrit à des cours de marketing et de gestion. Il a ensuite été engagé par Sunny’s Enterprise, une compagnie spécialisée dans la vente de lave-auto. Parallèlement, il a travaillé comme pompier volontaire. Mais ce qui lui a permis de bien faire la transition entre sa carrière de hockeyeur et la vie «normale», c’est d’avoir adapté son style de vie.

«Ma femme et moi, nous avons gardé la tête froide et les pieds sur terre afin de ne pas être trop extravagants dans nos dépenses, notre vie publique et tout ça. On a décidé de vivre avec un plateau moyen plutôt qu’avec un plateau non accessible. Ç’a rendu les choses plus faciles.»

Aujourd’hui, Picard habite en Floride où il a déménagé après avoir obtenu un poste de gérant de région pour Sunny’s, pour qui il travaille depuis 26 ans. Et s’il est très fier de sa carrière de hockeyeur, il l’est tout autant de sa carrière dans la vente où il est parti de zéro. Quant à sa passion pour le hockey, il avoue que celle-ci s’est un peu estompée avec les années. «Ça fait 10 ans que je n’ai pas chaussé les patins. Et je suis moins le hockey. Il n’y a qu’en séries éliminatoires que je regarde des matchs.»

Audrey Robichaud: une retraite active

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Audrey Robichaud: une retraite active

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Audrey Robichaud a une perception bien à elle de la retraite. Environ 20 mois après avoir tourné la page sur sa carrière de bosseuse dans l’équipe nationale de ski acrobatique, elle est aujourd’hui plus occupée qu’elle l’était quand elle s’entraînait à temps plein et compétitionnait aux quatre coins de la planète.

«On dirait que ça va plus vite qu’avant, lance Audrey en riant. Je suis encore passionnée de ski acrobatique et je ne reste pas trop loin de mon sport. J’essaie de m’impliquer le plus possible. Je suis entraîneure-chef de l’équipe du centre de ski Le Relais et je coache un peu les jeunes du programme sport-études. Je suis aussi sur le conseil d’administration de Ski acrobatique Canada où je représente les athlètes. Mais le sport m’a beaucoup donné; c’est pour moi une façon de redonner.

«Finalement, la seule chose dont je me suis éloignée, c’est de la compétition.»

La retraite du ski a aussi été synonyme de retour aux études pour Audrey qui s’est investie à temps plein dans l’obtention d’un bac en intervention sportive à l’Université Laval, études dans lesquelles elle a transféré l’énergie qu’elle mettait dans le ski. «Je suis passée de m’entraîner tous les jours à aller à l’école tous les jours. Même si c’est une expérience différente, à l’exception du côté physique, c’est pas mal la même intensité. Comme je suis vraiment occupée, je n’ai pas trop le temps de m’ennuyer.»

Le bon timing

C’est à la fin de la campagne 2018 qu’Audrey a tourné la page sur sa carrière. La Québécoise avoue cependant que, dans sa tête, ça faisait un petit bout de temps qu’elle avait pris sa retraite. Elle s’était dit dans les mois suivant les Jeux de Sotchi qu’une qualification pour les JO de PyeongChang pourrait être le dernier objectif qu’elle poursuivrait avant de quitter la compétition.

«J’aurais aimé skier à l’infini, pour le ski mais aussi parce que j’aimais m’entraîner, pour l’atmosphère et le fait d’être une athlète de haute performance. Mais toute bonne chose a une fin. J’avais l’impression que PyeongChang était l’endroit idéal pour bien boucler la boucle. Les Jeux, c’est la compétition la plus prestigieuse pour un athlète amateur. J’étais presque rendue à 30 ans et, même si mon corps allait bien, je savais que si je continuais à skier encore longtemps, ça aurait des répercussions dans ma vie. Je voulais aller à l’école, mon chum et moi on voulait avoir une famille, etc. Le timing était excellent.»

