Toujours à Montréal, Evan Bush, de par son statut de père de famille, ne peut faire autrement que d’être préoccupé par la COVID-19 même s’il tente de trouver des moyens pour déplacer son attention ailleurs.
Toujours à Montréal, Evan Bush, de par son statut de père de famille, ne peut faire autrement que d’être préoccupé par la COVID-19 même s’il tente de trouver des moyens pour déplacer son attention ailleurs.

Impact: Evan Bush tente de tirer le meilleur d’une situation angoissante avec sa famille

Mardi dernier, Evan Bush et sa famille professionnelle se préparaient pour la visite des joueurs du CD Olimpia au Stade olympique. Ce mardi, ils devaient rendre la politesse au club hondurien. Entre-temps, un visiteur angoissant et dangereux s’est imposé sans pitié dans tous les coins du globe, dont le Québec, obligeant le gardien de l’Impact de Montréal à faire preuve de créativité en compagnie des membres de la famille qui compte le plus à ses yeux.

En congé forcé après la décision de la MLS de suspendre la saison pendant 30 jours jeudi dernier, lui et sa conjointe semblent avoir trouvé un moyen original pour ajouter de la vie à une maisonnée qui inclut déjà trois enfants âgés de 6 ans, 4 ans et de 14 mois.

«Mes enfants ne saisissent évidemment pas toute la portée de ce qui se passe, et peut-être que dans 10 ans, ils se rappelleront qu’ils ont raté un certain nombre de jours, de semaines ou de mois d’école. En ce moment, je pense qu’ils apprécient le fait d’être à la maison», a confié Bush, lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, mardi.

«L’une des choses qui nous garde sains d’esprit à la maison, c’est le fait que nous ayons mis sur pied un horaire qui copie un peu ce qu’ils feraient à l’école. On réserve du temps pour le bricolage, pour la lecture de livres éducatifs, pour des moments de quiétude, pour les repas, pour des sorties en plein air et dans la nature, ce qui est très important. Ils chérissent ces moments, un peu plus que ce que j’avais imaginé», a ajouté Bush en ricanant.

Toujours à Montréal, Bush, de par son statut de père de famille, ne peut faire autrement que d’être préoccupé par la COVID-19 même s’il tente de trouver des moyens pour déplacer son attention ailleurs.

«Quand vous devenez un parent, ça devient différent, c’est certain, a déclaré Bush. L’autre aspect, c’est si vous connaissez des gens qui travaillent dans le secteur de la santé et que vous avez des conversations sur le virus, son niveau de contagion, la rapidité avec laquelle il se répand. Je pense que ça vous donne une perspective un peu différente. Nous avons beaucoup de membres de la famille et des amis, autant ici qu’en Ohio, qui travaillent dans le domaine de la santé et qui sont très inquiets. Donc, s’ils sont très inquiets, ça m’inquiète automatiquement.»

Développements rapides

Bush a encore peine à réaliser à quel point les événements se sont bousculés à partir du moment où la NBA a annoncé un premier cas de joueur contaminé à la COVID-19, mercredi dernier. Une douzaine d’heures plus tard, la MLS rendait publique sa décision de suspendre sa saison, au moment où Bush et certains de ses coéquipiers étaient à l’entraînement.

«Jeudi, les joueurs qui n’avaient pas participé au match contre le Honduras s’entraînaient et nous n’avions pas accès à nos téléphones. Mais je pouvais voir par la fébrilité sur les lignes de côté, et en regardant notre personnel, que quelque chose se passait, et je m’imaginais très bien ce que ça pouvait être», s’est remémoré Bush.

«Je pense que la nouvelle au sujet du joueur de la NBA a ouvert les yeux de bien des gens. Vous pouvez entendre dire que des gens qui vivent dans une province ou un État situé à 3000 milles de chez vous ont le virus sans penser que la chose est réelle. Mais dès que vous apprenez qu’un individu au sommet de sa carrière athlétique a contracté le virus et qu’il l’a transmis à d’autres, ça devient plus réel, pour une raison ou une autre. Peut-être parce que vous avez le sentiment d’avoir une connexion avec les célébrités et les vedettes», estime Bush.

Moins d’une semaine après les premiers développements majeurs liés à la COVID-19 en Amérique du Nord, Bush a encore de la difficulté à décrire ce qu’il vit. Un seul mot lui vient à l’esprit.

«C’est surréaliste. C’est la première fois de ma vie que je vis quelque chose du genre en matière de santé. Je crois que pour les gens de mon âge, de n’importe quel âge en fait, le seul autre moment où le temps s’est arrêté pendant un certain nombre de jours, c’est après les attaques du 11 septembre 2001. C’était complètement différent. Ce que nous vivons touche tout le monde sur terre, et je pense que les gens commencent à en saisir l’ampleur.»

À titre de représentant des joueurs de l’Impact - où on ne comptait encore aucun cas de la COVID-19, mardi, selon un porte-parole - Bush maintient un contact quotidien avec ses coéquipiers pour s’enquérir de leurs questions ou de leurs soucis.

Pour le reste, Bush ne s’aventurera pas à souhaiter une date de reprise des activités dans la MLS.

«Honnêtement, j’ignore quelles sont mes attentes parce que l’information change toutes les 30, 45, 60 minutes. Si vous m’aviez dit, il y a quelques jours, qu’à peu près tous les pays de l’Ouest seraient en confinement et que les citoyens ne pouvaient entrer ou sortir, j’aurais pensé que nous étions au coeur d’une Guerre mondiale. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons prendre à la légère», a illustré Bush.

«Même si le sport a toujours été un moyen, pour les spectateurs, de mettre de côté la vie de tous les jours - et je vis cette vie moi-même en tant qu’amateur de sports - il y a des choses plus importantes en ce moment. Je pense que la ligue le comprend et qu’elle ne précipitera pas les amateurs, les joueurs, le personnel dans une situation potentiellement néfaste.»