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Chantal Vallières: une vie en synchro

Il y a maintenant 41 ans que la nage synchronisée fait partie de la vie de Chantal Vallières. Après une carrière de 17 ans qui l’a menée jusqu’à l’équipe nationale, elle a poursuivi son association avec son sport en devenant entraîneure au club Québec Excellence Synchro, un poste qu’elle occupe depuis 24 ans. «Ça fait tout un bail, c’est presque mon âge», lance en riant l’ex-membre de l’équipe nationale.

«Même si ma vie dans la nage synchronisée aurait été possible, je ne crois pas j’aurais pu être complètement heureuse à faire autre chose. Après un certain temps, j’aurais senti qu’il me manquait quelque chose. La création, la performance et tout ce qui vient avec la compétition, c’est ancré en moi. Et je suis une personne qui s’attache aux gens. Quitter complètement le milieu aurait été pour moi très difficile.»

La Québécoise ne cache pas qu’à deux reprises dans sa longue carrière, des évènements l’avaient poussée à se remettre en question et qu’elle avait alors songé à abandonner la synchro. Chaque fois, des occasions se sont présentées et elles lui ont permis de vivre des expériences mémorables lui ayant fait retrouver toute sa motivation. Elle parle, par exemple, d’un travail de coach au Pérou.

Chantal avait sept ans quand elle a commencé à pratiquer la nage synchronisée. Jojo Carrier l’avait recrutée après avoir vu ses talents de nageuse. La jeune athlète, aussi artiste dans l’âme, a été comblée à tous les niveaux. Elle a connu du succès presque instantanément, ce qui lui a permis de gravir rapidement les échelons menant à la scène internationale.

C’est en 1995, juste avant la tenue de la sélection olympique pour les Jeux d’Atlanta qu’elle a ratée par quelques centièmes de seconde, que la Québécoise a décidé de prendre sa retraite. Aux prises avec des problèmes de contraction musculaire qui l’obligeaient à prendre des relaxants afin de pouvoir nager, elle devait aussi composer avec les retours sur la formation nationale de cinq nageuses, dont les jumelles Penny et Vicky Vilagos, et de Sylvie Fréchette.

«Leur présence me rendait la vie un peu plus difficile. Et mon corps commençait à me dire qu’il était fatigué. C’était de plus en plus dur de m’entraîner. Après neuf ans avec l’équipe nationale, j’étais prête à me retirer.

«Aujourd’hui, je garde de très bons souvenirs de ma carrière, comme ma participation au championnat du monde en Italie (1994) ou au premier championnat du monde junior disputé à Cali, en Colombie (1989). Elle m’a donné des outils de travail que j’utilise encore, des apprentissages incroyables, le goût des langues et des voyages, la motivation à performer et à me dépasser et des rencontres merveilleuses. C’est certain, j’ai aussi vécu des périodes plus difficiles, comme des blessures. Mais ça, ça fait partie de la vie de tous les athlètes.»

Le coaching

Décidée à découvrir Montréal où elle était déménagée afin de s’entraîner avec l’équipe nationale, Chantal n’avait pas envisagé faire carrière dans le coaching lorsqu’elle a pris sa retraite. Un coup de fil de Jojo Carrier, qui se cherchait des entraîneures pour un camp estival de synchro, allait cependant changer son destin.

«J’ai tout de suite eu beaucoup de facilité à m’occuper des filles. Je savais que j’avais beaucoup de connaissances à leur transmettre et de la facilité pour approcher les gens. Mais j’ignorais que je serais aussi à l’aise au niveau de l’enseignement. Je n’avais pas de problème à décortiquer ce que j’avais dans la tête pour faire comprendre mon sport et à le verbaliser et à le transmettre. Et j’ai tout de suite adoré travailler avec les jeunes. À la fin de l’été, Jojo m’a offert de coacher toute l’année avec elle. J’ai donc laissé mon appartement à Montréal et je suis revenue à Québec.

«J’étais chanceuse, j’avais Jojo, la meilleure personne à mes côtés pour devenir une bonne entraîneure. Jamais je n’ai senti que j’avais de la pression. Au contraire, elle m’a toujours valorisée et donné confiance. Et ce qui m’a rassurée aussi, c’est que mes athlètes ont obtenu des réussites assez vite.»

Responsable des meilleurs espoirs pendant plusieurs années et coach national pendant cinq ans, Chantal en est venue à la conclusion qu’elle n’avait plus besoin de la pression qui venait avec son travail ni de se prouver. Parallèlement, les nombreux voyages devenaient de plus en plus éreintants. Elle a donc choisi d’être l’entraîneure des jeunes qui font leur entrée dans le programme sport-art-études de son club.

«Les petite filles sont là pour performer mais la première raison pour laquelle elles sont là, c’est parce qu’elles aiment ça. J’ai retrouvé le plaisir pur d’enseigner. Contrairement aux athlètes de haut niveau qui sont très outillées, elles ont tout à apprendre. C’est tout un challenge qui est cependant beaucoup agréable au stade de vie où je suis rendue. Pour moi, ralentir, c’est un peu ça.

«J’aime toujours autant la synchro parce que c’est un sport complet. Je ne serais pas comblée s’il y avait juste le volet natation. J’ai besoin de créer. Et en synchro, il y a la partie création des maillots, des routines, etc. Je suis vraiment privilégiée d’être dans un tel milieu et de pouvoir y gagner ma vie.»

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Éric Maranda: la plus grande victoire

Le jour où il a décidé de se joindre au Rouge et Or, Éric Maranda l’a fait pour une raison bien précise : gagner la Coupe Vanier, un exploit qu’il a réalisé en 2003, en 2004 et en 2006. Aujourd’hui, pourtant, sa plus grande fierté n’est pas d’avoir savouré la conquête de trois titres nationaux. C’est d’avoir poursuivi avec succès ses études.

«C’est ma plus grande victoire», confie le natif de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce. «Surtout que je n’ai pas eu un cheminement scolaire typique. Ç’a très bien fini, mais ça n’a pas tout le temps été beau. Quand je suis rentré à Laval, j’étais tout croche. C’était clair que les études, ce n’était pas ce que je préférais. J’étais inscrit en intervention sportive et, après deux sessions, je me suis fait mettre à la porte du programme.

«J’ai dû me prendre en main. J’ai travaillé fort. J’ai étudié en agronomie mais pour pouvoir le faire, j’ai dû obtenir mes cours de mathématique et de chimie de secondaire cinq, puis que je fasse mes sciences pures au cégep parallèlement à mon bac. Par la suite, j’ai étudié en finances. À la fin de mes études, le gars qui s’était inscrit à l’université en intervention sportive avec un DEC en sciences humaines sans mathématiques et qui avait été renvoyé de son programme recevait des bourses d’études pour ses résultats scolaires. Et aujourd’hui, j’ai deux bacs et deux maîtrises. Il y a tout un cheminement qui a été fait.»

L’ex-footballeur explique que c’est une rencontre avec son directeur de programme qui a changé sa destinée. Celui-ci lui a dit, après avoir analysé son dossier scolaire : «M. Maranda, les études universitaires, ce n’est peut-être pas fait pour vous.» Une remarque qui a fouetté le Beauceron qui y a vu une remise en question sur ses facultés intellectuelles.

«C’est peut-être le coup de pied dans le derrière dont j’avais besoin. Je me suis demandé ce que je ferais dans la vie une fois ma carrière de footballeur terminée. Je m’étais rendu à l’université, c’était à moi d’en profiter. Je ne sais pas si c’est mon orgueil qui ma guidé, mais c’est certain que ce que le directeur m’a dit m’a motivé. Et j’y repense souvent quand je regarde où je suis rendu.»

Trois Coupes Vanier

Il n’y a pas que sur les bancs d’école que Maranda a brillé de tous ses feux. Il l’a fait aussi sur le terrain de football. Il a d’ailleurs été élu dans l’équipe des meilleurs joueurs des 25 premières années de l’histoire de la formation lavalloise. Une nomination qui l’a flatté.

«J’ai été ému quand j’ai appris ma sélection comme secondeur. Mais c’est tellement crève-cœur pour les autres gars qui méritaient autant que moi d’être choisis. J’ai toujours été un gars d’équipe, je n’ai jamais recherché les honneurs individuels. Ce qui me rend le plus fier, ce sont nos trois Coupes Vanier, d’y avoir contribué et d’avoir été un leader en tant que capitaine pendant trois saisons», lance le footballeur, qui devait poursuivre sa carrière universitaire à Tulsa University où il avait gagné une bourse d’études avant qu’un changement d’entraîneur mette fin à ses ambitions de jouer aux États-Unis. Il avait alors choisi d’évoluer pour le Rouge et Or, l’organisation qui avait les meilleures chances selon lui de décrocher les grands honneurs, mais aussi pour les valeurs de son coach Glen Constantin, des valeurs qui étaient les siennes.

Parlant de ses trois conquêtes de la Coupe Vanier, Maranda a avoué que c’était peut-être celle de 2006, la troisième, qui était la plus mémorable. «À cause de toute l’adversité. Il faisait - 30 degrés. Il n’y avait pas de chauffage dans le vestiaire. Il y avait la foule hostile de la Saskatchewan. Et les Huskies avaient toute une équipe. Ce fut un des matchs les plus physiques et toughs que j’ai joués.»

Sa carrière universitaire terminée, Maranda a frappé aux portes de la Ligue canadienne de football avec les Argonauts, puis les Alouettes. Chaque fois, une blessure est venue saboter ses chances de jouer pro. «Je pense que j’avais ce qu’il fallait pour évoluer à ce niveau. Si ça n’avait pas été des blessures, je pense que j’aurais pu y arriver.»

Investi dans le football presque à temps plein, Maranda a trouvé difficile la transition entre sa vie d’athlète et sa vie «normale». Comme il avait davantage de temps pour lui, il en a profité pour se lancer corps et âme dans ses études. Par la suite, il a mené de front des études et sa carrière professionnelle. «Encore aujourd’hui, je me garde très occupé. Je ne sais pas si c’est à cause du football, mais je suis setté au quart de tour. Et avec trois enfants, on est toujours occupé. Ma vie, je ne l’ai pas changée à cause de mes enfants, je l’ai adaptée. «Je dirais que ce qui me manque le plus du football, c’est l’esprit d’équipe, tout le monde qui se mobilise et qui pousse dans la même direction pour un but commun et qui fait passer le club avant lui. Dans le milieu du travail en général, les gens font parfois passer leurs objectifs personnels au profit du bien collectif.

«Je mentirais donc si je disais que ça ne me grafigne pas de me réimpliquer dans le football. Quand? Je ne le sais pas. J’ai été pas mal occupé ces dernières années. Je n’aurais pas été capable de coacher à 50 %. Quand je vais le faire, ça va être à 100 %.»

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Sébastien Turgeon: une nouvelle renommée

Installé dans la région de Mont-Tremblant depuis presque un quart de siècle, Sébastien Turgeon y est une figure aussi connue qu’il l’était au Relais et au mont Sainte-Anne du temps où il portait les couleurs de l’équipe du Québec de ski alpin et qu’il brûlait les pistes grâce à ses performances. Aujourd’hui, cependant, ce n’est plus le skieur que l’on reconnaît. L’athlète a été éclipsé par l’homme d’affaires prospère qu’il est devenu.

«Ce n’est pas toutes les personnes que je croise qui savent que j’ai atteint un certain niveau dans le monde du ski, confie l’ex-athlète. Et certains sont très surpris quand ils l’apprennent. Si je suis très connu à Tremblant, c’est à cause de mon travail de courtier immobilier et de mon implication dans le bar Le P'tit Caribou où, à une époque, j’étais là sept jours sur sept.

«C’est drôle parce plus jeune, j’étais le frère de Mélanie. Quand elle s’est installée à Tremblant après sa retraite, ça faisait déjà quelques années que j’y étais. Et tout le monde me connaissait. Et elle se faisait demander si elle était ma sœur. Encore aujourd’hui, à Tremblant, Mélanie, c’est la sœur à Sébastien [rires]! Et même si ma carrière de skieur tombe de plus en plus dans l’oubli, je n’ai pas de regrets car c’est elle qui m’a permis de devenir la personne que je suis.»

C’est à la fin de l’année 1995 que Turgeon, à l’invitation de son ami Robert Séguin qui lui offrait un emploi dans sa boutique d’équipements de ski, s’est installé à Tremblant. Informé que le bar Le P'tit Caribou avait besoin d’une personne afin de prendre charge des affaires de l’établissement, il a proposé ses services. Quelques mois plus tard, il en devenait copropriétaire.

«Je me suis beaucoup impliqué. Les chiffres d’affaires ont augmenté. Le P'tit Caribou, c’est une institution à Tremblant. Au fil des années, on a été nommé le bar après-ski par excellence en Amérique du Nord à plusieurs reprises. Forbes Magazine nous a cotés quatrième meilleur bar après-ski, etc. En 2015, après une restructuration, nous sommes restés trois copropriétaires. On en a profité pour revamper le bar.»

Parallèlement, Turgeon a obtenu sa licence de courtier immobilier en 2010 où il a profité de la notoriété qu’il avait acquise au P'tit Caribou. «Comme les gens me connaissaient, plusieurs n’ont pas hésité à me faire confiance. Ils m’ont aidé et ils ont travaillé avec moi.»

Recrue de l’année au Québec chez Royal Lepage, Turgeon n’a jamais cessé de s’imposer depuis. Dernièrement, il a quitté Royal Lepage et s’est s’associé avec les Versants mont Tremblant.

«Une entreprise familiale. On a une belle petite équipe. Et l’économie est bonne à Tremblant. Ça va vraiment très bien. Même si je suis toujours copropriétaire du P'tit Caribou, ma job principale, c’est celle de courtier. Ce n’est pas moi qui gère le bar. Je me contente d’aller y faire un tour avec des amis ou des clients.»

Belles récompenses

Dominant au niveau provincial et promis à un bel avenir, Sébastien n’aura jamais réalisé son rêve de faire l’équipe nationale. Victime de blessures sérieuses qui ont ralenti sa progression, il a dû se résigner à demeurer dans l’équipe du Québec qu’il a quittée dans les années 90.

«Au début, j’ai ressenti beaucoup de frustration. Quand tu es un athlète, tu veux toujours performer et accéder à un plus haut niveau. Mais avec le recul, j’ai accepté ce qui m’était arrivé. L’équipe nationale, c’est une business dans un sens. Elle ne pouvait pas prendre un athlète qui avait de bons résultats, mais qui était hypothéqué au niveau de sa santé comme je l’étais à cause de toutes les blessures que j’avais eues. Des blessures faisant en sorte que les skieurs sur l’équipe avaient une coche de plus que moi.

«Il fallait que je regarde la réalité en face. Skier, ça coûtait très cher. Et ce n’était pas facile financièrement pour mon père. J’avais moins de plaisir. Le temps état venu de passer à autre chose.»

Le ski ne fut pas que cruel pour Turgeon. Il lui a permis, même à la retraite, de vivre des expériences inoubliables. Trois fois il a eu l’occasion d’aller au Japon toutes dépenses payées où il a travaillé notamment sur les pistes comme bénévole lors des Jeux olympiques de Nagano où il fut aux premières loges des courses de Mélanie. Et deux fois il a représenté le Canada à des compétitions en Corée.

Les années ont passé et Turgeon a toujours autant de plaisir sur ses planches, même s’il choisit ses journées pour skier. Pas question d’aller dans les pentes quand il fait -20 oC ou quand c’est trop venteux.

«Quand je sais que mes skis sont bien aiguisés et bien cirés et que je suis dans une piste qui me donne du challenge, je vais faire des virages de géant ou de super géant à haute vitesse et je vais m’amuser à me faire peur. Et c’est agréable. Et quand j’ai la chance d’aller en Europe avec des amis, on demande au guide de nous emmener en hors piste.

«Skier, pour moi, c’est cependant plus qu’un sport. Quand j’attends en ligne pour prendre la remontée, c’est aussi une occasion exceptionnelle de faire des relations publiques pour Le P'tit Caribou ou l’immobilier. C’est génial.»

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Vincent Pelletier: une décision audacieuse

Juriste au ministère de la Justice, Vincent Pelletier a pris une décision audacieuse quand, à l’aube de la trentaine, il a décidé d’abandonner sa carrière pour se consacrer à l’escrime à temps plein dans le but de se qualifier pour les Jeux olympiques. Même si c’est en vain qu’il a poursuivi son rêve pendant une dizaine d’années, il n’a jamais regretté sa décision.

«Plus jeune, même si j’adorais l’escrime, c’est sur mes études que je mettais mon focus», indique l’épéiste. «J’ai complété mon bac en trois ans puis j’ai fait mon barreau. Par la suite, je me suis concentré sur le début de ma carrière professionnelle. Malgré tout, j’ai continué à m’améliorer tranquillement et à avoir des résultats pas pires. C’est ce qui m’a fait songer à abandonner ma carrière de juriste pour me consacrer à l’escrime. Je me suis demandé quel pourrait être mon plus grand regret à l’âge de 50 ans. Celui de ne pas avoir essayé d’aller aux Jeux ou celui d’avoir quitté mon emploi pendant quelques années. Et mon choix a été facile à faire. À 50 ans, tu peux toujours être un excellent avocat mais tu ne peux plus être un bon escrimeur.

«Je n’ai pas réalisé mon rêve mais je n’ai aucun regret. Mon but était de repousser mes limites et pour voir jusqu’où je pouvais me rendre. Et je crois que je l’ai fait parce que mon corps m’a lâché à deux reprises. C’est un indice que je travaillais très fort, que j’étais sérieux à l’entraînement et en dehors et que je faisais tout ce que je devais faire et tout ce que les entraîneurs me disaient de faire pour progresser. Je suis vraiment allé au bout de mes limites et je vais toujours être heureux de l’avoir fait. Si c’était à recommencer, je reprendrais la même décision.»

C’est en 2009 que Pelletier a mis de côté sa carrière au ministère de la Justice afin de s’entraîner à temps plein. Son objectif : se classer pour les JO de Londres (2012). Et ses chances d’y aller pour l’épreuve en équipe étaient très bonnes. Malheureusement, le CIO abandonna la présentation de la discipline au profit au sabre féminin. Et, comble de malheur, juste avant les Championnats du monde, le Québécois dû combattre une mononucléose. Affaibli, il a raté sa qualification pour l’épreuve individuelle.

Pelletier obtint ensuite en 2013 ses meilleurs résultats en carrière sur la scène internationale. Il a terminé dans le top 8 des Championnats du monde et a gagné une médaille à la Coupe du monde de Bernes. Motivé, il a augmenté la cadence à l’entraînement l’été suivant. Il a été victime de surentraînement. Il a obtenu quand même de bons résultats en équipe mais le Canada a saboté ses chances de se qualifier pour les JO de 2016 à Rio en étant incapable de faire un top 4 lors des championnats panaméricains.

«Par la suite, j’ai été un peu in and out sur l’équipe nationale. J’avais encore beaucoup de plaisir à faire de l’escrime mais j’étais un peu moins motivé à m’entraîner intensément. Au niveau individuel, j’ai fait une couple de coupes du monde dans le but de me qualifier pour les JO de 2016. Je trouvais que ça valait la peine d’essayer même si je vieillissais. Et je suis passé très proche d’y arriver.»

De retour comme juriste

Ayant abandonné son rêve olympique il y a quelques mois, Pelletier ambitionne de retourner à ses anciennes amours et de travailler comme juriste au gouvernement. Lors de son passage au ministère de la Justice, il avait notamment travaillé sur l’élaboration du nouveau code des procédures civiles, un projet adopté par l’Assemblée nationale quelques années après son départ du gouvernement. Il a aussi œuvré sur le dossier de la rémunération des juges de la Cour du Québec dans les cours municipales et sur un projet visant à limiter les poursuites abusives.

«J’aimerais retourner au gouvernement parce que j’aime le travail que j’y faisais et parce que c’est là que je me sens le plus à l’aise. Mon travail n’est peut-être pas très visible que celui que je pourrais faire en tant qu’avocat, mais quand tu es dans le milieu, tu sais que les projets sur lesquels tu travailles touchent énormément de gens et qu’ils ont un impact dans la société. Je trouve ça super important. Et c’est très valorisant.»

