Hugo Richard n'hésite pas à souligner l'apport de Mathieu Bertrand pour expliquer sa progression.

Hugo Richard à son meilleur

Danny Maciocia a beaucoup vanté Hugo Richard, cette semaine. Bonne vieille stratégie pour endormir l'adversaire ou authentique éloge d'un homme de football à un autre? En tout cas, le quart du Rouge et Or est assez d'accord avec le coach des Carabins.
«Hugo joue probablement son meilleur football depuis qu'il est à [l'Université] Laval», a affirmé l'entraîneur-chef du club de l'Université de Montréal, en vue de l'affrontement de samedi contre le Rouge et Or.
«Je pense que oui», a réagi le pivot des champions canadiens en titre du football universitaire canadien, vendredi après-midi, au sortir de la dernière séance d'entraînement avant de partir pour la métropole. Le choc des titans se met en branle à 14h, samedi, au stade du CEPSUM.
Sans être dupe des possibles intentions du patron des Bleus, Richard se dit à même de constater sa progression. «Je suis plus constant dans mes décisions, je prends moins de risques. Je passe plus à travers mes protections, je me rends plus à mes quatrièmes ou même cinquièmes lectures, ce que je ne faisais pas aussi bien avant. Aussi, quand un jeu ne se développe pas bien, je me débarrasse plus vite du ballon et ça nous aide comme attaque», énumère le quart de quatrième année sur cinq.
L'influence de Bertrand
Ses statistiques après deux rencontres sur huit tendent à lui donner raison. Le 4 de l'UL affiche un fort taux de réussite de 76 % de ses passes, en plus d'en avoir largué cinq pour des touchés et aucune pour l'interception.
Après des saisons régulières de 13 passes de touché et cinq interceptions, en 2016, et de 6-5 en 2015, Richard semble en voie de retrouver ses succès de 2014, 22-4, sa première campagne universitaire où on l'avait élu recrue par excellence au Canada.
Mais cette fois, il y a plus. Il a gagné. Il est passé de bon à champion. Lui y voit davantage un résultat du travail quotidien effectué sous la supervision du coordonnateur de l'attaque, Justin Ethier, et de l'entraîneur responsable des quarts-arrières, Mathieu Bertrand.
«Dans les entraînements, Mathieu passe peu de temps avec les quarts, parce qu'il s'occupe des unités spéciales. Mais on rentabilise bien les cinq, dix minutes qu'on a ensemble pour travailler des détails précis. Il est gentil, sympathique, mais même s'il prend ça relaxe, il ne faut pas prendre ce qu'il dit à la légère», assure Richard. «Quand il te parle de quelque chose à corriger, tu as intérêt à ce que ça change rapidement, sinon tu vas l'entendre», sourit celui qui a développé une bonne complicité avec l'ancien quart étoile de l'équipe.
Rouge et Or décomplexé
La victoire de l'an dernier sur le terrain des Carabins, même deux fois plutôt qu'une, permet à Richard et à ses coéquipiers d'aller de l'avant dans cette rivalité où les gars de Québec avaient perdu les deux finales précédentes (2014 et 2015). Les voilà décomplexés.
«On est passés au stade où ça ne nous dérange pas d'aller jouer là-bas. On accorde moins d'importance au fait qu'on va jouer à Montréal. On se concentre plus sur l'idée de jouer un bon match et de bien se préparer», dit le quart-arrière.
Et de poursuivre : «Les victoires de l'an dernier, c'est de l'expérience. On les a tous vécues ensemble ou presque. Le pouls de l'équipe en ce moment est très bon, on n'est pas trop excités, on est en contrôle. On ne s'affole pas parce qu'on va jouer à Montréal. On sait à quoi s'attendre», conclut le meneur de l'offensive la plus productive de la conférence après deux semaines d'activités.
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Paquet, la bête noire du R et O
«À la base, l'énergie des matchs Québec-Montréal est déjà très élevée. Plus notre ouverture locale dans un stade rempli, contre Laval, à domicile, à la rentrée avec plein d'étudiants, la télé va être là. Ce sera de gérer les émotions et de vivre l'instant présent.»
Guillaume Paquet participe à un cinquième affrontement Rouge et Or-Carabins. Juste l'an passé, le receveur des Bleus en a joué trois. Il va conseiller de son mieux ses coéquipiers recrues en vue du match de samedi à l'Université de Montréal, mais il n'y a rien comme le vivre.
Le numéro 11 des Carabins a lui-même connu ses meilleures performances face aux ennemis jurés de la capitale. Les grands joueurs se distinguent dans les grands matchs, dit l'adage. En 2016, Paquet a récolté 270 verges de gains par la passe en trois parties contre Laval, marquant entre autres le seul touché de son camp dans un revers crève-coeur de 20-17 en finale québécoise.
