Grand ménage chez les Sabres de Buffalo

BUFFALO, N.Y. — Les Sabres de Buffalo ont congédié leur directeur général Jason Botterill, trois semaines seulement après que la copropriétaire Kim Pegula lui ait accordé un vote de confiance.

Les Sabres ont désigné le vice-président aux affaires administratives Kevyn Adams pour succéder à Botterill.

Le département de recrutement a aussi subi d’importantes coupures, dans l’objectif de réduire les dépenses.

Si la famille Pegula a cité un manque de communication et des différences philosophiques dans l’annonce du congédiement de Botterill, il est aussi devenu clair lors d’une vidéoconférence que les propriétaires souhaitaient prendre les moyens pour sauver de l’argent, alors que les Sabres sont l’une des sept équipes de la LNH qui ne compléteront pas la saison 2019-20.

«Nous devons faire des ajustements économiques dans nos opérations», a dit Terry Pegula, en référence à la pandémie de coronavirus qui a mis un terme à la campagne des Sabres en mars.

«Nous avons l’impression que nous n’étions pas écoutés, a-t-il ajouté. Je ne vais pas m’asseoir ici et critiquer Jason Botterill, mais nous avons une vision et nous voulons voir cette vision être accomplie avec succès.»

Les adjoints de Botterill, Randy Sexton et Steve Greeley, ont aussi été congédiés. Puis en fin de journée, les Sabres ont annoncé que l’entraîneur du club-école des Sabres dans la Ligue américaine Chris Taylor et ses adjoints Gord Dineen et Toby Petersen ont aussi été congédiés.

Une personne au courant des décisions a également indiqué à l’Associated Press que 12 des 21 membres de l’équipe de recrutement des Sabres ont été congédiés. La personne a parlé sous le couvert de l’anonymat puisque ces congédiements n’ont pas été annoncés publiquement.

Le congédiement de Botterill constitue tout un revirement de situation puisque Kim Pegula lui avait apporté son soutien en mai, affirmant: «Il est notre directeur général. Notre plan est de continuer avec lui.»


« Nous avons l’impression que nous n’étions pas écoutés. Je ne vais pas m’asseoir ici et critiquer Jason Botterill, mais nous avons une vision et nous voulons voir cette vision être accomplie avec succès. »
Terry Pegula, copropriétaire des Sabres

Pegula avait alors reconnu que la décision pourrait ne pas être populaire auprès d’une partie des partisans en quête de victoires, avant d’ajouter qu’elle estimait que conserver en poste Botterill était la bonne décision.

Avec un palmarès de 30-31-8, les Sabres ont terminé au 13e rang du classement de l’Association Est, à une position d’une qualification pour les éliminatoires élargies à 24 équipes de la LNH.

Les congédiements pour des raisons économiques représentent également un changement de philosophie de la famille Pegula, qui avait investi des millions de dollars dans le personnel des Sabres et dans les rénovations du centre d’entraînement de l’équipe après en avoir fait son acquisition en février 2011. Terry Pegula, qui a acheté les Bills de Buffalo, dans la NFL, en 2014, a fait fortune dans les hydrocarbures.

Finances

Pegula a nié être en difficulté financière, mais a admis que l’industrie des hydrocarbures en arrachait pendant la pandémie.

«Nous n’avons pas de dettes dans nos entreprises pétrolières et de gaz naturel, a-t-il dit. Nous devons nous améliorer dans nos entreprises sportives. S’il n’y a pas de partisans dans les gradins la saison prochaine, quel sera l’impact économique dans le monde du sport?»

La situation financière des Sabres a retenu l’attention, malgré les difficultés de l’équipe sur la patinoire.

Botterill quitte les Sabres après trois saisons en poste et, sous son règne, l’équipe n’a démontré aucun signe d’amélioration alors qu’elle rate les séries éliminatoires pour une neuvième année d’affilée. Cette disette est la plus longue actuellement en cours et à une d’égaler le record de la ligue.

Botterill devient le troisième directeur général des Sabres à être congédié depuis Darcy Regier à la conclusion de la saison 2013-14.

Botterill s’est retrouvé sur la sellette pour sa mauvaise gestion de la formation avec des changements de personnel discutables, dans une tentative de rebâtir la formation avec des jeunes.

Ses faux pas ont commencé avec l’embauche de son premier entraîneur-chef Phil Housley, qui a été remercié après seulement deux saisons. Ralph Krueger lui a succédé et il a commencé à donner une identité au club lors de la dernière saison.