Toujours passionné d’escrime, Pelletier continue à s’entraîner et à prendre part à des compétitions. Il a cependant limité ses sorties aux circuits provincial et national. Officiel national, il est aussi entraîneur au club Estoc où il fait profiter de son expérience les athlètes de haut niveau, un travail qu’il adore, et coordonne le groupe d’entraînement dans la région de Québec en préparation physique.

Pelletier indique que ses objectifs comme athlète sont maintenant différents. «Gagner facilement, je trouve ça super platte. Je préfère perdre dans le top 4 un match serré où j’ai eu du plaisir. Si j’ai eu une bonne journée et que j’ai tiré comme j’en suis capable, j’aurai eu une bonne compétition, peu importe mon classement final.

«J’ai cependant encore un objectif à long terme, soit les Championnats du monde des Masters. Comme c’est chez les 50 ans et +, ça ne sera pas avant une couple d’années parce je viens de rentrer dans la catégorie Vétérans (40 ans et +]. Pour moi, c’est un défi intéressant. Il faut juste que ça le reste pendant encore une dizaine années.»

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Jean-Louis Létourneau: entraîneur un jour...

Il y a maintenant trois ans que Jean-Louis Létourneau a mis fin à toutes ses implications dans le hockey organisé. Mais même à la retraite, il continue à fréquenter assidûment les arénas de la région de Québec. Quand on est entraîneur un jour, on est entraîneur toujours, insiste Létourneau.

«Le hockey a été une passion et ça l’est encore», explique l’ex-entraîneur des Gouverneurs de Sainte-Foy dans les années 80. «J’aime ça du bon hockey. Quand j’ai été intronisé au Temple de la renommée du hockey midget AAA, on m’a donné un laissez-passer pour assister aux matchs à l’année. Alors je m’en sers à l’occasion pour aller voir le Blizzard. Ce que j’aime aussi, c’est que j’y rencontre des gars que j’ai coachés comme Joé Juneau ou Yves Racine.

«J’aime également suivre mes trois petits-fils. Ça arrive même que j’aille les voir jouer à l’extérieur. Mais peu importe où je suis, je ne suis pas dans le peloton avec les autres parents. Je préfère rester isolé. Et je ne fais jamais, jamais d’intervention auprès des jeunes. Je ne vais pas les voir après les matchs et je ne suis pas là pour qu’ils viennent me voir non plus. S’ils me posent des questions, je vais répondre, mais sans jamais dire : tu aurais dû faire ça, ça ou ça. Moi, l’ingérence... J’ai assez vu des parents en faire. Il n’y a pas un coach qui va avoir de la misère avec moi.»

Longue carrière

Enseignant en éducation physique de formation, Létourneau a commencé à coacher alors qu’il était étudiant à l’Université de Moncton. Il avait répondu à l’appel de Jean Perron qui était à la recherche de jeunes pour travailler avec lui sur la glace. Il a ensuite dirigé une équipe midget B de Moncton avant de revenir travailler avec Perron chez les Aigles Bleus. À son retour dans la région de Québec, Létourneau est devenu adjoint de Bob Chevalier dans le midget AA. C’est par la suite qu’il s’est retrouvé à la tête des Gouverneurs midget AAA qu’il a dirigés pendant 10 saisons (1982 à 1992) et avec qui il a conservé un dossier de 229 gains, 160 défaites et 22 nulles. Il a mené son équipe à quatre participations à la Coupe Air Canada où il a remporté deux médailles d’argent et une de bronze. À son palmarès s’ajoutent des médailles d’or et de bronze comme coach de l’équipe du Québec lors de la Coupe Québec qui réunissait les meilleurs joueurs de moins de 17 ans au monde.

«Ce que j’ai aimé de Bob Chevalier, c’est qu’il n’est jamais intervenu sur quoi que ce soit sur le plan hockey. Et mon groupe d’adjoints est demeuré le même. Fred Dixon est devenu un ami personnel. Il vient souper chez moi ou je vais chez lui une couple de fois par mois. Et je vois Simon Robitaille. On a travaillé à une époque où nous n’avions pas les facilités des entraîneurs d’aujourd’hui. On n’avait pas d’ordinateurs pour monter nos drills. Nous, on les bâtissait nous-mêmes à la mitaine.»

À quelques reprises au cours de sa carrière, Létourneau a été au centre de rumeurs qui l’ont envoyé diriger une équipe de la LHJMQ. C’est avec les Saguenéens de Chicoutimi qu’il est passé le plus près d’entrer au junior majeur. Mais la vente de sa maison, le déménagement de sa femme et de ses enfants, l’insécurité liée au travail de coach et le salaire qu’on lui offrait le faisaient hésiter.

«La commission scolaire m’avait accordé une année sans solde. Il fallait que je fasse un choix. Et j’ai manqué de guts. Mais je n’ai jamais eu de regrets parce que j’ai connu une carrière extraordinaire en éducation physique. J’ai eu du plaisir à faire ça. Et je savais que le hockey ne me lâcherait pas. Le destin m’a pas emmené là où je suis et je ne le regrette pas du tout.»

Létourneau est demeuré impliqué dans les sphères du hockey jusqu’à l’âge de 68 ans. Il était alors conseiller technique des équipes bantam du Blizzard du Séminaire Saint-François.

«Mon approche était surtout avec les coachs. La qualité des entraîneurs étant très bonne. Je  n’étais pas là pour lui dire quoi faire. J’aimais jaser et échanger sur ce que j’avais vu dans les matchs, sur ce que je voyais des jeunes. Comme je disais aux entraîneurs : “Je ne changerai pas votre game, mais si vous voulez prendre ce que j’ai comme expérience, prenez-le.” Et les gars me recevaient très bien. À la fin cependant, j’avais moins d’intérêt. À cause de mes petits-fils qui poussaient, mais aussi parce que mon épouse et moi on a commencé à passer plus de temps en Floride l’hiver.»

Appelé à faire un bilan de toutes ses années passées dans le monde du hockey, Létourneau a d’abord insisté pour dire comment il avait été chanceux de pouvoir compter sur une compagne qui comprenait sa passion et qui l’avait même partagée. Il a ensuite expliqué que si, à ses belles années, l’important pour lui était de gagner, d’aller le plus loin possible et de soulever des trophées, aujourd’hui, ce n’est pas des succès de ses équipes dont il est le plus fier.

«C’est de me promener sur la rue et de voir un gars venir me donner la main parce que je l’ai jadis coaché. Ne plus être impliqué dans le hockey, mais d’y avoir gardé plein d’amis, c’est le plus beau trophée que je ne peux pas avoir. Ça bat n’importe quel autre.»

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Jessy Gagné: un divorce impossible

Il y aura bientôt 18 ans que Jessy Gagné a accroché ses crampons, le petit porteur de ballon rapide et explosif ayant disputé son dernier match avec le Rouge et Or en 2001. Mais la fin de sa carrière de joueur ne l’a pas éloigné du terrain pour autant. Divorcer du football était impossible.

«La conquête de la Coupe Vanier en 1999 a eu un impact incroyable dans ma vie», explique le Beauceron d’origine. «En 2002, à quelques semaines de la fin de mon bac, le téléphone a commencé à sonner. Je ne sais pas combien d’appels j’ai reçus venant de personnes qui m’offraient des postes de coach de football. Et ce qui revenait tout le temps dans leurs discours c’était : “Tu sors du Rouge et Or et tu as gagné la première Coupe Vanier”. Je leur répondais tout le temps que ça ne faisait pas de moi un meilleur joueur ou un meilleur entraîneur.

«Mais j’avais de l’intérêt pour prendre en charge un programme de football et j’avais le goût de m’impliquer auprès des jeunes afin de leur transmettre ce que la conquête de la Coupe Vanier, mais aussi tout ce qui nous avait permis de nous rendre là et le fait d’avoir fait partie d’un programme d’excellence m’avaient apporté. C’était tout simplement impossible pour moi de tourner la page sur le football. Il aurait manqué quelque chose dans ma vie. Si je n’avais pas été approché pour coacher, j’aurais appelé dans les écoles pour offrir mes services.»

Gagné a d’abord mis le cap sur l’école secondaire Veilleux de Saint-Joseph ou Martin Goulet, son ex-entraîneur, lui avait trouvé une tâche d’enseignant. Par la suite, il est allé à l’école Benoît-Vachon où en plus d’enseigner, il a pris les jeunes de niveau benjamin du programme de l’Embâcle et à sa demande, il les ensuite dirigés chez les cadets et les juvéniles. En 2008, il a vu ses joueurs remporter le Bol d’Or. Il est ensuite allé à Saint-Prosper où il avait eu une permanence. Mais peu de temps après, il a eu l’opportunité d’enseigner à l’Externat Saint-Jean-Berchmans à Québec. Responsable du programme de football, il s’est aussi vu confier les rênes de celui du voisin immédiat, le Séminaire des Pères Maristes.

«J’ai eu carte blanche à Saint-Jean-Berchmans, où j’ai pu adapter un programme de football sans contact à partir de la maternelle et j’ai eu carte blanche aux Pères Maristes. C’est moi qui suis le gestionnaire et c’est moi qui administre. Je devais faire un choix et je l’ai fait pour moi et pour ma famille. Je voyais mes enfants étudier à Saint-Jean-Berchmans. C’est une très bonne école.»

Gagné est formel : c’est grâce au football qu’il a pu bâtir la vie dont il profite aujourd’hui. Et il est très reconnaissant envers Martin Goulet et l’équipe de coachs du cégep Beauce-Appalaches pour l’avoir bien guidé.

«Quand on pense à ma carrière, on pense tout de suite au Rouge et Or. Mais avait d’atteindre le sommet de la pyramide, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur des gens qui ont eu un impact au niveau sportif, mais aussi académique. Des gens qui m’ont encouragé et donné les moyens de réussir dans mes études. Si ça n’était pas du football et de l’encadrement, de la ligne directrice et de l’éthique de travail qu’il m’a donnés, je ne serais pas où je suis.

«C’est un peu ça que je veux faire aujourd’hui. Il arrive que l’on sente qu’un jeune est sur le point de nous échapper. Avec l’équipe, on l’encadre et on lui donne des raisons de s’accrocher avec le football.»

Tourner la page

Vivant presque pour se retrouver de semaine en semaine dans le feu de l’action et habitué à faire la manchette, Gagné ne cache pas que les conséquences de la retraite l’avaient frappé de plein fouet. Il se souvient qu’à son premier match du Rouge et Or en tant que spectateur, il at dû composer avec beaucoup d’émotion. «Le fait de m’investir dans le programme des Pères Maristes m’a aidé à guérir le bobo.

«Pour ce qui est de la couverture des médias, un moment donné tu finis par te dire que tu dois tourner la page. Avec le recul, tu prends conscience de tout ce que le football t’a apporté et tu réalises que, tes coéquipiers qui t’ont protégé et qui t’ont ouvert le chemin, des gars qui ont sué plus que toi et qui ont eu pas mal plus de bleus et de douleur, n’ont jamais eu de reconnaissance dans les journaux, n’ont jamais fait parler d’eux et n’ont jamais eu leur photo parce que c’est sur moi que les projecteurs étaient braqués.»

Aujourd’hui, Gagné dit profiter d’une reconnaissance qui est aussi satisfaisante même si elle est différente. «C’est quand je vois Alexandre Gagnon, un gars que j’ai dirigé, évoluer avec le Rouge et Or ou quand d’ex-joueurs viennent me voir et me dire qu’ils m’ont apprécié et qu’ils ont apprécié ma philosophie», conclut Gagné qui est retourné à l’université pour obtenir un diplôme d’études supérieures qui lui permettrait d’occuper un poste de gestion.

«À ce niveau, j’ai eu un bon mentor, André Gosselin qui était un directeur et qui sortait sur le terrain. J’aimerais faire ça aussi. Peu importe le poste que j’occuperai, il y a des fortes chances qu’à 98 % que je sois encore sur un terrain de football pour bien des années.»

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Christelle Paré hors des sentiers battus

Christelle Paré n’a jamais été de celles qui se contentent de suivre les sentiers battus.

«Il y a toujours eu chez moi une certaine faim, une curiosité, un besoin de me dire “oui c’est cool, mais encore!”» avoue l’athlète passionnée de rugby et de volleyball qui après l’obtention de son bac, a fait une maîtrise et deux doctorats. «Ainsi, j’aurais pu me contenter de jouer au rugby civil. Mais j’ai vu qu’il y avait une possibilité de relever autre défi. Je me suis dit : «allons-y». Et ce fut la même chose dans mes études. Après ma maîtrise, j’ai senti qu’il y avait des trous à remplir au niveau de la connaissance dans l’industrie de l’humour — qui est partout, mais dont on ne connaît que très peu de choses —  et que j’avais peut-être le pouvoir et assurément l’intérêt de le faire.

«En quelque part, j’ai un contribué mes trajectoires sportive et professionnelle. J’ai toujours eu comme philosophie que j’avais ma place en quelque part et que si cette place n’existait pas, je devais la créer.»

Cette philosophie, Christelle l’a appliquée deux fois plutôt qu’une au niveau sportif. Elle a d’abord été de celles ayant travaillé à mettre en place les fondations de l’équipe de rugby féminin du Rouge et Or avec Sophie Robitaille.

«C’est certain que Bill (McNeil) a fait beaucoup pour la naissance du programme. Mais j’aime dire que j’ai été une des pièces du puzzle. Nous sommes plusieurs à y avoir cru. Et ma plus grande fierté aujourd’hui, c’est de voir des filles de la région de Québec jouer à la Coupe du monde ou aux Jeux olympiques. Je me dis que l’on a mis Québec sur la map.»

Quelques années plus tard, elle a récidivé en travaillant à la création d’un programme de rugby féminin chez le Carabins. Au niveau professionnel, elle est devenue une spécialiste en science de l’humour. Chargée de cours à l’université d’Ottawa, elle est aussi directrice recherche et analyse pour le groupe Juste pour rire-Just for Laughs.

Rien à moitié

Christelle n’a jamais fait les choses à moitié. Alors qu’elle étudiait à l’Université Laval, elle a joué pour les équipes de volleyball et de rugby du Rouge et Or. Mais pourquoi mener deux carrières sportives de front?

«J’aimais le volley et le rugby, et j’étais convaincue que je pouvais faire les deux. C’était deux sports qui me complétaient et que je pratiquais pour des raisons différentes. En volley, je n’ai jamais été une étoile. Et j’ai toujours été avec un groupe très fort. Mais ça ne me dérangeait pas d’être sur le banc. Gagner le championnat canadien a été le fait marquant de ma carrière, un des moments les plus émotifs de ma vie. D’avoir fait partie de cette équipe-là, de ne pas avoir abandonné et de m’être rendue jusqu’au bout en étant très appréciée de mes coéquipières, il n’y avait pas de plus belle récompense. Si j’avais été sur le jeu, j’aurais pas été aussi heureuse.

«En rugby, j’étais un peu comme Obélix. J’ai l’impression que je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite. Quand j’ai commencé à y jouer, c’est une des rares fois que j’ai pu dire que j’avais comme un talent naturel. Et ça été assez facile de me développer, d’être sur le terrain et d’avoir un rôle de leader.»

Christelle se sent privilégiée. Peu d’athlètes ont pu pratiquer deux sports SIC et encore moins ont pu savourer des titres provinciaux dans chaque discipline et un championnat canadien (volley).

«J’ai eu la chance incroyable de rencontrer des êtres humains fantastiques. Tant en volley qu’en rugby, j’ai eu des coéquipières de qui je suis encore très proche. Je suis tellement riche de tous les apprentissages que j’ai faits, de toutes les expériences que j’ai vécues.»

Du sérieux

Pour Christelle, l’humour c’est du sérieux. Détentrice d’un doctorat sur l’industrie de l’humour, elle travaille pour Juste pour rire-Just for Laughs où elle fait de la recherche et du développement. Son mandat est de creuser les grands enjeux de l’industrie de l’humour. Elle doit donc déployer ses antennes à l’international afin de voir comment se dessinent les tendances. Son rôle consiste aussi à aider les gens de l’industrie à comprendre les problématiques qui se dessinent, à faire des ponts entre la recherche et l’industrie et à partage de connaissances aussi. 

«Mon premier bébé a été le JPR Pro (Juste pour rire Pro), le petit frère du Comedy Pro, une journée dédiée à 100 % à l’industrie francophone de l’humour, à ses enjeux, à ses forces et faiblesses, ainsi qu’à son avenir, présenté en juillet.»

Même si elle est très occupée par son travail, Christelle prend le temps d’être active. Elle avoue cependant que rien ne lui apporte autant d’adrénaline que ne le faisaient le rugby ou le volley. «Je suis revenue à une des passions quand j’étais petite, soit la danse. Je suis avec Team Mom, une troupe composée de mamans comme moi.

«Quant au besoin de me donner pour une équipe, pour quelque chose de plus grand, je l’ai transféré dans mon milieu de travail. C’est une des raisons pour lesquelles je suis aussi heureuse d’être chez Juste pour rire, un milieu collaboratif et créatif où je retrouve ce qui m’animait en volley et en rugby. Je suis extrêmement gâtée.»

Sports, etc

Une suite logique pour Hugues Laverdière

Détenteur d’un baccalauréat en traduction anglais-français, Hugues Laverdière aurait pu devenir traducteur à la fin de sa carrière de joueur de tennis professionnel. Mais l’idée ne lui a jamais effleuré l’esprit quand il a renoncé à évoluer sur le circuit ATP. Sa voie semblait toute tracée dans le domaine du coaching, une suite logique à sa carrière de joueur, diront certains.

«C’était une suite logique, mais c’est aussi un peu grâce à la chance que j’ai pu demeurer dans le tennis, mentionne le Lévisien. J’avais beau être passionné, posséder des connaissances et avoir du talent, il fallait que les astres soient alignées pour que je fasse du tennis mon gagne-pain. Il n’y a pas tant de clubs que ça dans la région de Québec.

«L’opportunité d’être prof de tennis s’était présentée alors que j’étais joueur. Et j’avais adoré ça. Je m’étais alors dit que j’allais demeurer dans le tennis après ma retraite. J’ai d’abord donné des cours. Par la suite, j’ai fondé l’académie de tennis à mon nom. Je suis maintenant responsable du tennis au club La Cité sportive de Pintendre et je suis en charge de 22 programmes sport-études. Je suis chanceux... et vraiment fier.»

Classé dans le top 5 des meilleurs joueurs junior au Québec (4e) puis ayant atteint le huitième échelon au Québec et le 11e au Canada, Laverdière s’est aussi signalé sur le circuit de la NCAA avec l’équipe de l’Université Virginia Tech où il avait reçu une bourse d’études. Par la suite, il a joué cinq saisons sur le circuit de l’ATP où ses meilleurs classements furent 1288 en simple et 1048 en double. C’est en 1999 qu’il pris sa retraite à la suite d’une défaite de 6-1, 6-1 contre James Black.

«Il arrivait sur le circuit après avoir perdu en finale du tournoi de la NCAA. Il était vraiment fort. Ce qui m’avait frappé, c’était de voir comment nous n’étions pas du même niveau. Parallèlement, je n’avais pas assez d’argent pour jouer dans tous les tournois. Chaque année, j’étais obligé de revenir à Québec pendant quelques mois pour gagner de l’argent.

«C’est certain que si j’avais eu des commanditaires, j’aurais pu continuer à jouer. J’aurais aussi pu avoir un coach et je me serais entraîné différemment. Mais si j’étais si hot que ça, j’aurais probablement gagné des tournois, ce qui m’aurait permis d’avoir l’argent nécessaire pour continuer.»

Le Lévisien ne le cache pas, le fait d’être demeuré dans les sphères du tennis lui a permis de faire le deuil de sa carrière. Mais il a quand même pris plusieurs mois avant de ne plus regarder en arrière et d’accepter qu’il ne réaliserait pas son rêve de figurer parmi les 200 meilleurs joueurs au monde.

