Hugo Houle n’est pas tombé en bas de son vélo en apprenant l’annulation des Grands Prix de Québec et Montréal
Hugo Houle n’est pas tombé en bas de son vélo en apprenant l’annulation des Grands Prix de Québec et Montréal

Hugo Houle déçu par l’annulation des Grands Prix de Québec et Montréal

Lorsqu’il est sorti des montagnes italiennes de Livigno, en Lombardie, où il participait à un entraînement avec l’équipe Astana, Hugo Houle n’est pas tombé en bas de son vélo en jetant un coup d’œil rapide à ses courriels.

Il y a appris l’annulation des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, qui devaient avoir lieu les 11 et 13 septembre.

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Meilleur coureur canadien en 2019 à Québec avec une 15e place, Houle ne cachait pas sa déception à l’idée de ne pas pouvoir rouler devant les siens pour ce qui aurait été la 11e présentation de ces événements du Pro Tour de l’Union cycliste internationale (UCI).

«Pour moi, c’est une grande déception parce je trouve toujours cela agréable de courir chez moi et je n’ai pas l’occasion de le faire souvent pendant une saison. Ça me déçoit aussi pour Premier Tech, qui est l’un des nos principaux partenaires. Ce n’est que partie remise pour 2021», disait-il en conversation téléphonique depuis l’Italie.

Les organisateurs des GPCQM n’ont pas attendu jusqu’à la date limite du 31 juillet pour annuler les deux rendez-vous et le critérium de Montréal en raison de la pandémie et des points d’interrogation qui étaient aussi nombreux que les 200 km de chaque épreuve…

«Peu importe le plan qu’on étudiait, nous arrivions dans un cul-de-sac et il aurait été indécent de s’entêter. Il y a encore beaucoup trop d’incertitudes pour offrir des garanties, et on se devait d’agir ainsi par respect envers les équipes, coureurs, partenaires, employés, villes, bénévoles et nos milliers de spectateurs», disait avec un brin de tristesse le président des GPCQM, Serge Arsenault.

Il aurait pu attendre jusqu’à la dernière minute pour trancher, puisque les courses n’avaient lieu qu’en septembre. Malgré un contact quotidien avec la santé publique et les différents paliers de gouvernement, il ignorait cependant toujours si les équipes allaient pouvoir s’amener de l’Europe et si les coureurs allaient devoir se taper une quarantaine de 14 jours en débarquant en sol québécois.

«Le Grand Prix n’est pas qu’une course avec un départ, un peloton et un fil d’arrivée. Il s’agit d’une machine énorme et ça représente des coûts élevés. Il aurait été financièrement irresponsable d’aller de l’avant, d’autant plus que j’avais acquis la certitude qu’on ne pourrait pas tenir l’événement. On voyait ce qui se passait à gauche et à droite, on n’était pas aveugle. Mais voilà, nous étions dans un combat de boxe de 12 rounds, on s’est fait passer le K.-O. au 10e par un adversaire nommé “Pandémie” qui était beaucoup fort», illustrait Arsenault.

Dans quelques semaines, son équipe se mettra au boulot en prévision de l’édition 2021, déjà prévue les 10 et 12 septembre au calendrier du Pro Tour. L’ensemble des partenaires a renouvelé les ententes commerciales pour 2021, 2022 et 2023.

«Il y a un peu de tristesse, mais on se console parce qu’il y a un bel avenir pour les Grands Prix de Québec et Montréal. Oui, il y aura les Jeux olympiques de Tokyo, l’été prochain, mais nos courses ne chevaucheront plus le Tour de l’Espagne, qui sera devancé d’une semaine.»

Giro d'Italie 

Houle, qui a avait terminé 28e à Montréal en 2019, pourra donc se concentrer entièrement à son calendrier de courses européennes. Il entreprendra sa saison le 1er août avec la classique d’un jour Strade Bianche, à Sienne, en Italie, et filera ensuite au Tour de Pologne, du 5 au 8 août.

«Mon gros rendez-vous de la saison sera le Giro d’Italie, en octobre, où notre leader Jakob Fuglsang sera l’un des favoris. Nous avons un calendrier bien balancé et je veux être le plus performant possible. On espère que tout ira bien, et pour l’instant, ça semble bien parti», disait celui qui se prépare aussi pour les Championnats du monde prévus à la fin du mois de septembre, en Suisse.

Il n’y a pas eu de cas de coronavirus dans l’équipe Astana. Avant une course, les coureurs doivent passer deux tests, soit six et trois jours avant le départ. Ils doivent refaire le même processus s’il y a eu un écart de plus de 10 jours entre deux événements.

«Ça demande un petit ajustement, mais tout le monde est responsable et fait le maximum pour être prudent. Nous, on a décidé d’éviter de prendre l’avion et les transports publics, on voyage plus en voiture», précisait le coureur de Sainte-Perpétue, en Maurice, qui vit désormais en permanence à Monaco.

Il souhaite seulement que les courses ne soient pas annulées en cours de route.

«C’est important qu’il y ait une saison, autant pour les coureurs et les équipes, que pour les amateurs. En bout de ligne, ça ressemblera à une saison normale, sauf qu’on roulera plus à l’automne. Et en Europe, il fait encore très beau à cette période», ajoutait Houle.

En 2019, l’Australien Michael Matthews (Sunweb) et le Belge Greg Van Avermaet (CCC Team) avaient remporté les étapes de Québec et de Montréal.