Hugo Houle veut être avec les meilleurs au dernier tour sur la Grande Allée dans le sprint final.

Houle veut se faire plaisir

Fort d’une première participation au Tour de France, en juillet, Hugo Houle sera l’un des points de mire des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal. Sans qu’il soit celui que l’on protégera jusqu’au sprint final, l’équipe Astana lui laissera toute la liberté nécessaire pour rouler à sa guise.

Le coureur de 28 ans de Sainte-Perpétue attirera les regards sur la Grande Allée, vendredi. Il revient à Québec avec un statut différent depuis sa participation à la plus importante course au monde.

«J’ai l’impression d’être rendu un vrai coureur aux yeux des Québécois en ayant fait le Tour de France. J’ai passé un palier et je me considère très choyé d’avoir fait les trois grands tours, les championnats du monde, les Jeux olympiques. Mais ça reste la même chose, j’essaie d’être concentré sur la course. Je suis très choyé, je sens que les gens me supportent davantage, il y a un bel engouement. Je remercie les gens de m’encourager, après, je ne veux pas me mettre de pression supplémentaire», disait-il, jeudi.

Il y avait près d’une vingtaine de coureurs réunis dans le lounge des athlètes à l’Hôtel Delta Québec pour l’occasion. Ils représentent 16 % du peloton à cette 10e édition du Grand Prix. Avec l’Ontarien Michael Woods, Houle était l’un des plus courtisés par les différents médias.

«Je suis très heureux d’être là, c’est le fun de pouvoir vivre un week-end par année à la maison, de montrer aux gens ce qu’on fait en Europe. J’ai essayé de garder la forme du Tour de France le plus longtemps possible, je n’ai pas fait d’excès depuis et j’espère que ça va répondre, vendredi et dimanche. Je veux leur faire plaisir, je veux me faire plaisir.»

Et comment un coureur du Tour de France, natif de la région de la Mauricie, peut se faire plaisir dans une course qui regroupe les grands noms de la discipline? Une telle réunion de talent pourrait se comparer à un match des étoiles de la Ligue nationale de hockey, mais avec l’enjeu en prime.

«Je veux être avec les meilleurs au dernier tour sur la Grande Allée dans le sprint final. On verra ce que ça donne, mais il y a des gars très rapides, comme Peter Pagan, Julian Alaphilippe, Geraint Thomas, des gars qui ont porté le maillot jaune au Tour de France et qui visent les Championnats du monde dans deux semaines. Il ne faut pas se le cacher, on a les meilleurs au monde, ici. Je ne dirai pas que je vais gagner la course, mais jouer avec eux serait un bel accomplissement.»

Et pour l’occasion, le directeur sportif de l’équipe Astana lui permettra de ne penser qu’à lui, sans pour autant tout mettre en œuvre pour le mener jusqu’au fil d’arrivée.

«Nous avons plusieurs cartes à jouer, comme Davide Ballerini, Magnus Cort Nielsen, qui ont un meilleur sprint que moi. Cependant, j’ai la liberté de faire ma course sans me soucier des autres. Il s’agit de la première fois que ça m’arrive, l’équipe veut me faire plaisir et me laisser aller. Je suis bien heureux de cette opportunité, je vais essayer d’en profiter», disait celui dont les qualités de grimpeur en font un joueur à surveiller, dimanche, à Montréal sur les 220 km de route et les 4500 mètres de dénivelé.

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LE TOP 3 DES LOUIS

Passionnés de cyclisme, Louis Garneau, Louis Barbeau et Louis Bertrand sont bien placés pour prédire le podium du Grand Prix cycliste de Québec. Voici le top 3 des 3 Louis pour cette 10e édition. Louis Bertrand avait misé juste, l’an dernier, en devinant la victoire de l’Australien Michael Matthews.

LOUIS GARNEAU

(président fondateur de Louis Garneau Sports et ex-cycliste international)

  1. Julian Alaphilippe, France, 1er au classement mondial, 5e au Tour de France.
  2. Peter Sagan, Slovaquie, vainqueur à Québec en 2016 et 2017 et à Montréal en 2013.
  3. Alberto Bettiol, Italie, 25 ans, champion du Tour des Flandres en 2019, deux participations au Tour de France.

Les yeux sur : Hugo Houle, ancien de l’équipe Garneau-Québecor. «Il est en grande forme, chez lui, heureux, confiant et vient de signer pour trois ans, peut faire un top 10, les astres sont alignés. 


LOUIS BARBEAU

(dg de la Fédération québécoise des sports cyclistes)

  1. Peter Sagan, Slovaquie, vainqueur de son 7e maillot vert au Tour de France 2019.
  2. Julian Alaphilippe, France, porteur du maillot jaune du meneur pendant 14 jours au Tour de France.
  3. Greg Van Avermaet, Belgique, champion olympique en titre et sept podiums à Québec et Montréal.

Les yeux sur : Michael Woods, 3e sur route aux Mondiaux 2018. «Ça prend un Canadien, et il marche très fort présentement, surtout pour Montréal qui est plus accidenté que Québec.


LOUIS BERTRAND

(descripteur et analyste)

  1. Jasper Stuyven, Belgique, 3e au GP de Québec en 2018.
  2. Kasper Asgreen, Danemark, champion du monde au contre-la-montre par équipe
  3. Michael Matthews, Australie, vainqueur à Québec et Montréal en 2018.

Les yeux sur : Remco Evenepoel, 1re saison chez les pros. «Il est un jeune prodige de 19 ans et a remporté la Classique de San Sebastian à ses débuts en plus d’être champion d’Europe au contre-la-montre individuel.»