Pour la première fois de la saison, Karl Gélinas a lancé avec des bas à l'ancienne, ce qui ne lui a pas porté bonheur, lui qui a accordé cinq points, dont quatre mérités, et deux coups de circuits en six manches de travail, encaissant le revers au passage.

Gélinas trop généreux avec les Aigles

Le lanceur des Capitales Karl Gélinas se sentait généreux, mardi soir à Québec, et les Aigles de Trois-Rivières en ont profité pour gagner 6-3.

Cette défaite mettait fin à une séquence de sept victoires consécutives des Capitales et de quatre triomphes de suite dans les sorties impliquant Gélinas. Il faut dire que le vétéran droitier avait modifié sa routine avant le match en enfilant ses hauts bas à l’ancienne de style stir up munis de deux lignes jaunes, lui qui porte de coutume son pantalon à la cheville.

«C’était la première fois et je pense que c’était la dernière!» a confié le Québécois de 34 ans, après avoir accordé cinq points, dont quatre mérités, sur sept coups sûrs en six manches de travail. Sa fiche est de 6-3 et sa moyenne de points mérités encore très bonne à 2,59.

Deux de ses coups sûrs aux Aigles étaient des circuits, de Kevin Cornelius et de Javier Herrera, deux claques en solo pour ouvrir les quatrième et cinquième manches. Cornelius a récidivé en début de huitième, aux dépens d’Andrew Elliott.

Trois-Rivières avait fait 2-0 dès la troisième sur un ballon-sacrifice de Herrera et un simple de Michael Suchy, puis 4-0 à la manche suivante sur la première claque de Cornelius et un mauvais relais de l’arrêt-court des Capitales Yordan Manduley.

«Il y a trois ou quatre lancers où j’ai été un peu trop généreux, mais ils se sont bien battus et ont réussi beaucoup de fausses balles sur des tirs de qualités. Juste en troisième et quatrième manches, j’ai eu besoin de 52 lancers [sur 104 en six manches]. Dans la canicule, ça tire du jus pas mal», a soutenu Gélinas.

Claque payante de White

En quatre affrontements contre Gélinas (2-2) sur ses six derniers départs, les Aigles lui ont chaque fois soutiré au moins quatre points. Le gérant de Trois-Rivières T.J. Stanton explique que ses hommes vouent un grand respect au vétéran de 12 saisons dans la Ligue Can-Am et qu’ils aiment relever les gros défis.

«Et un bon départ de notre lanceur Tyler Garkow [4-2, 3,72], c’est ce dont on a besoin», ajoute Stanton. «Six manches lancées, trois points, c’est ça qu’on veut. On demande juste à nos lanceurs de ne pas envoyer l’avion s’écraser dans la montagne», illustre celui qui compte sur de solides frappeurs.

Les Aigles avaient perdu six de leurs huit matchs précédents. Le quatrième frappeur des Aigles, Taylor Brennan, a connu un mauvais match avec quatre retraits au bâton, lui qui n’a pas produit de point depuis huit matchs. Shaun Ellis a obtenu son deuxième sauvetage de la saison. 

T.J. White a fait marquer les points des Capitales à l’aide d’un circuit de trois points contre Garkow, rare moment de réjouissance pour les 1903 spectateurs réunis au Stade Canac. 

Patrick Scalabrini avouait que les siens avaient couru après leur queue toute la soirée. «On perd 4-0 tôt dans le match et on s’est battu pour revenir, mais on a bousillé plusieurs occasions», analyse le gérant des Capitales, avec en tête les quatre balles à double-jeu cogné par ses protégés.

Joueur par excellence de juin chez les Capitales, la recrue Brad Antchak a été assez silencieux avec un simple sans conséquence en septième et un retrait sur élan avec deux coureurs sur les sentiers pour conclure le match.

Record des Miners

Au même moment, à Sussex, les Miners (29-15) ont établi un record de la Can-Am avec une 14e victoire consécutive à domicile, effaçant la marque des Capitales de 2011.

Mercredi, deux lanceurs partant dotés d’une fiche de 5-2 s’affrontent au parc Victoria : Arik Sikula (2,56) pour Québec (26-16) et Chris Murphy (4,04) pour Trois-Rivières (21-21). Le match de jeudi s’avérera déjà la dernière visite des Aigles à Québec en saison régulière.

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JUILLET S'ANNONCE ARDU POUR LES CAPITALES

Après un solide mois de juin, juillet s’annonce autrement plus difficile pour les Capitales de Québec. «Le but sera de garder la tête hors de l’eau, mais on va perdre des plumes», prévient le gérant Patrick Scalabrini.

