Yves Racine et l’entraîneur-chef Jean-Louis Letourneau posent devant le chandail de l’ex-défenseur des Gouverneurs de Sainte-Foy, le club qui détient depuis 33 ans le record de victoires consécutives de la Ligue de hockey midget AAA.

Hockey midget AAA: Lévis à une victoire des 25 de suite des Gouverneurs de 1984-1985

Après avoir établi une marque avec 17 victoires consécutives en début de saison, les Chevaliers de Lévis sont à la portée du record pour la plus longue séquence victorieuse (25 matchs) de l’histoire de la Ligue de hockey midget AAA détenu par les Gouverneurs de Sainte-Foy de 1984-1985.

Les Chevaliers pourraient l’égaler, vendredi, à l’aréna de Charny. En l’emportant contre Saint-Eustache, ils auraient la chance de passer à l’histoire avec une 26e victoire de suite, dimanche après-midi, à Rivière-du-Loup, contre le Collège Notre-Dame. Rappel historique!

«Un record qui date d’aussi longtemps, ça démontre que c’en est un beau. Je leur souhaite, ils ont tout un club de hockey. Pour les battre, il faudra que l’adversaire joue un match parfait, parce qu’ils ont la force de frappe pour combler un déficit d’un ou deux buts à tout moment», souligne Jean-Louis Létourneau, qui était à la barre des Gouverneurs, en 1984-1985.

Il essayait d’ailleurs de planifier un détour à l’aréna de Charny, vendredi, afin de serrer la pince à Mathieu Turcotte, qui dirige les Chevaliers. Les Gouverneurs avaient remporté leurs 25 derniers matchs de la saison régulière pour écrire ce record.

«Le pire, c’est qu’on n’avait même pas remporté le championnat. Nous avions perdu au septième match de la finale, en prolongation, contre les Lions de Lac-Saint-Louis. On avait un club très offensif avec trois trios qui roulaient à plein régime. Mais on avait des hauts et des bas devant le filet.

«Au camp, nous avions retranché François Gravel, mais je lui avais dit : “Quand on va te rappeler, tu vas jouer”. Quand on l’a fait, j’avais fait savoir aux gardiens que j’avais mon voyage et que celui qui gagnerait jouerait le match suivant. Je n’ai jamais enlevé François parce qu’on n’en a pas perdu une jusqu’à la fin...», raconte Létourneau, qui a été la barre des Gouverneurs pendant 10 ans, de 1982 à 1992.

Il misait sur une attaque menée par Pierre Sabourin (109 points), Benoît Groulx (86), Joé Juneau (71), Hugues Rivard (65) et Martin Robitaille (46). «Benoît était notre chef de file. Avant les matchs, il venait dans le bureau des coachs pour nous expliquer que la dernière fois qu’on avait joué contre telle équipe, tel joueur avait marqué de telle façon, etc.

«Dans l’autobus, il s’amenait avec sa pile de journaux et il était au courant de tout. En avantage numérique, on l’utilisait à la pointe, c’était le gars qui avait la plus belle vision du jeu, il avait un talent incroyable», rappelle-t-il à propos de celui qui fait sa marque comme entraîneur-chef dans la Ligue américaine après un passage remarqué dans la LHJMQ.

Comme si c’était hier

À la ligne bleue, Yves Racine jouait sa première saison dans le midget AAA. «Benoît Groulx pourrait te résumer chaque match, mais je n’ai pas souvenir qu’on savait, à l’époque, qu’on avait battu un record ou qu’on en établissait un», souligne le défenseur.

«On avait un très bon club, équilibré à l’attaque et en défensive et notre vedette était François Gravel. Ce qu’on entendait dire, c’était : “On sait bien, Sainte-Foy a toujours une bonne équipe”. Mais jouer pour les Gouverneurs, pour Jean-Louis et Bob Chevalier, c’était quand même quelque chose», raconte l’ancien premier choix de la LHJMQ en 1986, qui avait été rappelé en octobre pour se joindre aux Gouverneurs.

Ses coéquipiers et Racine franchissent le cap de la cinquantaine, mais dès qu’ils parlent de hockey, ils retournent dans le passé en un clin d’œil. «Aussitôt qu’on se revoit, c’est comme si c’était hier parce qu’on a vécu une étape importante de notre vie ensemble, on a partagé plusieurs expériences en équipe. Les jeunes de Lévis ont aussi cette chance, c’est le fun ce qui leur arrive.»