«J’ai fini par me dire que d’avoir eu un classement mondial, c’était déjà quelque chose. Aujourd’hui, quand je pense à ma carrière, je n’ai aucun regret. Le tennis m’a permis d’aller étudier aux États-Unis, de devenir bilingue, de beaucoup voyager, de me faire des amis partout dans le monde et d’avoir beaucoup de plaisir. C’est un bilan très positif.»

Alexandra Stevenson

Laverdière était encore un coach recrue quand il a vécu ce qui constitue encore, 18 ans plus tard, le fait saillant de sa carrière d’entraîneur. Après avoir été le partenaire d’entraînement d’Alexandra Stevenson dans le cadre du Challenge Bell, il a eu la chance de suivre l’Américaine en tant que coach lors de tournois de la WTA disputés en Europe en 2002.

«J’ai vécu un rêve. J’ai été dans le feu de l’action dans des tournois où j’ai côtoyé les Serena Williams, Roger Federer, etc.»

Presque 20 ans après avoir fait ses premières armes dans le coaching, Laverdière est toujours aussi passionné. Et les années lui ont permis d’acquérir de l’expérience en tant que pédagogue. Son enseignement technique et tactique ainsi que ses entraînements sont mieux adaptés aux jeunes qu’il dirige alors que quand il a commencé, ils étaient basés sur ce que lui faisait en tant que joueur.

«Aujourd’hui, je peux coacher n’importe qui parce que je suis à l’aise avec tout le monde. D’ailleurs, je suis très fier de donner des formations aux entraîneurs à Tennis Québec.»

N’étant plus incommodé par les blessures, Laverdière a pu, après une dizaine d’années d’inactivité, recommencer à jouer. L’année dernière, il a terminé troisième aux Championnats canadiens chez les 35 ans et plus. Un résultat qui l’a surpris autant que ses succès au golf, un sport qu’il a commencé à pratiquer il y a sept ans. Non seulement, il a joué une ronde de 75 cet été, mais il a maintenant son école de golf.

«Je suis animé par un besoin d’aider et je suis passionné par le tennis et l’enseignement. C’est quelque chose qui m’apporte beaucoup de satisfaction, peu importe le domaine dans lequel je le fais. C’est ce qui m’a donné l’idée de réaliser une émission sur le tennis. J’ai trouvé un réseau intéressé par mon projet. Et le financement va bon train», conclut le coach qui est comblé par les résultats des jeunes raquettes prometteuses qu’il dirige, mais aussi par le récent engouement pour son sport au sein de la population provoqué par les succès des Andreescu, Auger-Aliassime et Shapovalov.

Sports, etc

François Coulombe-Fortier au rythme du taekwondo

Le temps passe mais certaines choses ne changent pas. À la retraite depuis maintenant cinq ans, François Coulombe-Fortier vit encore et toujours au rythme du taewkondo. Et ce n’est pas seulement parce qu’il est entraîneur au club de Sainte-Foy ou qu’il travaille au sein de la Fédération québécoise de taekwondo.

«C’est le taekwondo qui m’a formé et qui a fait la personne que je suis aujourd’hui», confie l’ex-athlète. J’ai eu la chance d’y grandir et d’apprendre ses valeurs qui sont la courtoisie, l’intégrité, la persévérance, le contrôle de soi et le courage, des valeurs que j’applique toujours et qui sont le fondement des conférences que je donne aux jeunes par le biais du programme Jouez gagnant, des valeurs qui m’ont aidé au niveau de ma discipline, de mon comportement et de ma concentration et qui font que je me donne au maximum et que je suis déterminé à atteindre les objectifs que me je fixe.»

Le Québécois a vécu le summum de sa carrière quand il a pris part aux Jeux olympiques de 2012. Non seulement, il s’est réalisé en tant qu’athlète, mais il a offert une solide performance qui lui a permis de passer le premier tour puis de tenir tête à un double champion du monde et finalement de prendre le neuvième rang au classement final. Il n’a toutefois pas accroché son kimono dans les semaines suivant la fin des JO. Ayant décidé faire une douce transition entre sa carrière d’athlète et son retour à une vie «normale», il a continué à compétitionner pendant quelques mois.

«J’en avais parlé avec Alain Bernier, mon entraîneur. Il n’était pas question que j’arrête à mon retour de Londres, et ce, même si j’avais obtenu des résultats exceptionnels ou une médaille. On avait décidé que je ferais une année complète avant de décider quoi que ce soit. Je suis revenu à l’entraînement avec comme objectif les Championnats du monde. Par la suite, j’ai pris les compétitions une à la fois.

«J’ai eu la chance de me retirer par choix. En fin de carrière, les blessures sont de plus en plus fréquentes. Mais on a toujours le choix de continuer dans la douleur ou de passer à autre chose. Dans mon cas, ç’a été bon de continuer. J’étais allé au bout de mes rêves. Là, je pouvais choisir mes compétitions et profiter au maximum de chacune. En vivre certaines avec l’équipe nationale et d’autres avec mon équipe du club de Sainte-Foy où on payait notre voyage de notre poche. On partait 14 athlètes et on dormait à l’hôtel ensemble comme je le faisais à 14-15 ans. C’est ce qui m’a permis de finir ma carrière au US Open, ma compétition par excellence et où j’avais obtenu de nombreux titres. J’ai pu en vivre chacun des moments avec mon équipe. Ç’a été une belle façon de boucler la boucle.»

C’est pour écouter son corps blessé que Coulombe-Fortier s’est retiré, mais aussi pour vivre d’autres choses comme fonder une famille. Exigeant envers lui-même, il avoue aussi qu’il ne voulait pas voir ses performances décliner. Mais même s’il était prêt à tourner la page, il n’avait pas mesuré toute l’ampleur de la place que prenait son sport dans sa vie.

«Au début, ç’a été facile parce que je voulais décrocher. Je me suis amusé, j’ai joué au golf, je me suis changé les idées. C’est au moment où je retournais habituellement à l’entraînement plus sérieux que ç’a été plus difficile. Puis j’ai commencé à travailler dans le domaine de l’informatique médicale, ce qui m’a vraiment sorti du taekwondo et qui a changé ma routine.

«Le plus difficile fut de ne plus sentir l’adrénaline d’être sur le tapis pour se mesurer à un adversaire. J’aimais combattre. Et c’est dans la boxe, qui est un entraînement génial et où je fais des combats juste pour le plaisir, que j’ai retrouvé ce sentiment-là. Je l’ai aussi retrouvé en demeurant proche de mon équipe de jeunes et en les suivant en compétition.»

Toujours impliqué

Coulombe-Fortier a gardé des liens très étroits avec le taekwondo. D’abord parce qu’il est demeuré au sein de sa famille sportive au club de Sainte-Foy. «Je ne peux pas m’en passer. C’est une question d’équilibre. Et c’est tellement stimulant de voir M. Bernier travailler. Je m’inspire de lui comme entraîneur. Je veux emmener les jeunes au maximum de leurs possibilités sans pour autant avoir comme objectif les JO ou quoi que ce soit. Mais je ne veux pas suivre ses traces à la lettre. Je veux faire mon travail du mieux que je peux et en étant un modèle à ma façon. C’est un beau défi et c’est ce que M. Bernier nous a enseigné.»

L’ex-athlète travaille aussi au sein de la Fédération québécoise de taekwondo en tant que chargé de projets. Un emploi qu’il occupe depuis novembre 2018. Depuis sa nomination, le Québec a reçu six événements majeurs. Et il accueillera le Canadien Open présenté à Montréal en octobre.

Questionné si un jour, il aimerait suivre les traces de son ex-coach Alain Bernier, l’ex-athlète indique que pour le moment, sa priorité est sa famille et ses deux jeunes enfants. «Je suis bien dans mon club. Ce sont mes valeurs et mes racines. Je n’ai pas l’aspiration de m’occuper de l’élite pour le moment. Mais je ne dis pas non... éventuellement.»

Sports etc.

Patrick Deraspe, un fier Madelinot

Patrick Deraspe n’a jamais oublié ses origines. Fierté nationale aux Îles-de-la-Madeleine, alors qu’il jouait dans la LHJMQ, il a maintes fois rendu à ses «concitoyens» l’amour qu’il avait reçu en organisant, par exemple, des écoles de hockey pour les jeunes et des matchs de la LHJMQ, ou simplement en vantant, partout où il allait, la beauté et le charme des Îles et de leurs habitants.

«À l’époque où je jouais au hockey, spécialement quand j’étais à Québec, j’étais suivi par la plupart des gens qui habitaient aux Îles», lance Deraspe. «Le regretté Jean Lapierre m’avait dit qu’à l’époque où il était au Parlement, la première chose qu’il faisait le matin quand il prenait son journal, c’était de voir si le petit Madelinot avait compté la veille.

«Mes racines m’ont beaucoup aidé à passer au travers certaines périodes plus difficiles de ma vie. Elles m’ont donné de la motivation. Mon amour pour les Îles est inestimable et il va toujours l’être. Je suis un fier Madelinot qui va toujours parler des Îles en bien.»

Deraspe est débarqué chez les Harfangs de Beauport en 1991. À l’époque, il avait aussi été approché par l’Université Clarkson. Mais pour le Madelinot, Québec était l’endroit idéal pour poursuivre sa carrière. Il n’aurait pas à composer avec la barrière de la langue et ses parents connaissaient bien la région.

Deraspe se rappelle qu’au début de son premier camp d’entraînement, un premier vétéran l’avait invité à jeter les gants. La recrue avait sorti un coup de poing qui avait fait plier les genoux de son rival. Par la suite, un second vétéran l’avait invité à se battre. Et il l’avait renversé. Non seulement il venait de mériter sa place dans l’équipe, mais il venait d’acquérir une réputation de bon bagarreur.

«Et je ne trouvais pas ça très agréable de devoir me battre partout où l’on jouait. Ça m’a pris quelques saisons pour me débarrasser de cette étiquette et montrer mes véritables aptitudes.»

Auteur de 49 buts à sa troisième année dans la LHJMQ, Deraspe a été échangé la saison suivante aux Voltigeurs. Une transaction annoncée quelques minutes après qu’il eut marqué cinq buts et obtenu une passe contre Drummondville et qui avait fait beaucoup jaser.

«Avec les Voltigeurs, j’ai joué avec Daniel Brière. J’ai terminé ma carrière junior sur une bonne note. Je suis bien fier de ce que j’ai accompli. Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir surmonté une grande adversité à mon arrivée à Beauport. À l’époque, c’est en te battant que tu jouais ta carrière. Et quand j’ai dû livrer mon premier combat, j’avais les genoux qui claquaient. Je suis bien heureux que les choses soient différentes dans la LHJMQ.»

Invité au camp des Nordiques en 1994 et à celui du Canadien en 1995, Deraspe a ensuite évolué dans la Ligue East Coast et la Ligue internationale avant de prendre la direction de l’Europe où il a notamment joué en France et en Italie. De retour au Québec, il a terminé sa carrière dans la Ligue nord-américaine et a accroché ses patins en 2012.

«Je n’ai aucune amertume de ne pas avoir joué dans la LNH. Le hockey m’a permis de grandir et de devenir la personne que je suis et d’avoir la vie que j’ai qui m’a donné quatre merveilleux enfants. Je me suis fait de nombreux amis et j’ai gagné sept championnats dans trois pays différents.

«La seule chose que je regrette, c’est qu’à mon époque, l’école n’était pas très importante. Je n’avais pas mon diplôme de secondaire cinq quand j’ai mis fin à ma carrière. Je ne savais pas ce que j’allais faire. C’était très déstabilisant. Alors quand je parle aux jeunes hockeyeurs et à leurs parents, je leur dis combien c’est important de mettre autant d’énergie dans les études que dans le sport.

«Heureusement grâce à un ami, j’ai eu une opportunité de travailler chez Air Canada en tant que préposé d’escale. C’était un travail rassurant, avec de belles conditions, qui m’a permis de voyager mais surtout de pouvoir bâtir une famille à l’image de celle que j’avais eue.»

Changement de cap

Il y a environ un an, Deraspe a décidé d’effectuer un virage professionnel à 180 degrés quand on lui a offert de travailler dans le domaine du sport, un milieu qui l’a toujours passionné. Il a joint l’équipe de Spordle, une entreprise qui offre des solutions et du soutien technologiques pour les organisations sportives.

«Mon ami Lyno Côté m’a demandé si je voulais devenir agent de développement commercial en France. Je profite donc de mes contacts et de la tenue de mes écoles de hockey là-bas afin de parler de Spordle. C’est un emploi très stimulant qui me permet de développer mes qualités de leader en communication.»

Deraspe a aussi nourri sa passion pour les Îles en devenant porte-parole des produits locaux et exportateur de fruits de mer. Il a fondé son entreprise, Le Trésor des Îles, et il fait affaire avec un poissonnier des Îles. Parallèlement, il exploite un bar à huîtres qui se rend dans les évènements corporatifs et privés.

«Je suis très fier de mes origines. Je veux présenter les Îles-de-la-Madeleine à tout le Québec et à tout le monde au niveau international. Je vais d’ailleurs profiter de mon prochain voyage en France pour apporter des fruits de mer des Îles.»

Jean-François Tardif

Carl Gourgues: le football dans la peau

Il y a maintenant plus d’un quart de siècle que le football fait partie de la vie de Carl Gourgues. Et il y a fort à parier qu’il en sera ainsi pendant plusieurs années encore.

«Jamais je n’ai pensé écarter le football de ma vie», confie l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «Si je le faisais, je trouverais le temps long. Le football, c’est ma passion. Ça fait 28 ans que je suis impliqué comme joueur ou comme coach et jamais je ne me suis dit : “Il me semble que cet automne, je prendrais ça off”. J’ai tellement appris au football et il m’a tellement donné que c’est en dedans de moi, il faut que je redonne et que je partage mon expérience.»

Gourgues l’avoue sans détour: sa vie tourne autour du football. Si, au départ, il a décidé de faire carrière chez Postes Canada plutôt que de trouver un travail dans son champ d’études universitaires en administration, c’est parce que l’emploi de postier qu’il convoitait lui apportait une meilleure qualité de vie. Il lui permettait de s’occuper de sa famille, mais aussi de s’impliquer dans le coaching. «Mes journées commencent tôt et elles se terminent tôt. Je suis donc disponible en fin d’après-midi pour coacher. Je peux donc vivre à plein ma passion pour le football.»

Après avoir joué son football collégial avec les Diablos du Cégep de Trois-Rivières, c’est du côté de l’Université du Rhode Island, où il avait eu une bourse, que Gourgues est allé faire carrière au niveau universitaire. Mais après une saison, il a décidé de revenir au Québec.

«Même si c’était une belle expérience et que j’étais partant, j’étais un peu malheureux. Pour moi, le football, c’était un sport d’équipe où je jouais avec mes chums. C’est dans ce contexte que j’avais du plaisir. Et au Rhode Island, il me manquait quelque chose. J’avais un peu perdu le goût de jouer.»

Recruté par plusieurs équipes, dont les Stingers de Concordia où évoluait son bon ami Jean-Michel Paquette, Gourgues a finalement décidé de poursuivre sa carrière avec le Rouge et Or. Tout de suite, il s’est imposé. Il a gagné le trophée J.P. Metras (joueur de ligne par excellence au pays) à sa première saison. En 2003, il a été repêché en troisième ronde par les Lions de la Colombie-Britannique (24e au total) et a gagné une Coupe Vanier. Il a aussi été le premier joueur du Rouge et Or à être invité au prestigieux East-West Shrine Bowl.

Le joueur de ligne offensive a passé trois ans dans la LCF. Avec les Lions en 2004, il a pris part à la finale de la Coupe Grey. Il a ensuite évolué pendant une campagne avec les Tiger-Cats. «J’ai vraiment apprécié mon passage dans la LCF. J’ai eu la chance de jouer pour de bonnes organisations. Ce fut une belle expérience de vie et je suis devenu bilingue. Je vais toujours me rappeler ma fébrilité à mon premier camp d’entrainement. Et en 2004, j’ai vécu une année de rêve. Je n’ai aucun regret. Je suis entièrement satisfait de ce que j’ai fait.

«Mais malgré tout, je dirais que mes plus belles années au football sont celles que j’ai passées avec le Rouge et Or. Il y avait moins de pression, on avait une belle chimie et une belle famille. J’en ai savouré chaque moment. Je ne suis jamais allé à la pratique à reculons. J’ai toujours eu le même plaisir à mettre mes crampons, mes épaulettes et mon casque.»

Défi stimulant

Entraîneur adjoint avec les Corsaires de Pointe-Lévy à son arrivée dans la région, Gourgues est ensuite devenu entraîneur-chef. La saison dernière, il s’est joint aux Faucons du Cégep Lévis-Lauzon en tant que coordonnateur de la ligue à l’attaque, un travail sur lequel il se concentrera cette saison. C’est un défi qui l’enthousiasme au plus haut point.

«Les gars que je dirige ont choisi d’être là. Ils savent que de jouer en première division, c’est du sérieux. Pour eux, ce n’est pas un sacrifice d’être sur le terrain à tous les jours. Ils veulent s’améliorer et progresser. Je peux focuser sur les détails. C’est vraiment très motivant. Surtout que j’ai l’appui de mes entraîneurs et que j’ai carte blanche.»

À la tête d’une brigade jeune, mais talentueuse et prometteuse, Gourgues voit au sein de son groupe plusieurs beaux «projets». Et en plus de donner aux Faucons la meilleure ligne offensive au Québec, il espère pouvoir ouvrir à ses hommes les portes de la Ligue universitaire. Une chose est sûre, le Rouge et Or pourra compter sur un allier de taille pour les orienter vers son programme, Gourgues ayant toujours un lien très fort avec l’UL.

«Je suis vraiment fier de cette organisation-là, de ce qu’elle a fait et de ce qu’elle a bâti. C’est un modèle pour le football à travers le pays. J’aimerais vraiment que mes jeunes vivent ce que j’ai vécu avec le Rouge et Or. L’UL, c’est juste de l’autre côté du fleuve. Mon but, c’est d’en envoyer le plus possible jouer là bas.»

À moyen terme, Gourgues pourrait-il ambitionner de retourner au sein de son ancienne famille? «Je ne me ferme pas de portes nulle part. Présentement, j’ai trois jeunes enfants. Je suis bien avec les Faucons. Et tout s’agence bien pour moi. Mais peut-être que quand mes enfants auront vieilli, je vais vouloir pousser la machine un peu plus loin.»

Sports, etc.

Stéphan Bédard: le meilleur des deux mondes

Pendant des années, Stéphan Bédard a travaillé avec les meilleurs joueurs de baseball de la région. Au niveau junior, il a été coach avec les Patriotes, les Alouettes, les Diamants, les Aigles et les Voyageurs. Il a aussi été entraîneur adjoint avec les Capitales pendant cinq saisons. Aujourd’hui, il est toujours aussi présent sur les terrains de baseball, mais c’est au niveau mineur, où il profite du meilleur des deux mondes, qu’il sévit.

«J’avais complètement abandonné le coaching quand j’y suis retourné», lance Bédard, un professeur d’éducation physique de formation. «À l’époque, mon fils commençait à jouer. Je me suis dit que tant qu’à regarder ses matchs des estrades et à critiquer, je serais plus utile sur le terrain. J’avais été chanceux. J’avais travaillé avec de bons coachs et j’avais côtoyé de bons joueurs. Je me suis dit que ça serait bon de redonner aux jeunes ce que j’avais reçu comme joueur et comme entraîneur.»

Même s’il avait œuvré avec l’élite pendant des années, Bédard n’a eu aucune difficulté à retourner à la base et à faire la transition vers les jeunes au début de leur apprentissage du baseball. Pour lui, l’approche était simple. Les enfants devaient avant tout s’amuser sur le terrain. Et parce qu’il n’avait jamais coaché pour le prestige, il n’a jamais vu son retour dans le baseball mineur comme une rétrogradation.

«J’ai autant de plaisir avec les jeunes que j’en ai eu avec les Capitales ou dans le junior, même si c’est complètement différent. Il y a des petits gars que je dirige depuis 9 et même 10 ans. C’est le fun d’avoir commencé à leur enseigner il y a longtemps et de les avoir vus grandir et de constater leur développement et leur progression.»

