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Cindy Ouellet se prépare à participer à ses quatrièmes Jeux paralympiques d’été à Tokyo, elle qui a aussi pris part aux Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang en ski paranordique.
Cindy Ouellet se prépare à participer à ses quatrièmes Jeux paralympiques d’été à Tokyo, elle qui a aussi pris part aux Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang en ski paranordique.

Gala Sports Québec: Cindy Ouellet personnalité de la décennie

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
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La basketteuse en fauteuil roulant Cindy Ouellet, de Rivière-du-Loup, avoue qu’elle était très surprise quand elle a appris que Sports Québec avait décidé de la nommer, en compagnie du nageur paralympique Benoît Huot, personnalité de la décennie, un titre qui lui a été remis officiellement jeudi soir sur les ondes de RDS2.

«Je n’étais pas étonnée, j’étais très très étonnée! Ils voulaient me faire une surprise, mais j’étais en camp d’entraînement à Toronto et ils ont essayé de me faire descendre à Montréal, mais tout a foiré parce que je devais recevoir mon vaccin contre la Covid-19 la même journée!», expliquait en riant l’athlète paralympique en entrevue avec Le Soleil jeudi après-midi, quelques heures avant de recevoir le titre.

L’athlète de 32 ans se prépare à participer à ses quatrièmes Jeux paralympiques d’été à Tokyo, elle qui a aussi pris part aux Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang en ski paranordique. Elle a aussi fait partie de l’équipe canadienne lors de trois championnats du monde en plus de porter les couleurs du Crimson Tide de l’Université de l’Alabama et de s’engager auprès d’organismes comme le Défi sportif AlterGo, Sport’Aide, Bell Cause pour la Cause, Parasports Québec et le Comité paralympique canadien.

Celle qui a perdu l’usage de ses jambes après avoir été atteinte d’un cancer des os à l’âge de 12 ans détient une maîtrise en physiologie, une maîtrise en génie biomédical et poursuit des études doctorales en génie biomédical à l’Université de Southern California. Elle s’intéresse particulièrement à la recherche en biomimétique, aux jambes artificielles et aux prothèses reliées aux nerfs et contrôlées par la pensée.

«Être nommé athlète de la décennie, c’est pour moi un honneur incroyable, surtout dans notre province où il y a plusieurs sportifs qui sont pour moi des modèles depuis des années. Pour moi cependant, l’exploit d’une vie c’est, depuis mon retour au Canada, d’avoir réussi à aider les autres avec mon travail au Comité paralympique canadien et dans des organismes comme Sport’aide», ajoute Cindy à propos de ses nombreux engagements.

Des pauses

L’athlète avait pris une pause dans ses études l’an dernier afin de se préparer pour les Jeux olympiques de Tokyo, qui ont finalement été remis à cet été. Elle a aussi été tenue loin de la compétition en raison de la pandémie de Covid-19. «Heureusement, je me suis fait construire une maison à Québec avec un gymnase de musculation complet et un terrain de basketball, donc j’ai quand même pu m’entraîner», souligne-t-elle.

Ce n’est toutefois que depuis le mois de mai que l’équipe de basketball paralympique féminine du Canada a recommencé à s’entraîner en équipe en mode «bulle» à Toronto. «Ça fait du bien, car ce n’est pas toujours évident de s’entraîner toute seule!», explique-t-elle. Son équipe affronte l’équipe de développement masculine et l’équipe senior masculine puisque les voyages à l’extérieur du pays ne sont pas possibles.

Cinquième aux derniers championnats du monde et médaillée d’or aux Jeux parapanaméricains de Lima en 2019, l’équipe canadienne féminine ne s’en va pas à Tokyo pour y faire de la figuration. «On vise la médaille d’or et on a le potentiel de la remporter. Avec les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Chine, nous faisons partie d’un groupe de six équipes au sommet depuis les Jeux de Rio», explique Cindy.

«À l’exception d’une joueuse qui a pris sa retraite, nous avons le même alignement qu’à Lima et notre équipe s’est beaucoup rajeunie depuis la défaite en quart de finale contre les Pays-Bas aux Jeux de Rio. Il y a beaucoup de bonnes joueuses de 22, 25 ans. Moi, à 32 ans, je fais partie des «vieilles» maintenant, mais je suis encore très compétitive», poursuit-elle.

Attitude positive

Aux jeunes qui la voient comme un modèle, elle parle de l’importance de garder une attitude positive et d’apprendre à concilier le travail ou les études avec les sports. «Si tu crois en toi, tes rêves vont se réaliser. Il ne faut pas oublier non plus qu’on n’est pas des superhéros. On ne peut pas tout faire seul et il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Je n’ai jamais hésité à consulter un psychologue ou à demander l’aide de mes parents ou de mes amis», commente Cindy.

D’ailleurs, elle mentionne immédiatement ses parents Paulo Ouellet et Christine Émond quand on lui demande qui étaient ses modèles à elle. «Ils ont bâti une entreprise médicale à partir de zéro et ils m’ont tout montré. Je les admire depuis que je suis toute petite.» D’abord spécialisée dans les leviers pour le bain, l’entreprise de ses parents, Evo Concept, a développé un volet sportif avec des luges adaptées pour le sport suite à la maladie de Cindy.

«J’ai aussi hérité de leur caractère d’entrepreneur et c’est en partie pour cela que j’aimerais beaucoup développer des prothèses pour la hanche grâce à la biomimétique. Ces prothèses pourraient s’appliquer à ma condition», conclut celle qui a perdu toute sensibilité dans sa jambe gauche en raison des opérations pour son cancer qui ont nécessité l’ablation de plusieurs muscles et plusieurs nerfs.