Les Finlandaises célébrant ce qui devait être le but gagnant contre les Américaines, avant qu’il ne soit refusé par la juge vidéo, dimanche dernier, lors de la finale du Championnat mondial de hockey féminin.

Hockey féminin: la Finlande ne comprend toujours pas son but refusé

Un attaquant finlandais des Maple Leafs de Toronto estime que son pays aurait dû remporter le Championnat du monde de hockey féminin.

Kasperi Kapanen ne comprend toujours pas pourquoi le but de la Finlande en prolongation lors de la finale contre les États-Unis a été refusé après une longue révision, dimanche. Les équipes ont disputé le reste de la prolongation sans but avant que les Américaines ne s’imposent en tirs de barrage à Espoo, en Finlande.

«C’était un peu fou. Je pense que le but était bon... la gardienne est sortie de son filet et ils ont d’ailleurs décerné une pénalité», a déclaré Kapanen.

«Je pense qu’ils ont tout gâché... C’est la réalité.»

À leur première participation à la finale, les Finlandaises ont célébré ce qu’elles croyaient être le but en or de Petra Nieminen à 11:33 de la prolongation. Mais après une longue consultation des reprises vidéo, le but a été refusé.

Obstruction non intentionnelle

La capitaine de la Finlande, Jenni Hiirikoski, est entrée en contact avec la gardienne américaine Alex Rigsby, en mouvement à l’extérieur de son demi-cercle, alors qu’elle passait devant le filet. Nieminen avait un filet presque désert sur lequel tirer.

Hiirikoski n’a pas été pénalisée pour obstruction sur la gardienne, mais Rigsby a écopé d’une pénalité pour avoir fait trébucher.

La Fédération internationale de hockey sur glace a publié, lundi, un communiqué dans lequel elle a expliqué que le but avait été annulé en raison de l’obstruction non intentionnelle sur la gardienne.

La FIHG, qui avait une juge vidéo pour réviser chaque but du tournoi, a prétexté deux règlements.

L’un d’eux révèle : «Un attaquant qui entre en contact de manière autre qu’accidentelle avec la gardienne quand ce dernier est à l’extérieur de son demi-cercle écopera d’une pénalité mineure pour obstruction. S’il y a but sur la séquence, le but sera refusé.»

L’autre précise : «Un contact accidentel est permis quand la gardienne joue la rondelle à l’extérieur de son demi-cercle, à la condition que l’attaquant fasse un effort raisonnable pour minimiser ou pour éviter un tel contact.»

En tenant compte de ces deux règlements, la FIHG a déterminé que la juge vidéo avait établi que le but devait être refusé.

Même si les arbitres ont décerné une pénalité à Rigsby pour avoir fait trébucher, les pénalités ne peuvent être révisées par le juge vidéo. Une fois le but annulé, les arbitres ont décidé de maintenir la pénalité initiale.

Le Canada et les États-Unis ont remporté toutes les médailles d’or olympiques et des championnats du monde au hockey féminin. Une victoire finlandaise aurait donc été une première pour le sport.

Confusion générale

Kapanen n’a pas été le seul à avoir été étonné de cette décision.

L’ancienne capitaine de l’équipe américaine, Julie Chu, a dit sur son compte Twitter : «Que se passe-t-il? Si ce n’est pas un but, alors la Finlande devait être pénalisée pour obstruction sur la gardienne. Si c’est un but, alors les États-Unis ont fait trébucher et le but finlandais est bon...? Si ce n’est pas un but, alors pourquoi les États-Unis ont-ils reçu une pénalité? Quelqu’un peut-il m’aider à comprendre?»

L’ancienne capitaine canadienne Hayley Wickenheiser a dit sur Twitter : «C’est. C’était. Un but. #Suomi.»

Le personnel d’officiels pour la finale de dimanche était composé des arbitres Nicole Hertrich de l’Allemagne et Lacey Senuk du Canada, et des juges de lignes Veronica Lovenso de Suède et Justine Todd du Canada.

L’entraîneur de la Finlande, Pasi Mustonen, a déclaré qu’il n’avait reçu aucune explication de la part des officiels au sujet de la décision de décerner une pénalité ou de la décision prise à la suite de la révision vidéo. «Elles ne sont jamais venues me voir. On leur a ordonné de ne pas parler, a déclaré Mustonen dimanche après la finale. Elles ne peuvent jamais communiquer, ce qui signifie que ça nuit à l’atmosphère entre les arbitres et les équipes.»

«Elles n’ont vraiment pas la confiance en soi nécessaire pour communiquer avec les gens dans cette atmosphère et c’est le problème, qui est aussi une question de compétence. Nous avons besoin d’arbitres masculins.»

«Toutes les femmes arbitres qui ont les compétences pour être ici, bien sûr, elles devraient être ici, mais il y en a si peu dans le monde.»

Hiirikoski ne croyait pas qu’elle avait fait de l’obstruction sur l’Américaine. «Non, ce n’est pas le cas, a-t-elle dit. Elle est sortie de son demi-cercle. Que puis-je faire? Nous ne prenons pas les décisions.»

Rigsby voyait les choses différemment. «Tout de suite, je savais que ce n’était pas un but, a prétendu Rigsby. J’essayais de récupérer la rondelle et je me suis fait sortir du jeu.»

«J’essayais de demander à l’arbitre pourquoi j’avais reçu une pénalité, car j’étais celle qui a été victime du contact. Mais l’arbitre pense que j’ai essayé de faire trébucher la joueuse quand j’étais au sol et je me suis retrouvée avec la pénalité. C’est ridicule.»