Le président de la Chambre de commerce Québec. Alain Aubut est très inquiet pour le sort de l'amphithéâtre.

Inquiétudes pour le sort du Centre Vidéotron

Voir Québec ne pas recevoir d'équipe d'expansion sème «des nuages gris» dans le ciel de la capitale, selon le président de la Chambre de commerce Québec. Alain Aubut est non seulement «déçu» de voir la candidature de Québec écartée, il est surtout très inquiet pour le sort de l'amphithéâtre.
«Il y avait un peu de nuages, mais là on peut dire qu'ils sont gris», a commenté sans détour celui dont l'organisation a été aux premières loges pour souhaiter un retour des Nordiques notamment au sein des pionniers de J'ai ma place.
«La Chambre de commerce, lorsqu'elle s'est impliquée, c'était pour un amphithéâtre. Mais c'était pour le retour d'une équipe de la Ligue [nationale de hockey (LNH)]», a lancé Alain Aubut en entrevue au Soleil peu après l'annonce par le commissaire de la LNH, Gary Bettman, que Las Vegas avait été préférée à Québec.
Avec peu de perspective de voir la Ligue revenir à Québec à court terme, Alain Aubut s'inquiète de voir un bâtiment aussi colossal sans équipe professionnelle alors que le modèle du Centre Vidéotron était orienté vers cet objectif.
«Oui, on avait besoin d'une infrastructure, mais c'était pour avoir une équipe de la Ligue nationale. Qu'est-ce qu'on va faire? Là, on tombe dans un autre modèle d'affaires», a-t-il poursuivi.
Cet «autre modèle d'affaires» comporte une préoccupante part d'inconnu, soutient le président de la Chambre de commerce. «Même avec 200 spectacles par an, l'amphithéâtre sans équipe de la Ligue nationale, ce sera un édifice très difficile à rentabiliser», dit celui dont l'organisation regroupe 4300 membres de la communauté d'affaires de la grande région de Québec.
«La Ligue nationale amène de nouveaux revenus de l'extérieur de la région. On aurait amené une économie et des sous d'ailleurs», a-t-il déploré.
Dion «courageux et digne»
Malgré sa déception et celle de ses membres qui rêvent à un retour des Nordiques, Alain Aubut souligne que l'amphithéâtre est «extraordinaire» et il n'a que des éloges pour Québecor et son pdg Pierre Dion, qui a pris la parole à Las Vegas mercredi.
«C'était une grande démonstration de courage et de dignité. De ce côté, on n'a rien à reprocher à Québecor», a-t-il dit.
Surtout, ajoute M. Aubut que le fait que M. Dion soit sur la tribune a laissé miroiter une bonne nouvelle plus tôt en journée. 
«C'est pas mal décevant, avec tout ce scénario des dernières heures quand on a appris qu'il parlerait. Là, on est très loin d'un aboutissement.»
«Un pas de côté», relativise Couillard
«C'est un pas de côté, pas un pas vers l'arrière. On peut certainement garder espoir d'accueillir une équipe.» Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a préféré se concentrer sur les éléments positifs du discours du commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), mercredi. 
«Je comprends que la candidature n'est pas écartée à jamais. Elle est déplacée dans le temps. Peut-être plus tôt qu'on pense, on ne le sait pas», a commenté M. Couillard en fin de journée mercredi. «Mais ce que je retiens est qu'on reconnaît les atouts de la ville de Québec avec le soutien de la population et la qualité de l'amphithéâtre», a poursuivi le premier ministre, citant deux points mentionnés par le commissaire de la LNH, Gary Bettman, lors de son annonce.
Le gouvernement libéral de Jean Charest a injecté 200 millions $ de fonds publics dans l'amphithéâtre de Québec. Une somme toujours justifiée malgré les récents développements, dit le premier ministre. «Je crois qu'il fallait doter Québec de cette installation. On a un équipement qui nous permet d'accueillir des spectacles et des événements de tout genre», a-t-il dit. «C'est certain qu'avec une équipe professionnelle, on serait dans le centre même de ce qu'on voulait accomplir avec l'amphithéâtre», a toutefois nuancé le premier ministre.
De son côté, le ministre de l'Éducation et député de Jean-Talon, Sébastien Proulx, n'a pas caché la déception qu'il partage avec les gens de Québec. Mais lui aussi préfère penser que ce n'est que «partie remise» pour Québec, qui a peut-être été «victime d'un mauvais concours de circonstances». La capitale, dit-il, n'a rien à envier à d'autres villes canadiennes. «C'est un marché de hockey tout aussi intéressant que Winnipeg et Ottawa. La décision est reportée, mais pas définitive. Je continue de penser que c'est possible.»
«Partie remise», dit Sébastien Proulx
De son côté, le ministre de l'Éducation et député de Jean-Talon, Sébastien Proulx, n'a pas caché la déception qu'il partage avec les gens de Québec. Mais lui aussi préfère penser que ce n'est que «partie remise» pour Québec, qui a peut-être été «victime d'un mauvais concours de circonstances». 
La capitale, dit-il, n'a rien à envier à d'autres villes canadiennes. «C'est un marché de hockey tout aussi intéressant que Winnipeg et Ottawa. La décision est reportée, mais pas définitive. Je continue de penser que c'est possible.»
Guérette dénonce le silence de Labeaume
La conseillère de l'opposition Anne Guérette n'en revient pas que le maire Régis Labeaume n'ait pas commenté la décision de la Ligue nationale de hockey. «J'espère que le maire Labeaume va commenter et partager ce sentiment de déception avec la population», a commenté l'élue de Démocratie Québec. Dès mercredi matin, Régis Labeaume avait annoncé par communiqué qu'il ne commentera pas la décision, qu'elle soit positive ou non pour Québec. Il a annoncé qu'il assistait en après-midi à la graduation de sa fille et que c'était «la priorité». Le maire s'envolait en soirée pour une mission d'une semaine à Bordeaux. Il a indiqué qu'il ne commenterait pas davantage depuis la France. Outre le silence du maire, Anne Guérette a affirmé mercredi que les citoyens de Québec allaient «continuer à faire des chèques» pour contribuer au déficit du Centre Vidéotron. Le conseil municipal a voté cette semaine pour une aide de 729 000 $ à Québecor en vertu de son contrat de gestion.  
Avec Simon Boivin