La décision de la Québécoise de prendre sa retraite a surpris bien des gens, à commencer par ses parents. Mais ils l’ont supportée, comme tous les gens de son entourage. Aujourd’hui, ce dont elle est le plus fière, c’est d’avoir surmonté les épreuves survenues au cours de sa carrière, de s’être battue et d’être allée au bout de ses rêves. «Ça m’a forgée en tant que personne. Tout ce que j’ai fait dans le sport, tous les hauts et les bas que j’ai eus ont fait ce que je suis aujourd’hui», lance Audrey, qui avoue avoir vécu beaucoup d’incertitude concernant son avenir à son retour de Sotchi. Un nouveau cycle de quatre ans lui semblait une éternité. Elle a pris les années une à la fois et rendue à la moitié de son cycle, elle s’est investie au maximum.

La bosseuse indique qu’elle avait poursuivi deux objectifs en se pointant à PyeongChang: se donner à fond une dernière fois et profiter au maximum de chaque moment.

«Ç’a été vraiment spécial. Mais même si j’étais un peu nostalgique, J’ai pris ces Jeux comme n’importe quelle grosse compétition. Ma vie ne s’arrêtait pas avec les JO. J’ai eu le cœur beaucoup plus gros aux Championnats canadiens à Jasper. Comme je savais que c’était ma dernière course, j’avais invité mes parents. Nous étions plusieurs athlètes à prendre notre retraite en même temps. On a passé beaucoup de temps tous ensemble. On a eu une belle reconnaissance. Ce fut de très beaux moments. Je vais me souvenir longtemps combien on était tissés serrés.»

Questionnée s’il lui était arrivé de remettre en question son choix de retraite, Audrey mentionne que s’il lui arrivait de se dire qu’elle avait une très belle vie en tant qu’athlète, sa «nouvelle» vie l’était tout autant même si elle est très différente. Parlant du genre de boulot qu’elle aimerait occuper une fois ses études à l’UL terminées, la Québécoise indique qu’elle souhaitait travailler dans une fédération sportive où elle pourrait mettre à profit ses connaissances et son expérience. Et dans ses rêves les plus fous, c’est avec la fédération de ski acrobatique qu’elle se retrouve.

«Je ne voudrais cependant pas trop m’éloigner du coaching. Mais comme je souhaite avoir une famille, ce n’est pas dans mes ambitions d’être entraîneure avec l’équipe nationale. Je ne dis pas non dans le long terme mais en ce moment, ce n’est pas quelque chose qui m’attire.»

Il y a quelques semaines, Audrey est passée à l’histoire du centre de ski Le Relais, qui a rebaptisé une piste en son nom. «C’est le plus grand honneur que je pouvais recevoir en tant que skieuse et athlète. C’est quelque chose qui a beaucoup de signification pour moi. Ça m’a fait chaud au cœur.»

Vincent Labrie: coupure nécessaire

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Vincent Labrie: coupure nécessaire

Le jour où il a pris sa retraite, Vincent Labrie a décidé de faire une coupure avec le monde du patin. Il désirait retrouver sa véritable identité et être apprécié pour ce qu’il était, non pas pour ses performances sur l’anneau de glace.

«Dans le milieu du patin, j’étais Vincent Labrie qui a fait des Coupes du monde et les Jeux olympiques de Turin, un milieu où tout le monde me donnait des tapes dans le dos, confie l’ex-athlète. C’est toujours le fun que des gens apprécient ce que tu as fait. Mais, pour moi, ce n’est pas la vraie vie. Quand j’ai fait la coupure, mon ego en a pris un petit coup. Mais je suis content de m’être donné cet électrochoc.

«Le patinage de vitesse me passionne encore autant. Je suis d’ailleurs assidûment les Coupes du monde et j’adore ça. Mais quand j’arrive au bureau, je suis Vincent Labrie, un employé comme n’importe quel autre. Et quand je côtoie les amis de ma blonde ou des gens qui ne m’ont pas connu comme patineur, c’est Vincent Labrie qu’ils apprécient. C’est ce que j’aime.»

