Une enquête publiée par ESPN fait état de profonds désaccords survenus dernièrement entre le propriétaire des Patriots Robert Kraft, le quart-arrière Tom Brady et l’entraîneur-chef Bill Belichick.

Guerre interne chez les Patriots?

FOXBOROUGH — Les Patriots sont-ils au bord de l’implosion en raison de profonds désaccords entre le propriétaire Robert Kraft, l’entraîneur-chef Bill Belichick et le quart-arrière Tom Brady? Oui, si on en croit une longue enquête d’ESPN. «Complètement faux», assure l’équipe phare de la NFL.

Jeudi, la chaîne de télévision ESPN a publié sur son site Internet une longue enquête laissant entendre que les Pats pourraient tourner une page importante de leur histoire à l’issue de la saison en cours. Selon des sources anonymes provenant du personnel de l’équipe, des joueurs et d’autres personnes au sein de la NFL, Brady supporterait de plus en plus mal l’autoritarisme de Belichick, qui a limité cette saison l’accès au vestiaire à Alex Guerrero, l’entraîneur personnel et confident de son quart-arrière de 40 ans.

Belichick, en poste depuis 2000, souhaitait ainsi réduire l’influence de Guerrero sur Brady et sur une bonne partie de son effectif. Brady et Guerrero, présenté dans cette enquête comme un gourou sans véritables connaissances médicales, ont lancé une structure d’entraînement et de soins, TB12, où beaucoup de joueurs des Patriots se sentent obligés d’aller, selon ESPN. L’histoire laisse également entendre que Belichick n’aurait pas suffisamment encensé Brady à son goût, cette saison.

Un échange qui divise

Belichick est par ailleurs très circonspect sur le projet de Brady de poursuivre sa carrière jusqu’à 45 ans, un âge canonique pour un joueur de football. Il n’aurait donc pas apprécié la décision en novembre du propriétaire des Patriots de céder Jimmy Garoppolo, présenté comme le successeur de Brady, aux 49ers de San Francisco.

Vendredi, les Patriots ont nié avec véhémence tout trace de guerre interne chez l’équipe de la Nouvelle-Anglettere. 

Kraft, Belichick et Brady ont émis un communiqué conjoint quelques heures après la mise en ligne de l’article. Ils soulignent qu’ils ont eu «une relation de travail très productive et couronnée de succès» au cours des 18 dernières années et qu’ils regrettent d’avoir à répondre à ce genre de faussetés.

Les Patriots ont remporté le Super Bowl à cinq reprises depuis 2002 sous la conduite de Belichick et Brady. Ils ont terminé la saison régulière 2017 avec le meilleur dossier de de la NFL (13-3) et attendent de connaître leurs adversaires du deuxième tour éliminatoire.

«Ces derniers jours, il y a eu beaucoup d’articles de presse qui ont échafaudé des théories qui ne sont pas vraies, hautement exagérées ou tout simplement totalement inexactes», ont poursuivi les trois hommes forts des Patriots. «Tous les trois, nous partageons le même but : nous sommes impatients de relever un énorme défi, disputer les séries, et de continuer à travailler ensemble à l’avenir, comme nous l’avons fait lors des 18 dernières années. [...] Nous sommes unis.»

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CHIEFS ET TITANS ONT DES INSUCCÈS À FAIRE OUBLIER

KANSAS CITY — Le secondeur Reggie Ragland était au berceau la dernière fois que les Chiefs ont gagné un match éliminatoire à Kansas City. Le receveur Tyreek Hill était quant à lui toujours confortablement installé dans le ventre de sa mère.

C’était en janvier 1994. Joe Montana était leur quart-arrière et les Chiefs avaient battu les Steelers de Pittsburgh grâce à un placement de Nick Lowery en prolongation. Les spectateurs réunis au Arrowhead Stadium ne se sont sûrement pas imaginé qu’il se passerait un quart de siècle avant qu’ils aient l’occasion d’assister à une autre victoire en éliminatoire.

«Ce serait bien de mettre fin à cette séquence», a déclaré le quart Alex Smith. «Mais vous n’avez pas besoin de motivation supplémentaire une fois que vous atteignez cette étape.»

Alex Smith, qui présente un dossier de 1-3 comme quart partant des Chiefs en éliminatoires, aimerait bien procurer un rare gain à domicile en séries à son équipe. La dernière fois que Kansas City a remporté un match éliminatoire à domicile, le quart-arrière était un certain... Joe Montana.

Les Titans (9-7) ont également une vilaine séquence à stopper. L’équipe du Tennessee s’amène à Kansas City pour son premier match éliminatoire depuis 2008. Si elle devait l’emporter, ce serait sa première victoire en matchs éliminatoires depuis 2004.

«Je rêve de me mesurer à des gars comme Travis Kelce et Andy Reid, un entraîneur qui sera sûrement admis au Temple de la renommée», a lancé le demi de sûreté Kevin Byard. «D’aller au Arrowhead, l’un des stades les plus bruyants, je ne pense pas qu’on puisse demander mieux pour la première semaine des éliminatoires.»

Beaucoup de choses à prouver

Les histoires ne manquent pas pour ce duel, qui pourrait passer sous le radar en raison d’autres matchs plus aguichants ou parce qu’on pourrait le regarder de haut en raison du passage à vide à mi-parcours des Chiefs (10-6) et de la léthargie de fin de saison des Titans.

Samedi (16h35), Smith voudra valider la meilleure saison de sa carrière dans ce qui pourrait bien être son dernier match à Kansas City. Hill voudra montrer sa grande vitesse devant un auditoire national. Le demi à l’attaque Kareem Hunt, meilleur porteur de ballon de la ligue cette saison, pourrait inscrire son nom aux côtés de ceux de Todd Gurley et Le’Veon Bell comme un des meilleurs du circuit.

De l’autre côté, le quart Marcus Mariota tentera de réécrire l’histoire d’une saison en dents de scie avec ce premier match éliminatoire en carrière. Le demi Derrick Henry et ses acolytes devraient lui venir en aide. L’entraîneur-chef critiqué Mike Mularkey voudra prouver qu’il était le bon choix pour remplir ce rôle.

«Discipline» pourrait bien être le mot clé de cette rencontre. Les Chiefs sont parmi les équipes les plus pénalisées du circuit Goodell avec 118 pénalités. Les Titans viennent au deuxième rang avec seulement 85. Si le match est aussi serré que plusieurs observateurs le croient, les pénalités pourraient faire toute la différence.

Dans le dernier duel entre les deux équipes, en décembre 2016, les Titans avaient eu raison des Chiefs 19-17 sur le dernier jeu du match, un placement de 53 verges de Ryan Succop. Reid avait appelé un temps d’arrêt juste avant que Succop ne s’élance... et rate la cible! Sur la deuxième tentative, le botteur n’a pas raté son coup, et Reid a perdu son pari.