Harvey à la recherche de son élan

Après un automne décevant, Alex Harvey compte sur le Tour de ski pour remettre sa saison sur les rails, à compter de samedi. «J’espère retrouver mon élan», déclare le fondeur de Saint-Ferréol, qui avait fini troisième de la prestigieuse compétition, l’an dernier.

Harvey et l’équipe canadienne de ski de fond ont passé les deux dernières semaines à Davos, en Suisse, dont le congé de Noël. Ils sont débarqués jeudi dans les Dolomites italiennes, où se prend le 29 décembre le grand départ du 13e Tour de ski, à Toblach (ou Dobbiaco, en italien).

Sept étapes en neuf jours dans quatre villes et trois pays pour couronner le roi et la reine des fondeurs. Les 12 travaux d’Hercule annuels du ski de fond, que d’aucuns comparent au Tour de France cycliste.

«Après les Championnats du monde, c’est mon deuxième objectif en importance dans ma saison et le premier qui arrive au calendrier», explique Harvey, qui en sera à sa 10e participation au Tour de ski.

Si sa troisième place cumulative de l’an dernier s’avère son meilleur résultat à cette compétition, il y revendique quand même huit podiums d’étape. Dont trois en 2014, où il avait remporté le prologue et pointait au quatrième échelon du classement avant de renoncer à prendre le départ de la dernière étape.

Car avant d’être opéré pour faciliter la circulation sanguine dans ses jambes, au printemps 2015, le Québécois n’avait pas été en mesure de compléter le Tour les trois fois précédentes. La monstrueuse montée de 9 km à l’alpe Cermis lui causait trop de problèmes physiques pour bien y performer.

«L’an passé, j’avais réussi le sixième temps dans cette étape. C’était la première fois que j’y étais vraiment compétitif», explique Harvey, qui a décroché une place au top 10 cumulatif du Tour à deux autres reprises, en 2017 (7e) et en 2011 (10e).

Feux d’artifice au Nouvel An

Sa priorité pour cette présentation : démontrer davantage de constance que depuis le début de la saison. Car à part un podium-surprise et une huitième position en sprint en novembre, Harvey n’a pas fait mieux que 13e à ses six autres départs.

«Dans le Tour, tu ne peux pas avoir de mauvaise journée. Sinon, tu perds trop au classement», résume-t-il, sachant que les Cologna, Sundby, Bolshunov, Klaebo, Manificat, Ustiugov et autres Toenseth ne lui fourniront aucun répit.

Si le fondeur de 30 ans vise le 15 km de Toblach du 30 décembre comme premier coup d’éclat potentiel, ses succès passés à Oberstdorf le motivent au plus haut point en vue des épreuves des 2 et 3 janvier.

Entre l’Italie et l’Allemagne, ce sera la Suisse. Et le Nouvel An à Val Müstair. «Le 31 décembre, on se couche vers 22 h. Alors on n’est pas éveillés pour célébrer le jour de l’An. On entend les feux d’artifice de la ville dans notre lit, mais on fête pas mal plus dans nos rêves!» lance celui qui participera à la ronde de qualifications d’un sprint au matin du 1er janvier.

L’an dernier, Harvey avait récolté le tiers de ses bourses de Coupe du monde de l’année dans le cadre du Tour de ski, soit environ 35 000 $. Le grand vainqueur, Dario Cologna, avait pour sa part fait plus de la moitié de son année de Coupe du monde durant cette dizaine, raflant plus de 80 000 $, dont les 65 000 $ remis au champion.

QUATRE COUREURS ET UNE COUREUSE À SURVEILLER 

  • Dario Cologna

Champion en titre, le Suisse de 31 ans a remporté en janvier dernier son quatrième Tour de ski en carrière, six ans après le précédent. Il rejoignait au sommet la Polonaise Justyna Kowalczyk et ses quatre triomphes consécutifs (2010 à 2013).

  • Johannes Klaebo

À seulement 22 ans, il a déjà trois médailles d’or olympiques et un Globe de cristal de saison sur sa tablette. Le jeune prodige en sera toutefois à son premier Tour de ski, ses entraîneurs voulant par le passé ménager ses énergies.

  • Martin Sundby

Vainqueur de deux Tours de ski en carrière (2014 et 2016), le vétéran de 34 ans ne doit jamais être décompté. Il a fini deuxième les deux dernières années et vient d’obtenir ses deux premiers podiums de la saison de Coupe du monde en décembre.

  • Alexander Bolshunov

Sixième du Tour l’an dernier, il mène cette saison le classement de la Coupe du monde. Et il fêtera ses 22 ans pendant le Tour! Le quadruple médaillé des derniers JO a impressionné en novembre avec des victoires au sprint et sur 15 kilomètres dans la même fin de semaine.

  • Heidi Weng

Chez les femmes, la domination norvégienne est totale depuis cinq ans. Et en l’absence de sa compatriote Therese Johaug qui, malgré déjà six victoires individuelles cette saison, fait l’impasse sur le Tour pour se concentrer sur les Championnats du monde, Heidi Weng doit être considérée comme favorite. Elle est double championne en titre de la compétition, mais n’a pas encore de podium cette saison.

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ÉPREUVES MASCULINES DU TOUR DE SKI 

29 décembre : Sprint libre (Toblach, Italie)

30 décembre : 15 km libre (Toblach, Italie)

1er janvier : Sprint libre (Val Müstair, Suisse)

2 janvier : 15 km classique, dép. de masse (Oberstdorf, Allemagne)

3 janvier : 15 km libre, poursuite (Oberstdorf, Allemagne)

5 janvier : 15 km classique, dép. de masse (Val di Fiemme, Italie)

6 janvier : 9 km montée libre, poursuite (Val di Fiemme, Italie)

VAINQUEURS DANS L'HISTOIRE 

2018 : Dario Cologna (Sui) / Heidi Weng (Nor)

2017 : Sergey Ustiugov (Rus) / Heidi Weng (Nor)

2016 : Martin Johnsrud Sundby (Nor) / Therese Johaug (Nor)

2015 : Petter Northug (Nor) / Marit Bjorgen (Nor)

2014 : Martin Johnsrud Sundby (Nor) / Therese Johaug (Nor)

2013 : Alexander Legkov (Rus) / Justyna Kowalczyk (Pol)

2012 : Dario Cologna (Sui) / Justyna Kowalczyk (Pol)

2011 : Dario Cologna (Sui) / Justyna Kowalczyk (Pol)

2010 : Lukas Bauer (Rep tch)/ Justyna Kowalczyk (Pol)

2009 : Dario Cologna (Sui) / Virpi Kuitunen (Fin)

2008 : Lukas Bauer (Rep tch)/ Charlotte Kalla (Sué)

2007 : Tobias Angerer (All) / Virpi Kuitunen (Fin)