Labrie a tourné la page sur sa carrière de patineur en 2011. L’année d’avant, il avait raté sa qualification pour les Jeux de Vancouver. «Une très grosse déception. Comme je n’avais pas eu la saison que je désirais, j’ai décidé de faire une année de plus pour voir ce dont j’étais capable. Après avoir terminé 12e aux Championnats du monde par distance, une performance dont j’étais satisfait, c’était clair que c’était le temps de tourner la page. J’en avais assez de l’incertitude financière de la vie d’athlète, de me dire que je n’avais pas le choix de me classer pour toutes les Coupes du monde afin de conserver mes subventions sans lesquelles j’aurais dû payer de ma poche toutes mes dépenses reliées au patin. Ce stress était rendu trop important. Je désirais compléter mes études et avoir une certaine stabilité.»

Même s’il avoue que sa carrière n’avait pas été celle qu’il aurait souhaitée, Labrie est quand même très satisfait et reconnaissant. Il a eu la chance et le privilège de prendre part à six années de Coupes du monde de même qu’aux JO. Questionné sur ce qui l’avait peut-être empêché d’atteindre ses objectifs ultimes, le natif de la Rive-Sud de Québec a parlé de quelques malchances, des blessures, de concours de circonstances et de mauvaises décisions.

«À la base, je suis quelqu’un de stressé. Plein de facteurs externes me dérangeaient. Et j’avais besoin que l’on se préoccupe davantage de moi que de mes performances. Je n’avais pas une confiance aveugle en mes moyens. Étant très analytique et très cartésien — je suis aujourd’hui planificateur financier —, je n’étais pas capable de me convaincre que je pouvais gagner s’il y avait tel et tel facteurs qui étaient là. Je n’avais pas la tête pour aller gagner des Coupes du monde.»

Outre toutes les belles expériences et les beaux voyages que le patinage de vitesse lui a permis de vivre. Labrie dit que ses plus beaux souvenirs sont ceux de sa gang de l’anneau de glace de Sainte-Foy qui était pour lui comme une famille.

La finance

Labrie ne le cache pas, les lendemains de retraite ont été difficiles. «J’ai eu un petit deuil à faire. Il y a un trip, une adrénaline qui n’étaient plus là dans la vie de tous les jours. Travailler dans un bureau, j’aime ça. Mais je n’y retrouve pas le sentiment de faire une course et d’essayer de performer. Et une fois que ta retraite est prise, il n’y a pas de revenez-y. Mais tranquillement, j’ai appris à faire autre chose, et à voir autre chose. Et je me suis habitué à vie un petit plus “normale”.»

C’est dans l’obtention de son bac en finance que Labrie a mis toutes ses énergies à la fin de sa carrière. Il a ensuite suivi son cours pour devenir planificateur financier. Questionné à ce qui l’a incité à choisir ce champ d’études, il explique que ses parents lui ont toujours donné une bonne éducation financière avant d’ajouter, en riant : «Je m’y étais inscrit parce que la faculté d’administration me permettait de suivre les cours à distance quand je patinais. Et c’est avec le temps que je me suis rendu compte que la fiscalité et la planification financière étaient des domaines qui m’intéressaient.»

Comme au temps où il patinait, Labrie se retrouve aujourd’hui dans un monde de performance. Mais comme au temps où il était athlète, cet aspect de sa profession n’est pas celui qui l’allume le plus.

«Moi, ce qui me branche, c’est le côté relations humaines, d’aider les gens. Je veux que mes clients soient satisfaits. S’ils sont heureux de mon travail, si je le suis et qu’au final, mon entreprise l’est, je vais être satisfait. Et Gestion financière MD est une entreprise qui se soucie énormément de ses clients.»

Adepte de hockey, Labrie ne cache pas que l’ouverture prochaine de l’anneau de glace intérieur pourrait l’inciter à chausser de nouveau de longues lames. Mais uniquement pour le plaisir de patiner et de revoir les membres de sa famille du patin.

«Le côté compétition [les maîtres] ne m’attire pas. Quand tu as goûté au plaisir d’être en forme et d’aller vite, ce n’est pas très plaisant de ne pas pouvoir te donner à fond. Je retirerais donc du plaisir à juste patiner. Et je n’ai plus besoin d’être compétitif comme je l’étais dans le temps. Au niveau de la finance, il y a de la compétition entre les entreprises, mais dans ma vie, j’ai appris à mettre la pédale douce.»