En plus d’un calendrier très chargé, les Capitales devront pallier l’absence de leurs deux joueurs cubains au moins du 11 juillet au 2 août, partis représenter leur pays natal aux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes. Hormis l’arrêt-court Yordan Manduley et le lanceur partant Lazaro Blanco, les Capitales se passeront aussi pour quelques semaines d’un autre artilleur partant, Brett Lee, blessé.

«C’est très important de bien finir notre séjour à domicile avec trois bons matchs contre Trois-Rivières», souligne Scalabrini. «Parce qu’après, on va faire beaucoup de route et on va remplacer deux réguliers, les deux Cubains, par deux recrues. Faudra juste pas paniquer et essayer d’en gagner le plus possible», résume l’instructeur-chef dans son bureau, avec à ses côtés le calendrier de juillet détaillé sur un tableau blanc.

En juin, les Capitales ont livré un dossier de 16-10 (,615), se trouvant au plus loin à 3,5 matchs de la tête du classement. De ces 26 matchs, 17 ont été disputés à Québec. Juillet sera à l’inverse avec 17 rencontres sur la route et seulement deux journées de congé pour 29 matchs dans le mois, comparé aux quatre lundis sans match en juin.

Problèmes de visas

Il est même possible que les Cubains manquent à l’appel dès vendredi pour la série à Sussex. Leur visa d’entrée aux États-Unis n’est pas encore en règle pour ce court voyage de trois jours. On espère recevoir l’acceptation et les documents en question, fournis à coup de deux entrées à la fois par personne, avant le départ de l’autocar dans la nuit de jeudi à vendredi.

Situation similaire chez les Aigles de Trois-Rivières, alors que le voltigeur vénézuélien Alberth Martinez n’a pas été en mesure d’accompagner l’équipe à Rockland pour la récente série de trois matchs balayée par les Boulders.

Manduley et Blanco attendent toujours avec impatience de représenter leur pays en compétition internationale. Les 23es Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes se tiennent à Barranquilla, en Colombie, et constituent une étape de qualification en vue des Jeux olympiques de 2020. Les Cubains y sont champions en titre de 2014 et 15 fois médaillés d’or en baseball.

«C’est très important pour nous et la pression est très forte pour gagner», convient Blanco, par le biais de l’interprète Raymond Boisvert.

Blanco lancera d’abord le 14 juillet à La Havane dans un match préparatoire contre l’équipe nationale universitaire américaine, puis un véritable départ l’attend le 20 juillet au stade Edgar-Renteria de Barranquilla. Manduley, lui, ne sait pas s’il sera l’arrêt-court partant, mais espère bien contribuer de son mieux à un autre triomphe cubain à ces jeux, comme il l’avait en 2014 au Mexique.

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LEBRON SE DIT DÉJÀ REMIS À 100 %

Sur la touche depuis le 16 juin après s’être étiré le muscle ischio-jambier de la cuisse gauche, le voltigeur recrue Edgar Lebron (photo) pourrait bientôt réintégrer l’alignement des Capitales. La durée minimale diagnostiquée dès le départ était de quatre semaines. Celui qui est allé se rétablir au domicile familial de New York a informé mardi le gérant Patrick Scalabrini qu’il se sentait à 100 %. Il avait joué dans une ligue amateur la veille, y obtenant deux coups sûrs et deux buts volés. L’envoi par texto comprenait même le rapport d’un médecin, qui lui conseille encore quelques jours d’activité modérée. «Selon nos besoins, on va le ramener d’ici 7 à 10 jours. Il fait partie de l’équipe! souligne Scalabrini. Il n’a pas quitté l’équipe parce qu’il faisait mauvaise figure. Il a encore sa place et en plus, avec le départ de Yordan Manduley, on n’a pas trop de joueurs de position.»

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LES AIGLES EN QUÊTE DE BRAS

«Je regarde des options pour aller chercher des lanceurs. Mais c’est ce qui est le plus difficile dans le baseball indépendant, trouver des lanceurs! Des frappeurs, il y en a partout!» s’exclame le gérant des Aigles de Trois-Rivières. T.J. Stanton se dit de toute façon très satisfait de sa brigade offensive, qui frappe bien et beaucoup depuis le début de la saison. Mais son club a eu beau marquer 16 points sur 33 coups sûrs lors de leurs trois récents matchs à Rockland, les Boulders ont fait encore mieux avec 29 points sur 38 coups sûrs et un balayage aux dépens des Aigles. «Avec Rockland, c’est toujours le balayage! On l’a fait quand ils sont venus chez nous [fin mai] et là, c’était à eux de nous infliger le même traitement. L’équipe locale balaie. On a le même style d’équipe qui frappe beaucoup», dit Stanton, qui s’est présenté à Rockland sans ses deux voltigeurs réguliers Alexi Colon (blessé) et Alberth Martinez (visa).