Ayant égalisé le record de pole positions de Michael Schumacher, samedi, Lewis Hamilton (à gauche) a reçu les félicitations de Sebastian Vettel, qui partira à ses côtés sur la grille de départ du Grand Prix de Belgique.

Hamilton égale le grand Schumi

Lewis Hamilton et Sebastian Vettel se sont un peu plus inscrits dans les pas de Michael Schumacher, samedi. Le premier en égalant son record de pole positions lors des qualifications du Grand Prix de Belgique, le second en prolongeant jusqu'en 2020 chez Ferrari.
Mieux, le Britannique a décroché cette 68e pole sur le circuit de Spa-Francorchamps, où l'Allemand s'était offert sa première victoire en Formule 1 en 1992. «C'est aussi le circuit sur lequel j'ai été voir mon premier Grand Prix. Quand les voitures passaient devant moi, vrombissantes, je le ressentais jusque dans ma cage thoracique», s'est remémoré le pilote Mercedes. «Ma passion pour ce sport a encore grandi à ce moment-là.»
Ross Brawn, le directeur sportif et technique de la F1, a d'ailleurs immédiatement transmis à Hamilton les félicitations de la famille du septuple champion du monde. «Penser que j'égale aujourd'hui son record de pole positions, c'est irréel. Une leçon d'humilité, sachant quelle légende est Michael. Il a accompli quelque chose d'incroyable et je suis très fier d'être à ce niveau moi aussi.»
Schumacher avait établi le record pour les positions de tête en un peu plus de 300 courses, contre 199 pour Hamilton, qui demeure toutefois bien loin de l'Allemand au deuxième rang pour les victoires (91 contre 57).
Âgé de 48 ans, Schumacher a subi une importante blessure à la tête lors d'un accident de ski en France, le 29 décembre 2013. Il reçoit des soins à son domicile en Suisse depuis septembre 2014 et son était est gardé secret par les membres de sa famille et de son entourage. «Je pris souvent pour Michael et sa famille», a assuré Hamilton.
Une lutte à finir
Auteur d'un chrono record de 1:42,553 en qualifications sur une piste rapide où la puissance des Mercedes est un avantage indéniable, Hamilton semble avoir un boulevard pour s'imposer, dimanche. Vettel, son rival dans la lutte pour le titre mondial avec 14 points d'avance en tête, sera le mieux placé pour le contrarier.
Deuxième sur la grille avec un retard de 242 millièmes de seconde sur Hamilton, le pilote Ferrari reconnaît toutefois que la tâche ne sera pas aisée. Vettel n'a pas non plus manqué de rendre hommage à son illustre compatriote et aux exploits que Schumacher a accomplis entre 1996 et 2006 avec la Scuderia, qui a annoncé son réengagement pour trois saisons samedi.
«J'aime cette équipe et les gens qui travaillent pour cette marque. Ferrari a quelque chose d'unique, que les autres écuries n'ont pas : une légende que les gens qui travaillent pour Ferrari maintiennent vivante et qui nous permet d'avoir un pas d'avance sur les autres.»
Le grand Schumi, cinq fois sacré avec la Scuderia, a fait beaucoup pour bâtir cette légende. Vettel entend suivre dans ses traces. «Je veux gagner en rouge», a lancé Vettel à la perspective d'un premier titre mondial avec Ferrari, qui serait aussi le cinquième de sa carrière. Il a rejoint Maranello en 2015. Depuis, il est monté à 28 reprises sur le podium, dont sept fois sur la plus haute marche.
Dimanche, le «kaiser» Schumacher sera encore dans les esprits, son fils Mick, 18 ans, devant effectuer un tour d'honneur avant la course pour célébrer le 25e anniversaire de la première victoire de son père au sommet du sport automobile. Avec AP
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Pas une situation idéale pour Stroll
Le Québécois Lance Stroll, dont une partie de la famille est belge, a déçu ses partisans en voyant sa journée prendre fin après seulement cinq tours lorsque l'aileron arrière de son bolide a été endommagé pendant la première portion des qualifications du GP de Belgique. En raison des nombreuses pénalités, il s'élancera de la 15e place, lui qui s'était contenté du 18e rang en qualifications. «Ce sont des choses qui arrivent», a dit le pilote de 18 ans. «Je ne suis pas certain que j'aurais pu faire beaucoup mieux de toute façon. Regardez Felipe [Massa]. Il n'a pu franchir la Q1 et a terminé 16e.»
Stroll n'était pas très optimiste pour la course de dimanche, rappelant les ennuis des Williams cette saison sur les circuits nécessitant un appui aérodynamique important. «Nous avons besoin d'une voiture plus compétitive dans les virages, et même dans les lignes droites. Sur les circuits avec de longs virages, nous ne pouvons pas maintenir notre vitesse, ce qui nous fait mal. [...] Ce sera une longue course et nous sommes toujours meilleurs en course. Il est possible de faire des dépassements et nous devrons être à notre meilleur pour espérer peut-être gagner quelques points.»  AP