Chantal Vallières: une vie en synchro

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Chantal Vallières: une vie en synchro

Il y a maintenant 41 ans que la nage synchronisée fait partie de la vie de Chantal Vallières. Après une carrière de 17 ans qui l’a menée jusqu’à l’équipe nationale, elle a poursuivi son association avec son sport en devenant entraîneure au club Québec Excellence Synchro, un poste qu’elle occupe depuis 24 ans. «Ça fait tout un bail, c’est presque mon âge», lance en riant l’ex-membre de l’équipe nationale.

«Même si ma vie dans la nage synchronisée aurait été possible, je ne crois pas j’aurais pu être complètement heureuse à faire autre chose. Après un certain temps, j’aurais senti qu’il me manquait quelque chose. La création, la performance et tout ce qui vient avec la compétition, c’est ancré en moi. Et je suis une personne qui s’attache aux gens. Quitter complètement le milieu aurait été pour moi très difficile.»

La Québécoise ne cache pas qu’à deux reprises dans sa longue carrière, des évènements l’avaient poussée à se remettre en question et qu’elle avait alors songé à abandonner la synchro. Chaque fois, des occasions se sont présentées et elles lui ont permis de vivre des expériences mémorables lui ayant fait retrouver toute sa motivation. Elle parle, par exemple, d’un travail de coach au Pérou.

Chantal avait sept ans quand elle a commencé à pratiquer la nage synchronisée. Jojo Carrier l’avait recrutée après avoir vu ses talents de nageuse. La jeune athlète, aussi artiste dans l’âme, a été comblée à tous les niveaux. Elle a connu du succès presque instantanément, ce qui lui a permis de gravir rapidement les échelons menant à la scène internationale.

C’est en 1995, juste avant la tenue de la sélection olympique pour les Jeux d’Atlanta qu’elle a ratée par quelques centièmes de seconde, que la Québécoise a décidé de prendre sa retraite. Aux prises avec des problèmes de contraction musculaire qui l’obligeaient à prendre des relaxants afin de pouvoir nager, elle devait aussi composer avec les retours sur la formation nationale de cinq nageuses, dont les jumelles Penny et Vicky Vilagos, et de Sylvie Fréchette.

«Leur présence me rendait la vie un peu plus difficile. Et mon corps commençait à me dire qu’il était fatigué. C’était de plus en plus dur de m’entraîner. Après neuf ans avec l’équipe nationale, j’étais prête à me retirer.

«Aujourd’hui, je garde de très bons souvenirs de ma carrière, comme ma participation au championnat du monde en Italie (1994) ou au premier championnat du monde junior disputé à Cali, en Colombie (1989). Elle m’a donné des outils de travail que j’utilise encore, des apprentissages incroyables, le goût des langues et des voyages, la motivation à performer et à me dépasser et des rencontres merveilleuses. C’est certain, j’ai aussi vécu des périodes plus difficiles, comme des blessures. Mais ça, ça fait partie de la vie de tous les athlètes.»

Le coaching

Décidée à découvrir Montréal où elle était déménagée afin de s’entraîner avec l’équipe nationale, Chantal n’avait pas envisagé faire carrière dans le coaching lorsqu’elle a pris sa retraite. Un coup de fil de Jojo Carrier, qui se cherchait des entraîneures pour un camp estival de synchro, allait cependant changer son destin.

«J’ai tout de suite eu beaucoup de facilité à m’occuper des filles. Je savais que j’avais beaucoup de connaissances à leur transmettre et de la facilité pour approcher les gens. Mais j’ignorais que je serais aussi à l’aise au niveau de l’enseignement. Je n’avais pas de problème à décortiquer ce que j’avais dans la tête pour faire comprendre mon sport et à le verbaliser et à le transmettre. Et j’ai tout de suite adoré travailler avec les jeunes. À la fin de l’été, Jojo m’a offert de coacher toute l’année avec elle. J’ai donc laissé mon appartement à Montréal et je suis revenue à Québec.

«J’étais chanceuse, j’avais Jojo, la meilleure personne à mes côtés pour devenir une bonne entraîneure. Jamais je n’ai senti que j’avais de la pression. Au contraire, elle m’a toujours valorisée et donné confiance. Et ce qui m’a rassurée aussi, c’est que mes athlètes ont obtenu des réussites assez vite.»

