Le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes) a remporté le Grand Prix de Bahreïn.

Hamilton profite des défaillances de Ferrari

SAKHIR, Bahreïn — «C’est très malheureux pour Charles...» Vainqueur d’un Grand Prix de Bahreïn haletant dimanche, à la suite d’une défaillance de la Ferrari de Charles Leclerc, les premiers mots du Britannique Lewis Hamilton (Mercedes) ont été pour son rival.

Troisième devant Max Verstappen, sur Red Bull, le Monégasque monte pour la première fois sur un podium en F1, à l’occasion de la deuxième course de sa deuxième saison parmi l’élite, et la deuxième seulement avec la Scuderia. Il confirme les espoirs placés en lui, mais ne pourrait être plus loin de l’apprécier.

Son moteur l’a lâché à dix tours de l’arrivée, alors que la victoire lui semblait promise, permettant à Hamilton puis à l’équipier finlandais de celui-ci, Valtteri Bottas, de le dépasser pour offrir à Mercedes un deuxième doublé en autant de courses cette saison.

«Ça arrive, ça fait partie du sport. Malheureusement, ça n’était pas notre jour», a regretté Leclerc, qui avait déjà brillé la veille en s’offrant avec autorité la pole position.

«Je suis très déçu, comme toute l’équipe. C’est très dur à encaisser, mais je dois remercier l’équipe, car la voiture a été fantastique tout le week-end. Je suis sûr que nous reviendrons plus forts», a-t-il assuré.

Leclerc a été chanceux de terminer troisième. S’il a pu monter sur le podium, c’est parce que la voiture de sécurité a été nécessaire, vers la fin de l’épreuve, lorsque les Renault de Daniel Ricciardo et de Nico Hulkenberg sont sortis de piste.

En vertu des règlements relatifs à la voiture de sécurité, les pilotes doivent demeurer sur leur position. Verstappen n’a donc pas été en mesure de lancer une attaque, ce qui l’a empêché de monter sur un podium pour une deuxième course consécutive après sa troisième place en Australie il y a deux semaines.

Leclerc a mérité un point boni pour avoir enregistré le tour de piste le plus rapide. Toutefois, les responsables chez Ferrari seront sans doute conscients que des troisième et cinquième positions au final ne peuvent suffire, deux semaines après s’être contentés de quatrième et cinquième places.

«Promis à un avenir brillant»

Hamilton n’en pense pas moins : «Il y a beaucoup de victoires qui viendront pour ce garçon-là. Il est promis à un avenir brillant», a-t-il prophétisé.

Et d’ajouter à destination de son écurie : «Nous avons été très chanceux aujourd’hui. Il va falloir continuer de travailler». Ce succès est en effet inespéré : en retrait lors du premier GP de l’année en Australie, Ferrari s’est repris et avait le dessus sur Mercedes sur le circuit de Sakhir.

Elle ne pourra que regretter le problème de moteur de Leclerc — une perte de puissance au niveau d’un cylindre, provoquée par un «composant externe» au moteur, selon le directeur d’équipe Mattia Binotto — et une nouvelle erreur en piste de Sebastian Vettel, 5e.

L’Allemand est parti en tête-à-queue alors qu’il tentait trop ardemment de défendre sur Hamilton qui le doublait. Il a immédiatement après cassé son aileron avant, ce qui l’a contraint à un troisième arrêt imprévu aux puits.

Ces images ne sont pas sans rappeler les multiples erreurs qui ont émaillé ses deux dernières saisons, contribuant à lui faire perdre le titre mondial face à Hamilton...

Stroll 14e

Le Québécois Lance Stroll, sur Racing Point, a quant à lui terminé en 14e place après avoir pris le départ de la 18e position. Il a gagné quatre rangs même s’il a été impliqué dans un accrochage avec Romain Grosjean dès le premier tour.

«Malheureusement, nous nous sommes cognés, il y a eu des dommages et j’ai dû rentrer aux puits pour un nouveau nez. Nous étions roue contre roue et ce sont des choses qui arrivent. Mais ce fut très coûteux, car ma course était à toutes fins pratiques terminée après ça. Nous avons poursuivi la course et continué de pousser, mais nous n’avons pu nous en remettre après avoir perdu autant de temps», a analysé Stroll, qui avait récolté deux points grâce à sa neuvième place il y a deux semaines en Australie.

Le jeune pilote du Québec a reconnu que les conditions étaient plutôt venteuses dimanche, mais il ne s’en est pas servi comme excuse.

«Nous sommes tous dans le même bateau et après quelques tours, nous nous y sommes habitués. Nous avons terminé la course et il y a beaucoup de choses à analyser, mais il nous faudra voir où nous pouvons apporter des améliorations avant d’arriver en Chine.»

Par ailleurs, son coéquipier Sergio Perez, a glané ses premiers points avec Racing Point grâce à sa dixième place.

«C’est bien d’avoir récolté mon premier point de la saison. Ce fut une course imprévisible et en ce sens, c’est une belle surprise. Nous avons été un peu chanceux avec les deux Renault qui ont dû se retirer. Mais en même temps, la voiture de sécurité ne m’a pas aidé, car je m’approchais d’ (Alexandre) Albon et j’ai perdu l’opportunité de le doubler pour la neuvième place», a fait remarquer le Mexicain.

«J’ai connu un très bon départ et gagné quelques places, mais je n’ai pas pu défendre ma position longtemps, a ajouté Perez. Ensuite, nous avons eu un problème avec les freins qui sont devenus trop chauds et j’ai dû passer aux puits beaucoup plus rapidement que prévu pour enlever des débris qui bloquaient les conduits de freins. Avec tout ce qui est arrivé, nous pouvons être contents d’avoir obtenu un point.»

Le grand cirque de la Formule 1 prend maintenant la route de la Chine où sera disputé le 1000e Grand Prix de l’histoire, dans deux semaines.  Avec La Presse canadienne