Deux coupures

C’est par hasard que Bédard est devenu coach. Jouant dans le bantam AA, il a décidé en compagnie de son bon ami Marc Griffin de prendre les destinées de la formation bantam A qui n’avait pas d’entraîneur. De fil en aiguille, il a poursuivi sa route dans le midget AAA et le junior élite avant de se retrouver avec les Capitales, avec qui il a passé cinq saisons. 

«À la fin de 2005, Darren Bush m’a dit qu’il pourrait m’avoir une job de gérant dans la Frontier League. Sur le coup, ce fut : “Go, je suis parti’’. Mais après avoir réfléchi, je me suis demandé ce que je ferais si, après deux ou trois ans, ça ne fonctionnait plus. Étais-je prêt à déménager et à recommencer ailleurs? Parallèlement, j’avais des opportunités de travail comme prof au niveau scolaire. J’ai donc opté pour la sécurité et je suis retourné dans le baseball junior.

«J’aurais peut-être pu continuer avec les Capitales. Mais avec l’enseignement, c’était difficile. En mai et en juin, faire les deux, c’était pas mal exigeant. Et quand je recommençais l’école en septembre, j’étais brûlé. Je n’avais pas pu profiter de mes vacances. Ç’a été difficile de renoncer au baseball professionnel. Mais j’ai pris ma décision pour les bonnes raisons. J’y étais allé avec ma tête. J’étais prêt. Et j’avais une belle alternative avec le junior.»

Bédard a vécu une deuxième séparation avec le baseball alors qu’il était entraîneur-chef des Aigles. À sa dernière année, il a réalisé qu’il n’était plus là pour les bonnes raisons. Son gars avait commencé à jouer au baseball. Et quand fiston avait des matchs en même temps que les Aigles évoluaient, Bédard ne cherchait qu’à suivre les exploits de son fils. «J’ai compris que je devais abandonner le junior afin d’investir dans mon gars afin de vivre et de partager de beaux moments avec lui.

«Quand je fais le bilan de ma carrière, je me dis que j’ai été très chanceux. J’ai été avec les Capitales et j’ai vécu les belles années du baseball junior alors qu’il y avait beaucoup d’engouement chez les gens et au niveau médiatique. J’ai été de toutes les rivalités, j’ai connu plein de monde et j’ai participé au développement de nombreux joueurs. Je suis fier de ça.»

S’il a toujours été dans son élément dans le coaching, Bédard l’est tout autant dans le monde de l’enseignement. Dans les deux cas, il peut profiter de ses grandes qualités de pédagogue. Et si l’entraîneur a l’avantage de travailler avec des passionnés, le prof a sa recette pour intéresser les jeunes qui ont l’éducation physique en aversion. Il les traite avec respect.

«Si tu commences à crier après un jeune et que tu te mets sur son dos, tu vas avoir des problèmes. Quand un élève te dis que ça ne lui tente pas de faire de l’éducation physique, tu ne dois jamais le prendre personnel. Ton travail est de tenter de l’amener à participer, de lui dire : “Je ne te demande pas d’être bon, je veux juste que tu essaies’’. Et habituellement, les jeunes embarquent là dedans.»

Entraîneur-chef de la formation bantam AA pour laquelle évolue son fils, Bédard sait qu’il devra éventuellement renoncer à diriger fiston. Mais il assure que cela ne sera pas la fin de sa carrière en coaching. «J’ai du fun et je vais aider d’autres gars. C’est sûr que je vais trouver un moyen de m’impliquer dans le baseball. De toute manière, si j’arrêtais tout, après deux semaines, ma blonde me mettrais dehors [rires].»

Sports, etc

Éric Isbister: implication énergisante

Entraîneur adjoint puis entraîneur-chef de l’équipe de natation du Rouge et Or après y avoir évolué comme athlète, Éric Isbister a complètement abandonné le coaching à la fin des années 90 quand il a décidé d’entreprendre un doctorat en chiropractie. Et, étonnamment, même s’il a vécu au rythme de la natation pendant une vingtaine d’années, rien du sport qui le faisait vibrer ne lui manque aujourd’hui.

«Ce qui me manque, je vais le chercher», explique le natif d’Alma. «Ce qui me manquerait si je n’étais pas impliqué comme je le suis avec le Rouge et Or, ça serait de regarder des jeunes évoluer vers l’atteinte d’objectifs sportifs. Mais comme j’ai une petite implication avec la formation lavalloise en tant que chiropraticien, toutes les semaines je vois les jeunes, je suis avec eux autres, je leur parle et je jase avec le coach Nicolas Perron, en plus de partir en compétition avec l’équipe deux fois par année.

«Mon implication est valorisante à plusieurs niveaux. J’adore ce que je fais. Ça m’énergise et ça me sort du quotidien.»

À sa manière, Isbister continue de contribuer aux succès des nageurs lavallois. Car même s’il demeure humble sur le rôle qu’il joue, force est d’admettre que ses connaissances en chiropractie et le fait d’avoir porté plusieurs chapeaux lui permettent de bien comprendre les besoins et les attentes des athlètes et de l’entraîneur-chef Nicholas Perron.

«Mon passé sécurise les athlètes. Quand je parle de performance, j’ai de la facilité à mettre ça dans un contexte qui va rendre mon intervention agréable. Et à cause de mon vécu, j’ai une efficacité à faire baisser le niveau de stress. Il faut bien que ça serve, ces cheveux blancs-là [rire].»

Traversée du lac

Isbister avait environ neuf ans quand il a commencé à nager au club Juvaqua. Amateur de natation en eau libre, il se rendait avec son père en chaloupe sur le lac Saint-Jean lors de la traversée afin de voir les nageurs en pleine action. À 17 ans, il a même tenté la traversée du lac Saint-Jean. Mal préparé, il n’a pas été assez rapide pour terminer l’épreuve dans les délais imposés et a été obligé de mettre fin à son marathon à environ 1500 m du fil d’arrivée. C’est par la suite qu’il est déménagé à Québec pour se joindre au club civil du Rouge et Or.

«Je voulais nager pour Jean-Marie de Koninck. Par la suite, j’ai choisi de faire un bac en sciences de l’activité physique parce que j’allais étudier où était la piscine.»

Isbister a nagé au niveau universitaire pendant quatre saisons. Par la suite, son diplôme en poche, il est allé coacher à Alma où son club (Juvaqua) est passé de «pas grand-chose» à champion provincial de la section quatre. C’est par la suite que de Koninck l’a rapatrié à l’UL en lui offrant un poste d’entraîneur adjoint avec le Rouge et Or. Après sept saisons, il est devenu entraîneur-chef.

«Ma carrière d’athlète m’a permis de faire l’apprentissage des fondements de la vie. Et le coaching m’a donné de belles opportunités de rencontrer des personnes extraordinaires, singulières, particulières et spéciales. Ça m’a beaucoup aidé dans mon travail où je dois m’adapter aux gens. Je suis parfaitement capable d’accepter les différences alors que plus jeune, j’étais dans le jugement.»

Isbister est fier de l’héritage qu’il a laissé à l’UL. À son arrivée comme entraîneur adjoint, il a jeté les bases du groupe de nageurs en eau libre du Rouge et Or et a formé des champions comme Alexandre Leduc, gagnant de la traversée en 1995, et Jean-François Roussy. Revenant sur sa décision de quitter le coaching, il explique qu’il avait toujours été attiré par le domaine de la santé. À la naissance de sa fille, il s’est demandé s’il désirait avoir une vie familiale où il serait parti en camp d’entraînement trois fois par année et en compétition une quinzaine de fois.

«Tout était favorable à ce que je fasse ce virage. Et comme j’étais entré dans quelque chose de très intense au niveau professionnel, que j’avais un enfant en bas âge qui m’occupait énormément et que je nageais cinq fois par semaine, mon deuil s’est un peu fait par osmose. Et je n’ai jamais regretté ma décision. Mais même si je n’ai jamais ressenti la moindre nostalgie, je garde de très beaux souvenirs de ma carrière. Ç’a vraiment été de belles années.»

Toujours aussi passionné de natation en eau libre, Isbister a aidé son ami Kevin Laflamme à mettre sur pied, il y a 11 ans, la traversée du lac Mégantic qui fait maintenant partie du circuit de la Coupe du monde. Il l’a ensuite épaulé pendant 10 ans. À la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, il a pensé déménager temporairement la compétition à Québec avec un départ dans le bassin Louise en direction de la Baie de Beauport et une arrivée avec le Château Frontenac en trame de fond car il aimerait que la Vieille Capitale accueille une épreuve de longue distance.

«Une telle compétition pourrait être présentée à Québec. Mais ce n’est pas moi qui prendrais le dossier. Je n’ai pas le talent d’être le pilier organisateur. Mais si quelqu’un disait : ''OK, on décolle ça!'' je contribuerais au projet avec plaisir.»

Sports, etc

Marie-Hélène Chisholm dans le judo jusqu’au cou

Onze années se sont écoulées depuis que Marie-Hélène Chisholm a annoncé qu’elle accrochait son kimono de compétition. Mais la fin de sa carrière n’a pas signifié qu’elle renonçait au judo. Bien au contraire. Car même si on la voit moins souvent sur le bord du tatami, elle demeure très impliquée dans le sport pour lequel elle a eu un coup de foudre à l’âge de 10 ans.

«Je suis à l’emploi du Centre national d’entraînement de Judo Canada en tant que gérante à la haute performance», explique l’athlète qui, après sa retraite, a d’abord été entraîneure de l’équipe du Québec, puis coach de l’équipe féminine canadienne. «Mon travail consiste à faciliter la vie des athlètes afin qu’ils puissent se concentrer sur leur entraînement et sur leurs objectifs de performance. Je m’occupe ainsi de faire le lien avec Sports Canada, de financement, de la logistique des voyages,  etc.

«À mon époque, on ne pouvait pas profiter d’un environnement comme celui offert au Centre. Je dis souvent aux jeunes combien ils sont chanceux et qu’ils doivent en profiter.»

Il n’y a pas qu’au boulot que le judo prend une grande place dans la vie de Marie-Hélène. Son chum étant Nicolas Gill, avec qui elle travaille au CNE, il est beaucoup question de judo en dehors des heures de bureau. 

«On se voit beaucoup, mais on a chacun nos dossiers. Et on a une belle complicité. C’est certain que l’on parle beaucoup de judo à la maison, mais on ne fait pas que ça. Nous avons deux enfants qui prennent quand même beaucoup de place.»

Vilaine blessure

Marie-Hélène avait 29 ans quand elle a mis fin à sa carrière. Blessée sérieusement à un genou en 2007, elle n’a pu se qualifier pour les Jeux de Londres. Elle espérait obtenir l’une des wild cards distribuées par la fédération internationale, mais son souhait n’a pas été exaucé. Peu de temps après avoir appris la nouvelle qu’elle n’irait pas à Londres, elle a annoncé sa retraite.

«Ce n’était pas le scénario de fin de carrière que j’avais prévu. Sauf que le jour où j’ai eu ma blessure, je savais que la fin s’en venait. Mais même si mes chances d’aller aux JO étaient minimes et que j’aurais dû me battre sur une jambe, j’avais décidé de tout essayer pour m’y rendre. Et quand j’ai su que je n’aurais pas ma wild card, c’était clair que c’était la fin. Faire un autre cycle était impossible. D’abord parce que je n’avais pas le goût d’empirer ma condition physique, mais aussi parce que si je compétitionnais, c’était pour gagner. Et c’était évident que je ne serais plus au niveau que j’avais été. Finalement, j’avais l’opportunité de devenir entraîneure. Alors je me suis dit ‘’OK, je n’ai pas le choix’’.

«J’ai toujours été bien avec ma décision. C’est certain que la journée où j’ai pris ma retraite, j’ai été malheureuse et j’ai pleuré. Mais j’avais fait le choix le plus logique et je ne le regrette pas.»

Pour la championne le fait de rester dans le monde du judo a facilité sa transition. Hormis le fait qu’elle n’était plus sous les feux de la rampe, elle menait en tant qu’entraîneure une vie semblable à celle qu’elle avait quand elle était athlète. C’est d’ailleurs quand elle est devenue maman pour la première fois (2013) qu’elle a vraiment réalisé que sa carrière était terminée.

Cinquième aux Jeux d’Athènes et aux championnats du monde du Caire en 2005, neuf fois médaillée lors des Jeux panaméricains, gagnante de l’or à deux reprises (2000 et 2003) et auteure de 45 podiums internationaux, Marie-Hélène a toute les raisons d’être fière de sa carrière. Pourtant, elle met un bémol. «Avec de meilleurs suivis et un meilleur encadrement, j’aurais peut-être pu aller plus loin. Mais en même temps, j’ai eu une belle carrière et j’y ai eu beaucoup de plaisir. J’ai aimé le judo et j’adore encore le judo. C’est ça le plus important.»

Revenant sur le fait qu’elle était originaire de Port-Cartier et qu’elle avait été obligée de déménager à Montréal avant même la fin de son école secondaire, Marie-Hélène avoue que l’adaptation à sa nouvelle vie où elle devait se débrouiller toute seule et composer avec l’éloignement des siens avait été difficile au début. 

«Quand tu viens de plus loin, c’est plus demandant. Mais quand tu décides de déménager, c’est parce que tu es déterminée à réussir. Les difficultés que j’ai surmontées m’ont donné ma force de caractère.

 «Quand je vivais des moments difficiles, je retournais chez moi. J’y recevais toujours une grosse dose d’amour. Les gens de la Côte-Nord m’ont toujours appuyée financièrement et encouragée. Parfois, ça me mettait un petit peu de pression parce que je ne voulais être à la hauteur de tout ce qu’ils me donnaient. Mais en même temps, ça m’a toujours gardée motivée et sur la track

Opérée au genou à quatre reprises, Marie-Hélène a mis trois ans pour guérir de sa blessure. Aujourd’hui adepte de course à pied, elle a pris part à un demi-marathon et elle court en forêt. «Peu importe ce que je fais, j’aime me challenger. Quand je participe à une compétition, c’est pour aller au bout de moi-même et gagner. Je suis incapable de participer juste pour le fun

Sports, etc

Mylanie Barré attachée à ses racines

Comme elle l’a fait pendant toute son adolescence, c’est au Club de canoe-kayak de Lac-Beauport que Mylanie Barré passe son été 2019. Sa carrière d’athlète de kayakiste terminée, elle a commencé à y travailler comme entraîneure en 2013. Et depuis, elle y est retournée chaque année.

«À chaque été, je me dis que je vais prendre une pause», indique Mylanie, qui est aussi enseignante. Mais quand Luc [Grenier] me demande de revenir comme coach, j’accepte toujours. Encore cette année, ç’a été le cas. J’ai eu un contrat difficile. Je travaillais dans quatre-cinq écoles en plus de faire de la suppléance. Quand je suis arrivée à la fin de l’année scolaire, j’étais brûlée. Et j’ai pensé prendre mon été pour me reposer. Mais finalement, j’ai décidé de coacher quand même. Et après une semaine, j’étais paisible et bien. Si je reviens au club chaque été, c’est parce que j’aime encore le kayak et que j’adore coacher.»

Entraîneure des jeunes de la catégorie bantam à ses débuts, Mylanie travaille cette année avec les meilleurs athlètes du club aux côtés de Grenier. Elle les aide avec leur technique mais aussi pour la motivation, la gestion du stress et de la concentration lors des compétitions.

«J’aime travailler avec les plus vieux. Ils commencent à vouloir performer et ils ont le désir de s’améliorer. Je sens que je peux avoir un impact sur leur développement. Mais c’était aussi le fun de m’occuper des plus jeunes. D’ailleurs, en enseignement, mes groupes préférés sont la maternelle et la première année. Peu importe ce que tu demandes aux enfants, ils vont toujours embarquer.»

L’ex-kayakiste a déjà envisagé de faire carrière dans le coaching. Mais comme elle aurait dû passer du temps loin de ses enfants, elle a changé ses ambitions. C’est à ce moment qu’elle a choisi l’enseignement. Elle a obtenu son bac en éducation physique en 2017. Mais même si l’enseignement facilite sa vie familiale, Mylanie est d’avis que le coaching est moins difficile à certains égards. «Les jeunes font du kayak par choix alors que ce ne sont pas tous les enfants qui choisissent de faire de l’éducation physique à l’école. Les premiers sont donc plus faciles à motiver que les seconds.»

Centrée sur elle-même et sur ses besoins quand elle était athlète, Mylanie a dû apprendre à s’ouvrir aux autres quand elle a pris sa retraite et que la maternité, le coaching et l’enseignement ont fait partie de sa vie.

«Quand tu as des enfants qui dépendent de toi, tu n’as pas le choix de t’oublier. Je me suis aussi rendu compte en coachant et en enseignement que ce n’était pas tout le monde qui avait la même envie que moi de réussir et d’atteindre des buts à l’image que ceux que je m’étais fixés. Je ne pouvais pas vouloir plus qu’eux autres, que même si j’étais très perfectionniste, ce n’était pas tout le monde qui l’était. J’ai dû m’adapter.»

Deux générations

Mylanie a adoré sa carrière et elle est très fière de ce qu’elle a accompli, elle qui a notamment pris part aux Jeux d’Athènes et de Pékin. Quand on lui demande ce qui lui en reste, elle répond à la blague : «Deux enfants», son conjoint étant Ryan Cochrane, un membre de l’équipe nationale. Ça parle donc beaucoup kayak dans la famille Barré où sa mère, Alexandra Sandor, et son père Denis y ont excellé en plus d’aller aux Jeux olympiques. Il y a donc deux générations de couple de kayakistes olympiques chez les Barré.

 «C’est spécial. C’est évident que c’est difficile de décrocher du kayak. Car non seulement Ryan compétitionne toujours, mais mon père est resté impliqué. Il m’aide dans le coaching. Peut-être que le jour où mon chum aura pris sa retraite, on en parlera moins. Mes enfants ne m’ayant jamais vu compétitionner, ils ne réalisent pas que j’ai été athlète. Pour eux, l’athlète, c’est papa; et maman, c’est l’enseignante. C’est correct. Ça ne me dérange pas.

«De toute façon, la reconnaissance, je l’ai quand je suis entraîneure. Même si ça fait sept ans que j’ai pris ma retraite, les jeunes ne connaissent peut-être pas tous mon bagage mais ils savent que je suis allée aux JO. Personnellement, j’ai l’impression que ça fait beaucoup moins que ça que j’ai arrêté. Mais mon corps le sait, lui. Il est magané. J’ai mal à une hanche.»

L’Olympienne ne cache pas que le fait de ne pas être au sommet de sa forme lui manque. Mais comme elle a deux enfants et que son conjoint est souvent parti, le temps et les occasions lui manquent pour pouvoir s’entraîner régulièrement. Ses blessures l’obligent aussi à choisir ses activités. Et elle doit composer avec son orgueil. Car elle a toujours tendance à comparer ses performances avec celles qu’elle réalisait. Et de savoir qu’elle ne pourra jamais faire mieux qu’elle a déjà fait est pour elle une source de frustration.

«C’est pour ça que je suis à la recherche d’un sport que je n’ai jamais fait où je pourrai voir que je m’améliore. Ça pourrait être un sport d’équipe. Car même si j’ai joué un peu au basket quand j’étais jeune, je n’y ai pas vraiment été formée. Le fait d’être entourée, ça peut être très motivant.» 

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Florence Hamel: l'esprit de famille

Florence Hamel n’avait que 17 ans quand sa carrière en cyclisme a pris fin. Promue dans l’équipe nationale après avoir obtenu de beaux succès avec l’équipe du Québec, elle était pourtant vouée à un bel avenir. Mais après quelques mois de tergiversations, l’esprit de famille qui l’animait a eu le dessus sur son rêve sportif.

«L’accident de ma sœur Annie m’avait beaucoup bouleversée et il m’avait poussée à me remettre en question», raconte Florence qui avait pris tout le monde par surprise en annonçant sa retraite en juin 2000. Mais elle avait repris l’entraînement après une brève pause. «Ayant été invitée sur l’équipe nationale sur route, j’étais rendue au point où il aurait fallu que je me tourne vers le vélo à plein régime. Comme je terminais mon secondaire, je savais aussi qu’il faudrait que je mette plus d’énergie dans mes études au niveau collégial. Et pour plusieurs raisons, le mariage du cyclisme avec les études était difficile. Je devais donc prendre une décision.»

