À l'issue d'une saison ponctuée de remises en question, Jade Chénard-Roy a savouré sa médaille d'argent dimanche, au tournoi par équipe du Championnat canadien universitaire et collégial de badminton.

Jade Chénard-Roy: une médaille d'argent à saveur d'or

Jamais une médaille d'argent n'aura été aussi satisfaisante que celle remportée par Jade Chénard-Roy, porte-couleurs du Rouge et Or, qui a terminé deuxième dimanche, du tournoi par équipe du Championnat canadien universitaire et collégial de badminton. Elle a permis à la recrue de terminer en beauté une campagne marquée par de nombreux questionnements.
«Pour moi, elle est davantage satisfaisante que bien des médailles d'or que j'ai gagnées par le passé», a lancé l'étudiante en médecine. C'était comme l'une des premières fois que je jouais dans un championnat et c'était un championnat universitaire canadien. Et j'ai été mise à rude épreuve. Cette médaille, c'est le symbole du match que j'ai remporté en simple face aux Mustangs de Western et c'est le symbole de la confiance que j'ai gagnée auprès de mon entraîneur qui, par la suite, m'a fait évoluer dans le match de la finale canadienne, une rencontre dont je suis très fière, même si j'ai perdu. Cette médaille va me donner de l'énergie et de la motivation pour le reste. C'est un bon boost.
«Au niveau collectif, je vois cette conquête comme un grand accomplissement étant donné que pour nous rendre en finale, nous avons battu les Citadins de l'UQAM, une équipe que normalement nous sommes incapables de vaincre, a ajouté Chénard-Roy. J'ai des coéquipiers qui disent qu'une médaille d'argent, c'est d'être premier chez les perdants. Mais je ne pense pas ça. On s'est qualifié pour le dernier match du tournoi et on a passé proche de gagner. Pis crime, l'année prochaine on va l'avoir.»
Adaptation
Évoluant avec les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy la saison dernière, Jade faisait alors partie de la crème du circuit collégial. Mais malgré tout son talent, son adaptation à la ligue universitaire ne s'est pas faite du jour au lendemain. Habituée à être confrontée à des joueuses moins fortes qu'elle, la jeune athlète s'est retrouvée face à des raquettes de son calibre et même meilleures qu'elle. Elle a donc dû changer son style de jeu.
«Au début, je ne jouais presque pas lors des tournois universitaires. Et ce fut une énorme remise en question. Je me suis demandé si c'était mon niveau de jeu qui avait baissé et ce que j'avais fait pour mériter cela. Était-ce parce que je m'entraînais moins bien? Pourtant, mes heures d'entraînement étaient vraiment plus longues et plus intenses. Je me demandais c'était quoi le problème. Et ça n'a vraiment pas été facile. Mais j'ai fini par accepter et par comprendre que ce n'était pas toujours ton niveau de jeu qui allait décider quand tu allais jouer. Il fallait que tu te fasses un nom. On peut être bonne, mais être bonne sous la pression, c'est complètement autre chose. Et c'est ce que je devais prouver.»
Il n'y a pas que sur le court où Jade a dû vivre une adaptation difficile. Le même scénario s'est produit au niveau de ses études. Très performante aux niveaux sportif et scolaire lors de ses études collégiales, elle s'est présentée à l'université avec des standards très élevés. Il a fallu qu'elle comprenne qu'avec toutes ses heures d'entraînement et toutes ses autres occupations, elle ne pouvait pas atteindre la perfection d'une personne qui consacrait tout son temps à ses études.
«Ça a été dur à accepter. Mais malgré tout, je continue à travailler très, très, fort pour obtenir des résultats qui me satisfont. Je pense avoir réussi à atteindre un équilibre dans mon sport, à l'école et dans ma vie sociale. C'est une quête de tous les jours et ça demande beaucoup d'efforts. Il faut que je sois rigoureuse. «Je dois dire que ma première session a été la pire. La première session en médecine est épouvantable au niveau de la charge de travail. C'est beaucoup de par-coeur. J'ai donc dû complètement changer mes méthodes d'étudier. Mais maintenant, ça va pas mal mieux.»
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Le Rouge et Or s'incline en finale
Médaillés de bronze lors du championnat provincial, les joueurs de l'équipe de badminton du Rouge et Or sont venus bien près de ranger une médaille d'or du championnat canadien avec leurs raquettes. Opposés en grande finale aux Carabins de l'Université de Montréal, ils ont subi un revers de 3 à 2, le dernier affrontement de la finale, un simple masculin, se terminant au pointage de 2 à 1 en en faveur des gagnants.
«On va prendre un petit 10 minutes pour être déçus» a lancé l'entraîneur-chef Étienne Couture. Mais je pense qu'il va falloir être contents de cette médaille d'argent et trouver du positif parce qu'il y en a. Et il y a des choses sur lesquelles nous allons construire parce que nous avons énormément progressé cette saison. Nous étions dans un groupe très fort où évoluaient les Citadins de l'UQAM, qui nous avaient battus lors du provincial, et les Mustangs de Western, les champions de l'Ontario. C'était donc une grande satisfaction pour nous de sortir de notre groupe.
«En finale, les Carabins étaient plus forts sur papier. Le fait d'avoir emmené l'affrontement jusqu'au cinquième match et d'avoir été compétitifs dans chacune des rencontres, c'est très satisfaisant. Je suis donc déçu, mais aussi extrêmement fier de mes joueurs.»
Couture a indiqué que ses porte-couleurs avaient joué leur meilleur badminton de la saison lors du Championnat canadien universitaire et collégial disputé en fin de semaine au PEPS de l'Université Laval. Il a expliqué que ses joueurs avaient progressé semaine après semaine.
Sur le plan individuel, Stéphanie Pakenham (photo) s'est imposée en décrochant le titre national à la suite de sa victoire de 2 à 0 (21-9 et 21-12) sur Anne-Julie Beaulieu. Cette victoire lui a aussi permis de se qualifier pour le 13e Championnat du monde universitaire de badminton qui sera disputé en juillet à Cordoba, en Espagne. Pakenham a terminé sa saison avec une fiche parfaire de 20 gains en simple.