Georges St-Pierre fera face au Britannique Michael Bisping (à gauche) samedi soir.

GSP stimulé par le rôle de négligé

MONTRÉAL — Georges St-Pierre, qui sera de retour dans l’octogone pour la première fois en près de quatre ans dans le cadre du gala UFC 217 au Madison Square Garden samedi soir, sera le négligé pour gagner le combat de championnat des poids moyens contre Michael Bisping. Et c’est ce qui le stimule.

Car St-Pierre combattra dans une nouvelle catégorie de poids. Et ce, à 36 ans. Si certains observateurs ne lui accordent que très peu de chance de remporter son pari, le principal intéressé croit tout le contraire.

«Mon retour à la compétition est très risqué», admet-il d’emblée au site internet UFC.com. «Mais c’est ce qui me stimule. Plus le risque est grand, plus la récompense le sera. Et vous n’avez encore rien vu de mon potentiel.»

St-Pierre s’attend à une véritable guerre contre Bisping lorsqu’il grimpera dans l’octogone vers minuit. La bataille sera ardue, mais pour la remporter, il se fiera sur une leçon qu’il a apprise alors qu’il était champion des mi-moyens.

«Si tu veux être le meilleur dans quelque chose, il faut que tu sois différent», a-t-il confié. «Si tu es normal, tu seras un gars normal. Tu dois être obsédé. J’étais obsédé, et je le suis encore. J’ai un objectif. Il est solidement ancré dans ma tête, et j’y songe sans arrêt jusqu’à ce que je l’atteigne. Quand c’est fait, je vise un autre objectif, un objectif différent, qui deviendra mon obsession.»

Très peu de gens connaissent les hauts et les bas de la vie d’un champion comme GSP, qui a détenu la ceinture des mi-moyens à deux reprises. La première fois, il l’a conservée  un peu moins de cinq mois. La seconde, il a régné pendant près de six ans, et lorsqu’il a rendu son titre vers la fin de 2013, c’était de façon volontaire, afin de prendre une pause.

«Il y a des champions, puis il y a des champions légendaires», a expliqué GSP. «Tu peux gagner un titre, mais le conserver, c’est très difficile. Très, très difficile. Lorsque tu deviens champion, tu deviens une cible, et les rôles s’inversent. Très peu de gars ont été en mesure de défendre leur ceinture à cinq reprises. C’est très difficile à accomplir, et c’est ce qui créé des légendes.»

Mais voilà, affronter les meilleurs finit par éroder un champion, et le Montréalais en sait quelque chose. «Après un certain temps, tu n’es plus le même combattant. Parfois tu es bon, parfois tu es mauvais. Tu dois t’adapter, et maintenir ton rendement. C’est la raison pour laquelle c’est si difficile. Après aussi longtemps, tout devient très difficile. C’est la raison pour laquelle j’ai quitté; pour prendre une pause et me ressourcer, et je suis heureux de l’avoir fait.»

À la surprise générale, St-Pierre a accroché ses gants après avoir battu Johny Hendricks, mais pour le Québécois, sa décision allait de soi. «Personne n’a quitté ce sport au sommet», a-t-il rappelé. «J’ai quitté alors que j’étais au sommet. Tout le monde a échoué jusqu’ici. Ils ont tous perdu leur aura d’invincibilité ou ont commis des gestes stupides.»

St-Pierre a donc pu profiter de la vie sans avoir de cible dans le dos. Et même si les rumeurs de son retour dans l’octogone n’ont jamais cessé, il n’allait pas le faire avant d’être prêt. En 2017, c’était parfait.