Hugo Richard, «le joueur qui a vécu le plus de pression dans l’histoire de ce programme»

«Hugo Richard est le joueur qui a vécu le plus de pression dans l’histoire de ce programme. Aucun doute dans mon esprit. Et il a livré la marchandise.»

Justin Ethier se souvient de l’été 2016. Le Rouge et Or venait de s’incliner deux années de suite en finale de conférence contre Montréal, sous-performance grave dans l’œil de plusieurs amateurs. Coïncidence? Les saisons 2014 et 2015 étaient les deux premières de Hugo Richard aux commandes de l’attaque.

«Le monde m’arrêtait et me demandait : “Allez-vous changer de quart-arrière? Il a de la misère!” Je ne voyais pas pourquoi! Hugo avait été recrue de l’année au Canada et nous avait amenés à deux Coupes Dunsmore. Mais maintenant, je n’ai plus à répondre à ces questions-là.»

«On vient de gagner deux Coupes Vanier en trois ans et Hugo a été joueur par excellence de la saison au Québec deux fois et de la finale canadienne deux fois. Aujourd’hui, il a été extraordinaire», a louangé le coordonnateur offensif, après l’ultime victoire de 34-20 samedi, face aux Mustangs de Western Ontario.

«Hugo Richard a été coupable d’avoir une grande première saison régulière», analyse pour sa part l’entraîneur-chef Glen Constantin. «Il était un super héros au début et a ensuite perdu les deux Coupes Dunsmore. Il a vécu un grand soulagement après sa première Coupe Vanier [en 2016], ça lui a enlevé un gros poids sur ses épaules.»

«Et une fois sa première gagnée, il voulait être dans le club sélect de Mathieu Bertrand et de Benoît Groulx d’en gagner deux. C’est fait, il peut sortir d’ici en gagnant», lui a-t-il levé son chapeau, le comptant du coup dans la Sainte Trinité de l’histoire du Rouge et Or.

Alors qu’il est d’ordinaire difficile de lui soutirer une risette — il avait déjà dit seulement sourire «quand ça vaut la peine» —, Richard était euphorique après avoir soulevé la Coupe Vanier, dont la base en bois s’est d’ailleurs plus tard séparée du bol métallique.

«C’était mon dernier match en carrière, alors c’était pas vrai que je le passerais fâché tout le long! Je voulais en profiter avec les gars. Je pensais brailler comme un bébé, mais je suis vraiment trop heureux!» s’est exclamé celui qui fait parti d’une dizaine de joueurs qui ne reviendront pas chez le Rouge et Or l’an prochain.

Pour ceux et celles qui s’inquiètent de l’avenir offensif du club sportif chouchou de l’Université Laval, notez que le Rouge et Or a aussi soulevé la Coupe Vanier l’année suivant le départ de ses grands quarts-arrières Bertrand et Groulx, en 2004 et en 2010.

Betts, le meilleur

Autre départ important, celui de l’ailier défensif et joueur de ligne universitaire par excellence au Canada depuis trois ans, Mathieu Betts. «Peut-être le meilleur joueur défensif qui est passé ici. Et je ne sais pas si on va en avoir d’autre comme ça», atteste le chef Constantin.

Après quatre ans à l’UL, Betts pourrait revenir disputer une cinquième et dernière campagne, mais ses chances de passer dans les rangs professionnels sont très élevées.

«L’idée m’a traversé l’esprit que c’était probablement mon dernier match. Depuis le début de l’année, je sais que c’est une possibilité et mon objectif est d’avoir mon bac en poche [en avril 2019]. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais le Rouge et Or, peu importe comment ou quand, ça ne peut pas être un mauvais choix», a conclu Betts, qui a rabattu une passe contre Western et réalisé un dernier sac du quart arrière en collaboration avec son fidèle plaqueur Vincent Desjardins.