Aaron Hernandez, un ancien joueur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, purgeait une peine de prison à vie pour un meurtre commis en 2013. Il avait été acquitté, vendredi, d'un double meurtre commis en 2012 au terme d'une querelle dans une boîte de nuit.

Hernandez s'est pendu en prison

L'ancien joueur vedette de la NFL Aaron Hernandez s'est pendu dans la cellule où il purgeait une sentence à vie pour meurtre, ont confirmé mercredi les autorités carcérales du Massachusetts.
Son décès est survenu quelques jours seulement après que l'homme de 27 ans eut été acquitté dans une deuxième cause de meurtre et le même jour où ses ex-coéquipiers des Patriots de la Nouvelle-Angleterre et champions du Super Bowl ont visité la Maison-Blanche.
Le corps de Hernandez a été retrouvé peu après 3h, mercredi matin. Son décès a été constaté à l'hôpital à 4h07. Il se trouvait seul dans une cellule du centre correctionnel Souza-Baranowski de Shirley, au Massachusetts. Il s'est pendu avec un drap attaché à la fenêtre après avoir essayé de bloquer la porte de sa cellule avec différents objets.
Un porte-parole des autorités carcérales, Christopher Fallon, a indiqué qu'aucune note de suicide n'aurait été laissée par Hernandez. Il a ajouté qu'il n'y avait pas de raison de croire que l'ex-footballeur tenterait de s'enlever la vie.
Le Bureau du procureur général du comté de Worcester et les autorités carcérales ont ouvert une enquête. L'avocat de Hernandez, Jose Baez, a indiqué qu'il mènerait également sa propre enquête.
«Aucune conversation entre Aaron et sa famille ou ses conseillers juridiques n'a laissé croire que pareille chose pouvait se produire», a-t-il déclaré par communiqué. «Aaron tentait d'obtenir une seconde chance de prouver son innocence. Ceux qui l'aiment et se soucient de lui ont le coeur brisé et sont déterminés à trouver la vérité au sujet de cette mort tragique.»
Ailier rapproché productif avec les Pats
Hernandez purgeait une peine de prison à vie pour un meurtre commis en 2013. Il avait été acquitté, vendredi, d'un double meurtre commis en 2012 au terme d'une querelle dans une boîte de nuit. Tandis que le jury délibérait, des caméras l'avaient surpris soufflant des baisers à sa jeune fille, née de son union avec Shayanna Jenkins.
Il avait aidé l'équipe de l'université de la Floride à remporter le championnat de la NCAA en 2008, mais il n'avait été sélectionné qu'au quatrième tour du repêchage de la NFL en raison de son comportement à l'université, où il a échoué un test antidopage, a été accusé de voie de fait envers un employé de bar, et où son nom a été mentionné dans une enquête pour une fusillade.
Il a été un ailier rapproché productif pour les Patriots pendant trois saisons, captant 79 passes pour 910 verges et sept touchés à sa deuxième campagne, aidant l'équipe à atteindre le Super Bowl. En 2012, il a paraphé une prolongation de contrat de cinq ans et 40 millions $US.
L'équipe l'a toutefois libéré en 2013 à la suite de son arrestation pour le meurtre d'Odin Lloyd, un footballeur semi-professionnel qui fréquentait sa belle-soeur. Il a été trouvé coupable et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération. Les procureurs ont suggéré que Lloyd a pu être tué afin qu'il garde le silence sur le double meurtre de 2012.

Un cocktail explosif

Le quotidien USA Today répertorie depuis 2000 dans une base de données accessible au public les arrestations de joueurs sous contrat avec des équipes NFL. Cette base comportait mercredi, tous délits confondus - de la conduite en état d'ivresse au meurtre -, quelque 854 cas. En 2015, le journaliste à l'initiative de ce projet, Brent Schrotenboer, avait cependant souligné que le taux de criminalité (2 % à l'époque) dans la NFL était inférieur à celui du reste de la population américaine.
L'auteur d'un livre sur ce phénomène, Jeff Benedict, soulignait cependant que le nombre important de délits tenait à un cocktail explosif dans ce sport, «argent, saison courte et adulation». «Quand vous mettez tout cela ensemble, avec un joueur qui a déjà eu des problèmes par le passé, cela peut donner des gros problèmes.»  AFP