Mikaël Robidoux était songeur à l’entraînement avant d’apprendre qu’il était suspendu 15 matchs par la LHJMQ.

Hartley compare Robidoux à «Mom» Boucher, Roy en furie

Patrick Roy, est en furie contre Bob Hartley, son ancien entraîneur avec l’Avalanche du Colorado, qui a comparé son attaquant Mikaël Robidoux à l’ancien numéro un des Hells Angels au Québec, Maurice «Mom» Boucher, qui purge une peine à perpétuité pour deux meurtres.

Mardi, Robidoux a été suspendu 15 matchs par Éric Chouinard, le directeur de la sécurité des joueurs de la LHJMQ, pour son coup de coude au visage de Xavier Simoneau des Voltigeurs de Drummondville, samedi dernier. 

Hartley, qui dirige maintenant l’Avangard d’Omsk dans la Kontinental Hockey League, avait été appelé lundi à commenter le geste de Robidoux par Jean-Charles Lajoie lors de son émission Jean-Charles en liberté à la station radiophonique 91.9 Sports. Parlant d’abord de «mise en échec vicieuse et très dangereuse», il a ensuite critiqué les premières réactions de Roy après le coup.

«J’aime bien mon chum Patrick, mais je ne peux pas être en accord avec Patrick quand il dit que [Robidoux] ne faisait que l’empêcher d’aller au filet. Ça fait longtemps que je n’avais pas vu une mise en échec dangereuse et stupide comme ça», a-t-il lancé avant de prononcer la phrase qui a suscité la colère de son ancien gardien de but.

«Le dossier disciplinaire de Robidoux est plus épais que le dossier criminel de ‘‘Mom’’ Boucher... il a autant de matchs de suspension que de buts dans la LHJMQ!» a-t-il lancé avant d’inviter le dg et entraîneur-chef des Remparts à conseiller à son joueur d’abandonner le hockey, estimant que Robidoux est incapable de se contrôler sur la glace.

«Me niaises-tu?»

Roy était très émotif après l’entraînement des Remparts mardi quand a été mentionné l’impact des événements sur son protégé. «Es-tu sérieux? Me niaises-tu?» a-t-il lancé à un journaliste qui lui demandait comment Robidoux vivait les événements.

«Avec tous les commentaires sur les médias sociaux et quand un entraîneur comme Bob Hartley le compare à ‘‘Mom’’ Boucher, il y a quand même des limites. Je ne veux pas parler contre ‘‘Mom’’ Boucher, mais quand même, on va loin», a-t-il lancé avant que la LHJMQ annonce que l’attaquant des Remparts était suspendu pour 15 matchs.

Robidoux a en effet également été la cible de plusieurs commentaires disgracieux sur Twitter, Facebook et YouTube depuis son geste de samedi, certains s’apparentant à des menaces ou à de l’intimidation.

Quelques minutes plus tôt, Roy avait aussi répété qu’il n’aimait jamais voir un joueur quitter la patinoire sur une civière. Il a aussi indiqué qu’il avait rencontré Robidoux à plusieurs reprises. «On a eu plusieurs rencontres avec ‘‘Mik’’. ‘‘Mik’’ sait qu’il y a des choses qu’il devra ajuster dans son jeu. Cependant, il reste dans les plans, il fait partie de l’équipe et on va continuer à le soutenir.»

Robidoux en est à sa huitième sanction depuis le début de sa carrière dans la LHJMQ. L’an dernier, il avait reçu deux matchs pour avoir plaqué un adversaire dans la bande, un match pour une accumulation de codes et une amende de 500 $ pour conduite inacceptable. À sa première année avec les Diables rouges, en 2016-2017, il avait été suspendu deux matchs pour mise en échec à la tête, deux matchs pour coup de genou, un match pour bataille planifiée après la mise en jeu et un match pour avoir enlevé son casque ou celui d’un adversaire lors d’une altercation.

Et samedi, il n’était revenu au jeu que deux jours plus tôt après avoir été suspendu deux matchs pour un coup de genou donné en matchs préparatoires. À 18:05 de la deuxième période à Drummondville, il a frappé Simoneau au visage avec son coude dans son angle mort alors que l’attaquant de 17 ans tentait de déborder le défenseur Dylan Schives sur le flanc gauche.

Simoneau  est demeuré étendu sur la glace durant de longues minutes avant de quitter le match sur une civière pour être transporté à l’hôpital, d’où il a obtenu son congé après y être resté en observation durant plus de 24 heures.

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LA PLUS SÉVÈRE DES QUATRE DERNIÈRES ANNÉES

La suspension de 15 matchs imposée à Mikaël Robidoux par la LHJMQ, mardi, est la plus sévère imposée au cours des quatre dernières saisons. Seuls Charlie Roy (Cataractes de Shawinigan) et Bokondji Imama (Sea Dogs de Saint-Jean) se sont vus imposer des suspensions de 15 matchs au cours de cette période. Le premier avait donné l’an dernier un coup de poing à la tête de Maxime Comtois (Tigres de Victoriaville), qui était étendu sur la glace, tandis que le second avait quitté le banc afin d’aller prendre la défense d’un coéquipier lors de la saison 2015-2016.

«Dans notre analyse, le joueur fautif revient dans son territoire à pleine vitesse et cible son adversaire», a expliqué Éric Chouinard au sujet de Robidoux. «Profitant du fait que le joueur de Drummondville est vulnérable, il le frappe violemment en se projetant vers le haut, et ce, sans se soucier de la rondelle. Considérant ces faits et considérant que le joueur concerné a été suspendu à sept reprises depuis le début de sa carrière dans la LHJMQ, nous prenons la décision de le suspendre un total de 15 matchs», a ajouté le directeur de la sécurité des joueurs de la LHJMQ dans un communiqué.

Chouinard a pris cette décision après avoir visionné les vidéos de l’incident, pris connaissance du rapport des officiels, parlé aux joueurs concernés de même qu’aux organisations impliquées et consulté le comité en matière de sanctions disciplinaires. L’unique réaction des Remparts à la sanction a été un communiqué laconique où le directeur général et entraîneur-chef Patrick Roy déclare respecter la décision, ajoutant que l’organisation n’émettrait aucun autre commentaire à ce sujet.