«Il est le meilleur joueur que j’ai repêché. Et j’en ai déjà sélectionné de très bons. Et déjà, à 16 ans, il le confirme», a laissé entendre Roger Shannon, dg des Wildcats, au sujet de Jakob Pelletier.

Jakob Pelletier, la perle des Wildcats

Les amateurs de hockey de la région de Québec seront privés d’une saveur locale, vendredi, puisque les Wildcats de Moncton n’aligneront pas la recrue Jakob Pelletier dans leur seul et unique passage au Centre Vidéotron, cette saison.

«Pour le grand plaisir des gens de Québec, je souhaite qu’on affronte les Remparts en série afin qu’ils le voient», dit Roger Shannon, le directeur général des Wildcats. Troisième choix au dernier repêchage de la LHJMQ, Pelletier rate les prochains matchs de son équipe junior afin de participer au Défi mondial des moins de 17 ans, en Colombie-Britannique. Même absent, il fait sentir sa présence!

«Jakob est déjà le joueur le plus populaire à l’intérieur de l’équipe, il est un leader. Sur la patinoire, il est aussi un rouage important. Il n’a que 16 ans, mais nous ne sommes pas aussi bons sans lui dans la formation», admettait Shannon, qui se rendra justement à l’autre bout du pays pour y surveiller son joueur et les autres espoirs de ce groupe d’âge.

Originaire du quartier Neufchâtel, Pelletier a largement contribué à la conquête du titre de la Ligue midget AAA du Blizzard du Séminaire Saint-François et de la médaille d’argent du Championnat canadien, la saison dernière. Tout comme Alexis Lafrenière (1er à Rimouski) et Samuel Poulin (2e à Sherbrooke), il était un joueur convoité au repêchage de la LHJMQ.

«Je n’hésite pas à la dire, il est le meilleur joueur que j’ai repêché. Et j’en ai déjà sélectionné de très bons. Et déjà, à 16 ans, il le confirme. Finalement, je m’en suis bien sorti pour un gars qui a perdu le tirage au sort de la loterie du repêchage», soulignait Shannon, à la fois sérieux et rigolo.

Dernier au classement, Moncton avait glissé de deux rangs au repêchage pour obtenir le troisième choix au total. «Il s’agissait de la bonne année pour perdre la loterie parce qu’il y avait plusieurs très bons joueurs disponibles. Avec la mauvaise saison qu’on a connue, l’an passé, le premier choix prenait tout son sens et ça aurait été vraiment décevant de ne pas pouvoir repêcher un joueur de concession», ajoutait le dg des Wildcats.

Des appels tous les jours

Même s’il avait caché son jeu pour identifier le joueur qu’il repêcherait après le tirage au sort de la loterie, Shannon savait que Pelletier serait un candidat de choix. Les nombreux coups de fil de ses collègues dans les semaines suivantes n’ont fait que confirmer le tout.

«J’ai reçu des appels tous les jours pour que je cède mon troisième choix. Des équipes étaient prêtes à mettre le gros prix, ce qui ne faisait que m’accrocher à mon choix. Si les autres le voulaient autant, c’est qu’il en valait la peine. Et notre dépisteur-chef Alex Gauthier, qui est de Québec, frappait sur la table en faveur de Jakob depuis le premier jour.»

Ce que confirme son homologue de Québec, Philippe Boucher. «Il ne fallait pas rêver en couleurs, c’était impossible d’aller le chercher. Les trois premiers choix n’étaient pas disponibles. Il s’agissait d’un repêchage exceptionnel et Pelletier est un joueur d’exception qui fera gagner plusieurs matchs aux Wildcats dans l’avenir.»

Pelletier a amassé 20 points en 17 matchs à ses débuts dans la LHJMQ avant de quitter pour le Défi mondial. «J’ai bon espoir que Jakob Pelletier soit une vedette dans la LNH. En raison de son gabarit, je le compare à Brad Marchand au même âge, avec un peu plus d’habiletés. Il a autant de caractère que de talent», indiquait Shannon, qui pense que les Remparts auraient vendu quelques centaines de billets de plus si Pelletier avait participé au match. Après tout, famille et amis du jeune homme occupaient une section à Drummondville, récemment.

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L’art de gérer l’énergie des joueurs

«Nous sommes exigeants envers nos joueurs pendant un match, mais ils doivent aussi être bien reposés pour le faire», notait l’entraîneur-chef Philippe Boucher à la veille d’un duel au sommet entre les Remparts et les Wildcats de Moncton.

Un seul point sépare les deux équipes dans les hauteurs du classement de la LHJMQ, les Remparts occupant le premier rang avec 25 points, un de plus que les visiteurs du jour à Québec. Et au lendemain d’une victoire contre Halifax, c’était le repos complet pour les Remparts.

«Comme entraîneur, j’ai appris. À ma première saison, on comptait les jours de congé sur une main. On a fait le saut dans le premier mois, l’an passé, parce qu’on ne pratiquait plus en raison des matchs en semaine, il a fallu s’ajuster.» En plus des matchs et de l’entraînement, les joueurs fréquentent aussi l’école. Certaines journées peuvent donc s’allonger, d’où une meilleure gestion du temps.

«Si nous étions une ligue professionnelle, on pratiquerait plus souvent parce que les gars n’iraient pas à l’école. Mais ce n’est pas le cas, et on n’en parle pas, mais il faut maximiser les heures en classe, et à ce niveau, ça va bien aussi. Les décisions sont plus faciles lorsqu’on gagne, mais l’expérience nous aide. Ce qui importe, présentement, c’est d’avoir de l’énergie, mais on va prévoir des pratiques, car on est une ligue de développement»

Mikaël Robidoux est l’un de ceux qui en a beaucoup d’énergie depuis le début de la saison. «L’an passé, il se cherchait et on a eu une rencontre ardue avec lui pendant les Fêtes. On a toujours cru en lui, il nous donne raison. Il n’y a pas tant de joueurs comme lui dans la Ligue. Il peut nous amener de l’attaque en ne changeant pas sa nature et il a appris à marcher sur la ligne, il est intense et dans les règles. Il est capable de le faire, il est rendu là», indiquait Boucher à propos de l’ailier droit ayant marqué un but de toute beauté, mercredi.

Mikaël Robidoux