Même s’il a fait le grand écart, le gardien des Remparts Anthony Pagliarulo n’a pu empêcher Raphaël Lavoie, des Mooseheads, de le déjouer en début de période médiane.

Halifax revient dans la série contre les Remparts [VIDÉO]

En retard 2-0 dans la série, les Mooseheads de Halifax ne sont pas débarqués dans la capitale pour repartir les mains vides. Le club de tête de la conférence de l’Est de la LHJMQ a rebondi avec une victoire de 3-1, mardi soir au Centre Vidéotron, dans le troisième match de la confrontation les opposant aux Remparts de Québec.

Les Remparts détiennent toujours l’avance 2-1 dans cette série 4 de 7. Les deux prochains matchs auront lieu encore à Québec, jeudi (19h) et samedi (19h). Au besoin, les matchs 6 et 7 seraient disputés à Halifax, lundi et mardi.

«Veut veut pas, on était un petit nerveux quand même. Il a fallu les remonter un peu dans les deux dernières journées. Celle-là va faire du bien, c’est certain. On n’a pas été extraordinaire ou parfait, mais dans la situation qu’on était, on a joué un bon match. J’ai aimé la façon qu’on s’est comporté. Notre gardien a extrêmement bien joué et notre avantage numérique a été à point, c’est ce qui a fait la différence», admettait l’entraîneur-chef des Mooseheads, Éric Veilleux.

Les Remparts avaient l’occasion de profiter de ce retour devant leurs partisans pour placer l’adversaire dans une position précaire. Mais avant la série, personne n’aurait pu penser qu’ils puissent avoir une chance de se retrouver dans cette situation avantageuse.

«Je pense qu’on a été le meilleur des deux clubs. On a eu plusieurs chances de marquer. La différence a été un bond favorable à leur endroit. Par contre, j’aurais aimé faire travailler un peu plus leur gardien. On aurait pu prendre de meilleurs lancers. Nous, on ne s’est jamais fixé d’objectif [à l’effet] qu’on gagnerait en quatre. Il y en a un paquet qui aurait ri de moi si j’avais dit ça. Ce qu’on veut, c’est de se concentrer un match à la fois. On n’a pas à être malheureux de notre performance, mais je pense qu’on peut mieux jouer et prendre de lancer de plus grande qualité», notait le Diable rouge en chef, Patrick Roy.

Contrairement aux deux matchs à Halifax, où les Remparts avaient marqué sur la moitié de leurs jeux de puissance (5 en 10), ils n’ont pas réussi à faire mouche à leurs cinq tentatives, mardi. Les Mooseheads, eux, ont ouvert la marque en supériorité numérique, en première, ajoutant un but à forces égales en deuxième et un troisième dans un filet désert lorsque les Remparts tentaient de créer l’égalité 2-2 en fin de troisième. Arnaud Durandeau et Raphaël Lavoie (2) ont marqué pour les visiteurs, Luke Kutkevicius inscrivant celui des Remparts à mi-chemin en troisième.

«On va rebondir»

«C’est plate. En séries, on veut toujours gagner, et celle-là, on l’a échappée. On savait que ça n’allait pas être facile, qu’on n’allait pas les balayer nécessairement, mais on va rebondir jeudi, ce qui est important», soulignait le gardien Anthony Pagliarulo.

Les Mooseheads ont eu le dessus 27-26 dans les lancers, mais Roy estimait que les siens n’avaient pas pris des tirs assez menaçants.

«Si on avait été à Expo-Québec, on aurait ramassé pas mal de toutous... On n’a pas bien lancé, on a lancé dans la bedaine, et sur notre seul bon, on a marqué. Deux fois, on a lancé au-dessus des jambières et il a jonglé avec», notait Roy à propos de Gravel, qui semble revenir souvent dans ses commentaires depuis quelques jours.

«Non, je n’ai pas beaucoup parlé de leur gardien. J’ai juste dit que le nôtre avait été meilleur que le leur, là-bas. Je ne dis pas qu’il n’a pas été bon, j’ai juste dit qu’on n’a pas pris des lancers de qualité. Je fais juste répondre à vos questions, finalement...», lançait l’ancien numéro 33.

Quatrième match, jeudi, 19h, au Centre Vidéotron, avec le même duel de gardiens à l’horizon!

