Pascal Dufresne a reçu le Prix de la Percée du hockey.
Pascal Dufresne a reçu le Prix de la Percée du hockey.

Hockey féminin: Pascal Dufresne, des Titans, honoré

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Pascal Dufresne, entraîneur-chef de l’équipe de hockey féminin des Titans du cégep Limoilou a été honoré par le conseil féminin de Hockey Canada qui lui a remis le Prix de la Percée du hockey féminin 2020. En plus de reconnaître les qualités de chef de file du coach québécois, le prix voulait aussi souligner sa contribution inégalée à l’avancement du hockey féminin au Canada.

«Son leadership et son dévouement envers la promotion et le développement du hockey féminin ont influencé grandement le hockey au Québec», ont expliqué par voie de communiqué Paul Ménard (directeur général), et Yve Sigouin (président) de Hockey Québec, l’organisme responsable de la mise en candidature de Dufresne au niveau national, candidature qui a été préférée à toutes les autres envoyées des quatre coins du Canada et qui provenaient de domaines aussi variés que l’entraînement, l’arbitrage, la recherche, l’administration, la commercialisation, la promotion ou les projets ou événements spéciaux.

«J’ai été surpris quand les gens de Hockey Québec m’ont téléphoné en décembre 2019 pour me dire qu’ils avaient décidé de soumettre mon nom pour le Prix de la Percée du hockey féminin et que je devais monter un dossier de candidature avec eux», a expliqué le coach de l’équipe de hockey féminin des Titans. 

«J’ai toujours eu une super belle relation avec les gens de Hockey Québec. Ils ont toujours été bons pour moi et je pense qu'avoir été bon pour eux. C’était très valorisant qu’ils pensent à moi pour cet honneur. J’étais très heureux. Et aujourd’hui, c’est bien le fun de l’avoir gagné.» 

C’est en février que Dufresne a su qu’il serait honoré par Hockey Canada lors de l’assemblée générale de l’organisme qui devait avoir lieu quelques semaines plus tard. La COVID-19 a cependant bouleversé les plans en forçant l’annulation de l’AGA. Hockey Canada lui a alors demandé au Québécois de ne rien révéler de sa nomination. En juin, l’organisme a dévoilé le plan des dates lors desquelles il annoncerait les récipiendaires de ses différents honneurs. C’est à ce moment que Dufresne a su que c’est en août que le secret qu’il gardait depuis si longtemps serait enfin dévoilé.

Coach depuis 17 ans

Entraîneur de l’équipe de hockey féminin des Titans du cégep Limoilou depuis 17 ans, Dufresne a mené ses joueuses à sept titres provinciaux en huit ans, quatre ayant été gagné de manière consécutive. Il a aussi été le principal entraîneur d’Équipe Québec M18 de 2011 à 2015 et à nouveau en 2020. D’ailleurs, c’est sous sa gouverne qu’Équipe Québec a remporté l’or aux Jeux du Canada en 2015. Il est aussi impliqué dans des camps de jour qui regroupe de jeunes joueuses âgées de 7 à 14 ans.

«Je suis vraiment fier de la manière dont le hockey féminin a évolué au cours de ces années. Maintenant, nous avons des équipes complètes de filles. Et il y a des ligues féminines partout à travers le Québec. Pour moi, c’est le plus gros bond que le hockey féminin a pu faire au cours des années.»

Appelé à comparer les premières équipes des Titans à celles des dernières années, Dufresne a indiqué qu’il y avait dorénavant de la parité à l’intérieur de ses formations. «Quand j’ai commencé à coacher à Limoilou, je ne peux pas affirmer que toutes nos joueuses étaient de calibre collégial.»

L’entraîneur a vanté le travail des différents intervenants du hockey mineur masculin qui ont travaillé de pair avec les Titans pour mettre en place les assises du hockey féminin dans la région de Québec.

«On a maintenant un vrai système de développement et nous sommes rendus avec un sport études. Et au niveau provincial, il y a un circuit AA. Il y a eu plein de belles initiatives et moi j’ai vu cette évolution-là. C’est vraiment le fun ce que l’on vit aujourd’hui.»

Questionné sur les projets qu’il aimerait voir se réaliser au cours des prochaines années, Dufresne n’a pas caché qu’il rêvait de voir plus d’équipes universitaires francophones offrir un programme de hockey féminin, à commencer par l’Université Laval.

«Le problème actuellement c’est qu’il n’y a que deux universités francophones au pays, l’Université de Montréal et l’Université de Moncton, qui offrent des programmes de hockey féminin au Canada. Nos filles qui désirent poursuivre leur carrière au niveau universitaire sont souvent obligées d’aller étudier dans des établissements anglophones canadiens ou américains. Je suis certain qu’il y a beaucoup de filles qui aimeraient continuer à jouer au hockey tout en faisant des études en français. Pour moi, la prochaine étape ultime serait qu’il y ait une équipe à l’UL.»

Parmi les autres rêves qu’il caresse, Dufresne aimerait que les hockeyeuses d’ici puissent gagner leur vie en pratiquant leur sport favori au sein d’une ligue professionnelle. «Je crois que l’on a assez de joueuses seniors pour ça.

«Il y reste cependant un immense travail à faire au niveau du développement des entraîneures. Il y en n’a pas beaucoup dans les petites équipes d’en-dessous. J’aimerais créer des liens avec les filles qui feraient en sorte qu’après leur carrière universitaire, elles viennent donner du temps auprès des plus jeunes. 

«Ce sont tous des projets que je veux développer avec les intervenants du hockey mineur. Ce sont un peu ça mes espoirs pour les années futures.»