En poste à l’Université Laval depuis 2001, Guylaine Demers s’intéresse entre autres à la question des femmes et du sport, à l’homophobie dans le sport et aux entraîneuses. 
En poste à l’Université Laval depuis 2001, Guylaine Demers s’intéresse entre autres à la question des femmes et du sport, à l’homophobie dans le sport et aux entraîneuses. 

Guylaine Demers codirigera un centre national sur l’équité dans le sport

Professeure titulaire au département d’éducation physique de l’Université Laval, Guylaine Demers codirigera avec Gretchen Kerr de l’Université de Toronto et Ann Pegoraro de l’Université de Guelph le nouveau Centre national de recherche sur l’équité entre les genres dans le sport.

En poste à l’Université Laval depuis 2001 après avoir travaillé à l’Université d’Ottawa, Mme Demers s’intéresse entre autres à la question des femmes et du sport, à l’homophobie dans le sport et aux entraîneuses. 

Elle codirigeait l’un des groupes de travail mis en place lorsque le gouvernement fédéral a octroyé 30 millions $ pour les femmes dans le sport et a aussi présidé le comité mis en place par l’ex-ministre des Sports Kirsty Duncan sur cette question.

«L’une des conclusions des travaux du comité était qu’il fallait au Canada un endroit où seraient regroupées toutes les informations sur la question des femmes et du sport. C’est ainsi que le Centre national a été créé et que moi et mes deux collègues en avons obtenu la direction», indique Mme Demers, en entrevue avec Le Soleil

Le Centre, qui emploie huit chercheuses et deux chercheurs, sera basé à l’Université de Toronto, mais aura des pôles à Laval et à Guelph. Mme Demers aura, entre autres, la responsabilité de toute la francophonie canadienne.

Femmes, sports et coronavirus

«L’un de nos premiers sujets de recherche n’était pas prévu au départ : ce sera l’impact de la COVID-19 sur les femmes dans le sport. On voit déjà un impact qui est différent chez les hommes et les femmes et, encore une fois, les groupes plus démunis sont encore plus représentés», explique Mme Demers.

Parmi les questions qu’elle et ses collègues se posent, on note entre autres l’impact de l’arrêt des activités sportives causé par la pandémie de coronavirus SARS-CoV-2 sur les jeunes adolescentes. «Par exemple, une jeune fille qui n’était pas certaine de vouloir continuer, est-ce que ce sera le point final à sa pratique du sport?»


« Il y a une dizaine d’années, il y avait 26 % de coachs féminins alors que c’est présentement 16 % et, au niveau de l’équipe nationale, seulement 10 ou 11 %! Même à l’Université Laval, où nous avions déjà eu trois entraîneuses [France Vigneault, Marie-Claude Asselin et Linda Marquis], nous n’en avons maintenant aucune! »
Guylaine Demers

«Il y a aussi la question des athlètes de plus haut niveau. Ma nièce est en secondaire 5 et est une athlète de basketball. Elle a été recrutée par un cégep, mais y aura-t-il du sport organisé au cégep cet automne? S’il n’y en a pas, pourra-t-elle atteindre son plein potentiel et est-ce que ça nuira à sa possibilité d’être recrutée à l’Université?», s’inquiète-t-elle également.

Guylaine Demers ajoute aussi que du côté européen, plusieurs fédérations nationales éprouvées financièrement par la crise ont aussi commencé à couper au niveau du sport féminin au profit du sport masculin. «Ça aussi, c’est une préoccupation pour nous», enchaîne-t-elle.

Leadership sportif

La présence, ou l’absence, des femmes dans les positions de leadership dans le sport est un autre sujet qui intéresse grandement Guylaine Demers et ses collègues.

«Il y a une dizaine d’années, il y avait 26 % de coachs féminins alors que c’est présentement 16 % et, au niveau de l’équipe nationale, seulement 10 ou 11 %! Même à l’Université Laval, où nous avions déjà eu trois entraîneuses [France Vigneault, Marie-Claude Asselin et Linda Marquis], nous n’en avons maintenant aucune!», analyse-t-elle.

La situation est loin de s’expliquer d’elle-même puisque les femmes sont maintenant presque aussi présentes que les hommes dans le sport de compétition. «Aux Jeux olympiques, c’est souvent 45 %-55 % et aux derniers Jeux, les femmes ont ramené beaucoup de médailles. Dans le volet participatif, les garçons sont plus présents, car les filles abandonnent souvent à la fin du primaire ou au début du secondaire», poursuit Mme Demers.

Planification stratégique

Elle et ses acolytes ne seront pas en vacances cet été puisqu’elles se sont aussi donné comme mission d’identifier les principales questions auxquelles elles souhaiteraient répondre pour déposer une planification stratégique d’ici le début de l’automne. 

«On souhaite diffuser l’information que nous allons trouver à toutes les organisations sportives. Une conférence nationale sur les femmes et le sport était également prévue cette année, mais aura finalement lieu en 2021 en raison de la pandémie», termine-t-elle.