Lors une chute à vélo de montagne qui semblait sans conséquence et l'ayant blessée légèrement au genou, Annie Hamel a attrapé une virulente bactérie nommée clostridium perfringens à fasciite nécrosante (bactérie mangeuse de chair). Après avoir frôlé la mort, elle a séjourné plus de trois mois aux soins intensifs de l'hôpital Sacré-Cœur, où elle a aussi évité de peu l'amputation. Par la suite, elle a dû réapprendre à marcher.

«Ce qui était arrivé à Annie ayant beaucoup resserré les liens familiaux, j’ai senti le besoin de me rapprocher d’elle et d’aller la rejoindre à Ottawa où elle faisait son bac à l’université, explique Florence. Vivre avec elle, c’était aussi une belle occasion de faire mes études collégiales en anglais. J’ai donc pris ma retraite.»

Florence n’a jamais remis en question sa décision. Appuyée par les membres de sa famille, elle a pris sa nouvelle route. «Même si ce sont tous des gens qui ont toujours prôné le dépassement de soi, ils ne m’ont jamais dit : “Il n’est pas question que tu arrêtes, tu es capable d’aller plus loin.” Ils m’ont soutenue et ils ont essayé de m’aider à comprendre des choses.

«Je n’ai qu’un seul regret. C’est de ne pas savoir jusqu’où j’aurais pu vraiment aller comme athlète. Mais la vie m’a emmenée ailleurs. Je suis heureuse. Notre famille est encore hyper proche et unie. Et je suis très reconnaissante de tout ce que le vélo m’a apporté. Il m’a aidée à me développer et il m’a appris à persévérer et à me dépasser tout en me donnant beaucoup de plaisir, celui d’être dehors. L’île d’Orléans, c’était mon terrain de jeu. Et si j’ai dû faire un deuil de la compétition, je n’ai jamais eu à faire un deuil du vélo parce que je n’ai jamais arrêté de rouler. Le cyclisme sur route demeure mon sport numéro un. Et je fais encore du vélo de montagne avec les enfants.»

Route et montagne

Florence avait neuf ans quand elle a commencé à pratiquer le vélo de route et s’est jointe au club cycliste de Beauport qui était à la recherche d’une athlète afin de compléter les cadres de l’équipe pee-wee régionale qui prenait part aux Jeux du Québec de Gaspé. Adorant le vélo et inspirée par sa sœur Annie, elle a tenté sa chance, s’est entraînée et a été choisie dans l’équipe en étant surclassée. Ont suivi trois autres participations aux Jeux du Québec, des Coupes du Québec et des championnats québécois et canadiens où elle a récolté de nombreuses médailles.

«À mi-chemin dans ma carrière, j’ai de nouveau suivi les traces de ma sœur et j’ai essayé le vélo de montagne. J’ai eu la piqûre. J’étais jeune et j’avais beaucoup d’énergie. Pendant une année, j’ai fait les deux circuits. Et j’ai fait des podiums sur les deux. J’ai vraiment eu beaucoup de chance de porter les couleurs des équipes du Québec et du Canada mais aussi d’être supportée et encadrée par d’excellents coachs comme Stéphanie Giguère et Marc Dufour. J’ai eu le plaisir de rouler tout en ayant beaucoup de succès.»

Ses études collégiales terminées, c’est en sciences infirmières à l’Université Laval que Florence s’est inscrite. Son diplôme lui a permis de travailler à Montréal en première ligne dans le milieu hospitalier. Comme son conjoint et elle désiraient offrir la chance à leurs deux garçons de devenir bilingues en bas âge, ils ont déménagé il y a trois ans à Toronto, où son chum avait une occasion d’emploi. De son côté, elle travaille maintenant en pédopsychiatrie. Elle ne cache pas cependant que l’éloignement avec sa famille devient de plus en plus difficile. Si elle arrive à composer avec la situation, elle ne peut s’empêcher de penser à ses enfants qui sont loin de leurs grands-parents, de leurs oncles et tante et de leurs cousins et cousines.

«On retourne régulièrement à Québec. Et ma famille vient nous visiter. Mais même si j’aime bien le milieu où je demeure, c’est défini qu’un jour, je retournerai à mes racines et que je me rapprocherai de ma famille.»

Adepte de l’activité physique, Florence demeure très active. Outre le vélo de route et le vélo de montagne, elle aime le cross-country. «Me retrouver dans le bois me permet de me ressourcer.» La jeune femme aime aussi toujours autant la compétition. Et quand elle décide de prendre part à une épreuve, elle s’entraîne rigoureusement afin d’offrir une performance optimale. «C’est dans le fin fond de moi, j’ai l’esprit compétitif. J’adore me dépasser. Quand je prends un départ, il y a une question de résultats. Est-ce que je suis mal faite? Je ne le pense pas.» 

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Fait marquant

R Une deuxième place aux Championnats canadiens junior. Ç’a été une compétition marquante parce qu’elle m’a permis d’avoir un laissez passer une Coupe du monde en Allemagne. Et à ma dernière année chez les cadettes, ma participation aux Canadiens junior où j’étais surclassée. J’avais fini deuxième derrière Geneviève Janson.

Q Plus grande déception

R Ma deuxième place derrière Geneviève Janson. À l’époque déjà, on savait qu’elle était dans l’univers du dopage. Elle m’a donc privée d’un titre de championne canadienne et d’une participation aux Championnats du monde. Mais je ne lui en veux pas personnellement. Elle était jeune et naïve possiblement. Et était mal conseillée.

Q Entraîneurs marquants

R Stéphanie Giguère et Mario Dufour. C’est incroyable à quel point Stéphanie Giguère m’a encouragée, supportée et poussée pour que je me rende où je suis rendue. Et Marc Dufour. Comme Stéphanie, il a cru en moi. Il m’a aidée à me dépasser et à aimer le cyclisme. Les deux m’ont transmis leur passion.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

R Tout ce qui entoure le cyclisme : l’esprit qui l’anime, l’effet de groupe, le sentiment d’appartenance. Pendant sept ans, j’ai fait partie d’une équipe. On avait des liens serrés, on s’encourageait. C’était une autre famille pour moi.  

Q Modèle de jeunesse

R C’est certain, ma sœur Annie. C’est ce qui fait que j’ai un peu suivi le même chemin qu’elle. Et Lyne Bessette, que j’ai rencontrée à un camp d’entraînement en Virginie. C’était pour moi, c’est une icône. Elle m’a inspirée sa rigueur et sa ténacité incroyable ce qui m’a amené à toujours m’accrocher.

Q Dans 10 ans

R Je serais aussi sportive que je le suis aujourd’hui, c’est certain. Je souhaite pouvoir prendre part à des courses avec nos enfants. Ce que j’aimerais c’est d’avoir la même énergie afin de pouvoir les challenger et même les pousser.

Q Rêve

R J’ai toujours aimé le cross-country. J’aimerais pousser un peu plus et prendre part à une épreuve de longue distance. Et comme ma soeur est capable d’en prendre et qu’elle aime aussi courir dans le bois, j’aimerais ça participer à cette compétition en équipe avec elle.

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Marie-Pier Boudreau-Gagnon: la fierté d’une ville

Pendant des années, c’est pour ses performances en tant qu’athlète de haut niveau que Marie-Pier Boudreau-Gagnon a fait la fierté des gens de Rivière-du-Loup. Maintenant, c’est pour son implication sur la scène sportive de sa ville qu’elle continue de l’être. Ayant travaillé sur la candidature de Rivière-du-Loup pour la présentation de la finale des 56es Jeux du Québec, elle est aujourd’hui co-présidente, avec l’homme d’affaires Christian Pelletier, de l’évènement qui aura lieu du 26 février au 6 mars 2021.

«Les Jeux du Québec ont été une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé en bas âge, lance l’ex-nageuse-synchronisée. Rivière-du-Loup les avait présentés en 1971 et à l’époque, ç’a avait été un évènement marquant. Plusieurs étaient d’avis que 50 ans plus tard, l’occasion était belle pour répéter l’expérience. Comme c’est important pour moi de redonner aux gens de chez nous qui m’ont beaucoup aidée tout au long de ma carrière, je me suis d’abord impliquée dans le processus de mise en candidature avec ma mère et des gens de la région. Nous sommes ensuite allés chercher du financement. En tant que co-présidente mon travail est principalement axé au plan sportif et du développement au niveau des jeunes.»

C’est à la suite de ses études que Marie-Pier est retournée vivre à Rivière-du-Loup avec son chum pour pratiquer comme pharmacienne, après avoir passé une quinzaine d’années à Montréal. Elle y a retrouvé sa mère, ses deux frères et de nombreux fans qui la reconnaissent encore.

«Rivière-du-Loup et Montréal ont toujours été mes deux coups de cœur. J’adore vivre à Rivière-du-Loup, qui offre une belle qualité de vie avec le fleuve juste à côté. Quand je restais à Montréal, j’y revenais souvent voir ma famille. Montréal, c’est la diversité et le côté urbain. J’en profite quand parfois je dis à mon chum, on s’en va à Montréal voir des spectacles.» 

Quatre ans de plus

C’est en 2012, au lendemain des Jeux de Londres, que Marie-Pier a accroché son pince-nez et son casque de bain et a tourné la page sur sa carrière en nage synchronisée. Une décision prise avec la satisfaction du devoir accompli.

«J’avais envisagé en 2008 de mettre un terme à ma carrière. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir continué. Ce fut les quatre meilleures années de l’équipe. Je me considère vraiment chanceuse d’avoir pris part à la remontée de Synchro Canada (maintenant Natation Artistique Canada), après avoir connu un peu la descente. Ça faisait longtemps que le Canada n’avait pas mis les pieds sur le podium lors des championnats du monde quand nous l’avons fait en 2009. Pour moi, ça été un leitmotiv pour poursuivre jusqu’en 2012.»

Même si elle aurait souhaité revenir de Londres avec une médaille au cou, la Louperivoise ne garde aucune amertume des Jeux de 2012. Elle explique que les Canadiennes avaient offert une performance à la hauteur de leurs attentes. Et que la performance, c’est ce qui importe pour un athlète.

«C’est drôle parce qu’après les Jeux, beaucoup de gens me félicitaient pour ma médaille de bronze. Quand je leur disais que nous avions fini quatrièmes, ils me répondaient que c’était dommage parce que nous avions vraiment bien nagé. La performance, c’est ce qui reste.» 

Contrairement à ses coéquipières, Marie-Pier n’a pas pris part, à son retour au pays, à la tournée post-olympique. Elle a plutôt préparé son retour sur les bancs d’école qu’elle a fait au début du mois de septembre 2012. Un choix qu’elle ne regrette pas, car elle n’était pas prête à retarder ses études en pharmacie. Son retour à une vie plus «normale» a cependant été ardue, principalement à cause du «syndrome de performance» qui l’animait.

«Quand on a été parmi les meilleures au monde dans une discipline, on veut continuer à performer autant, peu importe le domaine. Et ce n’est pas toujours possible. La transition a été difficile. Quand j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis remise à faire une heure de sport par jour. Ça m’a permis de retrouver un certain équilibre. Je ne suis pas certaine que l’on se débarrasse complètement de ce “syndrome” quand on a été athlète. C’est quelque chose avec laquelle je vais jongler toute ma vie. Il faut apprendre à se raisonner. Et c’est sûr que mon conjoint, ma famille et mes amis m’aident beaucoup dans le processus.»

Pour Marie-Pier, le retour à une vie plus «normale» a aussi eu ses avantages. Elle a pu se rapprocher des siens, fonder sa propre famille et profiter de la vie. «Des fois s’assoir et ne rien faire, ça fait aussi du bien. 

«Mais j’ai gardé contact avec la nage synchronisée. Je suis allée avec Julie Sauvé travailler avec l’équipe du Brésil pour les Jeux de 2016 puis à Singapour. Et je nage occasionnellement pour le plaisir avec les Flamands roses de Rivière-du-Loup. C’est juste assez pour ne pas décrocher complètement tout en gardant une certaine distance pour pouvoir me dire : “Oui, je suis passée à autre chose.” Mais outre l’entraînement en piscine, il n’y a que la synchro qui me satisfasse pleinement. Dans les autres sports, je suis comme un poisson hors de l’eau. Je ne suis pas très bonne.»

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Jean-François Côté amoureux du baseball

Ça fait presque 20 ans que Jean-François Côté est absent de la scène du baseball régional. Hormis un retour d’une saison comme entraîneur-chef dans le midget AA, il ne s’est pas impliqué avec quelque organisation que ce soit, lui qui avait pourtant travaillé à la naissance de l’équipe de baseball du Rouge et Or et des Capitales, et qui avait été entraîneur dans la LBJEQ. Mais qu’on ne se trompe pas, cette absence n’avait rien à voir avec un manque de passion.

«Je suis un amoureux du baseball», lance Côté. Ç’a toujours été ça, avant même le Rouge et Or ou les Capitales. Quand j’étais enfant et qu’il y avait du hockey à la télévision, je l’écoutais et j’aimais ça. Mais quand c’était du baseball, c’était la folie. Personne n’avait le droit de toucher à la télé, de parler ou de faire quoi que ce soit qui aurait pu me déranger. Au fil des ans, ma passion et mes différentes implications m’ont permis d’acquérir des connaissances historiques, administratives et sur le terrain qui m’ont poussé à en connaître toujours davantage. Malheureusement, quand tu commences à en savoir un peu plus sur le baseball, tu te rends compte que plus tu en sais, moins tu en sais, car il y en a toujours plus à savoir.

«Le baseball, c’est donc la chose avec laquelle je suis le plus familier. J’aime l’informatique, les chiffres, mon travail, mes amis, mais le domaine où je suis le plus à l’aise, c’est celui du baseball. Encore aujourd’hui, j’écoute au moins un match de baseball par jour sur MLB TV.»

C’est au début des années 2000 que Côté a mis fin à ses implications dans le monde du baseball. Il a décidé d’arrêter de courir après ses rêves afin de s’occuper de sa santé financière et de se bâtir une retraite à son goût. Et il est allé travailler comme analyste dans le domaine de l’informatique où il est devenu un spécialiste du système Excel.

«Je n’ai pas vraiment eu de deuil du baseball à faire parce que je ne suis pas resté chez moi à ne rien faire. Je me suis rapidement aperçu que mon trip, c’était de partir des projets, mais que le travail de gestionnaire dans une équipe n’était pas vraiment quelque chose qui m’intéressait. En fait, la seule chose dont je me suis ennuyé, c’est d’être sur le terrain avec les jeunes, l’esprit de gang, vendre un concept et de prendre des décisions. Parce qu’au baseball, l’implication du coach pendant le jeu est unique. L’entraîneur a un impact direct sur le résultat d’un match, à chaque match.»

Feuille de route remplie

Côté a marqué le baseball régional à bien des niveaux. Et il avait une feuille de route bien remplie quand il a réorienté sa carrière. Avec son bon ami André Lachance, avec qui il a dirigé les Diamants de Québec à leur deuxième année d’existence, il a d’abord mis au monde le programme de baseball du Rouge et Or de l’Université Laval, une équipe qu’il a dirigée jusqu’en 1999, avec laquelle il a décroché un titre national et dont il dit que ce fut un trip exceptionnel, un projet qui n’avait que du positif... à l’exception de la météo. Le duo est aussi responsable de la naissance des Capitales. Lachance a eu l’idée d’emmener du baseball professionnel à Québec et Côté a travaillé à convaincre Miles Wolff d’installer une franchise au Stade municipal. On connaît la suite...

«Ça s’est fait en trois étapes. André Lachance est celui qui a fait le clin d’œil à la fille, moi, j’ai été le géniteur et Nicolas Labbé a mis l’enfant au monde. C’est lui qui a fait que le 3 juin 1999, les Capitales étaient prêts à recevoir les gens au stade. Par la suite, Michel Laplante l’a fait grandir.

«Je ressens un grand sentiment de fierté du devoir accompli. Ce que je retiens de ma carrière au baseball, c’est la chance que j’ai eue. J’ai fait des rencontres exceptionnelles comme M. Wolff que j’ai cruisé pendant cinq ans. Et ça, c’est peut-être la chose dont je suis le plus fier. Avoir convaincu un millionnaire américain à déménager à Québec pour partir du baseball.»

Côté pensait bien que son implication dans le baseball était chose du passé. Mais l’automne dernier, dans le cadre d’un reportage sur les 20 ans des Capitales, il a jasé avec André Lachance qui lui a proposé d’accompagner l’équipe nationale féminine de développement à un camp d’entraînement à Cuba. C’est là qu’il a compris que son implication n’était pas terminée.

«J’ai réalisé que j’aime encore le baseball, que j’aime ça autant qu’avant. Et j’ai su que j’allais me réimpliquer. De quelle manière? Je ne le sais pas. En coachant? En travaillant sur un c.a. de quelque chose? En partant une business? En étant dans la vente d’équipement? Je ne sais pas. Mais j’ai encore des projets de fou. La seule façon d’avoir une bonne idée, c’est d’avoir plein d’idées. Et j’ai un rêve que je caresse pour ma retraite. Comme j’ai de grandes connaissances dans le système Excel et que j’ai accès aux statistiques avancées du baseball, j’aimerais me partir une petite business qui offrirait des stats avancées à des équipes professionnelles mineures. Est-ce la manière dont je reviendrai au baseball? Je ne sais pas. On verra.»

Sports, etc

Danny Bell: une flamme ravivée

Pendant six ans, Danny Bell s’est contenté de jouer à la balle au mur pour le plaisir. Mais après avoir remporté à Albany, en novembre, un tournoi regroupant les meilleurs joueurs de l’est des États-Unis, il est venu à un cheveu en avril de se qualifier pour le tournoi pro de San Francisco. Et, il y a deux semaines, il a gagné le championnat canadien dans la classe Open. Ces résultats ont ravivé chez lui la flamme de la compétition de haut niveau.

«De voir que je pouvais encore avoir du succès, ça me fait réfléchir», confie Bell, qui a disputé ses premiers tournois de balle au mur il y a 45 ans. «Peut-être que l’année prochaine, je pourrais réessayer de me qualifier pour des tournois pro, en choisissant mes tournois et en le faisant bien. Je me dis : il arrivera ce qui arrivera. Juste jouer de nouveau sur le circuit sera une grande satisfaction. Je n’aspire pas à figurer parmi les meilleurs. Je veux juste faire partie de la gang. C’est ça qui va me faire plaisir.»

À l’époque, Bell s’était fixé comme objectif de jouer professionnel jusqu’à l’âge de 50 ans. Mais à cause d’une hernie discale à 49 ans, il avait dû arrêter pendant un an. Et à son retour, il s’était déchiré un muscle dans une cuisse. Cette nouvelle blessure l’avait poussé à penser qu’il était temps d’arrêter. «C’est après l’avoir soignée que j’avais recommencé à jouer... juste pour le plaisir en prenant part à des tournois dans ma catégorie d’âge. Mais je me dis maintenant que je pourrais peut-être jouer pro jusqu’à 60 ans?»

Pour Bell, jouer pour le plaisir a signifié prendre part aux Championnats du monde où il a gagné le simple et le double chez les 45 ans et plus. S’ajoutent des titres chez les 50 ans et plus et les 55 ans et plus. Mais plus impressionnant, c’est la manière dont il a déclassé ses adversaires. Et au championnat canadien de 2019, il a battu des jeunes de 20-25 et 32 ans. En finale, il a vaincu Ryan Bowler, un joueur qui se qualifie régulièrement pour les tournois pro.

«Même si on n’est pas une grosse communauté de joueurs de balle au mur à Québec, j’ai la chance de jouer trois-quatre fois par semaine avec des jeunes de calibre. Je suis aussi chanceux d’avoir la physiologie que j’ai. Je ne fais pas vraiment attention à ce que je mange et je ne m’entraîne plus aussi intensément qu’avant. Mais quand j’arrive en tournoi, j’ai un avantage incroyable sur mes adversaires. Je n’ai rien à perdre. C’est tout le contraire pour mes rivaux. Il n’y a personne qui veut perdre contre un gars de 57 ans.»