Responsable des meilleurs espoirs pendant plusieurs années et coach national pendant cinq ans, Chantal en est venue à la conclusion qu’elle n’avait plus besoin de la pression qui venait avec son travail ni de se prouver. Parallèlement, les nombreux voyages devenaient de plus en plus éreintants. Elle a donc choisi d’être l’entraîneure des jeunes qui font leur entrée dans le programme sport-art-études de son club.

«Les petite filles sont là pour performer mais la première raison pour laquelle elles sont là, c’est parce qu’elles aiment ça. J’ai retrouvé le plaisir pur d’enseigner. Contrairement aux athlètes de haut niveau qui sont très outillées, elles ont tout à apprendre. C’est tout un challenge qui est cependant beaucoup agréable au stade de vie où je suis rendue. Pour moi, ralentir, c’est un peu ça.

«J’aime toujours autant la synchro parce que c’est un sport complet. Je ne serais pas comblée s’il y avait juste le volet natation. J’ai besoin de créer. Et en synchro, il y a la partie création des maillots, des routines, etc. Je suis vraiment privilégiée d’être dans un tel milieu et de pouvoir y gagner ma vie.»

Éric Maranda: la plus grande victoire

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Éric Maranda: la plus grande victoire

Le jour où il a décidé de se joindre au Rouge et Or, Éric Maranda l’a fait pour une raison bien précise : gagner la Coupe Vanier, un exploit qu’il a réalisé en 2003, en 2004 et en 2006. Aujourd’hui, pourtant, sa plus grande fierté n’est pas d’avoir savouré la conquête de trois titres nationaux. C’est d’avoir poursuivi avec succès ses études.

«C’est ma plus grande victoire», confie le natif de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce. «Surtout que je n’ai pas eu un cheminement scolaire typique. Ç’a très bien fini, mais ça n’a pas tout le temps été beau. Quand je suis rentré à Laval, j’étais tout croche. C’était clair que les études, ce n’était pas ce que je préférais. J’étais inscrit en intervention sportive et, après deux sessions, je me suis fait mettre à la porte du programme.

«J’ai dû me prendre en main. J’ai travaillé fort. J’ai étudié en agronomie mais pour pouvoir le faire, j’ai dû obtenir mes cours de mathématique et de chimie de secondaire cinq, puis que je fasse mes sciences pures au cégep parallèlement à mon bac. Par la suite, j’ai étudié en finances. À la fin de mes études, le gars qui s’était inscrit à l’université en intervention sportive avec un DEC en sciences humaines sans mathématiques et qui avait été renvoyé de son programme recevait des bourses d’études pour ses résultats scolaires. Et aujourd’hui, j’ai deux bacs et deux maîtrises. Il y a tout un cheminement qui a été fait.»

L’ex-footballeur explique que c’est une rencontre avec son directeur de programme qui a changé sa destinée. Celui-ci lui a dit, après avoir analysé son dossier scolaire : «M. Maranda, les études universitaires, ce n’est peut-être pas fait pour vous.» Une remarque qui a fouetté le Beauceron qui y a vu une remise en question sur ses facultés intellectuelles.

«C’est peut-être le coup de pied dans le derrière dont j’avais besoin. Je me suis demandé ce que je ferais dans la vie une fois ma carrière de footballeur terminée. Je m’étais rendu à l’université, c’était à moi d’en profiter. Je ne sais pas si c’est mon orgueil qui ma guidé, mais c’est certain que ce que le directeur m’a dit m’a motivé. Et j’y repense souvent quand je regarde où je suis rendu.»

Trois Coupes Vanier

Il n’y a pas que sur les bancs d’école que Maranda a brillé de tous ses feux. Il l’a fait aussi sur le terrain de football. Il a d’ailleurs été élu dans l’équipe des meilleurs joueurs des 25 premières années de l’histoire de la formation lavalloise. Une nomination qui l’a flatté.

