Hugo Richard à l'oeuvre sous l'oeil attentif de l'ancien quart-arrière vedette du Rouge et Or Mathieu Bertrand.

Hugo Richard avec les plus grands du football universitaire

Les chrétiens croient au Père, au Fils et au Saint-Esprit; les fans du Rouge et Or ont eu Bertrand, Groulx et maintenant Richard.

Le quart-arrière Hugo Richard achèvera dimanche sa cinquième et dernière saison régulière universitaire. Après avoir réécrit le livre des records du prestigieux club de l’Université Laval, il menace la marque québécoise de 68 passes de touchés (67), s’apprête à entrer dans le club des 10 000 verges de gains aériens (9980) et pourrait devenir le premier quart-arrière universitaire au Canada à réaliser à la fois 60 majeurs par la passe et 30 par la course.

Voici ce que le principal intéressé en pense et ce que les grands passeurs qui l’ont précédé disent à son sujet.

HUGO RICHARD, LAVAL (2014-2018)
* 1 Coupe Vanier, 2X meilleur joueur au Québec, 1X meilleure recrue au Canada

«Avec toute la pression que j’ai eue à être comparé à Mathieu Bertrand et à Benoît Groulx, j’espère que quelqu’un va la vivre un jour en étant comparé à moi!»

«Je ne sais pas combien d’années ça va prendre, mais ce serait plaisant de savoir que j’ai laissé ma marque à ce point-là», a commenté le numéro 4, vendredi soir, au terme de la dernière véritable séance d’entraînement en saison régulière de sa carrière universitaire.

«J’ai quand même eu une belle carrière, a-t-il analysé. Ce qui m’a avantagé beaucoup pour les records, c’est d’avoir été partant dès mon premier match.» À cause d’une suspension d’équipe imposée à Alex Skinner qui, rappelons-le, a ensuite quitté le Rouge et Or.

«Avec une attaque aussi productive que celle du Rouge et Or, être partant dès le premier match est un élément important à considérer dans le calcul. Benoît Groux, que j’ai dépassé la semaine dernière pour les passes de touché en carrière, n’a pas joué à son premier match et a été partant juste au quatrième. Quand on parle d’une différence d’une passe de touché, ça compte.

«Être comparé à ces gars-là est bon signe, mais ça met de la pression. J’ai dû gérer les attentes, ne pas trop m’en faire à propos de ce que les autres pensent. Pour réussir ça, je m’en suis tenu à mon petit cercle, mes entraîneurs, mes coéquipiers et ma famille. Que je lance pour 300 ou 150 verges, ma famille va m’aimer pareil! Même si je sais que des fois mon père n’est pas content, il ne me reniera pas», rigole-t-il.

«Je suis content de laisser ma marque, mais ce ne sera pas nécessairement ça mon legs. Au sein de l’équipe, on se souviendra plus de la personne que de mes statistiques. Que j’étais un joueur d’équipe, qui aimait mener, que j’apportais de l’énergie et non mon nombre de passes de touché.»

Il reste sur son chemin un match de saison et les séries, avec comme destination finale le match de la Coupe Vanier présenté à Québec, le 24 novembre.

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JÉRÉMI ROCH, SHERBROOKE (2011-2015)

  • 1X meilleure recrue au Canada
Jérémi Roch en 2015 aux commandes de l'attaque du Vert & Or.

«Je connais Hugo depuis longtemps. Nous venons tous les deux du Collège Vanier, je l’ai coaché, puis j’ai joué contre lui dans les rangs universitaires. Il est tellement talentueux et tout le monde reconnaît qu’il est extrêmement compétitif.»

«Il veut toujours donner le meilleur de lui-même, alors je suis content qu’il ait la chance de battre un de mes records», affirme le détenteur de plusieurs records de conférence et même canadiens, lui qui se tient maintenant en retrait du football.

«Ç’a été de beaux moments pour moi et je suis sûr que ç’en sera pour lui dimanche. Après, le Rouge et Or et Hugo Richard ne vont pas se satisfaire de ça, ils veulent gagner une autre Coupe Vanier.»

«Mais avec un pas de recul, comme j’ai depuis la fin de ma carrière, ça fait quand même du bien de voir ce qu’on a accompli. Ça fait aussi du bien pour le programme, pour tous les joueurs qui ont évolué autour de toi et qui ont participé à atteindre ces marques.»

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BENOÎT GROULX, LAVAL (2005-2009)

  • 2 Coupes Vanier, 1X meilleur joueur au Canada, 3X meilleur joueur au Québec
Benoît Groulx au coeur de l'action en 2006.

«Il a progressé tout au long de ses cinq années. Il protège encore mieux le ballon, à preuve ses deux interceptions seulement en sept matchs cette saison [contre 15 passes de touché].»

«Il possède un excellent bras et peut-être qu’il forçait un peu trop le jeu à son arrivée à Laval, mais il a pris de la maturité», explique celui qui coache maintenant au Collège Charles-Lemoyne, sur la Rive-Sud de Montréal.

«Avec le Rouge et Or, le but est de gagner des championnats et ça prend le dessus sur les exploits individuels. Je suis sûr que Hugo est en mode Coupe Vanier en ce moment, surtout que c’est sa dernière année.»

«Moi, je n’ai pas eu la chance de partir sur une victoire en 2009, alors qu’on a subi une défaite crève-cœur en demi-finale canadienne contre Queen’s et que le match de la Coupe Vanier était à Québec.»

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Matt Connell, McGill (2004-2008)

Matt Connell intense à l'attaque contre le Carabins en 2007.

«Hugo est un quart-arrière très complet qui peut autant passer que courir, ce qui rend la tâche des défensives adverses très difficile», indique celui qui fait partie du personnel d’entraîneurs de Concordia, au poste de coordonnateur offensif.

«C’est un vrai compétiteur! Comme coach, c’est ce que tu veux avoir à cette position. Il se bat sur chaque essai et quand le jeu ne fonctionne pas, tu le vois dans sa face qu’il est fâché! Ça motive les autres autour à jouer avec lui et pour lui.»

Connell se souvient parfaitement de la passe qui lui avait permis de franchir le plateau des 10 000 verges de gains aériens, en 2008, contre les Carabins. Un autre de ses nombreux lancers destinés aux mains sûres de son receveur de prédilection Charles-Antoine Sinotte, aujourd’hui analyste à TVA Sports.

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Mathieu Bertrand, Laval (1998-1999, 2001-2003)

  • 2 Coupes Vanier, 2X meilleur joueur au Québec
Mathieu Bertrand à sa dernière année comme joueur avec le Rouge et Or, en 2003.

«Hugo est exemplaire depuis qu’il avec le Rouge et Or, que ce soit en classe, aux entraînements ou dans les matchs. Il s’est amélioré toutes les années et maintenant, il contrôle tout ce qu’il y a sur le terrain. On est chanceux de l’avoir!» sourit l’ancien pivot qui, à titre d’entraîneur des quarts-arrières à l’UL, a maintenant le privilège de voir évoluer Richard de très près.

Bertrand a d’abord vu Groulx effacer plusieurs de ses marques d’équipe, puis Richard finir le travail dans les dernières années. «Tous les records sont faits pour être battus! Tant mieux si mon nom est resté, je dois avoir fait quelque chose de bon.»

«Mais les comparaisons, c’est toujours délicat, tous les quarts-arrières sont différents. Et ça revient aussi au groupe de receveurs devant lui et à la ligne offensive qui le protège. Mais une grande partie revient à celui qui lance le ballon, parce que si ce n’était pas facile à attraper, ils ne l’attraperaient pas aussi souvent. Hugo est spécial.»