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EN VITESSE

Bonne foule de 8278 spectateurs pour ce premier de trois matchs en cinq jours au Centre Vidéotron... Matthew Grouchy, des Remparts, a écopé d’une inconduite de 10 minutes après le but des Mooseheads dans un filet désert en fin de match pour avoir frappé sur la glace en dérision vers l’officiel... À l’exception du retour au jeu de Samuel Asselin, les alignements de chaque équipe ressemblaient à ceux des deux premiers matchs... Le début de la rencontre a été retardé de 15 minutes en raison d’un problème technique au Centre Vidéotron... Les Remparts et les Mooseheads s’entraînent à des endroits différents, mercredi, mais à la même heure... L’entraîneur-chef Éric Veilleux a invité son ami et ancien préposé à l’équipement Patrick Léonard, maintenant avec l’UQTR, de prendre en charge les demandes des médias pour les entrevues avec les Mooseheads durant le séjour de l’équipe à Québec... 

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BOBBY SMITH SUIT SON CLUB DU TENNESSEE

Pour la première fois depuis qu’il est l’actionnaire majoritaire des Mooseheads, Bobby Smith a raté le début des séries de son équipe. Comme lors des deux premières rencontres, il avait les yeux rivés sur son ordinateur, mardi, à l’occasion du troisième match contre les Remparts.

«Je devais passer le dernier mois au Tennessee, je ne pouvais pas me rendre à Halifax ou à Québec», disait-il en entrevue téléphonique, en début de semaine.

L’ancien joueur du Canadien et des North Stars du Minnesota n’a jamais pensé qu’un parcours éliminatoire n’était pas parsemé d’obstacles, comme son équipe peut le constater.

«Je suis dans le hockey depuis tellement longtemps, il n’y a plus rien que me surprend. J’ai participé à 35 séries comme joueur dans la LNH, je sais que tout peut survenir. Écoutez, il y a plusieurs décennies de cela, ils ont eu l’idée que ça prenait quatre victoires en sept matchs pour déterminer la meilleure équipe, c’était une brillante idée à l’époque, c’est encore la meilleure façon de faire», notait-il avant de connaître le résultat du match de mardi.

Situation de déjà vu

Smith sera à Québec dans une semaine pour la réunion des gouverneurs de la LHJMQ et le gala des Rondelles d’Or. S’il avait pu parler à son club en personne, mardi matin, il lui aurait rappelé que tout était possible quand les compteurs tombaient à zéro, au printemps.

«J’ai déjà tiré de l’arrière 0-2 et remporté la série; à l’inverse, j’ai déjà mené 2-0 et perdu», notait celui qui a remporté la Coupe Stanley en 1986 alors qu’il était le coéquipier de Patrick Roy.

«Ces moments restent toujours en nous», ajoutait-il, en soulignant que le retour de Roy derrière le banc des Remparts était un atout «pour l’équipe, les amateurs, la ville et la Ligue».

Les deux hommes partagent la même passion du hockey junior. «Je vais m’impliquer encore longtemps, je ne sais pas ce que je ferais, sinon», notait l’ex numéro 15, qui ne pouvait comparer l’édition championne des Mooseheads de 2013 à celle d’aujourd’hui.

«On ne vivra jamais une autre saison où nous alignerons les 1er et 3e choix de la LNH. Nous avions perdu six matchs, cette année-là. Chaque saison est différente, mais l’équipe actuelle est très bonne, c’est l’une de nos meilleures sur le plan de la profondeur du 1er au 20e joueur. Ce n’est pas une excuse, mais nous n’avons pas été épargnés par les blessures, on n’a pas joué un seul match avec tous nos joueurs en santé.»

Smith habite à Phoenix, mais passe de 7 à 10 jours par mois à Halifax. Il a hâte de recevoir la visite du pays là-bas, en mai, lors du tournoi de la Coupe Memorial.

«Selon moi, c’est le plus gros événement sportif pouvant être présenté dans l’Est du Canada. Si André Tourigny [ancien entraîneur-chef des Moosheads] pouvait y être avec les 67 d’Ottawa, mon ancien club junior, ça ajouterait un élément de plus à un événement déjà grandiose en soi.»