Les Norvégiens, avec Johannes Hoesflot Klaebo (à gauche) en tête, ont littéralement dominé le sprint devant leurs compatriotes, à Drammen, alors qu’ils ont pris cinq des six premières places au classement, mercredi.

Harvey 54e au sprint de Drammen

Ralenti par une sinusite et la prise d’antibiotiques depuis une semaine, Alex Harvey n’avait pas la puissance nécessaire pour s’imposer au sprint classique de Drammen, en Norvège, mercredi, où il a pris le 54e rang d’une course à domination locale.

Harvey reprenait le collier sur le circuit de la Coupe du monde de ski de fond après avoir raté le rendez--vous de Lahti, en Finlande, le week-end dernier, en raison de la maladie. Il n’avait pas skié depuis quelques jours avant de prendre le départ de cette populaire course au centre-ville de Drammen.

«Je n’aurais pas fait le sprint si j’avais été sûr de ne pas me qualifier. Je pensais avoir une chance de faire des rondes éliminatoires, mais ce n’était pas super… À l’échauffement, je me sentais pourtant bien, mais j’étais juste trop lent. Le but était d’utiliser le sprint comme préparation pour le 50 km de samedi, mais je m’attendais quand même à faire mieux que ça», admettait celui qui devait finir parmi les 30 fondeurs les plus rapides du jour afin de se classer pour les quarts de finale.

La 54e position — il a fini à plus de 20 secondes du vainqueur de la qualification — était sa plus éloignée depuis décembre 2015. Inscrits en grand nombre au sprint, les Norvégiens ont ravi cinq des six premières places, le triple médaillé d’or olympique Johannes Hoesflot Klaebo poursuivant sa domination à cette épreuve de vitesse. Le Russe Alexander Bolshunov (deuxième au 50 km des Jeux) a empêché le balayage norvégien avec une troisième place.

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Samedi, un 50 km en style libre est à l’affiche. Harvey est champion du monde en titre de cette épreuve depuis février 2017.

«Il s’agit probablement de ma course préférée. Le plan est de pousser comme je l’avais fait aux Mondiaux, l’an passé. Ça fait quelques jours que je me sens bien, sinon, je n’aurais pas couru le sprint. Je finis mon traitement aux antibiotiques jeudi, j’ai hâte de voir comment ça ira au 50 km. Le fait d’avoir été arrêté aussi longtemps m’a ralenti [mercredi], ça prend parfois quelques jours pour repartir la machine», notait celui qui ne s’était pas entraîné depuis une semaine avant de participer à la course de mercredi.

Harvey garde en mémoire sa quatrième place au 50 km classique de PyeongChang, il y a un peu moins de deux semaines. La page est tournée sur les Jeux olympiques, il ne peut plus rien changer au fait qu’il n’a pas obtenu la médaille qu’il recherchait. «J’ai accepté le fait que ç’a été de super bons Jeux. Le 50 km a été l’une de mes meilleures performances à vie, après ça, c’était juste le mieux que je pouvais faire.»

Après le rendez-vous d’Oslo, il prendra part aux finales de la Coupe du monde de Falun, en Suède, le week-end prochain. Après, ce sera le retour au bercail.

«C’est le dernier droit de la saison, on commence à avoir hâte de revenir, mais je veux finir comme du monde. Ç’a été décevant de tomber malade, le moment n’est pas idéal, mais c’était mieux de l’être ici qu’aux Jeux. Parfois, c’est dur de revenir en aussi peu de temps, les prochaines courses vont le dire», soulignait Harvey, qui vise désormais un top 3 au classement général et qui n’est qu’à 57 points de la première place au classement en distance.

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LE SUPER BOWL DU SKI DE FOND

Le 50 km d’Holmenkollen, samedi, est l’une des courses de ski de fond les plus prestigieuses. Il se tient dans le quartier du même nom situé dans la ville d’Oslo, en Norvège. Pierre Harvey, le père d’Alex, l’a emporté en 1988 à l’occasion du 100e anniversaire de ce festival de ski. Le Norvégien Martin Johnsrud Sunby en est le champion en titre.

«Pour nous, en ski de fond, c’est comme le Super Bowl. C’est un gros show. Il y aura plus de 50 000 spectateurs partout sur le parcours, il y a du monde qui vient faire du camping sur le site pendant quelques jours», indiquait Alex Harvey, dont le premier podium en carrière remonte à cette épreuve en 2009 (disputée à Trondheim pour l’occasion). L’an passé, il avait pris le sixième rang, une semaine après sa victoire sur la distance aux Mondiaux. Cette fois-ci, deux semaines séparent l’épreuve de PyeongChang à celle d’Holmenkollen.