À son premier match avec les Capitales, Yuniesky Gurriel a reçu une ovation au Stade municipal.

Gurriel frappe deux coups sûrs dans un gain de 10-3 des Capitales

L'invité cubain n'a pas raté sa rentrée en Amérique du Nord, mercredi soir, au Stade municipal. À son premier match avec les Capitales de Québec, Yuniesky Gurriel a frappé deux coups, produit un point, fait le signe de l'orignal à ses coéquipiers, réussi un beau catch et reçu une ovation. Tout ça dans une victoire de 10-3 de sa nouvelle équipe aux dépens des Jackals du New Jersey!
Le scénario ne pouvait pas être mieux écrit. Non seulement Gurriel a reçu un accueil digne de mention de la part des 3250 spectateurs, mais les Capitales ont mitraillé les visiteurs de 13 coups sûrs, dont trois circuits, pour se rapprocher de la deuxième place du classement de la ligue Can-Am.
«Je suis content parce qu'on l'a emporté. J'étais anxieux et nerveux, surtout parce qu'il s'agissait d'un match important pour l'équipe. J'ai pensé à ma famille et le fait de connaître du succès, ici, pourrait permettre à d'autres Cubains de venir jouer légalement», a dit le numéro51 par l'entremise de Rene Leveret.
Un point produit
Gurriel patrouillait dans le champ droit et occupait le neuvième rang de l'alignement. Il a capté un ballon difficile en deuxième, le seul retrait qu'il a eu à effectuer. Au bâton, il a frappé un roulant au troisième but à sa première présence pour enchaîner avec des simples à ses deux passages suivants au bâton. Il a bouclé la rencontre avec deux coups sûrs en quatre présences au bâton et un point produit.
«C'était la première fois de ma vie que je faisais le signe de l'orignal après un coup sûr», rigolait Gurriel à propos du geste que les joueurs des Capitales posent lorsqu'ils se rendent sur les buts.
Dans l'abri, ses coéquipiers étaient heureux pour lui. Les joueurs ont imité la foule en l'applaudissant lorsqu'il a réussi son premier coup sûr, un simple au champ gauche en quatrième manche.
«Je suis content pour lui, je pense qu'il a joué comme on s'y attendait. Et en plus, il a réussi deux coups sûrs, alors disons que ça fait du bien à l'équipe, aux partisans, mais surtout à Michel Laplante, qui a beaucoup travaillé sur ce projet. Il ne faut pas oublier aussi qu'on vient de battre New Jersey et qu'on ne serait pas comblé par une fiche de 2-2 au terme de la série», notait le receveur Josué Peley, qui a pris congé de traduction.
On pouvait le comprendre, car il venait de disputer un troisième match en deux jours, un premier derrière le marbre. Mais c'est au bâton qu'il s'est démarqué avec quatre coups sûrs en quatre présences, dont un circuit en solo et un double, ce qui a fait dire à Gurriel que son ami était un joueur exceptionnel, comme les autres dans l'équipe. Jonathan Malo et Asif Shah ont aussi frappé la longue balle dans ce match où les Capitales menaient 5-0 après trois manches et 8-1 après six. Au monticule, Leondy Perez (3-5) a signé la victoire.
«Ça fait deux jours qu'on leur [les Jackals] joue dans la tête, quelques gars de l'autre bord disaient : ''vous frappez dont ben la balle.'' Peley apporte un équilibre à l'alignement. Maintenant, il faut gagner demain [jeudi] pour se rapprocher encore plus», disait Patrick Scalabrini.
Le gérant des Capitales a aimé ce qu'il a vu du Cubain, bien qu'un match ne permette pas une analyse en profondeur. «J'ai trouvé l'accueil des amateurs très sympathique à son endroit. Son premier coup sûr lui a sûrement enlevé de la pression. Je pense qu'il va être bon dans cette ligue, il frappe au sol, il est rapide et à l'aise au champ. Il fera un boulot honnête avec nous.»
L'amitié cubaine
Receveur avec les Jackals, Yaniel Cabezas n'allait pas rater les débuts de son compatriote cubain, mercredi soir. Même s'il a fui son pays pour le rêve américain, il y a déjà cinq ans, Cabezas reste amoureux de sa terre natale. «À Cuba, tout le monde s'entraide et se respecte. J'ai peut-être croisé Yuniesky à deux ou trois reprises dans le passé, c'est un bon joueur issu d'une grande famille. Son père, c'est le ''boss'' du baseball, une légende, et son frère pourrait jouer dans les majeures. Je le trouve chanceux de venir jouer ici et de pouvoir retourner à la maison à la fin de la saison. Moi, je rêvais aux ligues majeures et j'ai pris une autre route. Ça fait cinq ans que je n'ai pas vu ma famille, même si on parvient à se parler toutes les semaines. J'aimerais pouvoir rentrer dans mon pays un jour, mais pour l'instant, c'est impossible. Mais ça ne m'empêche pas d'aimer encore Cuba de tout mon coeur et quand je vois un fils du pays réussir, je m'en réjouis», disait l'ancien espoir des Cubs de Chicago qui a salué Gurriel après le match.
<p>Le président des Capitales Michel Laplante</p>
Une balle en souvenir
La balle du premier coup sûr de Yuniesky Gurriel ne se retrouvera pas dans l'armoire à souvenirs de la famille à La Havane, mais plutôt dans la maison de Daniel Rochette, l'ami québécois du joueur cubain qui est à l'origine de sa venue à Québec. «Il s'agit d'une soirée spéciale, surtout que Yuni attendait ce moment depuis cinq ans lorsqu'on lui avait envoyé un contrat en espagnol. J'ai aussi apprécié l'accueil de la foule et la réaction des joueurs, qui se réjouissaient de le voir frapper en lieu sûr. J'ai bien ri lorsqu'il a fait le signe de l'orignal une fois sur les buts. Maintenant, il faut juste que le reste du projet fonctionne et que Yuniesky puisse jouer d'une façon détendue, maintenant que la glace est brisée», a souligné le président Michel Laplante, en confiant que Rochette avait mis sa promesse de cesser de fumer à exécution dès l'arrivée de Gurriel au Canada.
Sur le losange
Les Capitales ont inscrit le nom du receveur Larry Balkwill sur la liste des blessés pour une durée de sept jours, le temps de vérifier si le genou de Josué Peley peut lui permettre de s'accroupir derrière le marbre... Le voltigeur Sébastien Boucher a atteint les sentiers dans une 24e rencontre d'affilée, un sommet dans la ligue Cam-Am en 2014... Le gaucher Kyle Regnault (3-0) sera le partant des Capitales, jeudi (19h), dans le dernier match de la série contre les Jackals qui donnent la balle à Tommy Vessella (3-3)... Balbino Fuenmayor est devenu le premier joueur à atteindre le plateau des 12 circuits à Québec depuis la saison 2012.