«Les circonstances font en sorte que je suis ouvert, contre Laval. Leur couverture me permet de me libérer ou à un autre moment, c'est Régis [Cibasu] ou un autre receveur. C'est vrai que j'ai joué des gros matchs contre Québec, mais ce n'est pas parce que je joue plus vite ou plus fort contre eux», assure Paquet. Cibasu, Louis-Mathieu Normandin et lui composent un trio de receveurs étoilés en 2016 chez les Carabins, eux qui captent les offrandes du joueur par excellence en titre au Québec, le quart-arrière Samuel Caron.
Sherbrooke et Piette
Paquet en a fait du chemin depuis son entrée dans le football universitaire en 2014. avec le Vert & Or de Sherbrooke. Encore plus depuis ses années de soccer aux côtés de son meilleur ami Samuel Piette, aujourd'hui milieu de terrain pour l'Impact de Montréal.
L'an dernier, Guillaume Paquet a récolté 270 verges de gains par la passe en trois parties contre le Rouge et Or.
Le receveur de passes porte les couleurs de l'Université de Montréal pour une troisième année et réalise à quel point le temps passe vite. «Quand je suis arrivé à Sherbrooke, à 19 ans, j'avais Jérémi Roch et Sébastien Blanchard qui me disaient : "Fais attention Paquet, ça passe vite cinq ans [d'admissibilité universitaire]." Je leur répondais : "Arrêtez, vous dites ça juste pour parler!"»
«Et finalement, on dirait que mon premier départ dans la ligue était hier! Et aujourd'hui, c'est moi le gars dans le vestiaire qui dit aux receveurs recrues que ça passe vite!» s'exclame l'auteur de quatre attrapés pour 38 verges de gains à son premier match de la présente saison.
Revenir sur terre
L'ailier défensif Philippe Lemieux-Cardinal fait partie de ces vertes recrues des Bleus qui affronteront le Rouge et Or pour la première fois. Avec tout ce que cela implique. «Plus la partie approche, plus il y a un petit stress qui embarque», reconnaît le gaillard de 6'5'' et de 238 livres nommé joueur défensif de la semaine au Québec à sa toute première prestation universitaire, il y a deux semaines.
«C'est clair qu'il y a de l'engouement par rapport au match, que c'est plus médiatisé et qu'il y aura plus de bruit sur le terrain, mais les vétérans nous ramènent sur terre et nous rappellent de juste jouer au football. Comme on fait tous les jours», résume Lemieux-Cardinal.
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Bruit de foule
Des spectateurs rugissants comme ceux du stade de l'Université de Montréal, il n'y a rien comme le vivre pour savoir à quoi ça ressemble. Le Rouge et Or a quand même utilisé un enregistrement de foule pour exercer son attaque au compte silencieux, cette semaine. Les Carabins feront stade comble pour la 22e fois à l'ouverture locale de leur 15e saison, samedi, à compter de 14h. Dix de ces rencontres disputées à guichets fermés au CEPSUM l'ont été face au Rouge et Or. L'endroit peut contenir 5100 amateurs.
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Caron plus confiant
Samuel Caron a amorcé la saison du bon pied, complétant 27 de ses 38 passes, pour 338 verges de gains et trois passes de touché contre Concordia le 25 août.
Pour sa dernière campagne universitaire, le quart-arrière partant des Carabins Samuel Caron se montre plus confiant en ses moyens, selon son entraîneur-chef, Danny Maciocia. C'est que sa première saison comme partant, en 2016, lui a valu le titre de joueur par excellence au Québec. «L'an passé, il y avait beaucoup de questions à son sujet. Pas grand-monde le connaissait. Aujourd'hui, tout le monde le connaît», indique le coach à propos du pivot de Lévis, qui a poursuivi sur sa lancée cette saison avec un premier match de 27 en 38 (71 %) pour 338 verges et trois passes de touché. «Maintenant, Sam réalise qu'il mérite d'être sur ce terrain-là et de jouer ces matchs-là, une confiance qu'il n'avait pas avant.»
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Garder la routine
Même si les duels Carabins-Rouge et Or ne sont jamais des matchs comme les autres, Danny Maciocia insiste pour ne pas en faire un plat auprès de ses joueurs. «Je leur dis... pas grand-chose. La pire chose, c'est de changer la façon de diriger ton équipe à cause de l'adversaire. S'ils voient que l'entraîneur-chef change sa façon de faire, les joueurs vont sentir une pression qu'ils n'ont pas besoin de sentir. Ce sera une belle expérience pour eux, ils savent qu'ils ont besoin de bien jouer et sont déjà au courant à quoi s'attendre. Mais la réalité, il faut le vivre pour comprendre.»