«J’ai été ému quand j’ai appris ma sélection comme secondeur. Mais c’est tellement crève-cœur pour les autres gars qui méritaient autant que moi d’être choisis. J’ai toujours été un gars d’équipe, je n’ai jamais recherché les honneurs individuels. Ce qui me rend le plus fier, ce sont nos trois Coupes Vanier, d’y avoir contribué et d’avoir été un leader en tant que capitaine pendant trois saisons», lance le footballeur, qui devait poursuivre sa carrière universitaire à Tulsa University où il avait gagné une bourse d’études avant qu’un changement d’entraîneur mette fin à ses ambitions de jouer aux États-Unis. Il avait alors choisi d’évoluer pour le Rouge et Or, l’organisation qui avait les meilleures chances selon lui de décrocher les grands honneurs, mais aussi pour les valeurs de son coach Glen Constantin, des valeurs qui étaient les siennes.

Parlant de ses trois conquêtes de la Coupe Vanier, Maranda a avoué que c’était peut-être celle de 2006, la troisième, qui était la plus mémorable. «À cause de toute l’adversité. Il faisait - 30 degrés. Il n’y avait pas de chauffage dans le vestiaire. Il y avait la foule hostile de la Saskatchewan. Et les Huskies avaient toute une équipe. Ce fut un des matchs les plus physiques et toughs que j’ai joués.»

Sa carrière universitaire terminée, Maranda a frappé aux portes de la Ligue canadienne de football avec les Argonauts, puis les Alouettes. Chaque fois, une blessure est venue saboter ses chances de jouer pro. «Je pense que j’avais ce qu’il fallait pour évoluer à ce niveau. Si ça n’avait pas été des blessures, je pense que j’aurais pu y arriver.»

Investi dans le football presque à temps plein, Maranda a trouvé difficile la transition entre sa vie d’athlète et sa vie «normale». Comme il avait davantage de temps pour lui, il en a profité pour se lancer corps et âme dans ses études. Par la suite, il a mené de front des études et sa carrière professionnelle. «Encore aujourd’hui, je me garde très occupé. Je ne sais pas si c’est à cause du football, mais je suis setté au quart de tour. Et avec trois enfants, on est toujours occupé. Ma vie, je ne l’ai pas changée à cause de mes enfants, je l’ai adaptée. «Je dirais que ce qui me manque le plus du football, c’est l’esprit d’équipe, tout le monde qui se mobilise et qui pousse dans la même direction pour un but commun et qui fait passer le club avant lui. Dans le milieu du travail en général, les gens font parfois passer leurs objectifs personnels au profit du bien collectif.

«Je mentirais donc si je disais que ça ne me grafigne pas de me réimpliquer dans le football. Quand? Je ne le sais pas. J’ai été pas mal occupé ces dernières années. Je n’aurais pas été capable de coacher à 50 %. Quand je vais le faire, ça va être à 100 %.»

Sébastien Turgeon: une nouvelle renommée

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Sébastien Turgeon: une nouvelle renommée

Installé dans la région de Mont-Tremblant depuis presque un quart de siècle, Sébastien Turgeon y est une figure aussi connue qu’il l’était au Relais et au mont Sainte-Anne du temps où il portait les couleurs de l’équipe du Québec de ski alpin et qu’il brûlait les pistes grâce à ses performances. Aujourd’hui, cependant, ce n’est plus le skieur que l’on reconnaît. L’athlète a été éclipsé par l’homme d’affaires prospère qu’il est devenu.

«Ce n’est pas toutes les personnes que je croise qui savent que j’ai atteint un certain niveau dans le monde du ski, confie l’ex-athlète. Et certains sont très surpris quand ils l’apprennent. Si je suis très connu à Tremblant, c’est à cause de mon travail de courtier immobilier et de mon implication dans le bar Le P'tit Caribou où, à une époque, j’étais là sept jours sur sept.

«C’est drôle parce plus jeune, j’étais le frère de Mélanie. Quand elle s’est installée à Tremblant après sa retraite, ça faisait déjà quelques années que j’y étais. Et tout le monde me connaissait. Et elle se faisait demander si elle était ma sœur. Encore aujourd’hui, à Tremblant, Mélanie, c’est la sœur à Sébastien [rires]! Et même si ma carrière de skieur tombe de plus en plus dans l’oubli, je n’ai pas de regrets car c’est elle qui m’a permis de devenir la personne que je suis.»

