Eduardo Larenas (à gauche), né à Québec, mais vivant maintenant en Argentine, s'est dit bien heureux de revenir dans sa ville natale, le temps d'affronter Adam Dyczka dans l'octogone.

Icho rentre à la maison

D’énormes biceps couverts de tatouages tribaux. Poids lourd venu d’Argentine, la barbe taillée en pointe et le regard menaçant. «Salut tout le monde! Je suis content d’être de retour à Québec!» lance-t-il au micro, avec le sourire et son accent... québécois.

Eduardo Larenas est de retour. Sept ans après avoir quitté Québec, ville où il est né et a grandi — il faisait déjà ses 6’3” à 13 ans, on voulait en faire un joueur de basket —, celui que tous surnomment «Icho» depuis sa tendre enfance se battra vendredi soir au Centre Vidéotron dans le cadre du gala d’arts martiaux mixtes TKO 43.

«Ça fait longtemps que je n’étais pas revenu à Québec, surtout pour me battre. Je me suis tout le temps battu, c’est rare qu’on ne me connaisse pas. Je me battais dans les clubs, je me battais partout, partout. Je dois avoir 1000 combats dans la rue!» a d’emblée admis le sympathique gaillard, mercredi, lors d’une rencontre de presse.

Sa propension à cogner l’a mis dans le pétrin plus d’une fois. D’abord au jour de l’An 2000 quand, dans ses fonctions de portier à la discothèque Le Dagobert, sur Grande Allée, il a expulsé un client beaucoup trop violemment. «C’est le seul dossier que j’ai. Ils m’ont mis en prison. J’avais 19 ans», résume-t-il.

Puis 10 ans plus tard jour pour jour, au Premier de l’an 2010, dans le bar d’un tout-inclus, à Puerto Vallarta, au Mexique. Grosse bagarre, où il avoue s’en être donné à cœur joie, doublée d’une fusillade, avec laquelle il assure n’avoir rien à faire.

Cela lui a quand même valu 80 jours de détention préventive avec trois autres Québécois et un gars de la Colombie-Britannique. Il en était ressorti sans accusation aucune.

Du vin, du steak... mais pas de poutine

Mais tout de même très ébranlé, après ce qu’il qualifie de «trois mois d’enfer». Victime de torture de la part des autorités mexicaines, qui les avaient associés à un groupe de narcotrafiquants, Larenas a ensuite décidé d’aller passer une petite année sabbatique en Argentine, question de changer d’air.

Il est resté. Ça fait sept ans qu’il habite Buenos Aires, sa blonde est Argentine. L’homme de maintenant 37 ans y dirige un gymnase d’arts martiaux mixtes, le Viken, comme viking, dont il a la tête de l’emploi. C’est là, avec son entraîneur Fernando, qu’«el dogo», le bulldog, tente de sortir les jeunes de la misère de la rue et de la drogue.

C’est là aussi qu’il jouit des hivers à 25 °C, «du vin, du steak et de la vie au bord de l’eau. Qu’est-ce que tu veux de plus?» s’esclaffe Larenas, qui dit quand même demeurer un Québécois et s’ennuyer de la poutine.

Né en haute-ville de Québec, rue Saint-Joachim, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, son père, à la fois champion d’haltérophilie, médecin et guitariste classique, l’obligeait à s’entraîner aux haltères.

Il a fait ses débuts dans les rangs professionnels des arts martiaux mixtes en 2004. Il s’est produit une fois dans l’UFC en 2006, à Las Vegas, défaite subie en sous-carte de St-Pierre–Penn I. Il a aussi vaincu Steve Bossé en 2007 et son dernier combat officiel remonte à 2013, même s’il dit n’être inactif que depuis un an et demi.

«De toute façon, je suis toujours en train de me battre», résume celui qui a aussi livré une vingtaine de combats de boxe pros en Argentine.

À Québec, il retrouve plusieurs amis d’enfance, mais surtout sa sœur et sa mère, même si cette dernière ne sera pas au Centre Vidéotron vendredi soir. «Elle n’aime pas la violence», dit-il. 

Larenas (6-5) et ses 235 livres de muscles affronteront Adam «Kung Fu Panda» Dyczka (6-0), de Granby. Les deux ont déjà été champions des lourds de TKO, mais Dyczka a été dépouillé de sa ceinture en janvier après avoir échoué à un test antidopage pour usage de marijuana.

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BARRIAULT EN UFC LE 28 JUILLET?

Le combat de Marc-André Barriault, vendredi, à Québec, pourrait être son dernier avant le grand saut dans les ligues majeures. L’athlète de 28 ans de Québec, qui a une fiche de 9-1, pourrait faire ses débuts dans l’UFC le 28 juillet, à Calgary. «Il y a une motivation supplémentaire. J’aime savoir qu’à la fin de la soirée, autre chose va s’en venir. Mais je reste concentré sur vendredi», indique celui qui défendra son titre des poids moyens (185 lb) de l’organisation TKO contre le Vancouvérois Brendan Kornberger (9-3), au Centre Vidéotron. Les gens de l’UFC «ont l’œil sur moi même avant ma ceinture, ils m’ont approché. Je vais encore faire bonne impression dans la cage et ils vont m’aimer encore plus quand je vais sortir victorieux, vendredi», affirme celui qui aurait un autre combat à son contrat avec TKO. Le président Stéphane Patry devrait néanmoins l’en libérer, bien qu’il ne veuille plus perdre toutes ses vedettes en même temps comme il y a une douzaine d’années avec les départs simultanés des Georges St-Pierre, David Loiseau, Patrick Côté, Sam Stout et compagnie.

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RETOUR À QUÉBEC LE 21 SEPTEMBRE

La première cloche n’a même pas sonné vendredi que déjà, l’organisation TKO annonce qu’elle tiendra une autre soirée d’arts martiaux mixtes au Centre Vidéotron, le 21 septembre. «Cette année, on voulait faire les grosses places et après le Centre Bell à Montréal et la Place Bell à Laval, on voulait venir au Centre Vidéotron de Québec», fait valoir le président de TKO, Stéphane Patry, lui-même de Québec. Il s’attend à 5000 spectateurs, ce vendredi. Et même si ses vedettes Marc-André Barriault et Jonathan Meunier, deux produits de la capitale, n’étaient pas de retour en septembre, Patry dit compter sur assez de Québécois de fort calibre pour remplir une autre soirée intéressante. Le poids plume de Belœil Charles Jourdain serait son prochain point de mire.