Le quart-arrière Hugo Richard peut devenir dimanche le premier joueur dans l’histoire du football universitaire canadien à lancer 60 passes de touché et marquer 30 majeurs par la course.

Hugo Richard sait le legs qu’il veut laisser

La fin de sa carrière sportive universitaire approche. Des super matchs contre les Carabins de Montréal, comme celui de dimanche à Québec, il lui en reste deux, maximum. Le quart-arrière étoile du Rouge et Or Hugo Richard sait donc précisément la marque qu’il souhaite laisser.

Richard peut devenir dimanche le premier joueur dans l’histoire du football universitaire canadien à lancer 60 passes de touché et marquer 30 majeurs par la course. Avec encore trois rencontres régulières à disputer pour boucler ses cinq années d’admissibilité, il montre 61 passes de six points et 29 touchés au sol.

«J’y pense oui et non. Mon objectif primaire cette saison est de gagner une Coupe Vanier à la maison. Que les statistiques soient bonnes ou mauvaises m’importe peu. C’est toujours plaisant si elles sont bonnes, mais si je suis capable de faire ça et de gagner, c’est encore mieux. Si on gagne, comme le match de dimanche, c’est ça l’important», a confié le vétéran pivot, en préparation pour affronter les Carabins.

Seul Phil Côté, avec Ottawa (1996-2000), a flirté avec le club des 60-30 avec 56 tirs bons pour un majeur et 32 courses jusque dans la zone des buts.

Richard ne veut pas perdre son point focal, on le comprend. Mais une fois la campagne terminée, il léguera un héritage important au club de football du Rouge et Or et au-delà. Avec une fiche de 39 victoires et six défaites comme quart-arrière partant au niveau universitaire, le numéro 4 revendique déjà deux titres de conférence et un championnat national. Il tentera d’ajouter à cette collection d’honneurs collectifs, en novembre.

Au plan individuel, il a été nommé meilleur joueur universitaire au Québec à deux reprises (2014 et 2017), joueur par excellence du match de la Coupe Vanier de 2016 et recrue de l’année au Canada en 2014.

Aucune interception jusqu’ici

Ses chiffres font belle figure encore cette année avec 70,2 % de passes complétées (90 en 141) et, surtout, aucune interception jusqu’ici pour entacher son dossier en cinq sorties. Voilà sans doute la statistique dont il tire le plus de fierté, idem pour le coordonnateur à l’attaque du Rouge et Or, Justin Ethier.

Il peut d’ailleurs se vanter d’être le seul quart partant des 27 programmes à travers le Canada à toujours avoir une fiche immaculée à ce chapitre.

«C’est un chiffre important, constate Richard. C’est bien de limiter les revirements. Je suis très content et je vais m’arranger pour que ça continue. On parle souvent de mettre l’équipe dans des bonnes situations et c’est l’exemple parfait. On a confiance en notre unité défensive et si on gagne la guerre des revirements, nos chances sont bonnes de gagner la partie.»

Il ne saurait mieux dire à la veille d’affronter les Carabins devant un stade de l’Université Laval qui s’annonce comble. Même si Montréal domine le circuit québécois avec huit interceptions, Richard n’a pas péché dans ce domaine lors du premier duel entre les deux puissances début septembre, dans la métropole.

De son côté, la défensive de l’UL a intercepté deux passes qui ont mené à autant de placements pour six points. Toute la différence dans la victoire de 12-7 du Rouge et Or.

Faire ça, mais en mieux

«On a connu une bonne performance chez eux, même si on n’a pas mis autant de points au tableau qu’on l’aurait voulu. On s’est sortis des mauvaises situations et on bien contrôlé la position de terrain, dit Richard.

«Cette fois, il faudra s’assurer de faire ça et de le faire mieux, poursuit-il. On devra être capable de mieux terminer nos poussées offensives. On clique un peu plus en attaque en ce moment, on est plus explosif, plus rapide dans notre exécution, à changer notre tempo. On est plus à l’aise à se placer et à exécuter rapidement. Ça va faire une différence», prédit Richard.

Au cours de ses quatre premières saisons régulières, Hugo Richard a commis 17 interceptions, dont neuf, donc environ la moitié, survenues dans les trois dernières rencontres d’un calendrier régulier qui en compte huit. C’est ce qu’il lui reste avant les éliminatoires, trois matchs.

À compter de 13 h, le match Rouge et Or-Carabins est présenté au PEPS et à la télé de TVA Sports. Le Rouge et Or portera son casque doré lustré et probablement son uniforme noir.

***

«On s’attend à une grosse game défensive» dimanche, indique le secondeur de couverture du Rouge et Or Adam Auclair.

«UNE GAME DE CHICKEN»

Si les duels au sommet du football universitaire québécois entre Laval et Montréal résultent souvent en de bas pointages ultraserrés, comme le 12-7 du 8 septembre, l’affrontement de dimanche après-midi ne devrait pas faire exception. Les entraîneurs et les joueurs se connaissent; on s’analyse, se jauge, s’étudie, attendant la plupart du temps que l’autre fasse une erreur.

«Ça va être un game de chicken», résume en riant le secondeur de couverture du Rouge et Or Adam Auclair. «On s’attend à une grosse game défensive, surtout qu’ils ont des joueurs qui n’étaient pas là dans le premier match et qui reviennent. Leur attaque est comme notre attaque, ils ont des outils dans plein de facettes de jeu. Ce sera à nous de nous ajuster, d’utiliser le bon personnel chaque fois qu’eux aussi changent de personnel.»

Si le Rouge et Or n’accorde que 5,2 points en moyenne par rencontre, donc moins que les six points d’un majeur, l’unité défensive du coordonnateur Marc Fortier fait encore mieux avec seulement deux touchés alloués en tout sur cinq matchs.