C’est à la fin de l’année 1995 que Turgeon, à l’invitation de son ami Robert Séguin qui lui offrait un emploi dans sa boutique d’équipements de ski, s’est installé à Tremblant. Informé que le bar Le P'tit Caribou avait besoin d’une personne afin de prendre charge des affaires de l’établissement, il a proposé ses services. Quelques mois plus tard, il en devenait copropriétaire.

«Je me suis beaucoup impliqué. Les chiffres d’affaires ont augmenté. Le P'tit Caribou, c’est une institution à Tremblant. Au fil des années, on a été nommé le bar après-ski par excellence en Amérique du Nord à plusieurs reprises. Forbes Magazine nous a cotés quatrième meilleur bar après-ski, etc. En 2015, après une restructuration, nous sommes restés trois copropriétaires. On en a profité pour revamper le bar.»

Parallèlement, Turgeon a obtenu sa licence de courtier immobilier en 2010 où il a profité de la notoriété qu’il avait acquise au P'tit Caribou. «Comme les gens me connaissaient, plusieurs n’ont pas hésité à me faire confiance. Ils m’ont aidé et ils ont travaillé avec moi.»

Recrue de l’année au Québec chez Royal Lepage, Turgeon n’a jamais cessé de s’imposer depuis. Dernièrement, il a quitté Royal Lepage et s’est s’associé avec les Versants mont Tremblant.

«Une entreprise familiale. On a une belle petite équipe. Et l’économie est bonne à Tremblant. Ça va vraiment très bien. Même si je suis toujours copropriétaire du P'tit Caribou, ma job principale, c’est celle de courtier. Ce n’est pas moi qui gère le bar. Je me contente d’aller y faire un tour avec des amis ou des clients.»

Belles récompenses

Dominant au niveau provincial et promis à un bel avenir, Sébastien n’aura jamais réalisé son rêve de faire l’équipe nationale. Victime de blessures sérieuses qui ont ralenti sa progression, il a dû se résigner à demeurer dans l’équipe du Québec qu’il a quittée dans les années 90.

«Au début, j’ai ressenti beaucoup de frustration. Quand tu es un athlète, tu veux toujours performer et accéder à un plus haut niveau. Mais avec le recul, j’ai accepté ce qui m’était arrivé. L’équipe nationale, c’est une business dans un sens. Elle ne pouvait pas prendre un athlète qui avait de bons résultats, mais qui était hypothéqué au niveau de sa santé comme je l’étais à cause de toutes les blessures que j’avais eues. Des blessures faisant en sorte que les skieurs sur l’équipe avaient une coche de plus que moi.

«Il fallait que je regarde la réalité en face. Skier, ça coûtait très cher. Et ce n’était pas facile financièrement pour mon père. J’avais moins de plaisir. Le temps état venu de passer à autre chose.»

Le ski ne fut pas que cruel pour Turgeon. Il lui a permis, même à la retraite, de vivre des expériences inoubliables. Trois fois il a eu l’occasion d’aller au Japon toutes dépenses payées où il a travaillé notamment sur les pistes comme bénévole lors des Jeux olympiques de Nagano où il fut aux premières loges des courses de Mélanie. Et deux fois il a représenté le Canada à des compétitions en Corée.

Les années ont passé et Turgeon a toujours autant de plaisir sur ses planches, même s’il choisit ses journées pour skier. Pas question d’aller dans les pentes quand il fait -20 oC ou quand c’est trop venteux.

«Quand je sais que mes skis sont bien aiguisés et bien cirés et que je suis dans une piste qui me donne du challenge, je vais faire des virages de géant ou de super géant à haute vitesse et je vais m’amuser à me faire peur. Et c’est agréable. Et quand j’ai la chance d’aller en Europe avec des amis, on demande au guide de nous emmener en hors piste.

«Skier, pour moi, c’est cependant plus qu’un sport. Quand j’attends en ligne pour prendre la remontée, c’est aussi une occasion exceptionnelle de faire des relations publiques pour Le P'tit Caribou ou l’immobilier. C’est génial.»