Bell est un peu l’exception qui confirme la règle en balle au mur, un sport où les athlètes sont à leur meilleur vers la mi-trentaine et où peu ont du succès chez les pros au-delà de 40 ans. Il avait donc accompli un exploit en remportant le U.S. Open à l’âge de 43 ans. Et même au seuil de la cinquantaine, il était encore classé parmi les 12 meilleurs joueurs au monde, lui qui avait été deuxième quand il était plus jeune.

Fontaine de Jouvence

Bell se demande parfois d’où lui vient toute cette énergie. Et il est certain de ne pas avoir bu à la fontaine de Jouvence. Il reconnaît que son travail de coordonnateur du programme sports-arts-études de l’école Cardinal-Roy qu’il occupe depuis 15 ans — un programme qui compte 31 disciplines sportives et 6 en arts pour plus de 700 élèves — n’est pas étranger à son bel enthousiasme.

«Aller voir mes athlètes en compétition ou à l’entraînement ou de savoir que quand ils reviennent le lundi, ils ont bien réussi ou ils ont gagné, ça me rappelle quand j’ai commencé et ça me drive. Ça me garde jeune et me pousse moi aussi à continuer à me dépasser.»

Professeur d’éducation physique de formation, Bell possède aussi une solide expérience dans le coaching, le monde des athlètes et le sport de haut niveau. Il est donc la personne toute désignée quand vient le temps comprendre un athlète et ses besoins, d’aborder un problème, peu importe sa nature, et de lui trouver une solution. «Mon vécu me permet d’avoir une vision différente pour conseiller les jeunes ou les diriger vers la bonne personne. Je comprends leurs problématiques et je suis à l’écoute.»

Stimulé par son environnement, Bell ne craint cependant pas le moment de la retraite même s’il sait qu’il sera beaucoup moins sollicité parce qu’il se trouvera de nouvelles occupations parallèlement à la balle au mur où il a toujours beaucoup de plaisir et où il adore l’adrénaline, la performance et le bon stress que ce sport lui procure.

«Je veux rester actif auprès des jeunes. Je vais peut-être m’impliquer dans les Jeux du Québec. Mes trois belles-filles, les filles de ma femme, sont très sportives. Et on va continuer de les suivre. Elles vont peut-être aussi avoir des enfants... Comme je suis un mordu de sport, je vais faire des choses que je n’ai jamais eu le temps de faire, comme assister à des matchs du Canadien, de l’Impact, ou aller à la Coupe Roger. Alors c’est certain que je vais rester d’une manière ou l’autre en contact avec le sport.»

Sports, etc

Un virage maritime pour David Boily

Il y a maintenant presque trois ans que David Boily a remisé son vélo et qu’il a troqué le guidon pour la barre. Et si, pendant plus d’une décennie, c’est sur la route, sur une bécane, qu’il a pu visiter le monde, c’est sur l’eau, à bord d’un bateau, qu’il aura bientôt la chance de découvrir la planète.

«J’étudie à l’Institut maritime du Québec depuis deux ans, explique l’ex-cycliste. En sortant de l’école, j’aurai mon brevet de troisième officier de navigation. En décembre, j’ai amorcé mon premier grand stage sur le Bella Desgagnés, un navire unique en son genre puisqu’il est à la fois un bateau de croisière et un cargo pour le transport de marchandises. Nous desservons toute la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord, de Rimouski jusqu’à Blanc-Sablon.

«Comme je suis élève officier, je dois toucher à toutes les tâches qui doivent être faites sur un bateau. Il y a des semaines moins intéressantes. Mais il y en a d’autres qui sont super le fun pendant lesquelles nous conduisons le bateau et nous faisons de la route sous les ordres du capitaine et de l’officier. C’est un stage de cinq mois en mer où nous travaillons presque tous les jours. C’est une expérience très enrichissante.»

Boily ne se destinait pas à une carrière dans le domaine maritime. Travaillant en restauration, il a réalisé que même s’il aimait le milieu, il ne pourrait pas, à long terme, concilier les heures longues et irrégulières à une vie de famille équilibrée. Et il a commencé à penser à un retour aux études. À la même époque, un ami qui travaillait dans le milieu maritime lui a parlé de sa profession et il l’a emmené naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.

«Je trouvais ça plaisant ce qu’il faisait. Et je me suis demandé pourquoi je n’étudierais pas dans son domaine. C’était un cours de quatre ans incluant les stages. Et il fallait que je déménage à Rimouski. C’était une grosse décision mais aujourd’hui, je tripe ben raide.»

Boily confirme que son retour sur les bancs d’école avait été extrêmement difficile. «Pendant tout le temps que j’ai fait du vélo, mon corps a travaillé. Mais mon cerveau, ça faisait des années qu’il n’avait pas été entraîné, lance-t-il en riant. Le brevet de troisième officier est considéré comme un cours d’études collégiales. J’ai dû faire tous les cours obligatoires du cégep en plus de mes cours de technique. Ça allait vite la première année. Mais mon passé de performance m’a beaucoup aidé. J’ai étudié fort tout en travaillant et j’ai eu de bons résultats. Je suis content. Mon cheminement scolaire va super bien.»

Moins passionné

Obligé de quitter la formation italienne Amore & Vita à cause de problèmes de santé en 2013, Boily a mis sa carrière en veilleuse jusqu’en 2016. Il s’est alors joint à la formation Garneau-Québecor.

«Une année où j’ai vraiment aimé chaque moment passé avec l’équipe. Et j’ai vraiment essayé de retourner sur la scène internationale. Mais comme parallèlement au vélo, je travaillais en restauration, c’était difficile de revenir au niveau où j’étais. J’ai quand même fait quelques bonnes courses comme lors des Championnats canadiens où j’ai eu une quatrième place. Je me suis cependant rendu compte que ma passion n’était pas revenue au niveau maximal, que je n’avais plus le goût de mettre autant d’efforts et d’énergie qu’avant.

«À la fin de la saison, j’ai décidé d’arrêter, de penser à moi et de mettre le focus sur autre chose. Je me suis éloigné tranquillement du monde du vélo sans jamais annoncer officiellement ma retraite et sans crier sur tous les toits que j’arrêtais. Ma décision n’ayant pas été prise sur un coup de tête, je ne l’ai jamais regrettée.»

Boily ne retient que du positif de sa carrière qui l’a mené en Colombie à l’âge de 19 ans mais aussi en Iran, au Tour de la Californie, où il a porté le maillot à pois, et au Tour de l’avenir (2011) où il a terminé deuxième au classement final, à 17 secondes du gagnant, après avoir porté le maillot jaune lors de la dernière étape. Il a aussi fait partie des formations professionnelles Spidertech et Amor & Vita. S’ajoute une participation aux Championnats du monde.

«Je suis très fier de ma carrière. Mais s’il y a une chose que je pouvais changer, je retrancherais 17 secondes à mon temps au Tour de l’Avenir. Mais si après la course j’étais déçu, avec le recul, je suis très fier. J’étais arrivé en France sans aucune attente et j’ai devancé certains coureurs qui gagnent maintenant au niveau international.

«Sinon, j’aurais aimé faire le circuit du World Tour une fois ou deux avec la crème de la crème et toucher à un grand tour, sans nécessairement parler du Tour de France. Pour moi, ce n’est pas un manque de ne pas y avoir été.

Très occupé par ses études et le travail, Boily a complètement arrêté de rouler. Et il ne s’ennuie pas du vélo. L’entraînement ne lui manque pas et il n’a pas encore retrouvé le goût de faire du vélo.

«Je suis dans d’autres projets. Je n’ai pas eu beaucoup de fins de semaine de congé depuis deux ans et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer de grand chose. Mais après avoir fini l’école, il y a de fortes chances que je m’achète un vélo et que dans mes temps libres, j’aille faire ma petite run.

Sports, etc

Julie Sanders: question d’équilibre

Comme tous les athlètes faisant du sport de haut niveau, Julie Sanders, une adepte de vélo de montagne, s’était fixé comme objectif ultime de prendre part aux Jeux olympiques. Sauf qu’elle ne voulait pas y aller à n’importe quel prix. Alors quand elle est arrivée à la croisée des chemins et qu’elle a dû choisir entre ses études et son rêve, elle s’est laissé guider par ses valeurs plutôt que par ambitions sportives.

«Je n’ai jamais été capable de mettre tous mes œufs dans le même panier», confie la spécialiste des épreuves de cross-country. C’est dans la personnalité, c’est une question d’équilibre. Un moment donné, j’ai atteint un plateau au niveau de mes performances et j’ai réalisé qu’en gardant mon équilibre, je ne pourrais pas mettre davantage de temps sur mon entraînement afin de continuer à progresser. Mais il n’était pas question que j’abandonne mes études ou que je réduise le temps que j’y consacrais. Ce n’était pas dans mes valeurs et ce n’était pas dans celles de ma famille et j’étais consciente de la précarité de ma carrière. Alors j’ai fait ce que je pouvais au niveau sportif.»

La cycliste indique que l’année 2007, alors qu’elle arrivait à la fin de ses études et qu’elle débutait ses stages, avait été un moment charnière. «Comme je me sentais prête à m’investir dans autre chose et que je sentais que j’avais atteint le maximum avec ce que je pouvais investir dans mon entraînement, j’ai commencé à penser à ma retraite que j’ai prise en 2008 quand j’ai commencé à travailler.»

Julie indique que, tout au long de son parcours, ses entraîneurs sur l’équipe du Québec et ses commanditaires avaient toujours respecté et valorisé sa vision. Les choses se sont cependant gâtées avec la formation nationale. Alors qu’elle avait 17 ou 18 ans, un coach avait dit qu’il ne la prendrait pas au sérieux tant qu’elle n’abandonnerait pas ses études. À brûle-pourpoint, elle lui avait répondu : «Mais vous allez faire quoi si je me casse une jambe? Vous allez me supporter comment?» Elle n’obtint pas la moindre réponse.

La Québécoise n’a jamais regretté sa décision. Oui, elle s’est parfois demandé qu’est-ce qui serait arrivé si elle avait choisi une autre voie. Mais sans plus. «Les JO, c’est l’objectif ultime de tout athlète. Et j’aurais été très contente de me rendre là. Mais le sport m’a apporté plein d’autres choses. Prendre part à des Coupes du monde ou des championnats du monde, ça procure quand même beaucoup de reconnaissance et de valorisation. Surtout quand c’est présenté chez toi au mont Sainte-Anne où je m’y suis sentie levée par la foule. C’était assez capoté. Et c’est sans compter toutes les belles expériences que j’ai vécues.

«Mais j’étais très à l’aise avec mes décisions. Il y a des compromis que je n’étais pas prête à faire. Je n’ai donc pas de regrets.»

Ayant renoncé à la compétition, Julie n’a pas remisé son vélo pour autant. Elle en a profité pour faire des voyages de vélo et découvrir des sentiers qu’elle ne connaissait pas ou d’autre que ses obligations d’athlètes l’avaient empêchée de voir et d’essayer. Et elle est un peu retombée en amour avec son sport.

«Je n’ai jamais arrêté de rouler. Je l’ai fait dans toutes sortes d’endroits mais sans pression, en appréciant tout ce qu’il y avait de beau et de plaisant.»

Le sport adapté

Physiothérapeute, Julie travaille au Centre en réadaptation en déficience physique de Charny auprès de personnes devant vivre avec de séquelles physiques permanentes à la suite d’un accident. Elle œuvre aussi au sein d’un comité où on lui a confié comme mandat de développer le sport adapté dans la région Chaudière-Appalaches pour les personnes qui ont une déficience physique et de le rendre plus accessible. 

Julie organise, par exemple, des mini-salons du vélo adapté. Son passé d’athlète et ses nombreux contacts font d’elle une référence pour les gens désirant pratiquer un sport adapté, mais ne sachant pas à quelle porte frapper pour le faire. Elle les met en relation avec les bonnes personnes, les aide à trouver des sources de financement afin de payer pour les dispendieux équipements. etc.

«On connaît l’importante au niveau physique et mental de la pratique du sport pour la population en général. Mais elle l’est encore davantage pour les gens qui ont une déficience physique. 

«Quand quelqu’un me demande de l’aider, je ne lâche pas le morceau tant que je n’ai pas trouvé ce dont il a besoin. Je pense que c’est dans ma personnalité. Quand j’embarque dans quelque chose, j’embarque à 100 %. J’ai à cœur que ça fonctionne.»

Même si son travail, sa petite fille et sa passion pour le vélo de montagne lui demandent beaucoup de temps, Julie s’est quand même impliquée dans une autre cause touchant des athlètes handicapés. «J’ai été recrutée par Ski de fond Canada pour faire de la classification pour les athlètes paralympiques. Je suis classificatrice internationale», explique celle qui n’a qu’un souhait, c’est que le sport soit une aussi grande source de dépassement, de plaisir et de bien-être pour les autres qu’il l’a toujours été pour elle.

Sports, etc

Patrick D’Aoust: en payer le prix

Patrick D’Aoust avait un style bien à lui en tant que receveur. Quand il avait à retirer un coureur venant du troisième but, il aimait bloquer le marbre au lieu de simplement appliquer la balle sur son adversaire. Et il en a payé le prix. Victime de commotions cérébrales, il a dû mettre un terme à sa carrière avec les Capitales alors qu’il n’avait que 27 ans. S’est ensuivie une longue convalescence.

«J’aurais dû me tasser, avoue le receveur des Capitales de 2008 à 2013. Mais j’avais joué au hockey et j’avais toujours aimé le contact. La position de receveur est pas mal physique, mais il me manquait cet aspect-là. J’aimais bloquer le marbre. Tu te fais frapper, tu perds ton casque, tu gardes la balle, le gars est retiré. C’est spectaculaire. Il y a de l’énergie. Le seul problème : c’est toujours moi qui recevais le coup. J’aurais évité bien des problèmes en me tassant et j’aurais prolongé ma carrière.»

D’Aoust se souvient de la première fois qu’il a bloqué le marbre à un rival. Le joueur est allé lui dire qu’il n’avait pas eu le choix d’entrer en collision avec lui. «Je l’ai remercié de l’avoir fait. Avec le recul, je me dis que je l’ai remercié pour avoir amorcé le processus menant à la fin de ma carrière...»

Victime de violentes collisions, D’Aoust a commencé à ressentir sur une base quotidienne les symptômes des commotions cérébrales qui en ont découlé. C’est quand ils ont été plus persistants qu’il a commencé à s’inquiéter.

«La saison 2013 a été très difficile. J’ai commencé à être étourdi sur le terrain et à moins bien voir la balle. Je me demandais ce qui se passait. Puis j’ai reçu une fausse balle sur mon casque. Du coup, tout s’est mis à empirer. J’avais constamment des nausées, des étourdissements, des problèmes de vision et la lumière augmentait mes symptômes. Je pensais que tout reviendrait normal. Mais au bout d’une semaine, rien n’avait changé. C’est là que j’ai dit à Pat [Patrick Scalabrini] que c’était terminé.»

D’Aoust a craint de ne jamais retrouver la santé. Pendant des semaines, il est resté couché dans le noir total en espérant qu’un seul des symptômes qu’il ressentait parte. Après plusieurs semaines, ses étourdissements ont disparu. Puis ce fut ses maux de tête.

«Ç’a été beaucoup plus long pour ma vision. Et je ne vois plus aussi bien qu’à l’époque. Mais ce n’est pas grave.»

La famille

D’Aoust avait eu ses premiers contacts avec les Capitales en 2007. Un peu démoralisé de ne pas avoir reçu d’offre d’une équipe du baseball majeur à sa sortie de Cowley College et se sentant trop «jeune» pour évoluer avec la formation québécoise, il avait décidé de prendre une année sabbatique du baseball. Mais quand les Caps lui ont de nouveau fait de l’œil en 2008, il a accepté de jouer à Québec.

«Je savais que la porte du baseball organisé était fermée. Je ne voyais pas les Capitales comme un tremplin vers autre chose. J’avais comme objectif d’abord d’aider l’équipe à gagner des championnats et ensuite d’avoir une belle carrière.

«Après mes deux premières journées au camp d’entraînement, j’ai vu c’était quoi les Capitales et j’ai compris pourquoi personne n’avait envie de quitter le club. C’est une famille où tous les gars sont prêts à se supporter, à être là les uns pour les autres. Les gars avec qui j’ai joué sont comme mes frères. Aujourd’hui encore, si j’ai besoin de quelque chose ou s’ils ont besoin de quelque chose, on va s’aider, c’est certain.»

Auxiliaire à Greg Stevens à sa première saison, D’Aoust est devenu le receveur régulier des Capitales en 2009. Il a occupé le poste jusqu’au moment de mettre fin à sa carrière. Et il a atteint l’objectif qu’il s’était fixé, soit d’aider l’équipe à gagner. 

«Je suis vraiment fier de ma carrière à Québec. J’ai été là six ans et l’équipe a remporté cinq championnats. C’est le fait saillant de ma vie jusqu’ici. Si j’étais capable, c’est certain que j’y retournerais. Mais je suis rendu à une autre étape de ma vie où j’essaie de me créer d’autres moments magiques.»

Même s’il a pris sa retraite de joueur, D’Aoust demeure impliqué dans le baseball à temps plein. Entraîneur au sein du programme sports-études à l’école Édouard-Montpetit, le même par lequel il était passé à l’école secondaire, il a entraîné l’équipe midget AAA de Montréal avant d’en devenir le directeur général. Il a aussi fondé avec deux amis, avec qui il chapeaute le programme sports-études de baseball du Cégep Ahuntsic, l’Usine de baseball, une école s’adressant aux jeunes de tous les âges et de tous les niveaux. S’est ensuite ajouté le Centre Grand Chelem où il est possible de frapper des balles à l’année.

«Le fait d’être dans le baseball à temps plein a sûrement facilité le deuil de ma carrière. J’ai toujours une balle dans les mains ou un bâton comme avant. La différence, c’est qu’au lieu de frapper contre un lanceur, je frappe des roulants et des ballons à mes jeunes et qu’au lieu de lancer des balles au deuxième but, je lance 300 balles lors des pratiques au bâton. Mais j’avoue que je rêve encore de jouer un match, un dernier, avec les Capitales.»

Sports, etc

Philippe Audet: un repêchage sans aucune attente

Philippe Audet n’avait jamais rêvé de jouer dans la Ligue canadienne de football. Et même si des équipes lui avaient montré de l’intérêt, il n’avait aucune attente lorsque s’est amorcé le repêchage de 2005. Non seulement a-t-il été sélectionné par les Argonauts, mais c’est dès la deuxième ronde (14e) qu’il s’envola. Sa surprise fut totale.

«J’y croyais plus ou moins parce que même à l’université, j’étais très petit pour évoluer sur la ligne défensive, confie l’athlète de Sainte-Justine. Je pesais autour de 225 livres alors que le poids moyen des gars à ma position était de 265-270 livres. Et malgré une expérience positive au East-West Bowl et de bons résultats au combine, où on m’avait démontré de l’intérêt, jamais je n’avais eu l’espoir de jouer dans la LCF ou que je m’étais dit que c’est ce que je voulais faire.  

«J’avais simplement décidé d’y aller étape par étape et de profiter au maximum de chacune des expériences que je vivrais. Pour moi, être repêché signifiait avoir la chance de prendre part à un camp pro.»

Audet est d’avis que sa journée de repêchage ne constitue pas l’un des fait saillants de sa carrière comme le fut, par exemple, ses deux conquêtes de la Coupe Vanier, des événements lui ayant fait vivre de grandes émotions. Il rappelle que le repêchage de la LCF n’avait rien de glamour à l’époque. Les joueurs le suivaient sur l’écran d’un ordinateur dans le bureau des coachs. Et c’est en pesant sur la touche refresh qu’ils pouvaient voir si des noms s’étaient ajoutés à la liste des joueurs sélectionnés. Le sien est apparu en même temps que ceux de Phillip Gauthier et de Pierre Tremblay. «Les gars ont d’abord remarqué le nom de Phil Gauthier. C’est par la suite qu’ils ont dit ‘‘Phil Audet, tu as aussi été repêché’’. Ce fut bien drôle. Et le soir, je suis allé travailler comme je le faisais à chaque soir. Ma petite vie continuait. 

