Vincent Alarie-Tardif a porté l’uniforme du Rouge et Or de l’Université Laval pour une dernière fois, samedi, à la Coupe Vanier.

«J'ai tellement appris sur moi-même»

Samedi dernier, Vincent Alarie-Tardif a tiré un trait sur sa carrière de joueur de football universitaire. Après quatre ans en tant que membre du Rouge et Or de l’Université Laval, le moment est maintenant venu d’amorcer un nouveau chapitre de sa vie.

Le produit des Mustangs de l’Odyssée Dominique-Racine a passé les quatre dernières années de sa vie au sein de l’un des meilleurs programmes du football universitaire canadien. Dominant, voire impitoyable, pendant son stage collégial, Alarie-Tardif a dû mettre son ego de côté lorsqu’il est débarqué à Québec.

«J’ai tellement appris sur moi-même, a avoué Vincent Alarie-Tardif à l’autre bout du fil. J’ai dominé la ligue au collégial et j’ai eu du fun au cégep, mais à Laval, il faut que fasses preuve d’humilité et que tu piles sur ton orgueil. Tu n’es plus le meilleur, tout le monde est aussi bon que toi. C’est un processus qui dure trois, quatre ou cinq ans. Je me suis défoncé sur les unités spéciales à mon arrivée et j’ai fait ma place. Dans les deux dernières saisons, je faisais partie des porteurs de ballon de confiance.»

L’athlète est très reconnaissant envers le personnel d’entraîneurs et les dirigeants du Rouge et Or.

«Ils t’apprennent à devenir une bonne personne, a fait valoir Alarie-Tardif. Tu apprends à être humble, persévérant. J’ai de très bonnes valeurs que mes parents m’ont inculquées, mais on dirait que tu recommences à zéro. Tout ce que j’ai appris à Laval, ça va me servir dans la vraie vie.»

À la Coupe Vanier, le Rouge et Or a baissé pavillon 39-17 face aux Mustangs de Western, dont fait partie le Chicoutimien Grégoire Bouchard. Les représentants de l’Université Laval n’ont donc pu défendre leur titre acquis un an plus tôt.

«Ils nous eus sur toutes les facettes du jeu, malheureusement, a résumé Vincent Alarie-Tardif. Ils nous ont dominés. On n’est vraiment pas sortis comme on voulait, mais ils ont mieux joué que nous. Ils méritaient le match.»

Le porteur de ballon a été limité à cinq courses, réussissant un touché en fin de rencontre.

«J’ai donné mon 100 pour cent comme je le fais chaque match, a-t-il réagi. Je suis satisfait de ma performance, mais est-ce j’aurais pu faire mieux? Oui, comme à chaque match. C’est sûr que j’aurais aimé en donner plus, mais je n’ai pas eu la chance. Quand tu perds tôt dans le match, c’est dur de courir.»

Repêchage de la LCF

Son stage de football universitaire étant chose du passé, Vincent Alarie-Tardif va maintenant se préparer pour les tests physiques (Combine) de la Ligue canadienne de football (LCF) cet hiver, suivi du repêchage au printemps. Celui qui va avoir 25 ans dans les prochains jours va donc être occupé au cours des prochains mois.

«Je devrais recevoir une chance de la Ligue canadienne, a évoqué Alarie-Tardif. Je vais m’entraîner fort au cours des prochains mois et je vais aller au Combine. Après ça, on verra.»

Le jeune homme est toutefois loin de s’arracher les cheveux lorsqu’il pense au repêchage de la LCF. Futur détenteur d’un baccalauréat en sciences de la consommation, il est également propriétaire d’une compagnie de construction, Peinture Econo pro, fondée il y a bientôt un an en compagnie de son meilleur ami. Ce n’est donc pas la LCF à tout prix pour le produit régional.

«Je ne m’acharnerai pas, a promis Vincent Alarie-Tardif. Il y en qui s’acharnent pendant 4-5 ans à essayer de penser qu’ils peuvent jouer pro. Si une équipe me donne la chance, je vais la prendre, mais sinon, je ne pousserai pas ma ‘‘luck’’. J’ai d’autres plans. Avec ma compagnie et mon baccalauréat, j’ai plein de ressources.»

Malgré plusieurs tentatives, il n’a pas été possible de joindre Grégoire Bouchard, vainqueur de la Coupe Vanier avec les Mustangs de Western.