«Je me suis présenté au camp sans grandes attentes et sans appréhension. Je me suis dit : ‘‘advienne que pourra’’. C’est certain que je voulais montrer ce dont j’étais capable et que je voulais voir du terrain. Mais dans ma tête, jouer au football professionnel ce n’était pas ce que j’allais faire dans la vie.»

Deuil difficile

Audet n’a joué qu’une saison à Toronto. En 2006, il ne connut pas le camp à la hauteur de ses attentes et de celles de ses entraîneurs. Et il fut relégué à l’équipe de pratique. Il fit une remise en question qui l’incita à accrocher ses crampons et à revenir à Québec pour se trouver un emploi dans son champ d’études, soit l’administration.

«J’étais conscient que le football, c’était fini. Les équipes venaient de passer de 90 à 45 joueurs. Personne n’était à la recherches de footballeurs. Aujourd’hui, je suis bien fier d’avoir joué au football professionnel même si mes plus beaux souvenirs, c’est avec le Rouge et Or que je les ai eus. Ç’a été une belle expérience qui m’a beaucoup apporté au niveau professionnel et personnel. J’aurais aimé jouer pro un peu plus longtemps. Mais je n’ai pas de regrets.»

Audet ne cache pas que son deuil du football à son retour à Québec fut très difficile à faire. Et comble de malheur, il était voisin du PEPS où il voyait le Rouge et Or s’entraîner. «Je ne me sentais pas bien là-dedans, j’avais juste le goût de m’en aller.»

Audet a trouvé un travail à Magog où il s’est aussi impliqué comme coach dans une équipe de football d’une école secondaire. Un éloignement qui lui a permis de bien tourner la page sur son ancienne carrière. Parallèlement, il a tenté de trouver une activité qui lui apporterait le même dépassement de soi et l’adrénaline que le football. Ses recherches sont demeurés vaines. «Ça m’a pris des années avant de retourner dans un gym et sans les boys et les coachs, je m’y suis ennuyé à mourir. Je suis toujours actif physiquement, mais je n’ai jamais retrouvé un environnement comme celui que j’avais au football.»

Audet est aujourd’hui directeur principal des opérations manufacturières chez AddÉnergie, une entreprise spécialisée dans les bornes de recharge pour les véhicules électriques. Et comme c’était le cas avec le Rouge et Or, son besoin de dépassement de soi et de vouloir constamment s’améliorer est toujours présent, tout comme sa reconnaissance de l’importance du travail d’équipe. Mais même si le football guide toujours sa vie, il trouve amusant qu’on le présente encore comme un footballeur. «Ça fait 14 ans!» lance l’athlète qui, à sa grande surprise, fut invité à livrer un discours lors du souper annuel du club de football du Rouge et Or .

«J’ai été honoré qu’on me le demande, mais aussi un peu shaké. Je me suis demandé qu’est-ce que j’allais dire pour intéresser les participants. J’ai décidé de remercier les coachs pour ce qu’ils avaient fait pour moi, ce qu’ils m’avaient appris et apporté dans ma vie personnelle et professionnelle et les valeurs qu’ils m’avaient données, quelque chose que je n’avais pas eu la chance de faire. J’ai été très heureux de revoir tout le monde. J’étais retourné à la maison. Ça m’a fait un grand bien.»

Sports, etc

Jean-Philippe Goyette: mettre la pédale douce

Jean-Philippe Goyette a longtemps pensé qu’il pourrait faire du badminton de compétition presque toute sa vie. Mais il y a trois ans au championnat provincial, une douleur à une hanche l’a incité à consulter. Le diagnostic a été cruel. Il ne lui restait que 40 % de sa hanche blessée et il devait mettre la pédale douce dans la pratique de son sport.

«Ce fut un choc, lance l’athlète qui s’est notamment signalé avec le Rouge et Or. Je voyais mes chums arrêter parce qu’ils avaient mal à une épaule ou à un coude et moi à 42 ans, à part de petites douleurs, je n’avais rien. Je pensais pouvoir jouer au moins jusqu’à 60 ans au championnat provincial. Et il y a eu cette histoire de hanche. Je ne pouvais plus pratiquer mon sport à un haut niveau et je perdais mon outil pour relaxer et me changer les idées.» 

«Ça été difficile et ça l’est encore. Mais je garde espoir. J’ai entendu dire qu’il existait des chirurgies pouvant régler mon problème. Mon but est d’étirer le temps afin de laisser les spécialistes trouver des solutions. Et je verrai... Mais si on peut permettre à mon body de recommencer à jouer au badminton comme avant et pendant longtemps, pourquoi pas.»

Goyette a connu une carrière fructueuse. Gagnant de plusieurs titres provinciaux, il a aussi tiré son épingle du jeu au niveau national où il a gagné deux championnats en plus de jouer sur l’équipe nationale. Il a pris part à de prestigieux tournois en Europe comme le All England et remporté quelques titres. Un cv qui lui a ouvert les portes du Temple de la renommée du badminton québécois en 2017.

«C’est incroyable comment j’ai été chanceux. D’avoir eu les parents que j’ai eus. Pour eux, il n’y a rien qui n’était pas permis en badminton. Du moment que je scorais dans mes études. Ils m’ont facilité la vie. Mais aussi d’avoir pu compter sur des entraîneurs de qualité. Jean-Claude Laprise puis quand je suis devenu un adolescent un peu plus rebelle, Pierre Olivier qui m’a emmené à travailler ma condition physique, et Marie-Claude Lachance qui m’a donné de la corde quand c’était le temps et qui l’a serrée en d’autres occasions. Si ce monde-là n’avait pas été là, peut-être que je ne jouerais plus au badminton. Parce qu’en trois occasions, j’ai failli arrêter. Et il y a eu quelqu’un pour me ramener.»

Revenant sur ses succès, Goyette est d’avis qu’il avait toujours eu une bonne tête de badminton. Malgré son talent, sa rapidité et une bonne puissance, il n’était pas le plus grand, ce qui le pénalisait quand venait le temps d’aller chercher certains coups. Il se cassait donc la tête pour trouver des moyens de gagner, lui qui haïssait perdre. 

Études en pharmacie

Malgré une carrière bien remplie, Goyette s’est toujours fait un devoir de demeurer sur les bancs d’école où il a étudié pour devenir pharmacien. «J’ai choisi un bac où il y avait beaucoup de connaissances qui étaient dans les livres. Quand je partais en voyage, j’apportais mes livres. Tout ce que j’avais à faire, c’était de mettre le temps nécessaire pour étudier et d’être discipliné, même si des fois, c’était moins facile.»

Ses études terminées, le Québécois a mis toutes ses énergies sur le badminton. Ambitionnant de prendre part aux JO de Sydney, il a été ignoré pour les épreuves de qualification, l’entraîneur de l’équipe nationale lui disant qu’il serait à son meilleur lors des Jeux suivants. 

«Il n’était pas question que je mette ma carrière de pharmacien en veilleuse pendant quatre ans. J’ai un peu claqué la porte de l’équipe. Regrettant la manière dont ça c’était fini, j’ai recommencé à jouer, quatre ans plus tard, avec Philippe Bourret lors des championnats canadiens et quelques tournois internationaux. On a joué ensemble pendant deux ans.»

«Même si la manière dont ma carrière avec l’équipe nationale s’est terminée est un peu plate, je suis convaincu que j’aurais regretté d’avoir attendu quatre ans avant de commencer ma carrière de pharmacien.»

Goyette était propriétaire de deux pharmacies quand il a tout vendu pour se concentrer sur sa famille quand ses enfants sont venus au monde. Maintenant âgé de 45 ans, il se dit à la croisée des chemins. «Si jamais j’avais le désir de relever un défi au niveau professionnel, ça serait le temps d’embarquer.»

Membre du conseil d’administration de l’équipe de badminton du Rouge et Or depuis huit ans, Goyette est aussi coach au civil et il s’est impliqué dans l’organisation des championnats canadiens des maîtres Yonex présentés au PEPS (28 avril au 3 mai) qui réuniront des athlètes de plusieurs pays dont Nick Pounting et Rebecca Pantenay. Faisant-fi des recommandations de son médecin, il jouera en simple, en double et en mixte avec Jody Patrick. L’objectif sera toujours le même. Gagner.

«La fameuse défaite qui ne se digère pas, ça ne s’améliore pas en vieillissant. Mais je suis capable de mettre les choses en perspective. Ce que je hais, c’est d’échapper des matchs serrés. La rivalité est toujours aussi forte sur le terrain. Mais à l’extérieur, on va avoir beaucoup de plaisir lors des activités au programme.»

Sports, etc

Marcel Cousineau: réaliser sa chance

Même s’il a passé neuf saisons à jouer au hockey professionnel en sol nord-américain, Marcel Cousineau n’a jamais réussi à percer l’alignement d’une équipe de la LNH où sa carrière s’est limitée à 26 matchs. Sa déception d’être passé si près de son rêve l’a parfois poussé à ne pas toujours réaliser ce qu’il avait accompli et à minimiser ses exploits. Une mauvaise habitude qu’il a aujourd’hui perdue.

«C’est certain que j’aurais voulu faire mieux», avoue le gardien de but originaire de la Montérégie. «Des fois, je regarde en arrière et je me dis que ma carrière aurait pu être différente si j’avais fait ci ou si j’avais fait ça. Il arrive que tu sois à une décision, à un bon match de tout changer. D’autres fois, c’est une question de chance, d’entraîneur ou d’avoir le break qu’il faut.

«D’un autre côté, je me sens privilégié d’avoir vécu ce que j’ai vécu. J’ai eu la chance de jouer dans de belles villes, j’ai eu beaucoup de plaisir et j’ai eu de bonnes saisons. J’ai disputé plus de 350 rencontres dans la Ligue américaine et j’ai été nommé trois fois sur l’équipe d’étoiles. Je pense que j’ai réalisé quelque chose de pas pire.»

Cousineau s’ennuie parfois des moments mémorables qu’il a vécus, comme son séjour à Terre-Neuve, entendre 9000 partisans russes crier «Cousineau! Cousineau!» avec leur accent ou être accueilli dans le petit aéroport de Cherepovets par des fans en délire. Mais toujours, le stress de savoir s’il sera rétrogradé ou s’il aura un autre contrat lui rappellent qu’il ne l’a pas toujours eu facile.

«Je me suis tellement battu à chaque année pour avoir un poste, pour avoir un contrat. Et j’ai dû le faire pendant toute ma carrière. Un moment donné, les années passent et tu réalises que c’est fini. Tu te demandes si tu as vraiment profité de ta carrière. Et la réponse est non. 

«Malgré, je l’apprécie tout autant quand je regarde des articles de journaux qui parlent de moi ou la photo sur laquelle je réalise un arrêt aux dépens de Mario Lemieux. Il n’y a pas grand monde qui a ça dans son salon [rire]. Et quand je vois les étoiles dans les yeux de gens qui viennent me parler de hockey, je réalise à quel point ce que j’ai accompli est impressionnant pour les amateurs de hockey qui ont tous rêvé à la LNH et comment ils auraient aimé être à ma place.»

Avec les Harfangs

Ayant participé à la conquête de la Coupe Air Canada en 1990 avec les Riverains du Richelieu, Cousineau avait été repêché par les Harfangs de Beauport qui commençaient leurs activités dans la LHJMQ.

«J’ai vu ma venue avec une équipe de l’expansion comme une opportunité de montrer ce que j’étais capable de faire. À mon arrivée à Beauport, j’ai eu la chance d’avoir Yannick De Grâce comme coéquipier. Quand il a été échangé aux Fêtes, on m’a donné le champ libre. J’ai pu jouer beaucoup. Gagne ou perd, je retournais toujours devant le filet. Il fallait toujours que je sois prêt. Ça m’a permis de développer ma force de caractère.»

Choisi par Boston en troisième ronde du repêchage de 1991, 62au total, le gardien n’a jamais joué pour les Bruins. Ils lui avaient offert un contrat à trois volets, qu’il a refusé. «Je ne voulais pas risquer de me ramasser dans la East Coast. À partir de là, le chemin est long pour se rendre dans la LNH. En tant que joueur autonome, j’ai obtenu une invitation pour le camp des Maple Leafs. Ils m’ont offert un contrat et j’ai joué dans la LAH à Terre-Neuve.»

Cousineau a passé cinq saisons dans l’organisation torontoise avant d’évoluer avec les Islanders et les Kings. Sa carrière l’a ensuite mené à Cherepovets, en Russie. Il a terminé la campagne avec la meilleure moyenne de buts accordés et il a aidé les siens à atteindre la finale de la KHL face au Lokomotiv.

«Je ne retiens que du positif de cette expérience. Le seul point négatif, c’est que je m’ennuyais de ma conjointe de l’époque et de mon petit garçon demeurés au Québec. C’est l’obligation de les laisser à nouveau qui m’a incité, à quelques jours de mon départ pour la Russie, à arrêter de jouer. Et c’est là que la Ligue nord-américaine m’a approché.»

Après deux saisons dans la LNAH, Cousineau a accroché ses jambières afin de se lancer en affaires avec son frère et sa belle-sœur, propriétaires de restaurants de la chaîne Cora. Il a ensuite géré des centres de conditionnement physique puis il a été engagé chez Canac en tant que directeur adjoint. Il y a environ trois semaines, il a été nommé directeur du magasin de Cowansville. Jamais, il n’a vécu la moindre déprime après avoir renoncé au hockey.

«J’ai toujours aimé le hockey mais j’ai toujours joué au hockey pour gagner ma vie. À la fin de ma carrière, jouer au hockey me demandait de plus en plus de sacrifices. Ce n’était plus aussi agréable. C’est pour ça que j’ai pris ma retraite. Et j’étais prêt.»

Aujourd’hui, Cousineau a complètement tourné la page sur le hockey. Il a vendu tout son équipement de gardien. Résidant à Bromont, il a comme passion le ski alpin et le vélo de route. «Je me concentre sur des sports que j’ai moins eu la chance de faire à cause du hockey.»

Sports, etc

Guy Boulanger: quand on pense escrime

Quand on pense escrime dans la région de Québec, on pense naturellement à Guy Boulanger. Depuis 42 ans, le maître d’armes tient non seulement son sport à bout de bras dans la Vieille capitale, mais il a aussi formé de nombreux champions canadiens, des athlètes qui se sont démarqués sur la scène internationale.

«Je n’ai pas de mérite, lance le fondateur du club Estoc en 1976. Je suis là parce que je suis passionné d’escrime, que j’ai du plaisir à faire découvrir cette activité aux jeunes et aux mois jeunes et que je suis bien entouré. D’avoir la chance de les accompagner dans leur développement pendant des années, ça m’encourage à demeurer impliqué et à continuer à pousser. Quand ils atteignent l’équipe canadienne et qu’ils font de bons résultats au niveau international, ça m’alimente.»

C’est en 1969 que Boulanger s’est initié à l’escrime. Sa progression rapide lui permet de connaître ses premiers succès comme athlète, mais aussi de se faire remarquer par les gens du Séminaire de Québec qui lui offrent un poste d’entraîneur. Trois ans plus tard, il se retrouve à l’Université Laval où il fonde un club. Mais désireux d’approfondir ses connaissances et de développer ses qualités d’escrimeur, il s’expatrie en France pour y suivre une formation de deux ans pour devenir maître d’armes. 

«Là bas, je n’ai pas arrêté de faire de l’escrime. En plus de ma formation de 30 heures semaines, j’ai donné des cours, j’ai démarré des activités dans des clubs et je me suis entraîné. À l’époque, mon ambition était de compétitionner. J’ai d’ailleurs participé à 36 compétitions en deux ans.»

De retour au pays, Boulanger a dû abandonner son rêve. Le président de la Fédération canadienne a statué qu’il était un professionnel parce qu’il avait gagné de l’argent comme entraîneur. «J’étais barré de toutes les compétitions portant le titre de championnat. Ce fut un choc. C’est là que ma carrière sportive s’est arrêtée. 

«J’ai décidé de vivre avec la décision de la fédé et je me suis concentré sur l’enseignement avec l’intention de donner le maximum aux jeunes. Et j’ai fondé le club Estoc. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Sauf que si je n’avais pas eu de succès comme entraîneur, j’aurais eu l’impression d’avoir manqué ma vie. Mais j’ai eu la chance d’accompagner de nombreux athlètes pendant plusieurs années, de les développer à leur plein potentiel et de les voir pratiquer l’escrime à un très haut niveau.

L’environnement

Au fil des ans, le club Estoc a produit de nombreux champions qui se sont signalés sur la scène internationale. Qu’il suffise de penser aux Marie-Huguette Cormier, Charles St-Hilaire, Évelyne Giroux, Marie-Ève Pelletier, Vincent Pelletier, etc. Pourtant, le club Estoc n’a pas toujours profité d’installations de qualité et l’escrime d’une grande vitrine. Mais comment Boulanger a-t-il fait?

«Il y a une partie de hasard parce je ne peux pas les recruter les jeunes. Quand je détecte quelqu’un qui a un potentiel, j’essaie de l’encourager à poursuivre et je lui donne l’attention dont il a besoin. Le succès, c’est pas mal de travail et d’encouragement. Mais à ce niveau, je n’ai qu’une partie du rôle à jouer. Si les parents ne sont pas là pour encourager leur enfant et payer les déplacements et le matériel, le talent d’un athlète et les qualités d’un coach ne servent à rien.

«L’escrime est un sport de développement à long terme. Ce qui est intéressant c’est que les athlètes qui sont venus au club y sont demeurés assez longtemps. Même si certains ont connu des périodes difficiles, ils sont restés. Je pense que c’est à cause de l’ambiance. Il y a toujours des athlètes pour encourager les autres et les aider. C’est un milieu de vie stimulant.»

Boulanger a dû faire face à son lot d’épreuves au fil des années. Et il lui est arrivé de vouloir tout abandonner. Mais résilient et inspiré par le maître d’armes italien Livio Di Rosa, un modèle, il est revenu plus fort. Il a aussi eu la chance de pouvoir compter sur des administrateurs bénévoles, comme Jean-Yves Pelletier et Simon Duchesne, le président actuel du club, qui l’ont toujours appuyé.

Âgé de 67 ans, Boulanger a commencé, il y a quelques années, à penser à sa succession au club Estoc. Le candidat qu’il recherchait était un pédagogue d’abord, un entraîneur ensuite et il avait sa philosophie de coaching. Le destin a mis sur sa route Erik Medina Diaz, un escrimeur d’origine cubaine qu’il a rencontré à Montréal et qui a poursuivi sa carrière avec l’Estoc. 

«Je ne savais pas à ce moment-là qu’il pourrait devenir mon successeur. Avec le temps, je l’ai impliqué dans l’organisation de certaines activités. Et ça marche bien. Il a toutes les qualités que je recherche. Il sait s’exprimer et il est doux. Les parents l’aiment et les jeunes l’apprécient. Sa présence est très rassurante. C’est vraiment une bonne personne pour prendre le relais. Je vais pouvoir me décharger tranquillement de quelques fonctions pour lui laisser plus d’espace et me consacrer davantage à l’enseignement. Car ce n’est pas encore dans mes plans de me retirer complètement.»

Sports, etc

Karine Blanchet: se faire un prénom

«Elle avait un nom, elle s’est fait un prénom.» Ces quelques mots de présentation de Karine Blanchet sur le site Web du club de judo de la Vieille Capitale résument bien la carrière de la Québécoise. Car si, à ses débuts, elle était «la fille à Gérard», elle est aujourd’hui connue en tant que Karine Blanchet, la judoka ayant fait sa marque sur les scènes nationale et internationale.

«Quand je retourne en compétition en tant qu’entraîneure, je rencontre plein de gens, des compétiteurs de mon époque mais aussi des arbitres et des bénévoles, qui se souviennent de moi et qui viennent me parler», explique l’athlète dont le père, Gérard Blanchet, une figure connue et respectée dans le monde du judo, a fondé le Club de la Vieille Capitale en 1970. 

«C’est toujours le fun de revoir ces personnes avec qui on a passé beaucoup de temps ensemble. Mais c’est également plaisant de réaliser que je ne suis pas juste “la fille à Gérard” même si, encore aujourd’hui, c’est la manière qu’utilisent certaines personnes pour me présenter. C’est correct, je suis habituée.»

Si, pour plusieurs, le fait de se retrouver dans l’ombre de son paternel aurait pu constituer un handicap, Karine n’y a vu que des avantages. N’aimant pas être sur la sellette, le fait que l’attention soit portée sur son père lui permettait de passer incognito. Et jamais elle n’a ressenti une pression supplémentaire de performer. Comme le judo met en scène deux adversaires qui se mesurent, ses résultats étaient le résultat de ce qui s’était passé sur le tatami.

«Je n’ai jamais eu de cadeau des arbitres. Si j’avais à perdre, je perdais. Si j’avais à gagner, je gagnais. Et je n’aurais pas voulu qu’il en soit autrement. Je ne pense pas que je me serais rendue aussi loin si j’avais eu des cadeaux des officiels. Et si j’avais su que l’on me donnait des chances, je n’aurais pas continué à compétitionner.»

Au mauvais moment

Ayant connu ses premiers succès au milieu des années 80, Karine a fait de la compétition de haut niveau pendant une douzaine d’années. Championne canadienne à plusieurs reprises, elle a pris part aux tournois les plus prestigieux en plus de participer aux Championnats du monde, aux Jeux panaméricains, aux Jeux de la Francophonie et aux Universiades. Elle est aussi venue à une victoire de se qualifier pour les Jeux olympiques de Barcelone et d’Atlanta. «Pour aller aux Jeux, il fallait être championne canadienne et j’ai perdu en finale ces années-là. Je me suis retrouvée substitut sur l’équipe canadienne.

«C’est sûr que j’aurais aimé aller aux JO. Tout de suite après la finale, j’étais déçue. Mais rapidement, j’avalais ma pilule et je passais à autre chose. Je n’ai pas réalisé mon rêve, mais ce n’est pas quelque chose qui jette de l’ombre sur ma carrière. Je me dis que si je n’ai pas fait les Jeux, c’est parce que je n’avais pas à les faire. Il me reste plein de beaux souvenirs de ma carrière comme les voyages, la gang, etc. Ce fut une belle période de ma vie. J’en retire beaucoup de bonheur et de fierté.»

Karine a tourné la page sur sa carrière en 1997. Victime de blessures à répétition nécessitant des opérations, elle a décidé d’écouter son corps au terme d’une réflexion d’une année. «Une décision réfléchie. Quand j’ai pris ma retraite, j’étais prête. Je sentais qu’il était temps de passer à autre chose. Comme j’avais obtenu mon diplôme universitaire en administration, j’ai commencé à travailler peu de temps après. J’ai aussi continué à m’entraîner au club, mais juste pour le plaisir, et j’ai donné des cours. Après avoir eu mes enfants, je suis revenue au coaching et là, je m’occupe des jeunes et des seniors. Je les accompagne en compétition. Je peux leur faire profiter de mon expérience.»

Toujours aussi passionnée de judo, la Québécoise a transmis son amour de son sport à ses trois enfants. Actuellement, deux fréquentent le Club de la Vieille Capitale assidûment. Le plus jeune vient de passer sa ceinture marron et prochainement, sa fille tentera de mériter sa ceinture noire. Et elle a demandé à sa mère d’être sa partenaire. Une grande fierté pour Karine.

«Le judo, c’est le choix de mes enfants. Ils n’étaient pas obligés d’en faire. Mais se retrouver au club avec mon père et mes enfants, c’est vraiment le fun. J’ai vécu une belle dynamique dans le temps avec mon père et c’est plaisant que mes enfants puissent vivre la même chose.»

Le Club de la Vieille Capitale aura bientôt 50 ans. Et si Gérard Blanchet se tournait vers sa fille pour assurer sa relève, accepterait-elle de le faire?

«C’est sûr que quand mes enfants auront vieilli, j’aimerais avoir les rennes du club ou les partager avec mon père. Je caresse le rêve d’assurer sa succession depuis que je suis jeune. Mais j’espère qu’il ne se tournera pas juste vers moi. J’aimerais que l’on puisse être une équipe et que l’on travaille ensemble. Mais en même temps, ça me fait bizarre de penser que le club formé par mon père et avec sa personnalité pourrait changer. Car si le club est ce qu’il est, c’est grâce à lui.»

Sports, etc

Denis Vachon: toujours bien branché

Comme bien des gens, Denis Vachon sera sur les Plaines en fin de semaine afin d’assister à la finale de la Coupe du monde de ski de fond. Mais il ne se contentera pas d’apprécier le spectacle. Profitant d’informations privilégiées, il pourrait jouer au gérant d’estrades. Car même s’il a mis un terme à sa carrière de fondeur il y a une quinzaine d’années, il demeure encore très branché sur le petit monde du ski de fond.

«J’ai décroché du milieu parce que je ne suis plus sur le circuit de compétition, mais je continue de suivre tout ce qui se passe par la bande», confie celui qui a bien hâte d’analyser les différentes stratégies des coureurs. «Mon grand ami, c’est Louis Bouchard, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale. Et on se parle souvent. Et quand Devon Kershaw allait s’entraîner dans l’Ouest, il habitait chez un de mes amis. Le ski de fond, c’est un petit milieu. On connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. On peut donc rester informé sur ce qui se passe.

«Comme j’ai passé les 10 dernières années dans l’Ouest, ce sera la première fois que j’aurai l’occasion d’assister à la Coupe du monde sur les Plaines. Je devrai donc me familiariser avec le parcours. Mais j’ai des amis qui m’ont dit où je devrais me placer. Et j’ai eu déjà quelques insides

Vachon a été initié au ski de fond par son père. Il a eu ses premiers succès sur la scène régionale au milieu des années 90. Après s’être imposé chez les juvéniles et les junior B, il a été appelé à se joindre au Centre national d’entraînement où il a retrouvé les Denis Blanchard, Donald Farley, Guido Visser, etc.

«Une belle gang. J’étais le petit jeune du groupe. Me retrouver avec tous ces athlètes, c’était à la fois plaisant et motivant. Je n’avais aucune pression. J’espérais faire l’équipe nationale et eux, les JO. Il y avait un gros gap entre nous. Leur présence, c’était un bon coup de pouce pour m’aider à monter. Sauf qu’avec les années, mes mentors sont devenus mes rivaux. C’est quand j’ai commencé à leur tenir tête lors de certaines épreuves que j’ai commencé à me dire que les Jeux, c’était peut-être possible pour moi aussi.»

La fin du rêve

Vachon a connu ses plus belles années sur la scène nationale et internationale au début des années 2000. Il a cependant renoncé à poursuivre son rêve olympique en 2004. Une décision motivée par une mauvaise saison, mais aussi par le fait qu’il avait perdu sa place au sein du programme de l’équipe nationale et, du coup, son financement d’athlète. Inscrit à l’université, il a opté pour terminer son bac en génie hydrogéologique. Et parallèlement, il a skié au sein d’une équipe semi-professionnelle.

«J’ai fait ça pendant trois-quatre ans. N’ayant pas arrêté de skier du jour au lendemain, la transition vers mon après-carrière a été beaucoup plus facile. J’avais du plaisir et je pouvais continuer à pousser et à souffrir. Quand je gagnais, c’était super le fun, mais quand je finissais 62e, ce n’était pas grave. Je trouvais donc mon compte.»

C’est quand il a commencé à être moins compétitif que Vachon a renoncé à la compétition. Installé à Vancouver, c’était plus difficile pour lui de s’entraîner, les beaux centres de ski étant loin de la ville. Il s’est alors contenté de skier avec des amis dans un cadre social. Aujourd’hui, il ne garde que de beaux souvenirs de sa carrière, à commencer par toutes les amitiés qu’il a développées.

«Même si le ski de fond est un sport individuel, on forme quand même comme une petite famille. Aujourd’hui, peu importe où je vais, je suis presque certain d’y retrouver un ami ou une connaissance qui pourra m’héberger ou me faire découvrir des trails.

«Ma carrière m’a aussi permis d’acquérir plein de choses. Mon anglais, c’est à elle que je le dois. Et j’ai pu voyager. Est-ce que j’ai des regrets de ne pas avoir réalisé mon rêve olympique? Non. Les Jeux, ce n’était peut-être pas pour moi. Je n’étais peut-être pas prêt à faire tous les sacrifices pour y arriver. Je me console en me disant que même si j’y étais allé, je n’aurais probablement pas pu faire mieux qu’un top 30 ou quelque chose comme ça. Ma plus grande déception, ç’a été d’avoir été écarté de l’équipe nationale. Mais j’avais un plan B.»

Ingénieur en hydrogéologie minière, l’ex-fondeur est spécialisé dans les eaux souterraines. Il a passé une dizaine d’années sur la côte Ouest. De retour à Québec depuis quelques semaines, sa conjointe et lui se sont mis à la recherche de l’endroit idéal où ils pourraient s’installer avec leurs deux jeunes enfants. Adeptes d’activités de plein air, ils souhaitent trouver une maison située à proximité du centre-ville et près d’un terrain de jeu naturel où ils pourront faire du vélo, du vélo de montagne, du ski de fond, du ski alpin, etc.

«On veut pouvoir profiter de la vie de plein air. Pour nous, l’activité physique, c’est sacré. Et c’est ce style de vie que l’on veut inculquer à nos enfants. On ne veut pas nécessairement qu’ils fassent du sport de haut niveau. On souhaite juste que ça soit dans leur culture de sortir dehors et de bouger.»

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Éric LeBreton: des racines profondes

Plaçant la famille au centre de ses priorités, Éric LeBreton a aussi toujours été très attaché à ses racines acadiennes. Pas surprenant qu’après un hiatus d’une dizaine d’années, le volleyeur originaire de Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, est retourné vivre dans sa communauté. Bachelier en enseignement, il est même devenu prof à l’école secondaire où il avait étudié.

«J’ai toujours rêvé d’être ici», lance celui qui fut du championnat canadien de volleyball présenté au PEPS en 2000 et en 2001, un évènement de retour à l’UL vendredi. «J’ai tout le temps eu l’impression d’appartenir à là où je suis aujourd’hui. Pour le simple plaisir d’être avec ma famille et mes amis d’abord. Et sans vouloir être prétentieux, je me disais que je pourrais peut-être aussi revenir chez moi pour partager mon vécu. J’ai eu la chance de faire ce que j’aimais et de vivre mon rêve et je pourrai donner la chance à des jeunes de chez nous de faire la même chose.

«J’ai ainsi aidé Mathieu McLaughlin, un grand joueur de volley de mon école, à poursuivre sa carrière à Limoilou où il a gagné un championnat national. J’ai passé le flambeau à un gars qui a pu vivre la même chose que moi. C’est vraiment plaisant de penser à ça.»

Poursuivre son rêve

Enfant unique, LeBreton a grandi dans une communauté où les liens étaient tissés serrés. Très sportif, il a choisi le volleyball parce c’était le sport le plus populaire de son école, mais aussi parce qu’il lui offrait la possibilité de prendre part aux Jeux de l’Acadie et d’amorcer son rêve d’aller aux Olympiques, comme l’avait fait son idole Marc Albert, membre du six partant de l’équipe nationale à Barcelone.

Ses études secondaires terminées, LeBreton s’est joint aux Titans du Cégep Limoilou. Sa carrière, marquée par de nombreux succès dont la conquête d’un championnat canadien, est cependant venue à un cheveu de dérailler.

«J’avais quitté la maison où j’avais une mère qui m’aimait et me gâtait pour me retrouver dans un appartement avec un colocataire. Et j’étais inscrit dans un programme où en plus de faire un sport de haut niveau, je devais réussir au niveau académique. En décembre, j’avais dit à mes coéquipiers que j’allais peut-être lâcher pour aller à Sherbrooke. Je trouvais que mon entraîneur Denis Gaboury était trop dur avec moi et qu’il me poussait trop afin que j’augmente mes performances. Mais après avoir réfléchi, j’ai réalisé que quitter les Titans n’était pas une option.»

Son stage collégial terminé, c’est avec le Rouge et Or que le grand athlète a poursuivi sa carrière. Son passage a été mémorable. Pour plusieurs, il est un des meilleurs joueurs ayant défendu les couleurs de la formation lavalloise. Rêvant de décrocher un titre national universitaire, il est passé à une victoire de réaliser l’exploit en 2001 et en 2002, année où il a été choisi l’athlète par excellence à Laval. «Ma plus grande déception tout de suite après mon passage à Laval, c’était de ne pas avoir gagné de championnat national. Aujourd’hui, ça demeure quelque chose qui me manque, mais je me dis que tout ce que mon passage à l’UL m’a permis de gagner en valait autant.»

Membre de l’équipe canadienne alors qu’il jouait avec le R et O, l’Acadien a appris peu de temps après la fin de sa carrière à Laval que la formation nationale n’était plus intéressée par ses services. Une autre déception qui ne lui a cependant laissé aucune amertume.

«J’ai reçu beaucoup de l’équipe nationale. J’ai pris part à deux Universiades dont une lors de laquelle j’ai été porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. Moi, un Acadien qui était au Québec et qui représente le Canada, ç’a été un beau cadeau. Et mon passage avec elle m’a permis de décrocher un contrat pro à Saint-Nazaire, en France.»

LeBreton a accroché ses espadrilles un an plus tard. Il avoue avoir mal vécu sa coupure avec le sport de haut niveau.

«Je n’avais pas le temps de m’entraîner autant et j’étais moins en forme. Je ne me reconnaissais plus et je me posais toutes sortes de questions. «Il fallait que je me trouve un sport à la hauteur de mes besoins. J’ai commencé à jouer au hockey, deux fois par semaine avec des gars qui avaient évolué à l’université ou dans des ligues seniors. J’avais un beau défi. J’y ai retrouvé le hype que j’avais en volley.

«Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi commencé à faire du cross-fit. Ce que j’aime, c’est l’entraînement en gymnase, travailler avec des poids et des haltères, etc., ce que j’appelle l’isolation musculaire.»

Coach de volleyball à son école secondaire, LeBreton s’est peu à peu retiré du volley après la naissance de ses enfants. Aujourd’hui, il investit une partie de ses temps libres dans les Jeux de l’Acadie et dans d’autres organisations sportives. Son nom demeure quand même associé au volley, lui qui a figure au Temple de la renommée du volleyball du Nouveau-Brunswick.

«Une grande fierté. Ce que je retiens des honneurs que j’ai reçus c’est que dans la vie, il y a parfois des bas et que si j’ai été honoré, c’est parce que j’avais réussi à m’en sortir. Quand ça va moins bien, juste de penser à ça me donne de l’énergie pour continuer.»

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Sophie Simard: finir sur une bonne note

Dévastée après avoir raté sa sélection pour les Jeux olympiques d’Athènes (2004), un échec qu’elle qualifie de plus grande déception de sa carrière, Sophie Simard en était venue à la conclusion qu’elle devait tourner la page sur sa carrière de nageuse. Mais après quelques mois de réflexion pendant lesquels elle a fait le vide, elle a repris le chemin de la piscine convaincue de pouvoir nager à la hauteur de ses attentes.

«C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre», confie l’athlète originaire de Chicoutimi ayant fait carrière avec le Rouge et Or. La raison pour laquelle je revenais, c’était pour m’assurer de terminer ma carrière sur une bonne note. Je ne voulais pas quitter mon sport fâchée contre lui. Je voulais le quitter en paix. Et le fait que les Mondiaux aquatiques avaient lieu à Montréal a pesé lourd dans la balance. Savoir que l’on va nager devant les nôtres a ajouté à ma motivation de vouloir revenir. 

De retour à l’entraînement, Sophie n’a pas mis de temps avant de reprendre sa place parmi l’élite canadienne. Lors des Mondiaux Aquatiques de 2005 où elle était inscrite dans trois épreuves, elle a établi une marque nationale au 200m libre.

«Ces championnats ont été le moment le plus importants de ma carrière. Pour l’expérience que j’ai eue, mais aussi pour le plaisir que j’ai ressenti. Je ne dis pas que je n’avais pas eu de plaisir avant. Mais là, je suis vraiment allée le chercher pour moi.»

Après les Mondiaux, Sophie a pris part aux Jeux du Commonwealth de Melbourne. C’était clair qu’il s’agissait de sa dernière compétition en carrière. Une décision prise plusieurs mois auparavant. Et même si en nageant deux ans de plus, elle aurait pu tenter de se qualifier pour les JO de 2010, elle a préféré accrocher son maillot.

«Pour moi, le nom de la compétition n’avait pas d’importance. Je voulais juste être bien avec ce que je faisais. J’étais revenue parce que je voulais terminer sur une bonne note. Et je désirais avoir le contrôle là-dessus.»

Les blessures

À bien des égards, Sophie Simard a connu une carrière plus souvent qu’autrement très frustrante. Qualifiée pour ses premiers Jeux à l’âge de 18 ans (1996) et vouée à un très bel avenir, elle a ensuite été victime de blessures à répétition. Revenue d’une longue convalescence peu de temps avant les qualifications pour les Jeux de Sydney, elle n’a eu aucune chance de bien figurer. «Je n’étais pas désappointée, j’étais juste heureuse d’avoir pu nager.» 

Mais quatre ans plus tard, alors qu’elle avait réussi à éviter les blessures en écoutant davantage les messages que lui envoyait son corps et qu’elle semblait avoir les outils pour réussir à mériter une place sur l’équipe canadienne aux JO d’Athènes, elle échoua à réaliser son standard. Aujourd’hui, c’est avec philosophie qu’elle analyse sa carrière.

«C’est très bien d’avoir des rêves. Ça nous permet de travailler fort et de persévérer dans ce que l’on fait. Parfois on les réalise et parfois pas. Il ne faut alors pas s’arrêter au fait de ne pas avoir réalisé “son” rêve. On peut s’en fixer un autre et être aussi heureux à l’atteindre.

«J’ai vécu plusieurs déceptions, mais je n’ai aucun regret. Comme je disais aux jeunes à qui je donnais récemment une conférence : “Si vous tapez mon nom dans Google, vous verrez que je suis allée aux Jeux olympiques. Mais vous ne verrez jamais tout ce qui s’est passé dans ma carrière, toutes les frustrations et les déceptions, toutes les satisfactions et les plaisirs, tous les efforts et les sacrifices. Mais c’est ça qui est le plus important.»

Détentrice d’un baccalauréat en administration de l’Université Laval, Sophie a travaillé pendant une dizaine d’années dans le milieu bancaire. Sa carrière d’athlète lui ayant appris à être travaillante, acharnée et persévérante, elle n’a eu aucune difficulté à être performante dans son milieu de travail.

Ayant déménagé à Peterborough où son conjoint médecin avait décroché un emploi de chirurgien orthopédique, Sophie est devenue maman d’une seconde petite fille maintenant âgée de 16 mois. Prête à retourner sur le marché du travail, elle a décidé de fonder son entreprise qui sera lancée au printemps.

«Je vais pouvoir travailler de la maison. Je vais profiter de mon expérience en affaires pour être consultante auprès de petites et de moyennes entreprises. Je vais faire de la tenue de livres et offrir du support en ressources humaines et au niveau du service de paie. Je commence comme ça, je verrai ensuite comment je pourrai faire grandir mon entreprise.»

Après avoir été longtemps loin des piscines, Sophie a aussi renoué avec la natation grâce à sa fille qui a commencé à nager après avoir vu une de ses amies prendre part à une compétition. «J’étais contente de retourner sur le bord de la piscine et de revivre des choses que j’avais vécues», indique Sophie qui songe aussi à éventuellement retourner nager chez les maîtres. «Je suis vraiment heureuse que ma fille fasse de la natation. Mais je m’assure qu’elle le fait pour elle. Je ne veux surtout pas qu’elle ressente de pression.»